Tag: photovoltaïque

  • Un parking pour accompagner la mutation de la Duranne

    Un parking pour accompagner la mutation de la Duranne

    Il n’a pas plus de vingt ans. Le quartier de la Duranne, au sud ouest d’Aix-en-Provence, au fur et à mesure des années, se voit doté de nouveaux équipements et aménagements. Et inauguré ce mercredi, le nouveau parking P3, en face du collège de la Nativité. S’il doit encore être baptisé – et une concertation publique est ouverte jusqu’au 23 septembre pour qu’un nom lui soit trouvé – les 204 places gratuites de ce parking ombragé, dont 8 adaptées aux personnes à mobilité réduite, sont déjà prises d’assaut. Au-dessus du traçage des places, neuf ombrières photovoltaïques, pour une surface de 2 222 mètres carrés qui permettra de produire 730 Mégawatts d’électricité par an, injectés dans le réseau Enedis pour produire l’équivalent de la consommation annuelle de 150 à 300 foyers, selon leur consommation. « Une production renouvelable qui permettra d’éviter chaque année l’émission de près de 36 tonnes de CO2 et qui marque notre volonté d’accompagner la transition énergétique en réduisant le recours aux énergies fossiles – quand on voit le prix des carburants, on comprend – tout en répondant aux besoins des usagers », félicitait Sophie Joissains, maire (UDI) d’Aix-en-Provence. En supplément des places de parking, 28 arbres et 2 170 plantes « économes en eau » ont été ajoutés. Des places de parking à revêtement perméable permettront également aux eaux de pluies de facilement s’infiltrer dans le sol.

    Première ferme solaire

    Porté par la Semepa (société d’économie mixte), livré avec trois mois d’avance, le chantier veut participer à la « démarche de diversification et de souveraineté énergétique souhaitée par la Ville d’Aix », contextualise Eric Chevalier, président de la Semepa et premier adjoint au maire. « Il s’agit pour nous d’une première opportunité qui va se prolonger bientôt sur d’autres terrains ou équipements », poursuit Eric Chevalier. Le parking s’inscrit, donc, dans une démarche affichée de développement énergétique pour « construire ensemble l’avenir » et « essayer de rattraper les quatre degrés qui nous sont pronostiqués dans l’avenir sur notre territoire et dans notre ville », poursuit le premier adjoint. Coût du chantier : 2 millions d’euros pour la Semepa. « C’est une première ferme solaire publique sur la Ville d’Aix », insiste, de son côté, Rémi Capeau, élu du quartier de la Duranne. L’infrastructure, est aussi le visage d’un secteur qui se métamorphose au fil des nouveaux équipements. Selon l’élu, 700 logements doivent encore sortir de terre d’ici les six prochaines années, pour arriver à 5 500 logements. Sont aussi en cours la réalisation de l’église de la place du Coteau, portée par le diocèse d’Aix, épaulé par la municipalité, les travaux dans la bastide de la Grande Duranne, dans laquelle seront aménagés la mairie annexe et des locaux associatifs. L’inauguration du tout est prévue pour la fin d’année. « Nous avons un immense Central Park de 7 hectares qui va être réalisé, qui va structurer le bas et le haut de la Duranne, poursuit Rémi Capeau. (…) Nous avons aussi toujours à cœur de réaliser un pôle jeunesse. On est encore en pleine étude. » Est aussi attendue, d’ici 2030, la nouvelle ligne BHNS. Financé par la Métropole, « d’après les échanges que le Président de la métropole et le maire ont eus cet été, malgré les turbulences budgétaires que la Métropole rencontre, le budget du BHNS est sanctuarisé », précise l’élu.

  • [Entretien] Olivier Marchetti : « La région a tout sur place, elle peut cocher toutes les cases »

    [Entretien] Olivier Marchetti : « La région a tout sur place, elle peut cocher toutes les cases »

    La Marseillaise : Ce Sommet Lumière interroge la souveraineté audiovisuelle française. Quel rôle joue, dans cet écosystème, une infrastructure régionale comme Provence studios ?

