Tag: prise en charge

  • Mohammed, médiateur à Marseille, en grève de la faim pour interpeller l’État

    Mohammed, médiateur à Marseille, en grève de la faim pour interpeller l’État

    « Je suis prêt à dormir là », Mohammed Benmeddour, éducateur au sein de l’association Apis, a entamé, comme annoncé, sa grève de la faim ce mercredi 21 janvier. Il campe devant la préfecture avec Kaïs, 19 ans, tout juste sorti de prison et qui n’a nulle part où aller. Mohammed l’a récupéré à proximité d’un point de deal. « Je m’étais fait mon squat dans un bâtiment abandonné, un lit avec des couvertures, mais l’eau elle sort orange des tuyaux et il n’y a pas d’électricité », raconte Kaïs. Il est allé à France Travail affirme-t-il mais on ne l’a pas rappelé.

    Après avoir interpellé Emmanuel Macron lors de sa venue à Marseille le 16 décembre puis le ministre du logement la semaine dernière sur le manque de moyens mis dans la prévention pour éviter que les jeunes ne tombent dans le narcotrafic, sans succès, Mohammed réclame un dispositif d’urgence pour « ces jeunes qui veulent s’en sortir ».

    La préfète à l’écoute

    Interrogée, la préfète à l’égalité des chances, Isabelle Épaillard, assure avoir fait le nécessaire. « M. Benmeddour a contacté la préfecture de police la semaine dernière, on a regardé ce que l’on pouvait faire. Ce jeune homme est suivi par le service pénitentiaire d’insertion et de probation. Aucun retard n’a été pris dans la prise en charge », précise-t-elle ajoutant qu’une place a été trouvée en centre d’hébergement. Et d’ajouter que la préfecture a « fait le lien » entre France Travail et la mission locale. Mais pour Mohammed, la place trouvée ne correspond pas au profil du jeune homme…

  • « On risque de perdre la dimension humaine de la médecine »

    « On risque de perdre la dimension humaine de la médecine »

    La Marseillaise : Pourquoi aller manifester à Paris ce samedi ?

    Alice Starkman-Eusebio : C’est la dernière chance. Je suis en grève pour protester contre diverses mesures du budget de la Sécurité sociale et j’irai manifester contre les éléments de ce projet. Ils mettent, selon moi, fin à l’exercice de la médecine générale, celle qui me motive. Tout deviendrait régi par des décisions comptables et économiques. On perd complètement la dimension humaine qu’on a déjà du mal à faire encore dans notre pratique quotidienne.

    Prenons l’exemple des transports médicalisés. Qu’en est-il ?

    A.S.-E. : Pour nos patients très âgés qui ne peuvent pas se rendre à l’hôpital autrement qu’en ambulance, je prescris le transport. Ça fait déjà plusieurs fois que la Sécu vient me voir en me disant que je prescris trop d’ambulances. Or, j’ai une patientèle plutôt âgée avec beaucoup de pathologies, ce qui n’est pas pris en compte, car la Sécu ne recoupe pas les fichiers. Si je prends un exemple, j’ai une dame de 94 ans, sans famille, qui a besoin d’aller voir son rhumatologue à l’hôpital. Quand je lui ai dit que je ne pourrais peut-être plus continuer à marquer le bon de transport pour l’ambulance, elle est partie en pleurs. C’est une source de stress énorme pour elle. Je me suis dit, c’est pas possible, je ne peux pas travailler comme ça.

    Sur la question des dépassements d’honoraires, comment sont-ils définis ?

