Tag: Premier ministre

  • Contre le crime organisé, plus de collaboration entre polices

    Contre le crime organisé, plus de collaboration entre polices

    « Cela ne change rien. » Mais Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur, a tenu tout de même à communiquer en grand ce jeudi 9 avril à Marseille sur sa circulaire faite à l’ensemble des services du ministère de l’Intérieur sur « l’organisation des services placés en matière de lutte contre la criminalité organisée ».

    Concrètement dans la suite de la loi « narcotrafic » et d’un décret publié dans la foulée en septembre 2025 qui « confiait à la Direction nationale de la police judiciaire (DNPJ) le chef de file » en la matière le ministre entend formaliser une « action de coordination, d’impulsion ». L’idée : « Mieux articuler les différents services entre eux, mieux se projeter sur des analyses criminelles » avec une « DNPJ qui impulse, qui coordonne, on va continuer à échanger des informations sur des réseaux, des filières, des modes d’action, pour être aussi dans l’anticipation ». Une décision qui s’inscrit dans la continuité. « Cela fait 15 ans qu’on décloisonne, c’est l’objet de la création de l’Ofast en 2020, la création des cellules de renseignement opérationnel dans chaque département, la loi Narcotrafic… On continue d’améliorer nos dispositifs », précise Laurent Nunez.

    Pas question donc que la PJ « préempte ou capte les affaires », martèle Christian Sainte, directeur de la DNPJ quand des tensions entre police et gendarmerie ont été évoquées lors d’un vaste coup de filet le 9 mars dernier contre la DZ mafia selon nos confrères du Monde et du Canard Enchaîné. Et de détailler une nouvelle méthodologie « de coordination opérationnelle et stratégique ». L’Unalco (unité de lutte contre la criminalité organisée) sera l’interface, des comités sont déclinés depuis le niveau interministériel, sous la houlette du Premier ministre, jusqu’au départemental, en passant par le national sous autorité du ministre de l’Intérieur et le zonal. Des « outils numériques de partage de la connaissance » seront aussi utilisés.

    Une menace croissante

    Car si des résultats ont été obtenus récemment avec +14% en 2025 de mises en cause, et depuis le début de l’année, +23%, indique Laurent Nunez, avec un progrès significatif « sur la connaissance des mafias », la menace est de taille. Expansion des marchés criminels, capacité d’adaptation et utilisation massive des nouvelles technologies, niveau de violence sans précédent « avec un recours croissant à la sous-traitance entre organisations et un rajeunissement des auteurs », pression sur les institutions… Le tableau dressé par Annabelle Vandendriessche, cheffe du Sirasco (Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée) fait froid dans le dos. Les « profits criminels s’accroissent » avec une « hausse de la consommation de stupéfiants en particulier la cocaïne et des drogues de synthèse », précise-t-elle. L’or valeur refuge, la cryptomonnaie ou les données personnelles sont autant de sources de trafic et de blanchiment quand « l’unité de compte est le milliard ». Pas moins de 7 pour le narcotrafic selon une étude de la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives) cite-t-elle, la commission d’enquête du Sénat sur la lutte contre la délinquance financière « élargissant le spectre » avec 2 milliards d’euros pour la contrebande de tabac, l’exploitation sexuelle « entre 1 et 3 milliards », les atteintes à l’environnement 1,5 milliard, la contrefaçon 5 à 6 milliards.

    Au niveau local, « on recense aujourd’hui 113 points de deal sur l’ensemble du territoire des Bouches-du-Rhône, essentiellement à Marseille, mais également autour de l’Étang de Berre, sur Aix-en-Provence, Miramas et d’autres villes de l’est du département », indique Pascal Bonnet, chef de la DCOS (direction de la lutte contre la criminalité organisée). Pour lui, « cela traduit une réalité importante : le phénomène ne se limite plus à certains quartiers, il irrigue l’ensemble du département ». Résultat : des « territoires sous tension permanente », en particulier « le 3e arrondissement de Marseille, des cités comme la cité de Félix Pyat, mais également dans le sud comme La Cayolle ou La Sauvagère ». Avec une « pression sur la population locale », sur « la société et les institutions », ajoute-t-il. Et la violence pourrait ressurgir à court terme sous l’effet des recompositions entre groupes mafieux prévient-il.

    Et quand on demande au ministre de l’Intérieur si au-delà de la méthode il ne faudrait pas des moyens, il estime que « ce n’est pas toujours forcément le volume d’effectifs » qui compte mais « comment on travaille », rappelant que « depuis 2021, on est toujours, à un petit peu moins de 400 effectifs supplémentaires affectés sur Marseille ».

