Tag: programmation

  • La France en première ligne de l’« Europe de la Défense »

    La France en première ligne de l’« Europe de la Défense »

    « Nous sommes prêts », affirme le chef de l’État sous le hangar de la base aérienne 125 d’Istres, ce jeudi. Emmanuel Macron a prononcé ses vœux aux armées dans un contexte international tendu marqué par le « retour des forces de déstabilisation ».

    Le président a cité parmi les sources d’inquiétude « la Russie sur le sol européen », des discours « qui sèment le doute, y compris chez les alliés », ou encore « un nouveau colonialisme à l’œuvre chez quelques uns ». Avec, pour éléphant dans la pièce, le sujet Groenlandais, pour lequel le chef des armées considère que « la France et les Européens doivent être là partout où leurs intérêts sont menacés, sans escalade, mais intraitables sur le respect de la souveraineté territoriale », de la même manière que pour l’Ukraine.

    « Pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort. Cela suppose que la nation consente à des efforts à la mesure de notre rude époque », a déclaré Emmanuel Macron. Il avait promis en 2017, lors de sa première visite sur la base, d’atteindre 2 % du PIB dédié à la Défense.

    64 milliards d’euros

    pour la Défense en 2027

    L’objectif de 64 milliards d’euros de budget annuel de la Défense, initialement prévu pour 2030, a déjà été avancé à 2027, comme annoncé par le Président le 13 juillet dernier. La loi de programmation militaire 2024-2030 va être actualisée en conséquence, avec un renfort de 36 milliards d’euros, dont 3,5 milliards en 2026 « pour préserver notre crédibilité et faire face, si nous y étions confrontés, à un engagement majeur d’ici trois à quatre ans », précise le locataire de l’Élysée.

    La base aérienne 125 d’Istres en est « l’illustration même ». Avec ses 15 Airbus de ravitaillement et de transport stratégique, elle constitue « un vecteur polyvalent de projection de puissance » aux yeux d’Emmanuel Macron, notamment nucléaire, comme l’a démontré le récent déploiement nordique et celui à venir par le biais de ce « hub des armées ».

    Plus généralement, ces crédits serviront trois priorités. La première, au plan technique, à savoir augmenter les stocks de munitions, se doter d’une alerte avancée spatiale comme terrestre et renforcer l’ambition spatiale. « La France organisera dans quelques mois un sommet sur le spatial », annonce le président, qui souhaite « améliorer la résilience et la protection » dans ce domaine.

    Une ambition liée au deuxième objectif, celui visant à faire face au missile très longue portée russe Orechnik. « Nous sommes à portée de ces tirs affirme le chef de l’État. Nous devons nous saisir de ces nouvelles armes qui changeront la donne à court terme. » Même logique pour le système de défense aérienne SAMP/T nouvelle génération, « la meilleure au monde », selon le président, qui souhaite « accélérer la production et la capacité à déployer », cette arme.

    Enfin, le chef de l’État souhaite « améliorer et accélérer la capacité des armées à s’engager », notamment via l’utilisation des drones pour les trois armées, ainsi que par l’investissement dans « les innovations de rupture : le quantique, l’intelligence artificielle ».

    In fine, le président Macron place la France au centre de l’« Europe de la Défense », tant sur le plan des moyens, du complexe militaro-industriel que sur le plan décisionnel. La volonté répétée d’indépendance de la France entre en contradiction frontale avec les affirmations répétées d’unité européenne. La question se pose si le chef de l’Etat ne ferait pas de l’œil, en filigrane, à l’idée d’être le chef militaire de l’Europe entière.

  • Emmanuel Macron devrait actualiser la loi de programmation militaire

    Emmanuel Macron devrait actualiser la loi de programmation militaire

    Emmanuel Macron revient à la base aérienne 125 d’Istres, jeudi, pour présenter ses vœux aux armées. Presque neuf ans après sa première élection, le président de la République se livrera à un exercice cérémoniel classique : revue des troupes, salutations aux portes-drapeaux, puis discours en fin de matinée.

