Tag: PS

  • Le numérique, un impact tout sauf neutre pour le débat démocratique

    Le numérique, un impact tout sauf neutre pour le débat démocratique

    Impossible d’y échapper. Que ce soit les réseaux sociaux, la vidéosurveillance ou encore l’accès dématérialisé aux services publics, le numérique a bouleversé notre quotidien. « Un adulte passe en moyenne 32 heures par semaine devant un écran », campe Alexandre Basquin, sénateur PCF du Nord et participant au débat, aux côtés de Pierre-Yves Cadalen (député LFI du Finistère), Thomas Dossus (sénateur écologiste du Rhône) et Patrick Blanès (secrétaire fédéral du PS de Vaucluse). « Les plateformes numériques créent des contenus clivants et émotionnels, le débat est polarisé et une partie de l’espace démocratique est aujourd’hui structurée par des entreprises privées », rappelle, en introduction, Sabrina Royer, animatrice du débat.

    Pendant 1h30, les propos ont fait le procès du numérique, du moins l’usage généralisé qui en est fait sans réel garde-fou. « Sans les réseaux sociaux, on n’aurait pas battu Aulas à Lyon », souligne quand même Thomas Dossus quand Patrick Blanès relève leur « utilité pour structurer certains mouvements ». « Oui, mais par exemple, Facebook a banni toute référence à la Palestine », nuance Alexandre Basquin, rétif aux réseaux sociaux. « Je dois être l’un des seuls parlementaires à ne pas y être car on cherche plus à convaincre à l’extérieur que la personne face à soi, c’est mortifère car il faut être excessif pour être viral », déplore le sénateur nordiste.

    Manière d’aborder les logiques d’algorithmes qui confortent chacun dans ses biais tout en clivant encore plus les contenus. « On zappe d’une info à l’autre, c’est l’économie de l’attention », resitue Patrick Blanès, alarmé aussi par l’irruption de l’intelligence artificielle, « qui pourrait bientôt rendre des décisions de justice ». « Mais ce capitalisme de l’attention doit avoir ses limites et être régulé au niveau européen », plaide Thomas Dossus, pour qui « les grandes plateformes doivent être tenues pour responsables ». Si le sujet n’a pas été abordé, on a vu des récents déferlements de haine et de racisme en ligne sur des pages Facebook de nos confrères. Le tout avec un sentiment d’impunité. Au début du mois, 16 familles ont aussi porté plainte contre TikTok pour abus de faiblesse, accusant le réseau social de pousser des jeunes au suicide.

    Instaurer une vraie régulation publique

    À l’instar des « règles déontologiques pour la presse créées au XIXe siècle », le sénateur écologiste souhaite « un modèle de contrôle public » vis-à-vis des plateformes numériques et « le risque de bulle de désinformation ». Pierre-Yves Cadalen milite, lui, pour la mise en place d’un « pôle public du numérique » pour sortir les médias des « concentrations capitalistiques ». Car derrière les Gafam (acronyme des géants du numérique), « il y a un projet politique de technofascisme, des nouveaux réactionnaires qui veulent abolir la démocratie et supprimer les libertés individuelles », estime le député insoumis. Une idée de pôle public qui ne séduit pas Thomas Dossus, « pas fan car si la gauche peut en faire un outil d’émancipation, je crains que ce ne soit pas le cas si la droite est au pouvoir ».

    Brièvement abordée aussi, l’impact sur la jeunesse, fortement « informée » par les réseaux sociaux, et l’omniprésence dans le cercle scolaire. « Il faut dénumériser nos écoles », conclut Thomas Dossus.

  • Le progrès en étendard à la fête de « La Marseillaise » à Avignon

    Le progrès en étendard à la fête de « La Marseillaise » à Avignon

    Sous les grands arbres couverts de lierre du parc des Libertés de l’île de la Barthelasse, à Avignon, les températures en hausse n’ont pas calmé les ardeurs de plusieurs centaines de personnes qui se sont réunies ce dimanche 24 mai à l’occasion de la Fête de La Marseillaise.

