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  • Aleida Guevara fait de la solidarité son étendard pour Cuba et son peuple

    Aleida Guevara fait de la solidarité son étendard pour Cuba et son peuple

    La solidarité était le maître mot d’Aleida Guevara, fille du « Che », ce mercredi soir, lors d’une conférence-débat consacrée à Cuba dans la salle Camille-Claudel du centre hospitalier de Montfavet. Que ce soit pour le peuple cubain ou le reste de la population mondiale.

    Comme la médecin pédiatre le rappelle, l’intensité du blocus mis en place par les États-Unis depuis plus de 65 ans est, depuis le mois de janvier, « à son pire niveau depuis 1991 et la chute du bloc soviétique ». Avec pour conséquence peu de vivres qui passent, mais surtout très peu de pétrole et de médicaments. « Un seul bateau pétrolier est arrivé cette année et il vient de Russie », regrette la Cubaine au micro.

    Elle évoque également les difficultés d’approvisionnement en lait en poudre, qui était commandé par les autorités en Nouvelle-Zélande, ou encore les stratagèmes nécessaires pour recourir à des navires américains, car ceux des autres pays sont généralement empêchés de retourner chez eux. « On respecte le fait qu’on ne veuille pas commercialiser avec nous, on ne peut évidemment pas les forcer. Mais empêcher les autres pays, c’est injuste ! Initialement, on était d’accord pour que l’on ne touche pas aux médicaments. Mais c’est la première chose qui a été faite », regrette-t-elle. « On a essayé d’envoyer des vivres ; mais le container est bloqué depuis avril. Il faut mettre la pression », ajoute Nadia Mateu, présidente de France Cuba Hérault.

    Un manque qu’Aleida Guevara constate quotidiennement dans son travail. D’une part par les coupures répétées qui affectent les frigos pour conserver les aliments ou pour le fonctionnement des hôpitaux, évoquant même des « opérations sous la lumière des téléphones » : « Le plus dur, c’est de savoir qu’il faut des médicaments qu’il est impossible d’avoir. Avec tous les intermédiaires, les prix s’envolent, ce qui empêche l’achat en masse. Donc beaucoup d’enfants décèdent à cause du manque. »

    « Crise des valeurs »

    Elle prône l’aide entre les peuples : « On a été solidaires avec beaucoup de peuples. J’ai été médecin en Angola et ça a fait de moi un meilleur être humain. Le plus important est de respecter un peuple qui veut être souverain. »

    Celle qui sera présente ces jeudi 8 et vendredi 9 octobre aux Rotatives de La Marseillaise (voir encadré) pour de nouvelles conférences a ensuite répondu à une pluie de questions. Interrogée sur la situation en France, elle assure ne pas avoir de certitudes, tout en évoquant les difficultés du moment sur le plan politique. « Quand il y a une crise économique, il y a une crise de valeurs », lâche-t-elle. Avant d’appeler « à tenir bon », car « sinon, on finit comme Haïti ou Porto Rico et on risque d’être une étoile de plus sur le drapeau américain ».

    Les prochaines conférences

    Aleida Guevara sera présente ces 8 et 9 octobre à 18h30 aux Rotatives de La Marseillaise, cours Honoré d’Estienne d’Orves à Marseille, pour deux autres conférences. Toujours dans le cadre du projet « Semillas de solidaridad », ces deux rencontres seront centrées sur la situation médicale en cours à Cuba et sur l’impact du blocus américain. La fille du Che rencontrera aussi différents représentants syndicaux et élus au cours de sa visite dans les Bouches-du-Rhône.

    S.V.

    Les deux rendez-vous affichent complet.

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Marie Batoux

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Marie Batoux

    Discriminations, égalité femme-homme, droit à l’IVG…

    À vous la parole ⬇️

  • [Portrait] Khadidja Sahraoui-Chapuis, sociologue tenace

    [Portrait] Khadidja Sahraoui-Chapuis, sociologue tenace

    Écouter sans filtre ni complaisance les acteurs d’une situation, tisser des liens, déconstruire ce qui n’est pas uniquement local et peut relever d’un passé post-colonial, écarter les fables des médias qui dramatisent, diabolisent et mythifient, veiller sans relâche pour que chacune des phrases écrites soit prioritairement lisible et incarnée, tels sont quelques-uns des enjeux de cette enquête rédigée au terme de 25 années d’entretiens et de remises en questions. Un peu comme dans La Misère du monde de Pierre Bourdieu, ce chantier entrelace une connaissance constamment renouvelée du proche environnement, des témoignages bruts et des synthèses provisoires. Endurance et vigilance : après une enfance vécue dans une cité dont on sait l’évolution et le délabrement, puisqu’elle « porte le nom d’un peintre », après son lycée abandonné en classe de seconde, dans un improbable cheminement, farouchement consolidé par cette thèse à l’Université, Durkheim et Marcel Mauss, Khadidja Sahraoui identifie progressivement un segment mal connu du prolétariat d’aujourd’hui, les « petites mains » du trafic de drogue.

