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  • [Entretien] Maxime Launay : « Comprendre le scénario dans lequel se place l’état-major »

    [Entretien] Maxime Launay : « Comprendre le scénario dans lequel se place l’état-major »

    La Marseillaise : Comment analyser ce passage du service national universel au service national volontaire ?

    Maxime Launay : Promis par Emmanuel Macron en 2017 en réponse au vide ressenti par certains depuis la suspension en 1997 du service national, le service national universel mis en place à partir de 2019 n’a pas convaincu. Le dispositif était coûteux et sa finalité comme son efficacité faisaient débat. Certains y voyaient un mélange des genres entre éducation armée et citoyenne, et son sens interrogeait par rapport à ce que proposait déjà l’Éducation nationale. Mais il y a surtout eu un changement de contexte en 2022 avec la dégradation de l’environnement stratégique de l’Europe. Cette reconfiguration a poussé à créer un dispositif purement militaire, pour reprendre le terme du président.

    S’inscrit-il dans la continuité des politiques de défense depuis 1997 ?

    M.L. : Je ne suis pas sûr qu’on soit totalement dans une continuité. Le service national qui a existé entre 1905 et 1997, était un service obligatoire pour les hommes. Là, on est sur un dispositif volontaire. Donc en termes de classe d’âge, on ne va pas toucher la même proportion de jeunes. Il en est prévu 3 000 en 2026 et 42 500 dans dix ans, là où une classe d’âge en concernait 400 000 dans les années 60-70. Le volontariat fait aussi qu’on n’est plus sur les mêmes logiques de crispations et de contestations de ceux qui ne voulaient pas faire leur service. L’autre différence, c’est que ce service militaire pourra désormais concerner les femmes. La société change et cela montre une féminisation des fonctions combattantes.

    Les contraintes techniques, matérielles et financières ont pesé dans ce choix ?

    M.L. : Les états-majors ne voulaient pas d’un service militaire universel. Absorber tous les ans le flux de toute une classe d’âge aurait été trop coûteux, matériellement, il aurait fallu créer de nouvelles casernes, même s’il le faudra quand même… On ne voyait pas non plus la finalité combattante d’une telle masse même si l’armée de terre en a besoin car elle a eu du mal à fidéliser ces dernières années. Et puis derrière, il y a encore une contrainte de ressource humaine. Pour encadrer ces jeunes, il va falloir dégager des cadres, des officiers et sous-officiers expérimentés à ce jour affectés sur de l’opérationnel car leur mission principale c’est d’abord de se préparer à la guerre, pour les mettre sur des missions de formation.

    Quel était le contexte politique
    lors de la suppression du service national en 1997 ? Les arguments des défenseurs et des opposants ?

    M.L. : Longtemps, il y a eu un consensus dans la classe politique sur l’idée qu’il fallait un service militaire. Les choses changent avec la fin de la guerre froide et ce sentiment que la menace à l’Est disparaît. La guerre du Golfe (1990) vient aussi saper la légitimité du service national car à ce moment-là, le président Mitterrand envoie combattre l’armée professionnelle mais pas les appelés du contingent, même volontaires. Là, on commence à se demander à quoi ça sert ? Une série de réflexions se développent, disant qu’on est quand même armé avec la dissuasion nucléaire et une armée de haute technologie. On se demande ce qu’apportent les appelés ? Ils ne vont pas piloter de Rafale ou être dans des sous-marins nucléaires… On réfléchit à une armée plus resserrée et expéditionnaire, capable d’intervenir partout sur le globe.

    Vous dites qu’il y avait une forme de consensus. Une partie de la gauche était contre sa suspension ?

    M.L. : C’est assez complexe. Au fondement de la pensée de gauche, il y a Jaurès qui estimait qu’il fallait une armée du peuple qui ne soit pas qu’une armée de professionnels recrutés dans les milieux armés de la bourgeoisie ou de l’aristocratie. Cette idée a perduré au XXe siècle. Les partis de gauche, le Parti socialiste, le Parti communiste y étaient attachés. Pour autant, la gauche de gouvernement a compris que la guerre ne se faisait plus comme au début du XXe et cette décision annoncée par Chirac en 1996, est avalisée par la gauche plurielle en 1997.C’est une majorité de gauche au Parlement qui vote la loi et c’est le gouvernement Jospin qui la met en œuvre.

    On retrouve ces positions aujourd’hui avec cette annonce ?

    M.L. : Il faut regarder ça au prisme de la situation actuelle. On a un président de la République qui avec ce service national volontaire est au cœur de son périmètre régalien, et en même temps, ce sont les parlementaires qui vont voter le budget de la défense et avaliser le dispositif. On aurait pu imaginer la gauche entériner facilement cette décision mais on a un président affaibli et rien n’est acquis. La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon qui a toujours regretté la suspension du service national et proposait en 2022, une conscription citoyenne, est critique depuis l’annonce. Le PS a réagi avec un communiqué se disant « sceptique » et réclame un débat. Les écologistes sont pour le renforcement des réserves. Le PCF, lui, est depuis toujours très cohérent, hostile à l’Otan, méfiant vis-à-vis de ce réarmement, de l’aide à l’Ukraine… On est sur une forme de défiance.