    Mais, en même temps, le protocole laissera place à une séquence moins banale. L’après-midi, Emmanuel Macron prendra place à bord d’un Airbus multi rôle transport tanker (MRTT), piloté par Thomas Pesquet, colonel de réserve de l’armée de l’air, pour une manœuvre de ravitaillement en vol d’un avion Rafale. Une démonstration du module d’évacuation sanitaire Morphée, dédié aux blessés graves, est également prévue.

    Le choix de la base d’Istres pour cette cérémonie repose sur son contexte exceptionnel. 5 000 personnes y travaillent, dont pour moitié de militaires. La piste est la plus longue d’Europe avec 5 km de long. La présence de 15 Airbus MRTT en fait un « hub stratégique de projection de puissance », dans le monde, selon l’Élysée.

    Un discours attendu sur plusieurs sujets

    Le discours présidentiel est attendu. Notamment au regard de l’actualisation de la prochaine loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030n prévue au 1er trimestre. « C’est un moment qui sera très probablement axé sur ce sujet », avance l’Élysée. 64 milliards d’euros étaient prévus pour le budget pour la Défense en 2030 et Emmanuel Macron a annoncé, l’été dernier, vouloir avancer cet objectif à 2027. C’est le double du budget alloué en 2017 lors de sa première visite.

    Un discours également attendu au regard de la situation géopolitique internationale et du rôle de la France dans les conflits en cours. « Le président fera évidemment un discours en lien avec l’actualité internationale et géostratégique », précise l’Élysée. Particulièrement en ce qui concerne les « garanties de sécurité en Ukraine s’il y a un traité de paix entre belligérants », mentionne l’Élysée.

    Enfin, les trois premières promotions du service national, fortes de 3 000 jeunes, débuteront en septembre prochain. Un service uniquement « sur le territoire national, déconnecté » des enjeux internationaux, assure l’Élysée.

  • L’emblématique Polygone étoilé à Marseille fête ses 25 ans

    L’emblématique Polygone étoilé à Marseille fête ses 25 ans

    Le Polygone étoilé, salle de projection et lieu de production de cinéma indépendant du 3e arrondissement de Marseille, souffle sa 25e bougie, en 2026. Un quart de siècle que le lieu a décidé d’entamer avec son traditionnel écran ouvert, le 2 janvier. Un moment où des courts-métrages peu projetés peuvent rencontrer un public. Ce rendez-vous mensuel, depuis cinq ans, remplit la salle tous les premiers vendredis de chaque mois.

    Le lieu est né en 2001, grâce à l’association Film Flamme, fondée en 1996 afin de permettre à des projets cinématographiques qui ont peu de moyens de voir le jour. « Ce lieu est un outil de travail et de création cinématographique complet, explique Martine Derain, administratrice du lieu. Il y a des salles de montage pour caméras pellicules ou numériques, une salle de mixage et bien évidemment, cette salle de projection qui est aussi une salle de travail car on peut y faire tous les tests possibles. » Un lieu qui permet également la conservation des films du patrimoine.

    Le Polygone étoilé a été pensé par ces fondateurs comme un espace pour échapper aux logiques commerciales de ce milieu. La mutualisation de ces divers environnements de travail permet d’en réduire les coûts et de les rendre accessibles pour des films à petits budgets. Par ailleurs, sa position au cœur du 3e arrondissement, en fait un espace de médiation culturelle. Ainsi, la salle de projection est régulièrement mise à disposition des associations de quartier et Film Flamme organise des ateliers pour les enfants du quartier avec des cinéastes.

    Pour Martine Derain, la plus belle réussite « est d’avoir affirmé durant 25 ans que c’est possible de produire des films avec peu de moyens, hors du système ».

