Tag: Poésie

  • [Fête du 15 août] Pluie de festivités dans le ciel marseillais

    [Fête du 15 août] Pluie de festivités dans le ciel marseillais

    Karaoké géant, spectacle de drones ou encore feu d’artifice, tout Marseille est invité aux festivités exceptionnelles de ce samedi 15 août. La soirée se déroulera face à la mer, sur l’esplanade Gisèle-Halimi au niveau du J4, dans une ambiance que la Ville promet « conviviale et festive, pour toutes les générations et toutes les envies ».

    Dès 19h, le micro est tendu au public !

    Devenu un rendez-vous incontournable de l’été marseillais depuis sa création en 2021, le célèbre karaoké en plein air fait son grand retour pour cette nouvelle édition. Le temps d’une soirée, Marseillais et visiteurs sont conviés à « monter sur scène et devenir la star de la soirée ». Amateurs de R&B comme passionnés de chanson française, tout le monde pourra chanter en chœur, puisque le répertoire de cette année compte plus de 400 titres. Des tubes intemporels des années 80 au rap français, en passant par l’afrobeat, il y en aura pour tous les goûts.

    Un spectacle insolite dans les airs

    C’est le temps fort de la soirée. Dès 22h, le public pourra lever les yeux vers un spectacle aérien hors norme sous le thème de la « Méditerranée poétique ». Le traditionnel feu d’artifice s’associe à un ballet de drones inédit, conçu par le renommé Groupe F. Un rendez-vous d’une vingtaine de minutes « à découvrir et à partager en famille ou entre amis », soulignent les organisateurs. Ensuite, le karaoké reprendra de 22h30 à minuit, afin de clore la soirée comme elle avait commencé : en musique.

    Autour de la scène, l’ambiance sera de mise toute la soirée avec six stands d’animation ouverts à tous, un espace détente, une aire de pétanque et un coin restauration avec food trucks et bars installés en bord de mer.

    L’événement est entièrement gratuit et accessible à tous. La scène du karaoké dispose d’un accueil inclusion tandis qu’un accès PMR est prévu sur l’esplanade de la Major pour profiter du spectacle pyrotechnique. À noter qu’en cas de mauvais temps, les festivités pourront être reportées au dimanche 16 août.

    Andréa Goyard de Castro

    Circulation modifiée à retrouver sur marseille.fr

  • [C’est l’été] L’écho des mots à Saint-Jean-Saint-Nicolas

    [C’est l’été] L’écho des mots à Saint-Jean-Saint-Nicolas

    Théâtre, clown, balades contées… vous attendent dès ce lundi 10 août et jusqu’au 13 août.

    Entre 5 et 10 euros.

  • [C’est l’été] Mane : « 19h01 » à Salagon

    [C’est l’été] Mane : « 19h01 » à Salagon

    Ce jeudi, Baltazar Montanaro utilise la profondeur du violon baryton pour chanter un plaidoyer vibrant pour la fraternité, la poésie, la tolérance et la beauté.

    Concert à 19h01.

    Entre 6 et 8 euros.

    Gratuit pour les – 6 ans

  • [C’est l’été] L’herbier de Daudet à Fontvieille

    [C’est l’été] L’herbier de Daudet à Fontvieille

    Après une découverte de l’histoire de Daudet au château de Montauban, chacun réalise un petit herbier littéraire avec des plantes, des dessins et de l’écriture.

    Mercredi 5 août de 10h30 à midi.

    4 euros par enfant.

  • [C’est l’été] «J’irai jusqu’au rivage du soleil», de Forough Farrokhzâd

    [C’est l’été] «J’irai jusqu’au rivage du soleil», de Forough Farrokhzâd

    « Livre, intimité, poème, silence/Voilà pour moi l’ivresse de la vie/Qu’importe de n’avoir pas voie à l’Éden/Si en mon cœur est un éternel paradis », ainsi parlait Forough Farrokhzâd. Féministe, progressiste, et iconoclaste, la figure incontournable de la poésie iranienne est née à Téhéran en 1934, et morte dans un accident de voiture en 1967. À la faveur de la traduction et de l’avant-propos de Leili Anvar, elle revient à la vie pour entonner son hymne à la beauté, écouter le chant du chagrin, s’envoler au pays rose des fées de l’oubli.

    Gallimard, 10,40 euros.

