Tag: préservation

  • Dans les Calanques, l’été sous surveillance

    Dans les Calanques, l’été sous surveillance

    Quatre cents personnes par jour. C’est le nombre de visiteurs qui seront autorisés à emprunter les sentiers de la calanque de Sugiton à partir du samedi 20 juin. Une mesure mise en place depuis 2022 pour protéger l’espace, et qui court tout au long de l’été. « Depuis quatre ans, on constate un arrêt de l’érosion du sol, et des semis de pins réapparaissent », affirme Gaëlle Berthaud, directrice du Parc.

    Avant, plus de 2 000 personnes foulaient le sol de la calanque qui commençait à en souffrir. « On voyait des racines de pin hors de la terre. La disparition de la calanque de Sugiton était tout à fait plausible si on ne faisait rien », confirme Didier Réault, président du Conseil d’administration du Parc. Pour pallier cette dégradation de l’environnement, les équipes ont mis en place un dispositif de réservation, accessible sur leur site officiel. « Notre slogan, c’est “Réserver, c’est préserver. ” On donne du sens, le sens de préserver la nature », martèle la directrice.

    Dans cette démarche de renaturation, de nombreuses missions sont mises en place au sein du parc. Pour la saison estivale, la surveillance générale du territoire est renforcée. « On a chaque jour, pendant la saison, une patrouille en mer et une patrouille à terre (…) Il y a aussi 22 inspecteurs de l’environnement qui ont pour priorité de lutter contre les atteintes à l’environnement, et 48 saisonniers. »

    14 ans d’action, 4 millions de visiteurs par an

    Car le constat est là : « Les usagers qui viennent n’ont pas forcément tous les codes pour respecter le parc. » La sensibilisation est ainsi de mise au sein du dispositif. Une maison du Parc sera inaugurée en septembre à La Ciotat et proposera une offre pédagogique pour informer le public sur cet espace naturel. « On a aussi 23 gardes régionaux forestiers qui sont là l’été pour sensibiliser le public, par exemple en leur rappelant qu’il est interdit de fumer. »

    Ce dispositif n’a rien de nouveau. Depuis la création du Parc national des Calanques, les équipes œuvrent à la protection des espaces et à la responsabilisation des quelque 4 millions de personnes qui visitent chaque année le parc. « Le grand sujet pour nous, c’est aussi la question des déchets. On a mis en place le slogan “Tes déchets, tu les amènes et tu les ramènes”, on a mis des bacs sur les parkings de Luminy », énumère Gaëlle Berthaud.

    Plusieurs associations s’engagent aussi dans cette démarche. « Elles vont par exemple mobiliser les gens pour aller ramasser des déchets », sourit Didier Réault. Pour réduire les risques de dégradation, 12 toilettes sèches ont été développées.

    Le Parc assure également le suivi scientifique de plusieurs espèces, comme les colonies de puffins de Scopoli, les mammifères marins ou encore certains papillons de jour. « On lutte contre le braconnage du corail, des poissons et des espèces d’oiseaux protégés », précise Julian Virlogeux, chef du service Territorial Gestion et Préservation.

    Face au risque incendie, des patrouilles quotidiennes, des dispositifs radios supplémentaires et une coordination entre marins-pompiers et sapeurs-pompiers ont été mises en place afin d’intervenir dès les premières flammes. « On interdit le bivouac la nuit et les feux. À partir du 29 juin, toutes les unités de l’État entreront en régime de lutte contre les incendies. »

    Derrière ces mesures de protection, l’objectif reste le même : permettre au public de découvrir les Calanques, en toute sécurité et sans en compromettre l’équilibre.

    Ivanie Legrain
  • La LPO en congrès national, mobilisée pour la biodiversité

    La LPO en congrès national, mobilisée pour la biodiversité

    Table ronde, échanges, sorties nature… La cité phocéenne accueille le congrès national de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) ce samedi 20 juin. Une première se félicite Danielle Castagnoni, présidente de la LPO Paca D’abord, « c’est vraiment une ville où on a développé des partenariats importants, que ce soit au niveau de la sensibilisation, de la protection des espèces et des espaces, de l’éducation à l’environnement, on mène beaucoup d’actions avec la Ville », explique-t-elle. Dans une région « très riche en biodiversité » mais aussi « fragile » sous la pression du tourisme et du développement urbain, ce congrès a aussi toute son importance estime Danielle Castagnoni.