  • Mort de Lionel Jospin, Premier ministre de la « gauche plurielle »

    Mort de Lionel Jospin, Premier ministre de la « gauche plurielle »

    Le 21 avril 2002, le coup de tonnerre tombe. Pour la première fois, le Front national et son fondateur Jean-Marie Le Pen accède au second tour de l’élection présidentielle. C’est le choc, l’effroi. Contre toute attente, Lionel Jospin, le Premier ministre socialiste, arrive troisième de ce scrutin aux 16 candidats, marquant la division de la gauche et la montée de l’extrême droite, dans une campagne où le thème principal sera l’insécurité.

    À 22h30, depuis son QG de campagne, il prend la parole : « Au-delà de la démagogie de la droite et de la dispersion de la gauche, qui ont rendu possible cette situation, j’assume pleinement la responsabilité de cet échec et j’en tire les conclusions en me retirant de la vie politique après la fin de l’élection présidentielle », lâche celui dont ce fut la deuxième – et dernière – tentative de briguer l’Élysée. Dans la salle, les militants crient en chœur leur stupeur. C’est ainsi que se sont achevées trente années de militantisme au sein du Parti socialiste.

    Lionel Jospin est mort ce dimanche 22 mars à l’âge de 88 ans, a annoncé sa famille à l’AFP. Il avait indiqué en janvier avoir subi une « une opération sérieuse ». Un hommage national lui sera rendu jeudi. L’annonce de son décès a soulevé une nuée d’hommages unanimes, provenant de tous les bords politiques et au-delà des frontières hexagonales. « Lionel Jospin avait fait de la méthode une vertu et de la clarté une exigence. Il incarnait cette politique qui refuse l’outrance pour lui préférer le respect du contradicteur et la dignité du débat », écrit sur X l’ancien Premier ministre de droite Dominique de Villepin (2005-2007), qui officiait en tant que secrétaire général de l’Élysée lors de la période de cohabitation.

    Réformes sociales

    et privatisations

    Né en 1937 au sein d’une famille protestante de gauche, Lionel Jospin est dans ses jeunes années militant trotskiste au sein de l’Organisation communiste internationaliste (OCI) et s’engage à l’Unef contre la guerre d’Algérie. Il rejoint le Parti socialiste après le congrès d’Épinay en 1971 et sera élu premier secrétaire de 1981 à 1988, puis de 1995 à 1997. Proche de François Mitterrand, il deviendra son ministre de l’Éducation entre 1988 et 1992. En 1997, à l’issue d’élections législatives ratées pour Jacques Chirac qui entendait conforter son pouvoir avec une dissolution de l’Assemblée nationale, la gauche impose une cohabitation au président gaulliste. Lionel Jospin est alors à la tête d’une majorité de gauche plurielle alliant socialistes, communistes et écologistes.

    Ses ministres sont Martine Aubry (PS) à l’Emploi et la Solidarité, Jean-Pierre Chevènement (MDC) à l’Intérieur, Dominique Voynet (Les Verts) à l’Aménagement du territoire et de l’Environnement et Marie-George Buffet (PCF) à la Jeunesse et les Sports, pour ne citer qu’eux. Ensemble, ils mettent en place des réformes sociales ambitieuses et majeures. Le gouvernement Jospin aura porté les 35 heures hebdomadaires, l’instauration de la couverture maladie universelle (CMU), la mise en place d’un contrat d’union civile : le Pacs, ouvert aux couples hétérosexuels et homosexuels, et fait voter la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU). Mais aussi la généralisation de la police de proximité, la création du congé paternité, la loi sur la parité hommes-femmes en politique et l’aide médicale d’État (AME).

    Mais Lionel Jospin aura aussi été le chef de gouvernement ayant le plus privatisé en termes de montants, avec un total de 31 milliards d’euros. Parmi les privatisations les plus emblématiques figurent France Télécom, Air France, le Crédit lyonnais, ainsi que les autoroutes. Le bilan de son passage à Matignon reste également entaché par son impuissance face à la suppression par Michelin de 7 500 emplois dans toute l’Europe. « Il ne faut pas attendre tout de l’État ou du gouvernement, il faut aussi que se mobilisent à la fois l’opinion et les salariés de l’entreprise », affirmera-t-il à ce sujet en septembre 1999. Des propos qui choqueront les syndicats et provoqueront un séisme politique. « Une phrase comme celle-là me consterne. La séparation du politique et de l’économique ne correspond pas à la pensée socialiste. Je ne peux pas dire autre chose : c’est un revirement ! », disait Jean-Luc Mélenchon à l’époque dans les colonnes de Libération.

  • Un salon de l’Agriculture sous tension

    Un salon de l’Agriculture sous tension

    C’est malheureusement devenu une constante. Le Salon international de l’agriculture, dont le coup d’envoi est donné ce samedi à Paris, Porte de Versailles, va se tenir dans un contexte de tension exacerbée, dans la lignée des précédentes éditions et de la colère du monde agricole.