    A.S.-E. : On est censé décider de nos dépassements « avec tact et mesure », c’est la formule consacrée. Ça veut dire qu’on est censée s’adapter aux gens que nous avons en face de nous, et ne pas faire n’importe quoi. Le premier problème est d’arriver à le faire comprendre et accepter par les patients. Pourquoi fait-on du dépassement ? Par exemple, moi, je me pose la question sur les consultations très longues. J’ai de plus en plus de patients qui arrivent avec huit problèmes, ou tous leurs résultats d’un coup. J’ai des créneaux de 20 minutes, et là, c’est pas possible. Pareil, si on doit reprendre un dossier sur plusieurs années, voir tout un historique. Je n’ai pas le droit de coter plus d’une seule consultation dans le cadre de la convention. Le dépassement correspondrait alors au temps supplémentaire. Aujourd’hui, toutes les consultations sont plus longues, on doit trouver des solutions pour le manque de rendez-vous de dermato ou de scanner… On perd du temps et tout ça n’est pas pris en considération, ni valorisé. Une de nos revendications est d’ailleurs une cotation sur les consultations longues ou compliquées, qui serait conventionnée.

    La question des déserts médicaux revient aussi souvent…

    A.S.-E. : Premier questionnement : pourquoi les médecins, si personne d’autre n’y va ? S’installer dans un endroit, sans école, sans service public… C’est quand même compliqué. Après, sur la mise en place, il y a le projet pour que les internes de 4e année de médecine générale s’installent là-bas. Nous, on trouve ça un peu limite d’envoyer des jeunes seuls, pas expérimentés, dans des endroits où ils vont devoir se roder. Pas vraiment favorable, ni pour eux, ni pour leurs patients.

    Envoyer des médecins installés travailler un ou deux jours par mois dans des déserts médicaux ?

    A.S.-E. : À la limite, mais ça pose plusieurs problématiques. Est-ce qu’il y a une secrétaire ? Des dossiers médicaux ? On ne connaît pas les gens. La complexité des consultations devient énorme. Depuis quand n’ont-ils pas vu de médecins ? Quand ont-ils été pris en charge ? Où sont les correspondants ? Les spécialistes ? Les hôpitaux ? Concrètement, ça paraît un peu compliqué. Quid du cabinet principal ? Les charges ? Mes patients ? On a posé des questions, sans vraiment avoir de réponse. À part « prenez un remplaçant ! ». Sachant qu’il n’y en a pas, le problème reste entier. Et je n’évoque pas la prise en charge des déplacements, ni du logement. À ce jour, on a juste reçu un courrier pour savoir si on était volontaire pour les déserts médicaux.

    Quelle serait la solution ?

    A.S.-E. : Il faudrait décentraliser la formation. Dans la réalité, les médecins s’installent soit là où ils ont grandi, soit là où ils ont fait leur internat, car c’est là qu’ils ont créé des liens. Il faut prendre ça en considération. C’est logique. C’est bien d’être entourés.

    Les modifications du numerus clausus dans les écoles de médecines, ont-elles changé des choses ?

    A.S.-E. : La situation démographique aujourd’hui de la profession était prévisible, et ce qui a été fait lors de l’augmentation des numerus clausus était totalement insuffisant. Ensuite, il y a quelque chose de nouveau, parmi les étudiants de première année : une proportion énorme qui abandonne. Ma génération en 96, nous étions une centaine. Si un abandonnait, c’était l’événement. Aujourd’hui, c’est de l’ordre de 20%. Autre fait, actuellement tous les généralistes fraîchement diplômés ne s’installent pas en tant que médecin traitant. Ils préfèrent faire des remplacements. Par exemple, dans le 7e, sur le nombre de médecins généralistes déclarant exercer dans l’arrondissement, seule la moitié est réellement installée, et suit des patients comme médecin traitant.

  • Un nouvel accélérateur IRM pour le Centre Saint-Louis à Toulon

    Un nouvel accélérateur IRM pour le Centre Saint-Louis à Toulon

    Seul centre de radiothérapie du département du Var, le Centre Saint-Louis, à Toulon, établissement privé d’intérêt collectif de la Croix Rouge française, a fêté ses 20 ans d’existence cette année. Il s’impose également comme l’un des plus performants au niveau national grâce à une prise en charge innovante et humaine des patients atteints de cancer. Chaque année, plus de 2 100 y sont traités, dans un environnement associant expertise médicale, technologies de pointe et accompagnement personnalisé. Le centre collabore avec les hôpitaux publics et cliniques privées du territoire pour garantir une continuité et une qualité de soins exemplaires.