    Une occasion annuelle de se réunir, d’échanger, de débattre, de s’informer mais aussi, bien sûr, de faire la Fête. Une journée qui s’est lancée autour de 9 heures avec l’arrivée des militants des différentes organisations politiques et associatives. Café et huile de coude au menu pour mettre en place les stands. Très vite, ce fut déjà l’heure du repas autour d’un verre d’eau, de bière ou de vin selon les goûts. Et de trinquer avec quelques membres du Club de la presse de Vaucluse et sa nouvelle présidente Dominique Ghidoni, sous les ajustements acoustiques du groupe Reno Bistan qui a laissé entendre quelques extraits des chansons jouées au concert de clôture de 17 heures. Une belle conclusion, entre paroles en français ou en italien, pour chanter Monde de droite ou encore Una torta de riso, pendant que les quelques bambins venus avec leurs parents profitaient du château gonflable disposé pour l’occasion. Sans oublier, à l’heure de la digestion, la pièce Emballages, écrite par André Benedetto et jouée par la compagnie la Parole Rouge, critique acerbe du capitalisme mêlant humour et discours militant. Le tout sans oublier l’engagement anti-extrême droite de notre journal fondé dans la Résistance. « L’échéance de l’année prochaine va être très importante pour nous tous, pour le monde du travail, pour les progressistes, pour les Français, pour tous ceux qui vivent dans notre pays », rappelle Léo Purguette, président et directeur de publication de La Marseillaise, appelant à « relever la tête, être offensif » comme tente de l’être notre titre.

    L’occasion d’échanger

    Si les derniers mois ont été marqués par les élections municipales, la Fête était aussi l’occasion de se retrouver. « Je viens depuis trente ou quarante ans et c’est l’occasion de montrer nos actions » glisse Françoise Godefroy, vice-présidente de France Cuba en Vaucluse.

    Un moment aussi pour les différents partis de gauche présents d’échanger dans un cadre plus détendu. « Une journée agréable où on se retrouve sur l’essentiel », pointe Pascal Clemençon, secrétaire fédéral du PS en Vaucluse. « L’unité se fait lors de fêtes », ajoute Méliades Bey de l’Après. « On reste dans un moment de l’année où on peut échanger de manière informelle avec des camarades de diverses sensibilités des échéances passées et à venir pour lutter localement au-delà des quelques différences » ajoute l’insoumis Sylvain Nandan.

    « Si nous sommes ici, ce n’est pas seulement pour partager un moment festif. C’est aussi parce que notre époque exige de l’engagement, en particulier dans notre département. Contre l’extrême droite, contre la casse sociale, pour l’hôpital, pour la santé, pour l’éducation, pour le monde du travail, pour l’égalité, pour la dignité, pour l’écologie, pour le droit des femmes et de toutes les personnes discriminées, pour la solidarité internationale et pour la paix », a lancée en fin de journée Delphine Jordan (PCF).

    La fête continue… Rendez-vous le 27 juin à La Bâtie-Neuve pour la première Fête de La Marseillaise des Alpes !

  • Marseille a accueilli 2,6 millions de croisiéristes en 2025

    Marseille a accueilli 2,6 millions de croisiéristes en 2025

    Quelque 2,6 millions de passagers et 660 escales, soit une hausse de 8% par rapport à 2024. Dans un communiqué, Marseille Provence Croisière, se félicite d’un bilan 2025 positif qui s’explique par « une augmentation du nombre d’escales, des navires très bien remplis et une activité qui s’étale sur une grande partie de l’année ». Près de 30% de ces passagers sont des « têtes de ligne », poursuit l’association, « c’est-à-dire qu’ils commencent ou terminent leur croisière à Marseille ».

    De quoi générer « des retombées différentes de celles des passagers en escale, plus tournés vers les excursions », assure-t-elle. La somme dépensée par personne et par jour dans la ville s’élève à 57 euros avance à chaque occasion Jacques Hardelay, président de l’association. Marseille restant un pôle de départ « majeur » avec 452 bateaux qui appareillent en 2025, soit +3% par rapport à 2024.

    Pour Marseille Provence Croisière, l’activité contribue également à l’ouverture internationale de la cité phocéenne, « en combinant attractivité touristique et impact économique direct ». Parmi eux les Français restent un socle avec 497 361 passagers en 2025 (+0,91%), mais les clientèles internationales « progressent nettement », avec +21% d’Américains, les plus nombreux avec 13 117 passagers, suivi des Chinois, +16% 11 724 passagers ou des Canadiens, +41% 7 620 passagers. À noter également la progression des Kazakhs, +74% avec 7 348 passagers.