  • L’église Saint-Martin d’Arenc : un scénario à l’horizon 2033

    L’église Saint-Martin d’Arenc : un scénario à l’horizon 2033

    « C’est encore lent et encore long mais de l’argent public est mis sur la table pour que ce quartier un peu endormi vive. C’est vrai qu’il faudra encore trouver un porteur de projet » a reconnu la conseillère métropolitaine Solange Biaggi (LR), vendredi, lors de la réunion publique présentant les jalons d’une renaissance de l’église Saint-Martin d’Arenc en péril rachetée en 2018 au diocèse.

    « Le Département a pris l’engagement de réhabiliter ce bâtiment, de conforter sa structure et ses fondations avec des micropieux. En parallèle des marchés de travaux, on lancera un appel à manifestation d’intérêt avec un cahier des charges qui aura été écrit en fonction de ce que vous, riverains, CIQ, élus, Euromed et le Département, souhaitez pour ce bâtiment et son jardin » a ajouté la conseillère départementale déléguée à l’aménagement du territoire, aux équipements structurants, Laure-Agnès Caradec (LR) qui évalue à 10 millions d’euros la seule phase de confortement.

    Les études des besoins pilotées par PR’Optim, l’agence de programmation architecturale et urbaine, convergent pour un aménagement de l’église en 4 unités fonctionnelles, une visibilité de la nef jusqu’au chœur. La concertation est unanime « pour conserver ce patrimoine, en faire un lieu fédérateur, une forme de cœur de village avec une mixité d’usages ». Une fois l’édifice consolidé, ce ne sera pas un équipement public. Il s’agit après validation de créer un lieu ouvert 7 jours sur 7, sur le quartier valorisant le jardin, confié à un gestionnaire privé avec plusieurs exploitants.

    Le calendrier prévisionnel livre les jalons d’une opération de longue haleine : lancement en 2026 d’un marché de maîtrise d’œuvre pour des travaux de confortement et sur le clos et couvert en 2028 et 2029, une longue phase d’observations de la stabilité de l’ouvrage et de son clocher avant le choix, en 2030, d’un porteur privé. Un marché de restauration finale serait alors lancé en 2031 pour une livraison en 2033. On l’a compris, l’impatience n’est pas permise.

  • Entre départs et complications, une « saison light » aux Chorégies

    Entre départs et complications, une « saison light » aux Chorégies

    Ce sera une « saison light » en 2026 pour les Chorégies d’Orange, comme le précise, ce vendredi 28 novembre en cité des Princes, lors de la présentation de l’événement, son directeur sur le départ, Jean-Louis Grinda, avec six représentations au programme, entre le vendredi 19 juin et le samedi 18 juillet.

    Après une année 2025 ambitieuse avec pas moins de 13 soirées, le plus vieux festival de France doit revoir ses ambitions à la baisse. Et ce, en premier lieu, pour des raisons financières. Comme l’évoque Richard Galy, président de la Société publique locale des Chorégies d’Orange, après une « année 2024 plus allégée qui a été remarquable », l’année 2025 était « plus étoffée avec des soirées exceptionnelles », mais avec en conséquence des « finances qui ont dégringolé ». Il rappelle que 60% des revenus proviennent de la billetterie et que la moindre annulation peut faire perdre « jusqu’à plus de 100 000 euros ». Des déclarations qui ont poussé Jean-Louis Grinda, assis juste à côté de celui qui est également président de la commission du rayonnement culturel à la Région, à nuancer les paroles de son voisin, qui « ne correspondent pas vraiment à la réalité ». Il précise que le festival, en termes de résultat brut « pur », en 2025, était en déficit de 150 000 euros contre un résultat positif de 300 000 euros l’année précédente. « Si ça, c’est une dégringolade, j’aimerais savoir ce qu’il se passe dans les autres festivals de la région », pique le directeur.

    Philippe Katerine symphonique

    Une réorganisation est également prévue pour les années à venir, notamment à travers la création d’une nouvelle structure juridique, les Chorégies passant d’une SPL (Société publique locale) à un EPCC (Établissement public de coopération culturelle). « Cela va nous donner plus de souffle et plus d’aisance, de trouver une régularité dans les dépenses et les prévisions. C’est une décision qui a été saluée par la Cour des comptes, qui nous a tout de même indiqué qu’il faudrait que l’on recrute », poursuit le président.

