Tag: Poésie

  • Le concours d’écriture « Voix de femmes » signe son retour

    Le concours d’écriture « Voix de femmes » signe son retour

    Rassembler les femmes face à la montée des masculinismes » et promouvoir « la force poétique et créatrice des femmes » du pourtour méditerranéen : tel est le projet de l’association Forum Femmes Méditerranée (FFM), créée il y a 34 ans par Esther Fouchier.

    Trois jours avant l’inauguration de la saison Méditerranée, le 15 mai, à Marseille, l’association FFM lance une « saison off » dans le but de porter des sujets qui ne figureront pas au programme officiel. « Les questions relatives aux droits des femmes, à l’écriture et aux résistances en Méditerranée ne sont pas assez abordées et c’est pour cela que nous organisons la journée Voix de femmes autour de l’écriture de femmes de l’Algérie jusqu’à la Bulgarie », explique Esther Fouchier. Des débats, des lectures de poèmes et un concert sont prévus sur la journée. Basée à Marseille mais présente dans chaque pays du pourtour méditerranéen via un réseau composé de la société civile locale, l’association avait lancé un concours de nouvelles annuel pour promouvoir des « textes poignants à vocation universelle ».

    « Le salon littéraire a été organisé sans aucune aide, nous avons dû économiser pour relancer ce concours de poésie, en espérant avoir la force de le poursuivre », confie la présidente du FFM avant d’ajouter : « On ne peut plus tout faire bénévolement. Nous n’avons pas pu inviter des écrivaines faute de budget. » Comme d’autres associations, le tarissement de subventions nationale et européenne se fait lourdement ressentir depuis 10 ans.

    Le salon littéraire « Voix de femmes », organisé par Forum Femmes Méditerranée, se tient le mardi 12 mai de 9h à 18h30 à la Maison des associations, 93 la Canebière (1er).

  • Jean-Luc Sarré, au fil des mots et de son œuvre

    Jean-Luc Sarré, au fil des mots et de son œuvre

    Le numéro de mars de la revue Europe publie un dossier – 70 pages, un entretien, des courriers et six articles – à propos du poète Jean-Luc Sarré, décédé à Marseille en février 2018. Pour cette occasion le CIPM convie samedi 4 avril à 16h Christophe Fourvel, responsable du sommaire du dossier et de proches amis ou lecteurs de JLS, Nicolas Cendo, Daniele Mémoire, Gilles Ortlieb et Jean-Baptiste Para. Avant de s’établir en 1968 à Marseille, Jean-Luc Sarré (pour abréger, parce qu’il ne s’attardait jamais sur lui-même, on l’appellera souvent JLS) avait quitté en 1961 Oran et l’Algérie. Il a 17 ans quand il rejoint Draguignan, peu de goût pour les études de droit qu’il abandonne pour habiter le Danemark pendant trois ans. Trois ou quatre passions l’ont constamment habité : l’équitation, le jazz, la peinture contemporaine, les livres et la poésie. Un numéro du Matricule des Anges de mai 2010 et le cahier d’une autre revue Il Particolare ont évoqué sa biographie, ses rencontres avec deux poètes des Cahiers du Sud, Jean Malrieu et Jean Tortel, son statut de libraire-galeriste pendant dix ans au 211 bd de la Libération, à l’enseigne de La Touriale. Grâce aux amitiés qu’il nouait (entre autres avec un grand lecteur de Musil, le philosophe Jean-Pierre Cometti) ainsi qu’avec des lectures programmées au musée Grobet Labadie, Marseille eut la chance d’accueillir des poètes comme Du Bouchet, Esteban, Jaccottet et Bernard Noël. Ensuite, à partir du musée Cantini dont son ami Nicolas Cendo fut le conservateur, Germain Viatte sollicita JLS pour imaginer en 1985 la Villa Air Bel, la Planète Affolée et le passage des Surréalistes. Une plaque commémorative signale dans la Vieille Charité qu’Emmanuel Ponsart lui avait demandé de jeter les bases de la Bibliothèque du CIPM lorsqu’elle était domiciliée au Couvent du Refuge. Les trois écrivains qu’il aimait le plus profondément sont Faulkner, Montale et Jacques Dupin. Ses plus valeureux éditeurs furent Flammarion, La Dogan et Le Bruit du Temps. Dans Europe, un bel entretien de Jean-Luc Sarre avec Gilles Ortlieb raconte admirablement sa trajectoire.

  • Le Triptyk Théâtre, à Nîmes, met l’enfance à l’honneur

    Le Triptyk Théâtre, à Nîmes, met l’enfance à l’honneur

    « Dans notre monde techno-libéral qui veut exploiter chaque séquence de nos vies, la littérature apporte le souffle intact de nos espérances », écrit Denis Lanoy en préambule du programme de la 23e saison du Triptyk Théâtre, Maison théâtre des littératures à voix haute à Nîmes. En ce début d’année, le directeur a convié de nombreux auteurs de renom et promet de belles rencontres.