    Des prévisions à la hausse

    Autant d’éléments qui permettent pour l’association de tracer une perspective de 2,8 millions et 750 escales. Des prévisions qui pourraient faire bondir les riverains de ces géants des mers qui, à quai, émettent l’équivalent d’environ 20 000 voitures en polluants atmosphériques, quand 38% de la population régionale « est aujourd’hui exposée à un dépassement des normes 2030 de la qualité de l’air, avec des pics plus importants dans les villes-ports », note l’association de surveillance de qualité de l’air, AtmoSud. Un dépassement « plus significatif sur l’aire marseillaise », ajoute-t-elle.

    Mais la donne a changé assure Marseille Provence Croisière. Jacques Hardelay l’a bien compris : « Aujourd’hui, la performance de la croisière ne peut pas être dissociée de son impact environnemental et de son acceptabilité locale. » Marseille Provence Croisière mise sur la « transition » avec « 28% des escales réalisées par des navires propulsés au GNL, une part en progression de +9% » mais aussi et surtout le branchement électrique à quai.

    Une giga prise permettant de connecter trois navires en simultané, inauguré par le ministre des Transports le 11 avril dernier, qui réduirait de 70% les émissions de d’oxyde d’azote (NOx), dont le transport maritime représente le second émetteur à Marseille (37%) derrière le transport routier (45%) toujours selon AtmoSud. Le premier pas vers une décarbonation devenue le fil conducteur d’une « dynamique industrielle qui s’opère sur la zone de Fos » estimait Hervé Martel, président du directoire du Grand Port maritime de Marseille lors de l’inauguration.

    Associations et habitants espèrent eux que le Port aille plus loin en la matière. De son côté, la Ville de Marseille a d’ores et déjà prévenu que ce développement accru ne se ferait pas sans elle. « Cette croissance ne peut se poursuivre durablement que si elle devient respectueuse du choix démocratique et souverain de la ville et de ses habitants » avait indiqué le Marseillais Laurent Lhardit (PS) député des Bouches-du-Rhône, lors de l’inauguration.

  • Vers une direction collégiale à la tête du PS 13

    Vers une direction collégiale à la tête du PS 13

    C’est une page que s’apprête à tourner la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, la deuxième dans le pays pour le parti à la rose. À sa tête depuis 2021 après la démission de Nora Mebarek et la transition houleuse qui s’en était suivie, l’adjoint marseillais à la vie associative Yannick Ohanessian devrait, selon des informations concordantes, céder dans les semaines à venir son siège de premier secrétaire fédéral au profit d’une direction collective transitoire.

    Une information que conteste le principal intéressé, indiquant conserver à ce jour ses fonctions. Même si celui qui ne pointait qu’à la 33e place de la liste du Printemps marseillais lors des dernières municipales avait déjà ouvertement par le passé déploré les attaques internes. « Pour l’année 2024, je n’ai pas toujours été épargné », déplorait-il ainsi lors des vœux de la fédération PS en 2025, en appelant à la « camaraderie ».

    « Nous avions une fédération un peu à l’arrêt depuis la fin de l’année dernière, des militants nous demandaient ce qu’il se passait, il n’y avait plus de réunion », explique l’adjointe à l’urbanisme Audrey Gatian, sollicitée par La Marseillaise. « Nous avons besoin d’un parti qui travaille, dise les choses, les porte localement », défend-elle en distinguant la situation des mélodrames nationaux qui traversent le parti. Une direction collégiale de six membres a ainsi été présentée à la direction nationale, représentative du poids des différents textes d’orientation dans le département, avec l’espoir de la voir installée « dans les semaines qui viennent ». En espérant une transition « la plus courte possible ».

  • La bataille pour les sénatoriales est lancée

    La bataille pour les sénatoriales est lancée

    Les élections sénatoriales ne se dérouleront que le 27 septembre prochain, mais ça s’agite déjà sur l’échiquier politique.

    C’est même le branle-bas de combat à droite et au centre. Après l’annonce de la candidature du président de la Région Sud, Renaud Muselier (Renaissance) pour un siège au Palais du Luxembourg, voilà que c’est la Marseillaise et ministre déléguée à l’Enseignement, Sabrina Roubache, qui envisage d’être candidate. L’information a été révélée par La Tribune Dimanche puis confirmée, ce lundi, par nos confrères de Marsactu.