    En toile de fond, les politiques libérales, historiquement pointées du doigt par une large part du milieu. Et dans le rôle de l’ennemi public numéro 1, l’Union européenne, vectrice de dumping social, de concurrence entre ses membres et d’accords de libre-échange nocifs pour les agriculteurs. C’est justement sur ce dernier point que le courroux a atteint un niveau particulièrement important ces derniers mois, avec la signature, crainte depuis des années et désormais entérinée, d’un accord de libre-échange entre Bruxelles et le Mercosur.

    De ce fait, la Confédération paysanne a annoncé qu’elle boycottait l’ouverture du salon et le traditionnel petit-déjeuner entre le président de la République et les syndicats. « Nous ne voulons pas être la caution de ce spectacle désolant lors duquel Emmanuel Macron a pour habitude de mentir », dénonce Thomas Gibert, porte-parole national du syndicat.

    « Sortir du dogme

    de la compétitivité »

    Ce dernier pointe du doigt l’absence de « la mise en place des prix planchers, qu’il avait promise il y a deux ans. L’année d’après, il nous avait promis, la main sur le cœur, de tout faire pour empêcher le traité de libre-échange avec le Mercosur. Encore une fois, la promesse n’a pas été tenue. Il n’a pas été assez proactif pour construire la minorité de blocage nécessaire ». Mais il indique que la Confédération paysanne sera bien présente pour le reste du salon, afin de porter « la question de la régulation du marché qui est selon nous indispensable pour avoir un revenu paysan et changer de modèle agricole. Les lois récentes, comme la loi Duplomb, ont pour objectif de rester compétitifs sur le marché international. Le problème est qu’on va aller vers toujours plus d’industrialisation, d’abaissement des normes environnementales et sociales. On a besoin de réguler le marché pour sortir de ce dogme de la compétitivité, de produire d’une manière moins intensive, pour utiliser moins de pesticides, avoir un meilleur revenu, pour protéger notre agriculture et de fait notre alimentation ».

    Le syndicat compte également dénoncer la loi d’urgence agricole annoncée en janvier par le Premier ministre Sébastien Lecornu : « C’est une réponse aux revendications de la FNSEA. On s’oppose à cette vision de l’agriculture, qui défend les intérêts d’une poignée au détriment de l’ensemble du monde paysan, toujours à destination de l’agro-industrie. On veut crier haut et fort cette différence, et pointer cette cogestion entre la FNSEA et le gouvernement, qui a poussé les politiques agricoles depuis des décennies dans l’impasse dans laquelle on se trouve », clame Thomas Gibert.

    Autre problématique : la dermatose nodulaire contagieuse, et la critique de l’action gouvernementale en la matière. Pour la première fois de son histoire, aucun bovin ne sera présent au salon, ce qui constitue, pour le syndicaliste, « la vitrine de l’échec de cette politique sanitaire inhumaine. L’abattage n’est pas justifié, c’est une décision prise uniquement sous le prisme d’une visée exportatrice, alors que des solutions scientifiques existent ». Une maladie dont ce maraîcher de Haute-Vienne « craint la résurgence au printemps, car les vecteurs risquent de se réveiller avec la hausse des températures. Il est hors de question qu’on revive le même drame que cet hiver, mais on n’a pas de réponse, et il n’y a toujours pas de volonté politique de sortir de l’abattage total », martèle-t-il, annonçant une conférence de presse à ce sujet lundi.

    « La régulation du marché
    est indispensable »

  • Marseille : les quartiers Nord gardent leur Château en Santé

    Marseille : les quartiers Nord gardent leur Château en Santé

    Installé depuis 2021 au cœur du Parc Kalliste, proches des cités Granière et La Solidarité dans le 15e arrondissement de Marseille, le centre de santé pluridisciplinaire et expérimental s’est vu menacé par des coupes budgétaires impliquant la fin du dispositif Secpa, annoncée par le Premier ministre. De quoi soulever l’inquiétude parmi la population pour qui l’utilité de la structure n’était plus à prouver. Les équipes de soignants, d’assistantes sociales et de traducteurs s’étaient rassemblées le 6 février pour demander au gouvernement de sauver leur château. Un plaidoyer entendu au ministère de la santé le 17 février dernier et qui a permis à la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, de confirmer le maintien du dispositif et de son financement jusqu’à la fin de l’année. Un espace de travail pour préparer l’inscription des Secpa dans le droit commun est également ouvert.

    Relire Un plaidoyer populaire pour le Château en santé

  • Quand des officiers de tir simulaient l’apocalypse

    Quand des officiers de tir simulaient l’apocalypse

    À cinq cent mètres du bistrot du village, se trouvait l’accès à l’ancien poste de conduite de tir n°1 des missiles stratégiques de la force de frappe, là où entre 1971 et 1996 se sont succédés 182 officiers, des binômes aguerris, cloîtrés H24 dans une capsule blindée enfoncée à 1,7 km du sas d’entrée et à 500 mètres sous la montagne. Recevant l’ordre présidentiel irrévocable, ils devaient activer le tir simultané des 18 missiles de plus d’un mégatonne enterrés dans des silos sur le plateau d’Albion. Le poste de tir de Rustrel avait son jumeau à 30 km à Reilhannette (Drome) où deux autres officiers contrôlaient 9 autres missiles. Ce PC n°2 a lui été intégralement démantelé.

