Tag: PLFSS

  • Les élus locaux d’Occitanie font bloc pour défendre le thermalisme

    Les élus locaux d’Occitanie font bloc pour défendre le thermalisme

    Plusieurs centaines d’habitants et de curistes se sont retrouvés en fin de matinée devant les thermes de Balaruc-les-Bains. Ils répondaient à l’appel « #DeboutPourNosCures », lancé sur les réseaux sociaux par la Spleth, la société gestionnaire des thermes et dont la commune est actionnaire majoritaire (lire ci-dessus). À la tribune, entouré de son équipe municipale, le maire (PS) de Balaruc, Christophe Rioust, a défendu le bien-fondé des soins délivrés dans les équipements thermaux. Le président (PS) de l’intercommunalité Sète Agglopôle Méditerranée, Loïc Linares, est allé dans son sens : « Quelques millions d’économie, en enlevant les bénéfices du thermalisme, vont handicaper demain la Sécurité sociale. » Les autres maires, conseillers régionaux et parlementaires présents ont tour à tour fustigé une « médecine à deux vitesses » et un « plan social » dans le secteur du thermalisme.

    Le sénateur (PS) Hussein Bourgi a dit vouloir rencontrer la préfète de l’Hérault ainsi que l’Agence régionale de santé (ARS). Il a suggéré que les conseils municipaux votent des motions pour le maintien du remboursement. Il a aussi annoncé une démarche conjointe avec d’autres sénateurs. Le député (LFI) Sylvain Carrière envisage de faire de même à l’Assemblée nationale. Marie Costa, la maire (DVD) de la ville thermale d’Amélie-les-Bains-Palalda (Pyrénées-Orientales), et présidente de la Fédération thermale d’Occitanie, a évoqué la pétition qu’elle a postée sur Change.org et intitulée « Le thermalisme, poumon socio-économique de nos territoires ». Le texte a déjà recueilli plus de 50 000 signatures.

  • [Entretien exclusif] François Crémieux, AP-HM : « Nous avons deux années devant nous qui sont les plus difficiles »

    [Entretien exclusif] François Crémieux, AP-HM : « Nous avons deux années devant nous qui sont les plus difficiles »

    La Marseillaise : Le conseil de surveillance a alerté, le 16 octobre, sur les difficultés de trésorerie de l’AP-HM. Comment en arrive-t-on là ?

    François Crémieux : C’était attendu depuis plusieurs années, la Chambre régionale des comptes avait fait ce diagnostic-là dès 2022. Entre 2005 et 2016, l’AP-HM s’est endettée de manière exceptionnelle à hauteur de plus d’un milliard d’euros, ce qui l’a conduite à être endettée à hauteur de 90% du montant de ses recettes, une situation exceptionnelle en France. Sur la même période, les déficits se sont cumulés. Les aides reçues pendant le Covid ont gelé tout cela. Dans l’après-Covid, nous avons eu, au tout début, beaucoup de postes vacants, et donc des dépenses et des recettes moindres. Mais cela continuait à être sécurisé par les dispositifs Covid. Désormais, nous nous retrouvons dans la situation d’avant le Covid, avec un endettement qui reste extrêmement élevé, même s’il a baissé progressivement. Depuis 2020, il est passé de plus d’un milliard à 850 millions d’euros, et en proportion du budget, il a baissé de 90% à 45%. Nous avons repris notre activité normale, nous avons à la fois recruté des professionnels et rouvert des lits. Résultat, nous nous retrouvons face à l’impact de cette dette historique sur notre trésorerie. Au moment des discussions sur les reprises de dette post-Covid, l’AP-HM aurait dû avoir une reprise de dette d’à peu près 500 millions d’euros, finalement, cela a été capé à environ 250 millions d’euros. La situation s’aggrave en 2027 parce que nous avons les décaissements des grands plans de travaux, comme le projet du pôle Femmes-Parents-Enfants. Cela nécessite des aides en trésorerie exceptionnelles pour l’assistance publique en 2027 et 2028.

