Tag: Projet

  • Des efforts à faire sur l’accueil de la petite enfance à la Seyne -sur-Mer

    Des efforts à faire sur l’accueil de la petite enfance à la Seyne -sur-Mer

    C’est un dossier qui a suscité quelques échanges entre majorité et opposition, bien que tous s’accordent sur la nécessité d’avancer sur l’accueil de la petite enfance, jugé insuffisant au regard des besoins communaux. Le taux de couverture local s’élève à 51,4%, contre une moyenne nationale de 60,3%. Soit 1 013 places, réparties entre 55,4% d’accueil collectif et 44,6% d’accueil individuel (pour 1 900 enfants environ). Et ce en dépit d’une chute démographique : 650 naissances en moyenne, soit une diminution de 14% en dix ans).

    D’autant plus que les mairies viennent de se voir transférer, depuis le 1er janvier, la compétence en matière de petite enfance, ce qui oblige à se montrer actif. « Au vu de ces chiffres, que doit-on comprendre de la décision de la majorité de remplacer le projet de crèche en centre-ville par une médiathèque ? », s’interroge Olivier Andrau (PS). « Il ne s’agit pas d’une situation nouvelle, c’est le fruit de décennies de gestion municipale qui ont laissé cette question de côté », rétorque le maire, Joseph Minitti.

    Il a été décidé la mise en place d’une commission d’instruction partenariale dédiée aux demandes d’implantations des établissements d’accueil du jeune enfant (Eaje) sur la commune. Dans la même optique, cinq places supplémentaires ont été créées à la crèche Renoir. Pas assez pour Olivier Andreau, qui souligne à nouveau le manque de crèches en centre-ville. « Une nouvelle crèche va ouvrir en centre-ville, avec 12 places supplémentaires », répond Stéphane Lancelotta, adjoint du quartier ouest.

  • « On n’est pas venus en grands sauveurs d’emplois »

    « On n’est pas venus en grands sauveurs d’emplois »

    La Marseillaise : En 1999, vous cofondez l’entreprise Ipsogen de diagnostic in vitro, qui devient HalioDx, avant d’être rachetée en 2021 par Veracyte. Lorsqu’en 2025, cette entreprise américaine lâche le site, que se passe-t-il pour vous ?

    Stéphane Debono : Avec l’autre cofondateur d’Ipsogen, Vincent Fert, on voulait créer une société pour aider les innovateurs du diagnostic en santé humaine à concevoir, industrialiser, produire et expédier à leurs clients leurs innovations. On avait ce projet en tête quand on a vu que Veracyte cherchait un repreneur pour le site marseillais. Ça nous semblait une très bonne idée de reprendre une partie de l’activité de notre ancien site. On n’est pas revenus en grands sauveurs d’emplois, mais parce qu’on a un projet qui fait sens. Avoir pu récupérer une équipe avec 25 ans de réalisation nous permet de démarrer avec des fondations solides.

    Ce sont donc 38 postes, sur les 164 que comptait Veracyte, que votre offre a permis de préserver ?

    S.D. : Oui, c’est l’offre faite au tribunal : 38 immédiatement avec un engagement d’embaucher six personnes supplémentaires et créer deux postes de direction.

    Pourquoi ne pas avoir repris toute l’activité ?

    S.D. : Après le rachat en 2021 par Veracyte, les activités sur le site à Marseille ont évolué. Notamment avec une grosse activité de développement de produits pour des sociétés pharmaceutiques ou spécifiques à cette entreprise. Ce sont ces activités qu’on ne reprend pas parce qu’elles sont trop formatées pour Veracyte. Le projet d’Hélio Diagnostics, c’est de proposer notre savoir-faire de 25 ans d’expérience pour aider à développer des diagnostics en oncologie, mais aussi en maladies infectieuses, dans le domaine du vétérinaire ou l’agroalimentaire. Il n’y a pas de limite à ce projet.

    Pourquoi reprendre le site marseillais ?