    En 1963, le conseil de défense décide d’investir le plateau d’Albion, plus sûr géologiquement que le plateau de Valensole. La cité Saint-Michel de 874 logements à Apt pour accueillir les militaires et leur famille. On aménage des routes adaptées aux convois de missiles. En 1968, plus de 1 000 ouvriers s’activent pour extraire 74 000m3 de roches et couler 40 000m3 de béton armé. La forteresse inexpugnable comprend sa propre centrale électrique, ses circuits d’aération, des galeries à angle droit pour casser le souffle d’une bombe ennemie, des puits de gaz brûlés, des tunnels et des puits d’évacuation de 1,6km, des trappes piégées et la fameuse capsule. On construit la base aérienne de Saint-Christol où 2 000 personnes vont, les installations de transmissions du Mont Ventoux, de la montagne de Lure et du Luberon. Le 1er Groupement de missiles stratégiques s’installe. Mais c’est à la gendarmerie qu’est confié le boîtier de contrôle gouvernemental des ogives, la surveillance des sites, l’escorte des convois et des équipages d’officiers de tir.

    « Pendant cinq ans, j’ai eu la responsabilité du tir de 9 missiles », nous avait confié en 2006 Jean-Louis Cahu, qui a été un très jeune officier de tir de 1979 à 1984. À 22 ans, il avait sous sa responsabilité des vecteurs de 96 fois la puissance de la bombe A qui a rasé Hiroshima le 6 août 1945 tuant instantanément 70 000 personnes. Sa désertion le 11 novembre 1984 a été un coup de tonnerre. À 26 ans, au terme d’une prise de conscience personnelle, il médiatisait son refus de tourner la clé.

    Des simulations d’incidents nucléaires

    Son quotidien était de surveiller les missiles dans les silos, de faire des exercices de mise sous tension. « J’avais la commande de tous les outils d’action mécanique sur les missiles. Chaque action, quelle que soit la commande qui visait à interagir avec le missile, ne se faisait jamais à la légère car nous agissions sur des “engins vivants”. Nous simulions des incidents nucléaires en vitesse accélérée pour voir en situation de stress maximal jusqu’où l’officier pouvait aller. » Des simulations qui n’étaient pas un jeu mettaient les nerfs de ces officiers à rude épreuve, précisément pour les filtrer. « Certains ont craqué à quelques secondes du tir. Dans les périodes de tensions internationales, on a eu des moments chauds à l’intérieur de la capsule. On ne pouvait pas vivre de situations plus stressantes qu’à ce poste. Je suis la démonstration que lorsqu’on ne croit plus à la dissuasion nucléaire, on ne peut plus tenir ce poste », avait-il confié à La Marseillaise. À ses procès il avait revendiqué un droit à l’objection permanente.

    L’ordre présidentiel devait leur parvenir par des canaux de transmissions durcis et redondants. « Ce n’est pas pour rien qu’on nous appelait les “hommes du Président”. Ma seule autorité, c’était le Président, le Premier ministre et le ministre de la Défense. Il n’y avait pas plus secret que ce poste de tir », disait l’ancien officier toujours astreint au silence.

    En février 1996, Jacques Chirac a signé la fin d’Albion. La dernière ogive a quitté le plateau le 26 février 1998. La science est descendue aux abris et des silos ont été recyclés en déchetterie, en plateforme d’observation astronomique. On peut même boire des canons au Bistrot de Lagarde sur un ancien silo. Sur le plateau, la Légion étrangère protège désormais les « grandes oreilles » d’une station d‘écoute de la DGSE car la « grande muette » est tout sauf sourde.

    Lire : [Immersion] Le « LSBB », un labo enfoui à l’écoute du silence

    « On ne pouvait pas vivre de situations plus stressantes »

  • [Logement social] Erilia, un plan stratégique à 4 milliards d’euros

    [Logement social] Erilia, un plan stratégique à 4 milliards d’euros

    Inaugurant mardi son nouveau siège social 242, avenue Jules- Cantini, le leader de l’habitat social en région Paca Corse, Erilia, qui est une des plus grandes entreprises sociales pour l’habitat avec 91 768 logements sociaux en France, a dévoilé son « plan stratégique pour agir face à la crise du logement ».

