Tag: pollution

  • La dépollution des scories du littoral Sud va démarrer

    La dépollution des scories du littoral Sud va démarrer

    Après sept comités de suivi en Préfecture et deux réunions publiques, la dernière organisée à la Maison du peuple à la Madrague fin juillet, un premier acte sera posé ce lundi dans la dépollution du littoral sud de Marseille*. Les dépôts massifs de scories métalliques, résidus de traitement du minerai de plomb, résultants de près de deux siècles d’activités industrielles, entre le Mont Rose et Callelongue, vont être mis en sécurité.

    En mars 2024, l’Ademe avait été missionnée pour assurer la maîtrise d’ouvrage de ces travaux visant à éradiquer les risques sanitaires liés au transfert de polluants contenus dans les scories vers le milieu naturel et les personnes. 14 millions d’euros ont été alloués au projet fin 2023, cofinancés par l’état, le conseil départemental, la Ville de Marseille et la métropole. En décembre dernier, le tribunal administratif de Marseille avait même condamné l’État à mettre en sécurité les dépôts pollués d’ici 2028.

    « L’objectif sanitaire est prioritaire : ces travaux visent à supprimer le risque d’exposition des personnes aux polluants contenus dans les dépôts de scories présents, en incluant une réhabilitation environnementale et paysagère, tenant pleinement compte des spécificités du site concerné : cœur du Parc national des calanques et site classé », indique la Préfecture qui sait faire face à l’inquiétude des riverains.

    Sept sites traités avant l’été

    L’ensemble du chantier concerne vingt dépôts terrestres identifiés comme prioritaires au regard de leur potentiel de contamination. Sept d’entre eux seront traités la première année de travaux (Samena, Port de l’Escalette, Carneau du mauvais Pas et Calanque des Trous) et treize autres l’année suivante. La « mise en sécurité » se fera selon les spécificités de chaque dépôt soit par « l’élimination complète des scories » soit par « un confinement des résidus au moyen d’ouvrages pérennes. »

    Le calendrier de réalisation des travaux a été fixé à deux périodes de sept mois de 2025 à 2027, entre les 1er septembre et 31 mars. Ce chantier « très encadré en matière sanitaire » insiste la Préfecture, intègre plusieurs dispositifs et protocoles de maîtrise des émissions et dégagement de poussières, ainsi qu’une surveillance régulière de la qualité de l’air et du milieu marin.

    En matière de transport, pour éviter l’engorgement de la circulation d’un secteur déjà surfréquenté, les bus 19 et 20 doivent être renforcés et des zones au-dessus du parking Napoléon et dans le secteur de la Maronaise, serviront de délestage durant les travaux. À noter enfin que deux zones de circulation alternée nécessaires à la bonne conduite du chantier (calanque des Trous et de Mauvais Pas) seront levées chaque week-end.

  • Pollution de l’air : que risquent les sportifs ?

    Pollution de l’air : que risquent les sportifs ?

    Cet été, le départ d’une célèbre course d’ultra-trail dans le Colorado (États-Unis) était menacé en raison de fumées issues de feux de forêts. En 2020, la qualité de l’air perturbait l’Open d’Australie de tennis à Melbourne. En 2014, les participants au marathon de Pékin s’élançaient dans le « smog » de la capitale chinoise. « Les grands événements sportifs sont de plus en plus perturbés par des problèmes de qualité de l’air qui deviennent récurrents », souligne Valérie Bougault, spécialiste de la santé respiratoire des sportifs de haut niveau à l’Université Côte d’Azur et membre d’un groupe de travail mis en place en 2019 par le Comité international olympique pour dresser le bilan des connaissances quant à l’impact de la pollution de l’air sur la santé des sportifs.

    La dizaine de spécialistes recrutés livrent leurs conclusions dans un article paru cette année dans le British Journal of Sports Medicine. « Nous savons peu de chose, résume la chercheuse, première autrice de l’article. Jusqu’à présent, il y a eu beaucoup d’études sur les effets de la chaleur, mais moins sur la pollution ». Il est encore difficile d’établir les doses inhalées et les effets des différents polluants pendant un exercice physique, constatent les auteurs, « ce qui rend difficile d’émettre des recommandations claires pour protéger la santé des athlètes ».

    Le risque ozone

    Un polluant semble toutefois se détacher : l’ozone. « c’est ce qui ressort des études de terrain qui confirment ce qui avait été observé en laboratoire », indique Valérie Bougault. Ce gaz se forme sous l’effet du soleil, des ultraviolets et de la chaleur, à partir de molécules d’origine humaine ou biogénique : les composés organiques volatiles (COV), les particules fines et le dioxyde d’azote issus des activités humaines d’un côté, et les COV produits par la végétation de l’autre. « Ce gaz oxydant réagit avec les bronches », explique la chercheuse. Causant des difficultés à respirer ou de la toux par exemple. Quant aux particules fines ou au dioxyde d’azote, « les conséquences directes sur la santé des sportifs sont peu claires, d’autant que les sources sont souvent localisées et peuvent être évitées », indique-t-elle.