    Vous alertez sur un risque pour la continuité du service public. Quelles sont les conséquences aujourd’hui ?

    F. C. : La direction des finances jongle avec une trésorerie très serrée, cela nous oblige à prioriser nos paiements. Nous avons un délai de paiement moyen de 110 jours, cela devrait être légalement à 40 jours. En France, les hôpitaux sont en moyenne autour de 70 jours. Nous arrivons bon an mal an à prioriser nos versements en fonction de l’urgence pour nos fournisseurs et des nécessités pour continuer notre activité. Mais il ne faut pas que ça s’aggrave plus. Il faut que la trésorerie permette à tout moment de ne pas augmenter significativement les délais de paiement au-delà d’une centaine de jours.

    Cela risque-t-il de retarder les chantiers de modernisation de l’AP-HM ?

    F. C. : Ce serait le pire des scénarios. Les chantiers de modernisation sont très largement subventionnés, il n’y a pas d’impact budgétaire sur nos investissements puisque nous avons des subventions de l’État, notamment dans le cadre de Marseille en grand, et des collectivités territoriales. Aucun de ces co-financeurs ne nous fait défaut. Mais il faut qu’on s’assure que la trésorerie soit là pour pouvoir décaisser au moment où ces bâtiments sont livrés.

    L’État est venu en aide à l’AP-HM l’été dernier, cela n’a pas suffi ?

    F. C. : Les aides annoncées, deux fois 20 millions d’euros en 2025 puis en 2026, étaient nécessaires pour tenir cette trésorerie. C’était un engagement de Madame Catherine Vautrin. Nous avons maintenant besoin d’un engagement pour 2027 et 2028.

    De quoi l’AP-HM a-t-elle besoin pour passer ce cap ?

    F. C. : Nous ne pouvons pas donner de chiffre précis, c’est en cours de discussion, y compris techniquement. L’ordre de grandeur serait à peu près de 70 millions d’euros, pour maintenir cette trésorerie à hauteur d’une centaine de jours de délais de paiements en 2027.

    Comment l’AP-HM fait-elle pour réduire ses dépenses dans ce contexte ?

    F. C. : Il n’y a pas de baisses de dépenses, nous ralentissons leur progression, comme tous les autres hôpitaux. En 2026, les dépenses de personnel n’augmentent que de 3%, pour des raisons liées à l’évolution des carrières, à l’augmentation des rémunérations pour les gardes et astreintes des médecins. Mais les dépenses de médicaments augmentent de 8% alors que les tarifs n’augmentent pas en 2026. Nous avons un plan d’efficience, comme d’autres, avec une série de mesures. Sur le personnel, nous déployons des pools de professionnels pour compenser les absences et éviter de fermer des lits, maintenir l’activité. Nous travaillons à la maîtrise de la prescription de médicaments et de biologies, qui sont deux éléments qui coûtent, avec un travail sur la traçabilité des dispositifs médicaux. Nous avons aussi fait des efforts considérables sur la dépense énergétique qui augmente, parce que les prix du gaz et de l’électricité ne baissent pas…

    À quel point la flambée des matières premières et des taux d’intérêt pèsent ?

    F.C. : Jusqu’à présent, l’inflation est restée modérée, autour de 3%, mais elle commence à augmenter. Pour l’instant, nos plans d’investissements tiennent leurs budgets : nous avions prévu 23 millions d’euros pour le nouveau Samu, il a coûté environ 22 millions d’euros. Nous nous attendons à 3,5% d’inflation pour les prochains mois, il faut réussir à l’absorber puisque les tarifs n’augmentent pas. Sur les intérêts, nous payons 15 millions d’euros de plus qu’un CHU équivalent dans une situation normale. Et cela fait dix ans que cela dure.

    Craignez-vous les conséquences du projet de loi de financement de la Sécurité sociale actuellement examiné au Parlement ?