    En dépit de l’anonymat qu’ils conservent et des pseudonymes qu’elle invente pour qu’on ne les tracasse pas – Rocky, Carpe, Citron ou Frites, porteur d’une rage de dents ou bien Bordeaux, trop jeune guetteur venu de loin, victime d’une exécution commanditée par son réseau – les trajectoires de ces garçons prennent dans les détours de son livre une irréfutable consistance, un relief qui ne s’efface pas.

    Les idées reçues, les préjugés à propos de « l’argent facile » sont balayés. Ces « gamins » se sont engouffrés dans des existences cadenassées par leurs supérieurs, ces subalternes obéissent à de féroces organisateurs. Ils s’ennuient, tentent d’éviter la honte de leurs parents, traficotent 12 ou 14 heures par jour. Les bruits, l’absence de loyauté, le stress et la terreur, les pilonnages et les affrontements avec la police, l’urine et la saleté, le sang et les larmes les transforment. Ces précaires en quête de virilité, ces non-blancs cagoulent leurs visages. Ils n’ont pas droit à l’erreur et peuvent finir très vite leur adolescence entre les quatre planches d’un cercueil.

    Un grand refus
    du fatalisme

    Pas du tout pour les excuser, bien évidemment pour tenter de comprendre, Khadidja Sahraoui les décrit sans fatalisme ni fascination. Elle reproduit sans familiarité leurs expressions, l’humour et la radicalité de leur vocabulaire. Ces garçons ont été fragilisés et cabossés par toutes sortes de frustrations et d’humiliations. Un milieu scolaire sans exigence ni finalité, les rejets et les inégalités sociales endurés par leurs parents ou leurs fratries, les accidents de santé ne les épargnent pas.

    Le livre de Khadidja n’est pourtant jamais catastrophique. Preuves à l’appui, parce qu’elle connaît le temps long des cités, elle établit que cette jeunesse du narcotrafic, impitoyablement racialisée, discriminée et stigmatisée peut aussi « s’en sortir ». Elle démontre que les déterminants et les dysfonctionnements sociaux ne sont pas toujours victorieux, la situation la plus néfaste peut être renversée. Avec ces jeunes du narcotrafic longtemps terriblement fautifs, elle n’est pas seulement en posture d’empathie. Ses attitudes sont toujours le reflet infiniment précieux d’une analyse et de réflexions dont le monde politique, les médias et les travailleurs sociaux devraient s’inspirer. Un aîné à présent devenu un proche ami, l’anthropologue Michel Péraldi estime que son livre est pour Marseille l’équivalent du grand ouvrage de l’américain Philippe Bourgois, traduit et publié au Seuil en 2001 : « En quête de respect. Le crack à New York ».

    Via Albert Londres et ses suiveurs, une croyance voudrait que Marseille, ville « sans mémoire ni monuments » préfère effacer et ne pas méditer les traces de son passé. Quand on entrevoit le parcours d’une personne comme Khadidja Sahraoui, on est persuadé du contraire. Au milieu des destructions, des tournants et des accélérations de la plus récente époque, sa ville natale est une ville de souffrances, de joies et de réminiscences. Quelques-uns de ses plus vifs attachements, entre autres les noms et prénoms de ses parents, exilés loin de l’Algérie figurent dans la page de remerciements de son livre. Quand elle le dédicace, elle griffonne quelquefois une phrase qui n’est pas un slogan : « la lutte continue ».

    Aujourd’hui samedi 17h,

    librairie Maupetit, rencontre-

    signature avec
    Khadidja Sahraoui

  • Les apéros scientifiques de l’Osu Pythéas débattent santé à Marseille chez Zoumaï

    Les apéros scientifiques de l’Osu Pythéas débattent santé à Marseille chez Zoumaï

    Organisés par l’institut OSU Pythéas, les apéros Hyperbar de la brasserie Zoumaï (6e) à Marseille, reprennent leur rythme mensuel. Ce 16 septembre de 19h à 21h, le thème abordé est une seule santé (One Health). Le concept repose sur une idée simple : la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes sont profondément interdépendantes. Les crises récentes – pandémie de Covid-19, émergence de nouvelles maladies, pollution de l’air et de l’eau, perte de biodiversité ou encore multiplication des événements climatiques extrêmes – rappellent que les frontières longtemps établies entre santé et environnement sont aujourd’hui largement dépassées.