    Olivier Marchetti : C’est un des maillons de la chaîne et ils sont tous importants. Aujourd’hui, recevoir un film en décor naturel et en studio, avec des bureaux de préparation, c’est colossal. Et la région Sud a tout sur place, outils, techniciens, paysages, elle peut cocher toutes les cases pour répondre à toutes les offres sans qu’on dise : « Vous n’avez pas ça, je vais ailleurs. » Parce que, la concurrence est mondiale. On négocie des projets internationaux face à des États, des pays de l’Est, d’Afrique, d’Europe et les plateformes de production internationale ont un scoring qui analyse tout de A à Z : compétence des équipes, niveau de sécurisation, crédit d’impôt international…

    Et la France se situe comment ?

    O. M. : Cette année, la France a augmenté l’assiette pour redevenir compétitive face aux autres pays. C’est surtout ça je pense, même si je ne suis pas dans le secret des dieux, que la France veut présenter à ces majors. Par contre et c’est important de le dire, parce que les niches fiscales, ça peut donner des boutons à beaucoup et moi compris, que c’est le crédit d’impôt qui nous laisse en compétition. Une production américaine on lui rend un peu, mais elle dépense beaucoup. Et si elle ne le fait pas ici, elle le fera ailleurs. C’est une petite contrepartie au regard de tout l’écosystème que ça fait travailler dans tous les pans de l’économie. Les États-Unis, par exemple, se sont endormis sur leur compétitivité et, aujourd’hui, il n’y a plus de tournages à Los Angeles. Les productions américaines se portent bien, mais ça tourne ailleurs.

    Tout n’est qu’une question de coûts ? On donne souvent la lumière du Sud et ses paysages comme recette magique.

    O. M. : Bien sûr, mais la faisabilité du film est surtout financière. On peut avoir les meilleurs décors, acteurs et techniciens, le film ne se fera pas s’il n’est pas financé. Et on parle des films étrangers, mais par exemple, La Comtesse de Monte Cristo a été tournée… à Malte. Même nos productions françaises, de temps en temps, partent à l’étranger s’il y a de meilleurs coûts.

    L’intelligence artificielle (IA) est l’un des sujets du sommet. Vous avez un studio extrêmement technologique. Comment vous situez-vous ?

    O.M. : Très clairement, on utilise l’IA comme un outil pour améliorer nos process, faire des dépouillements de scénarios par exemple, mais pas l’IA générative. Nous la maîtrisons, l’IA pour nous n’est pas créative. Tant que les questions juridiques sur la gestion des droits ne seront pas tranchées, on n’utilisera pas l’IA pour créer des films de A à Z.

    Quand on pense IA, on pense moins d’activité humaine sur les plateaux…

    O. M. : Pour l’instant, ce n’est pas le cas. Ça pourra arriver et ça arrive dans d’autres secteurs comme l’animation ou la post-production. Mais pour l’instant, l’IA, on la regarde tous, on la travaille, on s’y intéresse, mais même les plateformes refusent d’utiliser l’IA générative : un scénario à base d’IA n’est pas validé. C’est assez particulier de dire que Netflix, Amazon, n’utilisent pas l’IA, mais c’est pour des raisons de respect des droits. Ils ne veulent pas être pris à défaut, qu’on dise « c’est mon scénario, l’IA m’a volé ».

    Un autre aspect du sommet touche à la « décarbonation » de la filière

    O. M. : On a été élus par nos pairs, il y a quelques années, studio le plus écologique au monde. On a 28 000 m² de panneaux photovoltaïques, de l’économie circulaire, on travaille avec les ressourceries… Aujourd’hui, l’écologie entre dans les critères de choix des producteurs. Depuis peu de temps, un tournage écolo peut avoir une aide financière, donc c’est très motivant, même si certains y croient vraiment.

  • À Marseille, les 6e découvrent des classes rénovées

    À Marseille, les 6e découvrent des classes rénovées

    Nouveau look pour de nouvelles vies. C’est dans une cour fraîchement rénovée que les 6e du collège André-Chenier (12e) ont fait leur rentrée, mardi, accueillis pour l’occasion par Martine Vassal, présidente (DVD) du Département, et ses équipes.

