Tag: PLFSS

  • Une alerte rouge lancée au gouvernement

    Une alerte rouge lancée au gouvernement

    La pression monte sur l’exécutif à l’approche du vote solennel. Que contiendra la copie finale du budget pour 2026 ? Le pire reste à craindre. C’est pourquoi les syndicats envoient, ce mardi, leur alerte rouge. À travers plus de 150 rassemblements répartis sur tout le territoire, la CGT, la FSU et Solidaires réaffirment leur rejet du projet austéritaire et antisocial du gouvernement. « Sans la mobilisation du monde du travail, ce budget aura des conséquences catastrophiques pour les travailleurs et les travailleuses, pour nos services publics et pour l’avenir de notre pays », fait valoir l’intersyndicale, dans un communiqué. « Rien n’est encore joué », promet-elle, appelant à « mettre la pression ».

    « La seule perspective que nous ouvre le gouvernement, c’est la guerre », a martelé la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, le 27 novembre dernier lors d’une conférence de presse conjointe. « On est dans une situation aujourd’hui où on ferme des lits d’hôpitaux pour construire des obus », renchérit-elle. « Ce n’est pas seulement une formule rhétorique (…) le budget de l’armée a augmenté de 6,7 milliards », indique la dirigeante syndicale, alors que le gouvernement prévoyait d’amputer la santé de plus de 7,1 milliards d’euros.

    La CGT, Solidaires et FSU

    à l’offensive

    Parmi les bonnes raisons listées par la centrale syndicale de Montreuil pour se mobiliser, un terrifiant constat : le Smic n’a pas augmenté depuis 2012 en France, contrairement à nos voisins allemands qui viennent d’instaurer une hausse de 14%. La CGT réclame donc une revalorisation à 2 000 euros brut au 1er janvier 2026, « pour que les salariés puissent vivre de leur travail, et d’indexer les salaires sur les prix pour garantir à tous les salariés le maintien de leur niveau de vie face à l’inflation et stopper les effets de tassement ». Sophie Binet devrait s’entretenir avec le Premier ministre, ce jeudi, de même que la CFDT, FO et le Medef, tout au long de la semaine.

    Dans son analyse du budget publiée en octobre dernier, Solidaires prédisait qu’« une baisse des dépenses publiques aurait des conséquences dramatiques pour les services publics, la cohésion sociale et la transition écologique et alimenterait l’extrême droite, dont les électeurs déplorent tout à la fois les injustices fiscales et le repli des services publics ». Et pour cause, le gouvernement prévoit 30 milliards d’économies, une véritable saignée. Cela prévoit, entre autres, la suppression de 3 000 postes dans la fonction publique, notamment dans l’Éducation nationale, à France Travail, aux Finances publiques et à la Sécurité sociale.

    Pour la FSU, ces mesures doivent inciter à « élever le rapport de force pour arracher des mesures de justice sociale : des moyens pour les services publics et la Sécurité sociale, des augmentations de salaire et la revalorisation des carrières de la fonction publique, l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, la sortie de la précarité en commençant par un statut pour les AESH, et l’abrogation de la réforme des retraites ».

    La navette parlementaire suit son cours

    Hasard du calendrier ou pas, le Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) fait son retour à l’Assemblée nationale dans la journée, après avoir été largement modifié par le Sénat, dominé par la droite. La chambre haute du Parlement est revenue sur la suspension de la réforme des retraites, concédée par le Premier ministre au PS en échange d’une non censure. Les socialistes ont été reçus, lundi midi, par Sébastien Lecornu et une salve de ministres : Économie, Comptes publics, Travail, Santé et Relations avec le Parlement. « Nous progressons, nous sommes dans une approche qui peut permettre d’aboutir à un compromis, nous n’en sommes pas encore là », affirme Olivier Faure, Premier secrétaire du PS, à la sortie de Matignon. Listant une nouvelle fois les lignes rouges du parti à la rose : « Suspension de la réforme des retraites, prestations sociales et pensions de retraites pas gelées, franchises médicales pas appliquées », insiste-t-il.

    Le chef du gouvernement a reçu les communistes dans la foulée, après avoir consulté Liot et Les Républicains la semaine passée. Il recevra les Écologistes ce mardi et le Rassemblement national le lendemain. Le vote de la partie recettes du budget de la Sécu est prévu dans la semaine, avant un scrutin solennel sur l’ensemble du texte le 9 décembre prochain.