    Vulgariser la science

    Face à un public de curieux attablés devant un verre, les trois intervenants de cette soirée sont Anthony Gonçalves, adjoint (PCF) au maire de Marseille et délégué à la santé, Zoé Le Monnoyer, chargée de mission « une seule santé » à l’Agence régionale de biodiversité environnement (Arbe) Région Sud et Thierry Tatoni, professeur en écologie AMU à l’Imbe et membre de l’Académie des sciences, lettre et arts de Marseille. À travers des échanges durant toute la soirée, Pression Hyperbar ouvre le débat sur cette question : « la véritable prise en compte de notre santé ne nécessite-t-elle pas de prendre soin du vivant dans son ensemble ? » Grâce à des projections, tableaux et photos à l’appui, chaque intervenant micro en main présente de façon la plus didactique possible la problématique, et tente d’impulser des pistes de réflexion et d’action au sens le plus large possible. Les questions sont ensuite ouvertes dans la salle. Les 21 heures passées, la soirée continue à battre son plein de façon informelle.

    Zoumaï, 7 cours Gouffé (6e)

  • [C’est l’été] Jeu de piste à Pra Loup 1600

    [C’est l’été] Jeu de piste à Pra Loup 1600

    Un moment ludique où l’observation sera de mise puisqu’il faudra lire les panneaux pour pouvoir répondre aux questions et aux énigmes ! Une fois terminé, des surprises vous attendent.

    Toute la journée.

    Gratuit.

    Feuille de route à récupérer auprès de l’office de tourisme.

  • Plongée dans le bazar des 182 box du Marché du Soleil

    Plongée dans le bazar des 182 box du Marché du Soleil

    La plongée judiciaire dans ce haut lieu marseillais de la contrefaçon s’avère difficile. Dès les premières questions, les mémoires s’effilochent à la barre, tout devient flou, confus, magmatique. Il faut au président Adrien Fauchier Delavigne la ressource des PV de garde à vue et des écoutes pour éclairer sur la « gestion opaque et désorganisée » des baux et sous baux des 182 cellules commerciales du Marché du Soleil, dont la grande majorité vendait des produits contrefaits, parfois réalisés sur place.

    « Tu enlèves les contrefaçons, il n’y a personne qui rentre au Marché du Soleil ! Sur 180 box il y en a 20 qui n’en vendent pas. La vente de contrefaçons a explosé en 2016-2017. Tout le monde s’est mis à en vendre », relate Abdelmalek Es Saddouki, gardien depuis 2011, qui nie avoir tenté de corrompre un douanier le 5 mai 2025. Le gabelou est formel : « Il m’a demandé de ne pas contrôler le camion et a spontanément proposé de l’argent à plusieurs reprises. “Tu veux combien ?” “Si tu ne veux pas pour toi, prends pour tes enfants”. »

    Les chiffres de l’Office national anti-fraude parlent. En 2024, 24 711 articles de contrefaçon ont été saisis dans 12 box différents, pour une valeur de 2 016 000 euros. Sur les sept premiers mois de 2025, 19 939 articles de contrefaçon saisis dans quatre box différents et les parties communes du 1er étage pour 5 190 000 euros. Depuis 2023, ce sont 47 348 articles saisis de plus de 26 marques contrefaites pour une valeur totale de 7 698 000 euros. Le chiffre d’affaires global annuel du Marché du Soleil, estimé en valeur haute par les Douanes en prenant un ratio de 80% de box proposant des contrefaçons et un chiffre d’affaires de 800 euros par jour, pourrait s’élever jusqu’à 31,5 millions d’euros.

    Second gardien depuis trente ans et collecteur des loyers pour Georges Dahan, 81 ans, le propriétaire du marché, Abdelhamid Djermoune conteste tout : « Ce sont des ragots. On est impuissant avec Dahan à lutter contre la contrefaçon. » Même s’il dit en acheter pour ses frères en Algérie : « Au début, on fermait les magasins et on a pris des coups. J’ai déposé deux plaintes. Je suis menacé. Quand j’ai coupé l’électricité à des commerçants une dizaine de fois, on m’a agressé, frappé et cassé ma voiture. Il n’y a pas de solution, sauf fermer le Marché. » Il rame pour expliquer l’écoute dans laquelle il parle avec Georges Dahan de « l’argent noir » des loyers perçus, 99% en espèces.