    « Une technologie révolutionnaire »

    Dans le cadre de la poursuite de son développement, le centre vient de se doter de l’accélérateur IRM Linac Unity de la société Elekta. Cette technologie, qui combine en temps réel l’imagerie IRM de haute précision avec la radiothérapie adaptative, permet de cibler la tumeur avec une extrême précision, tout en épargnant davantage les tissus sains. Le Unity est utilisé pour traiter des cancers complexes, notamment ceux du pancréas, du foie, de la prostate ou du poumon, et offre aux patients des traitements personnalisés et mieux tolérés.

    « Avec l’acquisition d’une technologie révolutionnaire, l’établissement intègre le cercle restreint des centres qui en sont équipés en France. Il se positionne comme un acteur incontournable dans l’innovation en cancérologie et démontre son engagement en faveur d’une médecine de pointe au service des patients », se réjouit le Dr Caroline Cross, présidente de la Croix Rouge française, présente pour l’occasion.

  • Des policiers dans l’hôpital à Marseille pour recueillir les plaintes

    Des policiers dans l’hôpital à Marseille pour recueillir les plaintes

    Des plaintes prises directement sur site… L’AP-HM et la police nationale ont signé ce vendredi 19 décembre une convention de partenariat. De quoi finaliser la présence, début janvier, d’effectifs de police pour assurer le dépôt des plaintes des agents éventuellement agressés au travail mais aussi des femmes victimes de violences conjugales accueillies au sein de la Maison des femmes Marseille Provence, avec une permanence assurée une fois par semaine.

    Le résultat d’un processus démarré sous l’égide de l’ex-préfète de police, Frédérique Camilleri, raconte Wanda Wrona, directrice de la sécurité de l’AP-HM et ex-commissaire de police. Avec près d’un million de personnes accueillies chaque année « la violence à l’hôpital fait partie du quotidien », témoigne-t-elle, « l’idée était de simplifier les démarches ». Une centaine d’agents sont victimes de violences physiques par an, 500 de violences psychologiques avec par exemple des insultes, précise François Crémieux, directeur général de l’AP-HM.

    Le début de la réparation

    Une situation « inacceptable et qui prend de l’ampleur » à laquelle il fallait réagir, avec de la formation pour désamorcer les crises, des aménagements dans les salles d’attente aussi, le tout financé par l’Agence régionale de santé à hauteur de « plusieurs millions d’euros », et une meilleure prise en charge de l’équipe, résume-t-il.

    Avec plus de 400 nouvelles femmes qui se sont présentées entre janvier et septembre à la Maison des femmes, une permanence, à l’image de celle installée à Saint-Denis, était aussi nécessaire pour convaincre celles qui « par crainte, par manque d’accompagnement », n’ont pas poussé la porte d’un commissariat, estime Wanda Wrona. Et ce malgré l’intervention du bureau d’aide aux victimes, de la permanence avocats. « La plus grosse des difficultés, c’est aussi la confrontation, il faudrait voir comment les protéger » ajoute le Pr Florence Bretelle, cheffe de service de la Maison et responsable du service obstétrique de la Conception.

    Le dépôt de plainte est « très important, c’est le début d’une réparation morale pour la victime », ajoute Christophe Allain, directeur zonal de la police nationale. Il insiste sur le recours aux réservistes pour assurer ce dispositif. « Une force supplétive » qui devrait passer de 2 500 sur la zone aujourd’hui à 8 000 en 2030, constituée de policiers à la retraite mais aussi de citoyens volontaires complète Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale des Bouches-du-Rhône.

    Côté justice, Sylvie Odier, procureure de la République adjointe, a assuré d’une réponse pénale « ferme et systématique », se félicitant de cette prise en charge « pluridisciplinaire » de la victime.

  • L’hébergement d’urgence sur la corde raide à Avignon

    L’hébergement d’urgence sur la corde raide à Avignon

    En 2025, le Service intégré de l’accueil et de l’orientation (SIAO), gestionnaire du numéro d’appel d’urgence le 115 qui accueille toute personne en situation de précarité et d’exclusion, a reçu 55 000 appels. Un chiffre « révélateur de l’activité que l’on a et de l’importance du problème à résoudre pour les personnes concernées », glisse Michel Portefaix, président de l’association.