    Avec plus de 400 bénévoles et près de 5 000 adhérents sur l’ensemble du territoire, la LPO Paca est engagée depuis près de 30 ans sur « un grand nombre de fronts », rappelle sa présidente. Une priorité cependant : informer et sensibiliser. Citoyens, entreprises, collectivités, établissements scolaires, la LPO implique une large palette d’acteurs. Où l’on peut apprendre à identifier les libellules à Hyères, se former sur les reptiles méditerranéens dans les Bouches-du-Rhône ou suivre un webinaire sur le campagnol amphibie.

    Une trame verte

    Parmi les projets phare, ajoute Danielle Castagnoni, le réseau de refuges LPO. « Ce sont des personnes, des entreprises ou des institutions, qui vont décider de transformer leur terrain, leur jardin, en refuge de manière à accueillir la biodiversité », explique-t-elle, « notre volonté, ça serait de faire une trame verte pour permettre à cette biodiversité de se déployer sur tout le territoire ».

    L’école ornithologique, avec six formations théoriques et terrains destinés aux particuliers comme aux professionnels, a également « un gros succès » se félicite-t-elle, 90 personnes ayant participé cette année. L’association réalise aussi des études aux côtés des scientifiques. Comme celle publiée ce 16 juin sur la Pie-grièche méridionale dont la région abrite la plus grande population malgré le déclin de l’espèce en Europe, avec l’Institut méditerranéen biodiversité et écologie. Il faut dire que grâce à son réseau d’observateurs, la LPO Paca dispose d’une base de 13 millions de données sur la faune sauvage, des observations récoltées depuis 2009 au moyen d’une application sur smartphone. « On vient aussi de reprendre en 2026, en cogestion, les marais du Vigueirat en Camargue. Un hot spot particulièrement riche en oiseaux », annonce Danielle Castagnoni.

    Toujours dans cette optique de préservation, le congrès abordera notamment les 50 ans loi de protection de l’environnement. Parce qu’on « assiste à la volonté de dégrader », déplore Danielle Castagnoni. Et la LPO ne compte pas laisser faire.

  • Les réservations pour les calanques ouvertes

    Les réservations pour les calanques ouvertes

    Pour protéger les lieux, le nombre de visiteurs est limité les 20 et 21 juin, tous les jours du 27 juin au 30 août, les 5 et 6 septembre, les 12 et 13 septembre.

    Le principe est reconduit jusqu’en 2027. Un suivi scientifique a été mis en place. Il est possible de réserver dès maintenant pour ce week-end des 20 et 21 juin sur calanques-parcnational.fr.

  • La loutre officiellement de retour dans le Buëch

    La loutre officiellement de retour dans le Buëch

    « Sa présence a été repérée tout autour, notre bassin est le prochain à être colonisé, c’est pour ça qu’on est aux aguets. » En cette matinée d’avril, Théophane Rouballay a enfilé ses bottes pour aller arpenter les cours d’eau du Buëch. Chargé de mission Natura 2000 au sein du Syndicat mixte de gestion intercommunautaire du Buëch (Smigiba), il cherche des preuves de présence d’un animal dont la fréquentation est fortement suspectée dans les Hautes-Alpes depuis plusieurs années : la loutre. « On cherche en particulier des épreintes sur les berges, explique-t-il. Ce sont des déjections très reconnaissables, que l’animal laisse volontairement en évidence comme trace olfactive. Ça lui permet de marquer son territoire. »

    Sur l’un des rochers de la rive, dont il préfère taire l’emplacement pour ne pas attirer trop de curieux qui pourraient déranger l’animal, il trouve des excréments qui pourraient correspondre. Après inspection, il est catégorique, c’est bien une épreinte de loutre. « On peut voir des arêtes, des écailles… Il y a de fortes chances que ce soit la loutre. Localement, il n’y a pas d’autres mustélidés qui se nourrissent essentiellement de la faune aquatique, détaille Théophane. L’odeur est très reconnaissable, personnellement je trouve que ça ressemble un peu à du miel. » Si ces découvertes du mois d’avril étaient encourageantes, il lui restait encore à consolider ses preuves pour être sûr du retour de l’animal dans le Buëch.

