Tag: patronat

  • La Sécurité sociale défendue coûte que coûte à Marseille

    La Sécurité sociale défendue coûte que coûte à Marseille

    La banderole intersyndicale qui ouvre le cortège de la manifestation marseillaise, ce mardi, adresse un message clair au gouvernement et aux parlementaires qui redébattent du budget de la Sécurité sociale au même moment : « Contre les budgets d’austérité, pour une juste répartition des richesses, pour une retraite à 60 ans ! ». Partis des Réformés en direction de la préfecture en passant par le cours Lieutaud, les quelque 15 000 manifestants, « s’inscrivent dans la droite lignée des deux précédentes mobilisations en septembre et octobre », comme le résume Franck Balliot, cosecrétaire de la FSU 13.

    Si ce n’est pas la foule des grands jours sur la Canebière, reste que la détermination des militants présents ne vacille pas. Et d’autant plus lorsqu’il s’agit de défendre la Sécurité sociale, alias « la Sécu » ou encore « le bien commun », comme l’appelle un bon nombre de manifestants. « C’est ce qui permet de surmonter les crises. On l’a vu pendant le Covid et pendant celle de 2008. Malgré l’attachement des Français, les gouvernements attaquent la Sécu depuis des décennies, petit bout par petit bout. Nous, au contraire, on prône le 100% soins prescrits, 100% soins remboursés », développe Franck Balliot.

    Avec le PLFSS 2026 qui revient sur la table des députés, les militants ont de quoi monter au créneau contre un paquet de mesures jugées plus régressives les unes que les autres. Jean-Marie Angelli, secrétaire général de la CGT CPAM 13 (Caisse primaire d’assurance maladie) en a un exemple : « Revenir sur la prise en charge de certaines maladies, des maladies lourdes. » Et de dénoncer « une ligne rouge franchie ». D’autres manifestants pointent le doublement des franchises médicales ou encore la diminution de la prise en charge de certains médicaments. « Ils font payer aux assurés et aux plus précaires ce qu’ils ne veulent pas chercher chez le grand patronat. Petit à petit, ils font tout pour qu’on se dirige vers la mort de la Sécu », développe-t-il.

    Entre quelques jets de pétards des agents portuaires du GPMM et dockers de Fos, il reste tout de même positif : « En ces 80 ans de la Sécu, heureusement qu’il y a encore des forces vives qui se battent pour elle. » Et de préconiser « un retour à la base » pour le modèle social français. Comprenez par-là « un financement par la cotisation, pour tout le monde, en mettant fin aux exonérations et aux cadeaux fiscaux au grand patronat ».

    Car l’objectif du jour est bien de poursuivre une forme de pression du monde du travail sur les parlementaires et le gouvernement. « On ne veut pas que les économies qui sont prévues se fassent sur le dos des travailleurs, sur le dos des malades, des retraités ou de nos enfants », rappelle Maxime Picard, secrétaire départemental de Solidaires Finances publiques. Il analyse le projet gouvernemental : « Les gouvernements libéraux s’attaquent aux constructions collectives des travailleurs, ce qu’est la Sécurité sociale. Et l’on est sur la même logique : faire payer à certains et pas à d’autres. » En bref, une mobilisation pour défendre un modèle qui protège les plus précaires. Si la trêve des confiseurs approche, un autre rendez-vous est déjà fixé au samedi 6 décembre, pour défendre la prime de Noël à l’appel de la CGT Chômeurs 13.

    « Il y a encore des forces vives qui se battent pour la sécu’ »

  • [Grand entretien] Samuel Hervé : « J’espère que le site de Vergèze sera maintenu »

    [Grand entretien] Samuel Hervé : « J’espère que le site de Vergèze sera maintenu »

    TAXES TRUMP

    LM : Quels sont les effets des droits de douane en Occitanie ?

    S.H. : Trump a une diplomatie économique qui n’est pas celle qu’on a connue pendant des années. Cela génère un inconfort supplémentaire. Il s’amuse avec le dollar sur les taux d’intérêt, que va-t-il se passer pour nos emprunts, nos investissements ? On est sur une inflation contenue autour de 2% mais il suffit d’une mauvaise humeur pour faire monter les taux. En France, l’agroalimentaire avec l’agriculture est le secteur qui souffre le plus des droits de douane. L’aéronautique est passée à 0% sur demande de Boeing. Les sous-traitants automobiles, les produits de luxe, les vins, fromages… sont taxés à 25%. Pour les viticulteurs c’est un vrai sujet. 6 000 emplois pourraient être perdus dans l’industrie de la beauté.

    ENTREPRISES & EMPLOI

    LM : Avec la fin des aides Covid, y a-t-il plus de défaillances d’entreprises ?

    S.H. : Au 2e trimestre 2025 en Occitanie, on a eu +19% de défaillances. Les petites entreprises et de plus de 100 salariés sont touchées dans le bâtiment, l’hôtellerie restauration. Plusieurs facteurs jouent dont la fin des prêts garantis par l’État (PGE) combinée à l’inflation qui a fait un effet ciseau.

