Tag: Pluralité de la presse

  • [Entretien] Agnès Rossi : « Je souhaite à “La Marseillaise” de réussir dans les Alpes »

    [Entretien] Agnès Rossi : « Je souhaite à “La Marseillaise” de réussir dans les Alpes »

    La Marseillaise : Comment percevez-vous l’arrivée de « La Marseillaise » dans les Alpes à partir du 7 février ?

    Agnès Rossi : Qu’un journal s’intéresse à un territoire et qu’il puisse apporter un éclairage qui lui est propre, je trouve intéressant. On a besoin d’avoir de l’information sérieuse. Je crois beaucoup à la presse écrite, faite par des journalistes professionnels pour permettre à l’ensemble des citoyens de réfléchir. Ça fait longtemps que je n’habite plus Marseille et que je n’ai pas lu La Marseillaise mais évidemment, on vous connaît historiquement. Je trouve positif qu’il y ait du pluralisme dans les Hautes-Alpes. Cela montre aussi que notre territoire est attractif. Je vous souhaite de réussir, c’est un beau défi.

    Quels sont pour vous les enjeux des JO d’hiver de 2030 ?

    A.R. : C’est d’abord une magnifique compétition sportive qui va donner un éclairage mondial au territoire alpin. Au-delà, c’est un projet qui va aider à porter le développement d’un tourisme durable et une vision de la montagne à 2050. Cela va permettre un certain nombre d’accélérations dans la rénovation et l’aménagement d’infrastructures en sécurisant des financements très importants sur la mobilité. Dans le contrat de plan, c’est à peu près 300 millions d’euros sur le ferroviaire et 200 millions sur le routier sachant que dans les vallées alpines, on pousse le développement du train et un circuit routier sécurisé qui peut accueillir des transports en commun comme des cars. On va passer de 5h pour faire Marseille-Briançon en train à 3h40. Ça va bénéficier aussi au nord des Bouches-du-Rhône et aux Alpes-de-Haute-Provence, pas seulement aux Hautes-Alpes. Au niveau économique, c’est une belle opportunité pour faire découvrir nos productions locales. Dans les appels d’offres, il y a l’obligation d’utiliser pour une part les entreprises de l’économie sociale et solidaire comme pour Paris 2024. Et puis dans les sites olympiques, il y aura à terme des logements pour les populations locales et les saisonniers. Le tissu économique est enthousiaste. J’ajoute que c’est une occasion importante pour favoriser l’accès au sport pour tous.

    C’est-à-dire ?

    A.R. : Je parle de sport de montagne, pas seulement d’hiver. On est en lien avec tous les clubs dont ceux qui agissent pour le sport handicap.

    Quels autres sujets vous semblent structurants dans les Hautes-Alpes ?

    A.R. : Il y a une grande demande parmi les habitants de traiter les sujets de manière locale mais pas recroquevillée. Je prends l’exemple de l’agriculture : vous qui avez un ancrage sur le sud de la région, il y a beaucoup à dire sur la diversité des agriculteurs en fonction des départements et aussi des traits communs à relever. Je crois qu’il y a aussi la question de l’emploi qui est intéressante à approcher avec un quasi-plein emploi dans les Hautes-Alpes, très loin des taux constatés dans les quartiers nord de Marseille. Je pense aux difficultés de recrutement…

  • [Entretien] David Gehant : « Les territoires alpins incarnent l’avenir »

    [Entretien] David Gehant : « Les territoires alpins incarnent l’avenir »

    La Marseillaise : « La Marseillaise » arrive dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes à partir de ce samedi 7 février. Quelle est votre réaction ?