    F. C. : Je ne le crains pas particulièrement, mais clairement, cela va être des années difficiles. Il y a aujourd’hui un Ondam [Objectif national des dépenses d’Assurance-maladie, Ndlr] contraint, des tarifs annoncés aujourd’hui à 0% d’évolution. Pourtant nous avons une inflation, une augmentation des taux d’intérêt, l’évolution naturelle des dépenses de personnel et une augmentation très importante des dépenses de médicament. Comme tous les hôpitaux de France, il faut que l’on fasse des efforts assez vite. La difficulté majeure, c’est que nous ne sommes pas un hôpital comme les autres. Nous sommes une assistance publique qui a connu une décennie 2010-2020 de dégradation massive de sa situation financière, et qui connaît une décennie 2020-2030 de rétablissement douloureux de sa situation, en termes d’activité, de fonctionnement, d’investissement, de sécurité. L’objectif est que l’on puisse avoir une décennie sereine en 2030-2040 pendant laquelle nous pourrions réemprunter, développer notre activité, continuer à attirer les professionnels avec des conditions de travail acceptables. Nous devons tenir bon pour amener l’AP-HM à bon port en 2030. Pour ça nous avons deux années devant nous qui sont les plus difficiles, parce que cela coïncide avec les perturbations politiques, géopolitiques, et en même temps avec les gros décaissements pour son plan de modernisation et avec l’historique de cette trésorerie.

    Vous restez optimiste ?

    F. C. : Je suis très optimiste parce que l’AP-HM a montré depuis quelques années qu’elle était capable de se rétablir par rapport à la décennie précédente. Nous avons une activité très dynamique, en augmentation de plus que 4% en 2026, avec un développement de l’hospitalisation à domicile, de l’ambulatoire, avec des équipes très mobilisées. Le plan Marseille en grand se déroule exactement comme annoncé, les travaux n’ont pas de retard, les budgets n’augmentent pas. Oui, nous allons trouver la manière d’être accompagnés pour permettre de passer les deux-trois dernières années compliquées avant une décennie 2030 où les choses seront nettement mieux.

    Rencontre avec l’ARS

    Alors que le directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) Yann Bubien doit rencontrer la direction des hôpitaux de Marseille ce mercredi, il promet : « Nous allons voir ce que nous pouvons faire de mieux pour aider l’AP-HM, qui est notre navire amiral. » Mais il tient à rappeler : « Nous l’aidons déjà beaucoup, nous finançons l’ensemble des projets immobiliers avec les collectivités territoriales, ce qui est rarissime, et nous aidons déjà en trésorerie. »

    Y.S. avec M.R.

  • Santé et action sociale mobilisées contre l’austérité à Montpellier

    Santé et action sociale mobilisées contre l’austérité à Montpellier

    « Nous pensons que c’est important de peser sur la rentrée », explique Nathalie Argenson. Alors que se profile la discussion du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), cette représentante de la CGT du CHU de Nîmes dénonce les économies annoncées (l’Assurance maladie propose de réaliser 3,9 milliards d’économies pour l’année 2027) sur « un budget qui a déjà été contraint les précédentes années. (…) Alors que nos hôpitaux, nos Ehpad, le secteur du handicap, le social et le médico-social sont déjà à bout, on nous demande encore de faire des économies », dénonce-t-elle.

    « Le gouvernement veut faire payer davantage les patients, augmenter les franchises médicales et les participations forfaitaires, remettre en cause les droits liés aux affections de longue durée, limiter les arrêts maladie, réduire les droits des personnes en situation de handicap et supprimer des postes dans la fonction publique. Toujours la même logique : faire payer ceux qui ont le moins et demander toujours plus d’efforts aux salariés et aux patients », s’indigne la cégétiste sous les applaudissements. « Nous refusons cette logique et nous refusons l’idée selon laquelle il n’y aurait pas d’argent. L’année dernière, quand Madame Vautrin a changé de ministère, bizarrement elle a trouvé 7 milliards pour aller faire la guerre », ironise-t-elle.

