Tag: Prix des carburants

  • Le temps n’est pas aux demi-mesures

    Le temps n’est pas aux demi-mesures

    Déjà frappées par la baisse des subventions publiques, essentiellement provoquées par l’austérité budgétaire, les associations sportives, culturelles et caritatives redoutent désormais de devoir réduire leurs actions à cause de la flambée du prix des carburants.

    Si la situation perdure, c’est toute la société et ses capacités à maintenir des liens sociaux, à éduquer, secourir, émanciper qui seront encore plus fragilisées.

    Première à réagir – mais ce geste sera-t-il suffisant ? – la Fédération française de football a décidé de soutenir les clubs amateurs, maillons indispensables à la vie sportive dans les communes. Pour l’heure, seul un million d’euros serait mis à disposition des structures sous forme de bons d’achat.

    Agir sur deux leviers

    Si la mesure est tout à fait louable, elle ne change pas le fond du problème. Car sans décision politique radicale, les prix à la pompe vont continuer de grimper. La guerre s’est encore intensifiée ce week-end au Moyen Orient et la dépendance aux énergies fossiles empêche, pour l’heure, de se détourner complètement de ces ressources. Cela, les multinationales du gaz et du pétrole l’ont parfaitement compris, Total en tête. Il est scandaleux de les laisser plus longtemps engranger des marges et de redistribuer ces profits de la honte aux actionnaires.

    Le gouvernement et le chef de l’État peuvent agir sur deux leviers : plafonner les prix et nationaliser Total.

    Quand les piliers de la société vacillent faute de pouvoir agir – et les associations sont des piliers de notre République –, le temps n’est pas aux demi-mesures. Mais à l’action.

  • [Entretien exclusif] Jean-Louis Masson : « Je me réjouis qu’un Varois puisse présider la Région »

    [Entretien exclusif] Jean-Louis Masson : « Je me réjouis qu’un Varois puisse présider la Région »

    La Marseillaise : Quels enseignements tirez-vous des sénatoriales dans le Var et au-delà ?

    Jean-Louis Masson : C’est l’essence même du Sénat que d’être l’émanation des collectivités locales. Les sénatoriales sont donc le reflet des municipales. Le mode de scrutin est singulier puisqu’il n’est pas le même partout et qu’il est complexe lorsqu’il est à la proportionnelle. Dès lors au plan national comme au plan local, les résultats sont conformes à ce qui pouvait être attendu. La droite et le centre sont restés majoritaires dans les mairies. Ils le resteront donc au Sénat. Le RN et LFI qui ont connu quelques succès électoraux aux municipales vont voir un groupe pour le premier et deux sénateurs pour le second. Dans le Var, la liste LR remporte la victoire des suffrages avec 40% des voix. En tant que président de la fédération LR 83, je félicite nos deux élus : Françoise Dumont qui voit son mandat renouvelé et Christian Simon, un maire de premier plan, qui va enrichir le Sénat de son expérience importante d’élu local.

    Renaud Muselier a annoncé
    qu’à la suite de ce scrutin, il passerait la main à François de Canson. Vous vous étiez opposés par le passé, a-t-il votre soutien
     ?

    J.-L.M. : Nous avons plus souvent été ensemble qu’opposés. Je suis président du Département, le fait qu’un Varois puisse accéder à la présidence de la Région, je m’en réjouis.

    Après un été très douloureux dans le Var, vous appelez à sortir de la conception forêt-musée ? Qu’entendez-vous par là ?

    J.-L.M. : Je ne crois pas à la protection de l’environnement en y excluant l’activité humaine. La vision dogmatique de la protection environnementale a montré ses limites voire sa dangerosité cet été lors des incendies. Je revendique de pouvoir protéger les personnes et les massifs forestiers avec une autre approche. Je considère que nos forêts doivent être gérées, dans le respect de ce que nous connaissons de la nature certes, mais gérées. Cela veut dire par exemple que les procédures d’exception qui permettent de lutter plus efficacement contre un incendie doivent également être valables en tant que règles de prévention des incendies.

    Comment le Département peut-il aider à l’adaptation au changement climatique ?

