Tag: prise en charge

  • À Toulon, l’accueil du 115 pour les sans domicile fait peau neuve

    À Toulon, l’accueil du 115 pour les sans domicile fait peau neuve

    Donner des moyens d’action adaptés aux besoins. Voilà l’enjeu de la rénovation et de l’agrandissement des locaux du Service intégré d’accueil et d’orientation
    (Siao-115) du Var, inauguré en grande pompe mardi en présence du préfet Simon Babre. Un investissement chiffré à 1,38 million d’euros, dont 850 000 pour les nouveaux locaux, qui a permis de faire passer le bâtiment de 110 à 287 m². « En 2012, on a commencé notre action dans 20 m² », rappelle Sylvain Renouf, directeur des opérations d’Itinova, groupe associatif sanitaire et social gestionnaire du Siao-115 du Var.

    Un agrandissement proportionnel à l’intensification de l’action sociale dans le département et la France entière, « dans un contexte de précarité qui augmente », évoque ce dernier. « Nos missions touchent des enfants, des hommes, des femmes mais aussi de plus en plus de personnes âgées. »

    Une hausse des demandes de 22% en 2025

    Les chiffres de l’année 2025 illustrent cette situation. Le Siao-115 du Var a ainsi reçu 96 722 appels, et a pu en traiter 69 697, soit un taux de prise en charge de 72%. Il a instruit 23 969 demandes de logement (16 991 ont abouti) soit +22% par rapport à 2024, et un total de 1 758 personnes hébergées dans les 943 places de logement qu’offre le Département. Et au-delà des demandes d’hébergement d’urgence, les besoins en logement durable augmentent aussi fortement. À cet égard, « 541 personnes ont pu bénéficier d’un logement adapté [destiné aux personnes dans l’incapacité de se procurer un logement décent et adapté à leurs besoins, Ndlr] », « 889 personnes en recherche d’hébergement d’urgence d’un logement social », en plus des « 535 places supplémentaires créées en intermédiation locative [système qui permet, grâce à l’intervention d’un tiers social, de faciliter la relation entre le locataire et le bailleur, Ndlr] », précise le préfet.

    L’agrandissement des locaux permettra d’aller encore plus loin. « Grâce à cela, on a pu revoir notre organisation, en découpant le département en quatre secteurs (Brignoles, Toulon, Draguignan et Fréjus Saint-Raphaël) qui bénéficient chacun d’un espace de travail », explique Anne-Laure Bertacchini, directrice du Siao. Et de fait, d’offrir « un meilleur confort de travail », avec notamment des espaces de réunion, pour des employés sur le pied de guerre 24h sur 24, 7 jours sur 7, au service du bien commun.

  • [Ce cancer dont personne ne parle 3/3] Des traitements pour le cancer de la vessie plus adaptés

    [Ce cancer dont personne ne parle 3/3] Des traitements pour le cancer de la vessie plus adaptés

    On sait que les tumeurs de la vessie, c’est des cancers tout le temps », pose d’emblée Géraldine Pignot, chirurgienne urologue à l’Institut Paoli-Calmettes (IPC) de Marseille. Mais la nature exacte de ce cancer, son degré d’agressivité et sa profondeur d’infiltration, va tout changer dans le choix du traitement.

