Tag: population

  • [Entretien] Jean-Luc Beccari, directeur du Sdis 13 : « Pensez à nous, au bout du bout, il y a des vies »

    [Entretien] Jean-Luc Beccari, directeur du Sdis 13 : « Pensez à nous, au bout du bout, il y a des vies »

    La Marseillaise : Le risque incendie était estimé sévère ce jeudi 23 juillet, comment appréhendez-vous cette nouvelle alerte ?

    Jean-Luc Beccari : Avant de vous répondre, je voulais rendre hommage à nos collègues de Savoie et de Gironde, puisque ce sont trois sapeurs-pompiers qui sont décédés depuis le début de la saison, et qu’on a en tête leur sacrifice. On appréhende cette journée avec beaucoup de préparation, on sait faire. C’est une des journées où les indicateurs de risque sont les plus importants depuis le début de la saison, même si depuis mi-juin, on en a eu une succession. Aujourd’hui, quasiment 980 sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône sont prêts, dans leurs casernes, ou prépositionnés sur le terrain, pour faire face aux opérations de secours courantes, mais aussi surtout au départ de feu que l’on pourrait avoir dans des conditions de sécheresse et de vent extrêmes sur certaines zones du département.

    Concrètement, que se passe-t-il quand un feu est détecté ?

    J.-L.B. : Très souvent, c’est un appel de secours par un témoin qui voit une fumée ou directement le feu du bord de la route. Sur le 18 et le 112, on le prend en compte directement. La détection peut aussi se faire par notre réseau de vigies, une trentaine, positionnées sur des points hauts des massifs forestiers. L’ensemble de ces éléments sont récupérés ici, dans ce centre opérationnel, et vont nous permettre d’engager les premiers moyens d’intervention, souvent d’ailleurs des forestiers sapeurs du Conseil départemental qui maillent, avec 60 patrouilles, le territoire. Et on va faire converger les moyens de secours des casernes et du dispositif préventif que vous voyez derrière moi prépositionné sur le terrain.

    Quel premier bilan tirez-vous
    de cette saison par rapport
    à la précédente
     ?

    J.-L.B. : Nous avons eu 379 départs de feu depuis le 1er juin. C’est plus que l’an passé, mais les surfaces sont contenues. Pas moins de 95% des feux sont éteints avant d’atteindre les 5 hectares. L’an passé, nous avions eu trois feux qui avaient pratiquement créé la totalité de la surface. Mais soyons humbles, on a une grosse journée à passer, et surtout, nous sommes le 23 juillet, notre saison est encore devant nous.

    L’usage de nouvelles technologies, comme les caméras dotées d’intelligence artificielle, est-il un atout ?

    J.-L.B. : Ces caméras intelligentes sont pour l’instant expérimentales, utilisées en « back-up » du dispositif humain. Il faut les mettre à l’épreuve du réel car on a beaucoup d’activités autour des massifs et du monde qui circule sur les routes. Trois projets sont en cours, on en tirera des conclusions en octobre.

    Vous insistez aussi sur
    la prévention. Quel message souhaitez-vous faire passer
    à la population
     ?

    J.-L.B. : Tout notre dispositif a, bien évidemment, une limite. Celle des départs de feu multiples, celle de l’imprudence qui peut créer des départs de feu dans des zones extrêmement dangereuses, et aujourd’hui, malgré notre mécanisme mis en place, rien ne peut être plus efficace que le comportement de la population dans ces journées à risque. Alors quoi dire ? Pensez à nous ? Pensez à ceux qui sont tombés il y a quelques jours en Gironde. Pensez à eux quand vous êtes en voiture et que vous êtes tentés de jeter votre mégot par la fenêtre. Pensez aussi à ceux qui perdent leur maison. Peut-être, alors, que vous ne ferez pas un barbecue en bordure de massif cet après-midi ou que vous ferez très attention si vous voulez couper un métal avec une disqueuse à proximité d’un massif forestier. Plus de 90% des incendies sont d’origine humaine. Cette mobilisation de chacun est indispensable. Et c’est pour ça que, même si on le répète sans cesse, il va falloir aussi vraiment mobiliser les gens. Au bout du bout, il y a des vies et il y en a trois qui sont tombées, c’est déjà trois de trop.