    Face au préfet de Vaucluse, Thierry Suquet, en visite dans les locaux de la structure ce lundi 15 décembre, la directrice du SIAO, Sabine Girardin, affirme que la priorité pour sortir les personnes en grande précarité de la rue dans le département est d’améliorer la « fluidité du parcours ». Car si, en 15 ans, les places d’accueil d’urgence dans le département sont passées d’une quarantaine à 272 aujourd’hui, et même 330 en cas d’activation du plan grand froid, comme du 21 au 25 novembre dernier, et que celles-ci sont « toujours pleines », il faut mettre « de l’huile dans la machine », assure la directrice.

    Entièrement financé par l’État à hauteur d’environ un million d’euros par an, le SIAO travaille sur plusieurs aspects, notamment l’insertion et un accompagnement « plus personnalisé ». « Les structures doivent se réadapter. Par exemple sur les addictions ou les problèmes psy, sur lesquels on est accompagnés, mais ce n’est pas suffisant », appuie la directrice.

    Enquête en cours

    Face aux salariés, le préfet de Vaucluse assure qu’il « partage » les « préoccupations » du SIAO. « Il faut arrêter de raisonner en structures et en disponibilités. Tous les acteurs doivent converger. Se dire comment faire pour avancer sur telle ou telle situation humaine. D’arriver à lier aide immédiate et processus d’insertion », enchaîne-t-il. Une enquête commandée par la Ville d’Avignon et l’État a également été lancée par le SIAO pour en savoir plus sur le public accompagné et ainsi améliorer la prise en charge. Plus de 400 questionnaires ont été remplis et les résultats sont en train d’être étudiés.

  • Martine Vassal concède des Assises de la protection de l’enfance

    Martine Vassal concède des Assises de la protection de l’enfance

    La demande est réitérée depuis près de cinq ans, lors de chaque séance publique, par le groupe communiste. Vendredi, Martine Vassal, la présidente (DVD) du Conseil départemental, y a enfin répondu favorablement. Des Assises de la protection de l’enfance seront organisées en 2026 dans les Bouches-du-Rhône.

    Le matin même dans nos colonnes, Gérard Frau, le président du groupe PCF, expliquait son intention de saisir le préfet si la nouvelle demande qui allait être formulée restait encore sans réponse. « Nous les demandons pour mettre autour de la table l’ensemble des acteurs : État, familles, structures associatives, syndicats, professionnels, ARS, justice… Martine Vassal ne peut pas y échapper. Ce n’est pas une posture politique », martelait l’élu de Martigues.

    En séance, c’est sa camarade Audrey Garino qui a pris la parole sur le sujet et exigé la tenue de ce rendez-vous, en se saisissant du rapport n°9. Il portait sur les actions en justice du Département, dont un grand nombre concernait des mineurs non accompagnés. Ces MNA face auxquels la collectivité a été plusieurs fois condamnée pour défaut de prise en charge.

    Il y a quelques jours, Audrey Garino avait reçu, avec son groupe, le collectif Alerte protection enfance 13, regroupant la plupart des associations du département travaillant dans ce secteur. Elles représentent 4 000 salariés et plus de 80% des enfants confiés.

    Ligne claire, méthode

    et stratégie à long terme

    « Des structures, pour certaines centenaires, qui se regroupent pour la première fois et prennent la parole pour alerter et dénoncer, et c’est leurs mots, une maltraitance institutionnelle systémique qui touchent les enfants, les familles et les professionnels », martèle l’élue marseillaise. Changements de tarification unilatéraux et rétroactifs fragilisant les structures, évolutions réglementaires, comme la fin du dispositif de placement à domicile, sans discussion ni concertation : « Ce constat, lourd, terrible, pèse évidemment sur la qualité de prise en charge que nous devons à ces enfants et conduit à des dérives inacceptables régulièrement dénoncées dans la presse. »

    « Trois ans après le rapport de l’IGAS, aucun redressement structurel n’a été engagé, aucune inflexion réelle… la situation s’est même détériorée », abonde Azad Kazadjian (PS). Pour le groupe communiste, l’objectif des Assises « est d’établir une ligne claire, une méthode et une stratégie à long terme au bénéfice des enfants suivis », rappelle un communiqué saluant la décision de Martine Vassal et assurant leur plein engagement dans l’organisation de cet événement. Le rendez-vous aura lieu en juin prochain.