    Un mois plus tard, le Smigiba est formel : la loutre fréquente à nouveau cette zone où on la considérait disparue depuis 1986. « Une épreinte a été observée par un naturaliste local et confirmée par la LPO. Toutefois nous sommes passés la même année mais plus tard sur le lieu de l’observation et nous n’avons rien vu, raconte Théophane. Cette année nous avons observé plusieurs empreintes à divers endroits. L’hypothèse d’un territoire occupé paraît donc plus probable. » Pour lui, c’est aussi un signe de bonne santé des écosystèmes locaux : « On a pu retrouver des indices de présence sur différents secteurs du Buëch et de ses affluents, éloignés de plusieurs dizaines de kilomètres. La présence de cette espèce est souvent considérée comme un indicateur de bonne qualité écologique des cours d’eau. »

    Disparue depuis

    les années 1980

    La progression de l’animal se confirme à l’échelle nationale depuis plusieurs années. Passée de 50 000 individus au début du XXe siècle à 1 000 en 1976, on compte désormais plus de 3 000 loutres, qui ont regagné 40% de leur territoire perdu entre 2009 et 2023 selon le CNRS (Centre national de la recherche scientifique).

    Elle fait même l’objet depuis 2019 d’un plan national d’action. Dans le bassin du Buëch, le Smigiba, l’Office national de la biodiversité et le Parc régional des Baronnies provençales y contribuent pleinement : en 2026, leurs équipes ont prospecté plus de 12 km de cours d’eau.

    Cette confirmation de la présence de la loutre ne sonne cependant pas la fin de leurs recherches. D’abord, parce que la loutre n’a pas encore été observée directement, c’est pourquoi après avoir récolté épreintes et empreintes de l’animal, Théophane va s’atteler à collecter des images via des pièges photographiques. Mais aussi car il reste encore difficile d’évaluer la pérennité de sa présence. « Il n’est pas certain qu’elle reste dans le Buëch cet été. Avec les beaux jours, les cours d’eau vont être très fréquentés, cela risque de la faire partir », analyse-t-il.

  • L’écloserie, un outil précieux pour la pêche et la biodiversité

    L’écloserie, un outil précieux pour la pêche et la biodiversité

    Truites fario et brochets. à l’écloserie de Meyrargues, dans les Bouches-du-Rhône, les œufs sont choyés pour devenir alevins, jeunes poissons, et repeupler les différents cours d’eau du département. Un travail réalisé par la Fédération départementale de pêche, qu’Yves Vidal, conseiller départemental (Provence Unie) en charge de la pêche, tenait à féliciter jeudi dernier.

    « Avec cette écloserie, la Fédération fait un travail merveilleux pour la pêche et pour le milieu aquatique. En remettant dans les ruisseaux de nombreux poissons », s’enthousiasme Yves Vidal. Construite il y a plusieurs dizaines d’années, elle a été remise aux normes européennes il y a deux ans pour pouvoir pérenniser ses diverses productions. Seule infrastructure de cette ampleur dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, elle sert de nurserie à différentes espèces de poissons afin de les réintroduire dans les milieux aquatiques, tant dans les cours d’eau que dans les étangs, pour compléter la reproduction naturelle.

    Une fois grands de quelques centimètres, les poissons sont soit relâchés directement dans des cours d’eau soit dans des ruisseaux d’élevage. « L’intérêt de cette étape est de permettre aux poissons de grandir dans un milieu semi-naturel sans intervention humaine. Ils développent un comportement sauvage tout en bénéficiant d’une relative tranquillité loin des prédateurs », indique le site de l’écloserie.

    En 2020 et 2022, grâce en partie au soutien du Département, le centre a construit un nouveau bassin de reproduction et acheté du matériel d’incubation d’œufs. Un partenariat entre le Département et la Fédération qui, pour Yves Vidal, « bénéficie directement au territoire. Chaque année, des milliers de poissons sont déversés dans les cours d’eau des Bouches-du-Rhône. »

    Pêche et préservation

    Un exemple pour l’élu départemental de « lieu où l’on voit comment la passion de la pêche rejoint les enjeux de préservation de la biodiversité et de gestion durable des milieux aquatiques ». Si la Fédération a en charge de l’écloserie, c’est pour un soutien halieutique avant tout. Cependant, cela permet de rééquilibrer le fragile écosystème des rivières et des étangs. Comme chaque maillon de la chaîne, ces poissons sont essentiels pour l’auto régulation. La réintroduction de chaque espèce est d’ailleurs surveillée pour que leur nombre ne dépasse pas un seuil qui pourrait causer des déséquilibres. Les truites étant particulièrement sensibles aux pollutions de l’eau, la Fédération de pêche fait de la prévention pour la qualité de l’eau des rivières afin de pouvoir pêcher de la truite. La Fédération nationale a par exemple développé un programme de sensibilisation intitulé « Sauvons nos rivières ».