    De quoi provoquer des remous dans le camp présidentiel. Renaud Muselier avait déjà jugé cette candidature « inamicale ». Il en rajoute une couche en invitant « le Premier ministre et le Président à s’occuper de cette affaire (…). On va voir qui sera ridicule dans cette histoire ». Autant dire que le groupe vit bien… Et, pour ajouter un peu de piquant, la sénatrice sortante Valérie Boyer (Les Républicains) a également annoncé être candidate à sa réélection dans Valeurs Actuelles, ce lundi. Cette dernière développe, sur le site de Public Sénat cette fois, être « ouverte à tout », dont à un accord avec Renaud Muselier. Lequel a d’ailleurs été élu via une large alliance des formations de la droite et du centre, et pourrait reproduire la manœuvre, ou pas. Il ne ferme d’ailleurs pas la porte à Valérie Boyer : « Pour additionner, il faut discuter. »

    Voilà qui contraste avec ses propos vis-à-vis de Sabrina Roubache. Une chose est sûre, c’est que l’Aixoise Brigitte Devésa (UDI) est aussi « candidate à sa réélection avec Renaud Muselier », confie-t-elle, ce mardi. Plus que ça, elle entend ne pas « descendre en dessous de la 4e place » sur la liste à venir. Et pour cause, il n’y a que huit sièges à se partager et, en 2020, la gauche avait raflé trois sièges, la droite trois, le RN avec Stéphane Ravier (il a quitté le RN depuis) et Jean-Noël Guérini (ex-PS) complétant l’affaire. « Ça se bouscule au portillon », résume le sénateur communiste Jérémy Bacchi. Qui s’inquiète : « Mais la multiplication des listes à droite pourrait favoriser l’extrême droite. »

    À gauche, le PCF plaide pour l’union

    Pour l’heure, les forces de gauche ne prennent pas le même chemin que leurs homologues de droite. « En 2020, on a conduit une liste d’union de la gauche entre communistes, socialistes et écologistes, qui a bien marché en faisant élire trois sénateurs de gauche dans le département », campe Jérémy Bacchi, sénateur communiste élu aux côtés de la socialiste Marie-Arlette Carlotti et de l’écologiste Guy Benarroche en 2020.

    Il note positivement que, depuis ce scrutin, il y a eu « une poussée de la gauche avec une augmentation du nombre d’élus à la faveur d’une union des forces de gauche aux municipales ». Ce qui implique donc une hausse du nombre de grands électeurs et conforte par là même les positions à gauche. « À titre personnel, je pense qu’il faut prolonger cette stratégie d’union qui s’est avérée gagnante pour la séquence sénatoriale. » Mais la prudence est de mise, puisque Jérémy Bacchi attend « les discussions souveraines au sein des communistes pour établir la stratégie et la représentation aux sénatoriales », avec une réunion prévue le 27 mai. En tout cas, on pourrait repartir sur le même trio sortant. Mais quid de Mireille Jouve, qui avait remplacé Jean-Noël Guérini, réélu sénateur en 2020 avant d’être déclaré inéligible par la justice ? « Je poursuis ce que j’ai entrepris depuis des années pour soutenir les communes […], je ne m’interdis rien », glisse-t-elle.

    Nul doute que les discussions sont loin d’être terminées pour ce scrutin.

  • Entre ébauche de programme et manifeste, le PS se cherche

    Entre ébauche de programme et manifeste, le PS se cherche

    Sitôt le sprint des municipales clos, le marathon de la présidentielle 2027 vient de débuter. Du moins au Parti socialiste qui ne veut pas perdre une minute, 4 ans après l’humiliation d’Anne Hidalgo (1,75%) en 2022.

    Ces derniers jours, l’aile gauche et l’aile droite du PS viennent d’avancer dans leur stratégie qui, pour l’heure, diffère. Proche du maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, Carole Delga vient de relayer l’appel à signer le manifeste « Construire 2027 ». Publiée par des personnalités de gauche et écologistes (Raphaël Glucksmann, Boris Vallaud, Yannick Jadot…), cette tribune vise à bâtir une offre politique de gauche (hors France Insoumise) capable de l’emporter dans un an. Le but affiché n’est pas juste de contrer la menace d’un RN aux portes de l’Élysée. La démarche ambitionne d’élaborer un « projet collectif et crédible » capable de changer la vie des gens. « Dans notre Histoire, il y a eu les commentateurs du déclin et il y a eu les acteurs du sursaut. Nous serons de ceux-là », affirment les signataires qui veulent couper court aux querelles internes à gauche.

