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  • Déchetterie de la Capelette : pourboires ou corruption ?

    Déchetterie de la Capelette : pourboires ou corruption ?

    Cinq agents de la Métropole, formant alors l’équipe de la déchetterie du boulevard Bonnefoy (10e) à la Capelette, ont comparu ce lundi pour corruption passive et vols aggravés de 2019 à 2021. Suspendus 18 mois et à demi-traitement, 4 ont été réintégrés dans d’autres services.

    « À un moment donné, ça suffit ! La corruption, c’est la rupture d’égalité. C’est faire sa loi pour arrondir ses fins de mois », a fustigé la procureure Anne-Sophie Larrouy. L’affaire fait suite aux plaintes d’usagers ayant dû s’acquitter de 5 à 20 euros, un droit de péage à la barrière, pour un service public gratuit aux particuliers.

    En mars 2019, l’un d’eux s’était plaint de s’être vu refuser l’accès tout en voyant trois individus déverser après avoir glissé des billets. « Entre nous, cette fois je te laisse, mais si tu veux revenir c’est 200 euros la journée ou sinon tu vas dans une autre déchetterie », dira un agent à un usager qui était un policier en civil. « Si on ne donne pas les sous, on ne rentre pas », témoigne un autre usager.

    Des professionnels du BTP pas autorisés à déposer, y trouvaient leur compte pour déverser incognito et à peu de frais. Veolia s’était plaint à la Métropole de ce que depuis 2 ans les professionnels jetaient de plus en plus à Bonnefoy. « Ton gardien a pris 300 euros ce matin. Ils attendent que les agents de maîtrise partent et ils font rentrer les camions », avait dit un agent de Veolia. « C’est tellement devenu une habitude que les gâcheurs ont déjà le billet en main en arrivant », témoignait un autre. Contre un billet, des particuliers pouvaient même récupérer une porte, un frigo. Ce qui est interdit. Les agents ont admis revendre des déchets valorisables, un « chiffonnage » qui contourne un marché de récupération.

    « Je ne pensais pas commettre quelque chose d’illégal » explique Yves, 60 ans, qui comme ses autres collègues, admet « 100 euros par mois de pourboire » ajoutant que si la Métropole ne voulait pas que cela se produise « il faudrait mettre des agents manchots et aveugles ». André, 72 ans, soutient qu’il « aidait les clients ». Le mot d’« usager » ne lui vient pas. « On était sympathiques alors ils nous donnaient, ça servait pour déjeuner. » Quant au « chiffonnage » proscrit, « pour moi c’était naturel et logique comme dans toutes les déchetteries ».

    Pour Cédric, 43 ans, « c’était des pourboires pas systématiques pour l’équipe pour manger, boire, acheter des produits d’hygiène car on travaille au milieu des rats ». Il nie toute forme de racket. « Il y a 10 caméras en permanence et des contremaîtres avec nous toute la journée. » La présidente lui fait remarquer que les caméras étaient souvent débranchées et quand elles fonctionnent, « on ne voit jamais les agents aider à décharger et pourtant il y a des remises d’argent dès l’entrée à la barrière ».

    « Qu’on me présente une seule personne à qui j’ai demandé un centime ! » peste Marc « en colère » car pour lui, cette affaire est « une blague pour que la déchetterie passe au privé en disant c’est notre faute ». « On voit un fourgon à l’entrée vous tendre un billet que vous mettez dans votre poche. Eux disent que c’était la contrepartie sans quoi ils ne pouvaient pas décharger », oppose la juge. « On a pu me remettre mais c’est sans condition… » Tony, 37 ans, qui dit avoir été embauché après avoir « posé mon CV à un élu » admet « des pièces, quelques fois 5 euros ». « C’est un acte de gentillesse de gens qui sont contents, ça change de ceux qui vous prennent de haut. »

    « Un modus operandi a été instauré avec un petit manège en place à l’entrée » dénonce l’avocat de la Métropole qui après avoir estimé son préjudice à 527 701,14 euros, a réduit ses prétentions à 20 872 euros de préjudice économique et 10 000 euros de préjudice moral. De quoi outrer les avocats de la défense qui dénoncent « un dossier monté de toutes pièces ». Ils n’ont pas manqué de citer l’ordonnance de renvoi qui pointe « des glissements de pratiques professionnelles pour certaines manifestement tolérées et non explicitement dénoncées en interne (…) au sein de cette déchetterie au climat de travail délétère où les consignes fixées par la Métropole étaient floues, parfois contradictoires et sans cohérence entre les différents responsables d’équipes ».

    Délibéré le 10 février.

  • La difficile gestion des déchets amiantés en Vaucluse

    La difficile gestion des déchets amiantés en Vaucluse

    Malgré une rencontre entre le Collectif Amiante Pays des Sorgues (CAPS) et la préfecture de Vaucluse en avril dernier, l’association revient à la charge pour demander la mise en place d’un schéma de récupération de l’amiante sur le département.

