Tag: propriétaires

  • La Ville de Marseille reste ferme sur les meublés touristiques

    La Ville de Marseille reste ferme sur les meublés touristiques

    Découpage de boîtes à clés, dixième ! Armés d’une disqueuse et d’une pince, les agents municipaux ont fait, ce mercredi 7 octobre, une tournée dans les quartiers du Panier et de la Joliette (2e) pour retirer de l’espace public les boîtes à clés installées par des propriétaires de meublés de tourisme, en conséquence hors-la-loi. L’occasion pour Audrey Garino, adjointe PCF au logement, et Anthony Krehmeier (PS), maire des 2e et 3e arrondissements, de faire le bilan des actions menées par la Ville sur la question.

    « On a choisi ce quartier parce qu’il était particulièrement touché, comme ailleurs dans le centre-ville, par le phénomène », explique l’élue, ajoutant que 250 cadenas ont été enlevés depuis le 1er janvier 2025. La démarche, « symbolique », se veut le reflet d’une politique municipale volontariste dans un contexte de crise du logement forte à Marseille. « Et on a des résultats », assène Audrey Garino. Après une « explosion » des logements de type Airbnb entre 2020 et 2023, avec « une augmentation de 73% des offres, on constate une baisse de 16% sur l’année 2025 », se félicite-t-elle.

    Un plan ultra-restrictif

    Le plan d’action de la Ville se veut, avec celui de Paris, « le plus restrictif en France », assure Audrey Garino. Le nombre de nuitées sur la résidence principale a été réduit à 90 jours par an, une compensation pour les résidences secondaires imposée. Où en échange d’un meublé de tourisme, le propriétaire doit proposer un local équivalent sur le marché locatif classique.

    Les amendes, jusqu’à 440 000 euros récemment pour un mutltipropriétaire, sont aussi dissuasives. Sans « impact sur le tourisme, puisque cet été, les réservations et nuitées hôtelières ont progressé de 5% », précise l’élue. En dix ans, on a dérivé « dans une économie capitaliste pure », constate Anthony Krehmeier, regrettant que le Panier devienne « Disneyland-sur-Mer », un quartier « qui se perd, sans boucherie ou boulangerie ».

    L’élu revient sur « la gentrification qui fait monter les loyers ». Ici, « 12% du parc locatif a disparu au profit de ces meublés, enchaîne Audrey Garino, avec des loyers qui ont augmenté de 6% ». Et de rappeler que la Ville est candidate à leur encadrement, sans feu vert de l’État pour l’instant.

  • Un village mobilisé face à la destruction de sa forêt

    Un village mobilisé face à la destruction de sa forêt

    « Notre bois s’est transformé en cimetière, en clairière, toute la forêt a disparu » : les habitants de Revest-Saint-Martin, petit village de 88 habitants situé au nord de Forcalquier, dans les Alpes-de-Haute-Provence, essayent de se mobiliser face aux coupes illégales de centaines d’arbres qui détruisent leur forêt.

    Des coupes qui ont eu lieu sans le consentement des propriétaires des parcelles en question. « Il est en train de créer une catastrophe écologique monstrueuse. C’est du vol manifeste, il se sert chez nous », regrette l’une des propriétaires concernées, qui n’a jamais porté plainte de peur que l’homme coupant illégalement ses arbres s’en prenne à sa mère, selon elle. « Il a tout coupé chez lui, il n’a plus rien à couper chez lui, maintenant, il se sert chez les autres », avance-t-elle, dénonçant « un saccage » avec des « dégâts irréversibles ».

    Du bois de chauffage

    Les habitants du village parlent sous couvert d’anonymat et craignent de confronter l’homme, qu’ils décrivent comme « dangereux » et « menaçant ». « Tout le monde a toujours reculé devant lui et devant ses menaces », explique l’une des propriétaires. Ils essayent tout de même de se mobiliser et de lutter. Ils ont créé un groupe Whatsapp « pour se sentir plus fort » et réfléchir à de potentielles actions. Quatre habitantes se sont rendues en mairie, la semaine dernière, pour protester et signaler la découverte de nombreuses nouvelles coupes.