    Le service national a encore un sens quand on parle de guerre hybride, d’armée professionnelle ?

    M.L. : C’est une question fondamentale et il faut comprendre dans quel scénario se place l’État-major qui a le rôle de préparer la guerre en espérant qu’elle ne vienne pas. Ils se préparent aujourd’hui, à l’idée que la Russie ne s’arrêterait pas à l’Ukraine mais souhaiterait attaquer un pays du flanc Est de l’Union européenne. Dans ce cas, l’armée professionnelle irait dans le cadre d’une coalition otanienne ou européenne, en soutien du pays agressé. Or si elle quitte massivement le territoire national, il faut continuer à le protéger, précisément parce que la Russie est accoutumée à ce qu’on appelle des actions agressives hybrides : tentatives d’assassinat, sabotage d’infrastructures civiles ou militaires, de nœuds ferroviaires, de centrales nucléaires, de ports… Tout ça suppose que ces endroits soient protégés, et c’est là qu’un service national, dans la logique militaire, serait utile, comme on utilise Sentinelle pour surveiller les rues dans une logique antiterroriste.

    Quel sens a un service national dans l’articulation d’une défense au sein
    de l’Europe construite depuis 1997
     ?

    M.L. : On n’a jamais réussi à construire une armée européenne. C’est un projet des années 50 mais il y a trop d’intérêts divergents et de peur aussi. Mon laboratoire à l’Irsem a sorti une étude sur le retour du service militaire dans 34 pays européens : il y a débat partout mais on ne fait jamais le lien avec l’Europe. Il n’y a pas non plus de discussions, à ma connaissance, entre états-majors et leaders politiques sur l’harmonisation d’un service à l’échelle européenne. C’est une forme d’impensé. Autant ça discute énormément sur les questions d’armement, industrielles, d’alliance, sur la paix en Ukraine, autant le service militaire reste quelque chose d’extrêmement national.

  • Magali Brunel, tête de liste Toulon en Commun : « C’est par nos propositions et le collectif que nous convaincrons »

    Magali Brunel, tête de liste Toulon en Commun : « C’est par nos propositions et le collectif que nous convaincrons »

    La Marseillaise : Vous inaugurez ce jour votre nouveau local de campagne. Que va-t-il vous apporter ?

    Magali Brunel : On veut ce local ouvert à tous, qu’il soit un point de rencontre et de départ, car il ne s’agit pas de s’ancrer dans le centre-ville mais de s’ouvrir vers les différents quartiers et l’ensemble des habitants. Il est en plus situé rue Jean Jaurès, un heureux hasard car le quartier de l’opéra est le cœur battant de Toulon. Et aussi car Jean Jaurès est celui qui croyait à l’éducation et aux luttes sociales, qui s’est battu contre la corruption et la peur de l’étranger. Ça correspond à notre vision de l’avenir.

    Votre début de campagne est mouvementé, avec des attaques envers la gauche dans le département, qui vous ont touché personnellement avec l’arrachage du panneau de la rue d’Oradour-sur-Glane déposé devant chez vous. Comment vivez-vous cela ?

    M.B. : Il y a de la tension, de l’inquiétude. On m’a cisaillé mes pneus récemment. Ça renforce ma détermination. Je suis résolue et je me dis que quand cette agitation se manifeste, c’est un signe de fébrilité et que notre message porte. Ça traduit la dynamique d’un projet dont la maturité est perçue par tous.

    LFI a aussi décidé de mener
    sa propre liste, en vous mettant en cause, en tant que socialiste. Que pensez vous de ce choix
     ?

    M.B. : Je suis tête de liste de Toulon en commun avant tout et c’est bien à Toulon en commun que LFI a tourné le dos, pas au PS. On regrette ce retrait, et que les militants LFI aient cédé aux directives nationales. Dans leurs rangs, certains sympathisants s’interrogent. Nous les accueillons à bras ouverts s’ils se retrouvent dans notre projet.

    Peut on encore imaginer une candidature unique à gauche ?

    M.B. : Nous l’espérons. Nous appelons à l’union la plus large possible. Le rassemblement doit se faire autour de valeurs et d’orientations. Il s’adresse à tous les progressistes, les humanistes, les encartés ou pas, parfois sensibles aux idées du centre, qui refusent les petits arrangements, ne veulent pas céder aux sirènes de la xénophobie, et veulent ouvrir une nouvelle page de l’avenir, plus sociale et plus écologique, à Toulon.

    L’extrême droite est donnée favorite sans avoir officialisé
    sa candidature, quelles sont vos armes pour remporter l’élection
     ?

    M.B. : C’est le projet. Nous y travaillons depuis des mois avec 400 personnes qui nous accompagnent dans nos actions. On développe un projet solide pour changer le quotidien des Toulonnais, et qui correspond à leur identité. On travaille sur le fond, et c’est à la fois par notre méthode, collective et participative, et par les propositions émanant du collectif, que nous convaincrons, et pas à coups de selfie. Le RN ne propose rien, madame Lavalette s’agite dans les médias nationaux, mais je ne la vois pas parler d’idées pour Toulon. Pour convaincre les gens de voter pour nous, on leur parle des réalités du quotidien. On s’attaque aux problèmes, on ne rejette pas la faute sur le national. Les problèmes de logement, d’éducation, de transport, de sécurité, c’est cela le quotidien. Des leviers existent et nous allons les activer.

