Tag: pouvoir d’achat

  • À l’Élysée, les maires du Gard réclament des moyens

    À l’Élysée, les maires du Gard réclament des moyens

    À l’invitation du président Emmanuel Macron, près de 500 maires ont été réunis jeudi à l’Élysée. Parmi eux, six élus gardois : Vincent Bouget (PCF, Nîmes), Christophe Rivenq (LR, Alès), Sylvie Arnal (DVG, Le Vigan), mais aussi Pascale Eugène (DVG, La Grand-Combe), Julie Mercier (SE, Le Garn) et Théo Guigue (SE, Sauzet). Un « casting » arrêté par la préfecture, censé refléter la diversité des communes et des sensibilités.

    Derrière la mise en scène républicaine, une réalité : les maires gardois sont venus chercher ce que l’État retire au quotidien – des moyens, des effectifs, du respect. La journée s’est ouverte par des ateliers avec des membres du gouvernement, autour de plusieurs thèmes annoncés : sécurité, climat, services publics, relations État-collectivités.

    Vincent Bouget, une parole offensive venue de Nîmes

    Fraîchement élu maire et désormais président de l’Agglomération, Vincent Bouget s’est saisi de cette tribune pour porter un message clair : « J’ai accepté cette invitation dans un seul but : décrire à Paris la situation de Nîmes », a-t-il affirmé, évoquant « un engagement impératif pour renouer avec la sécurité dans tous les quartiers, donner les moyens de l’émancipation par l’école et défendre le pouvoir d’achat des habitants ».

    À Alès, Christophe Rivenq résume l’ambiance d’une phrase : « Une grand-messe » utile pour le réseau. Vincent Bouget a lui insisté sur la nécessité d’actes concrets. Derrière les mots, des dossiers locaux précis : sécurité dans les quartiers populaires, avenir de l’école publique, ou encore la base de sécurité civile de Garons. Dans un département marqué par de fortes inégalités, sa prise de parole s’inscrit dans une ligne politique assumée : faire remonter les besoins du terrain et rappeler que les collectivités ne peuvent être les variables d’ajustement des politiques nationales.

  • [Entretien] Henri Sterdyniak : « La hausse va beaucoup peser sur les ménages »

    [Entretien] Henri Sterdyniak : « La hausse va beaucoup peser sur les ménages »

    La Marseillaise : Comment cette guerre lointaine se traduit-elle concrètement dans l’économie locale ?

    Henri Sterdyniak : D’abord, on ne sait pas combien de temps la guerre va durer, et ça crée une très grande incertitude pour tous les agents économiques. On a deux scénarios possibles : soit la tension s’atténue et les prix de l’énergie reviennent à des niveaux un peu supérieurs à avant la crise, soit la guerre continue et là, les prix restent durablement élevés. La première conséquence, c’est la hausse du prix de l’énergie : l’essence dépasse les deux euros le litre, le diesel est encore plus cher, le gaz augmente aussi. Et ça peut aller plus loin, avec des difficultés d’approvisionnement sur certaines matières ou intrants.

    Pourquoi certains secteurs sont particulièrement touchés ?

    H.S. : Ce sont les secteurs où l’énergie représente une part importante du coût de production. Le transport routier est le plus touché, avec environ 30% des coûts liés à l’énergie. La pêche, c’est même autour de 35%. Ensuite, vous avez l’agriculture, le BTP, puis les aides à domicile, les infirmières, qui font beaucoup de kilomètres, surtout en milieu rural comme l’Occitanie. Et justement, il y a une très grande inégalité territoriale. Dans les zones rurales ou les périphéries, les gens doivent utiliser leur voiture pour tout. Ils supportent pleinement la hausse.

    Les aides gouvernementales sont-elles suffisantes ?

    H.S. : Les aides sont relativement faibles. C’est de l’ordre de vingt centimes par litre, ce qui couvre à peu près la moitié de la hausse pour l’essence, mais beaucoup moins pour le diesel. Le gouvernement refuse pour l’instant des mesures plus fortes, notamment sur la fiscalité ou sur les profits des grandes entreprises pétrolières. Il est aussi contraint par des règles budgétaires imposées par Bruxelles, qui limitent les marges de manœuvre sur les dépenses publiques. Résultat : une grande partie de la hausse va peser sur les ménages et les secteurs en difficulté.