    « Le logement social est une question de société essentielle avec un risque très fort de bombe sociale si on ne le prend pas en compte », a alerté Christine Fabresse, la présidente du conseil d’administration d’Erilia, par ailleurs à la tête du directoire de la Caisse d’Épargne Provence Alpes Corse, premier financeur du logement. « Tout gouvernement confondu, on a toujours eu plus d’ambition que de réalisations. On atteint des summums. 1 demandeur sur 7 s’est vu attribuer en 2025 un logement social. Pratiquement 3 millions de Français sont dans l’attente. 256 000 demandes en région Sud et cette demande ne cesse de croître avec 16 000 demandes de plus l’an dernier dans les Bouches-du-Rhône », a-t-elle rappelé.

    D’où l’accueil très favorable fait à l’annonce par le Premier ministre de son plan d’aide à la construction de 2 millions de logements d’ici 2030, qui conforte les ambitions d’Erilia « qui a pris toute sa part sur les besoins de couverture en logements sociaux sur son territoire ». « Inspire 2030 », son plan stratégique se veut « très ambitieux et très réaliste », « c’est une feuille de route opérationnelle déclinée en actions très concrètes », insiste Christine Fabresse.

    Premier axe de ce plan : la « satisfaction client » dont le taux doit passer de 77 à 80%. 18 mois après avoir fusionné avec Logirem, Erilia veut améliorer sa relation avec ses locataires, « gommer les petits actes d’incivilités » avec des équipes de terrain pour traiter les graffitis, les encombrants, les petits dégâts, recréer du lien social avec les 400 gestionnaires d’immeubles pour davantage de « tranquillité résidentielle, de propreté et de sécurité, sans hausse de charges », même si, tient à rappeler Frédéric Lavergne, son directeur général, « notre rôle n’est pas d’assurer la sécurité dans les quartiers. Le régalien est là pour cela. » 40% du patrimoine d’Erilia est en quartier prioritaire de la ville.

    Second axe, la transition environnementale. Erilia entend investir 1,2 milliard d’euros ces cinq prochaines années pour transformer massivement son bâti existant et rénover 10 300 logements, les adapter au climat de demain. Les passoires thermiques ont été éradiquées. La réhabilitation d’Air Bel est lancée, celle de la résidence Fontvert (14e) et de la Bricarde (15e) doivent débuter au printemps puis ensuite la Castellane avec la renaturation de résidences pour compenser l’empreinte carbone et refaire descendre les habitants au pied des immeubles et recréer du lien social.

    Troisième axe ans doute le plus important, le développement. Il s’agit de « produire plus, plus vite et mieux ». La production de logements sociaux pour réduire la pénurie : « 15 000 logements sociaux seront lancés en construction à l’horizon 2030 dont 2 400 logements à partir de 2027 pour renforcer l’offre dans les territoires les plus tendus. » À 180 000 euros par logement en moyenne, cela chiffre l’effort de construction à 2,7 milliards d’euros.

    Face au constat du vieillissement de la population de son parc social (8% seulement de ses locataires ont moins de 30 ans), Erilia fait une priorité de l’accès au logement social pour les jeunes et va développer une marque dédiée « Génération habitat & Services Junior » pour produire 500 logements dédiés aux jeunes à l’horizon 2030.

    Par ailleurs, 1 000 logements seront produits en acquisition amélioration pour du recyclage urbain d’immeubles de rapport. Erilia est aussi l’opérateur lauréat pour le recyclage des 7 immeubles allant du 71 au 83 rue d’Aubagne pour y produire 24 logements sociaux. Lancement des travaux ce printemps.

  • Des vœux revendicatifs pour les portuaires CGT

    Des vœux revendicatifs pour les portuaires CGT

    Des portuaires de Marseille mais aussi de Fos-sur-Mer ont assisté nombreux ce jeudi 22 janvier aux vœux de la CGT. L’occasion pour leur secrétaire général, Pascal Galéoté, de contextualiser ce traditionnel exercice. D’abord, la situation internationale qui concerne au premier chef un port ouvert sur le monde.

    Santé, paix, solidarité, « ces mots peuvent paraître simples mais ils prennent aujourd’hui une résonance toute particulière dans un monde traversé par l’instabilité, les conflits et les dérives autoritaires » pose-t-il. Et de revenir sur un « Donald Trump qui se pose en arbitre du monde et en tuteur autoproclamé des nations ». Il rappelle à quel point le « discours politique s’est décomplexé, glissant sans retenue d’une droite conservatrice vers une extrême droite agressive, autoritaire et prédatrice ». Déplorant la multiplication des interventions militaires, en dehors « du droit international, du rôle de l’ONU et de la souveraineté des peuples », le syndicaliste souligne le cas du Venezuela, revient sur les velléités de Trump de capter les ressources fossiles du Groenland.

    La domination par la force. Une logique « que nous retrouvons en France » décline Pascal Galéoté déplorant « la concentration des pouvoirs, l’arrogance et l’autoritarisme » qui entraîne le pays vers « l’impasse démocratique ». Jusqu’à user du 49-3 faute de pouvoir voter un budget, après avoir « refusé de nommer un Premier ministre issu du Nouveau front populaire pourtant arrivé en tête aux dernières législatives ».