    C’est pourquoi, l’élu du Département a annoncé reconduire les 25 000 euros d’aides annuelles à la Fédération départementale de pêche. « Derrière la pêche, il y a une filière, des bénévoles, des passionnés, des familles, des jeunes… Le Département est fier d’être à leurs côtés. »

  • Le téléphérique de la Grave, un danger pour le Gypaète

    Le téléphérique de la Grave, un danger pour le Gypaète

    Le bras de fer dure entre les défenseurs du gypaète et la Société d’aménagement touristique de La Grave, la SATG, et cette fois, c’est cette dernière qui y laisse des plumes. Le tribunal administratif de Marseille a jugé ce mardi que son projet de créer un troisième tronçon de téléphérique traversant le glacier de la Girose, dans le massif de la Meije, menace une espèce protégée, le Gypaète barbu. À ce titre, le chantier doit donc faire l’objet d’une demande de dérogation auprès des autorités. Une victoire pour les associations de protection de l’environnement, mais qui n’est pas définitive et ne condamne pas le projet en lui-même. Depuis 2019, La Grave et la SATG projettent de créer un téléphérique entre le col des Ruillans à 3 211 mètres au Dôme de La Lauze à 3 559 mètres, traversant ainsi une zone où le Gypaète Barbu est régulièrement observé.

    En octobre 2023, le site du chantier avait été occupé par des militants des Soulèvements de la Terre. Le 11 février dernier, le tribunal administratif de Marseille avait rejeté le recours contre le permis de construire. Trois mois plus tard, il fait cette fois droit aux demandes des associations, reconnaissant l’insuffisance de garantie de sécurité présentée par les porteurs de projets envers les gypaètes. Les juges estiment que les dispositifs anti-collision prévus sur les câbles du futur téléphérique ne présentent pas des garanties suffisantes pour éviter des impacts avec des gypaètes et des jeunes gypaètons inexpérimentés. Le tribunal a donc enjoint le préfet des Hautes-Alpes à mettre en demeure la SATG de déposer une demande de dérogation espèces protégées, et ordonné la suspension des travaux en cours.

    Les associations

    se réjouissent

    « Cette décision rappelle que les projets d’aménagement en haute montagne doivent respecter le droit de l’environnement et la protection des espèces menacées, a réagi France nature environnement via sa juriste Judith Sébert. Alors que les Alpes se réchauffent deux fois plus vite que le reste de la planète, il est urgent de préserver ces milieux déjà extrêmement fragilisés plutôt que de poursuivre une fuite en avant dans l’artificialisation touristique. » Les juges n’ont cependant pas reconnu le même besoin de protection concernant l’androsace du Dauphiné, une fleur très rare, découverte sur le site. De leur côté, commune et porteur de projet affirment qu’il s’agit d’une construction nécessaire pour l’avenir économique de La Grave, alors que les installations actuelles sont menacées par la fonte du glacier. Les services de la préfecture ont dit prendre acte de la décision et « procèdent actuellement à une analyse approfondie de ses conclusions afin de déterminer les suites à lui réserver ».

  • Une décision de justice cruciale pour la posidonie

    Une décision de justice cruciale pour la posidonie

    France nature environnement (FNE), partie civile dans l’affaire, s’était félicité de la décision du tribunal maritime de Marseille, le 22 novembre 2024 qui avait créé une jurisprudence, reconnaissant le préjudice écologique porté aux herbiers de posidonie causé par les ancrages illégaux. Deux capitaines de yachts, hongrois et turc, le Take Off et My Falcon, avaient mouillé dans des zones interdites par arrêtés du préfet maritime de la Méditerranée et avaient été condamnés à verser respectivement 86 537 euros et 22 423 euros.

    « Une dizaine d’affaires de ce type ont été audiencées » en première instance devant ce même tribunal mais cinq capitaines ont fait appel explique Judith Sébert, juriste à FNE. Deux premières affaires arrivent ce mardi 26 mai en cour d’appel d’Aix-en-Provence. L’une concerne le capitaine du Belongers, un grand yacht d’environ 50 mètres qui avait écopé de 15 000 euros d’amende à Villefranche-sur-Mer pour avoir fait fi de la réglementation. L’autre, le capitaine du Saharet of Tyre, un voilier de 33 mètres, qui s’est fait prendre dans une zone interdite au nord de l’île de Porquerolles mais aussi près de la Corse, a été condamné en septembre 2025 à régler une amende de 100 000 euros.

