Tag: Port-de-Bouc

  • Association Dar Yumi : la maison qui rassemble les mémoires

    Association Dar Yumi : la maison qui rassemble les mémoires

    La porte grande ouverte est une invitation à entrer. Les têtes passent. Promettent de ne pas rester trop longtemps et finalement s’installent autour de la table baignée de soleil, juste derrière la baie vitrée, avec un thé à la menthe. À peine rouverte après plus de six mois de fermeture, la boutique Dar Yumi, inaugurée par Amel Ben Messaoud en 2021 sur la place du Docteur Igonet, redevient un lieu de vie où les visiteurs se sentent comme à la maison. C’est d’ailleurs la signification de Dar Yumi. « La maison de ma mère », traduit la Port-de-Boucaine.

    À l’intérieur, des tapis amazighs chatoyants jonchent le sol, de la vaisselle en céramique faite à la main garnit les armoires, des livres et des affiches de calligraphies arabes habillent les murs. « Au départ, je voulais absolument remettre en lumière les objets avec lesquels j’avais grandi, qui m’ont été transmis par ma mère et ma grand-mère, qui étaient vraiment issus de mon patrimoine culturel », raconte Amel, qui s’est donc associée avec des coopératives de femmes au Maroc et en Algérie pour mener à bien ce projet.

    Une culture populaire vivante

    Pour la jeune mère de famille, ces artefacts ne sont pas de simples biens matériels. Ils sont le témoin d’une histoire intime, familiale tout en étant universels. Ils appartiennent à la culture, celle du geste du quotidien. « Pour moi, le devoir de mémoire se fait aussi par l’objet », confie-t-elle.

    Amel veut désormais aller plus loin. Elle qui a vécu au Canada, à New York et qui a fait ses études à Montpellier puis à Paris explique : « J’ai voulu rentrer à Port-de-Bouc parce que c’est un des rares endroits où le multiculturalisme a un vrai sens. La proximité avec les gens ici est dingue, c’est un village et les personnes de différents milieux sociaux, de différentes origines évoluent ensemble. Je le vois dans ma boutique, où les gens de tous horizons s’installent et me racontent leurs histoires. Maintenant il faut que je fasse quelque chose de ces récits, c’est plus possible que je les garde pour moi. » Pour y parvenir, le statut de Dar Yumi change pour passer de commerce à association.

    Désormais, la trentenaire veut travailler avec les différentes structures et associations présentes à Port-de-Bouc et encadrer des projets culturels intergénérationnels, à mener sur une année entière, pour aboutir à une exposition. Amel illustre : « Ça peut être une maman sénégalaise et un jeune d’origine marocaine qui travaillent ensemble sur un livre de recettes qu’ils ont chacun l’habitude de faire chez eux, avec des ateliers cuisine pour échanger et se transmettre leurs secrets. Ça peut aussi être un projet musical, dans lequel le rap old school et le rap actuel se répondent. La culture populaire doit être vivante. L’idée c’est que les adhérents se nourrissent les uns des autres. Chacun a un patrimoine culturel, a une mémoire individuelle qui, mis en commun, devient une mémoire collective. »

    La Port-de-Boucaine veut faire rayonner sa ville et son histoire ouvrière liée à l’immigration, mais cette association est aussi pour elle un moyen de rompre l’isolement des personnes âgées et d’aider la jeunesse à ne pas céder à l’appel du narcotrafic. « Il faut les faire sortir des quartiers, assène-t-elle. Pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient. Ça nous donne de la valeur. Et souvent, on apprend de nos aînés, qui représentent la sagesse et sont parfois un refuge. »

    Les premiers événements de Dar Yumi auront lieu le 10 décembre, avec un petit-déjeuner offert aux seniors à partir de 8 heures, puis un goûter à destination des jeunes à partir de 15 heures.

    Le prix de l’adhésion varie en fonction de paliers, voir sur place à la boutique Dar Yumi.

  • Un « Andromak » revisité à Port de-Bouc

    Un « Andromak » revisité à Port de-Bouc

    « Hé ! Dans cette pièce, je vais peut-être vous le spoiler, il n’y a aucun héros », interpelle sur scène, en direction du public, un jeune comédien de
    la compagnie Kourtajmé. D’Andromaque, tragédie en vers écrite par Racine en 1667 à la langue et la vie d’aujourd’hui, il n’y a qu’un pas et quelques lettres, que Cyril Cottinaut franchit en mettant en scène Andromak, qui prend ses quartiers jeudi 27 novembre au théâtre le Sémaphore de Port-de-Bouc. Dans un espace quasiment nu, « les acteurs entrent en scène comme on entre sur un ring : pour en découdre, par la parole assénée, par les punchlines dont Racine a le secret, par l’incarnation la plus concrète qui soit », explique-t-il dans sa note d’intention.