    J.-L.M. : Pour ne pas faire un long catalogue, je retiens deux sujets. D’abord, nous lançons une démarche d’ampleur concernant les énergies renouvelables notamment solaire. Par ailleurs, s’agissant de la rénovation ou de la construction de nos bâtiments publics, nous mettons l’accent sur la sobriété énergétique.

    Au-delà des particuliers et des collégiens, les agriculteurs et notamment les viticulteurs sont également touchés.

    J.-L.M. : Ils sont parfaitement conscients des enjeux. Ils sont force de proposition. En matière de gestion de l’eau, leur approche est lucide et responsable. Au sujet de l’adaptation des cultures, il en va de même. Je me félicite régulièrement de la coopération des agriculteurs varois pour tous les sujets environnementaux.

    Le pouvoir d’achat des Français est durement comprimé par l’envolée des prix des carburants. Quel est votre message en direction de l’État et que peut un Département comme le Var pour rendre du pouvoir d’achat à ses habitants ?

    J.-L.M. : L’attention que nous portons à ce sujet est constante, pic des prix du carburant ou pas. C’est ainsi que nous avons choisi et que nous nous sommes tenus à la modération tarifaire en ce qui concerne la restauration scolaire.

    Vous avez récemment inauguré des « logements inclusifs » à destination des personnes handicapées. En quoi consistent-ils ?

    J.-L.M. : Il ne faut pas ajouter l’isolement au handicap, c’est pourquoi, ces lieux de vie proposent des espaces partagés qui invitent les résidents à plus de moments en commun.

    L’année prochaine a lieu l’élection présidentielle. La victoire de l’extrême droite est-elle inéluctable ? À droite et au centre, nombreux sont les candidats. Quel est le vôtre ?

    J.-L.M. : Je n’aime pas la politique-fiction ni ramener la politique aux spéculations qui relèvent du jeu de hasard. Nous savons tous qu’aucune campagne ne se déroule comme il est raisonnable de l’envisager plusieurs mois à l’avance. Dès lors aujourd’hui, rien n’est inéluctable. Nous ne connaissons même pas encore ni la totalité des candidats ni même ceux qui vont concourir jusqu’au bout. À date, mon parti a un candidat, par conséquent la question ne se pose pas à moi.

  • À Marseille, les Gilets jaunes poursuivent leurs actions contre la vie chère

    À Marseille, les Gilets jaunes poursuivent leurs actions contre la vie chère

    « Rendez-vous le 17 octobre : 3 euros le litre, c’est plus possible », récite Emma à tous les automobilistes qu’elle croise. Gilet jaune sur le dos, elle tient dans ses mains une pile de tracts d’appel à la mobilisation contre la vie chère et l’augmentation des prix des carburants. Son ambition : les distribuer à tous les conducteurs qui passent ce vendredi après-midi par le rond-point de l’Estaque (16e), qu’elle occupe depuis 9h du matin. Elle est accompagnée d’une dizaine d’autres manifestants, qui se relaient sur place depuis 7h. « Quand on voit que tout augmente, sauf les salaires, on se dit que c’est plus possible, souffle-t-elle. On ne peut plus faire de loisirs, s’acheter des trucs. C’est aberrant. Ça me fait de la peine de voir grandir mes enfants dans ce monde-là, je ne sais même pas si je pourrai leur acheter des cadeaux à Noël. » À propos des annonces du gouvernement, qui a proposé, mardi, une prolongation de l’aide aux grands rouleurs et de nouvelles mesures pour quelques professions ciblées, comme les pêcheurs et les infirmières libérales, Emma se dit insatisfaite. « Pour moi, aider seulement quelques personnes ne suffit pas. Il faut aider tout le monde, tout le peuple. C’est trop cher », s’indigne-t-elle.