    David Gehant : C’est une très bonne chose ! Je vois d’un très bon œil qu’on puisse valoriser et s’intéresser aux territoires alpins et ruraux. La recherche d’une forme d’équité territoriale est à la base de mon engagement. Je m’y retrouve forcément. Les territoires ruraux ont beaucoup de choses à faire valoir et sortir de l’image qu’on peut en avoir. Les territoires alpins, par beaucoup d’aspects, incarnent l’avenir. Plus il y a d’acteurs médiatiques, mieux c’est d’un point de vue du pluralisme et de la diffusion des informations fiables. À l’heure des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle, on a besoin de vecteurs d’informations vérifiées et donc l’arrivée dans les Alpes de La Marseillaise, avec une histoire aussi riche que la sienne, y participe. C’est un signe de l’attrait de nos territoires.

    Notre journal n’est pas de la même sensibilité politique que vous, c’est sain pour le débat démocratique ?

    D.G. : Je pense que les questions de sensibilités sont secondaires pour les élus locaux. Pour les journalistes de terrain, ce qui importe c’est avant tout le professionnalisme. Je suis persuadé que ce sera le cas de La Marseillaise. La pluralité des médias est une bonne chose. Plus il y a d’acteurs, plus de voix peuvent s’exprimer, mieux c’est. À l’heure où la vérité est devenue un « point de vue » comme les autres, c’est le cas malheureusement de plus en plus sur les réseaux sociaux, il est nécessaire de pouvoir compter sur des professionnels de l’information. Quand on voit ce que l’IA peut faire, je crains que nous soyons submergés par des fake news, des vidéos, images, voix manipulées. Quelles que soient les sensibilités, cette exigence de vérification des faits est essentielle et doit être largement partagée.

    Quelles sont, selon vous, les préoccupations des habitants de votre département, les sujets prégnants du territoire ?

    D.G. : Je crois que les préoccupations des habitants des Alpes rejoignent celles de l’ensemble de la population. On me parle beaucoup de santé, de sécurité, de logement et de mobilité. La particularité d’ici, c’est les initiatives qui relèvent du système D. Je pense par exemple au centre de soins non-programmés qu’on a mis en place à Forcalquier, qui apporte une solution de santé 7 jours/7 et qui est assez unique en son genre. Ce qui pourrait être intéressant pour un journal comme le vôtre, ce serait de se fonder sur les innovations qui émanent des territoires ruraux dans lesquels on a plus qu’ailleurs le sens de la débrouille et la dimension concrète des choses. On dit souvent que le maire est un élu à portée d’engueulade. C’est encore plus vrai à Forcalquier qu’à Nice ou Marseille. Ici, on ne peut pas ne pas répondre aux attentes de la population. On n’est pas des réserves d’Indiens où on vient en vacances, nous sommes des territoires vivants, novateurs et qui incarnent l’avenir notamment sur la qualité de vie.

    Quel regard portez-vous sur les JO ? Le 05 en bénéficiera plus que le 04 ?

    D.G. : Une personne qui regardera depuis les États-Unis ou la Chine ne va pas se poser la question de quel département accueille les épreuves. Ce sont toutes les Alpes françaises qui deviendront attractives. Et puis la question de l’héritage sera centrale avec la structuration de l’activité ski, du développement de la pratique sportive qui est un sujet de santé publique mais aussi de cohésion sociale. La solidarité, le dépassement de soi, le goût de l’effort sont des valeurs auxquelles je suis très attaché. On a bien vu les retombées des Jeux de Paris dans tous les clubs sportifs. Et le dernier élément de l’héritage, c’est la desserte ferroviaire avec notamment l’axe Marseille-Briançon. Cela va permettre de désenclaver la vallée durancienne.

  • [Entretien] René Villard : « Le journal des combats des salariés et de la ruralité »

    [Entretien] René Villard : « Le journal des combats des salariés et de la ruralité »

    La Marseillaise : Comment percevez-vous l’arrivée de La Marseillaise dans les Alpes à partir du 7 février ?