    « Sens avant la lettre »

    Si l’histoire reste la même, « Oreste aime Hermione, qui aime Pyrrhus, qui aime Andromaque, qui aime Hector, qui est mort », les huit comédiens de Kourtrajmé -compagnie créée en 2022 par l’association artistique éponyme pour une « représentativité plus juste au sein des arts »- injectent une part de leur propre vécu dans l’antique tragédie. Intemporelle mais dépoussiérée, Andromak fait jaillir son « sens avant la lettre ». Une pièce irriguée par des « personnages en proie à leurs désirs violents, leur impuissance et leurs échecs » qui « prennent chair dans la réalité du présent ».

    Jeudi 27 novembre à 20h.
    Entre 4 et 14 euros. www.theatre-semaphore-portdebouc.com

  • Les témoins de l’horreur nucléaire mobilisés pour la paix

    Les témoins de l’horreur nucléaire mobilisés pour la paix

    « Nous sommes venus vous montrer ce qui se passerait si on utilisait la bombe atomique aujourd’hui », lance Yuhi Shimada aux élèves du collège Éluard de Port-de-Bouc, à l’occasion d’une rencontre organisée par le Mouvement de la paix au cinéma le Méliès. Le Japonais de 26 ans est membre de Nihon Hidankyo, association des victimes des bombardements de Hiroshima et de Nagasaki par les États-Unis en 1945, appelés Hibakushas. Avec eux, les membres de l’association ont apporté des clichés montrant les plaies et les corps calcinés par la bombe atomique.

    Leur déplacement s’effectue dans le cadre d’un tour de France de la paix, après avoir remporté le Prix Nobel de la paix en 2024 pour leur action contre les armes nucléaires. Un sujet bien loin du quotidien des élèves faisant face à la délégation japonaise. Emiko Honma, fille d’une irradiée par les bombes, leur rapporte les témoignages « des corps brûlés et des bâtiments effondrés jonchant les rues » de Hiroshima, peu après le bombardement du 6 août 1945. Mais aussi « les préjugés sur les personnes exposées aux radiations, la peur de mourir soudainement d’une maladie et la culpabilité d’avoir survécu ».

    « Faire reconnaître un crime de guerre des USA »

    Un collégien demande pourquoi ces bombes ont été utilisées. Saburo Sugasawa, du Mouvement de la paix japonais, pense que « les grandes puissances se battaient à l’époque pour dominer le monde, et le pays qui aurait l’arme nucléaire avant tout le monde gagnerait ce combat. Les États-Unis ont fait un essai à échelle humaine de la leur », affirme le militant, précisant que « le Japon n’avait plus les moyens de continuer la guerre » à ce moment.

    Une collégienne s’interroge : « Est-ce que des pays ont aidé le Japon après les bombes ? » Yuhi Shimada répond qu’« aucun pays n’est venu en aide au Japon après le bombardement. C’est une raison pour laquelle le nombre de morts à Hiroshima est passé de 70 000 au moment de l’attaque à 140 000 à la fin 1945, car énormément de victimes n’ont pas pu être aidées après la bombe. » Emiko Honma ajoute que « les États-Unis et le gouvernement japonais ont caché ces horreurs ». Saburo Sugasawa abonde : « Pendant près de dix ans après l’attaque, l’armée
    américaine empêchait les Hibakushas de parler de ce qu’ils avaient vécu, par la censure.
     »

    « Nous luttons pour faire reconnaître le largage de ces deux bombes comme un crime de guerre », complète Saburo Sugasawa, avant de développer : « Les pays comme la France, qui possèdent cette arme, doivent s’en débarrasser. » Il invite les élèves à « faire entendre les citoyens qui n’en veulent pas et à faire ratifier le traité d’interdiction des armes nucléaires par la France ».

    Un devoir de mémoire nécessaire pour Emiko Honma. « Il ne reste que 9 000 Hibakushas, dont l’âge moyen est de 85 ans. On arrive au moment où ils vont disparaître. Et il y a une chose plus horrible que Hiroshima et Nagasaki, c’est que le monde oublie ce qu’il s’est passé », conclut l’Hibakusha.

    À Martigues, ville engagée

    « La paix est un choix », pour le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux. L’édile a accueilli la délégation d’Hibakushas, mardi à l’hôtel de Ville, avant leur rencontre avec les collégiens à Port-de-Bouc. « Martigues est une ville profondément attachée à la paix. Nous avons rejoint l’appel des villes pour la ratification par la France du traité contre les armes nucléaires, qui sont une menace pour l’humanité », affirme Gaby Charroux.

    Élisabeth Grand, du Mouvement de la paix de Martigues, rappelle que « ces bombes continuent de blesser » et exige de même que « la France signe le traité, abandonne l’économie de guerre et se prépare face au danger plus imminent du changement climatique ».