    Une enquête avait été ouverte suite à une plainte déposée par la maire pour des coupes illégales de 64 arbres sur une parcelle communale, mais elle a été classée sans suite, les habitants n’ayant pas encore réussi à prendre en photo l’homme en flagrant délit.

    Une réunion avait également été organisée en sous-préfecture à ce sujet, avec des membres de l’OFB (Office français de la biodiversité) et de l’ONF (Office national des forêts), à la demande de la sous-préfète. « Cela n’a rien donné, et les coupes d’arbres ont toujours continué », regrette la maire du village, Nadine Curnier.

    Des forêts « décimées »

    L’homme, déjà vu en train de couper des arbres sur une parcelle qui ne lui appartient pas par une habitante du village, revend le bois pour en faire du bois de chauffage. Il embaucherait plusieurs hommes pour l’aider à couper les arbres, selon les habitants, les propriétaires de parcelles et la maire du village.

    De nombreux propriétaires des parcelles où l’homme a coupé des centaines d’arbres n’ont pas porté plainte par peur des représailles, ce que déplore la maire. « C’est aux propriétaires privés de porter plainte, je ne peux pas me substituer à eux », avance-t-elle, regrettant de voir les forêts de son village « décimées ». L’une des propriétaires d’une parcelle, où l’homme a coupé de nombreux arbres, a fait faire un constat d’huissier.

    La coupe d’arbres dans une forêt appartenant à autrui constitue un délit. Le Code forestier vise notamment les arbres présentant au moins 20 centimètres de circonférence et prévoit des sanctions pénales pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros d’amende.

  • [Entretien] « Des loyers étudiants trop élevés de 161 euros »

    [Entretien] « Des loyers étudiants trop élevés de 161 euros »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir mené une étude sur le logement étudiant ?

    Marie-Amandine Stévenin : Elle porte sur les difficultés à se loger en général : le logement représente 27% des dépenses de consommation des ménages. Et les logements étudiants, souvent des studios, sont encore plus coûteux au m2 pour une population par définition précaire. Un étudiant sur trois est mal logé. Le parc public du Crous ne loge que 10% des étudiants.

    Des garde-fous existent comme l’encadrement des loyers dans les grandes villes…

    M.-A.S. : La loi qui date de 2019 définit à +20% du loyer moyen le seuil maximum de loyer autorisé dans les zones dites en tension. Notre étude et d’autres montrent la difficulté à faire respecter cette loi dont l’expérimentation se termine en novembre.

    Qu’avez-vous observé pour le logement étudiant à Montpellier ?

    M.-A.S. : D’après notre enquête, sur 11 grandes villes étudiantes, 95% des annonces en lignes (Le Bon coin, Se loger…) ne respectent pas l’encadrement des loyers. À Montpellier, pour 83% des 15 annonces étudiées, les loyers étaient trop élevés de 161 euros en moyenne. C’est une prise de température mais le même phénomène se répète dans chaque ville. Il faut responsabiliser ces plateformes qui doivent publier des annonces qui respectent la législation. Le problème, c’est qu’il n’y a pas de sanctions actuellement.

    Quelles démarches peut engager un locataire lésé ?

    M.-A.S. : D’abord prévenir son propriétaire que le loyer doit être plafonné (critères fixés par arrêté préfectoral en fonction du bien, de l’emplacement…). Si besoin saisir la commission départementale de conciliation. Et si rien ne bouge, aller devant le juge car le locataire est sûr de gagner, à moins de loyers impayés, de troubles à l’ordre public… Les locataires connaissent encore mal leurs droits mais un étudiant qui a signé un bail n’a pas aliéné son consentement. Les portes de Que choisir ensemble sont ouvertes…

    Certains propriétaires semblent ruser…

    On a été alertés par des jeunes actifs sur le « coliving », pratique entre la colocation et le bail classique avec des parties communes et des prestations annexes qui justifieraient des loyers plus élevés. Il s’agit de prétextes pour sortir de la loi de bail standard de 1989 et ainsi échapper à l’encadrement des loyers. Autre moyen de contournement : le complément de loyer en cas de prestations particulières (piscine, terrasse ombragée…). Certains propriétaires font n’importe quoi mais la jurisprudence est floue sur les critères. On demande que ces compléments de loyers soient plafonnés à 15% du loyer. Quel que soit le toit, il faudrait que l’encadrement des loyers s’applique, ce qui n’est pas le cas. On espère que le Sénat votera des dispositions supplémentaires.