    À quelques mètres, un militant – il souhaite rester anonyme – dresse un constat similaire : « Depuis que Macron est au pouvoir, c’est le bordel. Il n’y a pas que la question du carburant, c’est un tout : il y a aussi l’électricité, la nourriture. » Gilet jaune dès la naissance du mouvement en 2018, il espère voir les rangs se renforcer dans les prochaines semaines. Viviane, militante de la première heure, plaide, elle aussi, pour le retour d’une mobilisation de masse. « Bien sûr que j’aimerais que ça reparte de plus belle, que tous les corps de métiers se mobilisent pour immobiliser la France, rêve-t-elle. Tout le monde devrait pouvoir vivre dignement, il y a trop d’inégalités. J’ai l’impression que Macron se prend pour un roi face à nous, les gueux. »

    Des élus communistes

    sur le terrain

    Au centre du rond-point, sous le porche installé là pour l’occasion, quelques manifestants discutent autour d’un verre. Avec eux : Mireille Lando, conseillère d’arrondissements (PCF) des 15-16. « L’intelligence collective émerge toujours du collectif, note-t-elle. Être ici c’est la base du militantisme : c’est communiquer avec les gens pour faire émerger des idées. »

  • Bonne nuit les petits

    Bonne nuit les petits

    Au bout de bientôt 10 ans d’exercice du pouvoir, Emmanuel Macron ne s’amende pas. Hier soir, il a pris la parole en s’adressant aux Français avec la condescendance qui a caractérisé ses deux quinquennats. D’abord pour les faire frissonner sur le contexte international comme s’ils ne vivaient pas déjà dans leur chair les conséquences de la multiplication des conflits dans le monde. Ensuite, pour leur expliquer qu’une baisse des taxes sur les carburants comme elle pratiquée ailleurs en Europe n’était pas une bonne idée.

    Le chef de l’État a même incité les Français à se réjouir de l’attitude de Total qui « plafonne les prix » tout en réalisant… 11 milliards de bénéfices en six mois ! Bonne nuit les petits. Demain ça ira mieux.

    Provocation

    Ultime provocation : le président de la République a regretté de n’avoir pas su imposer sa réforme des retraites et mis en garde contre un possible « mouvement social ». Il ne faudrait pas trop remuer quand on se fait tondre.

    Les Français ont besoin d’un président de la République qui défende leurs intérêts, pas d’un marchand de sable.

  • Emmanuel Macron droit dans ses bottes

    Emmanuel Macron droit dans ses bottes

    Hors de question de faire un quelconque mea-culpa. Emmanuel Macron a affirmé jeudi qu’il ne regrettait « pas du tout le “quoi qu’il en coûte” », c’est-à-dire les aides publiques mises en place lors de la pandémie de Covid qui ont alourdi la dette de la France, réduisant aujourd’hui ses marges de manœuvre budgétaires.

    Et de détailler : les dépenses des « dix dernières années » se décomposaient en « un tiers pour protéger les Français des crises », « un tiers pour préparer la France à l’avenir », et « un tiers parce qu’on n’a pas assez réformé le modèle social ». « Je ne regrette rien des deux premiers tiers. Je regrette de ne pas avoir été assez efficace et rapide sur le dernier », ajuste-t-il. Comme si la « réforme » des retraites n’avait pas suffi…

    En temps de crise

    Quant à la crise actuelle, le président de la République n’exclut pas de baisser les taxes sur les carburants si l’envolée des tarifs se poursuivait, tout en affirmant qu’il serait préférable de faire baisser les prix en utilisant des moyens diplomatiques. « Je pense qu’en fonction de l’évolution, il ne faut rien exclure », même si une baisse des taxes – réclamée par la gauche pour amoindrir l’impact auprès de la population – n’est « pas la décision la plus vertueuse » car celles-ci « servent à financer les dépenses de l’État ».

    « Notre intérêt, c’est plutôt de baisser les prix avant de baisser les taxes », a-t-il ajouté, estimant par ailleurs que l’interdiction des exportations de gazole américain, comme s’y est dit favorable Donald Trump, serait une « mauvaise » décision, « pas simplement pour le reste du monde, pour l’économie américaine aussi ». Si la France « fait tout » pour se prémunir d’une pénurie d’essence, le président a annoncé l’envoi de « moyens militaires » pour « protéger » le site de Yanbu, un maillon stratégique du réseau d’installations énergétiques de l’Arabie saoudite. Arabie saoudite prise en tenaille entre d’un côté le blocus sur le détroit d’Ormuz effectué par l’Iran depuis le début de la guerre initiée par les États-Unis et Israël et de l’autre par les Houthis qui contrôle désormais – et peuvent à tout moment bloquer – le passage en le golfe d’Aden, la mer rouge et le canal de Suez, lieu de passage hautement stratégique vers la Méditerranée.