    D’une analyse, faite grâce à une micro caméra qu’on appelle cystoscopie, ressortent deux informations clés : le grade, qui mesure l’agressivité des cellules, et le stade, qui indique jusqu’où le cancer s’est enfoncé dans la paroi de la vessie. Si la tumeur ne touche pas encore le muscle de la vessie, qu’elle est « non infiltrante », le simple grattage peut suffire. C’est le cas pour 80% des patients diagnostiqués à temps. Mais cette forme de cancer a tendance à récidiver. Si en revanche la tumeur a infiltré le muscle de la vessie, le traitement change radicalement. Il s’agit « de retirer la vessie, de faire une cystectomie, et parfois d’y associer de la chimiothérapie avant et ou de l’immunothérapie après », explique la chirurgienne. Ce qui implique de reconstruire entièrement les voies urinaires. Deux options existent : soit une dérivation externe, avec une poche collectrice fixée sur le ventre, soit une reconstruction interne à partir d’un fragment d’intestin suturé à l’urètre, ce qu’on appelle une néo-vessie, qui permet au patient d’uriner comme avant, en appliquant une pression sur le ventre. À l’IPC, chaque patient bénéficie d’abord d’une préhabilitation : avant même d’entrer au bloc, il est suivi par une diététicienne, une coach sportive, une psychologue et une assistante sociale. « On essaie de faire en sorte qu’ils ne soient pas dénutris, qu’ils aient une activité physique régulière, qu’ils soient bien accompagnés sur le plan psychologique », détaille Géraldine Pignot. L’objectif est d’arriver à l’opération dans le meilleur état possible. Pendant et après la chirurgie, c’est la réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC) qui prend le relais. Elle passe d’abord par la chirurgie robotique, moins invasive, qui permet depuis quelques années de préserver les organes génitaux et donc l’activité sexuelle. « Avant, on enlevait à la fois la vessie, l’utérus, le vagin chez la femme. Aujourd’hui on préserve l’utérus et le vagin chaque fois qu’on le peut », souligne-t-elle. Chez l’homme, les nerfs responsables de l’érection peuvent également être épargnés. Puis en post-opératoire, mobilisation dès le lendemain, réalimentation rapide et durée d’hospitalisation réduite : « Tout est fait pour que le patient retrouve une vie normale au plus vite.» Depuis sa mise en place il y a dix ans, « les taux de complications ont diminué et les durées de séjour se sont raccourcies », ajoute la praticienne. Ce qui enthousiasme le plus Géraldine Pignot, c’est ce qui devrait être proposé aux patients prochainement : une nouvelle combinaison chimiothérapie-immunothérapie administrée avant même la chirurgie. Un espoir concret, pour une maladie qui, prise en charge tôt et bien traitée, se gère de mieux en mieux.

  • Aurore Bergé et le Centre hospitalier de Toulon signent une convention pour faciliter les dépôts de plainte des femmes victimes de violences

    Aurore Bergé et le Centre hospitalier de Toulon signent une convention pour faciliter les dépôts de plainte des femmes victimes de violences

    Aurore Bergé poursuit son tour de la région. En visite à Avignon, pour l’inauguration des nouveaux locaux dédiés à l’accueil des femmes victimes de violences, puis à Briançon, pour celle d’un banc symbolique contre les violences faites aux femmes, jeudi, la ministre déléguée à l’Égalité homme-femme était à Toulon, vendredi après-midi. Plus précisément à l’hôpital Sainte-Musse, pour découvrir le parcours patients dédié aux violences intrafamiliales.

    Première étape : la Maison des femmes. Depuis sa création en 2024, ce dispositif dédié à l’accueil, l’évaluation des besoins et l’orientation des victimes de violence, a déjà accueilli plus de 330 patientes. Il participe aussi à la diffusion des bonnes pratiques en milieu hospitalier, avec plus de 300 membres du personnel – médical comme administratif – formés, et mène son action en lien avec d’autres structures, telles que le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles du Var (CIDFF 83), qui apporte un soutien juridique.

    Il sera possible de déposer plainte à l’hôpital

    Sur l’aspect médical, les services d’urgences gynécologiques et obstétricales incarnent un lieu déterminant pour les cas de violences sexuelles. Là aussi, le personnel est formé pour repérer et prendre en charge les victimes, reçues ensuite par un référent violence.

    Le volet juridique, lui, est assuré par l’Unité d’accueil médico-judiciaire (UAMJ) et l’Unité d’accueil pédiatrique enfants en danger (Uaped). Lancées en 2023, elles accueillent des victimes de violences mineures et majeures engagées dans une procédure judiciaire à travers une prise en charge globale (médico-psychologique, médico-légale et judiciaire), en regroupant tous les acteurs concernés (médical, police, gendarmerie, justice, services sociaux).

    Tout l’esprit de la nouvelle convention signée, ce vendredi, par la ministre, la direction du centre hospitalier de Toulon-La Seyne (CHITS) et les services de police et de gendarmerie. Celle-ci va plus loin puisqu’elle permettra désormais les prises de plaintes de femmes victimes de violences au sein des hôpitaux de Toulon, La Seyne et de Hyères. Celles-ci n’auront plus à se déplacer : c’est un agent qui viendra directement à l’hôpital.