    Un calendrier pensé pour enjamber les municipales et « ne pas faire du dossier un sujet de la campagne municipale », glisse l’entourage de la présidente. Son organisation sera confiée à Agnès Amiel, conseillère déléguée à l’enfance et la famille, Audrey Garino et Denis Rossi.

    « Il faut prendre le problème à bras le corps, nous avons créé la maison des discriminations, nous avons travaillé sur l’observatoire de l’enfance avec un petit livret qui va sortir, le 17 décembre a lieu l’observatoire de l’enfance, et nous aurons ces Assises en juin, conclut Martine Vassal. On en a besoin parce que nos enfants en valent la peine, parce qu’il faut qu’on soit exemplaires sur les Bouches-du-Rhône et parce que je veux qu’on le soit ensemble pour l’avenir de ces petits. » Mieux vaut tard que jamais.

  • Une journée départementale à Toulon pour relever les défis du bien vieillir

    Une journée départementale à Toulon pour relever les défis du bien vieillir

    En région Sud et dans le Var, une personne sur trois sera âgée de plus de 60 ans d’ici 2030. Un constat qui appelle à une réflexion sur le bien vieillir, enjeu majeur à l’heure où les cas d’isolement et de maltraitance se multiplient, comme l’illustre la fermeture de l’Ehpad de Pélissanne (Bouches-du-Rhône) en janvier.

    C’est dans ce contexte que Place publique 83 (PP) organisait, mercredi, une journée dédiée au bien vieillir, réunissant acteurs institutionnels, médico-sociaux et entrepreneuriaux. Après avoir visité des établissements, ces participants se sont retrouvés salle Franck-Arnal pour une table ronde, avant une conférence publique.

    Celle-ci s’inscrit dans le contexte du vote du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, qui « masque l’importance de ces thématiques. Au Sénat, on a beaucoup discuté des politiques publiques et des questions budgétaires. Mais, avant, il faut savoir où on veut aller », introduisait le sénateur (PP) de Paris Bernard Jomier, vice-président de la commission des Affaires sociales et médecin.

    La prévention, une priorité à développer

    Cette réflexion est d’abord incarnée, au niveau territorial, par la création, en 2019, du Gérontopôle Sud. Piloté par la Région et l’ARS, il travaille sur les thèmes liés à la personne âgée, dans le but d’améliorer ses conditions de vie. Il s’appuie sur un conseil scientifique, une équipe pluridisciplinaire (recherche, silver économie, éthique…) et un conseil d’administration composé de six collèges « représentant tous les acteurs (sociaux, institutionnels, économie…) », détaille son directeur, Frédéric Rodrigues.

    Cette somme de compétences conduit à adopter des méthodes et outils novateurs tels que le programme Icop. Développé au CHU de Toulouse en 2019, il permet, via un questionnaire, de mesurer six facteurs de vieillissement et de construire une prise en charge adaptée. « L’intérêt est de réduire les fragilités, car ça assure une prise en charge en amont de la dégradation de l’état », explique Frédéric Rodrigues.

    La prévention, un sujet « sur lequel presque rien n’est fait et qui se heurte aux intérêts particuliers », dénonce Bernard Jomier. Et qui demeure, pourtant, un élément « essentiel » du bien vieillir : « Plus tôt les personnes consultent, mieux c’est. Quand la pathologie est installée, c’est fini », décrit Fabienne Dana, docteur à l’hôpital de jour Toulon-Hyères, qui estime, justement, que « l’hôpital de jour correspond mieux aux besoins des sujets âgés. Le meilleur endroit pour eux, c’est le domicile. Il faut prendre son temps avec ces personnes, ce que permet l’hôpital de jour ». Un lieu où le patient peut compter sur une équipe complète (diététicienne, kiné, psychologue), et sur une infirmière en pratique avancée, « qui peut réaliser examens et prescriptions. Ce sont des consultations d’une heure, suivies d’évaluations à domicile, ce qui renforce le lien ville-hôpital ».