    Au CHU de Montpellier, Philippe Engelmann, infirmier aux urgences psychiatriques et militant CGT, témoigne d’un « été caniculaire et catastrophique, avec des conditions de travail affreuses pour les collègues et des conditions de prise en charge terribles pour les patients. On a mis des couvertures de survie dans certaines chambres pour essayer de gratter un ou deux degrés », rapporte-t-il. L’installation électrique ne permettant pas d’utiliser suffisamment de climatiseurs mobiles, « pour un service de 20 lits, on devait choisir les 8 chambres où on pouvait en installer, donc trier les patients ». Comme Nathalie Argenson, il dénonce l’obsession du gouvernement de faire toujours plus d’économies sur la santé, « alors que le travail nous casse de plus en plus : syndromes du canal carpien, hernies discales, cervicalgies, burnouts : on en entend tous les jours. Et que fait le gouvernement ? Il plafonne les arrêts maladie à un mois, il dérembourse certains médicaments, il diminue le taux de remboursement des transports sanitaires… »

    Antoine Feletti, de SUD Santé sociaux, évoque, lui, « 15% de baisse de budget annoncée pour 2026 » dans le secteur social, à Montpellier. Avec des conséquences qui se font déjà sentir : fermeture du service de Gammes destiné aux moins de 25 ans à la rue, fermeture, au 30 septembre, du centre d’hébergement d’urgence à la nuitée de Coallia, menace sur le Planning familial de l’Hérault…

    Pour les syndicats, ce rassemblement constituait une étape avant la mobilisation du 29 septembre dans la fonction publique. « La question est la suivante : quelles sont nos priorités ? Nous faisons le choix de la santé, de la solidarité et des services publics », résume Nathalie Argenson.

  • Les APL dans le viseur du gouvernement

    Les APL dans le viseur du gouvernement

    Un rapport rendu public, une polémique qui enfle et un démenti. En arrière-plan, un budget en préparation, plus austéritaire que jamais, et une campagne pour l’élection suprême.

    Afin de préparer son ultime projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), la macronie est prête à tout pour des économies. Loin de s’attaquer aux plus riches, elle vise, comme à l’accoutumée, les plus précaires. Ici, les étudiants. Commandé par le Premier ministre, l’Inspection générale des finances (IGF) et l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) remettent, en juin dernier, un rapport nommé « revue de dépenses relative à l’efficacité des politiques familiales » qui prévoit 2,5 milliards d’euros d’économies à court terme et 4,5 milliards à long terme. Les préconisations visent ainsi plusieurs mesures d’aide aux familles, parmi lesquelles l’aide personnalisée au logement (APL).

    Les deux grands corps de l’État proposent, dès lors, d’« améliorer le caractère redistributif des APL versées aux étudiants rattachés au foyer fiscal de leurs parents, en prenant en compte les ressources parentales ». Ce qui signifie intégrer les revenus des parents dans le calcul de l’allocation. « Près de 40% des étudiants bénéficiaires de cette aide sont associés à des revenus familiaux des deux déciles les plus élevés », justifie le texte rendu public le 14 août, qui chiffre les économies réalisées à 550 millions d’euros.

    Ce nouveau mode de calcul conduirait à la suppression directe de l’APL pour 200 000 étudiants et la baisse de l’allocation pour 150 000 étudiants supplémentaires. Rapidement, les syndicats concernés ont tiré la sonnette d’alarme. « En intégrant les revenus parentaux dans le calcul de l’aide, le gouvernement ferait donc le choix de considérer que les parents doivent financer les études et le logement de leurs enfants, y compris lorsque ceux-ci ne disposent pas concrètement de cette aide familiale. Nous refusons cette conception de l’autonomie étudiante », tempête Solidaires étudiants, qui appelle à la mobilisation le 15 septembre prochain. De même que l’Union étudiante, qui interpelle les députés « une attaque sans précédent se prépare », alerte le syndicat.