    S.D. : D’abord, pour hériter d’une expérience de 25 ans. Puis, c’est bien de pouvoir renforcer l’image européenne de l’innovation et de l’industrie du diagnostic. On est impliqués dans l’écosystème marseillais depuis 25 ans et cet impact local est important. Et puis c’est beau ce qui a été construit à Marseille, cette dynamique du pôle santé régional. Si on peut contribuer à tout ça, on en est fiers.

  • Une nouvelle résidence sociale pour étudiants rue Saint-Pierre

    Une nouvelle résidence sociale pour étudiants rue Saint-Pierre

    Derrière la grue qui a pris place depuis quelques semaines rue Saint-pierre, élus de la ville de Marseille et promoteurs se sont réunis ce vendredi pour poser la première pierre symbolique de la résidence Op’timone. Dans 15 mois, c’est au croisement de cette rue et de la rue Crillon que devrait s’élever cette nouvelle résidence sociale pour étudiants.

    « Ce projet répond à un vrai besoin de logements étudiant. On sait qu’en France certains étudiants changent d’orientation ou abandonnent leurs études à cause de difficultés à se loger », insiste Jean-Philippe Trede, directeur général de Fac Habitat. Ce sont donc 87 logements qui devraient sortir de terre dans ce quartier où la demande est forte avec notamment la faculté de médecine à quelques centaines de mètres. La résidence proposera des studios ou des T2 avec ou sans balcons et sera pourvue d’un jardin, une laverie, une chaufferie et d’espaces communs. Le rez-de-chaussée devrait être occupé par des commerces.

    Un terrain qui n’a pas été choisi au hasard. « La rue Saint-Pierre est importante dans la vie étudiante, puisqu’elle relie la plaine à la Timone, affirme Didier Jau, maire (EELV) du secteur 4/5. C’est dans cette vie étudiante foisonnante que va s’inscrire cette résidence. » Un projet qui accompagne la transformation de la rue Saint-Pierre promise pour 2027 par la Métropole. « Ces projets vont permettre un renouvellement du quartier », affirme le maire de secteur.

    « Ce projet est la preuve que des partenariats publics, privés peuvent se faire pour l’intérêt commun », insiste Raphaël Emin, directeur général de Demathieu Bard Immobilier. Après la construction du gros œuvre par ce promoteur, la gestion sera donnée à Axentia et Fac Habitat, une association de gestion de résidences étudiantes. Dans tout ce processus, la Ville de Marseille a été un partenaire important.

    La résidence sera ouverte pour tous les étudiants sous conditions de ressources. Les loyers n’ont pas encore été définis, « mais ils devraient être autour de 540 euros toutes charges comprises : électricité, eau et wifi. Et les logements seront évidemment éligibles aux APL », explique Jean-Philippe Trede.

    L’immeuble devrait sortir de terre à la rentrée 2027, et les dossiers pourront être déposés 6 mois avant son ouverture.

  • Les peintres italiens témoins d’une relation à la mer oubliée

    Les peintres italiens témoins d’une relation à la mer oubliée

    Quelles espèces peuplaient la Méditerranée entre le XVIe et le XVIIIe siècle ? Lesquelles étaient consommées ? Quelle relation les gens entretenaient avec le milieu aquatique ? « Nous avons peu de données pour le savoir », admet Louise Merquiol, post-doctorante à l’Institut méditerranéen d’océanologie (MIO) d’Aix-Marseille Université (AMU) qui s’est plongée dans les tableaux de maîtres italiens de cette période à la recherche des espèces représentées. « Les peintures peuvent être des sources de données écologiques et historiques », insiste la première autrice d’un article dans Npj biodiversity. « Les variations spatio-temporelles des représentations d’espèces dans les œuvres ont un sens », résume Thomas Changeux, hydrobiologiste de l’IRD au MIO qui a supervisé ces travaux.

    Louise Merquiol prolonge ici un travail publié en 2021 sur une zone plus large par Anne-Sophie Tribot, écologue au laboratoire TELEMMe (Aix-en-Provence), dans le cadre du projet BiodivAquArt d’« écologie historique ». Cette discipline utilise des ressources historiques –archives, histoires orales… – pour retracer des changements environnementaux. « Les œuvres d’art étaient encore peu considérées », assure Thomas Changeux, à l’origine du projet avec Daniel Faget du laboratoire TELEMMe. « Notre but est de retracer l’histoire des relations entre humains et environnement aquatique », précise-t-il.