    Remise en cause du 1er mai

    Et de dénoncer le creusement des inégalités, les aides aux entreprises qui atteignent des sommets « sans aucune contrepartie sociale, salariale, environnementale ou industrielle ». Il enchaîne sur la remise en cause des « repères sociaux, des droits collectifs et de nos symboles ». Il entend par là le détricotage du 1er mai avec une proposition de loi LR, soutenue par les macronistes et le RN, pour autoriser ce jour-là le travail de certains secteurs, restaurants, fleuristes ou culture, en débat ce jeudi à l’Assemblée nationale. Pas question pour lui de « s’attaquer aux droits sociaux et à l’histoire ouvrière ».

    En matière de dérive, il revient aussi sur cette Une du journal La Provence le 14 janvier, sur les « grands procès de 2026 », le mettant au même niveau notamment que le chef du clan Yoda. Si depuis, le directeur de la rédaction, Olivier Biscaye, s’est fendu d’une adresse aux lecteurs, réfutant « l’idée d’avoir voulu porter atteinte à l’honneur » du responsable CGT, une rencontre a eu lieu ce jeudi matin indique Pascal Galéoté, entre « notre fédération, l’Union départementale » et « la numéro 2 de CMA et le directeur du pôle média ». « Profondément attaché à la liberté de la presse », il estime qu’elle « implique des responsabilités ».

    Fort de 42 500 emplois portuaires pour 54 métiers, soit « des dizaines de milliers de familles », il s’inquiète aussi de l’avenir, alors que la campagne des municipales bat son plein. « L’espace portuaire n’est pas un espace de loisirs », assène-t-il. Sans industrie, le port deviendrait « une coquille logistique fragile, soumise à la volatilité des trafics et à une concurrence internationale féroce », prévient-il, « la transition écologique ne peut se résumer à une opposition simpliste entre la fin du monde et la fin du mois ». Malgré un chiffre d’affaires en hausse de 245 millions d’euros, le bilan d’activité reste contrasté analyse-t-il, « le port doit beaucoup à ses activités passagers, à la réparation navale et à la fourniture de ses services essentiels comme l’eau et l’électricité ».

    « Une conjoncture instable », qui ne doit pas faire oublier que ce résultat est celui d’une « capacité collective à produire de la richesse » martèle Pascal Galéoté, fier de revendications qui ont permis la création de 37 emplois supplémentaires en 2025, « dont 4 négociés hier soir pour l’activité voyageurs », de « 87 nouvelles adhésions en 2025 pour atteindre les 867 syndiqués ».

    « L’espace portuaire n’est pas un espace de loisirs »

  • Narcotrafic, logement et agriculture au menu du préfet de Vaucluse

    Narcotrafic, logement et agriculture au menu du préfet de Vaucluse

    Malgré un « horizon un peu bouché », le préfet de Vaucluse, Thierry Suquet, n’a, lors de ses vœux aux personnalités du département ce mardi 13 janvier en début de soirée, pas manqué d’évoquer les nombreux projets lancés sur le territoire.

    Lors de son discours, après avoir rapidement évoqué les réussites de 2025 comme le Festival d’Avignon, le passage du Tour de France ou encore l’arrivée des nouveaux avions de chasse Rafale à la base aérienne d’Orange, il a notamment appuyé sur la lutte contre le narcotrafic comme première « priorité de l’État pour 2026 ».

    « Je suis sensible au fait que ce n’est pas seulement un problème de sécurité, c’est vraiment un problème de société », a-t-il ainsi lancé. Évoquant que la problématique a été évoquée lors des vœux des maires auxquels il a assisté ces dernières semaines, il estime que « c’est une bonne chose que cette prise de conscience se fasse sur l’ensemble du territoire ». Et assure que l’État a notamment « investi de façon importante dans les outils juridiques » à sa disposition, citant comme « exemple concret » les fermetures « d’un certain nombre d’établissements qui perturbent la vie quotidienne ».

    « La ville sur la ville »

    « Mais la sécurité n’est pas notre seule priorité », embraye-t-il immédiatement, affirmant que « sur le plan agricole, écologique et économique, l’État pense qu’il doit se rendre en soutien à une transition adaptée aux réalités locales ». Il souhaite ainsi continuer à « soutenir le développement d’une agriculture nourricière », sans évoquer que les syndicats d’agriculteurs enchaînent les mobilisations devant la préfecture ces dernières semaines. Un maintien de l’agriculture qui « passe aussi par la préservation des terres agricoles ». À concilier donc également avec « l’enjeu logement » et le travail avec les communes sur « la réhabilitation, l’acquisition, l’amélioration et la reconstruction de la ville sur la ville ».