    Un calcul pour évaluer

    le coût de la destruction

    « Tout va être redébattu avec le concours de biologistes ou de l’Office français de la biodiversité », précise Judith Sébert, car FNE ne compte pas lâcher l’affaire. « C’est une jurisprudence vraiment ambitieuse, impulsée par notre association », insiste la jeune femme.

    FNE présentera de nouveau son calcul pour étayer sa démonstration avec l’évaluation du coût écologique de la destruction. « Un calcul fondé sur les valeurs écosystémiques de la posidonie » qui apporte beaucoup à l’humain, rappelle la juriste. Cette plante à fleurs « endémique de la Méditerranée qui peuple les petits fonds côtiers, produit énormément de services » poursuit-elle. La posidonie constitue à la fois une zone d’habitat pour tous les invertébrés, tous les poissons des côtes, puits de carbone et assure aussi une production d’oxygène. « C’est vraiment [un garant de] la bonne santé de notre mer Méditerranée », martèle Judith Sébert.

    Concrètement, après une synthèse de nombreuses recherches scientifiques sur le sujet, FNE en arrive à 86 676 euros par hectare. Sachant qu’il faut, selon l’association, 25 ans minimum pour qu’un herbier se régénère tel qu’il était avant l’impact, que le tribunal maritime a lui retenu 13 ans, considérant qu’à partir de la première année la repousse est déjà effective, « on multiplie, donc, 86 676 euros par 13, par la surface abrasée par le mouillage », conclut Judith Sébert.

    S’il reste possible de renaturer l’espace détruit, « la transplantation de boutures de ces herbiers [doit être effectuée] par des personnes expertes » détaille FNE, car la manœuvre reste « très technique. » Raison de plus pour éviter de les anéantir au départ…

  • Le Domaine du Rayol doublement récompensé

    Le Domaine du Rayol doublement récompensé

    Il est l’un des diamants les mieux protégés du littoral méditerranéen, que la France entière envie au Var. Propriété du Conservatoire du Littoral, le Domaine du Rayol est un espace naturel protégé de 20 hectares de jardins paysagers composés de la flore de régions du monde biologiquement semblables à la sienne, et de 14 hectares maritimes, ouvert tous les jours de l’année. Jonché sur la corniche des Maures, au Rayol-Canadel-sur-Mer, entre le Lavandou et Saint-Tropez, en face des Îles d’Hyères, il est une nouvelle fois primé pour son engagement en faveur de la nature et du territoire, à travers ses actions de sensibilisation, de recherche et de conservation autour de la biodiversité méditerranéenne

    Le 9 avril dernier, il s’est vu remettre le Trophée « Esprit du Golfe » par l’Union patronale du Var (UPV) lors des 8e rencontres de l’économie du Golfe de Saint-Tropez. Un prix qui vient consacrer le Domaine en tant que « joyau touristique dans un espace naturel protégé, terrestre et maritime inscrit dans son territoire depuis 35 ans », et qui vient saluer l’engagement de ses équipes, sous la coupe de sa directrice Sybille Bernard, dans la préservation et le partage de ce site d’exception, qui revendique quelque 100 000 visiteurs chaque année.

    Un appel à financement pour le projet Bastidon

    La seconde distinction a été remise le 5 mai par le conseil départemental du Var à l’occasion de la 2e édition des Prix de l’innovation du département. Le Domaine du Rayol s’est vu remettre le Prix thématique « Valoriser notre terroir », pour sa pépinière d’acclimatation. Celle-ci a été conçue pour anticiper les effets du réchauffement climatique sur les paysages méditerranéens et viser une gestion durable de l’eau, en développant des essences végétales en provenance du monde entier, et reconnues pour leur résistance au stress hydrique. Ce projet permet de réduire l’irrigation des aménagements paysagers, avec pour ambition d’offrir aux professionnels, aux collectivités et aux particuliers des solutions scientifiquement éprouvées afin d’adapter leurs espaces verts. Ces deux prix viennent renforcer le développement du projet phare du domaine : la transformation du Bastidon, demeure construire au début du XXe siècle, dans laquelle résidait le chef jardinier, en galerie botanique immersive. Son ouverture est prévue pour 2028. Conçue autour de scénographies innovantes et de dispositifs sensoriels pédagogiques, elle visera à offrir aux visiteurs une plongée immersive au cœur de la biodiversité méditerranéenne.