    Menace extérieure

    Le président a également abordé, lors de cet entretien, l’autre conflit qui préoccupe l’Europe, celui en Ukraine. Le chef de l’État considère qu’une « nouvelle mobilisation russe de 300 000 hommes » par la Russie « est un scénario qui nous paraît crédible », afin notamment de mener une nouvelle offensive sur le Donbass.

    Autre menace, plus directe, celle-ci : La France pourrait être visée par une tentative d’attaque à l’aide d’un drone chargé d’explosifs comme à l’aéroport de Leipzig début août, que l’Allemagne avait attribuée à la Russie. La France n’a pas encore connu d’attaques de ce type « mais quand vous me posez la question « est ce que ça peut arriver ? » ma réponse est oui », a dit le président français. Emmanuel Macron a par ailleurs affirmé que la CIA « n’a pas informé les services français » d’une possible attaque de drones russes visant le sud de la France, contrairement à des allégations publiées dans des médias étrangers.

    Enfin, Emmanuel Macron a écarté l’idée d’une toute prochaine dissolution de l’Assemblée nationale. « Cela ne serait pas bon pour le pays ». « Si on faisait une dissolution aujourd’hui, on ajouterait à la guerre, aux problèmes de pouvoir d’achat et à un budget à passer, l’instabilité politique. On bloquerait le prochain président, la prochaine présidente, de la possibilité de faire cette dissolution et de se reconstruire une majorité. Donc ce n’est pas souhaitable », a répondu le chef de l’État.

  • La douloureuse facture des carburants pour la RTM

    La douloureuse facture des carburants pour la RTM

    La RTM elle aussi doit grimacer en arrivant à la pompe à essence. La régie des transports métropolitains a publié ce mercredi l’avis d’attribution du marché de fourniture de carburant pour son parc de véhicules, avec un volume maximum de 300 000 m3 sur 4 ans. Trois contrats ont en effet été signés le 20 juillet dernier, auprès des groupes Total, Eni et F3C, afin de permettre à la régie et ses différentes filiales de faire le plein. Résultat : l’offre retenue pour le groupe Total est estimée à 105 millions d’euros sur la totalité du périmètre métropolitain pour quatre ans, celle de son concurrent italien, à 104 millions, quand celle du troisième groupe se chiffre à 107 millions.

    « Le prix des carburants dépend de multiples facteurs de marché et est susceptible d’évoluer quotidiennement, à la hausse comme à la baisse, pendant toute la durée d’exécution du marché et dans les conditions définies au marché », précise cependant la RTM auprès de La Marseillaise. Mais les estimations sont déjà en hausse : les précédents contrats en 2022 étaient chiffrés à 103 millions d’euros pour la société F3C, 101 millions pour la société Worex. L’addition est d’autant plus lourde que si la RTM vise à électrifier son parc d’ici 2030, 85% de ses véhicules avaient encore un moteur thermique au 31 décembre 2025. Et émettaient plus de 40 000 tonnes de CO2 selon le dernier rapport d’activité.

  • [Prix des carburants] Face à la crise, le service minimum

    [Prix des carburants] Face à la crise, le service minimum

    Face à la presse ce mardi après-midi, le ministre de l’Économie Roland Lescure s’en prend à ceux qui « soufflent sur les braises ». Et promet : « Nous entendons les inquiétudes des Français, qui parfois s’expriment sous la forme d’une colère. Nous devons y répondre, et c’est ce que nous faisons aujourd’hui. » Après une double réunion lundi, le gouvernement a finalement dévoilé ses mesures pour faire face à la flambée des carburants. Sans changer nullement de cap. « Dès le début de la crise, l’État a apporté une réponse immédiate avec des mesures ciblées, adaptées et temporaires, résumait le résident de Bercy. Cette stratégie est inchangée, nous allons l’amplifier et l’élargir. »