    La verrerie pourrait fermer, êtes-vous inquiet pour l’emploi industriel ?

    S.H. : J’espère que la décision du tribunal pour Perrier va permettre à Nestlé Waters de maintenir le site et le sous-traitant à Vergèze. On est inquiet mais l’Occitanie est la seule région où le solde net d’usines (création/destruction) est positif (+9). Si on veut garder l’industrie, il faudra que la fiscalité, le coût du travail et la simplification soient abordés.

    Les délocalisations ne vous révoltent pas, c’est la loi du marché ?

    S.H. : Pardon tout le monde fait ses calculs. Vous feriez sans doute les mêmes. On peut attendre des grands groupes davantage de responsabilité sur les délais de paiement. Mais pourquoi j’irai produire plus cher ici qu’ailleurs ? Il ne faut pas leur demander de se tirer une balle dans le pied.

    Mais un jour la France ne produira plus rien…

    S.H. : On doit être fort sur les sujets qui créent une forte valeur ajoutée : la RD, l’innovation, le numérique, l’aéronautique. Vouloir garder en France des industries mondialisées, non différenciantes, c’est très compliqué. On peut aussi travailler sur des sujets de souveraineté alimentaire, de défense, de cybersécurité, du nucléaire. Stop aux petits calculs, l’État doit poser les grands enjeux.

    INSTABILITÉ & INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

    LM : Quels effets l’instabilité politique a-t-elle sur le moral et les décisions des chefs d’entreprise en Occitanie ?

    Samuel Hervé : Des études de la Banque de France en Occitanie ou le baromètre de la CCI régionale montrent que si on sort le secteur aéronautique qui tire l’économie vers le haut, on a dans les autres secteurs comme le BTP, l’hôtellerie-restauration, le numérique, les services sanitaires, social et à la personne, tous souffrent de difficultés de visibilité, de capacité à se projeter. Comparé à l’an passé, tous voient leurs chiffres d’affaires, perspectives d’investissement (à l’arrêt) et d’embauche diminuer. Quand vous ne savez pas à quelle sauce vous allez être mangés… On assiste à un grand concours Lépine de toutes les fiscalités possibles. Tout le monde attend. Le contexte international peut aussi un peu jouer quand les règles du jeu peuvent changer du jour au lendemain avec Trump.

    Voyez-vous l’IA comme un atout ou un danger pour l’emploi ?

    S.H. : Le Medef a fait un IA tour dans chaque département. On avait une centaine de chefs d’entreprise chaque fois. L’enjeu c’est de surfer sur la vague et de ne pas se faire submerger. Il faut bien connaître les valeurs de cet outil, ses forces et ses faiblesses, dans son entreprise, indépendamment de l’IA. La cité de l’économie et des métiers de demain avec le groupement Leader et l’appui de la Région ont lancé le programme « IA, on accélère ». Il y a 2 promos de 20 entreprises. On est accompagnés sur les différences d’IA (générative, prédictive…). Par exemple, dans ma PME de restauration collective j’ai une dette technologique à résorber pour récupérer des données accumulées depuis 18 ans. On peut aussi faire en sorte que les collaborateurs se concentrent sur leur cœur de métier. Il y a aussi risque de la substitution. Je ne mettrais pas des garde-fous légaux mais à la main du patron. Trouver des salariés impliqués est précieux, je ne connais pas beaucoup de patrons qui s’en séparent même si la compétence est substituable. On peut acheter de la compétence, pas de la motivation.

    TAXATIONS & RETRAITES

    LM : Vous refusez plus de fiscalité mais les profits du CAC40 sont énormes : 131 milliards en 2024. Ne faudrait-il pas taxer plus les gros et moins les petits ?

    S.H. : Si on regarde l’addition des 53 milliards d’économies, il y en a 31 sur les gros. Il y a en France un CAC40 bashing un peu terrifiant. On devrait se féliciter d’avoir des champions français, européens, ce sont des boîtes transnationales. L’activité de Total est déficitaire en France, ils pourraient s’en débarrasser mais ils la gardent. L’essentiel du prix à la pompe c’est des taxes. Par ailleurs, on demande aux grands groupes de continuer à faire de l’apprentissage alors qu’ils n’ont plus aucune aide. Opposer les grands aux petits c’est une vision idéologique. Les gros sont aussi des donneurs d’ordre. Beaucoup de PME et PTE travaillent avec les patrons du CAC40. A travers eux, on risque d’affaiblir le tissu régional. Aujourd’hui, le capital est moins bien rémunéré en France qu’en Allemagne, en Italie, en Suède. Une étude de l’OFCE montre aussi que le niveau de rémunération (des salariés) comparé à la valeur ajoutée créée par les entreprises est le plus élevée en France.

    Vous étiez dans le Conclave. Pourquoi avoir quitté la conférence sociale ?

