Tag: Raphaël Arnault

  • À Aix, antifascistes et militants d’extrême droite face à face malgré l’interdiction

    À Aix, antifascistes et militants d’extrême droite face à face malgré l’interdiction

    La manifestation prévue ce samedi 10 octobre place de l’Hôtel-de-Ville, par le Collectif Antifa, avait été interdite par la préfecture en raison de risques d’affrontements entre militants antifascistes et groupes d’ultradroite. Un rassemblement s’est néanmoins formé spontanément sur la Rotonde, dans la matinée.

    D’un côté, des militants d’ultradroite, avec des néonazis; de l’autre, des organisations et associations antifascistes. Plusieurs drapeaux de La France insoumise (LFI) étaient également visibles dans la foule. Le député de Vaucluse Raphaël Arnault a pris la parole lors de la mobilisation. Sa présence était initialement annoncée avant l’interdiction préfectorale de tout rassemblement.

    Selon les organisateurs, 200 personnes mobilisées « contre le fascisme » étaient présentes, contre une « trentaine » du côté de l’ultradroite. Les forces de l’ordre ont finalement dispersé les groupes à l’aide de gaz lacrymogène.

    Malgré cette issue, les organisateurs considèrent la mobilisation comme une « victoire ». « On a réussi à tenir bon, à montrer qu’on était plus nombreux », estime Lina, du Collectif Antifa d’Aix.

  • [Entretien] Raphaël Arnault : « Le bon sens, pour Galzi, ce n’est que vers la droite »

    [Entretien] Raphaël Arnault : « Le bon sens, pour Galzi, ce n’est que vers la droite »

    La Marseillaise : Comment se passe votre rentrée politique ?

    Raphaël Arnault : C’était très centré sur la circonscription parce que l’Assemblée nationale reprend plus tard, cette année, à cause de dissensions au sein du bloc macroniste, qui est en train de se désintégrer, se désagréger, plus la campagne présidentielle arrive. Ce qui n’est pas plus mal, parce que souvent, on est assez frustré de ne pas avoir assez de temps pour ça. On a eu plusieurs angles de bataille. Comme les barbecues populaires. C’est l’occasion d’aller directement à la rencontre des citoyens qui nous disent que sans ce genre de moments, ils ne seraient pas allés à la rencontre de parlementaires. Ce n’est pas avec trois merguez qu’on efface ce qu’il s’y passe, mais on veut montrer le lien que l’on y trouve. On est allés aussi en dehors de la circonscription, comme à Carpentras, pour faire état de ce qu’il se passe dans une mairie RN et montrer qu’il y a une capacité de résistance. Sans oublier la sortie de mon livre, la semaine prochaine, qui raconte 10 ans de militantisme qui débouchent à la députation. Avec ce que c’est, aussi, d’être dans ces institutions, avec tous les bouleversements qu’il y a pu avoir. En deux ans de mandat, j’ai l’impression d’en avoir avalé quinze !

    Comment vous projetez-vous sur les neuf prochains mois ? Serez-vous candidat à votre succession ?

    R.A. : Là, il y a la bataille du budget à l’Assemblée nationale. Ça va pouvoir permettre de faire des parallèles avec ce qui se passe aussi ici, en circonscription. Ces neuf prochains mois, il ne faut pas se mentir, on va être beaucoup tournés vers la présidentielle. Le fait est que toute la vie politique, y compris à l’Assemblée nationale, va être aspirée. Forcément, ça vient perturber un peu un mandat. En tant que député, par exemple, j’étais mobilisé sur la question de la crèche à l’hôpital d’Avignon, sur la fermeture des bureaux de poste, de la question des services publics de façon générale. Ces luttes sont liées. Pour la suite, je répète souvent que c’est un choix collectif, au niveau local et national. Tout sera à rediscuter selon les enjeux politiques et le bilan qu’on porte. Mais ce serait une immense chance de pouvoir mener ce combat-là.

    Vous êtes régulièrement attaqué, notamment par le maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD). Comment réagissez-vous à ces attaques ?