    Une réalisation unique en Europe, qui bénéficie déjà du soutien de plusieurs partenaires nationaux et locaux : la Région Sud, le Département du Var, la Fondation du patrimoine, la Mission Stéphane Bern et Loto du patrimoine (130 000 € attribués en décembre 2025)… Et pour réaliser son ambition, elle lance désormais un appel aux entreprises et acteurs économiques du Var et de la région Sud, qui pourront, en tant que mécènes locaux, bénéficier du rayonnement d’un acteur économique et environnemental majeur. Mais surtout, œuvrer à la protection et à la mise en valeur de notre bien commun.

  • À Hyères, la ministre Monique Barbut inaugure la Fête de la Nature

    À Hyères, la ministre Monique Barbut inaugure la Fête de la Nature

    Monique Barbut a mis à profit son après-midi varois, largement consacré à la conservation du patrimoine naturel et à l’adaptation au changement climatique. Après une visite au Domaine du Rayol, où elle a pu découvrir la pépinière d’acclimatation destinée à développer des espèces résistantes au stress hydrique, puis participé à une séquence d’épandage d’un traitement biocide contre la fourmi électrique, la ministre de la Transition Écologique a terminé sa journée aux Vieux Salins de Hyères.

    Un lieu emblématique de la préservation de la biodiversité et de la lutte contre l’érosion, où lui ont été présentés les effets du projet « Adapto + ». Celui-ci vise à ralentir la perte de littoral en lui redonnant une dynamique naturelle, notamment via la protection de la posidonie et la suppression des enrochements artificiels censés réduire l’érosion, mais qui se sont avérés contre-productif. En l’espace de 7 ans, ce dispositif a permis de regagner 5 à 10 m de plage, incitant le gouvernement à le transposer en Nouvelle-Aquitaine.

    Attention particulière portée à l’artificialisation des sols

    La ministre a ensuite inauguré la Fête de la Nature. Un événement qui invite les Français à redécouvrir « ces lieux parfois si familiers que l’on en oublie la richesse », déplorant le fait que « la place de la nature ne cesse de reculer dans nos vies quotidiennes ». Un recul qui « rejaillit sur nos propres imaginaires », avec « des conséquences sur notre propension à la protéger. »

    Monique Barbut a par ailleurs insisté « sur le besoin de protéger nos sols, dont le rôle essentiel sera mis en avant à l’occasion de cette 20e édition. En particulier face à ceux qui entendent revenir sur certaines dispositions visant à les protéger d’une artificialisation excessive ». Un sujet prégnant dans un département soumis à d’importantes inondations, comme au Lavandou en 2025.

  • La biodiversité ne peut plus attendre

    La biodiversité ne peut plus attendre

    Le frelon asiatique ne représente pas seulement un problème pour les seuls apiculteurs : il est le symptôme d’un déséquilibre plus profond.

    En quelques années, ce prédateur a trouvé sa place dans nos écosystèmes fragilisés, au point de menacer l’une de leurs pierres angulaires : les pollinisateurs.

    Or, sans abeilles ni insectes sauvages, c’est toute la biodiversité, et plus largement notre sécurité alimentaire, qui vacille.

    Face à cette menace, les initiatives locales se multiplient.

    Des collectivités s’organisent, les habitants installent des pièges, les apiculteurs s’adaptent. Cette mobilisation est salutaire, mais elle révèle en creux l’essentiel : la lutte repose encore trop sur le volontariat et le bricolage. Peut-on réellement enrayer une invasion avec des moyens dispersés et insuffisants ?

    Des choix à assumer

    Car le défi est à la hauteur de l’enjeu écologique. Comprendre les dynamiques du frelon, améliorer les techniques de piégeage, coordonner la destruction des nids : tout cela exige de la recherche, des moyens financiers et une stratégie cohérente au niveau national. Sans cela, chaque territoire lutte seul et bien souvent trop tard.

    Protéger la biodiversité ne peut être un vœu pieux. C’est un investissement. Et comme tout investissement, il suppose des choix politiques clairs et assumés. Faute de quoi, le frelon asiatique continuera de prospérer, et avec lui, le lent effacement du vivant.