    Alors que les incendies sont
    de plus en plus précoces
    et intenses, pensez-vous qu’il faille revoir votre doctrine, l’attaque massive des feux naissants
     ?

    J.-L.B. : Je pense que les grands principes de notre stratégie nationale sont toujours bons. Même si dans leur mise en œuvre, il y aura toujours de l’amélioration continue. L’évolution majeure est à avoir dans nos réflexions autour de l’aménagement du territoire. Il faut absolument qu’on réfléchisse au cloisonnement de nos massifs, à l’aménagement agricole et aux coupures vertes, à réinvestir les espaces qui peuvent être en friche, à travailler sur des ceintures peut-être vertes autour d’un certain nombre de villages, dans certaines configurations. L’aménagement DFCI pour « Défense de la forêt contre l’incendie », est capital pour accéder également aux massifs. Et puis il y a les obligations légales de débroussaillement. Il faudra, quoi qu’il en soit, passer un cap. Parce qu’on a encore trop de situations où la lutte et la défense des points sensibles sont rendues extrêmement compliquée, voire dangereuse, parce que l’habitation ou les accès ne sont pas débroussaillés, parce qu’il n’y a pas d’eau disponible et parce qu’on a de la voirie, parfois, qui ne nous permet même pas d’accéder avec nos véhicules sur des lieux habités. L’enjeu immédiat est probablement d’intervenir de manière plus conséquente et plus forte pour arriver à améliorer la « défendabilité » des zones d’interface entre habitat et forêt. Une oliveraie, une vigne entretenue, ou l’agro-pastoralisme qui existaient quand nous avons investi notre espace rural ou péri-rural et qui, petit à petit, ont perdu du terrain, peuvent aussi réellement être de nouveaux outils.

  • Des cendriers de poche offerts pour contrer les jets de mégots

    Des cendriers de poche offerts pour contrer les jets de mégots

    Dans le cadre d’une semaine de sensibilisation aux mégots mal jetés, la Confédération des Buralistes, la Métropole Aix-Marseille-Provence et Alcome, éco-organisme dédié à la réduction des mégots dans l’espace public, se sont associés pour mener une campagne intitulée #MonMégotOùIlFaut. Ils sont venus présenter leur initiative, ce jeudi, sur la terrasse de la brasserie Le Delibes (8e), avec comme mot d’ordre : « Neuf déchets sur dix sont des mégots. »

    Au total, 129 buralistes marseillais s’engagent à distribuer gratuitement à leurs clients près de 70 000 cendriers de poche. Une initiative qui vise à lutter contre la présence de ces déchets dans la rue. « Aujourd’hui, le mauvais jet du mégot par terre est inconscient », explique Jonathan Decottignies, directeur des opérations d’Alcome. Il appelle à « une réelle prise de conscience », alors que « quatre à cinq mégots sont présents en permanence tous les 10 mètres de voirie », affirme cette fois Hedi Ramdane, conseiller métropolitain délégué à la propreté et adjoint au maire de Marseille.

    En contact direct avec les fumeurs, les buralistes sont « le premier maillon à solliciter », explique Jonathan Decottignies. Un avis partagé par Frédéric Pourchier, président de la Fédération départementale des buralistes des Bouches-du-Rhône. Ce dernier se dit prêt à faire de la « prévention auprès des clients », car, selon lui, « c’est aux buralistes d’habituer les consommateurs ». Une manière également de montrer que les buralistes peuvent « s’engager pour l’écologie ».

    Pas de solution miracle

    À la fin de leurs discours, les trois hommes ont testé les cendriers. Ceux-ci peuvent contenir, selon eux, « une dizaine de mégots de cigarettes » et « ne dégagent aucune odeur dans les sacs ».