    Problème : le texte est critiqué pour son rejet implicite de Jean-Luc Mélenchon (21,95% à la présidentielle 2022). À la lecture des grandes orientations (projet social, de transformation écologique et économique, un projet républicain qui refonde la démocratie), on constate aussi que la plupart des sujets majeurs (fiscalité, retraites, Europe…) ne sont pas encore tranchés. Une manière d’éviter les sujets qui fâchent ou de laisser sa place au débat ?

    De son côté, l’aile gauche du PS vient de publier une ébauche de programme (144 pages) au bout d’un tour de France d’un an de travail avec un millier d’auditions auquel a participé Chloé Ridel. « C’est un récit politique autour de la liberté. C’était la grande promesse lors de l’abolition des privilèges à la Révolution et on constate qu’elle n’est pas tenue », résume l’eurodéputée gardoise en pointant le fossé grandissant des inégalités dans ce « nouvel âge du capitalisme de prédation ».

    S’il énumère aussi quelques grands principes théoriques, cet essai programmatique voulu par le premier secrétaire Olivier Faure a le mérite de trancher certaines positions. Parmi les « partis pris », Chloé Ridel cite celui du pouvoir d’achat. « Il n’y a pas que la hausse des salaires, il faut des mesures pour baisser le prix du logement, de l’énergie, des transports. » Ou de la sécurité. « On ne veut pas parler que de narcotrafic et d’étrangers mais d’insécurité liée à la pollution, au réchauffement climatique… ». Au contraire de l’aile droite du PS, l’eurodéputée s’autorise la critique du mandat décevant de François Hollande (2012-2017) qui a conduit au macronisme. « Le monde a changé. Regardons ce que fait Pedro Sanchez en Espagne… »

    Tandis que Carole Delga refuse l’idée de la primaire à gauche du 11 octobre jugée peu sérieuse et trop tardive, Chloé Ridel précise que la présidente de Région a été auditionnée. « Elle a amené de bonnes idées sur le train, la laïcité… » Et d’assurer : « Même si nos stratégies électorales divergent (aller vers le centre ou vers les classes populaires perdues), notre état d’esprit est de tous se retrouver in fine. » Un chemin semé d’embûches.

  • Le choix des services publics via une hausse de la taxe foncière de la Métropole de Montpellier

    Le choix des services publics via une hausse de la taxe foncière de la Métropole de Montpellier

    Responsable, juste et protecteur » pour les uns. « Trahissant la parole donnée aux électeurs » pour les autres. Voté mardi 28 avril, le budget 2026 de la Métropole de Montpellier n’a pas fini de faire parler. Pas tant pour son montant (1,7 milliard d’euros) dont 1,26 milliard de dépenses réelles parmi lesquelles des dépenses de personnel (173 millions d’euros ; +2,2%) « plutôt maîtrisées », convient le nouveau maire divers droite (DVD) de Grabels, Pascal Heymes. Pas davantage pour la charge de la dette (130 millions d’euros d’annuité) accrue en raison des 480 ME investis sur la 5e ligne de tramway. Ni même à cause d’investissements ramenés à un niveau jugé « plus soutenable » (371 ME au lieu de 450 ME et avant les 200 ME annoncés pour 2027).

    Non, ce qui a nourri les presque quatre heures de débat, c’est le choix du président Michaël Delafosse (PS), révélé la semaine dernière, d’activer le levier fiscal. Un « tournant », selon l’élu LFI de Montpellier, Antoine Bertrand. « Un mois après les municipales, c’est un déni de démocratie. Il fallait le dire pendant la campagne ! », reproche l’ancien bras droit de René Revol (LFI), battu à Grabels. S’il s’était engagé à ne pas toucher à la fiscalité à l’échelle communale, Michaël Delafosse n’avait rien promis au sujet de l’intercommunalité.

