Tag: Pluralité de la presse

  • [Entretien] Éric Besatti : « Attaquer en justice est un classique du RN »

    [Entretien] Éric Besatti : « Attaquer en justice est un classique du RN »

    La Marseillaise : Quelle est votre réaction au débouté en diffamation de la Ville de Beaucaire, du maire (RN) Nelson Chaudon et l’ancien maire Julien Sanchez ?

    Éric Besatti : C’est une petite victoire dans une grande bataille contre les tabous en démocratie. On aurait aimé ne pas jouer ce match, que la mairie réponde et soit claire sur sa politique. Il est scandaleux que ceux qui ne respectent pas leurs obligations de transparence nous attaquent. Mais la vague de solidarité à notre égard leur donne tort.

    Sur le fond, qu’est-ce qui vous a attiré les foudres des élus RN Julien Sanchez et Nelson Chaudon ?

    E.B. : Certaines communes ne publient pas leurs critères de préemption ou location de commerces, ni aucune liste de ceux bénéficiant d’un « plan commerce ambition », voté en 2021. Tous mes témoignages font montre d’une discrimination dont on a du mal à comprendre la logique. La loi n’est pas assez dure avec les mairies qui sont opaques. Ils se prennent des avertissements de la Commission d’accès aux documents administratifs [Cada] et au bout de 2 mois ils sont obligés de fournir le document, sinon on doit aller au tribunal administratif avec des avocats. On a la même opacité à Arles. Ils nous renvoient toujours à la Cada alors que les administrations doivent donner les documents aux citoyens qui le demandent. Mais on nous oppose souvent qu’« on sait ce que vous allez écrire ». Les politiques devraient plutôt se dire qu’un citoyen n’est pas un ennemi et qu’il a le doit d’être informé. C’est en cela que nous préférons la culture de la libre circulation des documents. La copublication d’une enquête avec Streetpress a pu jouer, car c’est une rédaction antifasciste.

    Qu’est-ce que cela traduit des agissements de l’extrême droite ?

    E.B. : Attaquer en justice pour faire perdre du temps et de l’argent est un classique du RN. Ça a fait parler de nous et de notre travail, plus de gens nous suivent, même si ce n’est pas ce qui nous importait le plus. Cela montre que le RN à Beaucaire ne veut pas que les gens s’expriment sur les commerces. Témoigner est difficile et les rares à l’accepter le font à visage couvert. C’est un terrain très difficile.

    Cette procédure judiciaire doit vous laisser une grosse ardoise…

    E.B. : Nous sommes condamnés à 5 000 euros d’amende en plus de 1 200 euros de frais d’avocat. Si on veut nous aider, il suffit d’aller sur le site, s’inscrire, s’abonner, donner… Ça sera utilisé pour l’enquête ou payer les frais d’avocat.

  • La Marseillaise dans les Hautes-Alpes, un moment de convivialité et de lutte

    La Marseillaise dans les Hautes-Alpes, un moment de convivialité et de lutte

    Ce samedi à la salle 750 à la Bâtie-neuve, la Fête de La Marseillaise était presque aussi attendue que le retour du journal lui-même. Une table ronde en compagnie de journalistes du Dauphiné Libéré, de Ram05 et de BFMDICI a animé la matinée, avant l’ouverture de la restauration à midi.

    En parallèle, plusieurs associations tenaient des stands sur place, de Terres de lien, association qui acquiert des terres agricoles pour installer les jeunes paysans, à France Solidarités Palestine et Solidarité Madagascar en passant par la coopérative Scop-Ti, célèbre pour son mouvement social de 1336 jours et ses thés. « Cela montre la symbiose entre un certain nombre d’associations et de mouvements et ces moments de retrouvaille, de convivialité, sont importants pour créer de la solidarité entre nous », a souligné Frédérique Lainé, présidente du comité alpin des Amis de La Marseillaise, qui a beaucoup œuvré pour que notre journal parte à la conquête des Alpes.

    « L’envie de rencontrer les acteurs de la presse, c’est quelque chose qui revient beaucoup dans les discussions ici, pour qu’ils puissent parler de leurs contraintes, des pressions, des réalités des médias qui ne sont pas aux mains des milliardaires », rapporte-t-elle.