    Ainsi, les cendriers de poche restent l’outil « le plus important » pour sensibiliser la population, selon le président de la Fédération des buralistes. Pourtant, un seul cendrier ne suffit pas à répondre à l’ampleur du problème. En effet, « il en faut quatre à cinq à chaque fumeur pour qu’ils soient utilisés de façon régulière », afin « d’en avoir toujours un à disposition », explique Aliénor Galamez, déléguée régionale d’Alcome. Elle l’assure toutefois : « Le stock a été calculé pour que tout le monde puisse être équipé. »

    Si la Métropole et Alcome affirment agir tout au long de l’année face à ce phénomène, ils admettent « renforcer leurs efforts » en période estivale, où un nombre plus important de déchets est constaté. En effet, le jet de mégots sur la voirie est « un problème particulièrement récurrent en milieu festif et sur les plages où ont lieu de nombreux apéros », note Aliénor Galamez. Des « hot spots » (lieux où les déchets sont nombreux) ont été identifiés par la Ville afin de renforcer la prévention.

    Provence-Alpes-Côte d’Azur est la région qui compte le plus de fumeurs en France, selon une étude de Santé publique France publiée en 2024.

  • [Loi d’urgence agricole] Un « passage en force » contesté devant l’Assemblée nationale

    [Loi d’urgence agricole] Un « passage en force » contesté devant l’Assemblée nationale

    Alors que la loi d’urgence agricole devait être votée dans la soirée par les députés, avant son passage au Sénat prévu ce mardi, ses détracteurs se sont rassemblés, lundi soir, au pied de l’Assemblée, pour manifester leur opposition. Parmi les structures présentes : Extinction Rébellion, mouvement de lutte contre l’effondrement écologique, Les Soulèvements de la Terre, collectif écologiste radical, mais aussi la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole français.

    Nina Lejeune, éleveuse de volailles dans le Var et représentante de la Confédération paysanne Paca au secrétariat national du syndicat, fait partie de ceux qui ont choisi de venir, sur place, revendiquer leur colère. « Il est fondamental que nous exprimions notre rejet de cette loi, s’est-elle indignée. Des reculs sont en train d’être actés sur la question agricole avec en tête de liste la fin d’une gouvernance partagée. »

    « Retour en arrière »

    Car la loi, en plus de favoriser la construction de dispositifs de stockage d’eau à usage agricole, supprime l’obligation de réunions publiques pour leur autorisation environnementale. « Pour nous, qui défendons un partage équitable de la ressource et une gestion partagée, c’est un retour en arrière à la fois démocratique et environnemental », défend l’éleveuse.

    Autre grand motif de crispation : la réintroduction de deux pesticides, l’acétamipride et le flupyradifurone, interdits en France, mais autorisés dans l’Union européenne. Une idée directement héritée de la loi Duplomb, qui avait l’été dernier suscité une importante opposition citoyenne : la pétition publiée sur le site de l’Assemblée nationale pour s’y opposer avait recueilli plus de 2,1 millions de signatures. L’article sur les pesticides avait finalement été censuré par le Conseil constitutionnel. « Le gouvernement fonce tout droit vers le modèle agroalimentaire défendu par la FNSEA [premier syndicat agricole, Ndlr.]. Mais c’est aussi à la population de choisir ses orientations agricoles. C’est un passage en force », conclut Nina Lejeune.

  • Les agents de l’hôpital de Martigues votent la grève contre l’austérité

    Les agents de l’hôpital de Martigues votent la grève contre l’austérité

    « Ce n’est pas une question de statut, de grade ou de métier, si on se mobilise pas tous ensemble jusqu’au bout, le bateau coule. » Ce brancardier de l’hôpital de Martigues a donné le ton de l’assemblée générale du personnel, bondée, organisée à l’initiative de la CGT et rejointe par la CFDT.

    Au cœur des préoccupations, les mesures sociales présentées par la direction aux syndicats le mois dernier et dont certaines doivent s’appliquer dès septembre. Le plus gros point d’achoppement est celui de la pause méridienne, dont le projet est de ne plus la décompter du temps de travail. « C’est impensable pour nous alors que ça fait partie de la prise en charge de prendre le repas avec les patients », s’insurge cette soignante en psychiatrie. Inquiétude aussi au bloc opératoire. « On mange sur site, si on devait sortir manger à tour de rôle, c’est juste pas possible », pour cette infirmière au bloc opératoire, notamment en raison des procédures très encadrées de préparation sanitaire.