    Dédicacée à Victor Hugo, cette nouvelle saison démarrera par une soirée lecture autour des textes de l’auteur des Contemplations (le 5 février). Les 12 et 19 février, le Triptyk Théâtre accueillera aussi l’autrice Gabriella Zalapi, et la grande poétesse Albane Gellée « dont on voulait faire découvrir le travail », ajoute Denis Lanoy. Le 12 mars, l’écrivain et journaliste Nicolas Martin, ex-animateur de La Méthode scientifique sur France culture, prendra le relais autour de son premier roman Fragile/s.

    Parmi les temps forts de la saison, la désormais traditionnelle séquence de « poésie(s) en l’état », qui invite à l’échange entre lecteurs et auteurs et permet surtout d’interroger la place de la poésie dans le monde, se déroulera du 16 au 20 mars. Cette année, elle planchera plus précisément sur l’impact de la poésie chez l’enfant, grâce aux lumières des poètes Philippe Berthaut et Sylvie Durbec. « Lors du colloque, un psychiatre va nous accompagner pour savoir si c’est seulement un outil pédagogique destiné à développer la mémoire ou au contraire si la poésie participe à la sensibilisation de l’être », argumente le directeur.

    Denis Infante, Laure Adler, Nicolas Rey…

    Dans la foulée, le public ira aussi à la rencontre du prodigieux Denis Infante, le 26 mars, dont le fameux Rousse (son premier roman paru en 2024) a été couronné de succès. Suivra aussi la grande Laure Adler le 2 avril pour une soirée « Liberté », puis Nicolas Rey le 9 avril. L’autrice féministe Rebecca West sera également à l’honneur le 16 avril lors d’une soirée où son travail sera présenté par sa traductrice Sarah Idrissi.

    « On essaie toujours d’avoir quelques locomotives une ou deux fois par an, mais on ne veut pas faire de hiérarchisation. Les écrivains sont d’une richesse étonnante. Ils savent ce que veut dire écrire et ils sont très respectueux du travail de leurs pairs », souligne encore Denis Lanoy. Du 18 mai au 2 juillet, le Triptyk Théâtre expérimente aussi des séances en plein air. Au fil de plusieurs rencontres, il proposera des lectures de Marc Bernard, Françoise Sagan, Georges Perec (dans la cour du Cercle de l’avenir) ou encore Frédéric Mistral (à la maison diocésaine). « Cette partie-là est nouvelle. Généralement, à partir du mois de mai, on ne programme plus rien parce qu’on n’est pas climatisé et qu’il fait beaucoup trop chaud. Mais nous cherchons toujours des solutions pour continuer à être actifs », sourit Denis Lanoy, qui tient aussi à saluer le soutien ancien du Département du Gard et de la Ville de Nîmes. « Il est quasi-miraculeux que l’on puisse continuer malgré l’incertitude qui pèse sur le milieu de l’art et de la culture », remarque le directeur.

    Rendez-vous à 19h, au Triptyk Théâtre, 26, rue de la République, à Nîmes.

    Tarifs : 6 à 10 euros. Pour les lectures en plein air dans la cour du Cercle de l’avenir : 2 euros. La lecture autour de
    Frédéric Mistral (le 2
     juillet)
    est en accès libre. Mail
     : reservation.fantaisie.
    litteraire@gmail.com

    Tel. : 06.17.53.02.60.

  • Rap : Kery James sur un mode acoustique à Martigues

    Rap : Kery James sur un mode acoustique à Martigues

    Lui qui s’est même autorisé certaines incursions dans le monde du cinéma en tant que réalisateur et scénariste (Banlieusards), et au théâtre avec des pièces telles que À vif ou À huis clos. Désormais, il est actuellement en tournée, augurant un prochain album acoustique R.A.P., acronyme de Rap, amour, poésie, qu’il défend vendredi 24 octobre au Théâtre des Salins. Sur la scène nationale de Martigues, il sera accompagné de Pierre Caillot aux percussions, de Nicolas Seguy aux claviers, ainsi que d’un petit chœur, pour « se dévoiler sans artifice dans une ambiance intimiste au service de sa plume et de sa voix profonde qui se hissent au-delà d’un simple registre musical », indique la production du spectacle.