    L’occasion était aussi de se serrer les coudes dans une période politique inquiétante qui vire au brun, et de s’appuyer sur les conseils des anciens. « La Marseillaise porte une ligne éditoriale précieuse, surtout dans cette période où l’on nous met en condition de concevoir et d’accepter la guerre comme une nécessité, où l’on fournit des milliards d’euros pour des armes, pour tuer, alors qu’on refuse d’allouer des crédits à la santé, à l’éducation, pour tout le service public », a affirmé Antoine Mignemi, survivant de la rafle du Vieux-Port à Marseille en 1943 et infatigable militant communiste.

    De la musique qui secoue pour une fête engagée

    L’après-midi a été rythmée par les Fralibos, groupe formé par des ouvriers de l’usine à thé Fralib durant leurs 1336 jours de grève, une musique aux accents de solidarité et de progrès social qui résonne avec les valeurs de La Marseillaise. Pour la soirée, la scène du 750 a vu défiler la musique punk du groupe Red Shift de Chorges, puis le rock haut-alpin de De Mist et le néo-métal montagnard de Spit on that thing, avant de conclure avec Airain, groupe de métal Embrunais.

    Fatigués mais heureux, les artisans de la Fête, pensaient déjà à l’année prochaine.

  • Les pros des médias en conclave à Marseille

    Les pros des médias en conclave à Marseille

    Le futur du journalisme se débat au Pharo. Plus de 1 000 professionnels des médias issus de 60 pays parmi lesquels une centaine d’intervenants seront réunis durant trois jours à l’occasion du 77e congrès de l’association mondiale des éditeurs de médias d’information (WAN-Ifra). Un événement organisé en partenariat avec CMA Media, branche médias de l’armateur CMA CGM, propriétaire de La Provence, BFM, La Tribune et du groupe M6, pour ne citer qu’eux.

    Parmi les sujets abordés à partir de lundi, l’intelligence artificielle dans les médias est l’un des principaux. Après l’avènement d’Internet puis les bouleversements provoqués par les smartphones, comment le métier peut-il faire face à ce nouveau défi que pose l’IA ? L’association organisatrice dit avoir « identifié les mesures clés que les éditeurs doivent prendre à mesure que se développe le marché du contenu généré par les entreprises spécialisées dans l’IA », qu’elle présentera aux congressistes. Et appeler à préserver la « touche humaine, ces qualités qui garantissent l’authenticité du journalisme dans un paysage dominé par l’IA ». Une ambition d’autant plus cruciale dans un monde parasité par la désinformation, exacerbée dans un contexte de montée des populismes et des guerres.

    La liberté de la presse

    plus que jamais menacée

    C’est dans ce contexte que la Plume d’or de la liberté de la presse et le prix RSF pour la liberté de la presse (lire ci-dessous) seront décernés durant l’événement. Au moment même où la liberté de la presse est à son niveau le plus bas dans le monde depuis 25 ans, selon le baromètre de RSF publié le 30 avril. En 2025, 67 journalistes ont été tués dans l’exercice ou en raison de leur métier.

    En France comme en Europe, le métier fait face à une offensive sans précédent de l’extrême droite et de ses financiers. Alors que Vincent Bolloré étend son emprise sur la presse, ses relais politiques s’activent, attaquant le service public et s’en prennent à tous les journalistes qui ne sont pas à leurs bottes ou pire encore, osent combattre leur idéologie mortifère.

    Le volet financier sera également abordé en examinant notamment l’outil imaginé par la presse régionale française : une régie publicitaire nationale unique en Europe -366- qui « misait sur la force du collectif ». Et de faire le bilan au bout de 10 ans d’existence, avant de se demander « à quoi ressemblera le paysage publicitaire en 2026 : comment les agences répartissent-elles les budgets » ou comment, là encore, l’IA bouleverse la donne avec des agents IA qui peuvent désormais identifier, planifier et vendre des espaces publicitaires de manière autonome.

    REPÈRES

    Prix de la liberté de la presse de RSF

    Ce prix est décerné chaque année depuis 1992 par Reporters sans frontières à un journaliste et à un média. Vingt-quatre journalistes, photojournalistes et médias du monde entier seront récompensés dans cinq catégories : le Prix du courage, le Prix de l’impact, le Prix de l’indépendance, le Prix Mohamed-Maïga du journalisme d’investigation africain et le Prix photo Lucas Dolega-Saif. La liste complète des nominés est disponible ici. La cérémonie dévoilant les cinq lauréats internationaux e déroulera le lundi 1er juin à 13h.