    Autre mesure, la fin des gardes de 24h dans certains services. Cette infirmière anesthésiste au bloc opératoire indique que « ce roulement convient très bien à l’équipe depuis 20 ans ». « La direction veut couper le service en deux fois douze heures, ce qui voudrait dire travailler plus souvent et des roulements de nuit imposés. Le confort de vie personnel est menacé sans salaire ni repos en plus », poursuit-elle.

    Une autre infirmière du bloc complète : « On devra faire des astreintes de nuit mais au final on devra des heures à l’établissement car on n’aura pas assez travaillé. Avec parfois 47 passages au bloc, on travaille déjà jusqu’à des heures pas possibles. » « On a besoin de repos ! Au bloc on est habillé pendant 4-5h et on doit être concentré sur le robot chirurgical. Sinon, c’est un danger direct pour le patient », insiste-t-elle.

    Un laboratoire

    pour les autres hôpitaux ?

    La mobilisation a déjà commencé. « On a commencé une opération escargot au bloc, on a prévenu les chirurgiens qu’on ne ferait que 10 opérations, pas 47. Ils nous soutiennent, donc ils se plaindront à la direction », détaille cette autre infirmière de salle de réveil. « Notre espoir est de les emmener avec nous » reprend une autre infirmière du bloc, « Les opérations c’est ce qui ramène le plus d’argent à l’hôpital, c’est là qu’il faut taper. On met pas en danger les patients. » De la même manière, les agents du service facturation, sous « grosse pression de la direction pour faire rentrer l’argent » selon l’une d’entre elles, compte aussi se mettre en mode escargot et ne facturer que les consultations, non plus les hospitalisations. « C’est le seul moyen de pression qu’on a car on ne veut surtout pas toucher aux soins », justifie-t-elle.

    En filigrane de la mobilisation au CH de Martigues, les agents pensent aussi global. « À Arles et Aubagne, ils sont aussi en plein conflit social, face à des mesures faites à partir de Martigues », analyse à l’assemblée cette syndiquée CGT. La grève d’une heure jeudi 16 juillet prochain a été votée à l’unanimité par les participants. « Nous allons interpeller les élus du territoire et la population sur les marchés », précise Laure Privat, secrétaire du syndicat CGT de l’hôpital.

    Contactée, la direction du CH de Martigues n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • Risque très sévère d’incendie sur tout l’arc méditerranéen

    Risque très sévère d’incendie sur tout l’arc méditerranéen

    Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, est attendu à 15h à Marseille, où il sera informé de la situation de la saison des feux en cours. Il présidera, à partir de 16h15, une cellule interministérielle de crise sur la canicule.

    Au sein de l’état-major des sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône, l’heure est à la mise en garde. La phase est « inédite » si tôt dans l’été, assure le lieutenant-colonel Pascal Bergé, officier supérieur départemental au Sdis 13. En cause, des « conditions météorologiques assez complexes avec le Mistral qui va se lever en continu pendant 72 heures », signale-t-il, mercredi. Canicule, vent chaud, végétation asséchée, « on est en alerte maximale (…), tout l’arc méditerranéen est en vigilance, en risque très sévère », confirme le lieutenant-colonel, avec une attention particulière portée sur l’Étang de Berre.

    Dès lors, en plus des 500 pompiers de garde dans la caserne, 396 personnes supplémentaires ont été déployées, dans les 59 centres de secours du département des Bouches-du-Rhône. Un maillage qui sera maintenu tout l’été.

    À Bouc-Bel-Air, un dispositif préventif est mis en place dans le cadre « de la stratégie nationale et départementale d’attaque massive des feux naissants pour les éteindre dès les premières minutes », explique le commandant Arnaud Cambe. Le groupe de 18 pompiers dispose de cinq véhicules, dont quatre camions spécialisés dans la lutte contre les feux de forêt. Il est posté dans une zone « proche de l’interface habitat-forêt » et d’« un axe routier ». Ici, cours du Ferrage, le chef de groupe David Marin briefe l’équipe. Il s’assure que chacun dispose de suffisamment de ravitaillement. « Il va faire chaud, on prend soin les uns des autres, c’est le plus important », intime-t-il à la rangée qui se tient devant lui. « Pensez à vous hydrater et à vous préserver au maximum », renchérit Arnaud Cambe, la nuit s’annonçant longue.