    Ne pas taxer Total

    Le dispositif « Grands rouleurs » est ainsi renouvelé et doublé, avec un chèque de 100 euros pour les trois derniers mois de l’année. Surtout, il est étendu à 2,5 millions de personnes supplémentaires, pour viser 5,5 millions des 40% de Français les plus pauvres roulant au moins 15 kilomètres pour aller au travail, avec un versement automatique pour ceux qui en bénéficient déjà. Le plafond de défiscalisation de la prime carburant payé par les employeurs est aussi relevé à 1 000 euros, et le gouvernement promet de maintenir les chèques énergie pour 2027 en les versant au mois de janvier. Quant aux secteurs les plus exposés, les aides sont renouvelées pour les secteurs du BTP, de l’agriculture, des soignants à domicile et surtout de la pêche, pour laquelle elles atteignent le maximum de la réglementation européenne.

    Montant total de l’enveloppe consentie : 450 millions d’euros. Mais malgré l’ampleur de la crise, le gouvernement n’a même pas à revoir ses maquettes budgétaires pour débloquer ces aides. Moins de la moitié des ménages qui pouvaient en bénéficier jusqu’à présent ne les ont pas réclamées. L’effort sur l’année reste fixé à 1,4 milliard d’euros, quand l’Espagne avait annoncé 5 milliards au mois d’avril.

    Malgré les demandes des oppositions, pas question de baisser les taxes sur les carburants. « Ceux qui annonceraient des baisses d’impôts généralisées aujourd’hui seraient ceux qui annonceraient demain des hausses des taxes généralisées », pointe le ministre des Comptes publics David Amiel. Lui refuse de faire jouer la solidarité nationale : toutes les aides sont adossées à des coupes budgétaires. Pas question non plus de souscrire à la taxation des superprofits des groupes pétroliers, réclamée fin août à la Commission européenne par six pays. « Nous ne sommes pas tout à fait égaux par rapport à cette situation, défend Roland Lescure. Nous avons une grande major intégrée, qui participe au fait que nous n’avons pas de problèmes d’approvisionnement et qui plafonne les prix de l’essence dans un certain nombre de stations. » De quoi venir à la rescousse de Total qui annonçait 10 milliards de bénéfices nets au premier semestre. Le ministre préfère une enquête européenne sur les marges des raffineurs, demande déjà refusée par la Commission européenne.

    Yves Souben

    CE QU’ILS PENSENT

    Marc Pietrosino, Secrétaire général UD CGT 13, Marseille

    « Il n’y a pas eu d’annonces sur les salaires. Quand on paie pour aller travailler, la meilleure façon de contrer cela, c’est d’augmenter les salaires. La politique des chèques ne suffit pas. Le gouvernement a aussi beaucoup parlé d’électrification… Heureusement qu’on a mené le combat pour que la centrale de Gardanne tourne ! »

    A.B.

    Hervé Gout-Vernier, Marin-pêcheur, Martigues

    « Le prêt à taux zéro est une connerie : ça ne fait que reculer l’échéance du coup de grâce si la situation ne s’arrange pas. On nous prête de l’argent pour faire tampon avec les aides promises, qui tardent à arriver et pour un gasoil qui continue à monter. Qu’on fixe les prix du gasoil pour tout le monde et ce sera plus simple. »

    An.M.

    Gaëlle Cannat, Infirmière, Éguilles

    « On est partagés. La dernière fois rien ne nous concernait. Il y a eu un élargissement, avec un bonus pour les territoires ruraux, qui concerne visiblement 25 000 infirmières. C’est toujours bien si ça aide des collègues. Mais cela reste des mesures limitées dans le temps, ça ne sécurise pas notre exercice sur le long terme. Je dirai : bien mais peut mieux faire. »

    M.M.