    Cette évolution se fera donc sans Jean-Louis Grinda, qui annonce quitter ses fonctions de directeur, qu’il occupe depuis décembre 2015. Pour lui, gérer un EPCC représenterait une trop grosse charge. Il ajoute « qu’un directeur ne doit pas rester trop longtemps », car « il faut du renouveau », mais aussi « un nouvel interlocuteur pour les pouvoirs publics ». Paulin Reynard, directeur de production et chargé de la médiation culturelle, s’en va également. Leur remplacement va être géré au cours de l’année 2026.

    La programmation artistique n’en demeure pas moins de qualité, mais également surprenante, même si l’organisation l’aurait voulue plus étoffée. À commencer par une annonce qui n’a pas manqué de faire sourire, glousser, mais aussi grimacer une partie des fidèles du festival présents dans la salle, lors de la révélation de la venue du chanteur Philippe Katerine. Il se produira sur la scène du Théâtre Antique avec l’orchestre national d’Avignon-Provence, le mardi 7 juillet à 21h30. « Il a promis de ne pas chanter tout nu », glisse en retrouvant le sourire Jean-Louis Grinda, en référence à la cérémonie de lancement des Jeux olympiques de Paris, tout en invitant « ceux qui n’aiment pas à ne pas venir ». Mais aussi du plus classique, avec La Traviata de Verdi, avec
    en interprète principale l’Américaine Nadine Sierra, « qui est la meilleure Traviata au monde », assure le directeur. Tandis que le projet Opéra Pop organisé entre le festival et plusieurs collèges de la région, dont quatre d’Orange, a dû être déplacé au Thor, la municipalité ayant décidé d’organiser un concert de musique militaire à la seule date possible pour le projet éducatif.

    Ouverture de la billetterie le 8 décembre pour les adhérents et le 15 décembre en général.

  • Des travaux d’office sur le 98 rue Loubon insalubre

    Des travaux d’office sur le 98 rue Loubon insalubre

    Une étape nouvelle est franchie dans la lutte pour l’éradication de l’habitat indigne à Marseille. La mairie vient de publier un arrêté portant exécution de travaux d’office sur un immeuble frappé d’un arrêté préfectoral d’insalubrité.

    « Considérant qu’en raison de la gravité de la situation résultant de la persistance des désordres et de l’inaction du propriétaire, il convient d’effectuer [les travaux] d’office et aux frais avancés du propriétaire », énonce l’arrêté municipal du 23 octobre 2025.

    Le 98, rue Loubon (3e) à la Belle de Mai, est un bâtiment dégradé qui conjugue tous les fléaux du moment : l’insalubrité, le péril depuis novembre 2022, l’exploitation de la misère économique par un marchand de sommeil, Christophe Morelli, un maçon de 42 ans condamné en septembre 2023 à un an de prison ferme pour soumission de mères isolées à des conditions d’hébergement indigne (La Marseillaise, 29 août 2023). Le logement du rez-de-chaussée était frappé d’une interdiction d’habiter résultant d’un arrêté préfectoral d’insalubrité irrémédiable du 11 mars 2013 violé dans les grandes largeurs.

    Jusqu’alors les fonds dédiés aux travaux d’office étaient fléchés uniquement sur des immeubles en péril paralysés par l’inaction de leurs propriétaires. Sous Gaudin, le budget alloué s’était volatilisé dans des études et conseils. En 2024, 102 procédures de travaux d’office ont été lancées sur du bâti en péril et 40 chantiers achevés, qui ont mobilisé 3,9 millions d’euros que la municipalité récupérera, si besoin par la voie judiciaire, auprès des propriétaires défaillants.