    Une avancée qui a pour but « d’éviter que la victime ne revienne en arrière sur la décision courageuse de déposer plainte et donc de quitter de manière définitive le conjoint violent », affirme Aurore Bergé. Mais il ne s’agit pas pour autant d’un couteau sous la gorge. La convention permet désormais aux victimes de conserver les procès-verbaux de leurs examens médicaux pendant trois ans. « C’est important parce que la parole met parfois du temps à se libérer », appuie Aurore Bergé.

    Sur la formation des policiers et gendarmes, et alors que le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, ciblé par une plainte pour viol sur mineur en août 2025, n’avait jamais été interrogé dans ce dossier par les enquêteurs (lire page 20), la ministre assure que « celle-ci existe, avec un guide d’entretien pour prendre la plainte », celles pour violences sexuelles demeurant « prioritaires sur tout autre motif quand on vient au commissariat ». Mais il faudra aller plus loin eu égard à l’évolution de la « définition pénale du viol, avec l’intégration de la notion de non-consentement, la question de la soumission chimique… »

    L’objectif est désormais d’étendre ce type de convention à « 100% des hôpitaux », indique Aurore Bergé. Avec, espère-t-on, un effet rapide. Rappelons que moins d’une femme sur cinq ose déposer plainte pour violence conjugale, et que 63 ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint depuis le début de l’année.

  • Les infirmiers libéraux veulent de la rentabilité

    Les infirmiers libéraux veulent de la rentabilité

    En marge de son assemblée générale mardi dernier, le Sniil 83 tenait une réunion publique pour aborder le dossier chaud du moment : celui de l’avenant 11, destiné à créer le statut d’infirmier référent, mentionné dans le dossier médical du patient au même titre qu’un médecin traitant. Une avancée « qui paraît minime sur le papier, mais qui est importante car ça va permettre de valoriser la position de l’infirmier et faciliter l’échange d’informations avec les pharmaciens, les médecins, les familles… C’est l’infirmier qui fait le lien avec tout le monde, mais ce n’était écrit nulle part » explique Lazhar Abdelaziz, infirmier libéral à La Seyne et vice-président du Sniil 83.

    Trop peu de moyens pour la prise en charge

    des patients dépendants

    Un progrès qui en amène d’autres, notamment l’accès aux pansements simples (hors chirurgie) pour les infirmiers à partir de 2027 (qui pourront désormais les prescrire eux-mêmes, sans avoir besoin de l’aval d’un médecin) et la revalorisation des AMI (actes techniques hors cadre de la dépendance, tels que les prises de sang, les vaccinations, les pansements…) et AMX (actes techniques dans le cadre de la dépendance, comme les injections d’insuline, ponction, surveillance…) de 3,15 à 3,35 euros à partir de novembre, avant de passer à 3,45 euros un an plus tard.

    Pour Lazhar Abdelaziz, et en dépit d’une légère augmentation du forfait déplacement en 2025 (de 2,50 à 2,75 euros), « cela reste insuffisant en cette période d’inflation ». D’autant plus dans le cas des patients sujets à la dépendance, sujets au Bilan de soins infirmiers (BSI), un forfait décomposé en trois niveaux selon l’importance de la dépendance (BSA, BSB, BSC), et dont seul le dernier échelon a été revalorisé (de 28,70 à 31,80 euros). « C’est un forfait unique journalier, que vous fassiez deux, trois ou quatre déplacements, et peu importe le temps passé sur place, on touche la même chose », dénonce le vice-président de la Sniil, qui rappelle par ailleurs que « ce sont des montants bruts soumis de 46 à 52% de charges. C’est peu rentable au point que certains infirmiers ne veulent plus faire ces prises en charge. » Et conclut, en promettant des mobilisations si la situation ne s’améliorait pas : « On se sent extrêmement isolé. Les applaudissements à 20h nous ont fait chaud au cœur mais n’ont pas arrangé notre quotidien. »

  • Etex va utiliser des eaux usées pour fabriquer du placo

    Etex va utiliser des eaux usées pour fabriquer du placo

    Le géant de la construction légère Etex va, d’ici un an et demi, réutiliser les eaux usées traitées pour fabriquer ses plaques de plâtre à Carpentras.