    Jean Pugens, CGT retraité Bouches-du-Rhône, Roquevaire

    « Les mesures concernent les actifs, mais l’aide est loin de répondre à l’ensemble des travailleurs. Par ailleurs, les retraités aussi sont concernés par la flambée des prix : certains réduisent leur déplacement. Pour répondre au problème, nous revendiquons surtout le maintien de la gratuité des transports sur la Métropole. »

    M.M. et A.B.

    Philippe Antoine, Syndiqué CGT 04, Sisteron

    « On est loin du compte. Ça ne répond pas à ce que nous, en tant que syndicalistes, nous posons comme problème. Il faut repenser les choses, que l’ensemble des entreprises payent, qu’elles prennent désormais en compte le lieu de vie de leurs salariés. Les déplacements domicile-travail doivent être couverts par les employeurs. »

    M.M.

    Thierry Gozzerino, Agriculteur membre d’un réseau Amap, Salon-de-Provence

    « Ma comptable m’a déjà dit que j’avais dépassé mon barème en euros de gazole de l’an passé. Cette année entre camions et tracteurs, je vais faire pas loin de 10 000 euros. C’est monstrueux. 15 cts d’euros par litre ? C’est vraiment pas grand-chose. Je m’interroge sur mon orientation. »

    M.-L.T.

    RÉACTIONS

    Fabien Roussel, candidat à la présidentielle et secrétaire national du PCF

    « Le gouvernement n’entend pas la colère qui monte face à la hausse des prix du carburant. Il choisit les petits chèques très ciblés. Alors que les gros profits de Total vont eux exploser. Nous continuerons de nous battre pour la baisse des taxes et la nationalisation de Total. (…) C’est une trahison que d’avoir de telles marges et de faire de l’argent sur le dos de nos compatriotes. »

    Raphaël Glucksmann, fondateur de Place publique et candidat à la primaire sociale-démocrate

    « Si on n’a pas une réaction à la hauteur de l’État, on aura une implosion sociale. À chaque fois qu’il y a une guerre qui déclenche une hausse des prix, les multinationales du pétrole et du gaz font des bénéfices records. »

    Ian Brossat, sénateur et porte-parole du PCF

    « Depuis 10 ans, Macron a condamné les travailleurs à devenir mendiants, à quémander chèques énergie, chèques carburants, prime d’activité. Stop ! La solution : baisse des taxes injustes sur les carburants, augmentation des salaires. »

    Jérôme Guedj, député PS et candidat à la primaire sociale-démocrate

    « La crise des carburants n’est peut-être pas la faute directe de notre gouvernement, l’endiguer, si. Quand la guerre du Golfe éclatait, les socialistes protégeaient les Français en fixant les marges. Aujourd’hui, on surtaxe ceux qui sont les plus vulnérables sans faire contribuer les plus aisés. »

    Mathilde Panot, députée et présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale

    « Il est urgent de décréter l’état d’urgence sociale. Les marges des raffineurs ont été multipliées par 7,5. Total se gave : 11,2 milliards de bénéfices en six mois sur le dos du peuple de France. Il faut bloquer les prix et les marges. »

    David Amiel, ministre des Comptes publics

    « Il n’y a pas eu, il n’y a pas et il n’y aura pas de cagnotte. Ceux qui aujourd’hui viennent annoncer des baisses d’impôt générales annonceront demain des hausses de taxes générales pour pouvoir les compenser. »

    Roland Lescure, ministre de l’Économie et des finances

    « C’est une situation qu’on n’a pas choisie. Il y aura très vraisemblablement des aides supplémentaires à partir du 1er octobre, mais ce qu’il n’y aura pas, c’est une baisse de taxe généralisée. »

    Éric Ciotti, maire (UDR) de Nice

    « Face à l’explosion du prix des carburants, le gouvernement fait le choix de l’usine à gaz et des chèques bureaucratiques au lieu d’avoir le courage de la clarté en baissant la TVA ! Bureaucratie et suradministration ne régleront rien pour le pouvoir d’achat, mais augmenteront la dépense publique ! »

    David Lisnard, maire (NE) de Cannes et président de l’Association des maires de France

    « Multiplier des chèques ciblés à 450 millions d’euros finance la dette par la dette. La seule mesure de bon sens immédiate est la suppression pure et simple des verrous réglementaires comme les certificats d’économie d’énergie. »