    Mais c’est au chef d’établissement, aux airs marqués de chef militaire, qu’est naturellement revenu le discours de « bienvenue » aux tout nouveaux collégiens. « Le collège André-Chenier jouit d’une extrême réputation. Cette réputation est due à notre travail, mais surtout au travail des élèves, a-t-il débuté. Notre projet d’établissement est intitulé “tradition et modernité“. Tradition, car nous sommes ici attachés à certaines valeurs : travail, discipline, respect, politesse. (…) Ici, c’est la norme et c’est obligatoire ». Une entrée en matière presque adoucie par la prise de parole de la présidente, centrée, elle, sur « la chance d’apprendre ». « L’entrée en 6e est un cap. (…) Vous allez changer. Comme vous pouvez le voir dans les différents rangs, vous avez des tailles différentes. Vous allez aussi grandir différemment dans la tête, dans le corps. Les personnes présentes aujourd’hui sont là pour vous aider à faire cette mutation », a-t-elle rappelé. Et de poursuivre : « La chance que nous avons dans notre pays, c’est de permettre à toute personne, d’où qu’elle vienne, quel que soit son milieu social, de pouvoir apprendre. Saisissez-la ! »

    Nouveaux locaux

    Une chance qu’on sait pourtant inégalement répartie, d’où, sans doute, la nécessité de la distribution du traditionnel kit de rentrée, remis à l’ensemble des jeunes lors de leur arrivée en 6e. Chaque élève entame donc sa scolarité dans le secondaire muni d’un ordinateur portable – dont le fonctionnement est interrompu à partir de 21h – une calculatrice scientifique Texas Instruments de niveau collège, et une carte C-Jeune, chargée à hauteur de 150 euros, utile pour payer une licence de sport, acheter des places de cinéma ou des livres. La carte est recréditée à chaque rentrée scolaire pour tous les collégiens.

    En plus de leur nouveau matériel, les 6e vont donc pouvoir profiter de nouveaux locaux cette année, comme leurs camarades des autres niveaux. Une salle polyvalente et un CDI équipés de ventilateurs au plafond, des brise-soleil aux fenêtres, une entrée sécurisée, un toit tapissé de panneaux photovoltaïques qui alimentent 44% des besoins énergétiques du bâtiment et un sol désimperméabilisé pour que les eaux de pluie soient absorbées : autant d’aménagements qu’auront permis les travaux de réhabilitation, pour un coût avoisinant les 10 millions d’euros pour le Département. Entamé il y a deux ans dans le cadre du projet Charlemagne, qui promettait la rénovation de 132 établissements entre 2017 et 2027, le chantier a été livré le 28 août. « La question, pour un collège urbain, qui existe et qui a été construit assez bien, était de savoir comment le mettre au goût du jour, c’est-à-dire faire en sorte qu’il soit conforme au programme de l’Éducation nationale tout en respectant les normes environnementales, a détaillé le directeur de l’architecture et de la construction au Département. La restructuration a permis d’amener le collège aux normes actuelles et permet un respect absolu de l’environnement, sachant que le Département a une politique très volontariste sur le sujet, la présidente est extrêmement regardante. » Des arbres doivent encore être plantés dans la cour centrale pour y amener de la fraîcheur.

  • Pour les renouvelables, le vert à moitié vide en Région Sud

    Pour les renouvelables, le vert à moitié vide en Région Sud

    Bien loin des ambitions affichées, le déploiement des énergies renouvelables est de plus en plus à la traîne en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Alors que de nouveaux objectifs de production à l’horizon 2035 doivent être transmis au gouvernement avant le 15 septembre prochain dans le cadre de la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie, le comité régional dédié qui s’est tenu le 17 juin dernier sous l’égide de la préfecture et de la Région Sud s’alarme du retard pris en la matière.

    Le constat est cruel. Le schéma régional d’aménagement, de développement durable, d’aménagement et d’égalité des territoires (Sraddet) voté par la collectivité en 2018 ambitionnait d’atteindre une puissance électrique issue des renouvelables de 13,5 gigawatts en 2024, de quoi plus que tripler la puissance installée en 2012 dans la région. Résultat : en douze ans, à peine 2 GW supplémentaires ont été installés, essentiellement en photovoltaïque, pour atteindre une puissance de seulement 5,6 GW. Quant à la production thermique, si elle a été multipliée par six entre 2012 et 2023 essentiellement grâce au déploiement des pompes à chaleur, seule la moitié de l’objectif est atteinte avec une production régionale de 5,4 TWh. À chaque fois, le retard sur les objectifs programmés se creuse d’année en année.