    Son choix surprise concerne uniquement la taxe sur le foncier bâti. Si les taux de la Contribution foncière des entreprises (36,58%), du foncier non bâti (5,69%), de la taxe d’habitation (12,8%), de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (14,62%) ou de la taxe pour la gestion des milieux aquatiques et lutte contre les inondations (+50 euros décidés par l’État) restent stables, le taux de la taxe foncière explose, lui, de 0,167% à 5,8%. Pour les propriétaires, cela représente un surplus estimé entre 50 à 250 euros annuels en fonction des caractéristiques du logement.

    La droite vent debout

    C’est trop selon l’élu pro-Altrad, Salim Jawhari. « Ce n’est pas une stratégie, c’est un renoncement. On demande toujours l’effort aux mêmes, aux classes moyennes et aux entreprises qui auront une double peine fiscale. » Du côté des maires, la pilule ne passe pas à Castelnau-le-Lez où le nouveau maire Julien Miro (DVD) a choisi de « baisser de 20% cette taxe et de stopper les logements sociaux ». À Montferrier-sur-Lez, l’édile Frédéric Gueydan (DVD) ne cautionne pas davantage, de même que Guy Lauret (DVD) à Vendargues (DVD), Roger Caizergues (sans étiquette) à Lavérune ou encore Virginie Martos-Ferrara (DVD) à Villeneuve-lès-Maguelone. « C’est un effort trop brutal, trop rapide. » Avec à peine 25 votes contre et 9 abstentions sur 102, la hausse est toutefois validée.

    Si la plupart des élus s’y sont résolus, c’est en raison d’une situation financière délicate. « L’État a supprimé toutes les recettes dynamiques aux collectivités », déplore Christian Assaf (PS). L’État qui « ne s’attaque pas aux plus riches (ISF +211 milliards d’exonérations fiscales) et démantèle les services publics », fustige Hervé Martin (PCF). Un choix funeste refusé à Montpellier. « Nous ne vendrons pas nos médiathèques, nos crèches, nos piscines ou notre réseau des eaux », insiste le vice-président communiste.

    S’il consent que « personne ne paye l’impôt avec plaisir », l’écologiste Grégoire Delforge assure « qu’on peut y consentir s’il est transparent, juste, exemplaire et finance une part d’avenir ». C’est le cas selon le premier vice-président, Renaud Calvat (PS), qui promet que « chaque euro dépensé doit l’être utilement ». 350 millions d’euros iront aux mobilités douces (tramway 124 ME, bustram 8 ME, bus 6 ME…), 176 ME à la transition énergétique (déchets 128 ME), 140 ME à la voirie et à l’espace public (nettoiement 47 ME, entretien voirie 19 ME, espaces verts 9 ME, éclairage 5 ME….), 117 ME à la culture (subventions aux associations 20 ME, médiathèques 15 ME…) et au sport (subventions aux clubs sportifs 8,4 ME, piscines 11,7 ME). La solidarité (rénovation urbaine, aide aux communes) sera dotée de 90 ME (aides à la pierre 34 ME), le développement économique de 44 ME (filières 4,7 ME) ou encore la sécurité de 40 ME (Sdis 20,2 ME). Au total, 1 095 euros de dépenses de fonctionnement par habitant au lieu de 595 en moyenne ailleurs. « Nous faisons plus donc nous portons plus de charges, c’est un choix politique du service public », insiste Julie Frêche (PS). « Fermer des piscines, réduire la voirie, personne ne l’a proposé », observe Michaël Delafosse. « L’impôt ne fait jamais plaisir mais il permet de tenir sur la qualité de vie. »

  • Région Occitanie : « Changer la vie » et lutter contre les idées reçues

    Région Occitanie : « Changer la vie » et lutter contre les idées reçues

    Trente mille habitants rencontrés lors de 330 manifestations, 5 000 questionnaires remplis qui ont donné lieu à 1 500 propositions. Voilà en quelques chiffres le bilan 2025 de la première édition de l’opération « La Région à vos côtés ».

    Décriée par l’opposition (droite, RN) pour son coût (310 000 euros) et son côté communication, la seconde tournée vient de débuter. Jusqu’à mi-juillet, les élus d’Occitanie vont aller à la rencontre* des habitants sur les marchés, dans les gares, les parkings de supermarché, les universités, les salons ou dans des événements spéciaux tels que la fête de la transhumance. L’objectif est triple : leur expliquer ce que fait concrètement la Région Occitanie qui fête ses 10 ans, recueillir leurs doléances et tordre de cou à certaines idées reçues propagées notamment par l’extrême droite.

