Tag: photovoltaïque

  • Après Carbon, la transition dans l’ombre

    Après Carbon, la transition dans l’ombre

    Cela devait être le plus grand site d’assemblage de panneaux photovoltaïques d’Europe, un symbole de souveraineté industrielle et de transition écologique. L’annonce, ce mardi, de l’abandon du projet de giga-usine Carbon, à Fos-sur-Mer, est donc un séisme dans le grand chantier de la décarbonation de la zone industrialo-portuaire. « Faute de perspectives suffisamment établies pour engager les ressources additionnelles requises, nous avons pris la décision d’arrêter le projet », explique la start-up lyonnaise. Enterrant la perspective d’une production de 10 millions de panneaux photovoltaïques par an, avec 3 000 emplois directs à la clé.

    « C’est forcément une déception quand on investit sur un projet riche pour le territoire en termes économiques, d’emplois et de perspectives », reconnaît la présidente (Hor.) de la commission entreprises de la Région Sud, Isabelle Campagnola-Savon, qui marque sa surprise face à cette annonce. « C’est un mauvais signal », s’inquiète de son côté la Chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille, quand le président du Syndicat des énergies renouvelables, Jules Nyssen, alerte sur « un signal catastrophique qui traduit toute la difficulté à constituer des filières stratégiques en Europe ».

    La CGT alertait déjà

    Le tapis rouge avait pourtant été déroulé pour accueillir le projet qualifié, en juillet 2024, d’intérêt national majeur. Au moins 70 millions d’euros de subventions des collectivités et 100 millions d’euros de l’état devaient arroser la start-up, soit l’essentiel des financements qu’elle avait sécurisés. Parmi les 4 millions votés par la Région Sud, 1,5 million sont définitivement perdus. Les particuliers qui avaient investi dans le financement participatif du projet, à hauteur de 2,5 millions d’euros, perdent aussi toute leur mise.

    « Malgré l’affirmation, dès 2023, d’une volonté politique de l’Union européenne de réindustrialiser et de relocaliser la chaîne de valeur photovoltaïque, la concrétisation de ces ambitions progresse très lentement », dénonce la société Carbon pour expliquer son échec. En ciblant le libre-échangisme européen : le règlement sur l’accélérateur industriel, adopté au mois de mars dernier, élargissait le « Made in Europe » aux pays bénéficiant d’accords de libre-échange, comme la Turquie, l’Inde, le Vietnam, sans préférence européenne jusqu’en 2030.

    « C’est une erreur manifeste de leur part, ils ont des comptes à rendre sur l’argent investi », tonne l’un des secrétaires de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône, Pascal Galéoté. La CGT 13 avait déjà alerté la CCI au mois d’avril. « Nous avions des références en termes de compétitivité sur ce qui s’est passé en Allemagne pour cette filière, nous avions plutôt le sentiment que ce projet venait capter des finances publiques », pointe le responsable syndical. Face à ces projets privés largement subventionnés avant de déposer le bilan, il insiste : « L’état a intérêt à prendre ses responsabilités dans le cadre des projets de transition. »

    « Nous avons tellement d’autres projets prévus qui ont avancé de manière sereine », temporise Isabelle Campagnola-Savon. Alors que 20 milliards d’investissements ont été annoncés sur la zone, « nous savions très bien que tout ne pourrait pas se faire, mais nous ne perdons pas d’emplois ». « Cette décision ne remet pas en cause la dynamique engagée sur la zone industrialo-portuaire », assure aussi le Grand port maritime de Marseille, qui explique le travail réalisé pour préparer le site de 45 hectares « contribue à renforcer notre capacité à accueillir d’autres projets industriels ». Ce qui n’empêche pas la CCI d’appeler à une réunion « afin de tirer collectivement les enseignements d’une situation qui ne doit plus se reproduire ».