    La Plume d’or de la liberté

    Ce prix récompense l’action exceptionnelle d’une personne, d’un groupe ou d’une institution en faveur de la liberté de la presse. Depuis 1961, la Plume d’or met en lumière les gouvernements répressifs et les journalistes qui les combattent. Elle a, à plusieurs reprises, permis la libération d’éditeurs ou de journalistes emprisonnés, ou leur a offert une certaine protection contre de nouvelles persécutions. La cérémonie se déroulera lundi 1er juin à 17h et sera précédée d’un discours d’ouverture prononcé parla sous-directrice générale de l’Unesco, Mariya Gabriel.

    Rencontre au Club de la presse Marseille-Provence

    Mardi 2 juin à 10h, le président et directeur éditorial de La Marseillaise, Leo Purguette, participe à une rencontre organisée par le Club de la presse Marseille-Provence Alpes du Sud avec Louis Dreyfus, président du directoire du journal Le Monde sur le thème :« L’information de proximité, un enjeu de démocratie. »Un débat auquel participeront aussi des représentants de Marsactu et Var Matin. Inscription obligatoire par mail : contact@club-presseprovence.com

  • À Toulon, le plaisir d’être ensemble avec « La Marseillaise »

    À Toulon, le plaisir d’être ensemble avec « La Marseillaise »

    Il est 9h30, au Terminus du Mourillon. Sur le parking, les militants sont à pied d’œuvre depuis tôt ce matin et fignolent les derniers arrangements sur les stands pour être prêts à recevoir le public. La très attendue Fête de La Marseillaise va bientôt s’ouvrir au public.

    Dans l’allée, Pierre Barbagelata des Amis de La Marseillaise s’active dans ce qui commence à ressembler à une ruche de bénévoles.

    Amaryllis (PCF) confie que « malgré le stress des inévitables petits soucis de dernière minute, c’est excitant parce qu’on sait que ça va être une belle journée, les camarades se sont beaucoup investis pour ça ». Et de poursuivre : « Ça fait plaisir de se retrouver ensemble. » Un sentiment partagé, on va s’en rendre compte tout au long de la journée, par l’ensemble des participants, malgré la cagne déjà assommante.

    « Avoir une presse d’opinion c’est essentiel, c’est vital pour faire passer des idées qui malheureusement dans l’ensemble quasiment des médias, qui est de plus entre les mains de l’extrême droite ou de ses amis, ne passent pas », ajoute-t-elle.

    L’heure est à présent à l’inauguration. L’occasion pour le président de La Marseillaise, Léo Purguette, de dire à quel point il était reconnaissant et « heureux de partager ce moment avec les Amis de La Marseillaise et les militants communistes qui ont été les chevilles ouvrières de l’organisation de cette Fête ».

    Et de rappeler aussi « que La Marseillaise reste d’une extrême fragilité et que son existence et son développement sont un combat permanent ».

    « Je veux vous dire mon plaisir d’être ici, au bord de l’eau, dans ce territoire où n’a pas déferlé la vague brune annoncée et je pense que La Marseillaise y a joué un rôle décisif. Je m’en félicite donc. Vive La Marseillaise et vive la résistance ! »

    Le secrétaire de la fédération du PCF, Pierre Daspre, s’est félicité que la maire de Toulon Josée Massi ait accordé de nouveau le droit de tenir la Fête sur la plage du Mourillon, en rappelant que la gauche n’est pas pour rien dans sa réélection en faisant barrage à l’extrême droite avec « un esprit de responsabilité ».

    Sur le stand d’Amnesty international, Dominique précise : « La Fête de La Marseillaise c’est un moment important où chacun avec ses différences défend les droits humains qui sont malmenés à l’international comme en France, notamment ceux des personnes qui sont le moins favorisées, je pense par exemple aux migrants, je pense aux personnes qui sont en grande précarité. »

    Et de conclure : « Avec La Marseillaise nous nous rencontrons sur beaucoup d’idées, on partage des valeurs et on se retrouve beaucoup dans ce qui y est écrit à longueur d’articles. »

    Sur scène, le groupe engagé Chichi et Banane entame à présent son récital poétique et satyrique.

    « C’est un journal qui permet de faire connaître nos luttes et nos revendications à une large population », affirme plus loin Zoé Desmoulins (SUD).