    À l’occasion des Rendez-vous annuels du logement d’octobre dernier, la municipalité s’était félicitée de l’efficacité de ce levier : « Depuis début 2025, le volume de travaux d’office engagés a fortement diminué après un pic important constaté en 2023-2024, ce qui confirme que l’effet dissuasif a porté ses fruits et que les propriétaires et les copropriétés sont de plus en plus réactifs pour mettre en œuvre les mesures prescrites en cas de procédure. » Désormais donc, les travaux d’office s’étendent aux logements insalubres.

    Pourquoi ce tournant ? C’est en réalité l’application d’une convention déjà ancienne du 15 juin 2023 nouée entre l’État et la Ville de Marseille « pour la mise en œuvre de l’exécution complète des arrêtés de traitement de l’insalubrité » (sauf les cas de saturnisme et ceux pris en procédure d’urgence que l’État conserve) et pas seulement du relogement des occupants victimes par ailleurs dysfonctionnel faute de places. « C’est une des premières mesures en effet depuis que la Ville a repris l’intégralité de la compétence de l’État. Plusieurs chantiers sont en programmation pour ce second trimestre », confirme à La Marseillaise Florent Houdmon, le directeur du logement et de la lutte contre l’habitat indigne à la Ville. L’arrêté municipal du 23 octobre 2025 se substitue ainsi à l’incurie du propriétaire du 98 rue Loubon et la Ville va réaliser à frais avancés les travaux prescrits par l’arrêté préfectoral d’insalubrité pris sept mois auparavant sur le logement occupé par un couple au premier étage.

    Sur 242 arrêtés préfectoraux d’insalubrité pris à Marseille ces dix dernières années dont 155 sur la période 2020-2025, 182 sont toujours actifs dans l’attente de travaux et sur lesquels pèsent, en théorie souvent, une interdiction de perception de loyer et voire une interdiction d’occupation. Tous n’ont pas vocation à voir la Ville se substituer aux propriétaires indignes. L’objectif étant de persuader ces derniers à rénover, sauf à devoir payer lourdement l’ardoise.

  • La direction des services pénitentiaires de Marseille va s’agrandir

    La direction des services pénitentiaires de Marseille va s’agrandir

    Aux Baumettes, on pousse les murs… Alors que le centre pénitentiaire prend de l’ampleur avec le chantier des Baumettes 3 pour une livraison prévue en fin d’année, un appel d’offres pour l’extension du siège de la direction interrégionale des services pénitentiaires (Disp) de Marseille a été lancé, la semaine dernière, par le ministère de la Justice.

    Où l’on apprend que les effectifs « vont être amenés à augmenter rapidement », passant de « 166 agents au quotidien à 242 agents ». Une augmentation qui « induit une surface nécessaire supplémentaire d’environ 1 200 m2 ». Autre raison évoquée : « Deux services se trouvent actuellement dans des préfabriqués sans contrôle d’accès. Cette solution n’est pas pérenne », estime le donneur d’ordre.

    Renseignements pris, ces structures provisoires durent en fait depuis… « au moins 20 ans », nous indique une source en interne, « à l’époque, il s’agissait d’y mettre les Eris ». En clair, les équipes régionales d’intervention et de sécurité chargées d’intervenir, en cas de tensions, dans un établissement pénitentiaire. Depuis, les agents de l’Autorité de régulation et de programmation des extractions judiciaires (Arpej) et les services techniques ont investi les lieux.

    Pas de rénovation prévue

    Une vingtaine de personnes seraient concernées, avec des conditions de travail qui ne sont « pas terribles » nous alerte-t-on, sans compter que le bâtiment principal de la direction serait « une vraie passoire thermique ».

    Mais dans ce projet, « sera traitée uniquement l’extension », prévient le ministère dans le cahier des charges, « le bâtiment existant ne fera l’objet d’aucunes modifications, hormis celles nécessaires pour joindre l’extension à l’existant ». Il s’agit de « fournir des espaces de travail de taille adaptée aux effectifs projetés permettant à l’ensemble des agents de travailler dans des conditions convenables, que ce soit en termes de confort ou de sécurité », tout en « prenant en compte l’ensemble des contraintes de la parcelle ».