    Au-delà de l’Italie

    Raison pour laquelle il se concentre sur cette période entre le XVIe et le XVIIIe siècle. « L’âge d’or de la peinture figurative en Europe », souligne-t-il. Les peintres sont alors nombreux et ont le souci de représenter le réel sans négliger l’esthétique et l’expression artistique.

    Les espèces présentes dans les peintures italiennes témoignent de changements dans les habitudes alimentaires, les techniques et la biodiversité. « Les natures mortes représentent principalement les espèces consommées », souligne Louise Merquiol. Or on constate que les espèces d’eau douce, très représentées au début, disparaissent au fil des ans au profit d’espèces marines. « Cela s’explique par une évolution des techniques de pêche, un climat de moins en moins favorable aux espèces d’eau douce et une perte de leur habitat due aux activités humaines », précise la chercheuse. La représentation d’espèces marines dans des œuvres peintes au cœur de l’Italie témoigne d’échanges entre la côte et l’intérieur du pays. « Probablement le fait d’une amélioration des techniques de conservation », ajoute Louise Merquiol, qui travaille maintenant à étendre le jeu de données à la Méditerranée occidentale.

    Plus il étudie les relations entre humains et environnement, plus Thomas Changeux y voit une capacité d’adaptation. « Dans un contexte de changement climatique qui annonce des temps difficiles, l’art nous touche et peut être vecteur de forces positives », conclut-il.

  • Le bus à haut niveau de service sur la voie de l’utilité publique

    Le bus à haut niveau de service sur la voie de l’utilité publique

    C’était la délibération la plus attendue, bien que son issue ne fît guère de doute. La déclaration de projet et la réitération de la demande de déclaration d’utilité publique du bus à haut niveau de service (BHNS) étaient à l’ordre du jour mercredi. Ce projet prévoit la création d’une ligne de transport en commun en site propre (TCSP) de 28km entre La Seyne-sur-Mer à l’ouest (Bois-Sacré) et La Garde à l’est (gares de La Garde et de La Pauline-Hyères), en passant par Ollioules, Toulon et la Valette-du-Var. Les travaux doivent démarrer fin 2025 pour la première phase (Technopôle de la Mer – Bir Hakeim), qui devrait être mise en service début 2029. L’ensemble du projet doit être livré fin 2037.

    L’enquête publique qui a précédé cette demande de déclaration soulignait quelques points positifs : meilleure attractivité économique, augmentation de l’utilisation des transports en commun, tracé sans conséquence écologique qui dessert les quartiers prioritaires…). Pour autant, la gauche et Toulon en commun n’ont pas manqué de critiquer cette mouture qui « n’est pas à la hauteur des défis attendus ». En tentant de remettre sur les tapis le tramway plutôt que le bus. Et de pointer au fil des échanges : « des travaux très longs » (13 ans), et un projet qui pose question puisque seulement « 70% du trajet sera en site propre, ce qui réduit la vitesse de trajet à 17km/h [quand un haut niveau de service implique 20km/h] ». Lors de son intervention, le représentant du RN a souligné que le service allait passer « de 80 000 utilisateurs par jour avec le tramway à 35 000, avec une enveloppe doublée, de 400 à 800 millions d’euros ».

    « Le BHNS est sur les rails »

    Doublé, car la Métropole a prélevé 400 millions d’euros aux entreprises pour la création d’un TCSP depuis 2005, et annonce en même temps que le projet de BHNS coûtera 395 millions d’euros, financés à hauteur de 40 millions d’euros par l’État, 10 millions par la Région, et le reste par la Métropole. « Il conviendra de savoir comment a été utilisée cette somme », botte en touche le président Jean-Pierre Giran (LR), qui ajoute, non sans ironie, qu’« aujourd’hui, le BHNS est sur les rails, on a les investissements. 60% des électeurs toulonnais n’ont pas trouvé à redire en votant Hubert Falco. Peut-être faut-il réfléchir aux améliorations, mais il faut aller au bout. » Avant un vote largement favorable à la délibération. La demande de déclaration d’utilité publique sera ainsi bientôt transmise au Préfet.