    S.H: On est allés au Conclave alors que nos cousins n’y sont pas allés et que personne ne les a questionnés. Cette réforme des retraites était passée, ce n’était plus un objet de discussion. Ça a été remis sur le tapis pour des calculs politiciens, on n’était pas pour. On est allé plus loin que beaucoup de positions qu’on avait pu avoir : sur les carrières des femmes, la prévention de la pénibilité, des carrières longues. Là, avec la suspension, on ne fait plus de prospective, on devient instrumentalisés politiquement, on n’en a pas envie. Pareil sur l’assurance chômage, la réforme était passée il y a 2 ans. On a rouvert la boîte de pandore, c’était du pain béni pour les syndicats (salariés). Je peux concevoir que le 49-3 n’ait pas plu mais il reste un outil constitutionnel. Ce n’est pas un déni de démocratie.

    C’EST QUOI UN BUDGET RESPONSABLE ?

    S.H. : Un budget qui conjugue la capacité d’un pays à pouvoir continuer à faire de la croissance. Si on veut protéger le modèle social, la capacité des entreprises à faire de l’emploi, on ne peut pas assécher les conditions de création de valeur. Il n’y a plus d’incitation fiscale pour les entreprises à créer de la valeur. Les systèmes sont parfois confiscatoires. Ça résonne sur l’investissement, sur l’emploi ce qui fait moins de cotisations sociales qui rentrent. Taper sur les entreprises plutôt que sur les dépenses de l’État ce n’est pas responsable.

  • Le Medef Sud monte au créneau contre la suspension de la réforme des retraites

    Le Medef Sud monte au créneau contre la suspension de la réforme des retraites

    Le Medef n’est visiblement pas ravi de la suspension de la réforme des retraites et de la tournure des débats autour du budget. Et le président du Medef Sud, déclinaison régionale de l’organisation patronale, Stéphane Benhamou, en premier lieu. « La notion de compétitivité du pays n’existe pas en France », tonne-t-il, en préambule de sa conférence de presse qui se tenait ce mardi, à Marseille. Avant de développer, sans forcer sur la caricature : « La réduction du déficit public n’est plus un sujet. La baisse des dépenses de l’État, n’est plus un sujet. Et travailler plus pour gagner plus, c’est passé aux oubliettes ! »

    In fine, c’est surtout la suspension de la réforme des retraites qu’il vise. Une suspension qui ne passe pas pour le patronat : « Au-delà du coût de cet abandon, c’est tout ce qu’il représente pour la dynamique entrepreneuriale qu’il faut nourrir dans ce pays. C’est un signe fort donné à des franges très minoritaires politiquement, puisqu’on parle de 69 députés dans l’hémicycle. » En clair, cette suspension serait pour lui « une décision à l’emporte-pièce visant à préserver des postures d’élus », en l’occurrence celle des députés du Parti socialiste. À l’inverse, évidemment, il rappelle que le Medef plaide pour un « rééquilibrage du système de retraite avec une introduction par capitalisation ». S’il note que « plus de 80% des Français demandent à ce que les entrepreneurs s’engagent dans le débat public », en citant un sondage Odoxa pour appuyer ses propos, il oublie bien de préciser que 70% d’entre eux rejettent le système de capitalisation et que 73% des salariés sont toujours opposés à la retraite à 64 ans, selon l’Ifop. Forcément, le patronat a la réponse à ce « paradoxe », jugeant que c’est « un rejet de la réalité d’un revers de main émotionnel ». Le patron des patrons de la région développe son raisonnement : « Le discours politique est de plus en plus clientéliste et populiste. Face au défaut d’argumentation, on parle au cœur et non à la tête. Et donc, ce qui passe très bien dans notre pays c’est : Il faut faire payer les riches, il faut faire payer les entreprises. » Et de ressortir les vieux mots d’ordre du Medef, dénonçant la « surenchère fiscale ».

    Mais le paritarisme

    a du bon

    Le patron des patrons régionaux explique tout de même que son organisation sera de la partie pour la conférence sociale proposée par Sébastien Lecornu. Une participation sous condition : « Nous y participerons, mais pas pour servir de caution à un processus politicien (…), on voit bien où le conclave a mené. Ces sujets relèvent des organisations patronales et syndicales, mais sur notre calendrier. » Il en profite pour vanter les bienfaits du paritarisme, et paradoxalement ses bonnes relations avec les organisations syndicales de salariés : « Je parle régulièrement avec les organisations syndicales, notre relation est franche, on débat sereinement. »

    Le versement mobilité dans le viseur

    Après le vote en assemblée plénière du conseil régional, vendredi dernier, de la baisse de la contribution des entreprises pour le financement des transports régionaux, alias le versement mobilité, qui passe de 0,15% à 0,08%, le Medef Sud ne saute pas de joie. « Cette réduction, nous en pensons du bien, nous l’avons soutenu, mais nous appelons de nos vœux la descente jusqu’à 0% », explique Stéphane Benhamou. Une opposition de principe visiblement : « Nous sommes naturellement contre tout impôt de production en général au Medef. » Rien de nouveau sous le soleil. A.B.