    René Villard : Je ne peux que m’en féliciter ! J’étais présent au congrès de l’UD 04 où cette idée a été évoquée pour la première fois. J’ai vu la détermination qui a été mise depuis pour y parvenir, je ne peux que la saluer. Cela renoue le fil de notre histoire. Lorsque je militais à l’usine, on diffusait La Marseillaise parce que c’était le journal qui retranscrivait les combats des salariés. Cela a beaucoup manqué quand le journal a dû se retirer de notre territoire que ce soit au niveau syndical ou politique. Avoir un journal qui nous accompagne à nouveau, c’est une très bonne chose !

    Quels sujets concernant votre département, votre commune, ses habitants, vous semblent particulièrement importants à appréhender ?

    R.V. : La santé, la sécurité et le logement, c’est le triptyque de priorités qui figure dans mon programme municipal, je crois que ça correspond aux préoccupations de la population et j’imagine que cela dépasse notre département.

    Vous êtes communiste, vous avez été responsable syndical, engagé sur la reconnaissance des maladies professionnelles liées à l’amiante, quelle place attendez-vous dans nos colonnes pour le monde du travail ?

    R.V. : Ce sont des sujets qui sont très importants pour moi. Quand on a monté le « Comité amiante, prévenir et réparer » (Caper), La Marseillaise avait été au rendez-vous. Le pluralisme des médias est essentiel pour faire apparaître ces problématiques. C’est vrai pour le monde du travail, c’est vrai pour la ruralité aussi. Je me languis d’avoir La Marseillaise sur le bureau le matin. Il faut se battre pour que tous les maires, quelle que soit leur opinion politique, fassent de même.

    L’extrême droite progresse aussi dans les Alpes. Ça vous inquiète ?

    R.V. : On l’a vu lors des dernières législatives. Les gens en ont tellement marre de tout… Ce n’est pas en regardant les chaînes d’info en continu que ça ira mieux. Il faut que La Marseillaise soit attrayante, pour apporter un autre regard sur l’actualité, toucher le maximum de personnes. Nous avons à convaincre tout un tas de gens de s’en saisir. À l’occasion de la diffusion massive du journal le week-end qui arrive, on sera sur le marché de Château-Arnoux-Saint-Auban dimanche 8 février.

    Quels sont les enjeux des JO selon vous ?

    R.-V. : Personnellement, je trouve que c’est une bonne chose pour nos départements. Sans doute encore plus pour le 05 que le 04. Je sais que ça fait débat. Il faut que les investissements tiennent compte de l’existant et des besoins de la population.

  • Le pluralisme en débat à la Fête du Patriote Côte d’Azur

    Le pluralisme en débat à la Fête du Patriote Côte d’Azur

    Réunis autour d’un même débat, Mathilde Tranoy (Nice-Matin), Sébastien Germain (Ici Azur), Bernard Lucchetti (le Patriote Côte d’Azur), Léo Purguette (La Marseillaise) accompagnés de Théo, étudiant à l’école de journalisme de Nice, ont débattu de l’état de la presse dans notre région.

    Au menu de l’échange, animé par Gilles Verrier-Dollé de la rédaction du Patriote Côte d’Azur : les pressions exercées sur les médias à l’occasion des élections municipales de Nice qui ont nécessité la signature d’une « charte de respect mutuel » entre candidats et journalistes mais aussi les conséquences de l’essor de l’intelligence artificielle, la concentration des médias, l’avenir de l’audiovisuel public…

    Mais ce sont les conditions d’existence d’une presse progressiste dans les Alpes-Maritimes qui ont retenu le plus l’attention des participants. « La survie du Patriote Côte d’Azur est en jeu. Nous sommes confrontés à une baisse de la publicité institutionnelle et à la nécessité d’être imprimés très prochainement dans les Bouches-du-Rhône, tout cela nécessite le lancement d’une souscription dont dépend notre avenir », alerte Bernard Lucchetti.