    Toujours dans l’optique d’éviter l’hospitalisation, la solution des résidences intergénérationnelles est également évoquée par Agnès Filizetti, directrice de Récipro-Cité, entreprise d’ingénierie sociale, qui met en place des habitats de ce type, dont cinq dans le Var : « Pour que ça fonctionne, il faut des logements adaptés, des espaces partagés et une animation de la vie sociale, pour créer du lien avec le voisin et une veille active entre chacun. » Mais pour un modèle pérenne, « il faut définir ces résidences de manière juridique. Et la présence humaine coûte cher : comment la conserver dans le temps ? Il faut cesser de regarder ça comme un coût, mais comme un investissement ».

    Enfin, en cas de prise en charge hors domicile, les outils numériques peuvent également aider. C’est ce que propose la plateforme Zenior & Care Expert, comparateur gratuit de structures d’accueil, qui aide à choisir la plus adaptée grâce à des conseils d’experts : « On est parti des difficultés des familles, alors que le taux d’occupation en Ehpad est historiquement bas. Nous sommes là pour rassurer et conseiller », détaille l’un de ses fondateurs, Antoine Bonin, qui annonce l’implantation en cours de sa plateforme dans le Var.

  • Aix-Luynes : le quartier des radicalisés n’a jamais fait le plein

    Aix-Luynes : le quartier des radicalisés n’a jamais fait le plein

    Reflet de la suroccupation carcérale, le contentieux de la détention est important au tribunal administratif de Marseille qui statue régulièrement sur les refus de permis de visite, de transfèrement, de permis de sortie ou de parloir, de contestation de fouilles à nu répétées, de placement en quartier disciplinaire ou pour l’anecdote de refus de location de téléviseur à un détenu.

    Le tribunal vient de trancher -trois ans après son dépôt- sur la requête portée par un détenu radicalisé qui conteste le renouvellement pour 6 mois de son placement au quartier de prise en charge de la radicalisation (QPR) du centre de détention d’Aix-Luynes. Ce QPR étanche de 19 places, conçu dans une aile séparée de la détention ordinaire, a été ouvert en 2019. Il accueille après leur évaluation, des détenus majeurs radicalisés pouvant se désengager de leur idéologie après une prise en charge adaptée. Les plus dangereux, les plus prosélytes partent en quartier d’isolement pour prévenir les passages à l’acte violent.

    L’homme dont on ne sait ni l’identité ni l’âge a vu sa requête rejetée. Il est incarcéré depuis 2021, d’abord en quartier d’évaluation de la radicalisation (QER) dans le Val-d’Oise puis a été affecté en 2023 au QPR d’Aix-Luynes. Le jugement rappelle qu’il a été condamné à 15 ans de réclusion pour meurtre précédé d’un autre crime et un an pour dégradation d’un bien. Il a en outre menacé depuis de mort et d’agression le personnel pénitentiaire de Bourg-en-Bresse et par écrit la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Lyon.

    Le jugement souligne que lors de son évaluation, il a tenu « des propos inquiétants sur l’État islamique », légitimant le recours à la violence et les attentats perpétrés en France, évoquant sans complexe du djihad. « Son positionnement idéologique oscille entre le salafisme quiétiste et politique. » S’il donne « la sensation d’être une personne ingénue et crédule », le rapport d’évaluation retient sa « pratique religieuse intensifiée », sa volonté de convertir ses parents, sa barbe « plus longue et taillée ». Il fait preuve d’un repli sur soi et refuse les entretiens proposés.

