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  • Raphaël Arnault sous pression après la mort du militant identitaire

    Raphaël Arnault sous pression après la mort du militant identitaire

    Jacques-Ellie Favrot, l’assistant parlementaire du député de la 1ère circonscription de Vaucluse Raphaël Arnault (LFI), accusé d’être impliqué dans la mort du militant nationaliste Quentin Deranque lors d’affrontements à Lyon jeudi dernier, a reconnu, d’après les propos de son avocat, Maître Bertrand Sayn, relayés ce mercredi soir à nos confrères de LCI et Radio France, « la commission de violences » et sa présence sur les lieux du drame. Il aurait assuré qu’il « n’est pas l’auteur des coups ayant provoqué le décès ». Il assure que son client « est dévasté » par la tournure des événements. Dans le même temps, un deuxième assistant parlementaire du cofondateur de la Jeune Garde, Robin C., a également été interpellé pour « mise à disposition de moyens en vue de se soustraire aux recherches », ainsi qu’un ancien stagiaire du député.

    Conséquence : un vent d’appels à la démission et de critiques arrive de toutes parts, au niveau national mais aussi au sein de la Cité des Papes. La porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon, a appelé sur Franceinfo ce mercredi 18 février au matin à exclure « tout du moins temporairement » le député de son groupe à l’Assemblée. Une mise à l’écart demandée « pour marquer une clarification, pour dire non à la violence », poursuit Maud Brégeon.

    Sur X, Raphaël Arnault assurait ce mardi soir que « comme indiqué par un communiqué de son avocat, mon collaborateur Jacques-Elie Favrot a cessé toutes ses activités parlementaires » et que, ce lundi 16 février, « avant d’apprendre son interpellation », des procédures pour mettre fin à son contrat avaient été engagées auprès des services de l’Assemblée. Et de conclure que c’est « à l’enquête désormais de déterminer les responsabilités ». Il est pour l’heure également soutenu par son parti, qui dénonce une « instrumentalisation ». Alors que le siège national de la France insoumise a été évacué ce mercredi matin suite à une alerte à la bombe, le coordinateur national Manuel Bompard affirmait sur X « que Raphaël Arnault n’a aucune responsabilité dans le drame survenu à Lyon jeudi dernier et qu’il n’est absolument pas concerné par l’enquête en cours ».

    Appel à la démission

    Une tempête qui s’exporte évidemment dans la Cité des Papes. David Fournier se montrait mesuré ce mardi 17 février, avant d’apprendre l’interpellation de Jacques-Ellie Favrot, en assurant qu’il « ne fait pas d’amalgame », regrettant « un drame absolu ». Tout en glissant qu’il fait « confiance non seulement aux forces de l’ordre de mon pays mais aussi à la justice » et qu’il n’a « jamais commenté des affaires en cours ».

    Mais d’autres se sont montrés plus offensifs. À commencer par son ancien adversaire au premier tour des élections législatives de 2024, Philippe Pascal (Debout !, ex-GDS). Raphaël Arnault avait été désigné pour représenter le Nouveau Front populaire, mais Philippe Pascal s’était maintenu au premier tour avant d’appeler à voter pour l’actuel député au second. Dans un message, il exprime sa « colère, déception et un profond sentiment d’injustice » et regrette que « ce sont souvent ceux qui construisent patiemment, au quotidien, qui se retrouvent écartés au profit de stratégies qui dépassent les réalités locales » tout en affirmant que « la mort d’un militant, quel qu’il soit, rappelle toujours que la violence politique mène à une impasse ».

    D’autres demandent sa démission, notamment à droite. Olivier Galzi, candidat (DVD) aux municipales, avance que Raphaël Arnault « a clairement une responsabilité morale dans ce meurtre » et qu’« une démission de sa part paraît s’imposer ». Avant de terminer son texte par un discours dangereux, si ce n’est révoltant, en évoquant que « le fascisme n’est ni de droite ni de gauche (sic), il est aux extrêmes, car il est avant tout un totalitarisme qui souhaite s’imposer par la force ». Une démission également demandée par Julien Paudoie, pilote Renaissance à Avignon en vue des municipales. Qui estime que « la République ne peut pas rester ambiguë face à la violence », car la situation interroge « profondément la capacité du député à représenter sereinement le territoire vauclusien ».

  • Mise à l’index, LFI dénonce une « instrumentalisation »

    Mise à l’index, LFI dénonce une « instrumentalisation »

    À 15 heures, en ouverture de la séance de questions au gouvernement, l’Assemblée nationale a observé une minute de silence en hommage à Quentin Deranque. « Personne ne devrait mourir pour ses idées », martèle la présidente de la chambre basse du Parlement, Yaël Braun-Pivet. Le militant d’extrême droite est mort samedi, roué de coups en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Institut d’études politiques de Lyon, dans ce qui a été qualifié la veille d’« homicide volontaire » par le procureur de la République de Lyon. « Avec les risques qu’on a aujourd’hui, qui sont maintenant tristement très, très clairs, évidemment non, il n’y aura pas d’autres meetings de ce type-là dans les établissements », a par ailleurs fait savoir le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste sur BFMTV.