    Léo Purguette annonce l’arrivée de La Marseillaise dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes comme « un pari, un défi » pour notre journal et affirme : « Nous n’oublions pas que le tout premier fondateur du Patriote Côte d’Azur est aussi celui de La Marseillaise : Pierre Brandon. Nous ne vous laisserons pas tomber. Des coopérations sont possibles. »

  • [Entretien] Bertrand Perrin : « Le journal du combat pour les services publics »

    [Entretien] Bertrand Perrin : « Le journal du combat pour les services publics »

    La Marseillaise : Quelle est votre réaction après l’annonce de l’arrivée de « La Marseillaise » dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes à partir du 7 février ?

    Bertrand Perrin : Un grand plaisir de renouer avec un journal qui porte les aspirations des citoyens et de celles et ceux qui font bouger le territoire. J’adresse un grand remerciement au journal qui nous fait confiance en tant qu’habitants de territoires reculés vis-à-vis des grandes métropoles et qui fait le pari de venir se réimplanter en croyant à la vie collective de nos départements. C’est un vrai plus pour le pluralisme de la presse et donc pour la démocratie. Les Alpins sont très attachés à la République, on habite le territoire qui s’est levé en 1851 pour la défendre contre le coup d’État de Napoléon III. C’est un héritage toujours présent. Je pense qu’il y a une vraie attente d’un journal avec un point de vue différent, une ligne éditoriale assumée. On est hyper-heureux de retrouver La Marseillaise. C’est ce que les gens confirment quand on va les voir le journal à la main. Je ne m’attendais pas à une telle réaction. Ils sont enthousiastes, ils trouvent chouette de renouer avec une part de notre histoire mais aussi avec l’idée de nous reconnecter au reste de la région. Ils espèrent un éclairage sur leur vie quotidienne dans un territoire qui est souvent oublié par l’État.

    Quels sujets prégnants dans les Alpes méritent, selon vous, un traitement spécifique ?

    B.P. : On a besoin d’une approche éditoriale qui ne se résume pas aux vide-greniers. Nos départements ont une réalité territoriale très différente du bassin métropolitain et qui nécessite des journalistes qui vivent ici. C’est important pour appréhender en profondeur les enjeux de la ruralité. Je trouve très intéressant qu’ils figurent dans une édition de dimension régionale. Ce qui se passe dans les Alpes rayonnera ainsi sur le reste de la région et on sera informé de ce qui se passe ailleurs. C’est une ouverture au monde, une manière de ne pas être en vase clos. C’est une source d’inspiration également d’avoir accès à des expériences ou des combats qui se mènent ailleurs.

    Vous évoquez l’histoire républicaine des Alpes-de-Haute-Provence, mais il est aussi le théâtre de la progression de l’extrême droite. Comment l’expliquez-vous ?

    B.P. : Oui, la montée de l’extrême droite se construit sur un sentiment de relégation. Territoire oublié de la République, plus d’éducation pour nos enfants, pas assez d’emplois, des difficultés à se soigner… Il y a un vrai sentiment d’abandon. La Marseillaise contribuera à nous reconnecter à la région, au reste du pays. D’autant plus qu’elle assume son histoire et prend position pour éclairer les débats. Ça ne peut apporter que du positif en rupture avec le discours dominant.

    « La Marseillaise » défend les services publics. Ça entre en résonance avec les combats menés dans votre département ?

    B.P. : Oui, malheureusement, les Alpes comme les autres départements ruraux sont en avance sur le recul des services publics que connaît tout le pays. Chez nous, l’ensemble des services publics sont attaqués, à commencer par l’éducation, on est en bagarre perpétuelle pour éviter les fermetures de classes ou d’écoles, en passant par la santé qui est un point central pour l’activité des communistes dans le département. On affronte un plan de réduction du personnel hospitalier. Mais il faut aussi défendre les bureaux de poste, la tranquillité publique, on manque de gendarmes… Une question fondamentale se pose chez nous également, c’est celle des transports dans un territoire très morcelé où il faut prendre la voiture parfois 30-40 mn pour avoir accès à un service de base. Ça complique beaucoup la vie des jeunes, des jeunes couples, des personnes âgées ou à mobilité réduite.