  • L’aumône

    L’aumône

    C’est dans les tempêtes et les crises que se révèlent les tempéraments. C’est surtout dans les actes que se mesurent le courage et l’audace politique. Mardi, un ancien premier ministre socialiste, devenu en 2016 secrétaire général de l’ONU, est monté à la tribune de l’assemblée générale des Nations Unies à New York pour exprimer le courroux de l’organisation à l’adresse des multinationales pétrolières. Antonio Guterres a été cinglant et a tout résumé de l’abyssale injustice du moment : « Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les cinq grandes entreprises pétrolières occidentales ont engrangé près de 500 milliards de dollars de bénéfices. Pendant ce temps, les budgets énergie, alimentation et assurance des ménages s’envolent. »

    Farandole de ministres

    Le même jour à Paris, une farandole de six ministres, cornaquée par celui de l’économie, Roland Lescure, ont ânonné une série de mesurettes pour répondre à la flambée des prix des carburants et de l’énergie. « Cette situation, nous ne l’avons pas voulu » ont tous affirmé les ministres, se défaussant, se déresponsabilisant. La crise « c’est pas nous, soyez contents que l’on vous lance des miettes ! » auraient-ils pu ajouter. Prime aux gros rouleurs, chèque énergie, prêt à taux zéro… Le détail des mesurettes n’est absolument pas à la hauteur des immenses difficultés des travailleurs. Pas de courage ni d’audace alors que des leviers existent pour stopper la course aux profits. Les profiteurs de crise ne risquent rien avec un gouvernement de cette nature. Et les Français n’ont pas besoin d’une aumône qui sonne comme une insulte à leur intelligence.

  • [Prix des carburants] « Se déplacer est un droit essentiel », selon les syndicats

    [Prix des carburants] « Se déplacer est un droit essentiel », selon les syndicats

    « Il faut bloquer les prix des carburants tout de suite, mais aussi créer les conditions pour que ces guerres s’arrêtent, sans quoi ce sera sans fin », prévient Richard Roméo-Giberti, le secrétaire général de l’Union départementale CGT. « Augmenter les salaires n’est plus non plus une option », insiste-t-il. Et de poursuivre : « On ne peut pas continuer. Les gens n’arrivent plus à se loger, à se nourrir, à se vêtir. Et maintenant, avec le prix de l’essence, ils doivent payer pour aller travailler. »

    Même son de cloche pour Alain Tournay (FSU) qui souligne que la hausse du prix des carburants vient se lier au gel du point d’indice. « Pendant que les agents des services publics s’appauvrissent, les prix continuent de monter », dénonce-t-il, en constatant que « tout augmente, sauf nos salaires ». Et de préciser : « Nous sommes bien évidemment pour le blocage des prix des carburants, et taxer les super profits, pour pouvoir récupérer l’argent là où il est. » Mais aussi, tout aussi clairement, pour l’augmentation des salaires.

    Le responsable syndical rappelant que 860 000 agents de la fonction publique aujourd’hui sont sous le seuil de pauvreté. La communauté éducative n’étant pas épargnée par l’hécatombe, en particulier, insiste-t-il, « les AESH qui démarre à 900 euros et qui terminent, au bout de 30 ans de carrière, à 1 100 euros ». Des personnels amenés à accompagner des élèves dans plusieurs établissements étant plus que concernées par l’explosion des prix. « Se déplacer est un besoin essentiel, comme se nourrir et se loger », conclut-il.

    Blocage des prix

    « Ce que l’on demande, renchérit Zoé Desmoulins (Solidaires), c’est une augmentation des salaires avec une indexation de ces salaires sur l’inflation, et un blocage des prix du carburant. » La militante insistant sur l’urgence qu’il y a à sortir les prix de l’énergie du marché spéculatif.

    Sur les moyens dont dispose le gouvernement, la syndicaliste rappelle entre autres que Total, sur le premier trimestre 2026 a réalisé 5 milliards de bénéfices. Pas question donc de laisser les actionnaires s’enrichir sur le dos de la population.