    Le terrible incendie qui a ravagé Les Pennes-Mirabeau et l’Estaque, il y a un an, presque jour pour jour, a marqué les esprits. « La crainte n’est pas forcément d’avoir un grand feu, mais d’en avoir plusieurs. C’est la simultanéité des chantiers qui peut rendre compliquée la gestion d’une opération, on ne pourra pas mettre un camion derrière chaque maison », alertait dans la matinée le lieutenant-colonel Pascal Bergé. Face à cela, il appelle les habitants « au bon sens » : pas de feu, ni de barbecue et encore moins de mégots jetés par les fenêtres ; l’une des principales causes de départs de feux. Et surtout, « on écoute les consignes qui sont données par les autorités ».

  • Les feux de forêt, principal péril estival dans le Var

    Les feux de forêt, principal péril estival dans le Var

    C’est une rengaine dont on se passerait volontiers. Chaque été, le Var figure parmi les territoires français les plus exposés au risque d’incendie. Entre les fortes chaleurs, une population estivale multipliée par deux, le vent et ses 388 000 hectares de forêts, le département présente tous les ingrédients propices aux départs de feu. Avec 67 % de sa superficie boisée, il est d’ailleurs le troisième département le plus forestier de France en proportion.

    Un cocktail encore plus explosif cet été que les autres, avec un mercure qui a atteint des niveaux jamais enregistrés dans le pays, entraînant « trois semaines d’avance en termes de sécheresse », alerte Eric Grohin, directeur du Sdis du Var. « Des conditions de feu » rendues d’autant plus préoccupantes par « le vent important » attendu dans les prochains jours, et « une saison qui rappelle beaucoup l’année 2003 », s’inquiète-t-il.

    C’est dans ce contexte que la ministre des Armées, Catherine Vautrin, a rendu visite au 7e Régiment d’instruction et d’intervention de la Sécurité civile (Riisc) de Brignoles, qui appuie les services de sécurité civile dans la lutte contre les catastrophes naturelles, jeudi dernier. Et annoncé le déclenchement avancé de l’opération Héphaïstos, mission estivale de vigilance contre les incendies.

    « Le meilleur feu, celui

    qui ne se déclenche pas »

    Alors que l’on déplore déjà cinq fois plus de départs de feu et de surfaces parcourues qu’à la même période l’an dernier, même si les incendies sont restés de taille modeste, la prévention demeure le premier levier d’action. Car « le meilleur feu est celui qui ne se déclenche pas », martèle le préfet du Var, Simon Babre.

    Outre le rappel des obligations légales de débroussaillement, des campagnes de sensibilisation contre les jets de mégots et les feux de camp ont été déployées. À cela s’ajoutent 44 patrouilles de surveillance et d’intervention présentes dans les massifs forestiers. La carte d’accès aux massifs est actualisée quotidiennement pour informer les usagers des restrictions. Si la prévention ne suffit pas, les contrevenants s’exposent à des amendes pouvant atteindre 1 000 euros pour un mégot jeté en forêt, voire à des peines de prison en cas d’incendie.

    Sur le terrain, jusqu’à 1 150 pompiers pourront être mobilisés chaque jour, renforcés, si besoin, par des moyens militaires. Côté matériel, le Sdis s’appuye sur quatre hélicoptères bombardiers d’eau, 100 camions-citernes feux de forêt moyens, 37 fourgons pompe-tonne de 3 000 litres de capacité, de véhicules tout-terrain et drones. « Chez nous, la réponse, c’est les grandes capacités d’eau et la capacité à l’acheminer dans les zones reculées », soutient le préfet. Des moyens actés par quatre conventions signées entre Département et État, « avec une aide au Sdis passant de 51 à 63 millions », souligne Jean-Louis Masson, président du Département.

  • Les services de l’État font part de leurs priorités pour l’été dans le Var

    Les services de l’État font part de leurs priorités pour l’été dans le Var

    Police et gendarmerie, des renforts annoncés

    Avec de nombreuses festivités (14 juillet, 15 août, festivals, concerts…) et une population multipliée en moyenne par deux dans l’aire toulonnaise, 150 policiers, deux compagnies de CRS et 11 maîtres-nageurs sauveteurs sont mobilisés en renfort. L’opération « tranquillité vacances », qui a connu 748 déclarations l’été dernier, « a bien fonctionné, avec aucun incident à déplorer », indique le DIPN, qui appelle « davantage de personnes à se déclarer car il y a tout de même un certain nombre de cambriolages ». Sur les trois zones gendarmerie, deux brigades nautiques seront déployées aux lacs de Saint-Cassien et de Sainte-Croix, notamment pour lutter contre le camping sauvage, facteur de risque d’incendie. Un renfort de 50 gendarmes mobiles et d’unités équestres (12 personnes ) est également attendu.