    À ses côtés, le secrétaire général de la FSU, Alain Tournay, ajoute : « On est content aussi de participer à la Fête de ce journal qui a été créé pendant la Résistance, ce journal qui relaie toutes les luttes sociales. »

    « Soyons des utopistes »

    De l’autre côté, le conseiller municipal d’opposition de La Seyne, Cédric Turco (PCF), a rappelé « l’importance d’être là en tant qu’élu sur le stand des services publics ». « Parce qu’on est persuadé qu’il faut réduire les inégalités en France et dans le monde et pour ça on a besoin d’un service public de qualité partout et pour tous », explique-t-il.

    Il est 16h, place maintenant au débat portant sur la paix avec Vincent Boulet (PCF) dirigeant du Parti de la gauche européenne et Richard Roméo-Giberti, secrétaire général de l’Union départementale CGT.

    « Le syndicalisme s’honore quand il sert à remplir l’objectif qui est le nôtre, c’est-à-dire transformer la société. Et c’est bien la première condition pour transformer le monde », a expliqué le patron de la CGT varoise. Et de poursuivre : « Soyons des utopistes. Il me semble que tous les combats que nous avons gagnés, d’abord ont été portés par des minorités utopistes et donc continuons à parler de paix et des conditions de la paix, c’est-à-dire de maîtriser nos outils de défense au service des populations. »

    Bref, encore une belle journée de Fête et de lutte joyeuse, en attendant de se revoir bientôt sur le pavé.

  • Les coopératives de distribution de la presse sous tension

    Les coopératives de distribution de la presse sous tension

    Dans un communiqué commun, CPMM, la coopérative de distribution de la presse qui rayonne sur les Bouches-du-Rhône, une partie du Var et du Vaucluse, et son homologue lyonnaise, Oyé distribution alertent sur l’attitude des éditeurs de presse, des messageries et des pouvoirs publics qui restent sourds à leurs propositions pour consolider la filière.

    « Malgré nos propositions de revoir la rémunération et d’intégrer de nouvelles activités de livraison du dernier kilomètre pour que les dépôts puissent vivre de leur travail, celles-ci n’ont pas été retenues. Au contraire la seule réponse apportée est la casse sociale en demandant aux deux coopératives de supprimer des emplois sans que cela ne règle quoi que ce soit, pire cela conduit à une dégradation de l’accès à la presse partout et pour tous », explique un communiqué du SGLCE-CGT des deux entreprises.

    « À quoi servent ces fonds publics ? »

    « Les salariés du Livre CGT de ces deux coopératives portent un tout autre projet basé sur un niveau de rémunération suffisant et des synergies à trouver avec d’autres services de livraison d’intérêt général pour assurer la mission afin de maintenir l’objectif de la loi Bichet à savoir la diffusion du pluralisme des idées partout sur tout le territoire », poursuit le communiqué.

    Et de s’interroger : « Pour les cinq prochaines années ce n’est pourtant pas moins de 107,5 millions d’euros d’argent public qui seront directement versés aux éditeurs de titres IPG quotidiens ou hebdomadaires. Pour 2026 l’aide à la distribution passant même de 18 à 22,4 millions d’euros. À quoi servent ces fonds publics s’ils ne vont pas irriguer les outils de distribution qui en assument la mission par délégation ? »

    La section distribution du SGLCE-CGT avec les salariés des deux coopératives CPMM et Oyé Distribution, déterminés à conserver leur activité et leurs emplois ont décidé de se mobiliser. Ils ont ainsi ralenti les titres magazines dans la nuit de mercredi à jeudi.

    Une manière de sonner l’alerte et de montrer leur détermination à préserver la filière et les emplois nécessaires à son fonctionnement.

  • Le procès contre « La Marseillaise » renvoyé à 2027

    Le procès contre « La Marseillaise » renvoyé à 2027

    Rendez-vous dans un an… La présidente du tribunal correctionnel de Marseille a donc choisi de fixer la date du procès au fond au 6 avril 2027. En pleine campagne présidentielle, alors que l’extrême droite est annoncée aux portes du pouvoir, le rendez-vous aura forcément un goût particulier. D’ici là, quatre audiences intermédiaires sont programmées en juin, septembre, novembre et février.

    À l’origine de ce marathon judiciaire, le député d’extrême droite du Gard, Alexandre Allegret-Pilot, présent mardi à la barre du tribunal sans son avocat, accuse La Marseillaise de diffamation. L’objet de son action ? Deux articles. Un premier portant sur des tweets si outranciers que son compte avait été désactivé par la plateforme X qui n’est pourtant pas la plus prompte à modérer les publications injurieuses. Le second relatait la validation par ce député, lorsqu’il était haut fonctionnaire à Bercy, d’une aide publique à une entreprise privée pas encore créée… Une affaire révélée par Le Monde que notre journaliste Tristan Arnaud n’avait fait que rapporter et pour laquelle le quotidien national n’est par ailleurs pas inquiété.