    Ce moment de recueillement réclamé par le groupe UDR d’Éric Ciotti a été validé à l’unanimité. Seul le groupe Liot a exprimé des réserves : « il y a bien un crime qui a été commis, pour l’instant j’aimerais en avoir les tenants et les aboutissants avant de savoir si véritablement il faut faire une minute de silence ou pas », tempère le député Paul Molac. Les communistes ont demandé à ce qu’elle « soit élargie à l’ensemble des personnes qui ont été victimes des violences politiques ». « Depuis 2022, il y a eu 12 morts liés à des exactions de groupes d’extrême droite », fait valoir le chef du groupe, Stéphane Peu. En vain.

    Le RN veut dissoudre les

    « organisations antifa »

    La séquence qui a suivi a quasi exclusivement été consacrée à cette affaire, dans une atmosphère tendue. Le Rassemblement national a lancé les hostilités, pointé du doigt la Jeune Garde en demandant au gouvernement la dissolution des « organisations antifa » qu’elle veut voir « reconnaître comme terroristes ». Le camp brun se gargarise, profite de ce drame pour avancer ses pions et faire taire ceux qui se sont construits en opposition à son idéologie mortifère. Cette position du parti à la flamme a été défendue en la personne de Tiffany Joncour, députée lyonnaise, proche de Génération Identitaire, qui a bénéficié durant sa campagne du soutien des groupuscules identitaires locaux dont son époux est un ancien cadre, rapporte Streetpress dès 2024. « La brutalisation de la vie politique doit arrêter […] Il y a de la brutalisation quand on justifie l’action de la Jeune garde et qu’on investit aux élections législatives son dirigeant déjà condamné pour violences physiques », répond le ministre de la Justice Gérald Darmanin faisant ici référence au député vauclusien Raphaël Arnault, cofondateur de l’organisation antifasciste lyonnaise.

    S’il n’était pas présent physiquement dans l’hémicycle, son nom était sur toutes les lèvres et pour cause : son assistant parlementaire Jacques-Elie Favrot fait partie des neuf personnes interpellées ce mardi soir (lire ci-contre). « Il appartiendra à la justice de condamner mais il appartient à chacun d’entre nous ici de dénoncer les responsabilités politiques qui ont mené à cette violence, elle ne vient pas de nulle part. L’extrême gauche a du sang sur les mains », éructe le député LR Laurent Wauquiez.

    Utiliser ce drame

    « pour nous salir »

    Les Insoumis ont été la cible de toutes les accusations, du camp macroniste à la droite et son extrême. « Nous n’acceptons pas que la violence physique d’où qu’elle vienne soit employée pour régler les conflits (…) ceux qui instrumentalisent ce drame pour nous salir doivent cesser (…) aucun insoumis n’est impliqué ni de près, ni de loin dans ces violences », insiste la cheffe des députés LFI Mathilde Panot. « Si nous combattons l’extrême droite et les groupuscules fascistes violents autour d’elle c’est précisément car ils glorifient la mort et la brutalité, il faut méconnaître l’Histoire pour accepter la victimisation de l’extrême droite et prétendre que les violences seraient à gauche de cet hémicycle », a-t-elle renchéri avant d’interpeller le gouvernement sur son silence quant à l’assassinat en 2022 du rugbyman argentin Federico Martín Aramburú à Paris tué par des militants du GUD, groupuscule d’extrême droite.

    « Ce que vous venez de faire est absolument ignoble et abject », rétorque Sébastien Lecornu, sous les applaudissements de la moitié de la salle, à l’exception de la gauche. « Il est temps que vous fassiez le ménage, Madame la présidente Panot, le ménage dans vos propos, le ménage dans vos idées, et surtout le ménage dans vos rangs », tempête le chef du gouvernement.

  • En Vaucluse, le député insoumis et son assistant dans la tourmente

    En Vaucluse, le député insoumis et son assistant dans la tourmente

    Il y a un peu plus d’une semaine, lors du meeting de campagne à Avignon de la candidate LFI Mathilde Louvain, aux côtés du député Antoine Léaument, le média d’extrême droite Frontières est resté en live pendant plus de deux heures devant le lieu du meeting. Une sorte d’affrontement resté verbal ou enfariné -pour le « journaliste » vedette de Frontières- auquel Jacques-Élie Favrot a été confronté. Une scène qui, aujourd’hui, prend un autre relief alors que le nom du collaborateur parlementaire du député Raphaël Arnault (LFI-NFP) est jeté en pâture, désigné par le groupuscule d’extrême droite Némésis comme un des agresseurs ayant entraîné la mort du militant identitaire lyonnais.