    La direction du site l’a annoncé ce lundi 1er juin, sur site. Le projet permettrait de ne pas puiser 2 millions de mètres cubes d’eau potable dans la nappe du Miocène et de devenir « à 95% autonome en eau », assure Frédéric Guetin, directeur général d’Etex Building Performance France, soit l’équivalent de 60 piscines olympiques d’eau potable.

    Des travaux vont donc être lancés, dans les prochains mois, en collaboration avec les services de la mairie pour raccorder le site de production et la station d’épuration. Un réseau enterré sur 3 km va donc être installé entre les deux sites. Le préfet était notamment présent pour confirmer l’intérêt de ce projet. « Le monde industriel peut aussi participer à la gestion de l’eau. Le monde agricole argue souvent qu’il est le seul à faire des efforts. Ce n’est pas vrai et voici un cas très concret », se permet le représentant de l’État. Le coût du projet est évalué aux alentours de 3 millions d’euros, financés par l’entreprise, avec une partie prise en charge par des organismes étatiques.

    Entreprise à mission

    Un projet que l’entreprise a déjà mis en place dans un autre de ses sites, celui de Saint-Loubès, en périphérie de Bordeaux. Et « fort de cette expérience inédite et réussie », la décision a été prise de décliner le même procédé dans le Comtat Venaissin.

    C’est aussi pour le directeur la preuve que « l’on solidifie notre implantation sur le territoire », assure-t-il. Il y a aujourd’hui 120 salariés sur l’usine vauclusienne. Celle-ci peut produire au maximum pas moins de 28 millions de mètres carrés de plaques de plâtre par an.

    « Ce projet est une très bonne nouvelle », ajoute également Sylvain Espenon, secrétaire à l’UD de la CGT et employé à Etex sur Carpentras. « On ne peut que saluer ce genre d’initiatives. Pour l’environnement comme pour l’industrie et sa pérennité. C’est déjà arrivé que la Dreal nous appelle pour dire d’arrêter de puiser dans la nappe quand elle était basse. Et on avait dû stopper la production », explique-t-il. Tout en pointant comme « seul bémol » le financement en partie public des travaux.

    Plus globalement, cette action s’inscrit dans la reconnaissance de la structure comme « entreprise à mission ». Un statut qui permet de dégager une image plus positive de l’entreprise, tout en l’obligeant à avoir « des objectifs sociaux et environnementaux, au même niveau que sa performance économique », précise Etex dans un communiqué de presse. « Ce statut renforce notre raison d’être et reflète notre volonté de participer activement et de manière pérenne à un modèle de construction responsable et durable. C’est un engagement supplémentaire, sur le long terme », assure Frédéric Guetin.

  • Rencontre à Marseille pour un meilleur suivi psy des enfants placés

    Rencontre à Marseille pour un meilleur suivi psy des enfants placés

    Les enfants [placés] cumulent plusieurs vulnérabilités en raison des lacunes de l’offre médico-sociale disponible et de la pédopsychiatrie », alerte la commission d’enquête sur les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance, dont la députée (PS) du Val-de-Marne, Isabelle Santiago, en est la rapporteuse. La parlementaire était ce vendredi à l’hôpital Salvador de Marseille (8e) pour échanger avec les professionnels bucco-rhodaniens et découvrir leurs projets pour pallier à cette problématique.

    L’équipe mobile intersectorielle pour enfants confiés (EMI-CO) portée par l’assistance publique hôpitaux de Marseille et l’hôpital de Valvert en est un exemple. Piloté en partenariat avec les différentes structures d’accompagnement des enfants placés, il a pour ambition « d’être le maillon manquant entre le lieu de vie de ces jeunes et les Centres médico-psychologique », explique le Dr Jokthan Guivarch, coresponsable de l’EMI-CO. Le programme prend en charge les enfants de moins de 12 ans pour faire des évaluations pédopsychiatriques et développementales et coordonne des soins en attendant une place dans les institutions adéquates. L’unité met également en place des formations afin de permettre aux éducateurs de mieux repérer et réagir face à des enfants atteints de trouble. Le problème de recrutement des pédopsychiatres ou des éducateurs est également pointé du doigt par les professionnels. « Pourtant, il faut accompagner au mieux ces enfants car le manque d’accompagnement à de graves conséquences sanitaires », insiste la parlementaire qui souhaite une refonte globale du système de la protection de l’enfance français.