    Votre liste est-elle prête ?

    M.B. : C’est l’étape suivante. Lors de la dernière assemblée nous avons établi des critères. L’idée n’est pas que chacun sauve sa place, mais de faire gagner l’équipe. La prochaine assemblée aura pour but de constituer une première équipe, avec un bouquet de compétences pour m’encadrer. Dans un dernier temps, on fera la liste complète. Chacun pourra y prétendre. Notre appel à l’ouverture n’est pas qu’un mot, Toulon en commun est un collectif de citoyens où on retrouve des personnes du monde associatif, encartées ou non, des syndicalistes. C’est cette diversité que nous représentons.

    « Nous appelons à l’union la plus large possible »

  • Fréjus Riposte s’oppose au projet d’hôtel haut de gamme à la Base Nature François Léotard

    Fréjus Riposte s’oppose au projet d’hôtel haut de gamme à la Base Nature François Léotard

    Il était dans les tuyaux depuis de longs mois, il est désormais en voie de réalisation : le projet de complexe hôtelier de luxe sur la Base nature François-Léotard a été voté en conseil municipal le 27 novembre. Il doit être mis sur pied pour le premier semestre 2030, en lieu et place des hangars désaffectés de la base. De quoi provoquer une levée de boucliers d’une large partie de l’opposition, qui a marqué son désaccord de longue date, à l’image du conseiller municipal Emmanuel Bonnemain (DVC), qui fustigeait déjà, il y a un an, un projet qui « privilégie les intérêts des promoteurs immobiliers au détriment de l’intérêt général ».

    Un projet « qui montre le vrai visage du RN »

    La liste de gauche Fréjus Riposte, candidate à la mairie, dénonce elle aussi une volonté « de favoriser le tourisme de luxe, de contenter la clientèle des ultra-riches sur un domaine public et sur le dos des Fréjussiens ».

    Selon elle, ce complexe hôtelier n’aurait aucune légitimité en ce lieu emblématique de la commune : « Les Fréjussiens méritent et ont besoin d’un espace de détente pour s’oxygéner, se retrouver en famille. Cet espace exceptionnel est le poumon de la population. On y libère le stress après une dure semaine de travail. C’est aussi un espace de nature dans un environnement où le béton domine, où le réchauffement climatique compromet notre quotidien. »

    Ce projet montre, selon elle, « le vrai visage du RN », un parti « antisocial et au service des plus riches, ignorant les besoins des Fréjussiens ». « La base nature doit rester un bien populaire et public dont les projets qui la concernent doivent être conçus avec et pour le plus grand nombre de Fréjussiens. Le RN ne nous la confisquera pas, c’est notre bien commun », conclut Fréjus Riposte.

  • Première réussie pour les amputés olympiens

    Première réussie pour les amputés olympiens

    Après « une année de découverte », la section OM pour amputés a officiellement disputé son premier match au sein du championnat de France, samedi à l’OM Campus, face au Paris FC. Une rencontre inédite qui s’est conclue par un joli succès des Marseillais (3-2).

    « Ça fait trois mois qu’on se bat, qu’on s’entraîne très souvent ensemble et là, pour nous, c’est un honneur de pouvoir représenter l’OM et d’apporter cette victoire aujourd’hui », sourit Romain Abellan, auteur d’un doublé contre les Franciliens, dont une sublime reprise de volée imparable. Au-delà des individualités techniques, c’est avant tout le collectif olympien qui a fait la différence. « On est une famille, on est des frérots. On joue tous avec le cœur ici », partage l’ancien pensionnaire du centre de formation du Nîmes Olympique, avant d’être amputé de la jambe gauche suite à un staphylocoque doré.

    Préparation musclée

    Afin d’être fin prête pour le grand jour, la section OM pour amputés a débuté sa préparation trois mois auparavant. « On est passés d’une séance tous les dix jours à deux, voire trois séances toutes les deux, trois semaines », souligne l’entraîneur Karim Belounis, conscient que les entraînements ont eu un impact significatif sur la condition physique de ses protégés. « Le fait de pouvoir béquiller, ça demande un gros effort au niveau du cardio, au niveau de la musculature, donc du haut du corps », développe l’ex-sélectionneur adjoint de l’équipe de France pour amputés.

    « Ces trois derniers mois ont été intenses physiquement, parce qu’on reste des joueurs amateurs. On a un travail la semaine, puis faut trouver les ressources pour aller s’entraîner derrière. Mais le coach ne nous a pas lâchés », insiste Romain Abellan, fier de voir que leurs efforts ont porté leurs fruits. Ils ont terminé ce premier week-end de compétition en étant invaincus, après leur victoire, dimanche, face à l’ES Lanfonnet (2-0).

  • Le city-stade Villecroze des Oliviers inauguré dans la joie

    Le city-stade Villecroze des Oliviers inauguré dans la joie

    Des applaudissements nourris, des rires et des cris de joie des jeunes ont accompagné le dévoilement samedi par le maire de Marseille de la cité de la plaque inaugurant la rénovation à neuf du city-stade Villecroze de la rue Néoule (13e), une opération majoritairement financée par la Ville.