    « Ce QPR n’a jamais été occupé entièrement. Il y a 10 détenus en ce moment pour 19 places et on tourne en moyenne autour de la douzaine. Par définition, on ne peut pas y transférer des détenus ordinaires alors que le taux d’occupation au CP de Luynes est de 172% », explique Olivier Caquineau, secrétaire départemental du Snepap-FSU. Le QPR dispose de deux cours de promenades avec vue limitée vers le ciel, deux petites salles de sport et une bibliothèque. Un « médiateur du fait religieux » y intervient ainsi que deux mi-temps de conseiller d’insertion et de probation alors qu’en détention ordinaire, c’est 1 CPIP pour 130 détenus. « Depuis la fin du mois de mai 2024, les détenus boycottent les activités et le suivi du Spip. Ils expriment leur mécontentement en raison de l’évolution des règles de sécurité qui, si elles sont plus individualisées, leur donnent un sentiment d’injustice. En outre, ils estiment que leurs efforts pour évoluer sont mal récompensés », notait en juin 2024 un rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté.

    Cette situation de sous-occupation interroge l’administration pénitentiaire qui envisage de réduire la capacité du QPR alors qu’un Quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de 30 places doit voir le jour au premier trimestre 2026.

  • Femmes : manif bruyante face à l’hécatombe silencieuse

    Femmes : manif bruyante face à l’hécatombe silencieuse

    Mélina, Laure, Élodie et Béatrice. Ce sont les prénoms des quatre femmes qui sont mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint pour la seule journée de jeudi dernier, le 20 novembre. « Quand on voit ça, on se dit qu’il y a peut-être un déficit total de prise en compte alors qu’Emmanuel Macron avait promis, il y a huit ans, de faire de ce sujet-là la cause de son premier quinquennat », dénonce Catherine Lecoq, membre du Collectif 13 Droit des femmes. La représentante de la structure culturelle Éclosion 13 tient la banderole à la tête du cortège féministe parti à 14h, samedi, de la gare Saint-Charles pour réclamer une politique de lutte contre les violences faites aux femmes « à la hauteur ».

    La colère est grande, car les chiffres sont alarmants. Entre 2023 et 2024, les féminicides ont augmenté de 11%, avec 107 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint l’an dernier. Cette année, elles sont déjà 145 à avoir perdu la vie. « C’est sans compter les tentatives de féminicide, 270, et les suicides : plus de 900 femmes ont mis fin à leurs jours ou tenté de le faire en 2024 à cause du harcèlement de leur conjoint ou ex-conjoint », précise Nathalie Tessier, conseillère municipale de Marseille (PCF) déléguée aux droits des femmes.

    Une loi intégrale

    Les associations dénoncent une baisse de moyens. Fin août, la Fondation des femmes a publié une enquête sur l’impact des restrictions budgétaires sur l’accompagnement des femmes victimes de violences réalisée auprès de 148 organisations féministes. Le résultat est sans appel : en 2025, plus de 70% d’entre elles déclarent une situation financière dégradée, conséquence directe de baisses de subventions ou de retards de versement des financements publics.

    « Ça part de là, ça part aussi du déficit de services publics sur le territoire, comme pour ce jeune, Mehdi Kessaci qui vient d’être assassiné, affirme Catherine Lecoq. Ce sont tous ces jeunes qui sont laissés à eux-mêmes dans les quartiers, à qui on ne propose rien alors que les narcotrafiquants proposent, eux, des choses. C’est la même chose pour les mecs qui sont violents envers leur femme. On est là chaque année les 25 novembre et 8 mars pour faire reculer les féminicides et les violences, mais si rien n’est fait en amont, que voulez-vous qu’on fasse ? C’est pas deux journées dans l’année qui vont faire basculer les choses. Il faut des réformes de grande envergure. »