  • Dans le budget, plus d’armes, moins de Sécu

    Dans le budget, plus d’armes, moins de Sécu

    Tout faire pour satisfaire les marchés financiers. Ce lundi, en commission des finances, le budget présenté aux députés n’a qu’une seule ligne, réduire les déficits en préservant les cadeaux au patronat et la sacro-sainte politique de l’offre d’Emmanuel Macron. Un effort austéritaire de 30 milliards d’euros, avec 14 milliards de hausses d’impôts, essentiellement portées par le monde du travail dénonçait la CGT il y a une semaine, et 17 milliards de coupes budgétaires. De quoi préparer le terrain pour le projet de loi de finances de la Sécurité sociale, présenté jeudi en commission des affaires sociales, avec 7,1 milliards d’euros d’économies.

    Pour faire passer la potion amère et éviter la censure, le Premier ministre a concédé une suspension temporaire de la réforme des retraites. Surtout, il a annoncé qu’il n’userait pas du 49.3 pour faire passer le texte en force. « C’est la garantie pour l’Assemblée nationale que le débat, notamment budgétaire, (…) vivra, ira jusqu’au bout, jusqu’au vote », annonçait-il dans son discours de politique générale, mardi dernier. Pourvu que le déficit ne dépasse pas les 5%.

     Moins d’efforts du patronat

    Les 400 plus grandes entreprises, qui réalisent un chiffre d’affaires d’au moins 1 milliard d’euros en France, avaient été mises à contribution lors du précédent budget avec une surtaxe exceptionnelle de 8 milliards d’euros. Cette fois, l’effort est divisé par deux. Le gouvernement y ajoute une contribution sur les hauts revenus (1,5 milliard) et une taxation du patrimoine dissimulé dans les holdings familiales (1 milliard). Mais, en même temps, avance sur la suppression de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), retirant 1,3 milliard d’impôts sur les entreprises. Quant aux 211 milliards d’aides accordées aux entreprises, elles ne sont qu’à peine remises en question, avec 1,5 milliard d’exonérations de cotisations sociales supprimées… et une attaque sur les finances de l’audiovisuel public.

     Le monde du travail doit payer

    Aux salariés d’assumer les hausses d’impôts, à travers un gel des barèmes de l’impôt sur le revenu et de la contribution sociale généralisée qui doivent apporter 2,2 milliards d’euros. Comme un symbole, c’est le ministère du Travail qui devrait être parmi les plus touchés, notamment en réduisant les aides et exonérations de cotisations pour l’apprentissage (2 milliards d’euros), jusqu’à supprimer le coup de pouce de 500 euros pour passer son permis. 200 millions sont rabotés aussi sur l’insertion par l’activité économique : de quoi mettre en danger 20 000 postes, alerte le secteur. Et les prestations sociales, elles aussi, sont gelées.

     Les retraités attaqués

    Si le gouvernement suspend temporairement la réforme des retraites, il gèle aussi les pensions. Celles-ci ne seront pas revalorisées l’année prochaine, puis seront sous indexées les années suivantes de 0,4 point en deçà de l’inflation, jusqu’en 2030. L’abattement de 10% pour les retraités est quant à lui remplacé par un abattement forfaitaire de 2 000 euros.

     Coupes dans la fonction publique

    La ministre chargée des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a salué « l’effort » des fonctionnaires : une nouvelle fois, leur point d’indice sera gelé. Les crédits pour l’amélioration de leurs conditions de travail sont taillés de 190 millions, ceux de l’action sociale de 22 millions. Et s’ajoute surtout la suppression de 3 119 postes, pour moitié dans les opérateurs et agences de l’État. L’Éducation nationale en perd plus de 4 000, le ministère du Travail, plus d’un millier, dont la moitié à France travail (ex-Pôle emploi), où l’IA est censé suppléer aux absents… Les finances, de leur côté, perdent 565 agents. Seuls l’Intérieur et la Justice (1 450 agents en plus) ainsi que les Armées (+830) en gagnent. Dans cette lignée, il n’y a que le ministère de la Défense qui voit ses crédits significativement augmentés, avec 6,7 milliards en plus.

     Le logement menacé

    Comme les autres droits sociaux, les aides personnalisées au logement (APL) sont gelées… et même supprimées pour les étudiants extra-européens. L’union sociale pour l’habitat s’alarme d’un effort supplémentaire pour les bailleurs sociaux de 750 millions d’euros face au désengagement de l’État, tandis que la cohésion des territoires, qui porte la politique du logement, voit ses crédits amputés de 900 millions, en particulier pour la rénovation des bâtiments.