    Comment appréhendez-vous l’enjeu des JO ? En quoi vont-ils influer sur la vie quotidienne dans les Alpes ?

    B.P. : Les épreuves auront lieu dans le 05, mais le 04 est le département qui est au centre de la région et qui sera nécessairement traversé par ceux qui viendront des grandes métropoles. C’est l’occasion de poser en grand la question des transports, de la desserte ferroviaire, des aménagements durables et j’insiste sur le mot « durable » qui pourront être réalisés à cette occasion. On ne veut pas d’infrastructures jetables mais qui s’inscrivent en réponse aux besoins de la population à long terme. Il y a beaucoup à faire au niveau du train.

  • [Entretien] Élie Cordier : « Contribuer à faire entendre la voix des Haut-Alpins »

    [Entretien] Élie Cordier : « Contribuer à faire entendre la voix des Haut-Alpins »

    La Marseillaise : Comment avez-vous reçu l’annonce de l’arrivée de « La Marseillaise » dans les Alpes
    du Sud le 7
     février ?

    Élie Cordier : Je considère l’arrivée de La Marseillaise dans les Hautes-Alpes comme une excellente nouvelle pour le pluralisme de l’information et pour la vitalité du débat démocratique local. Dans un contexte où la presse régionale est souvent fragilisée, l’extension d’un journal engagé dans le traitement approfondi des enjeux sociaux, territoriaux et humains est un signal positif. Nos territoires de montagne ont trop souvent le sentiment d’être relégués à la marge de l’actualité régionale. Le regard singulier que porte La Marseillaise, attentif aux réalités du terrain, aux acteurs locaux et aux enjeux de long terme, peut contribuer à mieux faire entendre la voix des Haut-Alpins. C’est aussi une opportunité de nourrir un débat public plus exigeant, plus nuancé, loin des raccourcis et des polémiques stériles. À l’heure où les citoyens attendent des réponses concrètes et crédibles, la diversité des regards médiatiques est indispensable.

    Quels thèmes, aspects et enjeux spécifiques aux Hautes-Alpes
    et à la ville de Gap vous paraissent importants à traiter ?

    É.C. : Les Hautes-Alpes sont confrontées à des défis structurels majeurs : l’accès aux services publics, la démographie, l’attractivité économique, la mobilité, mais aussi la transition écologique dans un territoire de montagne fragile. À Gap, ces enjeux prennent une dimension très concrète dans le quotidien des habitantes et des habitants.

    Le dynamisme du centre-ville, la sécurité, le logement, l’accès à la santé, la place de la jeunesse et le soutien au tissu associatif sont des sujets centraux. Ils doivent être traités sans caricature, en tenant compte des contraintes réelles des collectivités, mais aussi des attentes légitimes de la population.

    Il me semble également essentiel de parler du rôle de Gap comme ville pivot du département, capable de coopérer davantage avec les communes voisines et les autres institutions. C’est cette capacité à penser le territoire dans son ensemble qui conditionnera notre avenir collectif.

    Les Jeux olympiques vont marquer l’actualité jusqu’en 2030.

    Quelle est votre perception
    de ce sujet et quel traitement journalistique en attendez-vous
     ?

    É.C. : Les Jeux olympiques à venir constituent un événement majeur, mais ils ne doivent pas être abordés uniquement sous l’angle de la communication ou de l’exceptionnel. Pour un territoire comme le nôtre, l’enjeu est d’abord de comprendre ce que ces Jeux peuvent laisser durablement : en matière d’équipements, d’emploi, de pratiques sportives et d’aménagement du territoire.

    J’attends du traitement journalistique qu’il soit à la fois exigeant et ancré dans le réel : quels investissements, pour quels usages, avec quels impacts sociaux et environnementaux ? Comment associer les habitants et les acteurs locaux à ces projets ?