    Cette annonce intervient alors que les nuages s’accumulent autour des activités de KemOne dans la chimie, d’ArcelorMittal dans l’acier. « Nous risquons d’avoir des suppressions d’emplois conséquentes », alerte Pascal Galéoté, tandis que la CGT 13 appelle à se mobiliser, ce jeudi, devant le Medef. Parmi les nouveaux projets, l’incertitude persiste sur le projet Deos de construction de flotteurs d’éoliennes et le conseil municipal d’extrême droite de Fos s’est prononcé contre le projet de production de biocarburants Elyse. « La transition écologique doit s’appuyer sur les filières historiques », insiste le secrétaire de la CGT. Quand le ministère de l’économie, malgré l’échec de Carbon, n’en démord pas : « L’atteinte d’une souveraineté industrielle sur le photovoltaïque reste possible. » Pourvu que le libre-marché ne décide pas.

    Il y a trois ans, le précédent Quechen

    L’abandon de la giga-usine de Carbon rappelle celui du fabricant de pneus verts Quechen, en 2023 : malgré 6 millions d’euros de subventions, le groupe chinois, qui promettait 130 emplois à Fos, avait renoncé, faute de terrain. Une « humiliation », évoquait le président (Ren.) de Région, Renaud Muselier. « On ne peut pas le comparer », modère Isabelle Campagnola-Savon. Plus récemment, la centrale solaire géante HyVence pour produire de l’hydrogène vert sur les étangs de saumure de Fos a été abandonnée, en 2024, et le projet de production de carburants renouvelables Hynovera, à Gardanne, a suivi fin 2025, à chaque fois face à la fronde des riverains.

  • L’usine de panneaux solaires Carbon ne verra pas le jour à Fos-sur-Mer

    L’usine de panneaux solaires Carbon ne verra pas le jour à Fos-sur-Mer

    Nous avons pris la décision d’arrêter le projet. » La promesse de 3 000 emplois directs dans une grande usine de panneaux photovoltaïques à Fos-sur-Mer, faite par la startup Carbon en 2022, s’est officiellement envolée, ce mardi, avec la publication d’un communiqué de l’entreprise sur ses réseaux sociaux, après plusieurs mois de rumeurs persistantes.

    L’entreprise met en cause la politique européenne de libre-échange. « Un projet d’une telle ampleur exige l’existence d’un marché spécifiquement dédié aux acteurs européens et soutenu par les États membres », affirme-t-elle, en référence à son objectif de production de 5 GW de cellules d’ici 2027.

    Made in Europe… en Inde ?

    Plus précisément, Carbon pointe « l’absence de préférence pour une production photovoltaïque européenne malgré l’affirmation d’une volonté de relocaliser la chaîne de valeur dès 2023 ». Une dynamique confirmée par la loi sur l’accélérateur industriel (IAA), voté par la Commission européenne en mars dernier, qui « élargit le périmètre du Made in Europe à l’ensemble des pays disposant d’un accord de libre-échange avec l’Union européenne, incluant potentiellement la Turquie, le Vietnam ou encore l’Inde », repoussant à 2030 une éventuelle préférence européenne.

    C’est dans ce contexte que Carbon jette l’éponge, arguant de « l’absence de visibilité » et de « divergences persistantes entre les États membres » pour créer un marché protecteur, ainsi que l’impossibilité de sécuriser les financements du projet. 100 millions d’euros d’aides publiques avaient été débloqués par l’État via France 2030, ainsi que 70 millions d’euros supplémentaires par la Région Sud et la Métropole.

  • Le leader de l’énergie rapatrie ses productions en Europe

    Le leader de l’énergie rapatrie ses productions en Europe

    Notre projet Azur consiste à relocaliser, en Europe, nos entreprises basées en Chine. Nous allons mutualiser notre ligne de production avec un acteur historique du secteur, le fabricant autrichien, Sonnenkraftun. C’est une décision qui fait suite à la réduction de la TVA, l’an dernier, qui est passé de 20% à 5,5% en Europe », explique Jérôme Mouterde, directeur de Dualsun. Le PDG a cofondé l’entreprise en 2010, avec Laetitia Brottier, sur un concept de panneaux solaires hybrides.