    Il s’est aussi exprimé sur l’hôpital d’Apt, assurant être attentif à la promesse de l’ARS d’injecter 10 millions d’euros pour moderniser le site, qui vient de perdre son service de chirurgie. En fin de propos, il évoque finalement la volonté de décentralisation du Premier ministre Lecornu comme une « opportunité à saisir collectivement » et estime « qu’il faut être exigeant avec l’État dans ce domaine ».

  • [Rétrospective politique 2025 1/2] Le pays s’enfonce dans l’instabilité

    [Rétrospective politique 2025 1/2] Le pays s’enfonce dans l’instabilité

    Sébastien Lecornu est la personnalité politique française la plus recherchée sur le moteur de recherche de Google en 2025. Une nouvelle distinction pour celui qui s’était autoproclamé « le Premier ministre le plus faible de l’histoire de la Ve République » peu après sa nomination par le président de la République, le 9 septembre.

    Qu’en penser ? Que la surprise fut grande dans l’esprit des Français lorsqu’Emmanuel Macron dans une fin de règne devenue éreintante, s’entêtant depuis les élections législatives anticipées de juillet 2024 à ne pas vouloir désigner une personnalité issue des rangs de la gauche, le plaça à Matignon ? Il y a sans doute de ça.

    Et pourtant. L’homme a été d’absolument tous les gouvernements durant les deux quinquennats Macron. Sept en huit ans sans compter les deux qui porteront désormais son nom. Sébastien Lecornu ne devrait donc pas être un illustre inconnu aux yeux des Français. D’autant que les postes qu’il a occupés n’étaient pas de petits strapontins : secrétaire d’État à la transition écologique et solidaire (2017-2018), ministre des collectivités territoriales (2018-2020), ministre des Outre-mer (2020-2022) puis ministre des Armées (2022-2025)… Sans compter que le nom de celui qui est toujours conseiller départemental de l’Eure a régulièrement circulé lorsqu’il a été question de trouver un locataire à Matignon…

    Lecornu s’en va et revient

    Plus vraisemblablement, cette curiosité numérique est à rechercher dans ce qui, selon un sondage Odoxa sorti ces derniers jours, est considéré par 47% Français comme l’événement le plus marquant de l’année 2025 : l’instabilité politique. Ils la placent devant le retour de Donald Trump et les problèmes de pouvoir d’achat (40%), avant la poursuite de la guerre en Ukraine (33%) ou le conflit israélo-palestinien (27%)…

    Depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, l’absence de majorité claire, les chutes des gouvernements Barnier et Bayrou, sur fond de difficultés récurrentes à faire adopter un budget à l’état, ont nourri un climat d’incertitude prolongée. S’il est parvenu à faire adopter celui de la Sécurité sociale pour 2026, Lecornu a lui aussi entretenu ce trouble.

    En septembre, il ne mettra pas moins de 26 jours pour former une équipe gouvernementale. Un choix que l’on pensait mûrement réfléchi mais dont l’annonce, le 5 octobre, suscitera une telle réaction épidermique des Républicains, qu’il démissionnera dans la foulée. Quatorze heures. Le gouvernement Lecornu 1 restera le plus éphémère de l’histoire. Mais n’étant pas à une contradiction près, il finira par accepter, « par devoir », la nouvelle nomination du président, le 10 octobre, sacrifiant au passage, la réforme des retraites, suspendue jusqu’en 2027, et promettant de ne pas recourir au 49-3

    Emmanuel Macron qui souhaitait dans ses vœux aux Français que cette année 2024 soit celle du « ressaisissement collectif » et de « la stabilité » avait une nouvelle fois tout faux.

    Ch.C.

    9 septembre : Bayrou démissionne

    Le 8 septembre, à l’issue d’une déclaration de politique générale centrée sur la dette, la gauche, l’extrême droite et une partie de la droite de l’Assemblée refusent de voter leur confiance au Premier ministre qui l’avait sollicitée. Une première dans la Ve République. Le lendemain, acculé par les critiques sur son plan de rigueur budgétaire (43,8 milliards d’économies, suppression du 8-Mai et du lundi de Pâques fériés), fragilisé par l’affaire Bétharram et l’échec du conclave sur les retraites, plombé par la loi Duplomb, François Bayrou, nommé à Matignon fin 2024 tout en restant maire de Pau dont il dirigera une séance du conseil municipal en pleine crise humanitaire à Mayotte, présente sa démission au président de la République qui l’accepte.

    Ch.C.

    2 janvier – 26 décembre : les ministres en visite à Marseille

    Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a ouvert le bal le 2 janvier. Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, l’a refermé le 26 décembre. En 2025, Marseille a reçu plus d’une vingtaine de visites officielles de ministres, la plupart sous le gouvernement Bayrou qui y passera, lui-même, le 5 mai. Emmanuel Macron s’y est rendu à deux reprises : en février avec le président indien, Narendra Modi, puis en décembre sur fond de guerre contre le narcotrafic.

    Ch.C.