  • La justice propose à RTE une médiation pour la ligne THT

    La justice propose à RTE une médiation pour la ligne THT

    Le juge des référés n’a pas voulu trancher. Saisi par une requête de RTE pour enjoindre sous astreinte, sept propriétaires exploitants agricoles à laisser ses « agents et tous salariés des entreprises mandatées (…) pénétrer sur leurs parcelles afin de réaliser des études préalables autorisées » dans le cadre du projet de ligne très haute tension (THT) entre Jonquières-Saint-Vincent et Fos, Jean-Marie Argoud a imposé une médiation. Une décision rare pour cette juridiction dont l’objet semble surtout de dénouer les tensions sur l’accès aux parcelles.

    Le président du tribunal a vite rappelé que seules les questions de l’urgence, des mesures utiles et des contestations seraient examinées. La première lui a suffi. Pour rappel, des arrêtés préfectoraux signés fin 2023 autorisaient ces accès pour la réalisation d’un inventaire écologique nécessaire à la demande de déclaration d’utilité publique de la ligne THT. Démarré en 2024 sur une étude élargie, celui-ci n’a depuis pas pu être affiné au tracé.

    Yannick Bocquenet explique à la barre que cette étape lancée en mai 2026 doit se faire sur quatre saisons consécutives. Or depuis, les écologues se disent empêchés. Le chef de projet RTE évoque des menaces et des dégradations de véhicules ayant abouti à des droits de retrait.

    Pas d’urgence

    Les agriculteurs démentent, plaident leur bonne foi, assurent n’être opposés qu’au projet de ligne aérienne. Mais ce sujet caractérisant l’urgence aux yeux de RTE n’est pas poussé. La défense plaide le non-recours autorisé à la force publique pour accompagner les écologues afin de faire rejeter l’urgence. Et en bout de course le président du tribunal menace.

    « À ce stade il n’apparaît pas que le juge des référés retient l’urgence », prévient-il, après qu’une première proposition de médiation ait été repoussée par l’avocat de RTE. « On n’est pas ici pour faire la volonté du gouvernement », reprend le juge : « demander une phase de trois mois reconductible pour un projet d’intérêt stratégique à l’horizon 2030 n’est pas une urgence ». Nouvelle suspension d’audience. De retour, le conseil de RTE plaide alors que la médiation serait acceptée si les écologues pouvaient démarrer leurs travaux. Le juge revient à la charge arguant qu’une réunion de médiation sous dix jours permettrait de gagner du temps et s’engage à proposer un médiateur de qualité en la personne d’un ancien président du tribunal administratif, dans l’attente de son éventuelle tenue, sa décision est mise en délibéré.