    Trouver sa place

    Implantée à Marseille (13e), l’entreprise se démarque, dès son lancement, avec un prototype innovant. Un panneau solaire qui combine production d’eau chaude et stockage d’énergie. La société se hisse rapidement au rang de leader français dans le marché de l’équipement énergétique en région Paca, puis dans le pays. Son essor correspond à environ 25% de parts de marché dans la couverture en panneaux photovoltaïques des résidences. Cette première réussite lui a permis de se lancer dans un marché plus concurrentiel : celui du panneau photovoltaïque classique. Un secteur déjà largement dominé par les entreprises chinoises, qui représentent aujourd’hui 98% des panneaux solaires importés en Europe.

    Et si « une gamme des panneaux hybrides est aujourd’hui produite en Rhône-Alpes, rappelle Jérôme Mouterde, une partie des sites de production de panneaux solaires classiques a dû être installée en Chine, il y a six ans, pour résister face au géant chinois ».

    « Concurrence déloyale »

    Une délocalisation qui avait été motivée par des coûts de production « 50% plus élevés en France », précise le directeur. Un écart aujourd’hui finalement « rééquilibré » avec cette baisse de TVA à 5,5% au lieu de 20%. C’est cette récente réforme qui l’a poussé à tisser un partenariat avec la société autrichienne historique, une occasion de « participer à la souveraineté énergétique française, estime-t-il, à ce jour bien plus vulnérable que son concurrent chinois », dans le domaine des énergies renouvelables.

    Le PDG s’avoue malgré tout « dubitatif », quant à la durabilité de cette réforme, qu’il espère voir « s’ancrer dans le temps, avec des réglementations plus claires ». Avec toujours l’objectif affiché, à terme, de « s’implanter dans la région ».

  • Un collectif lutte contre les centrales photovoltaïques dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Un collectif lutte contre les centrales photovoltaïques dans les Alpes-de-Haute-Provence

    S’opposer physiquement à la déforestation et à la construction de centrales solaires sur la montagne de Lure : c’est la méthode qu’a choisie le collectif Elzéard Lure en Résistance, créé en opposition à la centrale de Cruis. « Quand j’ai appris qu’il y allait avoir une centrale solaire industrielle juste en face de chez moi, je n’en ai pas cru mes oreilles de me dire qu’ils allaient défricher 17 hectares de forêt pour mettre une usine d’électricité », se rappelle Sylvie Bitterlin, co-fondatrice du collectif.

    « Je suis venue ici pour vivre dans la nature, entourée d’un monde vivant. Progressivement, je me suis aperçue à quel point cet environnement était dégradé. On est en train de détruire petit à petit ce lieu emblématique de la montagne de Lure », déplore la militante. « On a constaté que cela ne se passait pas qu’à Cruis, mais que, sur toute la montagne de Lure, il y avait déjà 15 centrales photovoltaïques qui avaient été construites, qui n’avaient pas attiré notre attention puisqu’elles sont cachées dans les forêts. » Selon le collectif, 15 autres projets de centrales sont envisagés sur la montagne.

    À Cruis, quand le défrichage a commencé, en 2022, les militants s’y sont opposés physiquement. « On s’est interposés physiquement face aux bûcherons pour les empêcher de couper des arbres. Mais on n’était pas assez nombreux pour les arrêter, et, en quatre jours, toute la forêt était partie », regrette Sylvie Bitterlin, également conseillère municipale à Montlaux (DVG). « Ils sont revenus en 2023 pour les travaux de terrassement, on était là pendant plusieurs mois, tous les jours, on bloquait les machines. L’entreprise a ensuite embauché des vigiles, des milices qui ont commencé à violenter les militants », affirme la co-fondatrice.