    Aucun vendeur ne figure parmi les 18 prévenus, dont trois sociétés. La plupart ne sont pas déclarés, sont sans papiers et payés de 30 à 60 euros par jour. Interrogé sur sa cargaison de 1 000 paires de fausses Nike TN, l’un d’eux expliquait aux enquêteurs : « Je vends tout le temps 35 euros. C’est pour les pauvres qui ne peuvent pas se payer des baskets à 200 euros. À 95%, mes fournisseurs se trouvent en Turquie. » Il s’approvisionne à Clignancourt ou Aubervilliers et paye cash la marchandise.

    Beaucoup regardent Leïla Hireche, 56 ans, la gestionnaire au quotidien du marché depuis 2022, comme un personnage central du système, celle qui attribue les box, celle qui appelle des policiers municipaux pour les mauvais payeurs. « Lorsqu’elle appelle les policiers, ils viennent et ils font ce qu’elle demande : mettre la pression ». « C’est une mafieuse. Même la DZ Mafia ne fait pas ça. Elle a fermé des magasins aux gens », accuse un commerçant. « Elle fait ce qu’elle veut car c’est elle aussi qui fait les papiers pour les sous-locations, elle gère tout », a dit aux enquêteurs Haouari Abed Boumediene, président de l’association des commerçants, qui ajoute : « Georges Dahan, c’est le propriétaire du Marché du Soleil. Lui, tant que l’oseille rentre, il en a rien à foutre, il fait totalement confiance à Leïla. Et avec tout le respect que je vous dois, elle tient les 300 commerçants par les couilles. »

    « Je ne vais pas contrôler ce qu’il y a dans chaque carton. » « Ce n’est pas à nous de contrôler d’où vient l’argent et ce que font les locataires, réplique Leïla Hireche. On n’a aucune relation avec la contrefaçon. On galère pour se faire payer. La société a 700 000 euros de dettes de loyers. »

  • « Les cheminots continuent le combat en région Sud-Paca »

    « Les cheminots continuent le combat en région Sud-Paca »

    La Marseillaise : Vous sortez d’une conférence pour le secteur CGT cheminots Paca avec un changement de secrétaire général. Quelles étaient les grandes lignes des discussions entre syndiqués ?

    François Tejedor : Cette conférence se tenait dans un contexte particulier. Il y a une montée des guerres partout dans le monde mais aussi de montée l’extrême droite, là encore à un niveau international. Côté entreprise, il y a l’ouverture à la concurrence, des réorganisations et des situations dramatiques avec un nombre important de suicides depuis le début de l’année. On a une trajectoire qui est au-delà de celle de France Télécom, un service public qui a subi un éclatement. Et c’est ce qu’on vit depuis 2018 mais on constate une accélération dans ce processus d’éclatement. Cette accélération a comme conséquence ces situations dramatiques pour la famille cheminote.

    Cédric Gimenez : En effet, la question de la montée des idées d’extrême droite a fait l’objet d’un certain nombre de débats dans notre conférence. Ce n’est pas par hasard que nous l’avons tenue dans le Var puisqu’elle est particulièrement présente dans ce territoire. Quelque part, cela fait le lien avec les décisions politiques qui touchent notre entreprise avec son éclatement. Dans la région, on est en avance par rapport à d’autres. Il y avait donc un réel besoin d’analyser le niveau d’attaques, les conséquences et la riposte que cela implique. Comme nous sommes la première région a réellement faire face à l’ouverture à la concurrence, la question de notre réaction se pose. On sort rassurés des débats de cette conférence.

    Rappelons aussi le 10 juin, qui a montré qu’on était toujours en capacité de mobiliser les cheminots. Plus que ça : quels que soient les cheminots et quelle que soit l’entreprise. Dans notre conférence, il y avait d’ailleurs naturellement les camarades de Transdev et ceux de la filiale SNCF Voyageurs Sud Azur (SVSA). Cela montre qu’on est capable de s’unir autour d’un même objectif : l’unification de l’entreprise. Et pour y arriver, il faudra franchir des marches tous ensemble, en s’organisant.

    La lutte contre l’extrême droite est un sujet au cœur de l’histoire des cheminots. Quel lien faites-vous entre sa montée et les politiques libérales que vous pointez ?