  • À La Ciotat, des restaurants poursuivis refusent de tirer le rideau

    À La Ciotat, des restaurants poursuivis refusent de tirer le rideau

    « La Préfecture reprend la syntaxe de l’enquête, alors qu’elle est pleine d’erreurs. On ne peut pas exiger une fermeture sur la base de soupçons, il faut des certitudes », s’est indigné Maitre Nicolaï Gregory, jeudi, devant le Tribunal administratif de Marseille, dans le cadre d’un plaidoyer pour demander la réouverture des restaurants cassidains Don Camillo et Dolce Vita, dans le viseur de la justice depuis quelques mois. Visés par enquête menée par le parquet de Marseille, la brigade de recherches d’Aubagne et le groupe interministériel de recherche (GIR) de Marseille pendant un an d’après La Provence, les établissements avaient été perquisitionnés en juin pour soupçons de blanchiment et travail dissimulé. Les enquêteurs estimaient alors, toujours selon La Provence, une dissimulation de recettes d’au moins 700 000 euros par an et par établissement. Les propriétaires avaient dans la foulée été placés sous contrôle judiciaire et ont été interdits de gérer leur structure. Mais, alors qu’aucun procès n’a encore eu lieu, la Préfecture des Bouches-du-Rhône a décidé de renforcer ses mesures de précaution en ordonnant leur fermeture administrative pour six mois, sur le fondement de la loi narcotrafic, dans le cadre de soupçons de blanchiment d’argent. De quoi pousser Maitre Nicolaï, avocat des deux structures, devant le Tribunal administratif à demander l’annulation de cet arrêté. « Les anciens responsables ont été écartés et c’est désormais un nouveau gérant qui s’occupe des structures et, malgré le harcèlement que lui imposent les forces de police, aucune infraction n’a été constatée, a-t-il souligné pendant l’audience. Et cette durée de six mois est folle, les restaurants ne pourront pas survivre. »

    La Préfecture entend

    « défendre l’économie »

    La représentante de la Préfecture a, sans surprise, maintenu ses positions, soulignant que les activités de blanchiment, répondant à un « système installé depuis plus de 10 ans d’après l’enquête », constituaient un danger pour l’équilibre de l’économie locale. « Le blanchiment ne se contente pas d’accompagner, il participe à la criminalité organisée, (…) ce qui justifie cette décision », a-t-elle par ailleurs souligné en introduction. À propos du changement de propriétaire, elle assure que la Préfecture ne l’a jamais directement mis en cause, mais insiste sur sa présence dans l’entreprise depuis 2024 et note « une forme de continuité » entre l’ancienne et la nouvelle équipe. Concernant le reste des employés, pour beaucoup venus en soutien lors de l’audience, une démarche interprétée par Maître Nicolaï comme preuve de l’absence de « traite des êtres humains » évoquée dans l’enquête, la Préfecture y voit, elle, une certaine logique. « Nombreux d’entre eux sont là depuis un moment et sont même accusés d’avoir participé aux infractions », a-t-elle asséné.

  • L’insalubrité, une lutte qui ne connait plus de répit

    L’insalubrité, une lutte qui ne connait plus de répit

    « On commence à taper, à monter sur des astreintes financières », annonçait en avril le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, chef d’orchestre des dispositifs de lutte contre l’habitat indigne. La création à titre expérimental d’une « mission interservices de lutte contre l’habitat indigne » confiée à une commissaire divisionnaire, a en effet mis en synergie toute la chaîne de coproduction des arrêtés de traitement de l’insalubrité qui associait l’ARS, les inspecteurs de salubrité de la Ville, le DDTM et le CODERST, sous la houlette de la préfète à l’égalité des chances, Isabelle Epaillard sur le départ.

    Le nombre de signalements de situation de mal-logement dans les Bouches-du-Rhône enregistrés sur la plateforme Signal Logement et traités par les services de la DDTM continue de croître : 2 612 en 2023, 3 536 en 2024, 3 473 en 2025 et déjà 2 267 depuis le début de l’année, même si une grande partie relève plus de l’indécence, que de l’insalubrité. « La réalité dépasse de beaucoup les 60 000 logements potentiellement indignes dans les Bouches-du-Rhône [dont environ 40 000 à Marseille] » avait prévenu le préfet d’un département où la moitié de l’habitat exige d’être rénové.