     La Santé à l’os

    Malgré les besoins croissants, la Sécurité sociale reste mise au pain sec et à l’eau, alors que les caisses perdront un millier de salariés. La hausse des dépenses de l’assurance-maladie reste limitée à 1,6%, soit 7,1 milliards d’économie, des restrictions beaucoup plus importantes que les années précédentes. Les arrêts maladie doivent être plafonnés à un mois, voire 15 jours pour ceux prescrits par la médecine de ville. Les franchises pour les consultations et les médicaments doivent être doublées à travers un décret pour apporter 2,3 milliards d’euros.

    Reste à savoir s’il y aura une majorité pour voter ces budgets.

    L’intersyndicale interpelle les députés

    Dans un communiqué, l’intersyndicale CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, Solidaires et FSU qualifie de « premier pas », l’annonce par le Premier ministre de la suspension de la réforme des retraites, qui serait « un préalable à l’abandon de la réforme in fine ». Vent debout contre le budget porté par le gouvernement, les syndicats demandent aux députés « de supprimer les mesures d’austérité annoncées » et plaident pour l’élaboration d’« un budget de justice sociale et fiscale garantissant un haut niveau de protection sociale, des services publics renforcés et des investissements vers une transition écologique et industrielle juste et de haut niveau ». L.Pi.

    CHRONOLOGIE

    Projet de loi de finances (PLF)

    Après le passage en commission des Finances, les députés poursuivent vendredi l’examen du volet recette du budget 2026 au sein de l’hémicycle. Des séances sont prévues samedi 25, puis du lundi 27 au mercredi 29. La journée du jeudi 30 octobre sera consacrée à la niche parlementaire du RN. L’examen du projet de loi de finances (PLF) prendra fin le 3 novembre, le vote solennel est prévu le lendemain à 15h. La même journée, c’est le volet dépenses du projet de loi de finances qui débutera en commission, jusqu’au 10 novembre. La fin des débats est prévue en séance à l’Assemblée nationale le dimanche 23. Le Sénat examinera le budget du 24 novembre au 10 décembre. Le budget doit être promulgué avant le 31 décembre, après son passage devant le Conseil constitutionnel.

    Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS)

    Les ministres concernés par le budget de la Sécurité sociale sont auditionnés ce mardi, avant un examen en commission des Affaires sociales qui commence jeudi. Les débats en séance sont prévus à partir du 4 novembre, dans la soirée, après le vote du PLF. Les discussions promettent d’être houleuses et très suivies, c’est à ce moment-là que doit être voté l’amendement qui acte la suspension de la réforme des retraites, annoncée par le Premier ministre lui-même. Après cela, c’est au tour des sénateurs de se pencher sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), du 17 au 24 novembre.

  • Réforme de retraites et budget : des annonces qui agacent les patrons provençaux

    Réforme de retraites et budget : des annonces qui agacent les patrons provençaux

    En préambule de son discours porté sur la jeunesse, thème de cette 25e édition du Forum des entrepreneurs, Patrick Martin ne peut s’empêcher de commenter l’actualité politique nationale. Depuis la pelouse du Stade Vélodrome à Marseille, le président du Medef veut « ramener à la raison nos décideurs nationaux », eux qui l’auraient « perdu », faisant ici référence à la décision annoncée hier par le Premier ministre de suspendre la réforme des retraites.

    Pour justifier un âge de départ plus tardif, les entrepreneurs interrogés citent en exemple nos voisins européens. « On est privilégiés par rapport à ça, en Allemagne ils partent à la retraite à 67 ans, en Italie la durée a été augmentée aussi. Après, tout dépend du secteur d’activité, pour les personnes qui travaillent dans le BTP par exemple, je comprends qu’ils partent plus tôt », fait valoir Jean-Luc Olivier de la CCI Aix-Marseille Provence. À ses côtés, Jean-Christophe Wolff, entrepreneur s’agace : « Pour entreprendre il faut de la stabilité. Le monde politique est déconnecté et intéressé personnellement. On est entré dans une spirale qui n’est pas vertueuse », martèle-t-il.

    « Alors que nos élites se crêpent le chignon, s’arrachent les entrailles, pour savoir si on réduira le déficit le plus élevé d’Europe, avec la dette la plus élevée d’Europe, les taux d’intérêt les plus élevés d’Europe de 5,4 à, peut-être, 5%… Quel constat d’impuissance ! Quel égarement ! », clamait Patrick Martin, quelques minutes plus tôt. « Je souffre dans ma chair de cette conjoncture. »

    Lors de ce rendez-vous annuel organisé par l’UPE13, le patron des patrons a tenté de répondre aux critiques émanant d’une partie de la gauche et des organisations syndicales : « On se serait goinfré d’aides publiques, ce qui est faux ! », lâche-t-il. Et pour cause, depuis la publication en juillet dernier d’un rapport de la commission d’enquête sur l’utilisation des aides publiques aux grandes entreprises, portée par le sénateur communiste Fabien Gay, un chiffre est au cœur du débat : 211 milliards d’euros. C’est ce qu’auraient coûté ces fameuses aides, versées sans réelle conditionnalité, pour la seule année 2023. Le chef des patrons le sait, alors que le gouvernement prône l’austérité, nul doute que ce chiffre fera irruption dans les débats.