    R.A. : Je serais inquiet si un personnage comme Olivier Galzi jugeait ma députation convenable, alors même que je défends une réelle alternative aux politiques menées depuis des années. De fait, il s’est lié d’amitié très forte avec le Rassemblement national, d’une part pour prendre le Grand Avignon, mais aussi politiquement, on voit qu’il y a des choses qui vont dans ce sens. Il y a une droite macroniste radicalisée et une extrême droite qui insensiblement s’affichent, et il se situe un peu entre les deux. Il vagabonde. Le bon sens, pour lui, c’est que vers la droite. Toute l’extrême droite me tape dessus depuis maintenant le début du mandat. Là, encore une fois, on a un nouvel acteur qui a décidé d’appuyer sur le même créneau, littéralement. Je ressens de l’inquiétude chez les habitants. Le peu de projets un peu positifs qui étaient en cours sont relégués à, soi-disant, plus tard.

    On a l’impression pour beaucoup que Jean-Luc Mélenchon est un repoussoir, parfois plus que Marine Le Pen. Comment l’analysez-vous ?

    R.A. : Jean-Luc Mélenchon fait peur à des gens qui ont de grands intérêts économiques liés à l’exploitation. Mais encore une fois, c’est plutôt positif. Ce qu’on observe sur le terrain, ce n’est pas ça. Dans les milieux populaires, non, Mélenchon n’est pas du tout considéré comme un repoussoir, bien au contraire. Maintenant, il est certain que pour gagner le pays, il va falloir s’adresser à des gens qui pensent qu’ils n’ont pas intérêt à se lier à un projet de rupture. Je pense à ceux qu’on appelle la classe moyenne, je n’aime pas trop ce terme, parce que ça ne veut un peu plus rien dire. Lorsqu’on dit que l’on va un peu redistribuer de la richesse en taxant comme il se devrait les quelques milliardaires qu’il y a dans ce pays, il y a des gens qui gagnent 4 000 euros et qui pensent qu’ils seraient liés à ça. Non, ils ne sont pas liés à la condition des milliardaires, loin de là.

    On est à un peu plus de six mois après l’affaire Quentin Deranque. Qu’en retenez-vous ?

    R.A. : Il y a eu une déferlante médiatique et des attaques politiques très fortes. Forcément, ça vient perturber une histoire militante, la question de l’antifascisme, la question aussi de la peur de l’extrême droite à ce moment-là, qui aurait pu prendre un dérapage très, très dur. Cela a aussi permis de se remettre en question sur tout un tas d’aspects. Quel antifascisme on veut, quelle limite on lui donne ou encore reconnaître qu’il a pu y avoir de grosses erreurs. Mais par contre de ne pas céder face à des gens qui voulaient réhabiliter des néo-nazis, qui voulaient réhabiliter la violence de l’extrême droite comme si ce n’était rien. Et de ce point de vue là, je pense que le pays a tenu bon.

  • Une manif anti-RN des Insoumis sans accrocs à Carpentras

    Une manif anti-RN des Insoumis sans accrocs à Carpentras

    Six mois après la victoire du RN à Carpentras, une centaine de militants de La France insoumise, derrière les députés Thomas Portes (Seine-Saint-Denis) et Raphaël Arnault (Vaucluse), ont manifesté dans les rues pour « occuper le terrain » et « documenter ce que fait l’extrême droite quand elle est au pouvoir ».

    Le rassemblement a débuté vers 16h devant l’hôtel de ville, où se tenait le soir même un conseil municipal. Le député de Seine-Saint-Denis, qui est aussi président de l’Observatoire national de l’extrême droite (Oned), a ainsi listé les décisions qui posent problème. Il cite ainsi la suppression des subventions au Planning familial ou encore l’arrêt de la « ferme bio » pour évoquer la fin de la régie agricole pour les cantines. Et évoque l’élection présidentielle à venir, assurant qu’« aucun territoire n’est prédestiné au Rassemblement national ». « En réalité, seulement 20% des personnes ici ont voté pour Hervé de Lépinau aux dernières élections. Carpentras n’est pas acquise. Mais, si Marine Le Pen ou Jordan Bardella arrive au pouvoir, ce sera 1 000 fois pire », insiste-t-il. « Ils veulent en faire une terre historique. Mais on va revenir car il y a des luttes toute l’année », abonde Raphaël Arnault.

    La manifestation s’est tenue globalement dans le calme, à l’exception de deux personnes qui ont tenté de provoquer les manifestants. L’une a crié « Islamistes » et « Fils de putes » en direction du cortège, avant d’être rapidement éloignée par les forces de l’ordre. L’autre a scandé « Vive la France » à plusieurs reprises avant d’adresser des doigts d’honneur aux participants une fois à distance. Ces provocations n’ont suscité aucune réaction notable, si ce n’est quelques rires gênés.