    « Quel écolo fait ça ? »

    « Détruire des espèces protégées par centaines, des habitats d’espèces protégées, alors qu’on sait que c’est la première cause de l’effondrement de la biodiversité, quel écolo fait ça ? Quand est-ce qu’on peut se revendiquer écolo alors même qu’on détruit la biodiversité ? », lance Pierrot Pantel, le juriste qui accompagne le collectif et l’aide à repérer les irrégularités et à déposer des plaintes. « On a lancé une démarche demandant à la préfecture un démantèlement de la centrale et une remise en état à Boralex [l’entreprise qui a construit la centrale de Cruis, Ndlr]. Et, si elle refuse, on attaquera ce refus pour que ce soit un tribunal qui impose à la préfète d’ordonner à Boralex de tout remettre en état », affirme le juriste.

    Contacté, Boralex assure « donner une seconde vie à des parcelles détruites par un incendie survenu en 2004 » et « minimiser les impacts sur l’environnement ». Le projet a été réduit de 75 à 17 hectares, affirme l’entreprise.

  • Un projet photovoltaïque contesté dans une forêt des Hautes-Alpes

    Un projet photovoltaïque contesté dans une forêt des Hautes-Alpes

    Au pied des premiers reliefs du Dévoluy, entre la rivière du Rif de l’Arc et la D994, s’est développé un petit bois d’une vingtaine d’hectares, composé de résineux de taille modeste. À l’ombre des pins sylvestres grandit toutefois un peuplement de feuillus encore jeunes. « C’est ce qu’on appelle une forêt pionnière. Les pins ont poussé sur le dépôt de la rivière, mais d’ici trente ans, ils seront remplacés par les saules, cornouillers, chênes et érables », détaille Nick Nguyen, de l’association Sérigons Terres Vivantes, qui lutte contre l’arrivée d’un complexe photovoltaïque sur le site.

    Le projet, étudié depuis 2016 et approuvé par la préfecture en janvier dernier, conduirait à raser sept hectares de cet espace naturel où vivent plusieurs espèces protégées, comme le grand rhinolophe (une chauve-souris), ou la salamandre tachetée. Or l’association déplore qu’Ecoter, le bureau d’étude chargé de l’étude d’impact, ait selon elle minimisé la présence de cette biodiversité. « Les relevés ne mentionnent pas la présence d’espèces protégées comme la salamandre, explique Nick Nguyen. De plus, les relevés pour mesurer la présence d’oiseaux migrateurs ont été faits en juin, alors que la période recommandée, c’est en avril-mai ou en septembre. »

    Valorem défend un projet adapté au territoire

    Les militants affirment aussi que l’étude sous-estime l’aggravation du ruissellement et des inondations que causerait l’artificialisation du sol, menaçant le village et la zone artisanale voisine. Ils regrettent enfin la disparition annoncée d’une forêt encore en devenir, appréciée des riverains, utilisée comme espace de loisirs par les enfants et comme lieu d’activités pour des associations locales. Aussi, depuis 2019, les bénévoles ont organisé plusieurs manifestations, conférences et projections… En 2020, la pétition lancée contre le projet a récolté 5 300 signatures. « Nous ne sommes pas contre le photovoltaïque, bien contraire, mais pourquoi détruire un environnement naturel plutôt que de l’installer sur des sols déjà artificialisés ? », conteste Nick Nguyen. Son association a proposé d’implanter le futur projet de l’autre côté de la D994, à cheval sur la station d’épuration communale et la carrière de la Sablière du Buëch.