    Car le siège de la Disp se situe dans la zone d’adhésion du Parc national des calanques. Même s’il faudra couper des arbres, pour respecter les normes de prévention contre les feux de forêt, la mise en œuvre d’« une palette végétale de type méditerranéenne sans espèces invasives » est également demandée.

    Plus prosaïquement, l’enveloppe attribuée au projet s’élève à 3,67 millions d’euros hors taxes. De quoi laisser craindre des gels des formations et autres budgets aux personnels, nous confie-t-on. L’entreprise choisie aura 14 mois pour concevoir l’extension, 15 mois pour livrer le bâtiment. Les professionnels ont jusqu’au 24 novembre pour candidater.

  • Le HeroFestival revient pour sa 11e édition

    Le HeroFestival revient pour sa 11e édition

    « Une bulle de fantaisie et de création dans laquelle tous les Marseillais peuvent se retrouver. » C’est la définition que Marc Lefèvre, cocréateur de l’événement, donne du HeroFestival. Depuis 10 ans organisé au parc Chanot (8e), le rendez-vous annuel des amateurs du monde des héros – qu’ils soient issus de romans, bandes dessinées, films ou animés – se déroulera une fois encore dans le jardin voisin du Stade Vélodrome, les 8 et 9 novembre.

    Au programme : 25 000 m2 d’expositions et animations, construites autour du thème du voyage et racontées par plus de 300 auteurs, acteurs, artistes ou créateurs. Parmi les invités d’exception : Kevin Pike, superviseur d’effets spéciaux pour les Dents de la mer, Star Trek, Indiana Jones et le Temple maudit, mais aussi pour Retour vers le futur, dont la sortie française fête cette année ses 40 ans. Co-créateur de l’iconique DeLorean, il sera présent sur l’espace Comicon pour livrer expériences et anecdotes. Jérôme Alquié, illustrateur du festival, mais aussi du manga Les chevaliers du Zodiaque, également appelé Saint Seiya. Le quatrième tome de la série de bande dessinée sera disponible en exclusivité au HeroFestival, alors qu’il ne sortira que le 14 novembre dans le reste de la France.

    Un moment « transgénérationnel »

    Le traditionnel univers Konoa, espace dédié aux héros du pays du soleil levant, bénéficiera d’une large place dans le hall 1. La K-zone, consacrée à la culture populaire du monde coréen, jouira, elle, d’un élargissement. Les festivaliers pourront bien sûr retrouver le Village Star Wars, devenu un rendez-vous incontournable pour tous les passionnés de l’univers de George Lucas. Au programme : déambulations et rassemblements cosplay, pratique qui consiste à se costumer comme des personnages de fiction.

    « Ce qui marche extrêmement bien avec le HeroFestival, c’est que c’est un événement transgénérationnel. Il y a des enfants des années 80 -90, mais aussi des années 2000 et 2010. C’est ça aussi qui fait toute la synergie, la transmission du HeroFestival », s’enthousiasme Jérôme Alquié.

    Et Marc Lefèvre d’ajouter : « La pop culture a beaucoup gagné en légitimité. Elle porte beaucoup de valeurs, aussi intéressantes que la culture classique. C’est la culture de l’avenir, celle qui anime le HeroFestival. » 40 000 personnes sont attendues sur deux jours. Les billets sont disponibles en ligne (herofestival.fr) ou sur place, au tarif de 29 euros par adulte.

    LES TEMPS FORTS par Elisa Lambert

    En route vers l’imaginaire

    Cette 11e édition du festival accueillera une exposition inédite et éphémère : « Les routes de l’imaginaire ». Vingt véhicules iconiques tout droit sortis de films, BD, séries et dessins animés tel que Star Wars, Tintin ou encore Cars, seront exposés sur une surface de plus de 1 000 m².

    Invités d’exception

    Christopher Judge, connu pour son rôle de Teal’c dans la série télévisée Stargate SG-1 et James Marsters, acteur et chanteur américain célèbre pour son rôle de Spike dans la série Buffy contre les vampires, seront présents au parc Chanot pour le HeroFestival.