    Ombre sur le solaire

    Ainsi pour le photovoltaïque, le rythme des installations a ralenti au fil des années et la région est sortie en 2023 du top 3 en termes de puissance raccordée, dépassée par la région Auvergne-Rhône-Alpes. Les perspectives sont loin d’être brillantes : désormais au même rythme d’installations que la région Centre-Val de Loire, la région ne compte qu’une centaine de projets en cours d’instruction au troisième trimestre 2025. Seules la Bretagne, la Normandie et l’Île-de-France, moins réputées pour leur ensoleillement que le Sud, font moins bien.

    « La dynamique pour l’éolien terrestre est presque inexistante dans notre région, sujette à de nombreuses contraintes réglementaires », pointe aussi le comité régional de l’énergie, tandis que le développement de la filière de l’éolien en mer « a été plus lent que prévu ». Quant à la filière hydroélectrique, si elle est « historiquement la plus développée des énergies renouvelables sur le territoire régional », son potentiel est « quasiment exploité en totalité ». Résultat : seul un quart des capacités réservées dans le schéma régional de raccordement au réseau des énergies renouvelables a été alloué, explique le gestionnaire RTE.

    Alors filière par filière, le comité régional de l’énergie ne peut que constater, comme il le fait pour le photovoltaïque : « L’objectif 2030 n’est pas atteignable de façon réaliste et doit être revu à la baisse ». Le Sraddet visait une puissance électrique installée de 17,3 GW en 2030 pour les renouvelables. Les ambitions sont désormais divisées par deux, avec un objectif de 8,6 GW à la même échéance. La production thermique visée est quant à elle de 13,8 TWh, contre 17,3 TWh planifiés initialement.

    10 incinérateurs d’ici 2035

    Pour l’électricité photovoltaïque, cela signifie ainsi de couvrir 60 000 toitures et 1 800 hectares d’ici 2030, tandis que la montée en puissance de l’éolien en mer doit suivre les appels d’offres lancés. Pour le biogaz, au-delà de la pyrogazéification amenée à se développer, il faudrait installer 30 à 40 méthaniseurs supplémentaires. En matière de géothermique, la production devrait être multipliée par quatre, et par deux pour la thalassothermie, tandis que 800 000 pompes à chaleurs supplémentaires sont attendues. Enfin, les projections visent une dizaine de chaufferies CSR – des incinérateurs de déchets – d’ici 2035. Une gageure au vu des levées de boucliers à Marseille comme à Istres.

    « L’objectif 2030 n’est pas atteignable de façon réaliste. »

  • Quand Toulon inspire d’autres collectivités

    Quand Toulon inspire d’autres collectivités

    Une réalisation qui s’inscrit dans la stratégie globale d’adapter progressivement le patrimoine scolaire aux évolutions climatiques. Une fierté pour les élus toulonnais d’avoir pu échanger et faire découvrir cette solution, qui s’inscrit pleinement dans les réponses aux enjeux des défis de demain.

  • Vaucluse : des panneaux solaires sur les toits des collèges

    Vaucluse : des panneaux solaires sur les toits des collèges

    Sont concernés les collèges Alphonse Tavan de Montfavet,
    Jean Giono à Orange et Vallis Aeria à Valréas. Ce sont au total 514 panneaux photovoltaïques bifaciaux de dernière génération qui seront déployés jusqu’à la fin de l’année. Un investissement de près de 1,5 million d’euros qui permet de générer une puissance cumulée de 234 kWc. Des travaux qui comprennent également la rénovation des toitures afin « d’améliorer durablement la performance énergétique des bâtiments, leur confort d’usage et leur résistance », précise le Département.

  • Bientôt une porte de sortie pour l’aérodrome de Deaux ?

    Bientôt une porte de sortie pour l’aérodrome de Deaux ?

    Véritable serpent de mer depuis plusieurs décennies, l’avenir de l’aérodrome Alès-Cévennes a été un caillou dans la chaussure de nombreux élus. Mais le dossier semble avancer, même si les différents acteurs ne partagent pas la même vision.