  • Les professionnels épinglés par la Sécu

    Les professionnels épinglés par la Sécu

    En proportion, ils sont certes moins nombreux à frauder la Sécurité sociale, mais les sommes escroquées sont bien plus importantes du côté des professionnels de santé que des assurés, notent les différentes caisses primaires d’assurance maladie (CPAM) de la région, dans leur bilan 2025. À commencer par celle des Bouches-du-Rhône, qui l’a rendu public ce lundi 4 mai.

    S’inscrivant dans le sillage des résultats nationaux – 723 millions d’euros de fraudes détectés, soit une hausse de 15% par rapport à 2024 – la CPAM 13 estime avoir recensé et stoppé 50,2 millions d’euros. Un résultat qui a « triplé en quatre ans », dépassant largement « l’objectif initial fixé à 40 millions », se félicite la direction de la CPAM 13. Et d’en attribuer le mérite au « travail collectif » de « 70 agents spécialisés et formés : investigateurs, enquêteurs agréés et assermentés, rédacteurs juridiques, assistants statistiques, praticiens-conseils et enquêteurs judiciaires commissionnés ». Grâce à eux, « un préjudice de 17 millions a pu être évité, montant inclus dans le total des 50,2 millions », précise-t-elle.

    Sur la répartition des responsabilités, 58% des dossiers, faute ou abus, sont le fait des assurés (plus de 2 millions dans le département), liés aux arrêts de travail et aux droits à l’Assurance maladie. Parmi les 280 dossiers d’arrêts maladie litigieux, « les deux principales pratiques identifiées sont l’utilisation de faux arrêts et l’exercice d’une activité non autorisée durant la période prescrite », détaille la CPAM 13, évaluant leur montant à 2,6 millions. Concernant les fraudes aux droits, elles « résultent principalement du non-respect des conditions de ressources et de résidence », s’élevant à 4,4 millions d’euros de préjudice. Au total, les assurés sont responsables de 8 millions d’euros de fraudes, soit à peine 16% du montant financier total, bien qu’ils représentent plus de la moitié des dossiers repérés.

    Car ce qui coûte le plus cher, ce sont les détournements opérés par les professionnels de santé (21 000 dans le département). Bien que moins fréquents avec 24% des cas, ces derniers sont à l’origine de plus de « 72% des montants détectés et stoppés », avec des sommes moyennes par dossier souvent plus élevées. Soit, en 2025, près de 36 millions d’euros, quelque 3 millions de plus qu’en 2024.

    Les centres de santé,

    une priorité

    En cause « des acteurs qui ne sont pas issus de la santé et qui exploitent le système de santé à des fins financières, en mettant en œuvre des stratégies de fraude délibérées, structurées et parfois déployées à grande échelle », analyse la CPAM, avec dans la ligne de mire les audioprothésistes, les fournisseurs de dispositifs médicaux, les pharmaciens ou certains centres de santé. Ces derniers sont d’ailleurs devenus une « priorité forte pour l’Assurance maladie », dans « la continuité de la stratégie engagée depuis 2021 ». En 2025, les montants détectés et stoppés dans ce secteur dépassent 2,5 millions d’euros. Une « nette progression » avec des chiffres multipliés par six par rapport à 2024, année au cours de laquelle le montant détecté et stoppé s’élevait à plus de 400 000 euros. Plus de 2 millions sont « liés à des actes ou prestations fictifs facturés, mais non réalisés » et 390 000 euros sont attribués « au non-respect des conditions de prise en charge ou des règles de facturation ».

    Autre priorité des agents de la CPAM, les établissements de santé et médico-sociaux, responsables de 18% des cas, « compte tenu des montants en jeu » : 11% du total des fraudes. Les contrôles ont notamment porté sur les dotations versées aux Ehpad, aux services d’hospitalisation à domicile, d’autonomie à domicile, « dans la continuité des années précédentes ». Ils « visent notamment à vérifier l’absence de remboursements indus sur l’enveloppe de soins de ville pour des dépenses déjà couvertes par ces dotations ». La CPAM 13 a remarqué une « amélioration de la qualité de facturation, avec un montant de 5,5 millions de préjudice, contre 7 millions en 2024 ».