  • Prix des carburants : ces travailleurs témoignent

    Prix des carburants : ces travailleurs témoignent

    « Ça me coûte déjà 20 euros de plus par semaine », Jessica Torres, Aide-soignante à l’hôpital, Martigues.

    J’habite Saint-Chamas et je vais travailler au centre hospitalier de Martigues, donc je mets entre 35 et 40 minutes. J’ai la chance de faire des journées de 12 heures, donc j’ai moins de trajets à faire que quand j’étais en 7 heures, mais je pars de chez moi à 5h45, donc c’est inenvisageable de prendre un bus. Avec la hausse du prix de l’essence, si ça vient à perdurer, ça va être compliqué. Ça me coûte déjà 20 euros de plus par semaine qu’habituellement. Ça devient une pression financière. À côté de ça, ma paie n’augmente pas. On se bat déjà pour revaloriser nos salaires et avoir de meilleures conditions de travail, si on a cette contrainte-là en plus à gérer c’est compliqué. On finit par perdre de l’argent pour aller travailler. On se demande jusque quand ça va durer et si des mesures vont être prises du côté du gouvernement ou de la direction. » Propos recueillis par Alice Magar

    « Ça va devenir catastrophique », Laurent Gigay, Infirmier libéral, Gap.

    Personnellement, je parcours 150 km tous les jours, alors avec une augmentation du carburant de 1,60 euro le litre à 2,20 euros, je passe d’environ 14 euros à 20 euros par jour. On continue à assurer nos soins comme avant, on adapte nos parcours pour faire des économies, en essayant de faire le moins de kilomètres possibles… Là c’est encore jouable, mais si le prix continue de monter ça va devenir catastrophique. Notre indemnisation, les actes médicaux-infirmiers et l’indemnité forfaitaire de déplacement, n’ont pas été revalorisés depuis 2009. On n’est pas entendus, déjà que les marins et agriculteurs, encore plus impactés, n’ont eu que des miettes, nous on n’a rien. On se sent un peu abandonnés. Ça devient inquiétant pour l’avenir, j’ai les reins solides, j’ai un cabinet et une patientèle constituée depuis plusieurs années mais pour les jeunes qui s’installent, ça peut être catastrophique. » Propos recueillis par Ange Fabre

    « On va devoir revoir nos tournées », Julia Peironet-Bremond, Infirmière libérale, La Garde (Var).

    En tant qu’infirmière libérale, je suis conventionnée. On a un forfait de 2.75€ par déplacement, qui n’est jamais revalorisé. Ça a un impact direct sur nos charges. Après le matériel, nos frais, c’est l’essence. On ne peut pas arrêter de traiter des patients du jour au lendemain. Mais d’habitude, on peut arranger quelqu’un en allant le voir selon ses contraintes horaires. Là, on va devoir revoir nos tournées, regrouper selon les zones, pour faire le même nombre de patients mais avec moins de kilomètres. Je n’allais déjà plus à certains endroits, car je ne m’y retrouvais pas. Il peut arriver qu’on se bascule des patients entre infirmiers, en fonction des zones géographiques. On va peut-être le faire encore davantage. J’ai commencé en 2010, j’avais 42% de charge. Maintenant, je suis entre 52 et 55%, sans compter la hausse du prix de l’essence. » Propos recueillis par Adam Benhammouda.

    « Là, au point où on en est, on sort de l’argent », Achraf Stifine, Marin pêcheur, Marseille.

    Étant donné le prix du gasoil, et la pêche pas assez abondante en cette saison, on est obligé de calculer. De plus la météo est mauvaise ces derniers jours. Quand le poisson est moindre, on doit aller le chercher, ça veut dire qu’on va au large, on le piste, et cela peut prendre plusieurs jours avant qu’on lui tombe dessus. Je dois caler le bateau à différents endroits, me déplacer donc consommer davantage de gasoil. Et du coup… ben on n’y va pas ! Là, au point où on en est, on sort de l’argent de notre poche. J’ai un bateau de 9 mètres avec un plein de 260 litres, il faut compter le carburant, qui est passé de 0,80 cts HT à plus d’1,30 euro, mais il y a aussi l’usure des filets, du bateau… beaucoup de choses rentrent en compte. Seule une pêche miraculeuse pourrait changer la note, sinon le client paye plus cher le poisson. J’ai pas une patientèle, alors je peux me permettre de rester chez moi. Mais pas indéfiniment… » Propos recueillis par Marie-Laure Thomas

    « Nous refusons de payer pour travailler »

    Face à l’insuffisance des mesures proposées par le gouvernement, la CGT a apporté son soutien à la pétition lancée sur change.org par une syndiquée CGT, aide à domicile, Manuela Cabot Salar qui « refuse de payer pour travailler ». Mardi soir, celle-ci avait recueilli 44 687 signatures.