    Pour y parvenir, les associations portent une loi-cadre intégrale de 140 propositions, parmi lesquelles un investissement annuel de 2,6 milliards d’euros contre les violences sexistes et sexuelles contre les 12,7 millions d’euros actuels ; la sensibilisation à l’égalité entre les femmes et les hommes dès le plus jeune âge en rendant effectives les trois séances d’éducation à la vie affective et sexuelle à l’école ; ou encore le remboursement à 100% par la Sécurité sociale des soins psychologiques et du traitement du psychotraumatisme et la création de centres de prise en charge d’urgence accessibles 24h/24, sur le modèle belge. « Oui ça marche, il suffit de regarder en Espagne, où les moyens ont été mis sur la table et aujourd’hui les féminicides ont été divisés par quatre, assure Nathalie Tessier. Cette société patriarcale avec ce continuum de violence, ça peut s’arrêter. Il faut juste avoir la volonté. »

    Un banc rouge pour la mémoire des femmes

    Samedi, la municipalité marseillaise a inauguré son 20e banc rouge, à l’espace Mistral de l’Estaque (16e). « Il est un rappel, au cœur de l’espace public, de la lutte essentielle à mener contre les violences faites aux femmes et un symbole pour la mémoire des victimes de féminicides », soulignait la conseillère municipale (PCF) déléguée aux droits des femmes, Nathalie Tessier, présente aux côtés de l’association Femmes solidaires à l’origine de cette initiative. Neuf autres bancs rouges doivent être installés au fil de la semaine dans les parcs et jardins de la ville.

    Y.S.

  • La Ligue contre le cancer et la Ville de Martigues financent un mammographe

    La Ligue contre le cancer et la Ville de Martigues financent un mammographe

    Après l’hôpital de Salon-de-Provence, c’est au tour de l’hôpital de Martigues de se voir doter d’un mammographe neuf, en grande partie financé par la Ligue contre le cancer. Une bonne nouvelle, alors qu’Octobre rose (mois dédié à la sensibilisation au dépistage du cancer du sein) vient de s’achever, que salue le directeur de l’établissement, Loïc Mondoloni : « Cet équipement d’imagerie médicale, destiné à détecter les tumeurs du sein, permet aussi de faire de la prévention et du dépistage, ce qui est un élément extrêmement important. Cette prise en charge existait déjà au centre hospitalier de Martigues. Ceci étant, les équipements arrivent à un niveau d’utilisation qui nécessite leur remplacement. Le niveau de précision du nouveau mammographe nous permettra d’utiliser à bon escient l’intelligence artificielle et l’imagerie virtuelle pour connaître le niveau d’atteinte de la patiente en cas de tumeur, et pour savoir s’il y a une suspicion éventuelle ou un niveau de fragilité. »

    Cet appareil dernier cri, d’un coût de 280 000 euros, financé à hauteur de 200 000 euros par la Ligue contre le cancer et de 80 000 euros par la Ville de Martigues, remplacera le précédent, qui datait de 2012. Si 13 années peuvent paraître peu à l’échelle d’une vie, dans le domaine médical, c’est un monde. L’évolution des technologies est un « sujet très important » pour les établissements, affirme Loïc Mondoloni. « Les équipements très onéreux comme les IRM ou les scanners doivent être renouvelés tous les sept ans, pour des montants qui peuvent aller de 600 000 euros à 1,5 million d’euros », illustre-t-il. Une exigence compliquée à honorer, alors les hôpitaux sont exsangues.

    Accompagnement et soins support

    Magali Maugeri, directrice de la Ligue contre le cancer des Bouches-du-Rhône, le concède : « On pallie les manques de l’État. » Cette année, le comité départemental de l’association a accordé plus de 900 000 euros au financement de la recherche et d’équipements médicaux, une somme record.

    « On le sait, l’argent manque », poursuit-elle. Pas seulement au plus haut niveau de l’État : « L’accompagnement financier qu’on propose aux familles touchées par la maladie devient de plus en plus récurrent, les gens sont pris à la gorge. Cette année, on va en aider plus de 480 à hauteur de 600 euros maximum. L’an dernier, elles étaient 320. »

    La Ligue contre le cancer propose aussi un accompagnement psychologique et social gratuit aux malades et aux aidants, avec des ateliers de sport adapté, une offre de soins de support et un accès à professionnels de santé et de bien-être. L’association tient des permanences au Pôle santé handicap de Martigues.