    Pour rappel, le projet d’un transport en commun en site propre sur ce tracé date de 2002. Des expropriations et certains ouvrages d’art avaient alors été réalisés. Mis sur pause pendant 15 ans lors de la réalisation du tunnel de Toulon, le projet a été relancé en 2016 sous la forme d’un BHNS puis mis en sommeil jusqu’en juillet 2020 pour des contraintes réglementaires mises en exergue par le Conseil d’État. Relancé en 2021, il a ensuite fait l’objet de deux phases de concertation réglementaires, d’études d’impact environnemental et d’une enquête publique menée du 26 mai au 25 juin dernier…

    Grand prix et littoral

    Autre sujet : celui du versement d’une avance d’1,23 millions d’euros au Grand Prix de France – qui a eu lieu au Castellet de 2018 à 2022 – afin de contribuer au remboursement de sa dette. De quoi échauder certains membres de l’assemblée qui pointent la gouvernance défaillante de Renaud Muselier et de Christian Estrosi. Enfin, une délibération a été votée concernant l’autorisation d’un plan de constatation de la limite du domaine public maritime naturel, et d’une demande de déclassement de certaines emprises appartenant à ce dernier, dans le cadre du projet Mayol à Pipady, qui prévoit l’aménagement d’une partie du littoral pour relier Mayol au Mourillon.

  • Le 4e village santé de la Ville s’installe à Gèze

    Le 4e village santé de la Ville s’installe à Gèze

    À la sortie du métro Gèze, à gauche du magasin Lidl, se tient ce mercredi et jeudi un drôle de village dans les locaux de l’association Banlieue Santé. Pendant deux jours les habitants du quartier peuvent se faire vacciner, faire faire leurs lunettes, prendre rendez-vous chez des professionnels de santé ou encore actualiser leurs droits.

    C’est le 4e événement de ce type que la ville de Marseille organise cette année. Après Air Bel, Belle de mai et les Rosiers, c’est donc à Gèze que se retrouvent service de la Ville, assistance publique et hôpitaux de Marseille (AP-HM), sécurité sociale et associations. « La genèse de ce projet, c’est l’ambition de lutter contre les inégalités d’accès à la santé, explique Michèle Rubirola, première adjointe (EELV) au maire chargée des questions de la promotion santé. Parce que dans ces quartiers il manque de tout : praticiens, services publics… ». à l’entrée du bâtiment, des « passeports santé » sont distribués à toutes les personnes qui arrivent pour qu’elles puissent y inscrire leurs informations. Dans la première salle, les stands sont plutôt dédiés aux questions d’accès aux droits. La sécurité sociale y tient par exemple un stand pour aider ceux qui en ont besoin à faire leurs démarches.

    Préventions, vaccins et lunettes

    à côté, la maison des femmes est là pour venir en aide aux femmes victimes de violence. Souad Falhi, bénévole et diplômée en prévention en santé est là pour bien orienter celles qui seraient intéressées. « On fait de la prévention sur la santé, notamment sexuelle et reproductive. Quand il y en a besoin on peut les rediriger vers la maison des femmes ».

    Dans la cour, à l’arrière, d’autres associations sont présentes pour faire de la prévention, vacciner ou s’équiper en lunettes. Jeunes, personnes âgées, parents avec enfants, ils sont nombreux à s’arrêter au stand du centre de vaccination international de Marseille. Certains sont de passage sur leur pause de travail et en profitent pour faire un bilan de prévention. Nadia, la cinquantaine, est tombée sur le village santé par hasard. « Je ne connaissais pas l’endroit, mais en faisant mes courses, on m’en a parlé, explique-t-elle. Comme j’ai beaucoup de maladies chroniques, je voulais voir si tout allait bien. » Un peu plus loin, sur le stand de « droit de regard », les visiteurs choisissent leurs lunettes. « On est un opticien classique mais on pratique le 0 reste à charge, donc les clients repartent en ayant rien à avancer », explique l’opticien derrière des centaines de montures exposées.