    Soirée Broadway

    Samedi soir, les visiteurs seront invités à une soirée inspirée des célèbres théâtres de Broadway, où ils pourront retrouver Claire Guyot, comédienne et voix d’innombrables personnages mythiques tels que Sam dans les Totally Spies ! et Jean-Pierre Savelli, interprète du tube Besoin de rien, envie de toi.

  • À Martigues, le café associatif le Rallumeur d’étoiles souffle ses dix bougies

    À Martigues, le café associatif le Rallumeur d’étoiles souffle ses dix bougies

    Une assiette remplie de mets divers et variés, Sébastien va rejoindre ses amis autour d’une table au soleil, à deux pas du canal Galiffet. Les discussions se mêlent au son des enceintes, qui retransmettent les rythmes créoles et la poésie occitane de Moussu T e lei Jovents, un groupe créé par Tatou et Blu de Massilia Sound System. Posté à l’étage, derrière la friteuse, Nicolas lâche : « On est bien, là, le cadre est idyllique. »

    Ce 19 octobre, c’est le dimanche mensuel du brunch au Rallumeur d’étoiles. « Ça fait deux jours qu’on le prépare, on s’est levés à 8 heures ce matin », confie Enora, la seule salariée du café associatif. Le principe est simple : les bénévoles concoctent le repas, les adhérents et autres curieux viennent le déguster à prix libre tout en profitant de la musique live d’un groupe payé au chapeau. « C’est une volonté de rendre la culture accessible », explique Nicolas, membre du collège solidaire du lieu.

    De l’autre côté, les artistes jouent le jeu. « On a commencé comme ça, dans les bars, c’est là qu’on s’amuse, affirme Tatou. C’est politique aussi, bien sûr ! Et puis si ça peut donner un coup de main à ce genre de lieu c’est tant mieux. »

    De nouveaux publics

    Car si le Rallumeur d’étoiles fête ses dix ans, chaque anniversaire est une victoire. « À chaque fois on est sur la corde raide mais on tient », assure Nicolas. Il faut dire que toutes les activités proposées par le café associatif, qui vont d’une grainothèque à des conférences en passant par des ateliers de conversation en espagnol, en anglais, en provençal, des débats philosophiques, des ateliers d’écriture, de lecture ou encore des concerts, sont gratuites pour les adhérents. L’an dernier, le lieu a organisé près de 200 événements.

    « Les adhésions à prix libre remboursent 20% de notre budget de fonctionnement, poursuit Nicolas. La mairie nous soutient avec une subvention de 10 000 euros et après on fait des levées de fonds pour tenir. » Car l’association doit faire face à l’inflation et à l’augmentation de son loyer, passé de 600 euros il y a 9 ans à 1 200 euros actuellement. À l’avenir, le Rallumeur d’étoiles cherche à attirer de nouveaux publics. Enora détaille : « On aimerait bien avoir plus de jeunes, pour leur montrer qu’ils ont leur place dans la société comme dans le café. Pour ça, on est sur Instagram et on travaille avec des partenaires comme Mistral Show qui est un collectif qui fait de la programmation musicale qui parle plus à ce public. » Nouvelle année, nouveau challenge !

  • À la rencontre des architectures du quotidien

    À la rencontre des architectures du quotidien

    La 10e édition des Journées nationales de l’architecture, organisées par le ministère de la Culture, ambitionne de mettre en lumière les « architectures du quotidien ». Plus de 100 événements sont déclinés en région, ce week-end, pour donner les clés de compréhension de ces bâtiments et équipements de tous les jours.

    Cette programmation éclectique reflète la richesse, la multiplicité des lieux de notre quotidien, que ce soit nos maisons, écoles, équipements sportifs, commerces, lieux de travail, infrastructures publiques, etc. mais aussi des tiers-lieux, des jardins partagés, des habitats participatifs. L’architecture est plurielle, elle croise les styles, les époques, elle façonne notre cadre de vie. Une édition qui fait résonance avec le choix du prix Pritzker, qui récompense cette année l’architecte chinois Liu Jiakun pour « une architecture affirmée qui célèbre la vie des citoyens ordinaires ».