    Attention particulière sur les noyades

    La totalité des postes de secours sont ouverts avec 189 personnes mobilisées. Face aux 55 noyades déplorées en France en 2026, dont plusieurs dans le Var, le Sdis mise sur la prévention et le respect des zones de baignade en plus de la surveillance. Le Service départemental à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (SDJES) annonce aussi des contrôles sur la surveillance des piscines et des parcs aquatiques, ainsi qu’une vigilance sur la plongée sous-marine.

    Les leçons de Crans Montana sur les ERP

    Après le drame de Crans Montana cet hiver, la Direction départementale de protection des populations (DDPP) a réalisé des contrôles incendie dans 3500 établissements recevant du public (ERP). Sur les 210 qui avaient reçu un avis défavorable en début d’année, 182 le sont encore. Parmi eux, des lieux festifs (1), de sommeil (80) et des campings (14, contre 45 en 2023). Des prescriptions ont été faites aux 153 maires varois.

    Les structures sanitaires en alerte

    Même si le Var reste pour l’instant plutôt épargné par les conséquences de la canicule, avec un nombre commun d’appels au SAMU et de passages aux urgences (1 000 à 1 050), les acteurs médico-sociaux restent en alerte, avec un suivi très fin des indicateurs d’activité tels que le nombre de passages aux urgences, dont ceux imputables à la chaleur. Un plan de gestion de crise a par ailleurs été établi dans les Ehpad.

    Chasse au travail illégal, un arrêté pour le BTP

    L’Inspection du travail annonce une intensification de la lutte contre le travail illégal, notamment dans le secteur touristique. Un arrêté préfectoral a par ailleurs été pris concernant les travaux en BTP, qui peuvent se dérouler entre 6h et 21h (22h dans certains cas), contre 8h à 19h d’ordinaire, pour laisser plus de latitude dans l’organisation et travailler dans de meilleures conditions.

  • Un nouvel épisode de canicule démarre

    Un nouvel épisode de canicule démarre

    Des jours chauds et des nuits tropicales… Un peu épargnée jusque-là, notre région rentre à son tour dans la séquence canicule qui sévit déjà dans une bonne partie de la France. Alors que 49 départements sont placés « en vigilance rouge canicule » lundi, un record, à partir de midi, les départements des Bouches-du-Rhône, du Var et du Vaucluse sont placés en vigilance orange.

    Une période de chaleur « longue, intense » avec « en début de semaine, les températures les plus chaudes jamais observées », a prévenu dès ce vendredi Sophie Voirin, permanencière à la direction de Météo France lors d’un point de situation. Dès le dimanche, « des pointes à 40 degrés dans l’intérieur de la Provence » seront atteintes précise-t-elle. Un épisode similaire à celui de juillet 2019 et août 2003 ajoute-t-elle en termes d’intensité pour les températures, aussi bien la nuit que le jour.

    Plus précisément ce sera chaud dans le Var, le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence ou les Bouches-du-Rhône, indique Paul Marquis, météorologue indépendant, qui assure des prévisions locales avec son application « La météo du 13 ». Un épisode dont la fin reste pour le moment incertaine, mais pourrait durer au moins toute la semaine. « Des modélisations voient la canicule perdurer jusqu’au 28 juin, d’autres jusqu’au 3 juillet », précise-t-il.

    « étant donné la masse d’air chaud, le dôme de chaleur qui va s’inviter à partir de ce week-end sur le pays, est un élément météorologique qui, une fois qu’il est en place, met du temps à bouger, à évoluer », confirme François Gourand, prévisionniste à Météo-France.