    De son côté, Valorem, société porteuse du projet, estime que cette idée conduirait à empiéter sur une zone protégée Natura 2000. « Nous travaillons avec un bureau d’étude indépendant, reconnu dans son domaine, et avons choisi un terrain adapté, en accord avec l’Office national des forêts, affirme Bertrand Maljournal, responsable de l’agence d’Aix-en-Provence. On a diminué la taille du projet et créé un corridor de passage pour la faune. Tout a été fait pour permettre que les espèces restent sur le site. » Il ajoute qu’en compensation, l’entreprise créera une réserve biologique de 167 hectares au bois de Loubet, à 15 km de là. Pour Camille Girard, chargé de communication, ces projets sont une nécessité de souveraineté énergétique : « La France dépend encore à 60% d’énergies fossiles pour lesquelles elle dépense 60 milliards par an en importation. On ne peut pas parler de souveraineté, déplorer le prix de l’essence et ne pas regarder les efforts à faire pour installer plus d’énergie électrique », affirme-t-il.

    Le projet a toutefois reçu, en novembre, un avis défavorable du commissaire enquêteur chargé d’en évaluer l’impact. L’association France nature environnement a déposé un recours devant le tribunal administratif de Marseille. La décision est attendue à la fin du mois.

  • Loïc Gachon veut poursuivre son action pour la protection des Vitrollais

    Loïc Gachon veut poursuivre son action pour la protection des Vitrollais

    À l’approche du premier tour, Loïc Gachon (PS) a un message à faire passer aux électeurs : « Si les Vitrollaises et les Vitrollais partagent avec nous cette envie d’aller de l’avant et de solidarité, il n’y a pas d’hésitation à avoir. » Le maire sortant a distillé les mesures de son projet au cours de nombreuses réunions publiques dans les différents quartiers de la ville de 37 000 habitants. Ce jeudi 12 mars, à 18h30, il tient son meeting de campagne au sein de la salle Guy Obino.

    S’il ne devait retenir qu’une proposition de son programme, qui est « un équilibre subtil entre la protection, la projection dans l’avenir, le vivre-ensemble », ce serait la municipalisation du réseau de chaleur. « C’est le projet emblématique qui va changer la donne à Vitrolles, affirme Loïc Gachon. On est en train de développer une offre pour une chaleur durable, renouvelable, à prix fixe pour trente ans à la place de l’alimentation en gaz. » Ce réseau permettra d’alimenter 12 000 ménages. La majorité sortante a également déjà engagé un projet de communauté d’énergie photovoltaïque.

    En deuxième position sur la liste, Lalia Attaf, adjointe en charge des espaces publics lors du dernier mandat, insiste sur deux engagements : « Sur la sécurité, on va mettre en place des réunions entre la police municipale et les CIQ une à deux fois par an pour faire le point. On va aussi accompagner la création de collectifs d’habitants dans des micro-quartiers pour plus d’horizontalité dans la gestion municipale et de dialogue avec nos services. »

  • Vaucluse : un mois pour donner son avis sur l’arrivée de parcs solaires

    Vaucluse : un mois pour donner son avis sur l’arrivée de parcs solaires

    Alors que la compagnie nationale du Rhône a en projet d’installer plus de 900m linéaires de panneaux photovoltaïques sur la via Rhona à Caderousse, l’installation de parcs solaires fait actuellement l’objet d’un document cadre. En lien avec la Chambre d’agriculture, l’État élabore cette feuille de route, qui entre dans sa phase de consultation publique *. Jusqu’au 20 mars, la population est amenée à s’exprimer sur ce document qui liste plusieurs emplacements compatibles ou non avec l’installation de cette énergie renouvelable.

    Le document soumis à étude table sur 418 parcelles pour un espace total de 484 hectares. Avec moins de 5% de production totale d’énergie, le photovoltaïque reste encore marginal en France mais progresse. Ainsi, au 3e trimestre 2025, la puissance raccordée était de 26 315MW contre 13 000MW début 2022. La consultation s’inscrit dans le cadre de « la loi de mars 2023 relative à l’accélération de la production des énergies renouvelables, qui vise à rattraper le retard de la France en matière d’énergies renouvelables, au regard de l’urgence climatique, énergétique et géopolitique, tout en préservant la souveraineté alimentaire », indique la préfecture.