    En effet, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) du Gard, propriétaire de l’aérodrome, tente depuis plusieurs années de vendre cet équipement mais ne peut le céder à moins de 2,1 millions d’euros. Si la CCI a porté un premier projet ces derniers mois, elle s’est finalement entendue avec la municipalité de Deaux pour un projet prévoyant la suspension de l’activité aéronautique.

    La CCI et la municipalité ont détaillé le nouveau projet lors d’un point presse organisé le 7 juillet. Celui-ci s’appuie sur l’implantation de panneaux solaires sur 14 hectares qui pourraient produire l’équivalent de la consommation électrique de « 7 000 à 8 000 foyers du territoire », la préservation de 21 hectares de forêt, un projet sur « 3 000m² dédié à la recherche et à l’innovation dans le domaine des énergies renouvelables » et un parcours pédagogique.

    Ce point presse fait suite au vote des élus d’Alès Agglomération, le 24 juin dernier, d’une délibération réaffirmant la nécessité de maintenir l’activité aéronautique. Au-delà des activités de loisirs, l’aérodrome propose des formations et possède surtout un pélicandrome (pour ravitailler les avions bombardiers d’eau). Certains mettent également en avant sa capacité à contribuer au désenclavement du territoire. Un argument réfuté par la CCI qui n’a recensé « que 92 mouvements, soit 46 atterrissages/décollages, liés pour les deux tiers au ravitaillement d’aéronefs privés » depuis le début de l’année. L’avenir de l’aérodrome est donc encore loin d’être tranché.

  • Des voix s’élèvent contre un projet agrivoltaïque à Servas

    Des voix s’élèvent contre un projet agrivoltaïque à Servas

    Partout en France, des projets agrivoltaïques fleurissent sur le territoire et divisent les citoyens. La commune de Servas, dans le Gard, ne fait pas exception. Le dernier projet en date est celui des Martinets, porté par Verso Énergie, qui concerne une quinzaine d’hectares dans le Nord de la commune. Il était présenté ce 22 juin aux élus municipaux.

    Pour l’occasion, la Confédération paysanne du Gard avait appelé à un rassemblement devant la mairie à 18h, afin d’alerter sur le fait que les installations agrivoltaïques à Servas pourraient impacter jusqu’à 129 hectares de terres agricoles, soit près de 12% du territoire communal. « Nous étions une petite cinquantaine, rapporte Sébastien Espagne, co-référent départemental des Ami.e.s de la Confédération paysanne du Gard. Notre association était présente aux côtés de la Confédération paysanne, mais aussi de l’association Agir 30 et d’habitants du village. »

    « On a vu passer une quinzaine de projets de ce type ces 18 derniers mois, explique de son côté Simon Le Berre, porte-parole de la Confédération paysanne du Gard. Nous ne sommes ni contre le progrès, ni contre les énergies renouvelables, bien au contraire. Nous voulons simplement demander une véritable réflexion collective sur ces projets et surtout, qu’ils soient envisagés en priorité sur des terres déjà artificialisées. »

    Sébastien Espagne se montre satisfait de cette première mobilisation : « Nous avons été très bien accueillis par les habitants et la société Verso Énergie a proposé aux collectifs présents de les rencontrer plus tard, pour leur présenter le projet plus en détail. » De leur côté, les élus devront voter le projet au prochain conseil municipal, après s’y être déjà opposés une première fois.

    Augmentation du foncier

    Ce n’est pas un hasard si les projets agrivoltaïques se multiplient dans le Gard. Depuis un décret d’avril 2024, les installations de production d’énergie photovoltaïque ne peuvent être implantées que sur des terrains identifiés dans un document-cadre spécifique à chaque département. Or, dans le Gard, ce dernier est très restrictif et ne laisse que peu de parcelles libres pour le photovoltaïque au sol. C’est la raison pour laquelle les entreprises se tournent vers l’alternative de l’agrivoltaïsme, c’est-à-dire l’installation de panneaux solaires au-dessus d’une parcelle d’activité agricole. C’est d’ailleurs ce qui explique que les opposants à ces projets parlent généralement de « caution » agricole.