    Ces journées appréciées du public sont l’occasion de balades urbaines, de visites inédites de chantiers, d’expositions, de projections, de débats, d’ateliers. Retenons, par exemple, que la ville de Martigues propose une lecture architecturale de l’école maternelle de Ferrières, ouverte en 1952. Cet équipement inscrit aux monuments historiques est le fruit de la collaboration des architectes Alphonse Arati, Marius Boyer, Charles Lestrade et des Ateliers Jean Prouvé qui l’ont construit.

    René Egger et Luminy

    à Marseille, les portes de l’Institut Méditerranéen de la Ville et des Territoires, place Jules-Guesde, s’ouvrent au public pour dévoiler, depuis son entrée jusqu’à son dernier étage, son forum, ses amphithéâtres, ses grands ateliers, mais aussi le point de vue qu’offre cet équipement public inauguré en 2023 sur le grand paysage de Marseille. Une table ronde y est organisée sur la sortie du livre d’Elise Guillerm, consacré à l’architecte marseillais René Egger (1915-2016) et à la construction des écoles supérieures d’art et d’architecture, à Luminy. Ces dernières sont ouvertes samedi à 15h pour deux visites : l’une sur leur histoire architecturale, la seconde sur les enjeux de leur reconnaissance patrimoniale, en 2024, au titre de monument historique.

    à Toulon, la direction régionale des Affaires culturelles, l’association Architectures en Ligne, Image de Ville et le conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement du Var organisent la projection du film documentaire Penser l’incertitude, au cinéma Le Royal. Dans ce film, le réalisateur, Christian Barani, part à la rencontre des 24 lauréats du concours 2023 des Albums des Jeunes architectes et paysagistes. Il en résulte le portrait d’une nouvelle génération qui dévoile ses valeurs et ses espoirs, fait preuve d’un engagement à prendre soin des territoires, de celles et ceux qui y vivent.

    À Arles, une visite commentée de la Tour LUMA, conçue par Frank Gehry, propose une immersion dans les coulisses de sa conception, de sa construction à son aménagement, en mettant en lumière les défis techniques qui ont façonné ce bâtiment phare, inauguré en 2021.

    À Aix, la Compagnie des rêves urbains propose un carnet spécial pour découvrir sur un itinéraire de ballade jusqu’à huit bâtiments d’architecture contemporaine : le Grand théâtre de Provence, le Pavillon Noir, le Conservatoire, le Palais Victor Hugo, la Cité du Livre, etc.

    À Avignon, SNCF Gares & Connexions organise quatre expositions photographiques sur des biens labellisés « Architecture contemporaine remarquable » dans les gares de Rennes, Avignon TGV, Lille Europe et Strasbourg. C’est aussi l’occasion de découvrir les architectes qui se cachent derrière ces réalisations et qui, par leurs expérimentations et leur audace, ont renouvelé les techniques constructives et architecturales.

    La friche Duclos

    À Septèmes les Vallons, il sera question, samedi à la médiathèque, du futur écoquartier sur la friche industrielle Duclos recyclée. à Mimet, pour comprendre comment se conçoit et se réalise l’architecture publique au plus près du terrain, les équipes de maîtrise d’œuvre proposent une visite exceptionnelle du chantier d’extension et de modernisation du centre de secours.

    À Salin-de-Giraud, dimanche, des conteuses raconteront l’histoire de deux entreprises et de leurs cités ouvrières avec ses bains-douches, la place Carle-Naudot, autant de lieux qui gardent la mémoire des Salinières et des Saliniers, preuve que l’architecture est ancrée dans l’humain.

    Programme complet sur journeesarchitecture.culture.gouv.fr

    « L’architecture doit être un révélateur, c’est-à-dire être en mesure de capter puis exprimer l’essence d’un lieu et des personnes qui y habitent.  »