    Les Jeux peuvent être une opportunité, à condition qu’ils s’inscrivent dans une vision de long terme, au service du territoire et non l’inverse. C’est ce regard critique, constructif et indépendant que j’espère voir porté dans le débat public.

  • [Entretien] François Balique : « La Marseillaise dans les Alpes, c’est une excellente nouvelle ! »

    [Entretien] François Balique : « La Marseillaise dans les Alpes, c’est une excellente nouvelle ! »

    La Marseillaise : Comment avez-vous reçu l’annonce de l’arrivée de « La Marseillaise » dans les Alpes
    du sud le 7
     février ?

    François Balique : C’est une excellente nouvelle ! Je trouve très courageux de la part de La Marseillaise, de s’engager de cette manière. C’est un moyen d’information supplémentaire et cela participe de la diversité des opinions. Dans le 04 et dans le 05, il n’y a qu’un journal par département. Plus il y a de presse, mieux c’est pour la démocratie, pour les communes, pour les citoyens.

    C’est-à-dire ?

    F.B. : J’ai vécu par le passé avec trois quotidiens : Le Provençal, Le Méridional et La Marseillaise. Chacun avec sa sensibilité politique distincte. Ça fonctionnait bien, chacun achetait le quotidien dont il se sentait proche. Je me réjouis qu’un journal porteur d’idées différentes soit bientôt présent à nouveau. J’espère qu’il sera proche de la population. On est un département, les Alpes-de-Haute-Provence, de tradition républicaine ancienne. C’est le dernier à avoir résisté au coup d’État de Napoléon III. Quand vous regardez les derniers résultats des élections, il y a de quoi se poser des questions et être inquiet quand on est démocrate et républicain comme je le suis. Les jeunes, notamment, sont sensibles aux solutions simplistes. J’espère que La Marseillaise contribuera à ouvrir les yeux de ces jeunes sur les dangers de l’extrémisme.

    Quelles sont les problématiques auxquelles une commune comme
    la vôtre est confrontée
     ?

    F.B. : Je suis le maire le plus ancien du département, j’ai été élu en 1977. J’ai une donc une vision rétrospective de l’organisation communale. J’ai beaucoup œuvré pour l’intercommunalité, j’ai été vice-président de la communauté du pays de Seyne et depuis 2020 j’ai été confronté à la suppression de cette intercommunalité avec son intégration dans la communauté de Digne dans laquelle les communes rurales comme la mienne n’ont pas voix au chapitre. C’est un réel problème quand vous êtes maire d’une commune de 130 habitants quand vous êtes dans une agglomération de 47 000 habitants, vous comptez pour zéro. Je pense qu’il faut mener le débat pour un rapprochement avec le Département.

    Le Vernet a été tristement sous
    les feux des projecteurs avec la disparition du petit Émile, au-delà de cette actualité tragique qu’est-ce qui devrait selon vous intéresser
    un média de proximité dans votre commune
     ?

    F.B. : Nous donnons la priorité au pastoralisme, aux activités agricoles, à l’environnement et aux forêts. Il y a longtemps que la commune s’est engagée dans une politique de développement du tourisme vert avec la création de 7 emplois permanents et 7-8 emplois saisonniers. Tout ça fonctionne en harmonie, notamment sur le plan du logement permanent et des capacités d’accueil touristique et mériterait d’être mis en lumière.

    Quel regard portez-vous sur les JO qui arrivent ?

    F.B. : Ce que je crains, c’est que beaucoup de moyens soient mis pour un événement de quelques jours. J’espère que cela laissera des équipements pour les stations qui en ont besoin. S’il pouvait en sortir la continuité de l’autoroute entre Sisteron et Grenoble, et une amélioration des lignes de chemin de fer entre Aix-en-Provence et Briançon, ce serait déjà pas mal.

  • Alpes : l’arrivée de « La Marseillaise » promue qu’il vente ou qu’il neige !