    Monsieur le Premier ministre, Je suis aide à domicile. Et aujourd’hui, je n’arrive plus à m’en sortir.

    Chaque jour, je parcours des kilomètres pour aller aider des personnes qui en ont besoin. Ma voiture est indispensable à mon travail.

    Pourtant, les prix du carburant explosent… et mes indemnités kilométriques, elles, n’ont pas bougé !

    Avec un salaire en dessous du Smic chaque mois, comment faire face ?

    Et comme si cela ne suffisait pas, les factures d’électricité et de chauffage ne cessent d’augmenter. Aujourd’hui, travailler ne suffit plus à vivre dignement.

    Ça ne peut plus durer

    Je ne suis pas un cas isolé. Nous sommes des millions de travailleuses et de travailleurs à dépendre de notre véhicule pour exercer notre métier. Pendant que nous comptons chaque euro pour finir le mois, les profits des grandes entreprises pétrolières explosent !

    Cette situation est injuste. Et elle doit changer.

    Pour ça, nous demandons :

    le blocage des prix du carburant et de l’énergie

    la revalorisation des salaires

    l’augmentation immédiate des indemnités kilométriques

    Travailler ne doit pas coûter de l’argent.

  • Pour Michaël Delafosse à Montpellier, les quartiers plutôt que les grands chantiers ?

    Pour Michaël Delafosse à Montpellier, les quartiers plutôt que les grands chantiers ?

    En 2020, il s’était imposé face à Philippe Saurel en tant qu’outsider. Six ans plus tard, Michaël Delafosse a brillamment transformé l’essai dans le costume du favori. En remportant haut la main (50,13%) la triangulaire, dimanche 22 mars, face à Nathalie Oziol (25,06%) et Mohed Altrad (24,81%), le sortant socialiste n’a pas seulement multiplié par 1,6 le nombre de ses voix (38 668 contre 24 046) lors de ce scrutin à la participation certes un peu moins faible. Michaël Delafosse a d’abord écarté, sans doute définitivement, deux adversaires politiques coriaces. Philippe Saurel éjecté du conseil municipal où il siégeait depuis 1995. Et Mohed Altrad, 78 ans, qui, s’il annonce créer l’association « Montpellier, notre fierté », va sans doute s’éclipser rapidement de la scène politique. Reste la députée insoumise Nathalie Oziol qui prépare clairement la suite et ne fera pas de cadeau à la majorité avec ses sept colistiers de l’opposition.

    Qu’importe. À bientôt 49 ans, le professeur d’histoire géographie dont le profil fait écho à son homologue nîmois Vincent Bouget, 46 ans, a désormais du temps (sans doute sept ans) et le champ libre (sans crise Covid à gérer en début de mandat). Premier maire de Montpellier à être réélu depuis Georges Frêche en 2001 (élue en 2008, Hélène Mandroux, maire depuis 2004, n’avait pas été élue sur son nom la première fois), Michaël Delafosse va pouvoir suivre le fameux « cap » qu’il a en tête pour la septième ville de France et sa Métropole.

    La première étape, samedi 28 mars (10h), ne sera qu’une formalité. Avec 53 élus acquis sur 69, le conseil municipal le réélira maire sans encombre. Quelques jours plus tard, la seconde étape pour la présidence de la Métropole ne devrait pas être un énorme casse-tête. Cependant, avec l’élection de 13 nouveaux édiles sur 30 autour de Montpellier, le socialiste va devoir ménager les susceptibilités, trouver le savant équilibre et donc travailler avec la droite, dans une Métropole qui pourrait se politiser davantage si des groupes venaient à se former. Plus que les postes d’adjoints au maire, l’attribution des vice-présidences sera scrutée à la loupe. À voir par exemple qui récupérera le dossier compliqué des déchets dont s’occupait René Revol, battu.