    Pour la CGT, « cette mesure est particulièrement injuste au regard de la précarisation croissante des étudiants, qui constituent l’une des catégories de population les plus fragilisées économiquement. Elle revient à faire peser sur les familles une charge supplémentaire, sans tenir compte de la réalité des situations familiales », dénonce la centrale syndicale de Montreuil dans un communiqué.

    Face à la bronca populaire, le Premier ministre s’empresse de démentir : « Suppression des APL pour les étudiants, gel du RSA ou du minimum vieillesse, remise en cause du crédit d’impôt pour les services à la personne, hausse de l’impôt sur le revenu… Tout cela est faux ! Le budget pour 2027 est encore en préparation ; les véritables décisions seront annoncées lorsqu’elles auront été prises, en transparence. Critiquer les décisions du Gouvernement est légitime. En inventer pour inquiéter les Français ne l’est pas », écrit Sébastien Lecornu dans un post sur X.

    Puis, dans la foulée, c’est la ministre de la Santé qui, dans un entretien au Figaro, annonce que le gouvernement a finalement renoncé à doubler les plafonds des franchises médicales. Mais pas à les augmenter…

    Dès lors, faut-il croire l’exécutif ? Depuis son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron et ses gouvernements successifs se sont attelés à réduire les APL de 5 euros, à réformer le mode de calcul, ne prenant en compte que les 12 derniers mois de revenus, et à exclure depuis le 1er juillet, les étudiants extra-européens non boursiers. Ils sont plus de 100 000 impactés qui se voient amputés de 150 à 250 euros par mois.

    La paupérisation des étudiants est loin d’émouvoir les néolibéraux. « La précarité n’est pas un accident de la politique gouvernementale, elle en est devenue le résultat assumé », s’insurge l’Unef dans une étude publiée le 17 août qui fait le « bilan des dix ans au pouvoir d’Emmanuel Macron ». Le constat est sans appel, le coût de la vie étudiante a augmenté de 1,66% sur un an, et de plus de 35% depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, selon l’enquête annuelle du syndicat étudiant.

    EN CHIFFRES

    4,2

    En milliards d’euros, c’est le montant global des coupes budgétaires à long terme que préconise le rapport de l’IGF et de l’Igas en s’attaquant aux politiques familiales de l’État.

    200 000

    C’est le nombre d’étudiants qui pourraient être impactés par le nouveau mode de calcul des APL qui entraînerait, pour 200 000 jeunes, la suppression pure et dure de cette allocation.

  • À Marseille, les insoumis font de la santé un enjeu majeur

    À Marseille, les insoumis font de la santé un enjeu majeur

    Marseille est une ville fracturée, l’une des plus ségréguée de France. Cela génère de fortes inégalités en matière d’accès aux soins », a souligné, vendredi, Sébastien Barles (collectif Vaï), 3e sur la liste « Marseille fière et populaire », menée par Sébastien Delogu (LFI). C’est à partir de ce constat que les insoumis assurent avoir construit le volet santé de leur programme, englobant la question de l’accès au soin, de la santé mentale et de la santé environnementale.

    Premier levier envisagé : protéger l’hôpital public en politisant la fonction de président du conseil de surveillance de l’AP-HM (Assistance publique-Hôpitaux de Marseille), assurée par le maire ou l’un ses adjoints. « Il ne s’agit pas d’un poste honorifique, mais bien d’une fonction éminemment politique, note Maxime Champion, 15e sur la liste insoumise. Ce qui implique de travailler en étroite collaboration avec les syndicats et associations de personnels et de patients, pour refuser et combattre les effets du PLFSS [projet de loi de financement de la Sécurité sociale], dont nous ne pouvons pas nier les conséquences au niveau local ».