    Par la voix de son avocat, Jacques-Élie Favrot a, dimanche, « formellement démenti être responsable de ce drame » et s’est mis en retrait de sa fonction de collaborateur. Ce lundi, la présidente de l’Assemblée nationale lui a suspendu l’accès au palais Bourbon par crainte de « troubles à l’ordre public ». Côté justice, le procureur de Lyon n’a, pour le moment, délivré aucune indication sur le profil des agresseurs. Pour rappel, samedi, Raphaël Arnault a fait part de son « horreur et dégoût » suite au décès et souhaité « que toute la lumière soit faite sur ce drame ».

    « On n’a rien à voir avec ça »

    Contacté, Raphaël Arnault, qui siégeait à l’Assemblée nationale le soir du drame, n’a pas donné suite. « Même si ça prend des proportions énormes, on n’a rien à voir avec ça », confie-t-on dans son entourage, qui n’a guère goûté de voir, dimanche, trois députés RN se mettre en scène devant la permanence parlementaire de Raphaël Arnault. Pancarte « l’extrême gauche tue », Catherine Rimbert, Marie-France Lorho (par ailleurs condamnée et inéligible pour emploi fictif de son ex-assistant Yann Bompard, les deux ont fait appel) et Hervé de Lépinau (candidat aux municipales de Carpentras) demandent la démission ou la levée de l’immunité parlementaire du député insoumis. Le tout, sans la moindre prudence judiciaire. À Camaret, le maire RN a, ce lundi, mis les drapeaux de la mairie en berne tenant aussi pour responsable les « militants de l’extrême gauche ».

    À un mois du premier tour des municipales, ce contexte risque de peser alors « que les haines sont attisées par l’extrême droite », regrette-t-on dans l’équipe de Mathilde Louvain. À Carpentras, un local visant LFI a été tagué (lire ci-dessous). À Avignon, la question de mettre en retrait de la campagne Raphaël Arnault ne s’est pas encore posée. Le député, qui pourrait seulement être sur la liste à une place symbolique, est toutefois « investi » dans la campagne, assurait-il mi-janvier. « En fonction de l’enquête, les responsabilités seront établies et il reviendra au député d’avoir sa propre réaction, en revanche il n’appartient pas à LFI de contrôler les réactions des adversaires potentiels », conclut-on du côté de Mathilde Louvain.

    Carpentras : un lieu tagué « LFI, antifa assassin »

    Ce samedi, l’espace Fenouil à Carpentras, un lieu associatif privé, doit accueillir un forum « Décolonisons nos esprits », organisé par les candidats LFI aux municipales. Un site qui « a été la cible de tags intimidants », dénonce la France insoumise. Sur des photos, consultées par La Marseillaise, on peut y lire « LFI, antifa assassin », « Arnaut (sic) tueur ».La présence du député Raphaël Arnault à ce forum a été annoncée. « Dans un contexte marqué par la montée des discours d’extrême droite, les menaces et les tentatives de pression n’ont pas leur place dans un débat démocratique », déplore LFI. F.C.

  • Toujours mobilisés face au budget d’austérité à Avignon

    Toujours mobilisés face au budget d’austérité à Avignon

    Si le marché de fin d’année sur la place Jean-Jaurès d’Avignon peut laisser penser à une réunion festive, les personnes vêtues de gilets rouges, roses et blancs étaient bien venues manifester ce mardi 2 décembre dans les rues d’Avignon. Ce, entre autres, face à un budget de l’État qui démontre « le cap désastreux pour les salariés et notre modèle social » avec les 30 milliards en moins prévus au budget, comme l’a évoqué Laurence de Villèlen, secrétaire départementale CGT, au nom de l’intersyndicale avec Solidaires et la FSU.

    « On nous propose une pseudo-alliance avec les socialistes. Mais cela ne défend absolument pas le droit des travailleurs », poursuit la responsable syndicale. Dans les rangs de la mobilisation, Philippe Riehel et Sabine Aulagner, syndiqués Solidaires, enseignants en maternelle et en élémentaire, affirment se « sentir attaqués car on ne peut pas travailler comme on le voudrait ». « L’école tient grâce à nous, c’est-à-dire tous les salariés dans l’éducation. Mais les choix politiques favorisent le privé aux dépens d’un service public acceptable », poursuivent-ils. Tandis que quelques mètres plus loin, Dimitri Szabo, employé à l’Inrae, regrette « un chantage à la dette ».

    Cohésion de la gauche

    Présent également avant de se rendre à l’Assemblée nationale l’après-midi, le député de la 1ère circonscription de Vaucluse, Raphaël Arnault (LFI-NFP), dénonce des socialistes qui « rentrent dans le rang » avec les macronistes, alors que certains membres du PS, comme le sénateur Rachid Temal ou François Hollande, défendent le recours au 49.3 pour le budget. Tout en espérant une cohésion de la gauche sur la question.