    « Liberté de manifester »

    Si Hervé de Lépinau a tenté, en vain, de faire annuler la manifestation, l’événement a créé un mouvement inédit du côté des deux groupes d’opposition. Qui se sont unis pour la première fois depuis les élections municipales, alors qu’aucun des deux candidats étiquetés à gauche n’avait voulu se retirer lors du scrutin, ce qui avait entraîné la large victoire du RN. Cette fois, une communication des deux listes a été faite, main dans la main, contre la majorité et en faveur de la « liberté de manifester ». « Notre propos porte sur un principe démocratique qui doit s’appliquer à toutes et tous : la liberté de manifester et la liberté d’expression. Nous pouvons être en désaccord profond avec un parti politique, avec ses propositions ou avec les personnes qui le représentent. Cela ne peut pas, à lui seul, justifier que l’on cherche à empêcher ses militants, ses élus ou ses sympathisants de se réunir et de s’exprimer. Dans une démocratie, on ne devrait pas avoir à être d’accord avec une manifestation pour accepter qu’elle puisse avoir lieu », avancent les deux groupes dans le communiqué.

    Pas de local municipal

    La section locale du PCF a exprimé « sa vive réprobation devant cet acte antidémocratique et apporte son entier soutien à la section de LFI ». « Une fois encore, Monsieur le maire et son équipe confondent lutte politique et activité démocratique d’une municipalité élue pour répondre aux besoins de la population sans discrimination. Nombre de leurs actes démontrent la confusion qu’ils opèrent entre l’un et l’autre. Une telle attitude propre au RN et à l’extrême droite quand ils sont au pouvoir fait craindre le pire s’ils prenaient les rênes de l’État », poursuit la section.

    Un débat devait se tenir dans une salle municipale, mais la mairie a refusé d’en mettre une à disposition. Une requête en référé-liberté déposée par les Insoumis devant le tribunal administratif a été rejetée dans l’après-midi. Pour les juges, ce refus ne portait pas atteinte à la liberté d’expression de LFI. Rejetés également, les éléments relatifs aux risques de trouble à l’ordre public avancés par la municipalité. Faute de salle, le débat n’a pas pu se tenir, décision dont le maire s’est réjoui sur les réseaux sociaux. « Carpentras 1 – La France Insoumise 0 ! » « On aimerait aller sur le fond, mais je crains que ce ne soit pas possible », regrette Julien Gautier, candidat LFI aux sénatoriales.

  • À Carpentras : une marche contre l’extrême-droite sous tension

    À Carpentras : une marche contre l’extrême-droite sous tension

    La France Insoumise souhaite organiser, ce jeudi 17 septembre à 16h place de la Mairie, une manifestation sous la forme d’une marche intitulée « Six mois de RN à Carpentras, ce que ça change vraiment ». Le maire RN Hervé de Lépinau tente de la faire annuler.

    Dans un communiqué, le premier édile demande « à l’État de prendre ses responsabilités en interdisant cette manifestation afin de prévenir tout trouble à l’ordre public », évoquant les profils des parlementaires insoumis présents, Thomas Portes (Seine-Saint-Denis) et Raphaël Arnault (Vaucluse). Le membre du parti à la flamme se permet même de faire un lien entre « la montée de l’antisémitisme » et la présence de la plus vieille synagogue de France dans la capitale du Comtat Venaissin, pour inciter le préfet à interdire le rassemblement. L’élu d’extrême droite évoque aussi des « affichages sauvages et tags d’extrême gauche » dans la ville où un conseil municipal se tient le soir même.

    « Ce n’est pas un motif d’ordre public. C’est une opinion sur les opinions de ceux qui devaient parler », rétorque la France insoumise. Qui ajoute ne pas commenter les attaques personnelles envers les députés et que les procédures de demande ont été respectées.

    Un refus « illégal »

    Une partie du programme a tout de même été rabotée, le premier édile ayant refusé de prêter une salle où les insoumis souhaitaient tenir un débat. Le mouvement politique de Jean-Luc Mélenchon annonce que le juge des référés a été saisi à propos de ce refus, assurant « qu’un refus de salle n’est légal que si la réunion présente “des dangers auxquels les autorités de police ne seraient pas en mesure de faire face“ ». Une décision est attendue « sous 48 heures ». Le débat pourrait donc finalement se tenir ce jeudi à 19h30.