    Le pouvoir d’achat aidé

    Si l’alchimie prend, M. Delafosse pourra alors dérouler. Son premier mandat visait à réveiller Montpellier l’endormie. Ce fut chose faite avec la plupart des promesses tenues (gratuité des transports, 5e ligne de tramway, mutuelle communale…) au prix de nombreux chantiers qui riment forcément avec perturbations. La carte de « l’apaisement » jouée par le maire avec les territoires voisins, vaudra-t-elle aussi pour Montpellier ? C’est ce que M. Delafosse a promis durant la campagne. Après le tramway ou l’Esplanade, le maire a l’intention de réparer et d’équiper les quartiers, les uns après les autres. En prenant soin « des parcs, des écoles, des rues, des places, des trottoirs ». Ainsi l’avenue de Toulouse, la place des Beaux-Arts ou le chemin de l’Aqueduc vont être repensés après concertation. À terme, l’esplanade de Gaulle sera reliée à Antigone. Parmi les premières mesures pour faire faire des économies, la gratuité des médiathèques fera son apparition, un office pour le pouvoir d’achat et une agence du logement seront aussi créés.

    Mais attention, plus de proximité dans les quartiers ne signifie pas la fin des grands chantiers. Le Contournement routier ouest (COM) et le Service express régional métropolitain (Serm) sont sur les rails. Mené avec l’État, l’indispensable projet de rénovation urbaine (Anru) va, durant ce mandat, transformer des quartiers populaires comme la Paillade. De nouveaux quartiers vont naître à l’instar de Montpellier Sud entre Saint-Martin et les Prés d’arènes. Pour M. Delafosse, le nouveau challenge ne fait que débuter.

  • Le ciel célèbre le retour du printemps avec l’équinoxe

    Le ciel célèbre le retour du printemps avec l’équinoxe

    C’est quoi, l’équinoxe ?

    L’équinoxe est connu pour marquer le retour du printemps, mais pour les astronomes, c’est aussi le moment où le Soleil se trouve directement au-dessus de l’équateur. Les hémisphères Nord et Sud sont alors éclairés de la même façon et les durées du jour et de la nuit sont égales.

    Cet événement naturel, qui se produit chaque année à la même période, offre aux curieux comme aux passionnés l’occasion d’observer le ciel et les étoiles pour remonter le fil de l’Histoire, de l’apparition du genre humain jusqu’à nos jours, thématique de cette nouvelle édition.

    Le tout en gardant à l’esprit que la lumière voyage à une vitesse finie : elle met du temps à parcourir les distances immenses qui nous séparent des astres. De ce fait, nous voyons les objets célestes aujourd’hui tels qu’ils étaient, pour la plupart, il y a plusieurs années.

    Divers temps forts

    Dès le crépuscule, la Lune en croissant, ainsi que Vénus et Jupiter, ouvriront le bal, suivies de près par les merveilles du ciel : amas, nébuleuses ou encore galaxies, visibles à l’œil nu, aux jumelles ou au télescope.

    Ainsi les rendez-vous sont donnés à L’Isle-sur-la-Sorgue samedi à partir de 19h au stade Saint-Jean, à Martigues le même jour au niveau du Phare de la Couronne, parking de la Maison médicale à Velaux, dès 19h. Et le dimanche, l’événement se déroule à la Base nature de Fréjus, dès 17h.

  • Atypique met en avant les fruits et légumes mal-aimés

    Atypique met en avant les fruits et légumes mal-aimés

    Les fruits et légumes qui ne correspondent pas aux standards de beauté, chez Atypique, c’est leur rayon. En compagnie de pommes, carottes et courges biscornus, le distributeur spécialisé dans les produits déclassés de saison et labellisés, est présent à la première édition de Sirha Méditerranée, du 15 au 17 mars au parc Chanot, le nouveau rendez-vous des professionnels de la restauration.

    Collaborant depuis 2024 avec plus de 50 producteurs locaux et 150 clients professionnels dans la région, Atypique souhaite s’implanter davantage et rencontrer les restaurateurs.

    L’histoire de ce grossiste commence par un constat. « Mes parents sont agriculteurs et avaient beaucoup de mal à commercialiser leurs fruits et légumes hors standard, donc ils les gaspillaient », explique Simon Charmette, 33 ans, un des cofondateurs.