    Une pièce noire, humide

    et sans ouvrant

    Depuis le début de l’année, 93 arrêtés préfectoraux d’insalubrité initiaux ont été publiés sur les Bouches-du-Rhône dont 51 à Marseille et déjà 9 arrêtés fixant une astreinte à des propriétaires récalcitrants dont des bailleurs sociaux (13 Habitat et Provence Métropole Logement). Pour l’année 2025, on comptait 70 arrêtés d’insalubrité engageant une procédure dont 39 à Marseille et 5 astreintes. Pour rappel, en 2016, aucun arrêté d’insalubrité n’avait été pris à Marseille, capitale de l’habitat indigne. C’est dire le coup d’accélérateur donné depuis. 11 arrêtés ont prononcé la main levée après constat de travaux dûment exécutés. Un arrêté du 30 juin 2026 a clôturé une procédure ouverte en février 2017. Il s’agissait d’un logement 15 rue des tours à Martigues et interdit temporairement du fait que sa pièce principale était une pièce noire, humide et sans ouvrant.

    En juillet, le préfet a signé un arrêté ordonnant au propriétaire du local situé 33 rue du refuge au Panier de cesser de le mettre à disposition et de procéder au relogement de l’occupant. Là encore, le taudis est sans eau chaude, sans fenêtre, sans éclairage naturel. Son accès se fait d’ailleurs « depuis la façade arrière entre le 4 et 6, rue du Bouleau » avec une porte d’entrée laissant passer l’air et de hauteur insuffisante…

    À la Capelette, le 20 juin, le préfet a interdit définitivement de mettre à disposition un local « impropre à l’habitation » en fond de cour du 24-26 rue des Forges, et qui constitue un « danger pour la santé et la sécurité physique des personnes ». Aucune pièce de vie n’a de surface ou de volume suffisant. La situation d’insalubrité est aggravée par la ventilation insuffisante et l’absence de stabilité de l’échelle de meunier. L’obligation de reloger le locataire est signifiée.

    À Fuveau, le préfet a fait fermer un logement non seulement insalubre au 21 chemin d’Arles à Fuveau mais « sans existence légale faute d’autorisation d’urbanisme ». Il est relevé que le logement présente en particulier une « absence partielle ou totale de la toiture, avec un réseau fuyard des eaux usées à proximité du logement ». Une curiosité est notée : l’occupante serait titulaire d’un bail depuis six ans dans le parc social.

    Parfois, l’insalubrité et le péril structurel se conjuguent. Ainsi au 1er étage du 9 boulevard Féraud à Saint-Mauront sous arrêté de mise en sécurité depuis novembre 2024 : la pièce principale est inférieure à 7 m2 là où le seuil légal minimal est de 9 m2. Il est noté aussi qu’une pièce louée comme pièce principale ne dispose pas de fenêtres sur l’extérieur. L’arrêté ordonne de « remédier aux causes de moisissure qui prolifère sur les murs de façade de la chambre et du bureau », dans un délai de trois mois.

    Au 6 rue d’Anvers, le préfet a ordonné de traiter en procédure d’urgence un risque d’intoxication aux peintures au plomb. Un diagnostic a détecté sur des revêtements dégradés la présence de plomb à une concentration supérieure à 1 mg/cm².

  • La Ville de Marseille poursuit le retrait des boîtes à clés de meublés

    La Ville de Marseille poursuit le retrait des boîtes à clés de meublés

    Partant de la place Joseph-Étienne, un cortège de techniciens municipaux, d’élus et de journalistes déambule dans les rues d’Endoume. Le rituel est rodé : une disqueuse thermique cisaille une première boîte à clés repérée plus tôt, accrochée à une balustrade de la place Joseph-Thierry, les flashes crépitent, le trophée est brandi puis envoyé avec les autres aux objets trouvés, où curieusement, personne ne vient les réclamer.

    Quinze jours avant, une brigade municipale a repéré 47 boîtiers dans le secteur et apposé des stickers prévenant leur propriétaire de l’interdiction de leur pose sur le mobilier urbain. Mercredi matin, 15 propriétaires avaient vite retiré leur cadenas avant l’arrivée de la patrouille.