  • La barre de la Lèque et des immeubles bientôt démolis à Port-de-Bouc

    La barre de la Lèque et des immeubles bientôt démolis à Port-de-Bouc

    Arrivée il y a peu à la tête de 13 Habitat, la nouvelle direction du plus important bailleur social des Bouches-du-Rhône arpente le terrain. Ce jeudi 20 novembre, c’est à Port-de-Bouc que le président Jean-Marc Perrin et Damien Vanoverschelde, à la tête de son équipe technique, se sont arrêtés. « On essaie d’aller vers nos plus gros patrimoines comme à Miramas, à Port-Saint-Louis-du-Rhône ou ici, où on gère 1 400 logements », explique le successeur de Nora Preziosi qui rappelle : « 13 Habitat, ce sont 526 résidences réparties sur 73 communes et 34 000 logements. »

    Dans la commune de 16 000 habitants, qui compte 42% de logements sociaux, le bailleur gère quatre quartiers et y mène des projets structurants financés par l’Agence nationale de pour la rénovation urbaine (Anru), suite à la signature de la convention en avril 2023.

    À la Lèque, la grande barre de 71 appartements doit être détruite par grignotage dans les mois qui viennent. « On s’organise pour que ce soit fait au cours du premier semestre 2026, détaille Damien Vanoverschelde, directeur général de 13 Habitat. Il reste une famille qui y vit, pour laquelle on est en train de finaliser le relogement. »

    Du logement étudiant

    La tour à proximité sera quant à elle réhabilitée. « Une fois la barre tombée, on construira trois petits immeubles d’Action Logement pour le 1% patronal [à destination des salariés du privé, Ndlr], de nouvelles rues perpendiculaires vont traverser le quartier, ce sera plus sympa, plus aéré », se projette le maire Laurent Belsola (PCF).

    Toujours sur la presqu’île, aux Aigues-Douces, deux bâtiments seront démolis à la fin de l’année 2026. Un troisième sera à moitié détruit et fera l’objet d’une restructuration pour que les appartements soient plus adaptés aux besoins actuels. « On va vers du concret, se réjouit l’édile. Après l’école Victor-Hugo, complètement rénovée énergétiquement, et le nouveau city-stade inauguré en avril 2024, la population va voir des immeubles tomber, des aménagements extérieurs, des réhabilitations… »

    À Bellevue, une barre et une quarantaine de villas sociales doivent être rasées. La Ville et 13 Habitat réfléchissent à un projet de logements étudiants dans ce quartier où sont implantés le lycée professionnel Charles-Mongrand et le CFA Henri-Rol-Tanguy. « Nous avons des établissements et des industries qui font de la formation, comme l’institut de soudure ou l’atelier d’usinage John-Cockerill, donc on va s’orienter vers un habitat accessible aux jeunes car il y a un réel besoin », révèle Laurent Belsola.

    Pour Jean-Marc Perrin, « il faudrait qu’il y ait un Anru 3 pour qu’on puisse continuer le travail ». Mais le président du bailleur social reconnaît que ce n’est pas une mince affaire, dans la mesure où « l’État manque d’argent public ».

  • Jeu provençal : Mathys Calderon et Maxime Cournac, champions départementaux

    Jeu provençal : Mathys Calderon et Maxime Cournac, champions départementaux

    Ils sont une vingtaine de jeunes à avoir pris part à cette deuxième édition, après celle de l’an dernier à Istres Rassuen, d’un championnat qui en est toujours au stade de l’innovation. Une expérimentation, fer de lance du président Patrick Fara qui entend développer la pratique du Jeu Provençal chez les jeunes, à l’image de la Tournée des Pépites, des stages avec les joueurs de l’équipe de France, des concours au cours desquels des jeunes jouent avec des adultes. Car il est évident qu’un état des lieux voit pour l’heure se profiler une mort lente de cette pratique, si cette jeunesse n’entre pas dans les ronds.

    Il est grand temps, que dans les écoles de boules, dans les groupes aussi, on prenne conscience de cet état de fait, et que l’on apporte un peu plus d’attention au développement du Jeu Provençal, que celui du tiroir-caisse…

    En attendant, sous la direction de la déléguée Yasmina Manessour et l’arbitrage de Frédéric Cafieri, les acteurs présents ont permis de vivre une belle journée, avec des parties intenses et riches en qualité technique. Les binômes vont en découdre dans des oppositions estampillées des sceaux conjugués de la sportivité, du respect et de la convivialité.

    Mettons en avant, l’accueil et la parfaite organisation, du groupe de la Boule Dorée.