    « La seule perspective que nous ouvre le gouvernement,
    c’est la guerre »

  • Pour le meeting de Fabien Roussel, la parole au monde du travail

    Pour le meeting de Fabien Roussel, la parole au monde du travail

    Un rendez-vous au milieu des tempêtes de l’actualité. Ce dimanche à partir de 13h30, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, tient un meeting au parc Chanot. L’occasion, entre les débats budgétaires, les élans guerriers internationaux et la campagne des municipales, de porter les propositions du PCF à travers un Pacte pour l’avenir de la France, avec la création d’un fonds d’avances pour l’industrie et les services publics. Mais cette rencontre sera aussi l’occasion de redonner largement la parole au monde du travail et à ses représentants. « Nous répondons toujours positivement aux invitations des partis politiques progressistes pour porter nos revendications pour qu’ils puissent les relayer à l’Assemblée, qu’ils entendent les revendications du salariat », explique Virginie Akliouat, co-secrétaire départementale de la FSU, qui prendra la parole ce dimanche. Une intervention d’autant plus importante alors que se poursuivent les débats sur les lois de finances au Parlement. « Nous sommes en première ligne dans la période budgétaire actuelle, assène-t-elle. Il faut que l’opinion publique ait conscience des menaces qui pèsent sur l’ensemble des services publics : l’hôpital et l’école sont dans des états lamentables… » Et de rappeler : « Les services publics sont la pierre angulaire de la société française. »

    C’est d’autant plus vrai après l’assassinat de Mehdi Kessaci. « C’est dramatique ce qui se passe à Marseille », partage la co-secrétaire de la FSU, alors que l’organisation syndicale a appelé, à l’échelon départemental comme national, à se joindre à la marche blanche organisée samedi. « Le service public de proximité est le dernier rempart pour les publics les plus défavorisés, ce sont les plus concernés par les politiques mises en place par Emmanuel Macron », insiste-t-elle.

    Préparer le 2 décembre

    Cette menace du narcotrafic, les portuaires et dockers la connaissent bien eux aussi. « Nous sommes confrontés à des questions de menaces pour certains d’entre nous, la question de la protection des travailleurs devient importante, encore plus avec ce qu’il s’est passé pour la famille Kessaci », s’alarme le secrétaire général de la CGT du Grand Port maritime de Marseille, Pascal Galéoté, un des premiers signataires de l’Appel de Marseille. Il n’oublie pas qu’au Havre, un docker CGT a déjà été assassiné par les réseaux de narcotrafiquants. « Il y a eu une loi narcotrafic votée, mais sans moyens supplémentaires, sans vraie démarche dans les quartiers autour du port, autour des bassins Est », déplore-t-il.

    Lui aussi reste mobilisé face aux débats budgétaires. « C’est important de prendre la parole dans ce meeting dans cette période de plus en plus compliquée pour le monde du travail, la discussion sur le budget aura des conséquences économiques sur l’activité portuaire, sur la question sociale, sur la nécessité d’avoir un État qui assume ses responsabilités et peut mener ses investissements », détaille-t-il, rappelant les revendications sur la Sécurité sociale, sur les retraites. « De l’argent il y a en a, on produit des richesses, mais on fait des économies sur le dos du peuple », dénonce Pascal Galéoté. Et d’insister, d’autant plus face à la menace de l’extrême droite : « Aujourd’hui, il faut qu’il y ait un sursaut, ce meeting doit préparer le mouvement du 2 décembre. »

  • La CGT hausse le ton pour le budget de la Sécurité sociale

    La CGT hausse le ton pour le budget de la Sécurité sociale

    « Il est hors de question de laisser ces débats lunaires se faire dans le silence ! ». À la Bourse du travail de Marseille, ce jeudi, Greg Fontaine, infirmier à l’hôpital de la Timone et co-secrétaire de la CGT AP-HM (Assistance publique-Hôpitaux de Marseille), tient à « sonner l’alerte » sur le projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS) débattu au parlement.

    Le tout, à l’occasion d’une journée de communication nationale de la fédération CGT de la santé et de l’action sociale. Ce budget pour 2026 est jugé comme une « catastrophe » annoncée pour les établissements de santé et notamment les hôpitaux publics. « Ils sont déjà à l’os et une nouvelle réduction de moyens risque de provoquer leur effondrement », dénonce-t-il. La montée au créneau des organisations CGT ne vient pas de nulle part : « Le PLFSS 2026 prévoit une suppression de 7 milliards d’euros pour le budget de la santé, tandis que le budget de l’armée bénéficie d’une hausse sans contreparties », renchérit Ludovic Vergnaud-Rousseau, pour l’USD 13 (Union syndicale départementale de la santé) et aide médico-psychologique à l’association Unapei.