    « Depuis 25 ans, les fonctionnaires ont perdu 30% de pouvoir d’achat », insiste Marc Dalmasso, le secrétaire départemental de la CFDT. « Donc, au-delà des conditions de travail, du sous-effectif chronique, et des politiques publiques hostiles aux fonctions publiques qui les stigmatisent, on a un véritable problème de pouvoir d’achat », tempête-t-il.

    Pas question pour autant de nier les contraintes budgétaires, assure le syndicaliste. Et d’ajouter : « On ne peut pas se satisfaire d’une dette publique à 120% du PIB, qui va monter à 122% en 2027. Par contre, de l’argent, il y en a, alors il faut arrêter de taper toujours sur les mêmes. »

    L’occasion aussi de mettre en avant l’obligation parfois pour se loger décemment, pénurie oblige, de s’éloigner de 20, 30, voire 50 km de son lieu de travail. Une double peine depuis l’explosion des prix à la pompe.

    « Les fonctionnaires ne doivent pas travailler pour survivre. Ils doivent travailler pour vivre », dénonce Sophie Dégeilh, secrétaire générale adjointe de l’UD FO du Var. « À présent ça suffit de taper toujours sur les fonctionnaires, sur les salariés, les retraités, les jeunes et les chômeurs », conclut-elle en appelant à une mobilisation massive le 29 septembre.

    Un refus qui va s’exprimer mardi prochain dans l’unité.

  • Promesses au rabais face aux prix records des carburants

    Promesses au rabais face aux prix records des carburants

    De nouveau, les prix des carburants battent des records en France. Moins d’une semaine après l’essence, c’est le gazole qui a atteint un niveau historique ce dimanche, avec 2,41 euros par litre à la pompe. De quoi battre le pic atteint au mois d’avril, deux mois après le déclenchement de la guerre par Israël et les États-Unis contre l’Iran.

    Face à cette situation, le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué deux réunions ce lundi à Matignon, avec les directions des administrations centrales en matinée, puis dans l’après-midi avec le gouvernement, pour se pencher sur « l’accompagnement à court et moyen termes » des Français. Mais à l’issue des échanges, les annonces ont été encore repoussées, avec un rendez-vous donné ce mardi à 17h pour présenter de « nouveaux dispositifs d’aide et de soutien ». Emmanuel Macron de son côté s’exprimera à son tour jeudi à 20h, sur TF1 et France 2.

    Des tentatives de reprendre politiquement la main, au moment où la crise géopolitique percute de plein fouet la crise sociale. Face aux spéculations boursières qui nourrissent la flambée, les pénuries se sont en effet répandues dans les stations-service, principalement celles du groupe Total. Ce lundi matin, plus d’une station sur sept était en pénurie en France hexagonale selon les données de Bercy, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur faisant à peine mieux que la moyenne. « Pour les deux mois qui viennent, on n’a pas d’inquiétude », rassurait cependant le ministre de l’Économie Roland Lescure ce lundi matin, indiquant que les stocks stratégiques étaient pleins.

    « Cadre budgétaire »

    Comme lui, les membres du gouvernement se sont multipliés en matinée sur les chaînes de radio et télévision pour jouer les pompiers. « On voit bien qu’il faut réfléchir à une aide supplémentaire pour accompagner les gros rouleurs et les salariés modestes », assurait le ministre du Travail. Qui faute de mieux pour l’instant « encourage l’usage du télétravail » pour faire des économies. « Toutes les pistes sont sur la table, à condition que ça reste des aides ciblées et que ce soit respectueux du cadre budgétaire », indiquait de son côté la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon. Car quoi qu’il en soit, Bercy avait déjà indiqué refuser toute mesure structurelle, qu’il s’agisse d’une baisse des taxes ou un plafonnement des prix. « Ça coûte énormément d’argent », justifiait la porte-parole du gouvernement. Et d’assurer, très sérieusement, qu’elle préfère « viser les plus précaires ». Reste à savoir si les annonces de ce mardi sauront davantage viser la colère sociale, au moment où les mouvements, sans être pour l’instant massifs, commencent à se multiplier.