  • Les petits patrons locaux « épuisés » par l’instabilité

    Les petits patrons locaux « épuisés » par l’instabilité

    Souvent, on disait que les crises économiques amenaient les crises politiques. Là, c’est l’inverse qui se produit : cette succession de crise politique amène une crise économique », campe Corinne Innesti, présidente de la CPME 13, ce vendredi dans les locaux de l’Alliance française, à Marseille. Voilà de quoi résumer les grandes lignes de l’enquête « conjoncturelle » que l’organisation patronale présentait, avec plus d’une centaine d’entreprises interrogées en septembre.

    Une enquête qui a donc été menée en amont du « coup de théâtre de lundi », avec la démission de Sébastien Lecornu. Cet événement a « créé encore plus de défiance et d’inquiétudes », selon Corinne Innesti, qui pointe un « ras-le-bol général ». Pour rappel, la CPME représente les très petites entreprises et les petites et moyennes (TPE et PME). L’organisation fait d’ailleurs valoir sa « différence » avec ses homologues du patronat : « On est dans le concret, sur le terrain, la CPME rassemble des entreprises patrimoniales », rappelle Corinne Innesti.

    « Incertitude et défiance »

    Autant dire que les petits entrepreneurs locaux accusent le coup : « Près de 70% signalent une trésorerie dégradée ou en stagnation. » Dans la même lignée, plus d’un tiers des entrepreneurs questionnés affirment que « la marge diminue » pour leur structure, quand plus de 40% évoquent une stagnation. Côté investissement, le tableau n’est pas plus reluisant : 42% expliquent qu’ils ont réduit leur budget dédié. Et 40% font part d’une incertitude directement liée au flou politique du pays puisqu’ils attendent « plus de stabilité avant de prendre une décision ». « L’incertitude et la défiance ressortent dans les témoignages. On est résilient mais jusqu’à quand et à quel prix ? », commente Corinne Innesti.

    Côté sujets de préoccupations, 39% des entrepreneurs pointent « la baisse d’activité » puis « les retards de paiement » à 23%. Pas loin derrière, 19% estiment qu’une nouvelle feuille de route gouvernementale est un sujet de préoccupation, loin devant l’inflation, à 9,5%, ou les questions de recrutement, au même niveau. En résumé, un constat globalement négatif. Mais reste la question de comment répondre à ces préoccupations. Et le petit patronat ne perd pas le nord : « Ce que nous voulons, c’est de la simplification, moins de charges […] que les TPE-PME ne soient pas la variable d’ajustement. » En clair, la CPME demande « un budget pro production, pro entreprise » au prochain gouvernement. « Pas plus tard qu’il y a trois semaines, j’étais à Matignon pour défendre nos idées et nos entreprises. Nous négocions dans les différentes instances », conclut Catherine Guernio, vice-présidente déléguée de la CPME au niveau national.

  • Pour les patrons, la stabilité plus que la réforme ?

    Pour les patrons, la stabilité plus que la réforme ?

    Face à l’incertitude politique, Patrick Martin avait tiré la sonnette d’alarme, lundi, inquiet du décrochage économique de la France. Le président du Medef, qui a ajourné son meeting contre la taxe Zucman du 13 octobre après la démission de Sébastien Lecornu, déplorait des « débats hors sol » et appelait à « une prise de conscience collective » de la classe politique. « Les incertitudes engendrées par cette instabilité et le manque de visibilité ne sont pas propices au développement du business », abonde Jean-Luc Chauvin, le président de la CCI Aix-Marseille-Provence. « Cette instabilité pèse lourdement sur l’économie réelle. Les chefs d’entreprise, notamment les TPE et PME, manquent de visibilité et d’anticipation », note de son côté Alain Gargani, le président de la CPME Sud, pointant les incertitudes fiscales, les changements d’aides publiques, les tensions sur la trésorerie ou des délais de paiement qui s’allongent en même temps que se durcissent les conditions d’accès au crédit. « Il devient très difficile de prendre des décisions stratégiques », reprend celui-ci.

    Si le coût de « l’indécision politique » chiffré « à 9 milliards de produit intérieur brut » par Patrick Martin le mettait en colère, celui de la suspension de la réforme, estimé à « des centaines de millions en 2026 et des milliards en 2027 » par le ministre de l’Économie démissionnaire Roland Lescure, semble moins l’effrayer. Au printemps, les patrons n’avaient pourtant rien lâché lors du conclave organisé par François Bayrou. « Notre intérêt direct, ce n’est pas ça. Aucune entreprise ne se battra pour la réforme des retraites », glisse le patron du Medef. « Mais on est responsable et on prend en compte les effets macroéconomiques. On a des déficits publics astronomiques et il faudrait, à ce moment-là, suspendre la réforme ? » Pour Amir Reza Tofighi, président de la CPME, la suspension de la réforme des retraites est un sujet de débat pour la présidentielle de 2027 : « Il faut faire attention aux compromis qui coûteront très très cher à la nation demain. »