    Un impact sanitaire

    Cette chaleur va peser lourd sur les organismes. « La santé de la population dans son ensemble peut être affectée », alerte Sophie Voirin, rappelant qu’un numéro vert a été mis en place* par le ministère de la Santé. C’est d’ailleurs quand on prend en compte l’impact sanitaire qu’on utilise le mot canicule détaille François Gourand.

    Pour ce qui est des alertes météo, des départements classés orange pouvant passer au rouge cette semaine, « les critères se basent sur les seuils de température par département qui tiennent compte des canicules passées et leurs impacts sur la mortalité et le niveau d’acclimatation du territoire » poursuit Sophie Voirin. Provence-Alpes-Côte d’Azur a été la région la plus touchée en 2025, avec la mortalité attribuable à la chaleur la plus importante de l’hexagone, note dans son bilan publié en février 2026, Santé publique France. Soit plus de 710 décès attribuables à la hausse des températures. Concernée par 3 des 4 épisodes de canicule cette année-là, la région a vu grimper le recours aux soins d’urgence. Près de 2 800 pour canicule enregistrés pendant l’été, dont 27% pendant les épisodes météo, deux-tiers de ces passages étant suivis d’une hospitalisation poursuit l’agence nationale. Toutes les classes d’âges étaient concernées mais les personnes de 75 ans ou plus ont été les plus touchées précise-t-elle.

    Parmi les populations fragiles, on retrouve aussi les personnes à la rue. « Elles meurent de chaud, l’accès à l’eau est vital en période de canicule, plus encore pour les personnes sans abri, particulièrement exposées », alerte Médecins du Monde ce jeudi 18 juin, qui « demande une mise à l’abri immédiate » et « l’accès à un accueil et à un logement dignes ».

    Avec cette fournaise, le risque incendie sera également élevé prévient Sophie Voirin, la « météo des forêts » passant à l’orange pour la semaine, et même rouge dans le Vaucluse depuis vendredi dernier. Le taux d’humidité de 20% rendant ce département et le nord des Bouches-du-Rhône particulièrement exposés.

    Après celle déjà vécue fin mai, cette nouvelle vague de chaleur ne surprend pas. « On l’a vu venir il y a une semaine » commente Paul Marquis. « Nous nous attendons à observer des canicules de plus en plus précoces, intenses, fréquentes et tardives », analyse Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France. De là à dire que l’été sera brûlant, il n’y a qu’un pas que ce dernier se refuse à franchir. « Il n’y a pas de lien entre la canicule que nous connaissons et la suite de l’été. Les événements sont indépendants. La canicule que nous connaissons, aussi intense soit-elle, ne présage en rien de l’été qui arrive », assure le scientifique.

    Mireille Roubaud

    * Canicule info service
    au 0800.06.66.66

  • Une intersyndicale bien décidée à résister aux politiques antisociales

    Une intersyndicale bien décidée à résister aux politiques antisociales

    « On a décidé, avec les organisations syndicales progressistes, celles qui ont conscience du moment dans lequel on se trouve, de nous mobiliser aujourd’hui devant l’UPV », commence le secrétaire général de la CGT, Richard Roméo-Giberti. Et de poursuivre : « On a des adversaires de classe aussi bien dans la classe politique que dans le patronat visiblement, puisqu’ils s’acoquinent les uns avec les autres. »

    D’où la nécessité de se rassembler et de construire un rapport de force pour refuser cette connivence antisociale et leurs offensives. « La majorité gouvernementale, bien aidée par l’extrême droite, veut voler le 1er Mai aux salariés qui sont en première ligne, c’est-à-dire les salariés du commerce », reprend le patron de la CGT dans le Var.

    Une nouvelle tentative d’enfoncer aujourd’hui un coin dans les acquis sociaux, après deux premières charges infructueuses en janvier et en avril, avec le passage au Sénat « d’une proposition de loi qui ouvre en grand les possibilités de déroger au 1er Mai avec le travail des boulangeries et des fleuristes ».