    L’adjointe au logement, Audrey Garino (PCF), souligne combien « l’impact de la réglementation extrêmement dure de la Ville de Marseille commence à porter ses fruits ». Pour preuve, « les dernières condamnations ont abouti à réintégrer 18 logements sur le parc locatif qui étaient transformés en 34 meublés de tourisme, donc ça fonctionne et on revient contrôler. En 2025, on a eu une baisse des meublés de tourisme alors qu’entre 2020 et 2023, ça explosait avec 74% d’augmentation sur la ville. En 2024, ça s’est tassé et fin 2025, on a une baisse de 16% des offres globales de meublés de tourisme et de 22% sur le segment des résidences secondaires sur lesquelles l’obligation de compensation est la plus dure. Donc progressivement, on baisse la jauge », résume Audrey Garino. Ainsi, de 12 937 meublés recensés fin 2023, Marseille comptait fin 2025 un peu moins de 11 000 meublés. La décrue se confirme donc.

    « On a commencé il y a deux ans et on s’inscrit dans la durée de nos politiques de régulation de locations saisonnières. Le cadenas, c’est symbolique, mais ça incarne bien des nuisances pour les habitants qui nous en parlent », complète Sophie Camard, la maire(GRS) des 1er et 7e arrondissements, très impactés, l’hypercentre captant jusqu’à 9% du parc locatif avec des pointes de 15 à 20% à l’échelle d’une rue ou d’un îlot comme au Panier ou autour de l’Opéra.

  • Vincent Jeanbrun veut simplifier les normes pour relancer l’investissement locatif

    Vincent Jeanbrun veut simplifier les normes pour relancer l’investissement locatif

    C’est une loi attendue par les professionnels de l’immobilier et par les propriétaires. Le projet de loi « Relance Logement » dit « Dispositif Jeanbrun » – en écho au nom du ministre de la Ville et du Logement – a été adopté en première lecture par le Sénat mercredi. Objectif : relancer l’investissement locatif et créer 2 millions de logements d’ici 2030. Avant son passage devant l’Assemblée nationale en octobre, Vincent Jeanbrun est venu en discuter avec les professionnels du secteur, à Hyères, jeudi, dans les locaux de « la Boîte Immo ».

    Il y a découvert les pratiques de cette entreprise technologique au service de 14 000 agences immobilière grâce à une plateforme logistique basée sur l’utilisation de l’intelligence artificielle. « Les outils d’IA sont nécessaires et très pertinents, car ça permet de gagner du temps, et surtout, ça opère une véritable révolution, qui limite le temps où un logement reste vacant », abonde Vincent Jeanbrun. Et cela va dans le sens de son projet de loi, qui se veut être « un choc de simplification ».

    « Figer les règles du jeu »

    Une notion qui revient souvent à droite et qui ressemble parfois à une volonté de contourner les lois. Et d’éviter « que la grenouille argentée » ne vienne entraver des projets, a illustré le ministre au cours d’une table ronde organisée avec les professionnels dans la foulée de la visite. Derrière cette pique aux défenseurs de l’environnement, une disposition de la loi qui fait débat, surtout à gauche : celle qui vise à permettre au préfet de « figer les règles du jeu » pour éviter tout obstacle entre le début et la fin du projet. « Ce texte de loi est dérogatoire sur les procédures administratives. L’ambition environnementale est maintenue. C’est essentiel », s’est défendu Vincent Jeanbrun.

    De manière plus large et toujours dans la même logique, le projet de loi, qui s’adresse d’abord aux 6 millions d’habitants des quartiers prioritaires, est conçu pour permettre un accès plus rapide au logement : abaissement du seuil minimal de travaux de 30% à 20% du prix du logement pour les rénovations, avec un DPE minimum de D à atteindre (contre B auparavant) pour les 700 000 logements classés F et G, aide à la rénovation pour produire 125 000 logements sociaux par an, déduction des revenus locatifs d’une partie du prix d’achat pour les propriétaires ainsi que des charges liées à la location…

    Le « comble du cynisme »

    Cette annonce phare du projet a été très décriée lors des débats, car la disposition pourrait remettre des centaines de milliers de passoires thermiques sur le marché de la location, sous condition d’une promesse ou d’un engagement à faire les travaux… « Pendant que la France étouffe (…), Vincent Jeanbrun a trouvé sa priorité : sauver les bouilloires thermiques », accuse la Confédération nationale du logement (CNL) tandis que pour Greenpeace, c’est « le comble du cynisme » que de faire une pareille mesure en pleine canicule…

    Autre principe défendu par le ministre, celui de la décentralisation, avec la création d’un nouvel outil : les Opérations d’intérêt local (OIL). Sur des périmètres établis par les maires et validés par les Préfets, la mise en conformité des documents d’urbanisme ne sera plus nécessaire.