  • Avignon : LFI veut remplir les trousses

    Avignon : LFI veut remplir les trousses

    Sur une table de la permanence parlementaire du député (LFI) Raphaël Arnault, avenue Saint-Ruf à Avignon, quelques dizaines de stylos, cahiers, trousses et autres fournitures scolaires. Le résultat du début d’une collecte organisée par la section locale des Insoumis, ce mercredi 2 septembre.Une opération qui se poursuit également ce jeudi 3 septembre de 17h à 19h. Le tout sera ensuite offert au Secours Populaire, qui s’occupera de la redistribution aux familles démunies.

    Un événement qui se tient quelques jours après la décision de la municipalité de supprimer les kits de rentrée scolaire pour des raisons financières. 8 000 élèves de primaires et maternelles recevaient gratuitement plusieurs éléments essentiels. « Hier, il y avait des enfants qui n’avaient pas de trousses », déplore Khalid El Yousoufi, conseiller municipal d’opposition et professeur à l’école des Grands-Cyprès. S’il concède que le dispositif « n’était pas parfait », il estime qu’il aurait pu être plus efficace « s’il y avait une concertation avec les enseignants » et que si 20% de ces fournitures n’étaient pas toutes distribuées, c’est entre autres à cause d’une mauvaise communication.

    « C’était une aide qui n’était pas négligeable quand on sait que ça coûte facilement plusieurs dizaines d’euros par enfant. C’est toujours les mêmes qui en pâtissent », poursuit-il. Avant de cibler le premier édile Olivier Galzi, estimant que le « sans étiquette » prôné par l’ancien journaliste ne tient plus avec des inspirations « de plus en plus à droite ».

  • À Avignon, les insoumis s’activent dans les quartiers pour 2027

    À Avignon, les insoumis s’activent dans les quartiers pour 2027

    « Bonjour, c’est Jean-Luc Mélenchon » lance joyeusement le député Insoumis de Vaucluse Raphael Arnault à l’interphone d’un immeuble de la « Coupo », quartier situé sur la Rocade Charles de Gaulle. Un porte à porte à l’occasion du passage de la caravane du parti ce mardi 28 juillet dans la Cité des Papes.

    Quelques groupes se séparent pour quadriller l’ensemble de la dizaine de bâtiments que compte le quartier. Dont un qui comprend donc le député et le conseiller municipal d’opposition Khalid El Yousoufi. « On demande d’abord aux gens s’ils sont inscrits sur les listes, et puis après on donne nos arguments » détaille l’élu d’opposition. « C’est très important car il y a un gros risque que ce soit le Front National (sic), les fascistes, qui passent » argumente ainsi une militante qui accompagne les deux personnalités politiques locales.

    « Les racistes votent »

    En moins de dix minutes, ils arrivent à présenter à une demi-douzaine d’habitants d’un immeuble les grandes lignes du programme. Pour garder une trace, un décompte précis est même fait par les militants.

    « Nous avons toqué à 527 portes, 182 ont été ouvertes, et avons rencontré plus de 200 personnes dont 29 qui n’étaient pas inscrites sur les listes électorales » précise le parti après coup. Mais laissent systématiquement un petit prospectus sur le pas de la porte. Ainsi qu’un QR code au-dessus de la sonnette de la porte d’entrée du bâtiment qui renvoie vers une page web permettant l’inscription sur les listes électorales. « Il y a beaucoup de gens en vacances et qui sont dehors à cette heure » ajoute Khalid El Yousoufi. « Les racistes votent donc ne passez pas à côté » lâche à une mère de famille le député insoumis.

  • Après le refus d’obtempérer mortel, deux visions politiques s’affrontent

    Après le refus d’obtempérer mortel, deux visions politiques s’affrontent

    Après la mort d’un homme de 29 ans, tué après avoir été touché par deux coups de feu tirés par un policier municipal du Pontet, à la suite d’un refus d’obtempérer, ce mercredi 15 juillet vers 2h30 du matin au niveau du péage d’Avignon-Nord de l’A7, la polémique prend une tournure politique.

    L’agent auteur des tirs a été placé en garde à vue avant d’être mis en examen pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner par une personne dépositaire de l’autorité publique ». Mais cette mise en examen n’est pas assortie d’une interdiction d’exercer.