    Un attrape-nigaud, prévient-il, puisque derrière la rhétorique de défense du petit commerce, c’est encore au profit des grands groupes, comme Interflora et Carrefour, que la majorité veut légiférer. « Et si on laisse passer ça, on s’expose à d’autres coups bas, met en garde Richard Roméo-Giberti. On voit très bien que leur intention, c’est de s’attaquer in fine, notamment à la cinquième semaine de congés payés ». Et de poursuivre : « Le 1er Mai, on n’y touche pas. C’est le seul jour chômé pour tout le monde et c’est le fruit de décennies et de décennies de luttes sociales. »

    Pas de justice sociale

    sans solidarité

    Pas question en tout cas, « après s’être fait voler deux ans de vie avec la retraite à 64 ans », d’accepter de laisser banaliser le travail le 1er mai, « au nom du profit et des lobbies économiques ».

    « Nous refusons cette attaque symbolique et sociale ! Le 1er Mai est un jour de solidarité, de lutte et de conquêtes sociales. Il appartient au monde du travail, pas aux actionnaires », affirme avec force Zoé Desmoulins (Solidaires), lors de la prise de parole de l’intersyndicale.

    Géraldine Compain (Unsa) met en évidence, elle, que « faire travailler davantage celles et ceux qui peinent déjà à boucler les fins de mois ne répond en rien à l’explosion des prix de l’alimentation, à l’augmentation des loyers et des factures d’énergie, aux salaires qui stagnent et à la précarité qui gagne du terrain ». D’autant plus une aberration, dénoncent les syndicats, que pendant que « la vie chère étouffe la population, les grandes entreprises accumulent les profits ».

    L’intersyndicale exige donc l’augmentation immédiate des salaires, pensions et minima sociaux ; l’indexation des salaires sur les prix ; ainsi que le blocage des prix des produits de première nécessité et de l’énergie.

    Julie Birebent (FSU) a rappelé comment, pendant ce temps, comme toujours, « l’extrême droite tente de détourner la colère sociale en désignant des boucs émissaires et en essayant de se mettre dans la poche du patronat ». Et vote, impunément pour l’instant, contre les intérêts des salariés, contre les droits syndicaux et contre les solidarités.

    « Le progrès social se construit par l’unité des travailleurs, pas par la division », a martelé Anaïs Pascual (CGT). De l’unité, il va en effet en falloir pour défendre efficacement les droits et les libertés menacés. « Il n’y a pas de justice sociale sans démocratie et sans solidarité », insiste-t-elle. Et de poursuivre : « Nous exigeons des salaires pour vivre, pas survivre ! »

    Une aspiration largement partagée qui devra se traduire par de grandes mobilisations politiques et sociales pour aboutir.

  • La Poste confirme les fermetures estivales

    La Poste confirme les fermetures estivales

    Sollicitée par La Marseillaise suite aux annonces de fermetures estivales de bureaux de poste à Martigues (notre édition du 10/06), La Poste a détaillé ses mesures estivales.

    L’entreprise confirme que « le bureau de Poste de Martigues Jonquières ajustera ses horaires du 6 juillet au 29 août 2026 », en instaurant une coupure entre 12h et 14h. « Le bureau reprendra ses horaires habituels à compter du 31 août 2026 », précise La Poste, qui redirige les clients vers le bureau de Ferrières, confirmant une « fermeture estivale du 3 au 22 août inclus ». Outre Ferrières, les bureaux vers lesquels redirige La Poste sont ceux de Croix-Sainte et La Couronne, à Martigues, ainsi qu’à Saint-Mitre-les-Remparts.

    « Que La Poste sache

    que ça ne passera pas »

    La Poste n’a pas répondu à notre demande de précisions sur une demande de rencontre formulée par la Ville de Martigues. En attendant, le Comité de vigilance postale de Martigues s’est mis en campagne contre ces fermetures estivales, en annonçant deux actions de sensibilisation à l’issue de son assemblée générale de jeudi dernier (notre édition du 12/06).

    « On veut que La Poste sache que ça ne passera pas », affirme le président du comité de vigilance, Francis Fournier. « On va aller avec un tambour à la sortie des écoles pour annoncer à la population ce qui va se passer », poursuit l’ancien postier, donnant rendez-vous « à tout le monde » sur les deux initiatives et sous une forme ludique.

    En l’occurrence, le comité se rendra à la rencontre des habitants sur la place centrale de Notre-dame-des-Marins, mardi 23 juin à 16h30, ainsi que devant l’école Robert-Desnos, vendredi 26 juin à la même heure.