    Suffisant pour répondre aux problématiques varoises ? Notamment celles sur le logement des travailleurs, notion sur laquelle le ministre a été interrogé, et en particulier les saisonniers ? « Il faut une réponse spécifique », a-t-il répondu, évoquant « des résidences emploi, qui permettraient de réserver de façon périodique ».

    « Un texte de loi dérogatoire sur les procédures administratives »

  • Le financement du futur hôpital d’Aubagne en pleine négociation

    Le financement du futur hôpital d’Aubagne en pleine négociation

    Petit à petit, l’hôpital fait son nid. Après la signature de la Déclaration d’utilité publique (DUP) la semaine passée, indispensable pour engager les négociations sur l’acquisition du foncier, le projet de construction d’un hôpital, dans la zone de Gargues à Aubagne, a passé, mercredi, une nouvelle étape. Les maires des 19 communes concernées par l’arrivée potentielle d’un nouvel établissement sur le territoire se sont réunis en fin d’après-midi, à la demande de Stéphanie Luquet, directrice et représentante légale de l’actuel centre hospitalier de la ville. Au menu : état des lieux détaillé du niveau d’avancement du projet et discussions autour de l’achat du terrain. À l’origine prévu à la seule charge d’Aubagne, le maire (DVG) Jean-Pierre Squillari avait invité, début juin, les autres municipalités à mettre au pot. « Puisque cet hôpital dessert 19 communes, ces [dernières] doivent s’impliquer activement dans le projet, mais aussi dans son cofinancement. Nous ne pouvons plus être les seuls à porter la charge financière d’équipements dont bénéficie l’ensemble du bassin de vie », avait-il alors déclaré. Et cette première assemblée des maires semble de bon augure pour ses réclamations : trois communes se sont engagées à participer financièrement et plusieurs promettent d’y réfléchir. Parmi les mairies d’ores et déjà motivées : celle de Gémenos, dirigée par Roland Giberti, maire (DVD) de la ville depuis 2001. « C’est une très bonne nouvelle, très symbolique », s’enthousiasme une source proche de la mairie d’Aubagne. Et de poursuivre : « Il est normal qu’il y ait un temps de réflexion, mais au moins les choses sont présentées de manière officielle et les maires peuvent y voir plus clair. C’est une première approche, le début de quelque chose ».

    Réduire les frais,

    sans brusquer

    Restent les municipalités qui, dès mercredi, ont exposé leurs réticences, ne voyant pas « comment faire un effort dans le cadre de leur budget et des difficultés financières auxquelles sont confrontées les collectivités », est-il rapporté de la réunion. Quoi qu’il en soit, les négociations s’annoncent complexes pour une mairie qui cherche à amoindrir les dépenses tout en ménageant les actuels propriétaires de la zone. « Il faut qu’on parvienne à être au prix le plus bas possible tout en trouvant un accord avec les propriétaires, note la ville d’Aubagne. Parce que s’il n’y a pas d’accord, la DUP pourrait être attaquée en justice, ce qui nous ferait perdre de précieux mois et poserait une incertitude réelle sur le projet. » D’autant que d’autres frais connexes accompagnent l’acquisition du terrain : le déplacement de la ligne à haute tension actuellement en place sur la zone prévue ainsi que la réalisation de réseaux et de routes pour aménager le site l’hôpital. « L’idée est pour nous de travailler sur le financement de ces coûts-là, qu’on aimerait faire porter à d’autres opérateurs, pour réduire la participation des communes au simple achat des lieux », poursuit la municipalité. La mairie d’Aubagne espère régler ces questions de financement avant la fin de l’année, afin que les budgets des communes puissent être votés en conséquence.