    Pour endiguer le phénomène de manière générale, elle mise sur « l’action contentieuse » : pas moins de 1 175 procédures ont été engagées entre sanctions pénales, financières et administratives. Ces dernières ayant rapporté 4,8 millions d’euros. Côté pénal, 446 procédures ont été lancées, dont 313 signalements au procureur et 133 plaintes.

    À Marseille, un pôle d’expertise interrégional, agissant sur toute la région, a aussi été constitué avec onze agents, « dotés de certains pouvoirs d’officiers de police judiciaire, agissant sous l’autorité du parquet ». De quoi démanteler de véritables réseaux d’escroquerie. En témoignent des affaires sous le feu des projecteurs ces derniers mois (lire par ailleurs)…

    CHIFFRES

    1,5

    million d’euros de fraudes. C’est le montant évalué, entre préjudice subi et évité, par la CPAM des Alpes-de-Haute-Provence, pour 2025. Elle compte 139 750 assurés et 1 384 professionnels de santé.

    13,8

    millions d’euros de fraudes. Un « bilan record » pour la CPAM du Var, en « hausse de 15% » par rapport à 2024, face « à des réseaux de plus en plus organisés ». Elle mise sur la prévention pour « sécuriser le système et à éviter le versement de sommes indues ».

    43

    dossiers de fraude repérés par la CPAM 13 sont partis au parquet, 25 ont été pris en charge par le pôle d’expertise en co-saisine avec la gendarmerie, la police nationale ou l’Office nationale anti-fraude, 11 gardes à vue réalisées et 4,6 millions d’avoirs criminels saisis.

    DES AFFAIRES QUI SE MULTIPLIENT

    Un dentiste marseillais jugé fin mai pour des actes fictifs

    Du 27 au 29 mai se tiendra, à Marseille, le procès d’un chirurgien-dentiste marseillais, soupçonné d’actes fictifs sur un panel d’une centaine de patients pour un préjudice de 1,6 million d’euros, au détriment notamment de la CPAM 13.

    Un détournement à 58 millions d’euros

    Une affaire hors-norme de fraude a été rendue publique, le 26 mars, par la procureure de Paris, Laure Beccuau, impliquant sur toute la France plusieurs « structures et particulièrement des centres de soins dentaires », avec des actes fictifs facturés. Parmi eux, un centre marseillais, avec des notes établies au nom d’un dentiste décédé en 2021.

    Un chirurgien aubagnais qui surfacture

    Des centaines d’actes fictifs ou surfacturés en série ont été reprochées, le 22 octobre 2025, à l’ex-chef du service de chirurgie orthopédique du centre hospitalier d’Aubagne. Bilan : plus de 400 000 euros au préjudice de la CPAM 13.

    Un ambulancier marseillais multirécidiviste

    L’affaire est passée en justice en janvier 2025. Déjà condamné deux fois, le patron d’une société d’ambulance marseillaise a persisté à multi-facturer des prestations fictives massives à des organismes sociaux, jusqu’à 80 fois le même trajet. Préjudice : 1 647 000 euros. Il a écopé de 5 ans d’emprisonnement, dont 18 mois de sursis probatoire.

    De fausses ordonnances pour 3,2 millions d’euros

    La dirigeante de quatre sociétés de distribution d’articles médicaux et orthopédiques, basée à La Destrousse, a siphonné 3,2 millions d’euros en cinq ans à la CPAM. Elle a été jugée pour escroquerie et blanchiment en bande organisée, en juin 2025.

    Escroquerie au transport sanitaire dans le Vaucluse

    De fausses courses facturées et des salariés qui conduisent des ambulances sans diplôme… Six personnes ont été impliquées dans une vaste escroquerie aux ambulances, dans le Vaucluse, en juillet 2025. Montant de l’affaire : un million d’euros.

    M.R.