    Développer les panneaux au-dessus des exploitations

    C’est en ce sens que le projet a été élaboré avec la Chambre d’agriculture, chargée de « rédiger une proposition au préfet identifiant toutes les zones pouvant accueillir des installations photovoltaïques au sol compatibles avec l’exercice d’une activité agricole sur les terrains naturel, agricole ou forestier ». Ainsi, la Chambre vauclusienne rappelle plusieurs priorités : « La souveraineté alimentaire doit primer sur la souveraineté énergétique et le déploiement des énergies renouvelables doit être raisonné et encadré et ne doit pas porter atteinte à la vocation agricole des terres. »

    L’accent est aussi mis sur l’agrivoltaïsme, où « il est nécessaire de prioriser les projets sur les terrains agricoles, naturels ou forestiers », souligne la Chambre d’agriculture. Sur la carte jointe au document, les parcelles se situent majoritairement en bord de Rhône ou non loin de zones industrielles. « Une fois ce document-cadre arrêté, aucun projet photovoltaïque sur terrain naturel, agricole, ou forestier ne pourra se faire sur les terrains exclus de celui-ci à l’exception des projets agrivoltaïques », fait valoir la préfecture, précisant qu’à « l’issue de cette consultation, le document sera modifié au besoin ». Il entrera ensuite en vigueur par arrêté préfectoral.

  • La commune du Beausset s’offre une centrale photovoltaïque pour fournir ses bâtiments publics

    La commune du Beausset s’offre une centrale photovoltaïque pour fournir ses bâtiments publics

    La mairie du Beausset s’offre une solution économique et écologique pour ses besoins en énergie. Elle a inauguré la semaine dernière une centrale photovoltaïque de 1 092m² installée sur le toit de son Centre technique municipal.

    Ce nouvel équipement, d’une puissance d’environ 142 kWc, permettra de produire chaque année près de 185 MWh d’électricité renouvelable, destinée en priorité à l’autoconsommation des bâtiments communaux, en particulier celui sur lequel elle est installée, avant, à terme, de contribuer à l’alimentation d’autres infrastructures. « Ce projet concret marque une étape importante dans l’engagement de la commune en faveur de la maîtrise de l’énergie et du développement des énergies renouvelables », se félicite le maire (SE) Edouard Friedler. Une installation qui permettra de faire baisser durablement la facture d’énergie communale, et qui s’inscrit dans une logique de « transition énergétique, de maîtrise des consommations et de réduction de l’empreinte carbone, tout en valorisant le patrimoine communal », indique la mairie.

    Des travaux de renforcement de la toiture

    Dans le cadre de sa politique de développement durable, la commune a engagé une réflexion sur le potentiel solaire de ses bâtiments publics. Le Centre technique municipal a ainsi été identifié, en raison de la surface disponible et de la configuration de sa toiture. Cette dernière a par ailleurs dû subir quelques travaux (à hauteur de 43 000 euros) de renforcement de sa charpente métallique, afin de garantir la pérennité de l’ouvrage face aux charges supplémentaires de la centrale. Ceux-ci ont été financés grâce à un plan associant la commune et le Département du Var, dans le cadre de l’aide aux communes.

    Ce projet « constitue une première étape appelée à être prolongée par d’autres opérations de production d’énergies renouvelables et d’amélioration de la performance énergétique du patrimoine communal », ajoute la municipalité.

  • « Demain Salon » présente ses mesures écologiques et sociales

    « Demain Salon » présente ses mesures écologiques et sociales

    Elle a reçu le soutien de l’ancien maire Michel Tonon (PS). Ce mercredi 11 février, la liste d’union de la gauche « Demain Salon » a présenté ses visages et son programme, élaboré dans l’ombre « depuis six mois », indique le candidat, Patrick Chini (PS).

    En quatrième position sur la liste, Michèle Blanc-Pardigon, pédiatre, chevalier de la Légion d’honneur et ancienne élue à la santé publique, souhaite s’engager « pleinement (…) pour une santé globale associant le développement de l’agriculture nourricière bio, des activités physiques, sportives et culturelles, pour un contrat de santé et de santé mentale global, et pour l’accessibilité aux soins pour tous ».