    Le Palmarès 2025

    Champions départementaux :
    M. Calderon & M.Cournac

    Vice-Champions : Ilenzo Gugliotta & Clément Maresca

    Demi-finalistes à la 3e place : Nolan Rambier & Adriano Baez

    Demi-finalistes à la 4e place : Téo Matsos & Enzo Rollin

    Mathis Lucas – Aaron Kerisit – Enzo Nioulon – Zelye Zaragoza – Julien Bourrez – Jean Nichan

  • Dans le quartier de Tassy, à Port-de-Bouc, le compost collectif nourrit le jardin partagé

    Dans le quartier de Tassy, à Port-de-Bouc, le compost collectif nourrit le jardin partagé

    Dans l’air frais du matin, le café chaud fait des volutes de fumée. Le petit groupe habituel qui s’occupe de l’entretien du jardin partagé, créé en 2021, se retrouve devant le centre social Nelson-Mandela et se sert un gobelet du thermos. Ce mercredi 19 novembre, deux agents de la Métropole se joignent à ce rendez-vous pour une matinée dédiée au compostage.

    Dans le quartier de Tassy, cette pratique a été mise en place il y a trois ans. Plusieurs bacs, installés à proximité de la structure municipale, font office de bornes de collecte des déchets alimentaires, « qui représentent 30% des poubelles », précise une fonctionnaire de la Métropole. Les habitants qui souhaitent s’impliquer dans la démarche ont quant à eux des récipients d’apport à domicile, qu’ils remplissent avec leurs épluchures de fruits et de légumes, du marc de café et des coquilles d’œufs. « On les vide ensuite dans le grand bac à déchets humides et on fait un mille feuille de ces épluchures et de matière sèche, comme des broyats de végétaux apportés par les services techniques de la Ville, dans un dernier bac qu’on appelle le bac à maturation », explique encore l’agente.

    Après quelques mois, les habitants récupèrent de l’engrais naturel, un excellent fertilisant pour les sols. Annie, qui participe au compost depuis un an, témoigne : « On s’en sert pour le potager partagé et ça donne des vitamines à nos légumes. Ça les booste, on le voit ! C’est bon pour notre production, mais aussi pour notre santé : ça nous permet de savoir ce qu’on mange. »

  • L’éducation populaire comme rempart à la casse de la Sécurité sociale

    L’éducation populaire comme rempart à la casse de la Sécurité sociale

    « La Sécu c’est pas seulement une institution, c’est nos corps, nos têtes, notre quotidien », lance l’ancien député PCF Pierre Dharréville à l’assistance, dans la salle Gagarine lundi soir. L’ancien membre de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale est invité par le PCF de Port-de-Bouc à animer un débat sur les 80 ans de la Sécurité sociale, avec le secrétaire général de la CGT CPAM des Bouches-du-Rhône, Jean-Marie Angeli.

    En syndicaliste, ce dernier insiste sur « le rapport de force à double face syndicale et politique qui a permis de gagner la Sécu », qui doit aujourd’hui affronter le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (PLFSS) prévoyant « 7 milliards d’euros d’économies sur la santé ».

    Jean-Marie Angeli avance qu’« il faut faire revenir ce sujet politique qu’est la Sécu dans les entreprises, alors que la majorité des salariés ne savent pas lire leur fiche de paye ». Une forme d’éducation populaire face au discours austéritaire « quand il y a 80 milliards d’euros d’exonération de cotisations sociales et 250 milliards d’aides patronales sans contrepartie », rappelle le syndicaliste.

    « La Sécu est un instrument de justice »

    Pierre Dharréville, auteur d’une proposition de loi pour constitutionnaliser la Sécurité sociale, analyse le discours « de Gabriel Attal qui dit que le système de retraite par répartition prend l’eau ». « Mais les voies d’eau sont organisées, car lui veut la retraite par capitalisation. C’est une attaque contre la Sécu pour un projet politique inégalitaire qui va alimenter la finance », juge l’ex-député.

    En filigrane, la cotisation sociale. « L’entourloupe du Rassemblement national est de supprimer les cotisations pour gagner du pouvoir d’achat. » En clair, « leur projet de société est de ne pas partager le pot commun au prétexte qu’il y en a qui profitent. Nous, nous voulons partager car il y a besoin de justice dans ce pays et la Sécu en est un instrument », estime Pierre Dharréville.

    Ce dernier indique que « le système est solide et des leviers existent pour le financer. La CSG n’est pas mon amie mais le PLFSS prévoit de l’augmenter sur les revenus du capital ». Jean-Marie Angeli réaffirme que « de l’argent, il y en a. Il faut supprimer les exonérations de cotisations et revoir les impôts quand l’évasion fiscale atteint 100 milliards d’euros », rappelle le syndicaliste.