    Alpes : l’arrivée de « La Marseillaise » promue qu’il vente ou qu’il neige !

    Au programme : une nouvelle diffusion du numéro du week-end dans les bars des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes pour engager la discussion autour de l’importance du pluralisme mais aussi des tournées de collage des affiches « Résister se conjugue au présent. Pour faire vivre le pluralisme et conquérir les Alpes, La Marseillaise a besoin de vous ».

    La saison hivernale n’a pas découragé nos bénévoles comme ici, Amédée Pagano, à Seyne-les-Alpes, défiant la neige. Merci à toutes et tous pour cette énergie sans laquelle La Marseillaise ne serait rien. Et rendez-vous samedi 7 février sur les marchés des deux départements.

  • [Entretien] « Un apport précieux au débat démocratique »

    [Entretien] « Un apport précieux au débat démocratique »

    La Marseillaise : En quoi l’arrivée de « La Marseillaise » dans les Hautes-Alpes constituerait une bonne nouvelle pour vous ?

    Sophie Delfino : Ce serait une très bonne chose. Dans le 05, il n’y a qu’un seul journal. Avec tout le respect que j’ai pour ce journal d’ailleurs, il me semble évident que la pluralité de la presse favorise la démocratie. Cela diversifie les points de vue, les approches. Avec les municipales qui arrivent, la présence de La Marseillaise permettrait un apport précieux au débat démocratique.

    « La Marseillaise » est issue de la Résistance, vous reconnaissez-vous dans son histoire et sa démarche actuelle ?

    S.D. : Oui, il y a besoin de donner de l’écho à toutes les démarches progressistes. Dans notre département l’extrême droite prend de l’ampleur de façon inquiétante. La Marseillaise, avec les valeurs qu’elle porte, permet d’opposer publiquement une parole de progrès aux idées de régression.

    Dans un monde déchiré par les conflits, notre journal contribue-t-il, à vos yeux, à la bataille pour la paix ?

    S.D. : Oui, actuellement, et je l’espère à l’avenir dans les Hautes-Alpes. Le Parti communiste est depuis longtemps dans une démarche de défense de la paix. Nous avons besoin, ici, d’espaces pour exposer ce point de vue que je crois salutaire au regard de l’instabilité croissante du monde. De même, dans ce département, nos amis du Mouvement de la paix sont actifs mais rencontrent peu d’écho médiatique alors même qu’il y a plus que jamais besoin de visibilité pour ces combats-là.

    Quels enjeux spécifiques aux Hautes-Alpes vous semblent importants à prendre en compte pour un traitement utile de l’actualité ?

    S.D. : Il y a le thème des saisonniers qui est insuffisamment traité de mon point de vue, il est à la jonction de l’emploi, du logement et du tourisme. Ce serait intéressant d’avoir un point de vue différent sur le sujet, d’aller chercher la parole des saisonniers eux-mêmes, de recueillir le témoignage de celles et ceux qui, dans le 05, sont dans l’incapacité de se loger sur place. Ces sujets-là me paraissent vraiment prégnants et je sais que La Marseillaise les traite de bonne manière dans d’autres territoires.

    Les Jeux olympiques vont structurer l’actualité jusqu’en 2030, quelle est votre perception de ce sujet ?

    S.D. : C’est un sujet extrêmement clivant. Souvent c’est tout pour ou tout contre. Nous on défend une position autre : pour des JO populaires, à la portée de tous, qui favorisent le sport scolaire. C’est très important pour nous de faire cheminer cette approche qui prend en compte les intérêts du monde du travail. Nous avions pu mettre en lumière ces aspects de la préparation des JO à l’occasion de la venue de Bernard Thibault, à l’invitation de la CGT à Gap. Mais c’est insuffisant. Si La Marseillaise réussissait son pari de venir dans les Alpes, elle serait un atout certain pour mettre au cœur de l’actualité cette préoccupation.