    Logement digne

    « Demain Salon » propose notamment de mettre en place un Plan alimentaire communal et des fermes municipales pour tendre vers le 100% bio et local, mais aussi d’aider les nouveaux médecins à s’installer ou encore de créer un Ehpad public.

    Son colistier Nicolas Maury (PCF) insiste sur la problématique de l’habitat : « Nous sommes la liste qui défend le logement social (…). Nous voulons que les travailleurs et travailleuses puissent se loger dignement dans des logements salubres et accessibles. » Si l’équipe est élue, elle entend imposer au moins 50% de logements sociaux dans les nouvelles opérations, développer l’hébergement d’urgence, réhabiliter l’ancien et lutter contre la vacance.

    Celle qui est en position de devenir première adjointe, Véronique Le Marchand, s’est engagée à « faire triompher l’écologie (…) populaire et joyeuse, qui ne confond pas les responsables et les victimes ». Parmi les mesures : tendre vers le 100% d’énergies renouvelables pour le patrimoine municipal en imposant une couverture photovoltaïque sur toute nouvelle construction, atteindre le 0 pesticide et végétaliser l’espace public, à commencer par les places Morgan et Charles-de-Gaulle.

    L’ancien maire Michel Tonon salue : « On voit bien les difficultés à faire aboutir les idées de gauche à travers les questions de justice sociale. Je crois que le combat politique qui peut se mener à l’échelle locale est un combat important. » Face à Nicolas Isnard, élu en 2020 avec près de 70% des suffrages, les chances de la liste semblent minces. Mais il affirme, évoquant la victoire de François Blanc en 2001 acquise dans un « trou de souris » après une « quadrangulaire » : « Les combats ne sont jamais perdus tant qu’on ne les a pas menés. »

  • À Vitrolles, Loïc Gachon mise sur le service public

    À Vitrolles, Loïc Gachon mise sur le service public

    Énergie, enfance et éducation. Voilà les thèmes abordés lors de la 2e réunion publique de campagne du maire sortant Loïc Gachon (PS). « N’y voyez pas de lien, il n’y en a pas », prévient-il face aux habitants venus en nombre dans la maison de quartier du Roucas. Et en fait si.

    « Les maîtres mots de notre politique, quel que soit le domaine, sont : protéger au présent et projeter dans l’avenir », explique l’édile. Ce mantra se traduit par une municipalité qui consacre « 40% de son budget à sa jeunesse », affirme Didier Saura, adjoint délégué à la communication. « Ce mandat, nous avons construit deux nouveaux groupes scolaires : Anne Sylvestre, et Robert Badinter, qui clôt la rénovation du quartier des pins. (…) Chaque année nous investissons 3 millions d’euros pour rénover et entretenir nos 12 autres écoles. »

    Christian, arrivé à Vitrolles il y a une quinzaine d’années, salue les efforts de la Ville en matière « de qualité de services publics ». « Je sors du conservatoire pour un cours de guitare, ma fille d’un cours de danse, et mon fils est à Névache en classe neige dans le centre municipal qui est un excellent vecteur de lien social et de vivre-ensemble. »

    En matière d’énergie aussi, la majorité de Loïc Gachon tente de mettre au point un service public avec la communauté d’énergie photovoltaïque citoyenne. Lancé au printemps dernier, ce projet concerne particuliers, professionnels et bâtiments communaux. « La commune a signé avec groupement d’entreprises un contrat de concession de trente ans, détaille Isabelle Rovarino, conseillère municipale au numérique. Pour démarrer les panneaux solaires sont placés sur 25 bâtiments municipaux, ce qui représente une production de 8 GW, soit la consommation électrique de 2 000 foyers. » Un projet qui devrait occuper la liste de Loïc Gachon en cas de réélection.