    « C’est incroyable. On est allé le voir. Il a accepté. Il l’a fait et aujourd’hui on l’inaugure. Il a fait 600 heureux dans le quartier et même autour. Merci Monsieur le maire ! », se réjouit Ali Makkaoui du collectif Jeunes qui ne tarit pas de remerciements pour Benoît Payan. « C’était comme un terrain vague en goudron », raconte Nassim, la vingtaine, ovationné par ses copains du collectif. « On a cherché un contact, ça a pris du temps et quand enfin on l’a trouvé, c’est allé très vite. On a organisé deux réunions publiques avec la mairie. Là, il est ouvert tous les jours depuis un mois. On est très très heureux. »

    « C’est un stade qui porte des ambitions, des rêves et surtout une volonté de progrès pour notre quartier. Merci Monsieur le maire de l’attention que vous portez à notre quartier », lance au micro Ridjal qui lit le texte qu’il a préparé sur son portable. « Votre présence témoigne du désir de faire de notre ville un endroit où chaque personne se sent considéré, respecté et soutenu. Le sport est une force pour notre quartier ! »

    Une réponse aux attentes des jeunes

    Faute d’équipements adaptés pour pratiquer une activité sportive, les habitants des Oliviers C avaient en effet alerté la Ville sur la nécessité de réhabiliter l’ancien city-stade et le terrain de pétanque, qui étaient devenus inutilisables. Il y a eu plusieurs réunions publiques de concertation entre février et avril 2025 qui ont permis de préciser les besoins du quartier et de définir les orientations utiles aux services opérationnels de la Ville de Marseille. La première réunion, organisée à l’école des Oliviers, a rassemblé près d’une centaine d’habitants, témoignant de l’attente forte autour du projet.

    Un gazon synthétique a été posé ainsi que des éclairages LED. Les terrains de pétanque ont été remis en état et une fontaine d’eau a été installée. Une aire de street-workout (inscrite au budget participatif) pour permettre des exercices de renforcement musculaire fera l’objet d’une livraison ultérieure.

    « C’est le projet imaginé par les habitants du quartier. Ils ont plein d’idées. Il y a plein de choses à faire. Pendant des années, des endroits ont été plus ou moins investis par la mairie, d’autres ont été abandonnés voire très abandonnés. On a une jeunesse où qu’elle se trouve qui a envie de faire bouger les choses. Je suis venu prendre de leur énergie. C’est un projet qui redonne de la vie, qui a du sens pour le quartier », a salué le maire de Marseille qui s’est prêté à quelques passes de ballon sur la pelouse. L’événement était accompagné de nombreuses animations et d’un tournoi de foot.

  • Le Terrier ramène le spectacle en ville à La Seyne-sur-Mer

    Le Terrier ramène le spectacle en ville à La Seyne-sur-Mer

    Après 27 années de bons et loyaux services, le café-théâtre de la 7e Vague tire sa révérence, sans pour autant disparaître. L’association continue d’exister en tant que régie artistique, mais cède ses murs au Terrier. Un changement qui s’opère dans la continuité, puisque ce nouveau café-théâtre associatif a été créé par Benjamin Lull, ancien de la 7e Vague, dont il avait pris la direction en 2022 avant de cofonder le Terrier, en compagnie de huit compagnons artistes.

    « On en avait besoin, et il était temps pour moi de prendre mon envol, explique ce jeune comédien de 28 ans. On a changé le nom, le bureau, une nouvelle équipe artistique et j’ai pris le projet à bras-le-corps. La 7e Vague m’a suivi, et on a gardé leur ligne de base. »

    Pour un lieu « populaire »

    Cette ligne, c’est celle d’un « laboratoire artistique. Le but est d’avoir une offre hétéroclite, avec de la musique, du théâtre, du clown… On va rajouter des drag show, des spectacles de marionnettes et on va faire des spectacles enfants dans l’année », détaille le président du lieu, nommé le Terrier car « j’ai connu le théâtre avec le Roman de Renart. Le Terrier, c’est le lieu où les renards mettent bas. C’est symbolique du fait que c’est ici que les artistes pondent leurs projets ».

    Son terrier, Benjamin Lull le veut ouvert, au carrefour de son passé et de son avenir : « On souhaite faire en sorte que les artistes qui se produisaient à la 7e Vague ait encore leur place, tout en ouvrant le lieu à de nouvelles personnes, à de jeunes artistes. D’ailleurs, quand les spectacles sont un peu fragiles, on leur donne le statut de spectacle à venir. » Avec l’objectif d’en briser les murs : « On veut créer pour le lieu et pour en sortir, avec des spectacles de rue, et pourquoi pas se produire dans d’autres théâtres. »

    Ce samedi marque donc le début d’une nouvelle aventure. De 18h à 20h, les visiteurs pourront venir découvrir le lieu, désormais doté d’une seconde entrée, avant un concert de tango du quatuor Anthéa à partir de 20h30. L’entrée est libre, et le concert à 10 euros. « On est le seul café-théâtre de la ville. On se veut populaire, l’entrée la plus chère est à 10 euros, il y aura des entrées à 5 euros et au chapeau. On veut donner accès à tout le monde. Le centre-ville est une zone prioritaire, on vient tous de la classe moyenne prolétaire, donc on veut offrir des spectacles pour cette catégorie-là. On veut que les gens cessent de penser que le théâtre est un lieu bourgeois », soutient Benjamin Lull.