    Vendredi 24 octobre à 20h30. 25 euros

    www.les-salins.net

  • À la Friche Belle de Mai, fusée d’œuvres à trois étages

    À la Friche Belle de Mai, fusée d’œuvres à trois étages

    Au 3e étage de la tour Panorama de la Friche Belle de Mai, une sculpture mécanisée, lunaire et colorée aimante les regards. Fruit de l’art et de l’imagination de Loïc Pantaly, une « sonde destinée à projeter des arcs-en-ciel dans l’espace ». L’une des seize œuvres de l’exposition « La vie de l’espace », lancée ce week-end et produite par l’Observatoire de l’Espace du Cnes, le Centre national d’études spatiales. De la Mythologie lunaire de Johan Decaix à la sculpture en gélatine argentique de Sylvie Bonnot, Aéroplis, des pièces reflétant « le voyage des artistes dans le milieu extraterrestre ». Des augures spatiaux pour les trois expositions automnales de la Friche Belle de Mai.

    Subliminal et direct

    Gravir les étages de sa tour, c’est décoller d’univers en univers. Changement d’ambiance au 4e niveau, avec M.A.D (Model autophagy disorder). Un espace envahi par des artistes du collectif Le Dernier cri qui « travaillent sur des images générées par l’intelligence artificielle. Un outil comme un autre. Le seul intérêt de l’art, c’est de pervertir », assure son fondateur, Pakito Bolino, devant une forêt d’« images ambiguës » suspendues au son d’une musique infernale. « De loin, tu vois des têtes de mort », pointe-t-il, devant un triptyque duquel plus on s’approche, plus notre rétine y laisse apparaître membres et viscères. Autres temps, autres mœurs au cinquième étage de la tour, avec Veillée ardente, exposition de 17 artistes du festival « numérique et poétique », les Instants vidéo. « Un cri face à la noirceur du monde pour ne plus détourner le regard et prendre soin de ce qui nous entoure », résume sa co-directrice Naïk M’Sili. Au début du parcours, défilent des images d’ouvriers de la coopérative Scop-Ti qui « réactivent en danse » des « grèves par obstruction et par la lenteur » ayant pu marquer l’histoire sociale depuis celle des « cheminots italiens de 1905 », indique son créateur Paul Heintz. En quelque sorte, se souvenir pour mieux voir la réalité en face, comme peut aussi l’illustrer La condition et l’impossible de Nabil Aniss, triple écran témoignant des « rituels de danse et transe d’esclaves au Maroc » remontant aux XIVe et XVe siècle, « pour se libérer de l’oppression ».

    41 rue Jobin, Marseille 3e, les après-midi du mercredi au dimanche

  • Quand des vies simples deviennent poétiques

    Quand des vies simples deviennent poétiques

    « J’ai versé ma larme », confie Raymonde, 85 ans, en découvrant sa vie racontée par un autre. Ce mardi 16 septembre, l’association la Table ouverte recevait habitants, bénévoles et curieux pour présenter Raconte-moi ton histoire, un ouvrage écrit par Denis Lanoy, directeur de la Maison théâtre des littératures à voix haute.

    Fruit de huit rencontres, ce recueil rassemble neuf dialogues, retranscrits au plus près de l’oralité. Des existences parfois minuscules en apparence, mais qui, à travers les mots, révèlent une richesse insoupçonnée. Sous les voûtes du train, au cœur des nouveaux lieux d’entraide créés par la Table ouverte – épicerie sociale, friperie, ressourcerie – les participants ont écouté l’auteur lire des extraits. « C’est dans les interstices et les silences de nos rencontres que naît la poésie », sourit Denis Lanoy, qui dit avoir voulu restituer la force brute de l’oral.

    « On s’est parfois raconté des choses qu’on ne se serait pas dites sinon », observe Pietro Truddaiu, président de l’association. Lui-même a dialogué avec Lou, un jeune handballeur : « Je n’avais jamais vu de match, depuis, je suis allé trois fois voir l’Usam », plaisante-t-il. Une rencontre féconde : le club nîmois s’est engagé à soutenir Table ouverte en organisant des collectes. Mais au-delà de cette belle complicité, le livre témoigne d’un projet
    qui mobilise largement. Institutions, associations et habitants ont uni leurs forces pour le rendre possible : la CAF a apporté son soutien, tandis que la Politique de la ville, à travers la Ville, le Département et l’État, a contribué à son financement.

    À travers ce livre, l’association poursuit son travail d’ouverture, de lutte contre l’isolement et de création de passerelles. « L’homme ne se nourrit pas que de pain », insiste Pietro Truddaiu, rappelant que ce projet s’inscrit dans une dynamique culturelle plus large : spectacles, cinéma de plein air, expositions, sorties collectives… « On veut aider à sortir de ces journées grises qui parfois se résument à se nourrir, le loyer, le chômage. » Deux lectures publiques ont déjà permis à d’autres de découvrir l’ouvrage à la Maison théâtre des littératures à voix haute. D’autres sont prévues en décembre, dans le quartier Richelieu.

    * L’ouvrage est disponible à l’association, Arche n°3 du boulevard Talabot (éditions Sansouire, 5 euros)