  • Un vaste chantier destiné à « humaniser » Montfavet

    Un vaste chantier destiné à « humaniser » Montfavet

    Un « vaste programme d’humanisation de 60 lits d’hospitalisation en psychiatrie adulte » a été présenté, ce mercredi 22 avril, au centre hospitalier de Montfavet, spécialisé dans la psychiatrie.

    Plusieurs structures vont donc être successivement réhabilitées et étendues. À commencer par le bâtiment 103, au sein du pôle Luberon Val de Durance. En 2027, un autre chantier concernera un bâtiment appartenant au pôle Aigues Ventoux. Des améliorations sont également prévues en matière d’isolation, certains édifices datant du milieu du XIXe siècle. Le coût total de l’opération s’élève à 13,9 millions d’euros, financés en partie par l’Agence régionale de santé (ARS).

    « C’est le début des grands travaux à Montfavet et ça va continuer. Cela s’inscrit dans un projet à long terme également en termes d’architecture », souligne Yann Bubien, directeur général de l’ARS Paca, présent lors d’une réunion avec la direction de l’établissement.

    à propos du terme « humanisation », la directrice de l’établissement s’explique : « L’humanisation, c’est d’abord l’amélioration du confort des patients, avec des chambres individuelles, des sanitaires individuels, des salles de convivialité plus développées, puis des salles qui permettent une prise en charge thérapeutique plus adaptée aux patients. » Chaque année, 22 000 personnes sont prises en charge par les services du centre hospitalier. La moitié est hospitalisée au moins à une reprise.

    Quelle suite ?

    Un rapport publié le 26 mars dernier par le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) pointait des conditions difficiles dans certains services, notamment pour l’accueil des mineurs et des détenus (notre édition du 7/04). « C’est une référence importante pour nous afin d’identifier les points d’amélioration », poursuit la directrice. La création d’un service spécifique figure d’ailleurs parmi les prochaines étapes de la transformation de l’établissement. Avec l’unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA), l’hôpital est celui qui accueille le plus de détenus, issus de quatre centres pénitentiaires du territoire. D’où « l’importance de faire une Usip, une Unité spécifiquement pour les détenus ». Cette unité aura « vraiment pour vocation de répondre aux besoins des détenus qui, aujourd’hui, sont dans des unités classiques et peuvent parfois poser des difficultés avec les autres patients que l’on accompagne », précise Marie-Laure Piquemal-Ratouit.

    Plus globalement, ce lancement de travaux est perçu comme un signal positif dans un contexte où la psychiatrie traverse une crise depuis plusieurs années. « On a le sentiment qu’aujourd’hui, en plus avec le projet d’établissement, on est vraiment dans un début de sortie de crise. Même plus qu’un début, c’est une relance », explique la directrice. Amélioration qu’elle attribue à ce projet d’envergure, mais aussi à l’augmentation du nombre de psychiatres, « même si ce n’est pas encore suffisant », d’internes et de soignants dans les équipes. « On regarde l’avenir de façon beaucoup plus positive que ces trois dernières années », conclut-elle.

  • Le service de psychiatrie de La Seyne-sur-Mer demande des renforts

    Le service de psychiatrie de La Seyne-sur-Mer demande des renforts

    Un poste sur quatre vacant dans 40% des hôpitaux publics, un patient sur deux soumis à des délais d’attente trop longs, et des demandes qui, en parallèle, augmentent (32% pour la pathologie, 25% pour les addictions) : la situation dans les services de psychiatrie se dégrade et les moyens n’augmentent pas, selon des chiffres de la Fédération hospitalière de France datés de 2024. Celle du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne (CHITS) en est un exemple concret. Avec trois psychiatres sur le départ (mutation, retraite…), l’inquiétude grandit au sein du service qui ne compte à l’heure actuelle que quatre, deux stagiaires et un médecin généraliste pour trois unités d’hospitalisation (dont une sous contrainte) et sept unités ambulatoires.

    En 2025, le service, basé à l’hôpital George-Sand de la Seyne, revendique 16 000 journées d’hospitalisation, un taux d’occupation de 90%, 1 100 patients suivis en extra hospitalier dont 349 à domicile, pour près de 5 000 consultations. Et si aucun recrutement n’était effectué, cela mettrait « en péril la prise en charge » ainsi que « la continuité et la sécurité des soins » dénonce l’intersyndicale CGT – CFDT – SUD.