    Procédures bâillon

    Un deux poids, deux mesures qui interpelle les nombreux soutiens rassemblés mardi devant le tribunal pour suivre l’audience. Comme il y a six mois, lorsque Tristan Arnaud et Léo Purguette, président de La Marseillaise, ont été entendus par la juge suite au dépôt de plainte de l’élu d’extrême droite, ils étaient des dizaines sur les marches du palais de justice pour affirmer leur attachement au journal et à la liberté de la presse, pilier de notre démocratie et de l’état de droit. Des mots dans toutes les bouches.

    Les Amis de La Marseillaise, et leur président Serge Baroni étaient en première ligne dans ce combat. « Une évidence », glisse ce dernier plus déterminé que jamais en rappelant « toutes les péripéties depuis la reprise du journal à la barre du tribunal de commerce ». À ses côtés des représentants du monde associatif et militants progressistes.

    Parmi eux, Annick Karsenty, la présidente de l’association féministe Femmes Solidaires 13, Bernard Eynaud, président de la Ligue des droits de l’homme 13, Horiya Mekrelouf, la présidente du Mrap 13, Cathy Aubron, la présidente du Mouvement de la Paix, Patrice Kantarjian, le secrétaire régional de la CGT, un représentant du MNLE, ou des jeunes communistes du MJCF 13. « Je suis venu soutenir ce journal qui nous accompagne et qui plus est face à un député du Front national. RN, FN, pour moi ce sont toujours les mêmes… Ils portent plainte pour diffamation mais il faut qu’ils se regardent dans la glace et se mouchent leur nez », persifle François le Verne, secrétaire de l’USR CGT Vitrolles.

    « La Marseillaise et CPMM ont une histoire intimement liée par rapport à notre mission qui est de distribuer la presse pour la rendre accessible partout et pour tous. Le journal a toujours soutenu notre coopérative dans ses combats de la liquidation de Presstalis à la création de la CPMM, et encore aujourd’hui dans l’évolution de nos activités », apprécie Jonathan di Ruocco, adjoint de direction de la Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne.

    « Nous avons naturellement appelé à la mobilisation, poursuit Dylan Zeitoun, du PCF 13. On ne peut pas cautionner les procédures bâillon qui musellent la presse a fortiori quand elle porte les luttes sociales. C’est une méthode traditionnelle de l’extrême droite qui s’en prend aux médias progressistes », note le représentant du PCF 13, faisant le lien avec le poids croissant du journal dans le Gard.

    « Ce député ne respecte en rien les usages de notre République », abonde de son côté Sylvain André, maire PCF de Cendras, commune de la 5e circonscription du Gard où est élu Alexandre Allegret-Pilot. Il est venu « soutenir la liberté de la presse et la démocratie ». Il rappelle cet épisode où le conseil municipal de sa commune a décidé d’afficher le drapeau palestinien, le jour de la reconnaissance de l’État de Palestine par la France à l’ONU. « Il devait être retiré le lendemain, le préfet était au courant mais ce député s’est filmé dans la nuit en train de le retirer. On est dans le trumpisme, il ne vit que par le buzz et la petite vidéo », conclut Sylvain André. Hier encore, alors que Léo Purguette remerciait les présents et achevait son discours par un « Vive La Marseillaise et vive la résistance », l’élu d’extrême droite, lui, se mettait en scène en vidéo…

    Attachés aux valeurs de La Marseillaise

    Bernard Eynaud LDH 13

    « On doit résister ensemble mais on est inquiet car on voit aussi à droite, cette tendance qui fait bon ménage avec l’économie de marché capitaliste. Dès qu’ils peuvent supprimer des libertés fondamentales, ils s’y emploient. L’extrême droite, elle, c’est son boulot, elle est en embuscade, ce rapport de force a toujours existé, et on gagnera si on est capable d’avancer collectivement sur la justice sociale, d’égalité des droits. »

    Serge Baroni Amis de La Marseillaise

    « Ces attaques en justice ont pour but de mettre le journal en difficulté financière mais on peut compter sur tous les soutiens que l’on a. On sera plus fort qu’eux. Les Amis de La Marseillaise se développent dans le Gard et partout, on a des adhérents a qui le pluralisme tient à cœur en Belgique, dans les Ardennes, le sud-ouest, bien au-delà de la zone de diffusion. »