    « Nous reprenons le chemin du terrain », synthétise la présidente Carole Delga (PS). Une initiative « unique en France » d’autant plus « nécessaire » au vu du « désamour » qui grandit entre élus et citoyens. Paradoxalement, ces derniers seraient demandeurs de contact direct. « L’an passé, ils ne nous fuyaient pas et venaient nous questionner quel que soit leur âge », se souvient l’écologiste Zina Bourguet.

    20 spécialistes recrutés dans les hôpitaux

    Cet exercice de « démocratie participative » a permis de « conforter certaines de nos intuitions devenues des certitudes », résume Christian Assaf (PS). Par exemple le fait que les transports, le pouvoir d’achat ou la santé sont les priorités des habitants. Mieux sonder leurs attentes a permis d’ajouter 20 spécialistes dans 12 hôpitaux aux 150 médecins recrutés par la Région dans les maisons de santé. Plutôt agréablement surpris de la démarche, les sondés ont aussi fait part de leurs mécontentements. « Souvent les trains en retard et la paperasse administrative », observe Carole Delga. Cela a permis à la Région de développer l’application Fairtiq pour avoir tous les tarifs des trains ou d’instaurer le TER à un euro pour les clubs sportifs.

    Aller à la rencontre des citoyens permet aussi de « démonter les contrevérités de l’extrême droite qui réécrit l’Histoire », insiste Carole Delga, attachée à la décentralisation. Et de rappeler, ajoute Jérôme Monamy (PCF), que « le RN vote contre le TER à un euro » ou que la première mesure du nouveau maire RN de Carcassonne est un « arrêté anti-pauvres ».

    * Premières dates : marché de Lodève (25 avril), gare Saint-Roch à Montpellier (28 avril), marché de Méjannes-le-Clap (27 avril)
    et du Vigan (5 mai).

  • Les militants socialistes vont plancher sur leur projet

    Les militants socialistes vont plancher sur leur projet

    Le texte de 144 pages, rédigé sous l’égide de l’eurodéputée Chloé Ridel, proche du premier secrétaire Olivier Faure, a vocation « à nous identifier sur le long terme », au-delà de l’élection présidentielle de 2027, a précisé Chloé Ridel à la presse. Il part du principe que le modèle de la social-démocratie « a permis des progrès sociaux considérables » mais « n’a jamais pris en compte les limites planétaires, n’a pas effacé les inégalités entre femmes et hommes ni les discriminations racistes et s’est progressivement fissuré sous l’effet de la mondialisation libérale ». Il doit désormais « être dépassé ». Le texte doit être enrichi par les militants, qui ont six semaines pour l’amender, pour un vote avant l’été.

    Tous les courants du PS ont été associés à la rédaction mais, lors d’un bureau national mardi soir, les opposants à Olivier Faure se sont désolidarisés, déplorant que ce projet soit présenté à la presse avant la consultation des militants. Cette présentation est une réponse de la direction du parti, souvent accusée par ses détracteurs de ne pas avoir « travaillé » sur le fond. « On nous a reproché de ne rien produire, là on a 144 pages qu’on peut amender », défend un proche d’Olivier Faure. Le Premier secrétaire du PS est notamment contesté sur sa volonté de faire participer le PS à une primaire de la gauche et des écologistes, qu’il souhaite soumettre au vote des militants. Ses opposants réclament eux un vote pour désigner rapidement le candidat des socialistes pour 2027. Le projet fait la part belle à la notion de liberté, que le PS veut « reprendre à la droite et l’extrême droite ». Pour la droite et l’extrême droite, la liberté, « c’est l’absence de règles communes, c’est la fin de l’État et des services publics, c’est le règne du tout marché », a détaillé Chloé Ridel. Pour les socialistes, « pour que la liberté soit réelle pour tous, il faut des règles communes, des sociétés solidaires, une puissance publique forte ».

    Le projet entend aussi répondre à Jean-Luc Mélenchon, et à sa notion de « nouvelle France » qu’il semble opposer à « une ancienne France », selon Chloé Ridel. Le PS veut plutôt « réconcilier les Français » par « des politiques de justice radicales en matière de fiscalité, de réforme démocratique, de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie, pour les services publics, pour les transports ».