    Soins de proximité

    Au-delà de l’hôpital public, qui demeure en dehors des compétences de la mairie, les insoumis espèrent aussi améliorer l’accès au soin par le soutien à la création d’une halte soin addiction à Belsunce (1er), plus communément appelé « salle de shoot ». Un projet récemment revenu dans les débats des municipales marseillaises, rejeté par les listes de droite et d’extrême droite et en discussion du côté du Printemps Marseillais.

    Les insoumis espèrent aussi créer des caravanes sanitaires mobiles, développer des centres de santé municipaux, mais aussi soutenir les centres de santé participative (Secpa) comme celui de Château en Santé (15e) et Mareposa (14e). « Ces structures proposent une prise en charge globale, qui considère les conditions de vie de la personne, ce qui répond parfaitement à notre conception : la santé ne se réduit pas aux soins et est corrélée à l’environnement de la personne », a mis en avant Anne-Marie Delaubier, 32e sur la liste.

    à propos de la santé mentale, Lisa Soncin, psychologue et 38e sur la liste, souligne aussi les inégalités d’accès, pointant le manque de dotations des quartiers prioritaires, où se trouve une population « plus exposée à tout ce qui peut impacter le psychique ». Un point que les colistiers de Sébastien Delogu (LFI) espèrent compenser notamment grâce à un soutien accentué aux Centres médico-psychologiques (CMP).

  • Budget de la Sécurité sociale : ce qu’en disent les députés de Provence

    Budget de la Sécurité sociale : ce qu’en disent les députés de Provence

    Laurent Lhardit, député PS de Marseille

    « Il faut comparer avec le budget initial qui aurait été imposé aux Français »

    « Je suis satisfait puisque je défendais avec mon groupe un vote positif, même s’il n’y a pas de quoi sauter de joie. Ce n’est pas un budget de gauche, mais c’est le fruit d’un compromis et nous considérons avoir obtenu dans la négociation des choses avantageuses car aucun effort n’est demandé aux classes populaires et moyennes. Il faut comparer, avant-après, avec le budget initial qui aurait été imposé aux Français si nous avions censuré le gouvernement, il y a six semaines. Nous l’avons amélioré avec le rétablissement de la suspension de la réforme des retraites, je le rappelle annulée par le Sénat, la suppression des franchises médicales, l’indexation des pensions de retraite et des minima sociaux sur l’inflation, la suppression de la hausse de la CSG sur les retraites et les pensions d’invalidité, les 2,5 milliards en plus pour l’hôpital, ou la suppression des cotisations supplémentaires sur les apprentis ». Ch. C.

    Raphaël Arnault, député LFI de Vaucluse

    « La finalité n’est pas du tout bonne pour les Français »

    « Dans ce budget de la Sécurité sociale, il y a 4 milliards de coupes sur la santé, une limitation des arrêts maladie, l’augmentation du prix des mutuelles… C’est évident que les batailles que l’on a menées à l’Assemblée ont permis d’alléger la casse, mais la finalité n’est pas du tout bonne pour les Français. Historiquement, la question du budget, c’était une façon très nette de savoir si, oui ou non, on est dans l’opposition au gouvernement. Manifestement, c’est une période de flou avec certains qui ont du mal à tenir la ligne qu’on a portée lors des législatives, avec le Nouveau Front Populaire. Avec une partie de la gauche, qui se dit encore de gauche, incarnée par le PS qui s’enfonce dans une crise durable. Le RN se comportait comme ça il y a quelques mois. C’est malheureux de se dire que des gens qui ont participé au NFP se retrouvent dans cette position. »

    Yannick Chenevard, député Ensemble pour la République du Var

    « Le choix du compromis »

    « Ce n’est pas le budget que j’aurais souhaité. Mais c’est un budget qui, s’il n’avait pas été voté, aurait coûté 10 milliards d’euros supplémentaires aux Français. En faisant le choix du compromis, nous protégeons les salaires des apprentis, nous sauvons le maintien de l’exonération des taxes sur les tickets-restaurants par exemple. »