    Si les maux des hôpitaux sont connus, Greg Fontaine tient à les remettre en avant : « Les structures subissent une crise de l’emploi qui met en danger la santé des personnels et des patients. 92% des établissements déclarent des difficultés de recrutement. » L’analyse de la CGT s’appuie sur des données chiffrées : « Pour le seul secteur de la santé, il y a 180 000 postes qui sont à pourvoir selon une étude de la Dares au 1er trimestre 2025. »

    « Manque de matériel

    à tous les niveaux »

    Et l’organisation estime à 74 000 aides-soignants et 43 000 infirmiers et sages-femmes manquants en France. Même constat dans le privé et les structures associatives du reste du secteur : « Des maternités ferment, les Samu sont saturés, les personnes âgées souffrent dans les Ehpad », énumère Ludovic Vergnaud-Rousseau. La faute à « 30 ans de politique libérale et d’une gestion des établissements comme des usines à soins ». Et qui risque de se poursuivre avec ce PLFSS, la CGT ciblant plusieurs mesures qui ne passent pas : « Jour de carence pour les arrêts maladie, gel du point d’indice pour les fonctionnaires et doublement des franchises médicales. »

    Greg Fontaine rappelle les conséquences concrètes de ces mauvais coups dans les services : « Les brancardiers de la Timone se sont mobilisés contre le sous-effectif, les agents de la sécurité incendie également. Et les soignants des Baumettes ont fait grève contre la suppression de jours de repos compensateur ! ». Séverine Jeanroy, aide-soignante à l’hôpital Nord à Marseille et élue CGT confirme que ces exemples ne sont pas des cas isolés : « La situation à [l’hôpital] Nord s’aggrave d’année en année. L’attente pour avoir des rendez-vous est rallongée, les patients sont hébergés dans des services dont ils ne dépendent pas. » Et rappelle « le manque de matériel à tous les niveaux comme les appareils à tension, les couvertures… »

    Alerte à la population

    D’où « l’alerte à la population » lancée par les organisations CGT qui demandent sa participation pour « interpeller les élus ». Notamment en vue d’obtenir un PLFSS en « hausse entre 7 et 10% ». Ou, à défaut, « que les parlementaires s’y opposent » et donc ne votent pas le texte. Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône rappelle que le refus de cette politique passe par la mobilisation le 2 décembre dans la rue avec un appel confédéral à la manifestation et à la grève : « On ne pouvait pas ne pas manifester contre ce budget qui est encore pire que les précédents. »

  • L’éducation populaire comme rempart à la casse de la Sécurité sociale

    L’éducation populaire comme rempart à la casse de la Sécurité sociale

    « La Sécu c’est pas seulement une institution, c’est nos corps, nos têtes, notre quotidien », lance l’ancien député PCF Pierre Dharréville à l’assistance, dans la salle Gagarine lundi soir. L’ancien membre de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale est invité par le PCF de Port-de-Bouc à animer un débat sur les 80 ans de la Sécurité sociale, avec le secrétaire général de la CGT CPAM des Bouches-du-Rhône, Jean-Marie Angeli.

    En syndicaliste, ce dernier insiste sur « le rapport de force à double face syndicale et politique qui a permis de gagner la Sécu », qui doit aujourd’hui affronter le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (PLFSS) prévoyant « 7 milliards d’euros d’économies sur la santé ».

    Jean-Marie Angeli avance qu’« il faut faire revenir ce sujet politique qu’est la Sécu dans les entreprises, alors que la majorité des salariés ne savent pas lire leur fiche de paye ». Une forme d’éducation populaire face au discours austéritaire « quand il y a 80 milliards d’euros d’exonération de cotisations sociales et 250 milliards d’aides patronales sans contrepartie », rappelle le syndicaliste.

    « La Sécu est un instrument de justice »

    Pierre Dharréville, auteur d’une proposition de loi pour constitutionnaliser la Sécurité sociale, analyse le discours « de Gabriel Attal qui dit que le système de retraite par répartition prend l’eau ». « Mais les voies d’eau sont organisées, car lui veut la retraite par capitalisation. C’est une attaque contre la Sécu pour un projet politique inégalitaire qui va alimenter la finance », juge l’ex-député.