    « Aller vers » les habitants

    Un village santé organisé par la Ville en partenariat avec l’AP-HM. « Les hôpitaux ont toujours été très concentrés à l’intérieur de leurs murs, explique François Crémieux directeur de l’AP-HM. Notre but est de sortir de cela pour aider à l’accès au soin et à la prévention. » L’organisation de ces villages répond à un besoin « d’aller vers » des populations qui peuvent être éloignées du système de soin. Mais pour l’adjointe au maire chargée de la santé ce n’est pas suffisant : « on ne fait pas que des événements one shot. On a ouvert 3 centres de soin avec l’AP-HM aux Aygalades, aux Flamants et à André Roussin pour avoir une meilleure couverture de soins à l’année car la santé devrait être un bien commun. » Un dernier village santé est prévu à Littoral Sud du 15 au 17 octobre.

    « La santé devrait être un bien commun »

  • Musée de la Navale : quand la mémoire ouvrière dérange

    Musée de la Navale : quand la mémoire ouvrière dérange

    « Depuis 36 ans, après avoir défendu les chantiers, puis ces travailleurs, puis sa mémoire, nous avons eu une seule promesse de musée en 2005, qui n’a jamais été tenue », rappelle pour commencer Lucien Conac, le président de l’Association pour le maintien des intérêts des anciens de la Navale à La Seyne (Amians). Un long combat au cours duquel ses bénévoles n’ont cessé d’être force de proposition. Comme en 2021, où l’Amians présente un projet de 300 mètres carrés dans le vaste espace libre de plus de 10 000 m² derrière le casino Joa. En dehors des moyens de la Ville, lui répond-on alors.

    « Sentant l’oubli venir nous avons voulu faire réagir et proposer en 2024 quelque chose d’incontestablement possible puisque déjà décidé par la municipalité en 2005 », reprend le responsable associatif. En l’espèce, la création d’un espace muséal ouvert à tous dans le local que l’association occupe actuellement au 2e étage de la porte principale des Chantiers, un des seuls vestiges témoins de cette histoire ouvrière encore debout.

    Rien de pharaonique. Puisqu’il s’agit d’abattre quelques cloisons pour dégager une salle d’exposition permanente de 70 m².

    L’ancienne maire LR Nathalie Bicais « laisse croire qu’elle accepte »… Mais rien n’est fait. Et celui qui tient les rênes de la ville depuis qu’elle a été empêchée, Jo Minniti (DVD), semble poursuivre cette longue période de procrastination.

    « Il nous a reçus le 27 juin et c’est ce jour-là qu’il nous a confirmé que les travaux étaient reportés aux grandes vacances 2026 », explique le président de l’Amians. D’où son incompréhension d’avoir récemment lu dans la presse celui-ci prétendre que c’était l’association qui était responsable de ce retard, l’accusant entre autres de bloquer l’ouverture du chantier.

    Pour un vrai un lieu de mémoire des chantiers

    L’association dément et nous montre le petit local dans lequel dès la fin des classes de la Navale les bénévoles ont transporté tout ce qu’ils souhaitaient conserver, afin de laisser place au chantier.

    Vraisemblablement c’est le stand tenu au forum des associations pour présenter le projet et continuer à faire signer la pétition, recevant le soutien de la population mais aussi d’élus et de candidats qui a provoqué la réaction du premier magistrat.

    Concernant la deuxième attaque portant sur la volonté soi-disant de l’Amians de ne pas partager l’espace, le président est encore plus clair. « Ce que nous voulons c’est un authentique lieu de mémoire pour raconter l’histoire de la construction navale seynoise, pas une maison des associations. »

    Et de préciser : « Nous sommes pour travailler avec tout le monde, toutes les associations, toutes les personnes qui ont autorité pour le faire sur la vie des chantiers. Mais pas n’importe comment. Il faut qu’il y ait un directeur qui soit désigné pour ses compétences et son engagement. »

    Le problème est peut-être beaucoup plus politique. Puisqu’il y a également une volonté de la Ville de modifier les classes de la Navale dans lesquelles les membres de l’Amians sont également engagés, révèle Lucien Conac. Et de poursuivre : « Lorsque nous avons pris contact avec l’inspectrice de l’Éducation nationale de l’époque, il était bien question, dans le programme d’histoire, d’apporter notre appui aux enseignants pour traiter l’histoire de la révolution industrielle à partir des réalités locales. » Or ce qui serait dans les tablettes c’est de s’orienter davantage sur la modification du paysage, s’insurge-t-il.