    Une situation qui a suscité des réactions contrastées au niveau local. Le maire (RN) du Pontet, Joris Hébrard, apporte « tout son soutien » au policier et estime qu’il pourra reprendre son travail comme avant. Le député de Vaucluse Raphaël Arnault (LFI-NFP) dénonce des propos qui « laissent en effet entendre qu’une décision judiciaire pourrait être anticipée par le pouvoir politique ». Il établit aussi un parallèle avec la proposition de loi sur la présomption de légitime défense des policiers et gendarmes, adoptée le 7 juillet dernier. « Plusieurs autorités indépendantes de la République ont déjà alerté sur les dangers d’un tel texte », rappelle le parlementaire, citant, entre autres, la Défenseure des droits.

    David Pascal, secrétaire départemental du PCF, appelle à une « clarification des missions », en affirmant que « les missions régaliennes de sécurité, d’intervention et de protection des populations relèvent de la police nationale et de la gendarmerie ».

  • Barbecue et château gonflable, Raphaël Arnault investit les quartiers d’Avignon

    Barbecue et château gonflable, Raphaël Arnault investit les quartiers d’Avignon

    Barbecue, château gonflable ou encore pêche aux canards seront de sortie ce dimanche (12h-18h) à la Croix-des-Oiseaux pour une fête de quartier. À l’initiative, non pas la mairie ou le bailleur social, mais le député Raphaël Arnault, qui a déjà organisé dimanche dernier une manifestation similaire à la cité Louis-Gros. « Aujourd’hui, ces moments de convivialité sont devenus l’exception. À l’heure où le gouvernement organise l’austérité pour les services publics tout en préservant les privilèges des plus riches, où certains maires préfèrent crever des piscines de fortune ou instaurer des couvre-feux pour les jeunes plutôt que d’investir dans le vivre-ensemble, cette fête a un parfum de résistance », estime l’insoumis.

    Le parlementaire ne cache pas vouloir occuper le terrain face aux « mafias qui cherchent à s’implanter toujours davantage dans les quartiers populaires ». À Cavaillon ou à Orange, des narcotrafiquants avaient mené des opérations de notabilité avec des fêtes similaires ou distribution de fournitures scolaires. « Créer du lien, faire vivre un quartier, permettre aux habitants de se rencontrer, c’est déjà faire reculer le repli, l’isolement et les logiques de violence », estime Raphaël Arnault. Une initiative aussi éminemment politique, où LFI incite à s’inscrire sur les listes électorales et voter en 2027, où se profilent présidentielle et législatives. Lors des municipales, la cité Louis-Gros avait placé Mathilde Louvain (LFI) en tête mais avec seulement 27% de participation.

  • Une marche blanche pour éveiller les consciences

    Une marche blanche pour éveiller les consciences

    J’aimerais que la mort de mon papa serve à quelque chose », lâche, les larmes aux yeux et la voix tremblante, Niha à la fin de la marche blanche en hommage à son père, Ahmed, Avignonnais de 79 ans fauché le 8 mai dernier par un motard alors qu’il traversait sur un passage piéton de la Rocade. Environ 300 personnes étaient présentes et sont venues se recueillir.

    En tête du cortège, photos du défunt en main, la famille et les amis d’Ahmed portaient également un message sur un grand drap blanc : « Les rodéos tuent. Agissons maintenant ! » Car le motard, arrêté après l’accident alors qu’il était en train de fuir après avoir échappé à un contrôle de police, qui a percuté le septuagénaire, était en roue arrière.

    « Le but n’est pas de faire le buzz ni d’appeler à la haine. On appelle à une prise de conscience de toutes et tous, à tous les niveaux. Il faut arrêter de banaliser ce genre de drame », abonde Niha devant l’endroit où son père a perdu la vie. « Il faut sécuriser ce passage piéton de l’enfer. On a attendu un drame pour enfin en parler », regrette Leïla Addabbani, habitante du quartier et organisatrice de la marche. « Ce n’est pas la première fois qu’il se passe quelque chose sur ce passage. Un gamin a été percuté il y a un mois et on n’en a entendu parler nulle part ni vu personne se déplacer », abonde, amer, Esteban, 20 ans, qui habite à une centaine de mètres et dont le père a été témoin de l’accident.

    Premières actions

    Sur place, quelques personnes ont fait tourner une pétition pour demander la rouverture d’un passage souterrain permettant de traverser la voie se trouvant quelques pas plus loin. « Ce tunnel permettait autrefois aux piétons de traverser cet axe en toute sécurité. Depuis sa fermeture, les habitants sont contraints de traverser directement une rocade très fréquentée. Ce drame bouleversant rappelle une nouvelle fois la dangerosité de ce passage », explique Aissa Mohamed, habitant porte le texte.