    Infos et réservation sur leterrier.assoconnect.com

  • [Rue de la République] Marc Pietrosino : « Le RN, c’est une catastrophe pour les travailleurs »

    [Rue de la République] Marc Pietrosino : « Le RN, c’est une catastrophe pour les travailleurs »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    L’Assassinat de Mehdi Kessaci

    Didier Gesualdi : Ce samedi a lieu une marche en mémoire de Mehdi Kessaci et contre le narcotrafic. Vous y serez ?

    Oui, c’est important de manifester, d’être auprès de la famille, de lui apporter notre soutien et d’affirmer que d’autres solutions sont possibles pour Marseille. C’est un fléau qui touche Marseille depuis des années. Un fléau qui touche nos professions puisque dans ce contexte tragique, on a eu des agents du conseil départemental menacés sur leur lieu de travail, toujours en lien avec le narcotrafic. Nous leur apportons aussi notre soutien.

    Didier Gesualdi : C’est un phénomène qui gangrène toutes les relations dans notre société.

    Oui, c’est quelque chose qui a déjà été analysé depuis longtemps. On sait que dans certains quartiers, il y a une faillite de l’État, un abandon qui provoque une certaine misère pour les jeunes qui y vivent. C’est un terrain propice pour le grand banditisme. L’État doit réinvestir ces quartiers, pas qu’avec le répressif, il faut qu’il y ait des écoles, des perspectives d’emplois, des services publics… C’est le rôle de la République, au sens le plus fort de ce mot.

    Léo Purguette : La CGT critique depuis longtemps la désertion des services publics de ces quartiers populaires. Quand il en reste, le narcotrafic fait pression sur les agents, dégradent leurs conditions de travail. Est-il encore possible de reprendre le dessus ?

    Oui, à condition que l’État ait une vraie volonté de réinvestir ces quartiers. Je pense que c’est possible. On a connu des situation pires par le passé. Quand il y a une volonté, réelle, on peut y arriver.

    Didier Gesualdi : Une adhésion de la population est nécessaire…

    Oui en sachant que les premières victimes sont les habitants de ces quartiers populaires. On oublie trop souvent de le préciser. C’est quelque chose qui déborde de plus en plus de ces quartiers, et même de la ville pour toucher la région tout entière, donc oui, il faut une adhésion populaire pour dire qu’il faut plus de services publics et plus d’emplois dans ces quartiers.

    Le budget

    Léo Purguette : Ça nous renvoie directement à la question des moyens. Le budget de l’État et celui de la Sécurité sociale en préparation met la CGT est en colère. Quelles sont vos propositions pour faire autrement ?

    Je ne vais pas toutes les lister mais il faut commencer par dire que c’est le pire budget qui existe depuis longtemps. On a déjà protesté contre le budget Bayrou, celui-ci est plus mauvais encore. Coupes dans la Sécurité sociale, doublement des franchises médicales, une certaine mise au pas des associations après un amendement déposé par le RN… Toutes ces choses-là, ne sont pas acceptables.

    Léo Purguette : Quand on vous dit qu’il n’y a plus d’argent, vous n’y croyez pas ?

    Non, beaucoup d’argent circule en France. La question, c’est comment on le redistribue ? Et nous sommes face à une captation par une petite minorité de la population comme le montre les chiffres. Avec une meilleure redistribution, on peut dégager beaucoup de moyens supplémentaires. Les riches sont de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres et le discours dominant, c’est de nous faire croire que c’est une fatalité. Nous, on dit non. Et il y a quand même pas mal déconomistes qui valident nos thèses. D’autre part, il se pose aussi la question du contrôle de l’État sur sa monnaie. Le système est fait pour qu’on s’endette auprès des marchés financiers, ce qui n’était pas le cas avant. Ce sont des questions qu’il faut investir pour reprendre le contrôle sur le financement de l’action publique.

    Les retraites

    Didier Gesualdi : La bataille des retraites continue mais comment mobiliser quand on a connu un passage en force et une défaite ?

    Ce n’est jamais facile de mobiliser, surtout qu’on est dans une société qui est de moins en moins sur le collectif et de plus en plus sur l’individuel. On fait face à une certaine propagande sur les réseaux sociaux et à des chaînes d’information en continu qui ne sont pas vraiment de notre côté. Mais pour autant, l’adhésion et la prise de conscience populaire resteront la seule solution pour sortir de ce marasme.

    Léo Purguette : Que dit de l’évolution du rapport de force la proposition de « suspendre » la réforme des retraites qui émane du Premier ministre ? Qu’en pensez-vous ? Est-ce suffisant ?

    Effectivement, les mobilisations ont servi à quelque chose, le rapport de force à évoluer mais cela reste largement insuffisant. Nous sommes pour l’abrogation et pas la suspension. Suspendre ça veut dire qu’à tout moment ça peut revenir et puis surtout pour cette suspension il faudrait accepter tout le reste du budget dont on ne veut pas.