    Un sujet nettement moins subversif, c’est clair. Puisque cela permet d’évacuer l’histoire de la concentration de capitaux par les propriétaires des moyens de production. Mais aussi de toutes les luttes sociales menées par les travailleurs qui se sont battus pour une vie meilleure.

    « Et nous, si on parle des Trente glorieuses, c’est pareil. C’est parce que nous avons eu la chance de vivre une période où il y avait de grands syndicats puissants, bien organisés dans de grandes entreprises que nous avons réussi à avoir des progrès extraordinaires », conclut le président de l’Amians.

    C’est ça la mémoire ouvrière. Ça ouvre aussi des perspectives.

  • Une rentrée placée sous le signe de l’innovation

    Une rentrée placée sous le signe de l’innovation

    « Avec l’IUT Rénov, nous offrons à 800 étudiants un campus moderne, durable et exemplaire », a déclaré le président (Ren.) de la Région Sud, Renaud Muselier, en précisant que la collectivité a investi 3,5 millions d’euros « pour donner à notre jeunesse les meilleures conditions d’études et à notre territoire les talents dont il a besoin pour relever les défis de demain ».

    Ce projet s’inscrit dans une démarche globale de rénovation du campus de La Garde, avec pour objectif la préservation des ressources. Il comprend notamment la création d’îlots de fraîcheur pour renforcer la biodiversité, des toitures végétalisées, des panneaux photovoltaïques, ainsi qu’un raccordement à une chaudière biomasse afin de réduire l’empreinte énergétique. Une gestion optimisée des eaux pluviales complète ce dispositif

    Dans le cadre de cette démarche d’éco-campus, l’Université de Toulon a d’ailleurs été lauréate du Prix d’excellence de la planification écologique 2024, qui récompense les initiatives financées par la Région en faveur de l’adaptation du territoire au changement climatique et écologique.

    Éco-campus exemplaire

    « Désormais, les étudiants en génie industriel et maintenance et génie électrique et informatique industrielle vont étudier dans des conditions idéales », s’est félicitée la vice-présidente de la Métropole, Josée Massi (SE). Elle a salué le regroupement de ces deux départements, qui témoigne, selon elle, de la volonté de l’Université de Toulon de « mutualiser les locaux » et de sa « capacité à créer une synergie qui sera bénéfique aux deux filières ».

    L’occasion de rappeler, également, que « ce bâtiment est la première étape d’une restructuration globale de l’IUT, autour de quatre ensembles immobiliers ». Une « politique volontariste », insiste-t-elle qui vise à donner « les moyens à notre territoire de devenir une référence en matière de vie étudiante ».

  • La Ville lance un appel à projets pour réhabiliter le Comptoir de la Victorine

    La Ville lance un appel à projets pour réhabiliter le Comptoir de la Victorine

    Il était temps. Inscrit depuis le printemps 2022 dans le plan de rénovation urbaine conclu entre la Ville de Marseille et l’Agence nationale de rénovation urbaine (Anru), le Comptoir de la Victorine (3e) passe une nouvelle étape dans son chemin vers la réhabilitation avec l’ouverture d’un appel à projets par la mairie.