  • Laurent Belsola vise un second mandat, porté par un large soutien à Port-de-Bouc

    Laurent Belsola vise un second mandat, porté par un large soutien à Port-de-Bouc

    Les trottoirs de la rue Gabriel-Péri sont monopolisés par les voitures. Une file d’attente se forme à l’entrée de la salle polyvalente de l’hôtel résidence Les Aiguades. À l’intérieur, des chaises supplémentaires, sorties du placard en dernière minute, passent de bras en bras. Il faut pousser les murs pour faire entrer tout le monde, lors de la soirée organisée par le comité de soutien de Laurent Belsola, ce jeudi 13 novembre. Des centaines d’habitants ont répondu présent pour appuyer la candidature du maire (PCF) aux prochaines élections municipales.

    Certains sont même là alors qu’ils ne vivent pas dans la commune, à l’instar du sénateur communiste Jérémy Bacchi ou de Marc Ambelas, à la tête du club de plongée et d’archéologie de Port-de-Bouc. Le Martégal explique : « C’est quelqu’un que j’apprécie personnellement pour son engagement, pour sa droiture. Il a de grandes valeurs. Il ne fait pas de promesse en l’air et tient toujours sa parole. La plupart des responsables politiques cherchent le pouvoir. Ce n’est pas le cas de Laurent. Lui s’engage pour la ville, pour se mettre au service de la population. »

    Terrain, proximité et dialogue

    Depuis le début du mandat engagé en 2020, « plus de 10 000 permanences » ont été tenues par les élus pour répondre aux demandes des habitants et « plus de 50 rencontres ont été menées dans les quartiers », précise Évelyne Santoru-Joly, sa directrice de campagne. Pour le mandat à venir, Laurent Belsola compte bien poursuivre son action en gardant le même cap.

    « Je veux continuer à être le maire du concret, du terrain, de la proximité avec une équipe soudée, affirme-t-il. Celui qu’on croise sur les marchés, dans nos commerces, dans les écoles, dans les quartiers. Celui qu’on peut facilement interpeller, qui écoute, qui débat, qui agit. »

    La méthode restera donc la même : « recenser les besoins, construire un projet collectif et hiérarchiser les priorités du mandat au fil des réunions de travail et des concertations », détaille Évelyne Santoru-Joly. Le tout, en « en informant et en ayant bien connaissance des réalités budgétaires de notre commune, en nous démenant pour obtenir le maximum de financements et en proposant des projets qui soient réalisables ».

    Des nombreux défis

    Laurent Belsola l’affirme : « Les années à venir seront déterminantes », avec des enjeux locaux, mais aussi des challenges à l’échelle du territoire. « Le bassin de Fos est au cœur des transformations industrielles et écologiques à venir, rappelle le maire. Nous devons être vigilants, exigeants, mais aussi force de propositions pour concilier amélioration du cadre de vie, de la mobilité, de l’emploi et de la santé dans cette période d’innovation, parce que la transition ne doit pas se faire contre les travailleurs, mais avec eux et pour eux. »

    Une première victoire, et non des moindres, est l’obtention du financement pour le contournement autoroutier de Martigues et Port-de-Bouc, attendu depuis plus de cinquante ans, qui donnera les moyens de « recoudre notre ville et créer un beau boulevard urbain qui permettra de revoir les modes de circulation en y incluant du vélo et du transport en commun ».

    Laurent Belsola souhaite avant tout continuer à défendre un modèle de collectivité « populaire et solidaire » en investissant dans les services publics ; en poursuivant son engagement pour un logement digne avec des programmes de rénovation urbaine comme ceux menés aux Aigues-Douces, à la Lèque, aux Comtes ou à Bellevue ; en défendant l’hôpital public ; en renforçant la tranquillité publique et en créant du lien social grâce aux subventions accordées au tissu associatif (1,6 million d’euros chaque année).

    Amel Ben Messaoud

    Gérante de la boutique Dar Yumi

    « Laurent Belsola est un maire qui apporte énormément à la ville, qui défend les valeurs populaires. Ça fait du bien parce que la France est faite de mixité et lui lutte pour le mettre ça en avant, pour le vivre-ensemble. C’est un vrai humaniste. »

    Sedat Seven

    Restaurateur

    « Grâce à l’engagement du maire, on a vu des changements, à commencer par le contournement autoroutier qu’on attendait depuis 50 ans. L’équipe municipale est à l’écoute, les élus sur le terrain et animent un vrai dialogue. Cette proximité qu’il a avec les gens est précieuse. »

    Élise Taillaumard

    Présidente du Mouvement de la paix

    « Laurent Belsola est un pacifiste qui nous soutient dans nos actions. Port-de-Bouc est ville de paix grâce à lui, son équipe et à leur engagement. Il y a des structures sportives et culturelles de partout, des city stades, des gymnases, le musée numérique Micro-folie… »

  • [Rue de la République] Laurent Belsola : « Pour un commissariat réunissant police municipale et nationale à Port-de-Bouc »

    [Rue de la République] Laurent Belsola : « Pour un commissariat réunissant police municipale et nationale à Port-de-Bouc »

    Les Municipales

    Didier Gesualdi : Pour le moment vous n’êtes pas officiellement candidat à votre succession mais vos soutiens organisent, jeudi, une réunion publique. Repartirez-vous au combat ?
    Je vous invite à venir le jeudi 13 novembre à 18h à la salle de l’hôtel des Aiguades. Je serai présent, avec le comité de soutien. C’est avec toutes les personnes qui seront là, que l’on fera les annonces nécessaires.