    Hendrik Davi, député L’Après de Marseille

    « Cela reste un budget injuste »

    « Grâce à la mobilisation déterminée du Groupe Écologiste et Social dans son ensemble, plusieurs mesures parmi les plus indignes ont été supprimées. Mais il reste de nombreuses “horreurs” et ce PLFSS reste donc un budget injuste. Il s’attaque aux plus précaires, aux personnes âgées, aux malades chroniques, à l’hôpital public et au médico-social. »

  • Sansu présente le budget des communistes à Marseille

    Sansu présente le budget des communistes à Marseille

    Le tour de France du changement pour un budget populaire du PCF fait escale, ce mercredi, à Marseille. Pour cette quatrième étape, la fédération communiste des Bouches-du-Rhône accueille le député Nicolas Sansu, venu « présenter l’état des lieux du budget, expliquer la position des parlementaires communistes et discuter de quelles doivent être les politiques publiques qu’on veut mettre en œuvre sur les questions de justice fiscale, de pouvoir d’achat, de service public et de santé », détaille ce membre de la commission des Finances de l’Assemblée nationale. Le but de ce rendez-vous, fixé à 18h30*, est d’exposer les priorités budgétaires du parti et recueillir les attentes de la population.

    Hasard du calendrier, ou pas, cette réunion publique se tient au lendemain du vote du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Le député du Cher a voté contre. « Dans l’opposition, on s’oppose (…), d’autant que sur les textes budgétaires, voter pour, c’est une appartenance à la majorité », tranche l’élu, martelant qu’« il n’y a pas eu d’avancée, que des non-reculs ». Il cite les franchises médicales, le dégel des pensions de retraite, la suspension de la réforme Borne… « C’est simple de mettre des choses horribles et de les retirer en disant que c’est une avancée (…). Celles et ceux qui votent ce budget-là se mordront les doigts d’avoir sauvé la Macronie dans quelques semaines », prévient-il, alors que le PS a fait le choix de voter en faveur de ce texte. « Les députés communistes n’ont jamais voté un budget de la Sécu depuis 2002, même sous Hollande ! », renchérit Nicolas Sansu.

    *280 rue de Lyon (15e).

  • Ça passe mais il y a de la casse

    Ça passe mais il y a de la casse

    Le budget de la Sécurité sociale a été adopté lors d’un vote serré des députés malgré la crise politique induite par la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron.

    La mise en œuvre de la réforme des retraites à 64 ans est stoppée et on estime à 650 000 le nombre de personnes qui pourront partir plus tôt dès 2026. C’est une bonne nouvelle et la confirmation que les Français comme leurs représentants n’ont jamais digéré ce recul social imposé par la méthode antidémocratique du 49.3. Ce texte reste à abroger définitivement.

    Contrairement au budget de l’État d’autres inflexions positives ont été obtenues, justifiant un vote pour des socialistes et une abstention des écologistes. Il s’agit notamment de l’abandon du doublement des franchises médicales, du renoncement à geler les pensions et les minima sociaux ou encore d’augmenter les cotisations des apprentis.

    Une grande Sécu

    Mais le « musée des horreurs » dénoncé par les syndicats lors de la présentation par le gouvernement de son projet initial n’a pas été vidé de ses mesures répulsives.

    Le budget des hôpitaux et des Ehpad reste très en dessous des besoins réels et pourrait aboutir à de nouvelles fermetures de lits. Les mutuelles et donc leurs adhérents seront taxés à hauteur d’un milliard d’euros. Une mesure particulièrement injuste, en décalage avec l’aspiration à la justice sociale et fiscale qui s’exprime partout dans le pays.

    Le budget passe mais la casse de la Sécurité sociale se poursuit. Elle est une conquête fondamentale, un bien commun précieux. Il est possible de faire autrement. Pour une grande Sécurité sociale, à la hauteur de besoins de notre temps, le dogme des exonérations de cotisations patronales doit être abandonné et toutes les richesses doivent être mises à contribution.