    Le Rassemblement national

    Didier Gesualdi : Les municipales approchent, on voit que le RN a le vent en poupe notamment dans notre région. Qu’en dites vous en tant que représentant du monde du travail ?

    Le Rassemblement national, c’est une catastrophe pour les travailleurs. Je sais que ces dernières années, ils ont tenté d’avoir une ligne pseudo-sociale pour embellir l’image. Mais concrètement, il suffit de voir ce qui est voté par cette organisation politique que ce soit à l’Assemblée nationale ou au Parlement européen. Toutes les mesures antisociales sont votées par le Rassemblement national. Et tout ce qui pourrait aller dans le sens d’une amélioration sociale, ses représentants votent contre.

    Didier Gesualdi : De son côté le patronat réclame qu’on baisse ses charges, vous répondez quoi ?

    Le patronat n’a jamais été trop à l’avant garde de la question sociale. Ça fait depuis les années 1980 que les grosses entreprises ont obtenu des exonérations sans créer d’emplois.

    La santé

    Didier Gesualdi : Quelles conséquences des orientations budgétaires sur les usagers des services de santé ?

    Déjà rappelons nous les déclarations du président de la République pendant la crise Covid disant qu’il fallait réouvrir des lits, renationaliser des entreprises de l’industrie pharmaceutiques… Ce qui correspond plutôt à nos thèses à nous. Mais la réalité c’est qu’on est sorti de la crise et qu’on repart sur des fermetures de lits, des restrictions, etc. L’hôpital ne pourra pas tenir éternellement sur le dévouement de son personnel. Si on continue comme ça, le personnel va finir par être en situation de maltraitance avec les usagers.

    Didier Gesualdi : Certains disent qu’on dépense mal, qu’on doit être plus efficace en matière de santé.

    Je n’ai pas l’impression. Quand vous allez aux urgences et que vous constatez qu’il n’y a que deux brancardiers dans un hôpital, quand vous voyez dans quel état est le personnel dans les hôpitaux et même les cliniques, on se dit qu’il y a beaucoup d’économies faites sur leur dos.

    L’industrie

    Léo Purguette : Quel regard portez-vous sur la réindustrialisation décarbonée du golfe de Fos ? On nous promet beaucoup d’emplois. Quelles conséquences pour le territoire ?

    On n’aimerait pas que la décarbonation ou que l’écologie deviennent une raison de fermer des usines. On a le cas de Arcelor avec des hauts fourneaux à l’arrêt. Mittal a reçu beaucoup d’aides publiques de l’État, avec nos impôts. Il faut investir sur des fours électriques pour faire repartir l’activité et réduire les gaz à effet de serre. Imposons-le.

    Léo Purguette : Vous êtes donc favorable à la ligne Très haute tension qui fait débat dans la population ?

    Le débat, c’est est-ce qu’on fait cette ligne et on maintient les industries ou est-ce qu’on ne la fait pas et les industries ne pourront pas exister faute d’électricité. Dans ce cas-là on respirera peut-être mieux mais on sera tous au chômage. Il faut trouver une ligne qui préserve l’emploi tout en préservant notre environnement. Il ne s’agit pas de faire n’importe quoi. Je crois qu’on a les capacités techniques et intellectuelles dans ce pays pour arriver à quelque chose qui satisfasse tout le monde.

    Didier Gesualdi : C’est possible de réindustrialiser tout en tenant compte de la santé au travail et de l’environnement ?

    Oui tout à fait. Que ce soit la chimie, la pétrochimie, on sait que ce sont des industries polluantes mais on sait aussi que par des investissements, on peut les rendre beaucoup moins polluantes. Il faut aller chercher des investissements. C’est un combat qu’il ne faut pas lâcher.

    Léo Purguette : Un combat a été gagné, c’est celui de la Centrale de Gardanne. Là aussi avec des enjeux environnementaux, le projet des salariés a fini par gagner. Comment analysez-vous cette victoire ? Quel est votre avis sur les activités supplémentaires qui pourraient arriver sur ce site ?

    Il faut saluer l’abnégation des salariés et du syndicat CGT qui les a accompagné pour porter ce projet. Ils n’ont rien lâché, ils y ont cru jusqu’au bout. Il faut vraiment leur rendre hommage, c’est un combat intense qui s’est déroulé sur plusieurs années. Leur projet démontre qu’on peut à la fois maintenir de l’emploi industriel et avoir un certain cahier des charges en termes d’environnement. Sur ce que ça peut apporter pour l’avenir, à partir du moment où il y a une production d’électricité, cela ouvre la porte à tous les projets.

    Léo Purguette : Des victoires, il y en a eu aussi avec Fralib, CPMM, le modèle coopératif est-il un modèle d’avenir ?

    C’est à la fois un modèle historique et d’avenir. Déjà Jaurès analysait les coopératives en son temps. C’est un modèle solide qui a traversé le temps. Oui je pense que les travailleurs ne sont jamais aussi efficaces que quand c’est leur outil de travail.

    La République c’est quoi ?