    Racheté par la Ville en 2008 puis abandonné par la municipalité Gaudin, le site attend une rénovation de grande ampleur depuis 2018 au moins, année où il est gravement endommagé par un incendie. Si 1 500 mètres carrés sont déjà investis par le tissu associatif, 6 000, répartis sur trois bâtiments, restent à aménager. « Notre ambition est d’exploiter au mieux cet espace pour que les locaux puissent pleinement en profiter, détaille Audrey Gatian, adjointe (PS) au maire en charge de la politique de la ville. Le programmiste devra appuyer cette réflexion, sur l’optimisation des mètres carrés en fonction de toutes les envies et besoins du territoire, avec la volonté par exemple de créer un lieu d’accueil et d’insertion par l’emploi pour les jeunes. »

    Un site déjà partiellement exploité

    Cofinancée par l’Anru – qui conditionne sa contribution à la création de « services aux habitants » – la réhabilitation comprend plusieurs phases, intégrant des missions de programmation, de faisabilité, puis d’assistance à la consultation de maîtrise d’œuvre. C’est pour accomplir ses tâches que la Ville lance cet appel d’offres.

    Ancienne usine d’allumettes, le Comptoir de la Victorine abrite dès le début des années 2000 des activités socioculturelles. Racheté par la Ville en 2008 après avoir souffert d’un déficit d’entretien, le site continue aujourd’hui son activité associative et accueille plusieurs structures sociales, artistiques et culturelles – les Têtes d’ails, centrée sur la culture et l’éducation populaire, l’Art de vivre, qui propose des spectacles vivants, et de la création sonore, Appel d’aire, porteuse d’une formation aux métiers du bois et du métal pour les jeunes déscolarisés et Boulègue, un média participatif – toutes regroupées au sein de l’association du Grand Comptoir. Le lieu, animé par ses résidents, est reconnu comme un centre d’éducation populaire, de création participative et d’insertion. Lancé la semaine dernière, l’appel à projets se clôture à la fin du mois.

  • MIA’s, la carte marseillaise dans l’immobilier africain

    MIA’s, la carte marseillaise dans l’immobilier africain

    Akwaba, c’est bonjour en ivoirien. Et les Marseillais de l’immobilier en Afrique (MIA’s) ont l’intention de décliner le mot à la sauce marseillaise. Cette société de conseils et de services tournée vers l’Afrique francophone créée en 2017 par huit associés, professionnels de l’immobilier, veut passer la vitesse supérieure.

    Depuis octobre 2024, Antoine Viallet, président des MIA’s, s’est installé à Abidjan pour développer l’offre commerciale. Il y a mené depuis plus de 200 rendez-vous pour « comprendre les besoins, réactualiser l’offre et bâtir une stratégie avec nos partenaires locaux. On a une fine lecture des problématiques immobilières et d’urbanisme en Afrique. » Dans une ville de 6 millions d’habitants et qui enregistre 200 000 nouveaux arrivants chaque année, les opportunités ne manquent pas.

    La formation est au cœur de leur démarche. Antoine Viallet y développe notamment une plateforme dédiée aux métiers de l’immobilier : « On vit en live les Trente Glorieuses dont on a toujours entendu parler. Un des sujets clés, c’est la compétence, il manque par exemple 20 000 urbanistes au Nigeria. »

    Renaud Tarrazi, architecte urbaniste, rappelle l’origine marseillaise du projet : « Notre parcours commun vient du Club de l’immobilier de Marseille, créé il y a 30 ans pour rassembler tous les métiers de la chaîne immobilière. L’idée, c’est de travailler en meute pour créer du business ensemble. » Cette dynamique collective s’exporte en Afrique avec une volonté : « Il ne s’agit pas de reproduire un modèle France-Afrique mais de travailler là-bas avec eux (…) On partage une langue, un socle juridique mais on doit avoir un regard pertinent. »

    Les MIA’s interviennent déjà sur plusieurs projets comme une gare routière à Cotonou, un immeuble mixte à Douala. L’offre de cette équipe pluridisciplinaire se présente comme un « couteau suisse » : promotion, gestion, ingénierie, architecture, audit, formation… « On adapte notre réponse aux réalités locales, sans donner de leçons », poursuit Renaud Tarrazi.

    Geneviève Langlois, promotrice et seule femme du groupe, a rejoint l’aventure après le salon Dakar 2020. Elle a été frappée par « la vitesse de développement des projets et la qualité des intervenants mais il reste beaucoup à structurer, notamment sur la copropriété et la sécurisation de la propriété foncière ».