    Didier Gesualdi : Les conditions sont donc réunies pour une candidature.
    Les conditions sont là mais le comité de soutien voulait réunir la population, voulait un rassemblement populaire pour une candidature populaire donc on répond à cet appel.

    Didier Gesualdi : C’est aussi une façon de faire à la Port-de-Boucaine, vous aimez les démarches horizontales, consulter la population…
    Oui, on parle avec les élus, avec la population, avec notre parti auquel on remet notre mandat et avec les citoyens. On fait en sorte que la candidature, à chaque fois, émane de la population.

    Léo Purguette : Face à vous, des rapprochements entre droite classique et extrême droite se dessinent. C’est une première ?
    Je pense que oui mais on voit, depuis 2020, au sein du conseil municipal des personnalités qui étaient sur deux listes différentes se rapprocher. Elles se sont ensuite affichées avec un député RN, M. Allisio et pour un autre avec M. Ciotti. On a bien vu que leurs interventions et positions au sein du conseil municipal reprenaient les positions de l’extrême droite. Même s’ils disent qu’ils ne le sont pas tout à fait.

    Léo Purguette : C’est assez éloigné de l’identité de Port-de-Bouc. Ça vous surprend ?
    C’est très éloigné de l’identité de notre ville, de tout ce qui a forgé Port-de-Bouc depuis plus de 100 ans.

    Didier Gesualdi : Qu’est-ce que vous dites à ceux qui sont tentés par le vote d’extrême droite ? Ce sont des gens en colère, non ?
    Tout à fait. La colère qui débouche sur l’extrême droite donne des guerres. La colère qui débouche sur la gauche donne souvent des réalisations. Je leur dis : « regardez le passé, d’où vous venez ». Nous sommes une ville cosmopolite, tout le monde est venu à Port-de-Bouc pour travailler. De Grèce, d’Espagne, d’Italie, de Turquie, d’un peu partout. Le RN, c’est un peu de la magie, ils prétendent défendre le peuple mais quand ils votent au Parlement, c’est bien différent. L’impôt sur la fortune, ils ne l’ont pas voté. Ils sont sur une politique des grands patrons, pas une politique populaire. Beaucoup disent qu’il faut les essayer mais on les a essayés de 1940 à 1944. Plus récemment, on les a essayés à Vitrolles et Marignane, on sait ce que ça donne. On connaît le résultat. Derrière la belle façade, il y a la haine, la discrimination, tous les germes pour que la société civile se dispute et qu’on aille vers de gros problèmes.

    L’attractivité de la ville

    Didier Gesualdi : Que répondez-vous à ceux qui estiment que Port-de-Bouc est sur le déclin, que c’est une carte postale mais sans touriste…
    Port-de-Bouc, c’est du tourisme social. Nous ne sommes pas une ville balnéaire mais industrielle. Nous avons toujours développé d’une part le tourisme social et d’autre part la convivialité avec les sardinades. Je rappelle que les sardinades, sur deux mois, c’est un peu plus de 100 000 personnes qui viennent sur notre ville. Nous animons le port, les quartiers, tout cela est gratuit. Nous avons aussi un projet pour les plages, nous avons fait une promenade tout le long du bord de mer. Les pistes cyclables vont être agrandies….

    Didier Gesualdi : On n’est pas sur le déclin à Port-de-Bouc ?
    Je ne le crois pas. On anime la ville toute l’année. Je voudrais notamment parler du festival d’art de rue que l’on fait au mois de mai et qui attire un monde fou. On est un des 5 festivals les plus importants de France. On rénove aussi la ville, on a l’Agence nationale pour la rénovation urbaine qui finance la démolition de la barre de la Lèque, aux Aigues Douces, à Tassy, Bellevue… Et en même temps, nous avons de nouvelles constructions, de nouveaux bâtiments. C’est une ville en pleine transformation, qui garde son âme, comme une maison léguée par nos grands-parents que l’on rénove, que l’on met au goût du jour.