    En fin d’hommage et « à la demande de la famille », assure-t-il au micro, le maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD), a également tenu à glisser quelques mots. Il affirme avoir résolu les « problèmes immédiats » à proximité des lieux, comme l’éclairage au-dessus du passage, et pousse pour que « les réponses aux rodéos soient extrêmement sévères » car « ce sont des actes criminels, une mise en danger volontaire de l’autre ». Un peu plus loin se trouvait également le député de la circonscription Raphaël Arnault (LFI) qui, tout en confiant être présent « en tant que citoyen », appelle à « une prise de conscience de la jeunesse ». « Il faut faire son propre bilan et éviter de tomber dans les écueils », conclut-il. Les élus écologistes d’Avignon, Mouloud Rezouali et Samir Allel, étaient également présents. « Ce drame rappelle une réalité que nous ne pouvons plus ignorer : la première des injustices sociales, c’est l’insécurité », pointent-ils de leur côté dans un communiqué.

  • Le refus de poignée de main Galzi-Arnault, tout sauf anodin

    Le refus de poignée de main Galzi-Arnault, tout sauf anodin

    La scène se passe dans l’entre-deux-tours des municipales sur le marché de la Rocade. Olivier Galzi (DVD) y croise Mathilde Louvain (LFI). « Vous ne me serrez pas la main ? Vous n’êtes pas républicaine ? Pas de haine et pas de violence en politique », lance alors le futur maire à la candidate qui lui serre la main. Ce qui pourrait être une simple anecdote de campagne prend un écho particulier aujourd’hui. Car lors des cérémonies du 8-Mai, le premier magistrat a refusé la poignée de main avec Raphaël Arnault, député (LFI).

    Un geste polémique, les deux protagonistes ayant tour à tour livré leur analyse de la situation. « La République n’est pas un protocole, elle est un cadre exigeant, qui suppose que la légitimité s’inscrive non seulement dans les urnes, mais aussi dans une certaine idée du rapport à la violence et au débat », se justifie Olivier Galzi qui, quelques jours plus tôt lors de la dissolution confirmée de la Jeune garde, avait réaffirmé son appel à la démission du député. « Dans le Vaucluse, l’installation durable du RN n’a pas seulement renforcé ce parti, elle a contaminé une partie de la droite locale, désormais tétanisée à l’idée de lui déplaire », déplore Raphaël Arnault.

    Arroseur arrosé ou affront

    Illustration, Thierry d’Aigremont, délégué du RN 84, a, lundi, adressé ses « félicitations » à Olivier Galzi pour ce « geste de fermeté face à ce député-délinquant qui fait honte au Vaucluse ». Même Alice Cordier, du collectif identitaire Nemesis, au lourd passif avec Raphaël Arnault, s’est réjouie de la scène. Il y a un mois dans nos colonnes, le député LFI n’était pourtant pas opposé à rencontrer le nouveau maire. « Je m’autorise à discuter avec lui car il n’est pas RN même si la frontière est fine », nous confiait-il. Si, à l’instar du conseiller régional (DVD) Michel Bissière, on moque « l’arroseur arrosé » puisque Raphaël Arnault à l’Assemblée nationale avait refusé de serrer la main à un député RN, d’autres, soutiens à gauche, voient dans l’attitude d’Olivier Galzi « un affront aux administrés de sa circonscription qui ont voté pour Raphaël Arnault ».

    « Je voudrais dire à ceux qui n’ont pas voté pour nous, que nous aurons à leur égard la même attention », promettait Olivier Galzi dans son discours d’installation de maire. « En continuant à taper fort sur LFI, il reste clivant et organise le débat uniquement autour de lui ou LFI », analyse un observateur expérimenté de la vie politique. « J’ai fait la démonstration qu’il existe un chemin qui va permettre de construire avec toutes les sensibilités tout en évitant des positions extrêmes », estime Olivier Galzi, interrogé jeudi dernier. Une stratégie payante lors de la campagne qui peut encore fonctionner tant que le maire a le vent en poupe. « Mais attention quand ça ira mal, ce sera compliqué d’aller chercher des soutiens », prévient cette même source. Au risque alors que le dicton « jeu de main, jeu de vilain » ne fasse encore plus sens.