    À l’Union des entreprises de proximité, qui « a toujours été favorable » à la réforme, Catherine Vales se montre pragmatique. Si dans le « chaos actuel » sa suspension peut « apaiser les tensions politiques », la présidente de l’U2P 13 estime que cela ne changera rien à long terme, mais concède : « Les petites entreprises, artisans, commerçants et professionnels libéraux n’en peuvent plus de supporter ces crises et de payer pour les atermoiements des gouvernements qui se succèdent à la vitesse de l’éclair. Nous prônons la solution qui apportera la stabilité dont notre pays à besoin et durablement. »

  • FO se projette entre élections et volonté de blocages

    FO se projette entre élections et volonté de blocages

    C’était l’heure d’un premier bilan pour le plus jeune secrétaire départemental de Force ouvrière, Étienne Raoul, à l’occasion du comité général du syndicat, à mi-mandat, ce vendredi 3 octobre.

    Rejoint pour la journée par Michel Beaugas, secrétaire confédéral au secteur de l’emploi et des retraites au national, il se réjouit ainsi « d’instances qui fonctionnent bien », tout en concédant avoir eu besoin d’un temps d’adaptation. « Le plus gros travail a été fait sur la communication, notamment avec la refonte du site, qui est réussie, et nous avons également pu relancer le journal du syndicat », confie-t-il.

    « On effraie le patronat »

    L’objectif fixé est de remporter les prochaines élections professionnelles, en décembre 2026. Mais c’est également l’occasion de se projeter, notamment dans ce climat de tension et dans l’attente de la nomination du nouveau gouvernement par le Premier ministre. Et ce, tout d’abord, avec l’objectif « d’aller au contact des salariés, d’organiser des assemblées générales afin d’expliquer à tous ce qui se prépare. De donner notre lecture à ceux qui ne s’informent pas forcément ». Il demande notamment d’« arrêter les journées saute-mouton et mener une vraie grève massive afin d’établir un véritable rapport de force ». Un propos auquel acquiesce Michel Beaugas. « Ce que l’on est en train de faire effraie clairement le patronat, vu qu’ils organisent un meeting le 13 octobre prochain. La colère des salariés commence à se voir. Et pour être tout à fait entendus, il faut toucher les possédants au portefeuille. Et ce pendant un, deux, voire trois jours, comme on l’avait proposé en intersyndicale », poursuit le responsable national.

  • À Marseille, la défense du modèle social dans le viseur

    À Marseille, la défense du modèle social dans le viseur

    On veut des augmentations de salaires, on veut des services publics, on veut que les écoles puissent accueillir nos enfants dans de bonnes conditions, on veut des moyens pour les hôpitaux. » Micro à la main et sur le toit du fameux camion bleu des énergéticiens qui écume les pavés marseillais à chaque manifestation, Renaud Henry, le secrétaire général de la CGT Énergie, donne le ton du « deuxième round » du mouvement social, qui se déroulait ce jeudi.

    Une deuxième journée de grève et d’action à l’appel de l’intersyndicale qui a rassemblé moins de monde dans les rues de la cité phocéenne, avec 80 000 manifestants contre 120 000 le 18 septembre, dénombrés par la CGT. Mais avec une détermination intacte à l’image des discours enflammés proclamés au niveau de la banderole des énergéticiens, en grève reconductible depuis le 2 septembre dernier, entre deux clappings et fumigènes : « On ne les laissera pas faire : La rue est rouge, l’ambiance est rouge ! » Devant le camion bleu, on retrouve des centaines de gilets fluos des dockers de Fos et de Marseille, venus en nombre et à grand renfort de pétards assez bruyants pour réveiller des morts. Et juste derrière la banderole unitaire qui ouvre le cortège marseillais, ce sont les travailleurs des services publics qui sont mis à l’honneur. Un ordre bien à propos au regard de ce que prépare le Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour le budget à venir.

    Ce dernier ayant annoncé « une amélioration de la retraite des femmes » sans en dévoiler plus sur le reste de ses intentions pour le prochain budget. « Pour la retraite des femmes, c’est insuffisant. Et les récentes réunions entre nos organisations et le Premier ministre laissent entendre que les coupes budgétaires de François Bayrou sont reconduites », analyse Rendy Dichri, secrétaire général de l’Union départementale Unsa 13. Franck Balliot, co-secrétaire départemental de la FSU 13, anticipe un autre mauvais coup en préparation du côté du gouvernement, qui entend mener une « réforme d’ampleur du financement de la protection sociale ». « La diminution de l’écart entre le salaire brut et net, c’est du vol pour l’ensemble des travailleurs. Cet écart, ce sont les cotisations sociales. Cela veut dire qu’ils vont s’en prendre à la sécurité sociale, un bien commun », développe-t-il. En clair, l’exact inverse des demandes de l’intersyndicale : « Au contraire, il faudrait étendre les services publics à l’énergie, l’eau, le numérique, les médicaments avec un pôle public. » Un avis partagé par la secrétaire de l’Union départementale CGT 13, Jessica Jadé : « Pour pouvoir poursuivre leur politique de casse sociale, tout est bon ! Quand ils disent rapprocher le salaire brut du net, c’est en réalité réduire la part de cotisations des patrons sur nos salaires, encore un cadeau au patronat ! »

    À l’instar des pancartes bien senties des manifestants, comme « Du pognon, pas des canons » ou encore « L’éducation et la culture ne sont pas des marchandises », la syndicaliste rappelle « qu’il y a d’autres choix à faire ». Et appelle surtout à « travailler à ancrer la grève pour monter le rapport de force ».