    Smic à 1 690 euros net

    Parmi les mesures, le PS veut rehausser le Smic à 1 690 euros net, instaurer la taxe Zucman de 2% sur le patrimoine des fortunes de plus de 100 millions d’euros et créer un « impôt sur les grandes successions ». Il prévoit aussi d’abroger la réforme Borne sur les retraites et de conserver un régime par « répartition », avec une durée de cotisation de 43 annuités « réductible en fonction de la pénibilité » et des carrières hachées, et « un âge légal de départ ramené à 62 ans » mais qui ne constituera « pas le critère central du système ».

    Concernant l’immigration, autre thème monopolisé par la droite et l’extrême droite, le PS propose une régularisation par le travail, avec un titre de séjour pour toute personne étrangère ayant un contrat de travail depuis au moins 6 mois. En matière de bifurcation écologique, le PS, veut « sortir l’électricité de la logique de marché » et planifier la sortie des énergies fossiles et la transition vers « un mix énergétique 100% décarboné en 2050 ». Le parti à la rose développe aussi de nombreuses mesures pour le logement, les transports, le grand âge (création d’un service public de l’autonomie), l’enfance et l’école (avec un objectif de 19 élèves par classe en 10 ans par exemple). Le projet fait aussi de la réindustrialisation une priorité, et propose « un plan de prises de participation minoritaires ou de nationalisations en dernier recours » sur des filières stratégiques comme « la sidérurgie, l’énergie et la chimie ».

  • Dans le Gard, la campagne des sénatoriales a débuté

    Dans le Gard, la campagne des sénatoriales a débuté

    Les élections municipales à peine passées, les partis politiques se penchent déjà sur les élections sénatoriales où, tous les trois ans, la chambre haute du Parlement est renouvelée de moitié. En septembre, c’est donc la série 2 qui sera élue, soit les représentants des départements de l’Ain (n° 1) à l’Indre (n° 36), ainsi que du Bas-Rhin (n° 67) au Territoire de Belfort (n° 90). Si Vivette Lopez (LR) a déjà annoncé qu’elle ne se représenterait pas dans le Gard, Denis Bouad (PS) et Laurent Burgoa (LR) multiplient depuis plusieurs mois les rencontres dans les villages.

    Pour autant, Denis Bouad, 73 ans, n’a pas encore officiellement confirmé sa candidature. Il assure qu’il se lancera dans la bataille s’il est à la tête d’une liste d’union de la gauche (hors LFI). Car si des discussions ont débuté entre socialistes et communistes qui devraient permettre un accord, le PCF n’a pas encore totalement exclu la possibilité de monter une liste autonome. Le plus probable aujourd’hui reste toutefois le chemin de l’union pour éviter la situation de 2020 où le PS s’était divisé en deux entre Alexandre Pissas et Denis Bouad, qui était parvenu à rallier les écolos et le PCF deux jours avant le scrutin.

    Le RN pour empêcher Burgoa ?

    Contrairement à 2020, Denis Bouad consent à présenter un communiste en deuxième position (en 2020, Patrick Malavieille était en 3e position). Deux femmes sont évoquées pour représenter le PCF : la conseillère départementale et nouvelle maire de Saint-Privat-de-Champclos Cathy Ville-Chaulet et la première adjointe à Saint-Martin-de-Valgalgues, Jennifer Willens. Battue de 9 voix en 2020, la gauche espère en effet bien récupérer le troisième siège sénatorial du Gard.

    Apprécié des élus de gauche comme de droite, Laurent Burgoa, de son côté, aura la main sur sa liste après le renoncement de Vivette Lopez, avec qui il entretenait des relations plus que froides. Si les tractations existent aussi à droite, le sénateur LR devra surtout faire face à une vive opposition du Rassemblement National. « M. Burgoa sera dégagé du Sénat, je vous donne ma parole », a ainsi asséné Julien Sanchez à Midi Libre, faisant ainsi reposer sa défaite sur la droite qui n’a pas voulu se retirer, à ses dépens. Si l’ancien maire de Beaucaire n’avait réalisé que 11% en 2020, les prises, par le RN, de Bagnols-sur-Cèze et Vauvert, plus quelques petites communes, pourraient bien affaiblir la droite.

    Tristan Arnaud