    En filigrane, la cotisation sociale. « L’entourloupe du Rassemblement national est de supprimer les cotisations pour gagner du pouvoir d’achat. » En clair, « leur projet de société est de ne pas partager le pot commun au prétexte qu’il y en a qui profitent. Nous, nous voulons partager car il y a besoin de justice dans ce pays et la Sécu en est un instrument », estime Pierre Dharréville.

    Ce dernier indique que « le système est solide et des leviers existent pour le financer. La CSG n’est pas mon amie mais le PLFSS prévoit de l’augmenter sur les revenus du capital ». Jean-Marie Angeli réaffirme que « de l’argent, il y en a. Il faut supprimer les exonérations de cotisations et revoir les impôts quand l’évasion fiscale atteint 100 milliards d’euros », rappelle le syndicaliste.

  • Budget pour 2026 : des débats de fond, sans vote

    Budget pour 2026 : des débats de fond, sans vote

    Le vote solennel du projet de loi de finances (PLF) était prévu ce mardi 4 novembre. À l’heure où nous écrivons ces lignes, les députés ne sont pas arrivés au bout de l’examen des plus de 2 000 amendements déposés. Cette dernière journée de débat, où les invectives se sont succédé, de même que les rappels au règlement et les interruptions de séance, était consacrée aux questions de justice fiscale.

    Les députés ont ainsi rejeté tous les amendements émanant de la gauche visant à réformer les droits de succession. « L’héritage est devenu le premier facteur d’inégalité de notre pays », a conspué le député LFI Aurélien Lecoq, « parmi les neuf dernières personnes à être devenues milliardaires, 7 sont de super-héritiers. 60% du patrimoine provient de l’héritage », insiste-t-il. En vain. Pire, après l’adoption d’amendements de Laurent Wauquiez et de Guillaume Kasbarian : « On a aujourd’hui modifié le plafond total de donations qu’un enfant peut recevoir de ses deux parents, de 200 000 euros à potentiellement 750 000 euros », annonce la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.

    Les élus ont également voté un amendement visant à supprimer les biens non-professionnels des exonérations permises par le pacte Dutreil. « Le problème de la loi Dutreil, c’est que certains l’ont utilisée à d’autres fins que la transmission d’entreprise, en mettant des biens qui n’ont pas de caractère professionnel », a appuyé le député Liot Charles de Courson. Pour Nicolas Sansu : « Cette mesure est très utile aux PME, aux artisans, mais il ne faut pas cacher la holding de Bernard Arnault derrière le boulanger ! », renchérit le député communiste.

    Vers des ordonnances

    ou une loi spéciale ?

    Les groupes de gauche ont refusé à la mi-journée de se rendre à une réunion de négociation avec le gouvernement autour des ministres en charge des questions budgétaires et à laquelle le RN était également convié. Les débats ont été interrompus dans la soirée pour laisser place à ceux sur le projet de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Ils devront reprendre le 12 novembre, jusqu’au 23 novembre au plus tard. Après cela, le gouvernement sera dans l’obligation de transmettre le texte au Sénat, selon les délais fixés par la Constitution. Si la partie « recettes » est rejetée, c’est la version du budget tel que présenté par le gouvernement qui sera examiné par les sénateurs. Si le Parlement ne s’est pas prononcé le 23 décembre, le gouvernement peut légiférer par ordonnances. Une procédure jusqu’alors inédite mais à laquelle l’exécutif semble vouloir recourir. « J’ai bien compris que le gouvernement nous dit qu’il ne compte pas sur les ordonnances, n’empêche, on y va tout droit », estimait ce lundi le président LFI de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale, Éric Coquerel.

    Pour les Socialistes, qui ont conditionné leur non-censure à la suspension de la réforme des retraites dans le PLFSS, puis à l’instauration de la taxe dite Zucman sur les ultrariches, le recours aux ordonnances pourrait – cette fois – les pousser à faire chuter le gouvernement. « S’il y a ordonnances, notamment sur le budget de la Sécu, ce sera le texte initial dans lequel il y a le gel des prestations, le doublement des franchises, toutes les mesures que nous combattons. Donc forcément, le gouvernement chutera », a assuré le député socialiste Jérôme Guedj sur le plateau de LCI. À suivre, donc.