    Nouveau mode de scrutin pour voter à Marseille

    Les encarts publicitaires du président (Ren.) de Région, Renaud Muselier, dans la presse nationale en février n’y auront rien fait : le 8 août, le Conseil constitutionnel a définitivement validé la réforme du mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille dit loi PLM pour les prochaines municipales. Emporté dans les vicissitudes de la dissolution, le texte initialement porté par le député (Ren.) de Paris Sylvain Maillard a été repris à la volée, au début du mois de février, par le Premier ministre François Bayrou. Une réforme largement perçue comme un coup de pouce pour faciliter une candidature de la ministre de la Culture Rachida Dati à Paris, et qui, à fronts renversés, a rencontré l’opposition ferme de la droite marseillaise et le soutien du maire (DVG) de Marseille. Après le début de l’examen du texte au mois de mars, il a été définitivement adopté le 11 juillet, avec les voix de Renaissance, LFI, le RN et une minorité de socialistes. Instituant désormais deux scrutins distincts dans les secteurs et à l’échelle municipale, avec deux urnes.

    Y.S.

  • La lutte contre l’arrêt du bloc à Apt s’exporte en Cité des Papes

    La lutte contre l’arrêt du bloc à Apt s’exporte en Cité des Papes

    Pas moins de deux bus descendront d’Apt pour une manifestation ce jeudi 6 novembre à 15h30 devant la cité administrative d’Avignon contre la fermeture du bloc opératoire de l’hôpital d’Apt, dont le transfert vers l’hôpital de Cavaillon est prévu au 1er janvier prochain sur décision de l’ARS (voir encadré ci-contre).

    « C’est tout un territoire que l’on coupe de la santé, ce sont des vies que l’on met en danger », lâche dans un communiqué le collectif Apt.es à faire bloc, organisateur du mouvement soutenu par la mairie, la CGT ou encore la communauté de communes du Pays d’Apt Luberon, qui met à disposition les moyens de transport.

    L’ARS a décidé de la fermeture du service « dans un contexte marqué par un vieillissement de la population, une hausse des maladies chroniques et des tensions sur les ressources médicales » dénonce le collectif, tout en avançant un manque de rentabilité et une activité en berne. Mais, d’après l’équipe médicale, cette décision est « fondée sur des motifs erronés et dépourvue de justification économique, sanitaire et territoriale sérieuse », tout en démontant un par un ces arguments qui « entrent dans une logique de manipulation ». Tout d’abord, rapport d’activité du GCS Apt-Avignon à l’appui, il est assuré que « le déficit abyssal du centre hospitalier n’est pas lié à l’activité chirurgicale » et même qu’« au contraire cette activité est dans la dynamique préconisée par l’Anap ». Le volume d’activité serait lui en « constante augmentation », tout en lâchant qu’un transfert de l’activité d’endoscopie « arrive très à propos alors que le seul praticien endoscopiste de Cavaillon vient de partir à la retraite ».

    Ministres sollicités

    Trois recours avaient été déposés mais ont été rejetés par la justice. Au moins un nouveau recours en référé va être déposé « avec des arguments différents » nous confirme-t-on du côté du comité des usagers du centre hospitalier. Plusieurs courriers ont également été adressés à différents ministres et élus. À commencer par la présidente du Département et ancienne maire d’Apt, Dominique Santoni (LR), qui, après avoir rencontré le ministre de la Santé de l’époque, Yannick Neuder, en juillet dernier, a écrit au Premier ministre Sébastien Lecornu. Dans cette lettre ouverte datée du 20 octobre, elle a réagi au discours prononcé par le locataire de Matignon face aux sénateurs le 15 octobre dernier, pendant lequel il assurait qu’il n’y aurait pas de fermeture d’hôpital en 2026. Elle demande donc un délai supplémentaire « pour redonner une activité à la hauteur des besoins de notre territoire ». L’ordre des médecins de Vaucluse s’est, lui, adressé à la nouvelle ministre de la Santé, Stéphanie Rist, le 23 octobre, évoquant dans sa lettre une fermeture « qui aura comme conséquences une difficulté d’accès aux soins ainsi qu’une prise en charge rapide, entraînant une possible perte de chance » pour les patients.

    L’ARS défend un projet global

    Depuis le début, l’Agence régionale de santé (ARS) répond invariablement que « ce n’est pas une fermeture, c’est un projet avant tout », défend Loïc Souriau, directeur de l’ARS 84. L’activité prévoit d’être transférée à l’hôpital de Cavaillon. « On propose d’injecter 10 millions d’euros pour refaire la moitié de l’hôpital, de consolider sa filière gériatrique, d’augmenter la capacité de l’Ehpad dans un timing assez court et avec des investissements qu’aucun hôpital n’a eu en Vaucluse », assure Loïc Souriau. L’ARS estime que « l’impact sur l’offre locale reste limitée dans la mesure ou la chirurgie pratiquée aujourd’hui à Apt est très faible ».

    F.C.