    Le contournement autoroutier

    Didier Gesualdi : Ça y est, le contournement de Port-de-Bouc va se faire. Enfin !
    C’est une magnifique victoire qui est dédiée à tous les Port-de-Boucains. Je pense aux anciens maires, aux anciens députés depuis M. Rieubon, qui se sont battus pour cela. Notre ville est l’une des dernières à être coupée par une autoroute. On estime que c’est entre 5 et 10 000 personnes entre Martigues et Port-de-Bouc qui vivent à moins de 100 mètres de l’autoroute donc on va pouvoir respirer. On a des écoles, des collèges, des grandes surfaces… si jamais un camion-citerne chavire sur un de ces établissements ce serait une catastrophe. Avoir un contournement autoroutier aux dernières normes, avec le moins de nuisances possibles et beaucoup moins de riverains, c’est une très grande victoire. On va pouvoir recoudre la ville. Enfin, les gens pourront passer d’un côté à l’autre sans avoir le danger d’une autoroute. Nous allons en faire un beau boulevard métropolitain. C’est un grand projet qui va nous occuper le mandat prochain. Il sera refait de Martigues à Port-de-Bouc. Nous y voulons des moyens de transport doux, vélos, à pieds… et une belle avenue où les Port-de-Boucains se retrouveront.

    Les services publics

    Léo Purguette : L’argent public se fait rare. Vous êtes inquiet sur le budget de l’État ?
    Depuis plusieurs années, ce sont les collectivités qui payent l’addition de l’État. Nous sommes en première ligne, nous sommes les paratonnerres de la République. Nous enlever des budgets fera que nous n’arriverons plus à investir pour améliorer le cadre de vie de nos habitants. Ils ont besoin de services publics. Ici, la police s’est rétractée il y a une dizaine d’années, la CAF, il n’y a presque plus de permanences, la Sécu est partie, le Trésor public est parti, la SNCF maintient un guichet, ça devient catastrophique. L’État en France, c’est la présence de services publics. Sans eux, il n’y a plus d’égalité républicaine. Comment dire à une personne âgée qui n’utilise pas le numérique, de payer quelqu’un 50 euros pour être aidé ? C’est inadmissible ! Il y a des milliards disponibles : le rapport du sénateur communiste Gay parle de 211 milliards d’euros donnés aux grandes entreprises sans contrepartie. Et les grandes fortunes doivent contribuer. Être citoyen c’est participer à l’impôt en fonction de ses moyens.

    La sécurité

    Léo Purguette : Vous n’êtes pas de la gauche qui laisse les questions de sécurité au RN. Vous n’avez de cesse de demander des renforts de police à l’État. Où en êtes-vous ?
    C’est une question dont on s’est emparé parce que la sécurité, c’est un tout. On ne peut pas faire de la sécurité comme le préconise le RN, le tout sécuritaire ne marche nulle part, dans aucun pays. Nous, ce que nous voulons, c’est rétablir la sécurité avec une prévention et avec des acteurs de terrain. On a demandé dès le début des forces de l’ordre ici pour lutter contre les narcotrafiquants. Ce n’est pas un problème port-de-boucain, c’est un problème national. Les narcotrafiquants, là où ils arrivent, ils cassent tout alors qu’on fait de la rénovation urbaine, des efforts dans nos villes. On a demandé un commissariat à la préfète de police et à l’ancien ministre de l’Intérieur que je suis allé voir. Ils ont mis le paquet sur les quartiers populaires qui ont droit à la sécurité, eux aussi, pour enrayer ce phénomène. Nous avons eu la CRS 81, les compagnies qui sont toujours là. Dans le même temps, les populations voient la police, la gendarmerie, les pompiers venir à Port-de-Bouc pour faire de la prévention, du sport avec la jeunesse, pour expliquer les métiers de la sécurité… C’est un tout la sécurité, avec la prévention, avec nos centres sociaux, nos associations sportives… Nous ne sommes pas anarchistes, nous sommes communistes. Nous nous mobilisons pour que tout le monde puisse vivre ensemble, tranquillement.

    Léo Purguette : Comment articulez-vous l’action de la police municipale à l’ensemble de ces actions ?
    La police municipale joue son rôle, c’est un complément de la police nationale sur notre territoire. On a mis quand même 80 caméras en tout. Je viens de faire une demande au nouveau ministre de l’Intérieur, M. Nuñez, parce que nous voulons un commissariat mixte dans la commune. C’est-à-dire que dans le commissariat actuel rue Charles-Nédelec qui est vide, nous voulons y mettre la police municipale que nous renforçons et en même temps nous voulons mettre à disposition de la police nationale, une partie de ces locaux pour une présence permanente.

    Léo Purguette : Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF qui partage cette approche sera en meeting dimanche 23 à Marseille, vous y serez ?
    Oui bien sûr ! On y sera, on défend ses idées et on partage ses convictions.