    Acheter les invendus chez les producteurs, puis les vendre à des restaurations collectives et commerciales, le circuit est simple. Des produits destinés aux cantines scolaires, cantines d’entreprises, cafés, restaurants…

    45 tonnes de gaspillage évitées par mois

    Les produits sont de qualité même s’ils ne respectent pas les normes des grandes surfaces et sont avantageux par leur prix. « L’enjeu est de les aider à aller vers des produits de meilleure qualité, utilisables en cuisine, tout en respectant leur budget », indique Simon. Sur le territoire régional, ils « sauvent » chaque mois 45 tonnes de fruits et légumes du gaspillage.

    Ils travaillent avec des producteurs locaux de Châteaurenard, Aix-en-Provence et Toulon. « Nous valorisons ces produits pour apporter un complément de revenu aux producteurs qui les avaient gaspillés jusqu’à maintenant. »

  • [Week-end] Pourquoi manger n’est pas un acte anodin

    [Week-end] Pourquoi manger n’est pas un acte anodin

    Classé parmi les besoins physiologiques, cet acte essentiel est effectué plusieurs fois par jour. Mais lequel d’entre nous s’est-il demandé la différence entre s’alimenter ou se nourrir ? Joëlle Zask nous propose d’en discuter ensemble samedi à 17h30. « La question du partage de la nourriture, de l’hospitalité, de la gastronomie est devenue très présente dans le débat sociétal, mais qui y a vraiment accès ? », se demande l’autrice.

    Dépendance alimentaire

    Pour Joëlle Zask « l’alimentation crée de la dépendance au sucre, au gras, aux traitements… En transformant la nourriture en alimentation, on découvre toutes sortes de mécanismes d’asservissement, via l’empoisonnement, le développement d’addiction ou encore la difficulté d’accès aux circuits courts. » Pourtant le développement de l’agro-industrie depuis la révolution verte des années 1960 prétendait être « la seule solution pour nourrir 9 milliards d’êtres humains ». En 2026, le constat est tout autre. Depuis 6 ans, la population mondiale souffre à nouveau d’insécurité alimentaire. « L’obésité tue 3 fois plus que la faim », souligne l’autrice dans ses recherches.

    Sur le simple constat que l’autosuffisance alimentaire n’est pas innée mais acquise, la question du comment donner à manger sans plonger l’enfant dans la vulnérabilité devient essentielle. La grande distribution et ses propositions ultratransformées persuadent d’être la seule alternative. « Ce n’est pas faux, c’est très compliqué de revitaliser les circuits courts, de les reconstruire à partir du moment où on a supprimé toute l’ancienne infrastructure », déplore-t-elle.

    Des plus jeunes aux plus âgés en Ehpad, à travers l’Histoire, les civilisations, les courants économiques, ou simplement les traditions, Joëlle Zask brosse un portrait très réaliste d’une société malade. Et questionne : « Si une société dite démocratique doit permettre à chacun de manger à sa faim, comment sortir de cette spirale ? »

    Conférence samedi à partir
    de 17h30 à la librairie de la Friche (3
    e). Gratuit sans réservation.

    « Donner à manger », éditions Premier parallèle, 201 pages, 17 euros,

  • Voter avec son porte-monnaie

    Voter avec son porte-monnaie

    La guerre au Moyen-Orient voulue par Donald Trump et Benyamin Netanyahou et ses conséquences sur le prix des carburants pousse au tout premier rang des préoccupations des Français la question du pouvoir d’achat.

    En cette dernière ligne droite des municipales, cette question suscite donc une attention particulière parmi les citoyens et pourrait bien prendre une place décisive dans leur choix.

    Face à cet enjeu, ce sont les listes progressistes qui apportent le plus de réponses. Certaines peuvent se prévaloir de leur bilan comme à Martigues où des efforts en faveur du pouvoir d’achat ont été faits depuis des décennies et où des propositions nouvelles de Gaby Charroux sont inscrites au programme comme une assurance habitation communale ou la création d’une aide pour les jeunes au Permis de conduire et au BAFA.

    Une question de choix politiques

    Dans d’autres communes, telles que Fos-sur-Mer, la liste de Rémi Esnault propose, quant à elle, la cantine à 50 centimes et deux chéquiers supplémentaires sport et culture de 100 euros chacun par foyer. À Toulon, celle de Magali Brunel défend la gratuité des Transports. Aux Mées, la liste de Frédéric Puech annonce un renforcement du CCAS et la création d’un guichet unique social pour garantir l’effectivité des droits de chacun. À Gap, la liste d’Élie Cordier avance l’idée d’une mutuelle communale tout comme celle du Printemps marseillais, conduite par Benoît Payan qui propose également de porter le kit de rentrée scolaire à 150 euros ou encore un tarif abonné à 1 euro pour le tunnel Prado-Carénage.