    Reste à savoir comment la suite du mouvement se dessinera. Au niveau des Bouches-du-Rhône, l’UD CGT 13 appelle à une journée de mobilisation, le 9 octobre prochain. Nul doute que d’ici là, les militants en sauront plus sur le budget et le gouvernement que prépare Sébastien Lecornu.

  • La jeunesse nombreuse d’Avignon fortifie la lutte

    La jeunesse nombreuse d’Avignon fortifie la lutte

    C’est le keffieh autour du cou et l’autocollant CGT collé sur sa chemise que Louis, étudiant à Avignon Université, s’est exprimé devant plus de 2 500 manifestants sur la place du Palais des Papes, ce jeudi 2 octobre, en fin de manifestation, pour réaffirmer « que la jeunesse lutte aux côtés des travailleurs et des travailleuses ». Une scène qui se répète après celle du 18 septembre dernier et qui témoigne de l’importance grandissante que prennent les jeunes générations dans la lutte.

    « L’avenir, c’est la jeunesse. Et elle ne sera pas spectatrice de notre état social. Ce énième gouvernement macroniste, fidèle serviteur du Medef, veut nous soumettre, nous écraser, briser les acquis sociaux et nos services publics. Nous ne laisserons pas le grand patronat l’emporter », poursuit l’étudiant sous les applaudissements. En effet, la rentrée sociale en cité des Papes est marquée par la présence en nombre d’étudiants et de lycéens qui se joignent au cortège de l’intersyndicale, comme on a pu le constater les 10 et 18 septembre derniers. Des journées pendant lesquelles le lycée Mistral avait notamment été bloqué. « On est là pour faire passer le message qu’on est dans une grande colère. On en a marre de l’épée de Damoclès au-dessus de nos têtes et de subir la politique économique et sociale de Macron. Si l’on ne se bat pas aujourd’hui pour nous-mêmes… Personnellement, j’essaie de motiver mes camarades de classe, mes amis et même mes parents à nous rejoindre », confie Nino Martinez, scolarisé au lycée Mistral à Avignon, pendant que le chant « Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartiers pour les fachos » est repris en chœur par ses camarades.

    Quelques minutes auparavant, ce même groupe de plus de 250 jeunes avait bruyamment rejoint la place Jean-Jaurès, point de départ de la manifestation, avant que le cortège complet de l’intersyndicale ne s’élance, comme s’ils étaient attendus. « Il faut absolument que l’on continue ça. C’est avec ce genre d’actions que l’on crée des liens, ce qui permettra à tous de plus nous impliquer », confie Nathan Mahaud, étudiant en sciences politiques à l’Université d’Avignon. Tout en confiant être mobilisé « pour soutenir les actions en faveur de Gaza », mais aussi pour exprimer son « désaccord avec la négation de démocratie d’Emmanuel Macron et les coupes budgétaires ».

    Porteuse d’espoir

    Une présence massive qui réjouit aussi les syndicats, comme le confirme en fin de manifestation Laurence de Villèle, secrétaire générale de la CGT Vaucluse qui, au nom de l’intersyndicale, quelques minutes auparavant, dénonçait « une politique de classe toujours plus antisociale qui pressure le salariat ». « L’important, c’est que cette jeunesse qui se mobilise aujourd’hui ait conscience des conditions d’études et des mesures d’austérité qu’elle subit depuis de nombreuses années. Et ce qui l’attend avec les prochains budgets du Premier ministre ne va qu’accentuer ces difficultés. Cette mobilisation d’étudiants est le révélateur d’une très grosse colère sociale. Elle porte beaucoup d’espoir, cette jeunesse », poursuit la responsable syndicale. Elle se réjouit également de la présence d’étudiants en alternance d’ores et déjà syndiqués, révélatrice pour elle d’une « conscience politique élevée, tant au niveau de leurs conditions de travail que des conditions de l’environnement ». « Mais il ne faut pas oublier les jeunes travailleurs. Car ce sont eux qui ont le pouvoir de bloquer l’économie demain. Mais ils sont souvent loin du syndicalisme et de la gauche », tempère, tout en se réjouissant de la forte présence de jeunes, Pablo Biancarelli, secrétaire fédéral des Jeunes communistes de Vaucluse.