    F.T. : Nous avons un Conseil régional, pour notre région Sud, qui est dirigé par la droite et l’extrême droite en réalité. À chaque assemblée où il y avait des votes sur des questions d’ouverture à la concurrence et d’éclatement de l’entreprise, c’est la majorité de droite qui portait ces orientations mais avec un accompagnement et des votes favorables de l’extrême droite pour celles-ci. L’extrême droite a soutenu toutes les propositions qui ont conduit à cette ouverture à la concurrence.

    Plus globalement, le Medef reçoit le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, il banalise ses idées. Et ce n’est pas une coïncidence que Jordan Bardella annonce que l’âge de départ à la retraite n’est pas un totem pour lui dans le même laps de temps. On voit bien qu’il sourit au patronat pour accéder au pouvoir, en attaquant les droits des travailleurs.

    C.G. : La lutte contre l’extrême droite fait partie de notre ADN, elle est inscrite dans nos statuts, c’est non-négociable. Tout ce qui sera possible de faire pour la contrer, on le fera. Ce qu’on doit faire aussi, c’est porter nos revendications qui sont reprises par certaines organisations politiques et progressistes. On doit mettre en avant les idées reprises par des partis proches de nous. On doit donc mener un double combat : combattre ces idées de front tout en portant un projet de société. Il s’agit pour nous de parler du développement du service public ferroviaire. Prenons l’exemple des Jeux olympiques 2030 dans les Alpes françaises, beaucoup de choses ont été dites mais les premiers concernés, les cheminots, doivent se faire entendre.

    Ce projet de société que vous évoquez va-t-il évoluer entre le précédent mandat et le prochain ?

    C.G. : C’est un mandat qui sera dans la continuité de ce qui a été fait jusqu’à aujourd’hui. Il n’y a pas de volonté de rupture, c’est plutôt clair. Il y a aussi une volonté de peser dans le débat public. On s’aperçoit que beaucoup de gens parlent du ferroviaire, mais sans vraiment le connaître. On ne dit pas que les cheminots ont la science infuse, mais nous sommes les premiers concernés. Encore plus car la CGT est la première organisation syndicale. Il y a aussi plusieurs enjeux pour ce mandat. Par exemple, la jeunesse où il y a une attention particulière. On a d’ailleurs un collectif jeunes cheminots Paca établi de longue date. Une des annonces phares de notre conférence était d’ailleurs une « initiative jeune » à la rentrée. Autre élément, il y a les élections professionnelles qui arrivent à la fin de l’année. Et qui dit élections professionnelles, dit positionnement de la CGT vis-à-vis d’autres organisations syndicales parfois complaisantes avec le capital ou la direction. Et je dis cela sans dénigrer ces organisations, puisque quand on est unitaire sur un sujet, on a de bons résultats. Mais sur beaucoup de sujets, la CGT est bien seule. C’est un réel enjeu.

    Vous sortez d’une grosse journée de mobilisation, le 10 juin. Elle est le résultat
    d’une colère face à toutes les problématiques que vous évoquez
     ? Quelle suite ?

    F.T. : Cela fait un moment qu’on sent de la colère. Je pense aux contrôleurs en 2022. L’entreprise a lancé une série de chantiers sur les métiers mais sans aboutir. Dernièrement, dans SNCF Voyageurs, la direction voulait remettre en cause 5 jours de RTT, ce qui est une remise en cause déguisée des 35 heures. Les Négociations annuelles obligatoires [NAO] du début d’année n’ont rien arrangé puisque l’entreprise a peu donné alors qu’on a perdu 12% du pouvoir d’achat en 10 ans ! Cette accumulation a créé une colère qui avait du mal à s’exprimer jusqu’au 10 juin. Finalement, le niveau de mobilisation est historique car de même hauteur que lors de la lutte contre la réforme des retraites. Selon les métiers et les lieux, on avait des 80 % à 90 % de grévistes. Il s’est passé quelque chose lors de ce 10 juin. C’est une alerte qui doit être entendue par la direction. Si ce n’est pas le cas, la colère sera encore plus forte.

    C.G. : Il ne faut pas résumer le 10 juin à la date en elle-même. Il y a eu toute une phase de construction en amont, on a arraché l’unité syndicale malgré des intérêts divergents sur fond d’élections professionnelles. Il y aura certainement des suites, puisque le niveau de mobilisation était aussi fort que lors de la lutte contre la réforme des retraites en 2023. Sans présager de l’avenir, on sent que la direction va devoir agir car elle a reçu une alerte très forte. D’autant qu’une table ronde est prévue, le 23 juin. On ne s’interdit rien à l’issue de celle-ci.

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité David Ytier

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité David Ytier

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