  • Le coach immobilier dit avoir cédé à l’appât du gain

    Le coach immobilier dit avoir cédé à l’appât du gain

    Au lendemain de la condamnation à une amende civile record de 100 000 euros d’un multipropriétaire parisien en infraction sur un meublé touristique rue Dragon, la Ville de Marseille est venue réclamer, mercredi, devant ce même juge des référés, le prononcé de 1,5 million d’euros d’amendes civiles à l’encontre des quatre sociétés d’un investisseur et influenceur immobilier. Celui-ci contournait la réglementation sur la location de six meublés touristiques de courte durée.

    Attendu par une dizaine de militants d’un collectif anti-Airbnb qui avaient déployé une banderole « Rends tous les logements ! Airbnb casse-toi ! Marseille n’est pas à toi ! », Florent Richard, 37 ans, ne s’est pas présenté à l’audience, laissant son avocat faire amende honorable à sa place. « Il a eu peur pour sa sécurité car il n’est pas le bienvenu à Marseille. Son portrait est affiché sur des murs. Ce n’est pas normal, ce n’est pas M. Pelicot ! Effectivement, il a eu un temps un appât du gain sur quelque chose de facile, mais il a compris, il a appris et il veut tourner la page », a plaidé Me Martin Guerin pour cet affairiste immobilier qui se vantait, sur YouTube, de s’être constitué avec 44 logements à Bordeaux, Paris et Marseille, un patrimoine de 3 millions d’euros en trois ans.

    à Marseille, ses sociétés exploitaient sans autorisation de changement d’usage et sans avoir réalisé les compensations obligatoires exigées, quatre meublés touristiques au 9 rue des Honneurs, un immeuble du Panier (qui pour l’anecdote avait appartenu à Marseille Habitat de 1997 à 2016), ainsi que deux locations saisonnières dans un grand appartement qu’il a divisé, au 16 rue Colbert. « L’étreinte de la Ville s’est resserrée sur lui en octobre 2025. Il a immédiatement retiré tous ses appartements des plateformes et s’est dirigé vers des locations en baux mobilité », a expliqué Me Guerin, qui a prié le tribunal de trouver « un juste équilibre dans le combat légitime de la Ville et ses demandes d’amendes qui sont complètement disproportionnées ».

    « On peut comprendre la colère des collectifs, a dénoncé Me Jorge Mendes Constante, conseil de la Ville. Marseille ne veut pas de ce genre d’investisseur qui dit faire du “coaching immobilier” en exprimant sur Youtube ce genre de slogans, “Un million d’euros en quatre ans grâce à la location courte durée” ou “Ici on fait du business, pas de la charité”. Il a mis en place un système. L’influenceur locatif s’est vanté d’avoir un taux d’occupation de ses locations à Marseille de 98% et d’avoir tiré 1 318 000 euros de chiffre d’affaires en 3 ans sur ces deux adresses ! »

    L’avocat a réclamé pour la Ville la condamnation de chacune des quatre sociétés que Florent Richard gère – deux SCI propriétaires, une société chargée des locations et une pour la conciergerie – à l’amende maximum de 100 000 euros prévue en cas de changement illicite d’usage, multipliée par le nombre d’appartements qu’il a ainsi soustrait au marché de la location classique, soit un moment total d’1,5 million d’euros.

    Délibéré le 23 septembre.

    « Nous serons intransigeants »

    « La Ville ne laissera rien passer. On attaquera systématiquement. Nous serons intransigeants. Les prochaines assignations concerneront des conciergeries qui participent à des locations sans autorisation », déclare Audrey Garino, l’adjointe au logement, présente mercredi devant le tribunal. L’élue PCF observe que l’engagement de la Ville a déjà entraîné « une baisse de 16% des meublés saisonniers sur la ville ».

    D.C.