    Aucune mesure annoncée par la direction

    « Malgré plusieurs réunions avec la Direction aucune mesure concrète n’est annoncée », dénonce cette dernière. Une situation qui « laisse planer un doute inquiétant sur l’avenir de ces services », d’autant plus « incompréhensible » que « le gouvernement déclare pour une deuxième année la santé mentale comme Grande Cause Nationale. » L’intersyndicale demande ainsi « des recrutements en urgence » pour que « l’établissement devienne une référence, un lieu où les psychiatres ont envie de venir et rester. »

    Le service a reçu le soutien de patients, regroupés au sein du collectif « Patients en Danger », et qui se sont mobilisés mardi devant l’établissement. Mais aussi celui du groupe d’opposition municipale « Alternative progressiste », pour qui « la psychiatrie publique ne peut être la variable d’ajustement des politiques hospitalières. Défendre ce service, c’est défendre une conception humaine, solidaire et ambitieuse de la santé. »

  • Dans le Var, les ambulanciers privés réclament plus de moyens

    Dans le Var, les ambulanciers privés réclament plus de moyens

    «  Nous voulons montrer à quoi ressemble une journée si on n’est pas là. » Ce mercredi, les ambulanciers privés se mobilisent sur l’ensemble du territoire national pour demander de meilleures conditions de travail. Principale revendication : une revalorisation de leurs tarifs par le gouvernement, pour suivre l’inflation « qui touche notre matériel embarqué, l’oxygène, l’essence bien sûr, mais aussi les salaires », justifie Johan Cabrita, directeur général de Var Assistance, principal transporteur sanitaire du département, pour qui « il est inadmissible que nos salariés, qui ont des responsabilités lourdes, la vie des gens entre leurs mains, soient payés au Smic. Mais nous n’avons pas les moyens de les augmenter ».

    Ces tarifs restent bloqués à 150 euros le déplacement dans un rayon de 20 km, quand « ceux des pompiers, qui étaient à 124 euros en 2020, sont à 217 euros aujourd’hui », pointe Johan Cabrita. « On voudrait être revalorisés à 250 euros, ou au minimum au niveau des pompiers. Pourquoi n’aurait-on pas la même évolution qu’eux ? », s’interroge-t-il.

    « 33% de défaillances

    en plus depuis 2024 »

    Mais il ne s’agit pas des seules doléances des ambulanciers. Dans le viseur également, « des temps d’inactivité toujours plus importants dans les prises en charge hospitalières », à cause des actes administratifs délégués par les hôpitaux, qui n’ont plus le temps, faute de moyens, de les réaliser. « On perd 15 à 30 minutes alors que cela ne fait pas partie de nos prérogatives, et que la prise en charge totale du patient, du transport à la dépose, ne devrait prendre que 15 minutes en théorie », déplore l’ambulancier.

    Autre manque à gagner pour son entreprise, les factures non réglées par les hôpitaux : « Le GHT 83 (Groupement hospitalier de territoire du Var) nous doit plus d’1 million, cela fait un an que l’hôpital de Brignoles ne nous paye plus. On est obligé de prendre des crédits en trésorerie. » Et si Var Assistance et ses plus de 50 ans d’existence ont la « chance » d’être suivis par les banques, ce n’est pas forcément le cas de plus petites structures. « Il y a eu 33% de défaillances en plus depuis 2024, et les difficultés commencent à peine », met en garde Johan Cabrita.

    Ce mercredi, il ne s’agira pas pour les ambulanciers de « pénaliser les patients », qui seront pris en charge, surtout dans les cas d’urgence, vers les hôpitaux. Mais les sorties d’hôpitaux ne seront pas assurées avant 20h. « Une grosse majorité des entreprises varoises participent, sauf celles qui sont déjà en défaillance, pour qui c’est compliqué de se mobiliser », affirme le directeur général de Var Assistance, qui espère être reçu par l’ARS et le préfet, mais aussi par la Caisse nationale d’assurance maladie pour discuter d’une hausse des tarifs et d’un éventuel fonds d’indemnisation face aux aléas subis par les transporteurs sanitaires.