  • [Week-end] La Dame Blanche arpente Valréas

    [Week-end] La Dame Blanche arpente Valréas

    La Dame Blanche est une déambulation lente, silencieuse et envoûtante portée par une marionnette géante accompagnée de ses quatre artistes-marionnettistes et deux musiciennes. Elle, figure féminine à la fois sage et puissante, avance avec grâce dans l’espace public. Eux, brillants et légèrement grotesques, l’entourent comme un cortège étrange et fascinant. Ensemble, ils composent une image à la fois poétique, surprenante et profondément troublante.

    Une création qui invite le public à vivre un moment suspendu, hors du temps, où la rue devient scène et le quotidien se transforme en expérience sensible. Une parenthèse enchantée ou le partage, la lenteur et la beauté sont au rendez-vous.

    Dimanche de 19h30 à 20h10. Gratuit.

  • Voyage poétique en Méditerranée

    Voyage poétique en Méditerranée

    En ce mois de juillet, la ville de Sète accueille comme à son habitude le festival de poésie Voix Vives de Méditerranée en Méditerranée. 29e anniversaire d’un projet qui s’est créé pour transmettre la poésie au plus grand nombre, il célèbre les cultures et les langues du pourtour de la Méditerranée dans un festival tout public presque entièrement gratuit.

    La poésie s’inscrit dans les lieux du quotidien : l’événement, en grande majorité gratuit, se déploie aux quatre coins de Sète, en itinérance dans les rues et sur les eaux. Le public pourra s’initier à l’art de manier les mots lors d’ateliers d’écriture animés par les poètes eux-mêmes, et la musique accompagnera les textes lors de trois concerts payants, qui feront danser les visiteurs en soirée.

    Rendre la poésie accessible, c’est là toute la volonté de Maïthé Vallès-Bled, fondatrice et directrice de Voix Vives. L’ancienne directrice du musée de Lodève et du musée Paul-Valéry à Sète veut défendre cet art : « Elle n’occupe pas la place qui devrait être la sienne. La poésie contemporaine s’inscrit dans la réalité des êtres, elle raconte la vérité du monde. » Une ouverture géographique, linguistique et géopolitique à travers les mots, qui s’ancre pleinement dans l’actualité en engageant le dialogue entre les cultures. « La Méditerranée occupe une toute petite partie du globe terrestre mais présente sept alphabets et un nombre impressionnant de langues », rappelle Maïthé Vallès-Bled. Chaque poète est alors libre de lire ses textes dans la langue dans laquelle il les écrit et un traducteur l’accompagne pour faciliter la compréhension lorsque ce n’est pas le français. « Il y a cette musique des langues présente dans le festival et qui peut résonner en langue originale dans le public », observe la directrice. « Chacun reconnaît quelque chose, un questionnement qui l’habite. Au centre de la poésie, il y a l’humain », conclut celle qui veut partager une passion des mots qui dépasse les frontières.

    Oriane Castan

  • [Entretien] Mario Morisi : « La poésie fait partie du monde de Roberto Baggio »

    [Entretien] Mario Morisi : « La poésie fait partie du monde de Roberto Baggio »

    La Marseillaise : La figure de Roberto Baggio s’avère parfaite pour montrer que le foot est un objet culturel, non ?

    Mario Morisi : Venu en France pour fuir Mussolini en 1922, mon papa me racontait quand j’étais sur ses genoux aussi bien Rome et la Renaissance que les exploits de grands sportifs. Il me mimait les actions pour en faire un mélange de culture populaire et de divertissement. À l’époque il n’y avait pas de télé et peu de magazines. C’est de là que vient mon amour pour le sport, de Piantoni et Platini jusqu’à Baggio. Pour ce bouquin, démarré il y a 30 ans, j’ai commencé à faire le portrait du décor : une Italie des cités, des couleurs, coupée entre les clubs du Nord et du Sud, l’industrie contre la poésie, revenir sur l’histoire des principautés qui s’affrontent… J’ai voulu raconter tout le substrat culturel italien qui fait qu’en Italie, en Angleterre ou en Amérique du Sud, sport et culture peuvent se marier comme l’ont prouvé de grands écrivains et cinéastes. J’ai dû récupérer et traduire des milliers de documents pour montrer les angoisses et envies autour de Roberto Baggio. Il est tellement beau que, comme Marilyn Monroe ou Rita Hayworth, il déclenche des vagues d’amour comme de haine.