    Selon Simon Le Berre, le scénario se déroule pratiquement toujours de la même façon. Un propriétaire qui veut valoriser son terrain contacte ou se fait démarcher par une entreprise. Il trouve ensuite un agriculteur qui accepte de faire pâturer ses bêtes ou de cultiver sur une parcelle qui sera dédiée à l’agrivoltaïsme, en échange d’une partie des gains de revente de l’électricité. « L’idée de l’agrivoltaïsme, c’est d’apporter un gain pour l’activité agricole, poursuit Simon Le Berre. Or, pour l’instant, les études qui sont censées démontrer ces gains sont bien souvent biaisées. Le bétail est à l’ombre des panneaux ? Il serait tout aussi bien à l’ombre d’un arbre… »

    Ce sont aussi les propriétaires et les entreprises qui semblent toucher la majorité des bénéfices de la vente de l’électricité. « Nous demandons que si de tels projets existent, ils soient portés par les agriculteurs eux-mêmes, ou par des collectifs d’agriculteurs, explique Simon Le Berre. Pour nous, si le choix revient aux propriétaires qui n’exploitent pas eux-mêmes leurs terres, cela présente un risque de spéculation et de montée des prix des terres agricoles. » Une inquiétude que partage Sébastien Espagne : « Il y a un véritable risque d’augmentation du foncier agricole, ce qui va encore empêcher de nouveaux agriculteurs de s’implanter. Nous avons d’autres ambitions pour nos terres nourricières, dans un contexte où il y a urgence à regagner en autonomie alimentaire. »

  • Le ministre de la Transition écologique en SAV dans la région

    Le ministre de la Transition écologique en SAV dans la région

    Comme un symbole, le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, arrive au lycée aixois Paul-Cezanne devant des bacs à compost, un soleil de plomb et une température caniculaire.

    Ça tombe bien, il vient visiter la rénovation de l’internat de l’établissement, avec l’escorte protocolaire habituelle : Mathieu Gatineau, sous-préfet d’Aix, Christophe Madrolle en tant que conseiller régional, Sylvaine Di Caro, adjointe à la mairie, Jean-Yves Bessol, directeur académique des services de l’Éducation nationale… « Il faut poursuivre notre adaptation au changement climatique, c’est le sens des moyens qu’on mobilise, comme le Fonds Vert qui a permis de débloquer 1 milliard d’euros pour des projets comme celui-ci : rénovation thermique, renaturation des écoles… », plante le ministre délégué, en désignant les espaces verts du lycée. Romain Jamot, architecte en charge de la rénovation de l’internat précise les détails de cette opération en deux phases : « On réalise une opération de rénovation énergétique et fonctionnelle. Ça passe par un travail sur l’enveloppe : on remplace la totalité des menuiseries extérieures, on réalise une rénovation thermique de l’extérieur et on fait le même travail sur la toiture. »

    Une installation photovoltaïque est aussi au programme, pour une rénovation définitive d’ici l’été. De quoi mettre au vert les 87 internes ? En tout cas, Mathieu Lefèvre entend que ce travail illustre la politique gouvernementale sur le sujet.

    « La canicule c’est une course de fond »

    « On parle de plus d’un million et demi d’euros du Fonds vert pour rénover l’internat, c’est un montant d’ampleur. Ce Fonds vert n’existait pas avant sa création par Élisabeth Borne et grâce au Premier ministre [Sébastien Lecornu, Ndlr], il est plus élevé que ce qu’il était au début de la loi de finances », développe-t-il. Difficile de lui donner tort puisque, pour le coup, le Fonds Vert couvre la moitié du coût de la rénovation de l’internat. « Sans doute que ça n’aurait pas pu se faire sans », glisse-t-il, entre deux visites de chambres. Mais au total, l’établissement bénéficiera d’une rénovation d’ampleur d’ici 2033 pour un montant d’une cinquantaine de millions.

    En bref, sa visite est placée sous le signe de l’adaptation au changement climatique. Il est même interpellé par des élèves qui participent à l’opération régionale « Nettoyons le Sud », journée de ramassage des déchets organisée par la Région. « Le gouvernement est mobilisé face à la canicule. Le Premier ministre a rappelé que c’est une course de fond : on doit continuer à se préparer à ce type d’épisode, remarquable par sa précocité dans l’année », martèle Mathieu Lefèvre.