    Thierry Camusso Filpac CGT La Provence

    « Je suis là pour soutenir un journal qui nous soutient dans toutes les luttes et est toujours là pour nous. On ne comprend pas pourquoi ils sont encore attaqués par le Rassemblement national… c’est un journal libre qui s’exprime pour la pluralité de la presse. L’extrême droite gagne du terrain et ces gens veulent nous museler. On ne laissera pas faire. »

    Horiya Mekrelouf Mrap 13

    « C’est la place du Mrap et des antiracistes que d’être aux côtés de La Marseillaise pour contrer les attaques de l’extrême droite. Quand on l’attaque, on attaque la liberté d’expression mais aussi les fondements même de ce que représente ce journal né dans la résistance, qui s’est battu contre le fascisme, l’extrême droite et le racisme du gouvernement de Vichy, et continue ce combat. »

    Agnès Daures Élue d’opposition à Aix

    « On sait que le RN est l’ennemi mortel des travailleurs, il défend le grand capital, vote toutes les lois antisociales. Si il arrive aux affaires en 2027, il commencera par museler la presse, on en a l’exemple aujourd’hui. En plus d’être raciste, sexiste, l’extrême droite est hautement liberticide et c’est tout ce qu’on combat. »

    Pierre Rochard FSU 13

    « C’est important de soutenir La Marseillaise face à cette extrême droite qui essaie de la museler ou de s’approprier les médias. La FSU a toujours lutté contre l’extrême droite et continuera. Ce député s’exprime beaucoup sur X qui n’est pas un réseau impartial mais il s’est fait sucrer sa publication… il y a un problème. Il y a deux poids deux mesures. »

    Annick Karsenty Femmes solidaires 13

    « On est très liées à ce journal avec qui on mène un combat commun. Il y a la liberté de la presse, la possibilité de s’exprimer librement et il faut la conserver. Femmes Solidaires se bat là-dessus aussi. Ces attaques de l’extrême droite me font penser à 1938 quand on brûlait les livres, les journaux, qu’on interdisait la presse… il y a des relents nauséabonds qui arrivent dans ce pays, où qu’on soit. »

    Sylvain André Maire PCF de Cendras

    « Au-delà des idées de l’extrême droite, se replier sur soi et pointer des boucs émissaires, ce député est très virulent et ne respecte en rien les usages de notre République et de la démocratie. Il ne vit que par le buzz, la vidéo, le coup de com’, l’invective avec, je dirais même, avec un brin de méchanceté gratuite sur des élus de gauche. Il ne faut pas lui laisser un mètre. »

    Jonathan di Ruocco CPMM

    « Alors qu’on croule sous les informations mensongères et les polémiques, avoir un journal de presse quotidienne régionale qui fait un travail sérieux et porte une ligne éditoriale imprégnée par l’éthique journalistique au service des combats progressistes qu’elle met en avant, est important, comme montrer notre solidarité face aux attaques mensongères et politiques de ce député FN. »

    Cathy Aubron Mouvement de la paix

    « En tant que pacifistes, nous défendons la liberté de la presse qui est un des huit points de la culture de la paix dont nous faisons la promotion car pour nous, il n’y a pas de paix sans liberté de la presse. La Marseillaise est attaquée injustement quand on voit que Le Monde n’a pas été attaqué pour les mêmes informations. Pourquoi ? L’atmosphère est très particulière avec une banalisation de la haine. »

    Romane Massip MJCF 13

    « On est là pour soutenir La Marseillaise poursuivie en justice pour avoir simplement bien fait son travail. On sait que les élus d’extrême droite vont être à l’offensive que ce soit contre nos médias qui se positionnent à gauche ou contre les élus de gauche qui vont venir porter des politiques sociales. On ne laissera pas faire. »

    Patrice Kantarjian Comité régional CGT

    « C’est symptomatique de la période. On sait que les paroles de progrès qui n’entrent pas dans l’idéologie dominante seront contestées voire réprimées. C’est ce qui a été révélé par la presse progressiste justement avec le plan Sterin. On est peut-être dans ça et c’est bien que La Marseillaise incarne cet esprit de résistance qui donne voix aux travailleurs. »

  • L’opération « La Marseillaise » se poursuit dans les Alpes

    L’opération « La Marseillaise » se poursuit dans les Alpes

    Merci aux nombreux bénévoles qui ont vendu plusieurs centaines d’exemplaires sur les marchés de Digne, Manosque, Gap, Sisteron, Château-Arnoux-Saint-Auban, Reillanne… Puis l’opération s’est poursuivie à Forcalquier et Gap ce lundi, à Oraison mardi, à Gréoux ce jeudi et, enfin, ce vendredi 13 février à Seyne-les-Alpes.