    Toutes ces propositions rejetées par la droite et l’extrême droite, qui hurlent au matraquage fiscal et défendent l’austérité, répondent à une urgence réelle. Elles sont finançables à budget constant et relèvent avant tout de choix politiques.

    Le 15 mars, on peut voter pour le rassemblement de la gauche avec le cœur mais aussi avec le porte-monnaie.

  • Transports : Vincent Bouget veut « réunir la ville » de Nîmes par les mobilités

    Transports : Vincent Bouget veut « réunir la ville » de Nîmes par les mobilités

    Lieu hautement symbolique, la gare de Nîmes, avenue Feuchères. C’est ici, au carrefour des trains, des bus, des vélos et des piétons, que la liste « Nîmes en commun » a choisi de poser l’un des marqueurs forts de sa campagne municipale : faire des mobilités un droit effectif pour toutes et tous.

    Entouré de Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région Occitanie en charge des transports et de Julie Frêche, vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole déléguée aux mobilités, Vincent Bouget a dressé un constat sévère de la situation nîmoise. Retards accumulés, inégalités territoriales, dépendance persistante à la voiture : pour le candidat de l’union de la gauche (hors LFI), la majorité sortante « a péché sur les transports comme sur d’autres grands dossiers structurants ».

    À Nîmes, la mobilité reste aujourd’hui un facteur d’exclusion. Fréquences insuffisantes, horaires inadaptés aux travailleurs précaires, dessertes inégales entre quartiers, coût du transport scolaire… Autant de freins quotidiens qui enferment une partie de la population dans une forme « d’assignation à résidence ». « Se déplacer, ce n’est pas technique, c’est social, écologique et quotidien », martèle Vincent Bouget, rappelant que la mobilité conditionne l’accès à l’emploi, aux études, aux soins et à la vie sociale. Face à ce diagnostic, Nîmes en commun assume une rupture politique : replacer le service public de transport au cœur du projet municipal et communautaire. Gratuité ciblée, renforcement de l’offre, plan vélo structurant, voirie sécurisée pour les piétons : l’objectif affiché est clair, réduire la dépendance à la voiture sans opposer les usages.

    Nîmes à l’échelle régionale

    Pour Nîmes en commun, l’enjeu est aussi territorial. Troisième ville d’Occitanie, Nîmes ne peut plus penser ses transports en vase clos. La présence de Julie Frêche illustre cette volonté de décloisonnement. À Montpellier, la gratuité des transports en commun et le développement massif des mobilités actives ont profondément transformé les usages. « Les mobilités sont un outil de cohésion sociale, de pouvoir d’achat et de transition écologique », souligne l’élue montpelliéraine, plaidant pour une coopération renforcée entre les deux agglomérations. Rail du quotidien, liaisons ferroviaires plus fréquentes, complémentarité plutôt que concurrence entre équipements structurants : pour elle, Nîmes doit pleinement s’inscrire dans une dynamique métropolitaine élargie.

    Même message du côté de Jean-Luc Gibelin, pour qui la question dépasse largement les frontières communales. La Région Occitanie a fait du train une priorité, avec la gratuité d’usage pour les jeunes, le train à 1 euro, l’augmentation significative des fréquences et la réouverture de certaines lignes. Résultat : la fréquentation est passée de 60 000 à près de 100 000 voyageurs quotidiens. « Nîmes mérite un engagement total de tous ses partenaires », affirme-t-il, appelant à une meilleure articulation entre bus urbains, cars régionaux, vélo et ferroviaire, notamment autour de pôles stratégiques comme la gare centre ou celle de Saint-Césaire.

    Au-delà des annonces, la séquence de la gare Feuchères vise aussi à crédibiliser un projet municipal fondé sur la coopération : avec la Région, avec Montpellier, mais aussi à l’échelle de l’agglomération nîmoise, dont le fonctionnement actuel est régulièrement pointé comme un frein. Pour Vincent Bouget, l’enjeu est clair : « partager les ambitions, accepter les contraintes et agir ensemble » afin de garantir une mobilité équitable, lisible et accessible. En somme, faire des mobilités un service public central, au service de l’unité de la ville, de la justice sociale et de la transition écologique.