    Que risquent les sportifs qui s’entraînent dans des environnements pollués ? « A priori, les sujets sains ne risquent pas grand-chose dans l’immédiat, si ce n’est une baisse des performances et des symptômes temporaires comme de la toux, les yeux qui piquent ou un mal de crâne, poursuit Valérie Bougault. Mais les effets d’une exposition répétée sont encore méconnus ». Et certains individus sont plus sensibles que d’autres. Quant à ceux ayant des problèmes respiratoires
    – comme de l’asthme – ou cardiaques, ils doivent être prudents. « Ils risquent une exacerbation de leur maladie pouvant conduire au décès », alerte la chercheuse. Un sujet à ne pas prendre à la légère.

  • Nouvelle mise en demeure pour la friche Legré-Mante

    Nouvelle mise en demeure pour la friche Legré-Mante

    Huit mois après une décision du tribunal administratif de Marseille lui ordonnant de sécuriser le site de la friche industrielle de Legré-Mante, à la Madrague de Montredon (8e), la préfecture des Bouches-du-Rhône a de nouveau mis en demeure le propriétaire du site, la Société française des produits tartriques Mante (SFPTM), à travers un arrêté publié ce mercredi. Lors d’une visite du site lourdement pollué, le 30 avril dernier, l’inspection de l’environnement a en effet constaté « des dégradations locales des dispositifs de restriction d’accès aux parcelles », et que « la cheminée rampante présente sur le foncier de la SFPTM est accessible en plusieurs points du fait de dégradations et de vandalisme sur les dispositifs en place », relate le nouvel arrêté préfectoral. Des dégradations déjà évoquées à l’audience, le 7 novembre dernier.

    La Préfecture donne donc trois mois à la société pour réparer ces clôtures et interdire aussi bien l’accès à la plage située au pied du crassier qu’à la cheminée rampante. Il lui est aussi ordonné de produire, dans un délai de six mois, une nouvelle note de synthèse sur le risque sanitaire global du site, « précisant les mesures correctives à mettre en œuvre le cas échéant ».

    Enfin, après l’annulation à l’été 2024 du permis pour la construction de 332 logements sur l’ancienne friche, la préfecture demande que les plans et le calendrier du nouveau projet lui soient transmis avant le 31 octobre. Porté une nouvelle fois par le fonds d’investissement Ginkgo et le promoteur Constructa, celui-ci prévoit désormais environ 130 logements. Le permis de construire a été déposé ces derniers jours, indique l’adjoint (MadMars) à l’Urbanisme, éric Mery.

  • La baignade sur les plages de Fos-sur-Mer interdite suite à une pollution aux hydrocarbures

    La baignade sur les plages de Fos-sur-Mer interdite suite à une pollution aux hydrocarbures

    La Ville interdit la baignade sur l’ensemble de ses plages (Grande Plage, Saint-Gervais et Cavaou…) par un arrêté municipal. Une décision a prise suite à la détection d’une nappe d’hydrocarbures, estimée à environ 1 000 m², en début de matinée par le poste de secours.

    La police municipale, les sapeurs-pompiers et la cellule Risques majeurs ainsi que les agents municipaux sont mobilisés afin d’assurer la sécurité des usagers et le processus de dépollution.

    Des analyses sont en cours pour déterminer l’origine et la nature exacte de cette nappe. La municipalité a d’ores et déjà déposé une plainte contre X « afin que toute la lumière soit faite sur cet incident», annonce-t-elle.

  • Préserver la nuit, pour préserver la vie

    Préserver la nuit, pour préserver la vie

    La nuit fait un pas.

    « Les choses de l’ombre vont vivre », écrit Victor Hugo dans un poème simplement titré La nuit. Car la nuit est aussi synonyme de vie et c’est pour permettre au monde nocturne de survivre et de se développer que des actions sont désormais menées par les communes pour diminuer la pollution lumineuse. La première motivation n’est certes pas la préservation du vivant. Elle est plutôt guidée par la dure réalité des budgets publics qui ont explosé lors de la crise de l’énergie, et par le tour de vis austéritaire imposé aux collectivités locales. Les villes et les villages ont alors croulé sous des factures insoutenables.
    Il a fallu éteindre les lumières pour des raisons budgétaires. Ces décisions ont néanmoins permis d’améliorer le bien-être de la faune
    et de la flore comme le démontrent de récentes études.

    Le service public a saisi les enjeux

    Mieux encore, des actions spécifiques sont orchestrées par des villes à l’image d’Aix-en-Provence qui travaille sur des corridors, une trame noire, pour protéger les chauves-souris. Une espèce « parapluie » essentielle pour protéger les autres espèces.

    Si le service public a en partie saisi les enjeux et améliore la lutte contre la pollution lumineuse, le privé est beaucoup moins sensible à cette bataille, pour ne pas dire indifférent. Laisser des bâtiments éclairés pour montrer sa présence dans le milieu urbain et, en conséquence, faire une démonstration de sa puissance économique, a des conséquences délétères sur la biodiversité mais aussi sur les êtres humains. D’où l’importance des actions de sensibilisation pour laisser la nuit reprendre toute sa place dans nos cités.