    Outre son génie foot, sa fragilité physique et émotionnelle en font un personnage romanesque…

    M.M. : À cause des réseaux sociaux, on est en train de vivisecter le destin des gens. Baggio a beau aimer la chasse ou la poésie, ne reste plus du coup dans les mémoires que son penalty raté [en finale de coupe du monde 1994 contre le Brésil, Ndlr] et sa queue-de-cheval. La coupe du monde actuelle est à ce titre un cauchemar. On transforme une légende en film, pub, slogan. Moi avec mon bouquin, c’est le contraire, je veux reconstituer l’histoire. Il faut se rappeler que Baggio joue un dernier match avec Vicenza quand il a 17 ans. Il est acheté 3 milliards de lires par la Fiorentina (en 1985), plus cher que Maradona. Pour ne pas trahir son club de Vicenza, il tient quand même à jouer le match de la montée et s’explose le genou. Il est blessé pendant deux ans. À Florence, il se promène dans les rues comme une âme en peine. Tous les habitants le considèrent alors comme un putto, ces chérubins qui ornent les toits de la ville, et le prend en affection. Après un an et demi de calvaire, il finit par rejouer contre le Naples de Maradona et marque un coup franc. Il a même fini par être nommé Monument de la ville de Florence, au même titre que le David. Tous les artistes et poètes le voient comme la représentation de la grâce. C’est le plus beau et émotionnel de tous les footballeurs. Il n’a jamais eu un palmarès extraordinaire, mais a sculpté dans l’émotion des gens des moments paranormaux.

    Son transfert chez l’ennemi juré de la Juventus Turin déclenche même une émeute à Florence…

    M.M. : Le propriétaire du club, Pontello, décide de vendre la Fiorentina au producteur Cecchi Gori, mais juste avant, de vendre aussi pour 25 milliards de lires Baggio, alors que ce dernier venait de jurer qu’il n’oublierait jamais la considération des Florentins quand il était juste un joueur avorté. Mais la magie capitaliste se met alors en route. Le patron de la coordination des supporters de la Fiorentina m’avait expliqué que Roberto a dit qu’il était prêt à signer à vie en divisant par deux son salaire à Florence. Mais Pontello ne lui aurait pas vendu le club du coup. Le public a cru qu’il était un Pinocchio. En plus, Baggio joue la finale de la coupe UEFA contre la Juve, son futur club. Il y avait une telle pression que ça a fini en émeutes. À la Juventus, son premier match se déroule contre la Fiorentina, à Florence. Il joue très mal, refuse de tirer un pénalty contre son ancien club. On lui jette une écharpe de la Fiorentina. Il se baisse, la met et le public l’applaudit ému.

    Quel est le plus beau chef-d’œuvre de Roberto Baggio à vos yeux ?

    M.M. : Avec Brescia, contre la Juventus, à la fin de sa carrière (en avril 2001). Andre Pirlo lui envoie une grande balle qui arrive par-derrière. Pendant trois secondes, le ballon est dans le ciel. Baggio se retourne et se place. Dans le même geste, il arrive à faire un amorti et un crochet qui prend à contre-pied le gardien à qui il a fracassé la colonne vertébrale. C’est le but le plus pur, dingue et conceptuel jamais mis. C’est comme le Rasoir d’Ockham, principe de ce philosophe préscientifique qui dit que la nature tire au plus court.

    Baggio fait partie de ces artistes du foot, une espèce quasi disparue…

    M.M. : J’ai l’impression que c’est une chimère. Il est passionné de chasse, est bouddhiste, aime la nature. Il imitait même pour ses coups francs le vol des colverts quand ils atterrissent sur l’eau. La poésie fait partie du monde de Baggio. J’ai essayé d’entrer dans son destin avec pudeur. Il est croyant, actif dans son école bouddhiste, antiraciste et humaniste. Je demande s’il va serrer la paluche de Trump pendant cette coupe du monde. Ce n’est pas possible. S’il le faisait, c’est comme si c’était moi qu’il trahissait.

    « Roberto Baggio, vingt ans de folie italienne et mondiale » aux éditions Culture Foot et Cie. 29,90 euros, 460 pages.

  • Une exposition qui sublime la poésie des mots à Alès

    Une exposition qui sublime la poésie des mots à Alès

    « Cette rétrospective est la première d’envergure qui lui est consacrée dans notre pays depuis 1978 au Musée national d’art moderne », annonce le musée alésien Paul-André Benoit à Alès. Une rétrospective qui plonge les visiteurs dans l’univers du créateur géorgien Ilia Zdanevitch, dit Iliazd, qui oscille entre la typographie et la poésie.

    « L’exposition retrace son parcours singulier, depuis ses expérimentations futuristes en zaoum – langage transrationnel destiné à une lecture chorale – jusqu’à sa réappropriation magistrale du sonnet, forme classique qu’il a renouvelée avec une audace et une complexité sans précédent », précise le musée.