    Merci confrères. Reportage de France 3 sur l’arrivée du journal dans les Alpes

    Après la radio des Hautes-Alpes RAM 05, BFM d’ici et Union presse, nos confrères de France 3 nous ont fait l‘honneur de traiter l’arrivée de La Marseillaise dans les Alpes. Une équipe de France 3 était ainsi présente sur le marché de Seyne-les-Alpes ce vendredi pour réaliser un reportage sur le point de diffusion du journal organisé par les Amis de La Marseillaise des Alpes en présence de leur présidente, Frédérique Laîné. À cette occasion, Jean-Jacques Schneider, directeur du groupe La Marseillaise a notamment été interrogé.

  • [Entretien] Léa Balage El Mariky : « Quand on fait avancer nos combats, la gauche est unie »

    [Entretien] Léa Balage El Mariky : « Quand on fait avancer nos combats, la gauche est unie »

    Les écologistes présentent jeudi neuf propositions de loi lors de leur niche parlementaire. La première vise à améliorer la protection des personnes ciblées par les réseaux de criminalité organisée, un texte directement lié à l’assassinat de Medhi Kessaci à Marseille. Puis, des textes pour protéger l’eau potable, empêcher les monopoles médiatiques, permettre aux maires de réquisitionner les logements vacants, instaurer une génération sans sucre, instaurer un référendum d’initiative citoyenne délibératif, protéger l’alimentation des contaminations au cadmium, reconnaître l’éducation au-dehors et accorder le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales aux étrangers.

    La Marseillaise : Le premier texte de votre niche parlementaire vise à améliorer la protection des personnes ciblées par les réseaux de criminalité organisée. Quel est ce mécanisme ?

    Léa Balage El Mariky : Dans la loi sur le narcotrafic on a installé le statut des collaborateurs de justice, inspiré des systèmes italiens notamment. Mais on a besoin d’avoir cette protection qui puisse être lancée dans les protections de la parole qui va être donnée et ses modalités avant que l’instruction judiciaire puisse être lancée. Et que cette personne puisse alerter sur une mise en danger potentielle de sa vie ou de ses proches au regard de ce qu’elle peut dénoncer comme fait relevant de la criminalité organisée.

    L’un de vos textes vise à permettre aux maires de réquisitionner les logements. C’est une demande des édiles ?

    L.B.EM. : C’est une volonté des maires qui sont au premier contact de la problématique d’accès aux logements et des solutions possibles. Car ils connaissent les logements qui pourraient être réquisitionnés et faire l’objet d’une transformation pour les remettre sur le marché locatif à travers notamment leurs bailleurs sociaux. Pour l’instant, cette réquisition peut être demandée par les maires, mais elle est toujours subordonnée au pouvoir de la préfecture qui la valide ou non. Cette réquisition concerne les logements qui sont vides dans des villes ultra-denses et pour lesquels il convient de simplement pouvoir remettre ces biens sur le marché. Quand on a cette possibilité, il y a souvent des obstacles liés à une politique non-volontaire de l’État. Cette proposition permet donc de redonner la puissance de réquisition aux maires afin qu’ils puissent bien faire leur travail : celui de protéger la population.

    La proposition de loi pour empêcher la constitution de monopoles médiatiques est issue des États généraux de l’information ?

    L.B.EM. : Exactement, et ça fait partie aussi de tout le travail qu’a mené ma collègue Sophie Taillé-Poillan, qui est une des briques sur la manière dont on doit préserver l’information et son indépendance. On est dans un moment où les médias sont détenus par quelques milliardaires qui ont des projets politiques précis, [Vincent] Bolloré en premier. On se retrouve avec une liberté et une pluralité de la presse qui sont entravées. La mise en place de mécanismes qui viennent empêcher cette ultra-concentration des médias fait partie des recommandations qui sont données par les syndicats de journalistes depuis longtemps. C’est une revendication assez connue et dont on trouve enfin une traduction dans une proposition de loi.

    Nos confrères du « Figaro » disent votre groupe fragilisé par deux menaces de défection liées à des désaccords concernant la place donnée aux textes. Que se passe-t-il ?