    Marc Pietrosino : « J’ai envie de citer d’abord et avant tout l’école. L’école, c’est la République car quand on a une école réellement efficace, elle permet de donner le même enseignement des plus pauvres aux plus riches et d’avoir l’égalité des chances pour la vie. »

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de
    Anne-Marie Blaineau : Vous êtes du commerce vous pensez quoi de l’avenir des galeries Lafayette ?

    Effectivement, on a une galerie commerciale, le centre Bourse, qui ne se porte pas très bien avec les galeries Lafayette qui en sont parties. Ça dit quelque chose du centre ville de Marseille. Il s’est paupérisé donc il y avait des enseignes pas en adéquation avec le pouvoir d’achat des habitants. Actuellement, le centre Bourse qui est à l’origine un centre historique magnifique, fait l’objet de plusieurs projets. Ce qui nous intéresse à la CGT, c’est d’abord le devenir des salariés du commerce, savoir où ils vont aller. On sait que des enseignes veulent déménager, notamment la Fnac. Il y a une sorte de vampirisation des Terrasses du Port par rapport au centre Bourse. L’avenir du centre Bourse, je ne sais pas s’il s’inscrit dans le commerce ou quelque chose de culturel. L’inquiétude c’est que le nombre d’emploi risque de ne pas être compensé. Mais il faut aussi réhabiliter le centre-ville de Marseille pour permettre de retrouver un centre riche en activités pour tous et plaisant.

  • [Entretien] Jean-Michel Jalabert : « Je présente une liste sans étiquette aux municipales d’Arles »

    [Entretien] Jean-Michel Jalabert : « Je présente une liste sans étiquette aux municipales d’Arles »

    La Marseillaise : Pourquoi avez-vous quitté Patrick de Carolis après 5 ans à ses côtés ?

    Jean-Michel Jalabert : C’est une décision réfléchie depuis plusieurs mois. Je me suis entretenu régulièrement avec lui mais je n’ai pas eu d’écho à mes remontées. J’estime que les orientations de la majorité se sont éloignées des ambitions de 2020. Il y a un manque de concertation avec l’équipe municipale et avec les agents, et au final une distance que je ressens avec les Arlésiens.

    Une « trahison » pour l’édile et candidat à sa succession…

    J.-M.J. : S’il pense que c’est une trahison de faire attention à l’intérêt général, c’est son interprétation. Mais en général il y a beaucoup moins d’échanges avant une trahison. Il n’y a rien de personnel et je ne dénigre rien du travail réalisé. Ma méthode, c’est l’écoute des habitants, des acteurs économiques et associatifs, des agents. La plupart des bonnes décisions ne peuvent venir que du terrain. Le respect doit durer même avec des désaccords.

    Êtes-vous opposé à l’expulsion de l’Union locale CGT de la Bourse du travail ?

    J.-M.J. : Ce n’est pas une expulsion, il s’agit de mettre à disposition de la CGT d’autres locaux dans le bâtiment. Car il y a besoin de développer un autre projet pour la Bourse du travail. Je crois que le projet de l’équipe actuelle est bon, qui plus est lancé avec des études réalisées et des premiers travaux engagés.

    Qui vous suit dans cette candidature ?

    J.-M.J. : Je construis sereinement une équipe et une liste avec des hommes et des femmes représentatifs des villages et des quartiers, partageant ma conception de la politique. Pendant le mandat je me suis entouré de plusieurs élus dans le même esprit. Nous sommes six élus de la majorité à avoir rendu nos délégations. Nous continuerons à siéger au conseil municipal car le mandat d’élu nous a été confié par le vote. La liste que je présente sera sans étiquette, sachant que j’étais divers droite en 2020. Cette liste rassemblera des Arlésiens qui ne sont pas encartés politiquement et qui veulent s’engager. Je ne vais pas demander d’investiture ni de soutiens politiques, je ne suis pas adhérent à un parti et je le resterais durant le mandat.

  • Mobilisés contre la réécriture de l’histoire à Aix-en-Provence

    Mobilisés contre la réécriture de l’histoire à Aix-en-Provence

    « Stop à la bataille culturelle menée par l’extrême droite », peut-on lire sur une pancarte devant l’entrée de l’Arena du Pays d’Aix. Alors que s’y jouait ce dimanche à guichet fermé La dame de pierre, fresque musicale qui retrace l’histoire de la Cathédrale de Paris, une trentaine de militants distribuaient des tracts pour informer les spectateurs sur le lien du spectacle avec l’extrême droite.

    « Le but de cette action, c’est que le public sache ce qu’il vient voir », explique Catherine Lecoq, déléguée à la CGT Spectacle. Les militants dénoncent notamment le financement de cette fresque musicale par le milliardaire conservateur Edouard Stérin, qui ne cache pas son ambition de mener une bataille culturelle avec la création en 2023 du projet Périclès. Un think tank et un rapport qui vise la victoire de l’extrême droite en France, comme dévoilé par L’Humanité en juillet 2024.