  • Le budget de la Sécurité sociale est adopté

    Le budget de la Sécurité sociale est adopté

    À l’issue d’un scrutin extrêmement serré et d’explications de vote aux allures de règlements de comptes, les députés ont adopté l’ensemble du budget de la Sécurité sociale pour 2026.

    Les voix du PS et l’abstention in extremis des Écologistes ont changé la donne. Le texte est désormais transmis au Sénat.

  • La Sécurité sociale défendue coûte que coûte à Marseille

    La Sécurité sociale défendue coûte que coûte à Marseille

    La banderole intersyndicale qui ouvre le cortège de la manifestation marseillaise, ce mardi, adresse un message clair au gouvernement et aux parlementaires qui redébattent du budget de la Sécurité sociale au même moment : « Contre les budgets d’austérité, pour une juste répartition des richesses, pour une retraite à 60 ans ! ». Partis des Réformés en direction de la préfecture en passant par le cours Lieutaud, les quelque 15 000 manifestants, « s’inscrivent dans la droite lignée des deux précédentes mobilisations en septembre et octobre », comme le résume Franck Balliot, cosecrétaire de la FSU 13.

    Si ce n’est pas la foule des grands jours sur la Canebière, reste que la détermination des militants présents ne vacille pas. Et d’autant plus lorsqu’il s’agit de défendre la Sécurité sociale, alias « la Sécu » ou encore « le bien commun », comme l’appelle un bon nombre de manifestants. « C’est ce qui permet de surmonter les crises. On l’a vu pendant le Covid et pendant celle de 2008. Malgré l’attachement des Français, les gouvernements attaquent la Sécu depuis des décennies, petit bout par petit bout. Nous, au contraire, on prône le 100% soins prescrits, 100% soins remboursés », développe Franck Balliot.

    Avec le PLFSS 2026 qui revient sur la table des députés, les militants ont de quoi monter au créneau contre un paquet de mesures jugées plus régressives les unes que les autres. Jean-Marie Angelli, secrétaire général de la CGT CPAM 13 (Caisse primaire d’assurance maladie) en a un exemple : « Revenir sur la prise en charge de certaines maladies, des maladies lourdes. » Et de dénoncer « une ligne rouge franchie ». D’autres manifestants pointent le doublement des franchises médicales ou encore la diminution de la prise en charge de certains médicaments. « Ils font payer aux assurés et aux plus précaires ce qu’ils ne veulent pas chercher chez le grand patronat. Petit à petit, ils font tout pour qu’on se dirige vers la mort de la Sécu », développe-t-il.

    Entre quelques jets de pétards des agents portuaires du GPMM et dockers de Fos, il reste tout de même positif : « En ces 80 ans de la Sécu, heureusement qu’il y a encore des forces vives qui se battent pour elle. » Et de préconiser « un retour à la base » pour le modèle social français. Comprenez par-là « un financement par la cotisation, pour tout le monde, en mettant fin aux exonérations et aux cadeaux fiscaux au grand patronat ».

    Car l’objectif du jour est bien de poursuivre une forme de pression du monde du travail sur les parlementaires et le gouvernement. « On ne veut pas que les économies qui sont prévues se fassent sur le dos des travailleurs, sur le dos des malades, des retraités ou de nos enfants », rappelle Maxime Picard, secrétaire départemental de Solidaires Finances publiques. Il analyse le projet gouvernemental : « Les gouvernements libéraux s’attaquent aux constructions collectives des travailleurs, ce qu’est la Sécurité sociale. Et l’on est sur la même logique : faire payer à certains et pas à d’autres. » En bref, une mobilisation pour défendre un modèle qui protège les plus précaires. Si la trêve des confiseurs approche, un autre rendez-vous est déjà fixé au samedi 6 décembre, pour défendre la prime de Noël à l’appel de la CGT Chômeurs 13.

    « Il y a encore des forces vives qui se battent pour la sécu’ »