    Mais son emploi du temps ne s’arrête pas là puisqu’il s’est rendu, dans la foulée à Marseille afin de vanter le fait que « la France est championne d’Europe de l’attractivité depuis 7 ans consécutifs ». Le tout dans le cadre d’une séquence pour une « revue de projets industriels stratégiques régionaux ». Et le samedi, c’est direction le site d’Airbus Helicopters à Marignane (lire ci-dessus). Tout un programme.

  • Emmanuel Macron veut la ligne très haute tension à Fos d’ici 2029

    Emmanuel Macron veut la ligne très haute tension à Fos d’ici 2029

    La volonté de l’État de voir la ligne aérienne très haute tension (THT) entre Jonquières-Saint-Vincent (Gard) et Fos-sur-Mer se concrétiser n’est plus à prouver. Moins de deux semaines après l’annonce du lancement de l’instruction de la demande de déclaration d’utilité publique (DUP) pour ce projet controversé, Emmanuel Macron a affirmé, lors de la réunion de l’équipe de France de l’électrification : « Cet axe est nécessaire. Nous devons donner un signal clair pour fournir la visibilité aux industriels qui veulent investir et tout mettre en œuvre pour que cette ligne soit en service d’ici 2029 pour faire face aux augmentations de consommation et permettre l’électrification des industries présentes et à venir. »

    Une déclaration saluée par les industriels et entreprises investis dans la démarche « Provence, Fabrique des possibles ». Stéphane Bergamini, délégué général de France Chimie Méditerranée présent lors de cette journée organisée à l’Élysée, se réjouit : « C’est un soutien politique essentiel qui apporte un horizon positif, (…) une véritable trajectoire, une vision du chef de l’État. »

    Tout en plaidant pour une accélération des délais de raccordement, le président de la République a précisé : « Ça ne se fera qu’en bonne concertation et coopération avec les territoires. » Or, du côté du Pays d’Arles, cette ligne de 400 000 volts provoque une levée de boucliers. Le collectif THT 13/30 milite pour une solution plus respectueuse des zones naturelles traversées, semi-enterrée, plus longue et plus coûteuse à mettre en œuvre que le projet porté par RTE.

    Cinquante implantations d’entreprises

    Suite à l’abandon de la giga-usine de photovoltaïque Carbon, dont les besoins étaient estimés à plus de 1,2 TWh d’électricité, l’organisation représentant 36 associations a repris à son compte « l’expression du président de la CCI du Pays d’Arles qui annonçait récemment que “si l’on continue comme cela, nous aurons les pylônes mais pas les industriels” ».

    Isabelle Campagnola-Savon, en charge de l’économie à la Région, balaie : « Carbon n’est pas l’entreprise qui avait besoin d’une capacité importante en électricité, à l’inverse de GravitHy. »

    Stéphane Bergamini abonde : « Carbon n’est pas l’arbre qui cache la forêt. Ce n’était qu’un petit projet dans une myriade de projets qui bénéficient d’un appui collectif. » La préfecture des Bouches-du-Rhône cite notamment en exemple le projet Mistral porté par Marcegaglia, visant à produire plus de 2 millions de tonnes d’acier bas carbone d’ici 2028. Le sidérurgiste a d’ores et déjà passé commande auprès du groupe Danieli pour 450 millions d’euros d’équipements.

    « Aujourd’hui, notre territoire est en train d’opérer sa mue, poursuit le délégué général de France Chimie Méditerranée. Nos besoins en électricité sont forts : on a plus de 50 projets d’implantations pour plus de 20 milliards d’investissements, avec 60 000 emplois directs et indirects à la clé à l’échelle de la région. L’industrie existante a aussi des besoins. Si je parle de la filière chimie, on est dans une trajectoire de décarbonation très forte avec des projets électro-intensifs comme Ineos à Lavéra qui va basculer vers de nouveaux procédés. »

    Les besoins de puissance électrique liés à la réindustrialisation de la zone Fos-Berre et à sa décarbonation, consolidés par RTE, s’élèvent à 5 à 6 GW de puissance complémentaire (à comparer aux pointes d’appel de puissance de l’ensemble de la Région estimées entre 5 et 8 GW).