    L.B.EM. : Ce n’est pas une défection, il faut préciser qu’on est apparenté et ne pas dire que les gens quittent le groupe ou le collectif. Les niches, c’est toujours des moments où on est beaucoup à avoir travaillé avec énergie sur plein de textes et il y a des déceptions dans l’ordonnancement et dans le choix des textes, même les choix préalables. Certains textes qui avaient été proposés n’ont pas été retenus et c’est normal. Des explications seront faites et apaiseront les choses. Vous allez voir que demain [jeudi Ndlr], tout le monde sera là et ça se passera bien.

    LR et le RN ont déposé des centaines d’amendements, notamment sur votre texte qui vise à accorder le droit de vote des étrangers aux municipales. De quoi gâcher l’examen de vos textes ?

    L.B.EM. : Ce qu’on a vu, c’est une obstruction sur beaucoup de textes de notre niche. C’est le cas sur le référendum d’initiative citoyenne (RIC) et le texte que j’ai porté. Il s’agit pour les deux de mécanismes qui permettent de redonner de la voix aux citoyens dans les espaces délibératifs qui existent, les élections municipales et le référendum. On se retrouve avec une droite qui refuse en réalité qu’on puisse en débattre sereinement. Non seulement on dénonce la pratique, mais c’est surtout symptomatique de s’attaquer en priorité à ces deux textes qui viennent renforcer la démocratie. Ils attisent les peurs pour masquer leurs propres désaveux et le fait qu’ils ne sont pas majoritaires dans notre pays. On ne s’arrêtera pas là. J’avais déjà la garantie de vote positif de plusieurs parlementaires et donc je souhaite pouvoir élargir la démarche pour imaginer un dépôt en semaine transpartisane d’un texte comme celui-ci.

    Vous comptez sur toutes les voix de la gauche à l’unisson ?

    L.B.EM. : Je sais que comme à chaque niche, tout le monde sera présent. C’est ça qui est important en fait : dans les moments où on fait avancer nos combats, la gauche elle est unie. C’est ce que je retiens à chaque fois.

  • [En images] L’opération « La Marseillaise » se poursuit dans les Alpes

    [En images] L’opération « La Marseillaise » se poursuit dans les Alpes

    Merci aux nombreux bénévoles qui ont vendu plusieurs centaines d’exemplaires sur les marchés de Digne, Manosque, Gap, Sisteron, Château-Arnoux-Saint-Auban, Reillanne… Puis l’opération s’est poursuivie à Forcalquier et Gap ce lundi, à Oraison ce mardi et continuera le 12 février à Gréoux et, enfin, le 13 février à Seyne-les-Alpes. Venez nous rencontrer !

    Merci lecteurs. 12 000 euros de dons. On continue !

    Nos lecteurs sont vraiment en or. Ce mardi matin au courrier, une lectrice nous a fait parvenir un chèque de 350 euros de dons avec un petit mot : « Avec mes excuses de ce retard après votre appel à la souscription. J’ai aussi besoin de vous. » Merci à elle et aux centaines de donateurs qui nous donnent la force d’aller de l’avant. Votre soutien nous honore. Depuis décembre et le lancement de la souscription « pour continuer à exister, pour se développer, pour conquérir les Alpes, La Marseillaise a besoin de vous », 12 000 euros ont été collectés. On continue, ensemble nous allons relever le défi !

  • [En images] L’opération « La Marseillaise » se poursuit dans les Alpes

    [En images] L’opération « La Marseillaise » se poursuit dans les Alpes

    Merci aux nombreux bénévoles qui ont vendu plusieurs centaines d’exemplaires sur les marchés de Digne, Manosque, Gap, Sisteron, Château-Arnoux-Saint-Auban, Reillanne… L’opération s’est poursuivie à Forcalquier et Gap ce lundi et continuera ce mardi 10 février à Oraison, puis le 12 février à Gréoux et, enfin, le 13 février à Seyne-les-Alpes. Venez nous rencontrer !

    Merci confrères !

    La radio des Hautes-Alpes RAM 05 nous a consacré un reportage radio et un article sur son site web intitulé « Alpes du sud : le journal La Marseillaise, doyens des médias régionaux, fait son retour dans nos départements »

    Enzo Maubert a reçu Léo Purguette, président et directeur éditorial de « La Marseillaise », en direct de Chorges lundi sur BFM d’ici pour évoquer le développement de notre journal.