    La thalassothermie

    Léo Purguette : L’arrivée d’une boucle d’eau de mer va bouleverser Port-de-Bouc. Quelles conséquences sur la vie quotidienne des habitants ?
    Nous sommes en pleins travaux dans la ville. Les citoyens ont quelques désagréments mais c’est normal, nous sommes obligés d’en passer par là. C’est un projet retenu en 2015 qui permet de récupérer les calories contenues dans l’eau de mer pour chauffer des logements collectifs et des bâtiments de la mairie. Quand je dis logements collectifs, c’est 30% de logements sociaux et 35-40% de logements privés collectifs, donc des immeubles. Il y a aussi des bâtiments communaux. Le but c’est d’avoir une énergie durable, décarbonée, renouvelable, qui nous permette de rentrer dans le XXIe siècle. Mais aussi de limiter le coût de l’énergie. On voit qu’avec un conflit en Ukraine, au Proche-Orient ou ailleurs, le coût du pétrole, du gaz, de l’électricité peut exploser. Tout cela se répercute sur le budget des ménages. Avec la thalassothermie le but, c’est d’avoir une facture qui ne bouge pas, qui est lissée sur 20 ans.

    Maire de l’année

    Léo Purguette : Vous avez été élu maire de l’année par le Trombinoscope et un jury de journalistes. Quelle est votre réaction et à votre avis pour quelles raisons ?
    J’étais très fier pour la ville de Port-de-Bouc. Ce prix est dédié aux habitants de cette ville ouvrière, c’est elle qui est récompensée. C’est aussi pour l’équipe municipale, pour les projets. On est très fier parce qu’il faut savoir qu’on a eu des émeutes urbaines, on a été menacé de mort aussi. Avec l’équipe municipale, on a fait face. Avec la population, on a dit qu’on avait besoin de police, de présence humaine. Je pense que le jury a tenu compte de cette démarche et aussi des grands projets urbains menés à Port-de-Bouc. Je pense qu’il faut s’engager, être à la pointe du combat.

    La question des lecteurs

    Anne-Marie : Vous pensez quoi du député RN ?
    Déjà je regrette l’ancien député, Pierre Dharréville, qui avait fait un travail remarquable. Le nouveau député, chacun sait que nos familles politiques sont très opposées. Je ne le vois pas beaucoup à Port-de-Bouc. Je ne demande pas non plus à le voir. Je pense qu’il est plus dans les problématiques nationales que locales. Il nous a fait un tract pour dire que le contournement autoroutier, c’était grâce à lui et qu’il avait repoussé un texte de gauche. Ce texte était LFI et portait sur les nouveaux projets autoroutiers, rien à voir avec notre situation ici. À qui peut-il faire croire que le contournement autoroutier lui serait dû ? Ce n’est pas la fée Clochette. C’est une bataille de 50 ans, menée par les élus de ce territoire et la population. D’ailleurs même moi je ne dis pas « le contournement autoroutier, c’est grâce à Laurent Belsola ». Ça n’aurait pas de sens. C’est un combat auquel j’ai pris ma part comme tous les maires de Martigues et Port-de-Bouc et les députés communistes qui se sont succédé. La déclaration d’utilité publique a été prise sous Patricia Pedinielli en 2017, grâce à toutes les études faites depuis une quinzaine d’années.

  • Jeu provençal : dernières salves pour l’armistice

    Jeu provençal : dernières salves pour l’armistice

    Soixante triplettes ont pris le départ de ce championnat sous la direction de Yasmine Manessour et les arbitrages de Michel Allari et Christophe Guyot.

    Les tenants à savoir Céline Zaragoza, Eric Savini et Rémi Arnaudo qui évoluaient sous les couleurs de la B. Dorée portent désormais les armoiries de la B. Commerciale de Saint-Martin-de-Crau. S’ils réussissent à sortir de leur poule, ils seront battus en huitièmes de finale. Dès lors, la course au titre reste bien ouverte et les quatre dernières formations se retrouveront ce mardi où l’on commémore l’armistice pour tirer leurs dernières salves. Natalie Simitsidis va en découdre face à Patricia Bollens alors que Sandra Roche va rencontrer Sylvie Carries.

    Résultats des quarts de finale

    1) Natalie Simitsidis (B. Dorée) bat Catherine – Luc et Mathys Calderon (B.Gazeuse) 13 à 5

    2) Patricia Bollens (C. St Michel P de C) Bat Marie José Parodi – Paul Bertrand -Robin Martinez (B.Commerciale) 13 à 0

    3) Sandra Roche (Boule Ste-Rosalie) bat Patricia Servino – Mohamed Bouchichi – Patrick Porcu (B. Dorée) 13 à 3

    4) Sylvie Carries (B. Amicale Velaux) bat Nadia Mourdault – Jason et Daniel Borg (Boule Gazeuse Istres Rassuen) 13 à 5