    Une approche artistique incomparable

    L’artiste définit le zaoum comme « un langage composé de mots démunis de sens, dans lesquels on ne peut trouver que des sons, et, à peine visibles, des traces de racines verbales », un langage « transrationnel » qui se base plus sur la sonorité et l’émotion que sur le sens littéral des mots. Ces œuvres qualifiées d’« indissociables des soubresauts politiques et artistiques du XXe siècle » par les programmateurs de cette exposition, mettent en avant non seulement des mots mais également des formes artistiques, créant ainsi des ponts entre les mouvements futuristes russes, Dada et les cercles artistiques parisiens.

    Cette exposition est l’occasion de se plonger dans la réflexion de ce créateur aux multiples facettes, typographe, poète, romancier, mais aussi archéologue et byzantinologue, qui a collaboré avec de grands noms de l’art moderne comme Max Ernst, Alberto Giacometti, Henri Matisse ou encore Pablo Picasso. Il est rappelé que « l’exposition met en lumière son génie de « l’art de la lettre et de la page » aux éditions du Degré 41 (41°) », une maison dont il a été l’unique maître d’œuvre et qu’il a dirigée toute sa vie.

  • « Voix de femmes » met en lumière les talents algériens

    « Voix de femmes » met en lumière les talents algériens

    Le poème Petit corps sera grand, de Lydia Ait Bouziad a reçu mardi le Prix de l’Excellence, à l’occasion du salon littéraire « Voix de femmes », organisé par Femmes Forum Méditerranée. Ce texte « intime mais dont la portée est universelle », aborde la dépossession du corps féminin, depuis l’espace familial jusqu’à la rue. « Ce texte parle du Soi de façon très introspective. J’explore le rapport à soi, à l’exil et la condition des femmes », explique la poétesse.

    La libération par l’écriture

    Dans son poème, l’auteure se demande : « Comment faire pour exister ? ». C’est là que réside toute la force salvatrice de l’écriture. « L’écriture est vitale pour moi, elle m’a permis de m’exprimer, de me libérer et de mieux me comprendre », confie la jeune lauréate, poétesse depuis l’adolescence, entre ses engagements pour un féminisme décolonial et ses études de littérature française, algérienne et africaine à Alger puis Marseille. La continuité entre les deux rives de la Méditerranée est vécue par Lydia Ait Bouziad de façon « douloureuse ». Car cette continuité est aussi une disruption, que l’exil soit choisi ou subi.

    Fatna Fekih ressent elle aussi la douleur, mais aussi l’amour de la séparation d’une terre qu’elle a quittée à 8 mois. La responsable associative d’Atouts femmes, située dans le 10e arrondissement de Marseille, n’avait jamais écrit avant le concours de 2003, qu’elle a remporté grâce à son texte autobiographique qui retrace son adoption, les violences sexuelles, et ses engagements politiques. « La thématique Escales a vibré en moi. Ma vie chaotique a été une succession d’escales et ce texte m’a permis de parler pour la première fois à mon entourage des agressions sexuelles que j’avais subies », partage-t-elle. « L’écriture m’a libérée. J’ai étalé sur une feuille tout ce que j’avais gardé en moi durant des années », ajoute Fatna Fekih. L’écriture comme moyen d’expression de soi, de libération et de résistance est le combat mené par l’association Forum Femmes Méditerranée depuis sa création.

    Renforcer le réseau féministe d’Alger à Marseille

    D’ailleurs, l’histoire de l’association a, dès ses débuts, été liée à l’Algérie. Sa présidente, Esther Fouchier, détenant une maîtrise en littérature française et algérienne, s’est rendue à Alger pour y rencontrer un collectif féministe. Car outre l’écriture, un point d’honneur est mis sur la formation et les échanges de bonnes pratiques entre associations féministes du pourtour méditerranéen. À l’occasion du salon littéraire, l’association féministe Teroua Fatma Sumer est venue d’Alger. La présidente, Chouaki Fatima, « féministe depuis l’enfance », se bat notamment pour l’abolition du Code de la famille. Ce rendez-vous est aussi, avant tout, un grand rassemblement dont l’objectif est de renforcer le réseau féministe méditerranéen et de rendre hommage aux « créatrices et artistes », notamment celles qui utilisent le langage pour résister. Aldjya Rahab, également présente, lutte pour que la langue tamazight soit reconnue en Algérie et non plus criminalisé. Lauréate du concours de 2000, elle avait reçu un prix pour un texte sur sa mère. L’autrice tenait à rendre hommage à la vie d’une femme berbère et à ses coutumes.