    Esprit critique

    « Ce spectacle réécrit l’histoire, en mettant en avant les royalistes, explique Agnès Daures, élue d’opposition du groupe Aix en partage. Et réécrit la révolution française. Avec ce spectacle, Pierre Edouard Stérin fait de l’entrisme. » Le but de l’action est donc d’avertir le public sur la portée politique de cette révision de l’histoire de la cathédrale. « On ne veut pas les empêcher d’aller voir le spectacle, mais juste qu’ils aient un esprit critique en le regardant », précise Nell, syndicaliste à Solidaires.

    Une action qui intrigue certains spectateurs, qui échangent volontiers avec les militants : « Je vais regarder le spectacle avec une vision différente », conclut l’un d’eux tandis que d’autres s’agacent de leur présence. Une action qui n’a pas plu au collectif d’extrême droite Le Maquis, qui est venu pour « dénoncer une censure de la part de l’extrême gauche », en scandant « Provence populaire, Provence identitaire ».

    Les syndicats dénoncent également la présence de 80 à 120 bénévoles pour ce spectacle pourtant payant, ce qui ne respecterait pas le droit du travail. La CGT a saisi l’Urssaf et l’inspection du travail à ce sujet.

  • LFI rompt avec Toulon en Commun et lance sa propre liste

    LFI rompt avec Toulon en Commun et lance sa propre liste

    Après la droite, éclatée entre les candidatures du sénateur (LR) Michel Bonnus et celle probable de la maire sortante (SE) Josée Massi, la division gagne la gauche, à Toulon. Vendredi, la France insoumise (LFI) a annoncé sa candidature aux élections municipales 2026, avec comme chefs de file Isaline Cornil, candidate du Nouveau Front populaire (NFP) aux législatives 2022 dans la 2e circonscription du Var, et Pierre-Yves Denis, l’un des responsables locaux du mouvement. LFI se retire ainsi de la candidature commune à gauche menée par Toulon en Commun (TEC), avec la socialiste Magali Brunel (PS) en tête de liste.

    Alors que cette dernière estimait, il y a trois semaines, que « la balle (était) dans le camp de LFI », les insoumis ont choisi de faire cavalier seul. La faute, en premier lieu, selon eux… à la tête de liste elle-même : « Notre seule ligne rouge était de ne pas avoir une tête de liste socialiste. On parle d’union, mais il y a la réalité des engagements. Je ne pense pas que ce soit un bon signal, pour les électeurs, de s’unir derrière des gens qui négocient ce qu’ils sont en train de négocier à Paris », martèle Pierre-Yves Denis.

    L’union encore possible ?

    Un cas qui n’est pas sans rappeler celui de La Seyne-sur-Mer, où LFI a également annoncé ne pas soutenir la candidature commune de gauche, menée par Stéphane Sacco (GRS), « autoproclamé tête de liste, alors que les discussions n’avaient pas été menées à bout, avec le soutien du PCF. Cela avait même été critiqué par le PS et les Écologistes », détaille Isaline Cornil.

    Dans la seconde ville du Var, comme dans la première, la question de la légitimité demeure centrale, en plus des désaccords programmatiques : « En juin, nous avons proposé une liste commune dotée d’un programme de rupture et représentative de ce qu’est la gauche à Toulon. LFI devait y tenir la place qui correspond à ce qu’elle représente électoralement depuis 2022, sachant qu’à Toulon, nous sommes la première force politique au sein du NFP. Lors de notre dernière réunion, TEC a rejeté toutes nos propositions en bloc », soutient Isaline Cornil.

    TEC livre une autre version : « LFI est partie de TEC, est revenue, puis repartie. Ils connaissent notre fonctionnement, notamment pour le choix de la tête de liste, et n’ont pas voulu participer. TEC prend ses décisions en assemblée populaire et élabore démocratiquement un programme depuis 7 ans. LFI, dont le programme est celui en neuf points envoyé par Paris, voulait en discuter après coup. Les décisions de l’assemblée pouvaient ainsi être remises en cause. C’est l’ADN démocratique de TEC qui disparaîtrait », réagit la liste de gauche, affirmant qu’il n’y a « qu’à la présidentielle que LFI est devant ».

    Dans ces conditions, le combat contre l’extrême droite peut-il encore être gagné ? « L’idée que la division alimente le RN est fausse. Ce qui l’alimente, c’est le manque de projet politique capable de lui faire face », estime Pierre-Yves Denis, qui mise aussi sur la mobilisation « du bloc abstentionniste », très présent dans les quartiers populaires, pour arriver à ses fins. Même si à LFI, comme à TEC, on n’exclut pas de reprendre des discussions. « Si TEC a besoin de l’électorat LFI sur un programme de rupture, nos propositions restent valables. Nous ne sommes pas une liste anti-TEC », pose Isaline Cornil.

    S’ils partent seuls comme annoncé, les insoumis présenteront une liste dite d’union populaire, composée d’au moins 25% de citoyens non encartés. Avec, comme lignes fortes évoquées, participation citoyenne, lutte contre la pauvreté et l’habitat indigne, adaptation au changement climatique, transports en commun (création d’un tramway comme pour TEC), gestion démocratique des services publics, avec un accent sur la rénovation des écoles et l’accessibilité, police de proximité, amélioration de l’offre de santé ou lutte contre les discriminations. Un programme construit avec les citoyens, « en allant taper aux portes pour changer la vie des Toulonnais », annonce Isaline Cornil.