    Aucune déchèterie n’accepte de déchets contenant de l’amiante. Dans une lettre adressée à la préfecture en septembre dernier, le collectif vise notamment la récupération chez les particuliers. « Ils sont confrontés à l’insuffisance du réseau de déchetteries habilitées à recevoir des déchets d’amiante », pose le CAPS. Et poursuit ensuite en affirmant que le Plan régional de prévention et de gestion des déchets (PRPGD) recommandait une augmentation des points de collecte de l’amiante. Conséquence, « le nombre de dépôts sauvages qui polluent notre environnement augmente et représente une charge financière importante pour les municipalités chargées de nettoyer leur commune », précise la lettre.

    Le CAPS est également appuyé par le maire de Sorgues, Thierry Lagneau (LR). Dans une lettre adressée en mai dernier, que nous avons pu consulter, ce dernier demande au préfet de Vaucluse de « porter un regard attentif et bienveillant » sur les actions de l’association. Et ce notamment parce que le soutien de la préfecture pourrait « constituer un levier déterminant pour encourager une mobilisation plus large des décideurs publics sur le sujet » et « faire progresser ce combat d’intérêt général ».

    Crainte partagée

    Questionné sur le sujet le jeudi 4 décembre dernier, le préfet de Vaucluse, Thierry Suquet, a confirmé « une crainte partagée » à propos des décharges sauvages de déchets contenant de l’amiante. Mais souhaite également rappeler que « tous les grands chantiers qui le nécessitent prévoient un désamiantage ». « La gestion de la collecte de proximité est dans les mains de l’intercommunalité. Nous sommes auprès d’elles pour travailler sur le sujet, mais nous ne sommes pas directement compétents », assure de son côté Thibaut de Cacqueray, directeur de cabinet du préfet.

  • L’Arbois, cette décharge sauvage à perte de vue à Aix-en-Provence

    L’Arbois, cette décharge sauvage à perte de vue à Aix-en-Provence

    Des monticules de déchets et détritus divers à perte de vue avec en toile de fond la légendaire silhouette de la montagne de Sainte-Victoire qui se détache dans l’azur. Cézanne pris de nausée n’y mettrait pas son chevalet. L’ordure supplante la garrigue et la pinède sur le plateau de l’Arbois aux confins du territoire communal d’Aix-en-Provence. À deux cents mètres de la gare TGV, cette immense décharge sauvage attire, d’année en année, toujours plus dépôts, principalement des gravats de construction du bâtiment qui s’entassent avec des pièces de carrosserie automobile, des apports des particuliers comme une épave de bateau, un jet-ski, des matelas.

    Devant l’inertie des pouvoirs publics, un collectif citoyen « Déchargeons le plateau d’Aix-TGV » s’est créé en 2019, né de la pétition de Valentin qui cumule aujourd’hui plus de 60 000 signatures pour alerter sur ce scandale environnemental. Autorités, propriétaires fonciers privés et publics se renvoient la balle.

    15 hectares de détritus

    et déchets

    La décharge s’étend désormais sur 15 hectares. « On a atteint en dix ans des records en volumes. On estime la superficie à l’équivalent de 20 terrains de foot ici et autant de l’autre côté là-bas », pointe Frédéric, un membre du collectif qui arpente cette zone de désolation sous une pluie fine. On est au voisinage du grand site Natura 2000 du plateau de l’Arbois, si précieux pour le pastoralisme.

    Un premier site de déchets correspond à l’ancienne aire d’accueil provisoire de gens du voyage, une parcelle de 8,7 ha que la communauté d’agglomération du pays d’Aix-en-Provence louait depuis novembre 2013 à Drekra Foncier, propriétaire et ancien exploitant d’un contrôle technique de poids lourds. La commune lui a rendu le site en mars 2017 sans aucun état des lieux mais avec des monticules de déchets évalués à 41 000 m³, précise un jugement de la cour administrative d’appel validé par le Conseil d’État en juillet 2025 et qui considère que Dekra ne peut être regardée comme responsable de ces déchets et qui annule la mise en demeure par la commune d’Aix en avril 2020 de les éliminer. Le jugement rappelle que « les contrats conclus prévoyaient notamment une prise des lieux “dans l’état actuel”, à charge pour le preneur d’aménager le terrain et de le restituer en bon état d’entretien, étant précisé que le preneur s’engageait particulièrement à se conformer aux obligations relatives à l’élimination des déchets ». En octobre 2020, une parcelle de 5 000 m² du conseil départemental a été dépolluée de 1 320 m³ de déchets. On estimait alors à environ 250 000 m³ le volume de déchets abandonnés sur l’Arbois, considéré comme la 3e plus grande décharge sauvage de France.

    « Ils se moquent de nous »

    « On était à 6 millions d’euros de budget d’enlèvement des déchets mais depuis deux, trois ans, le même schéma se reproduit sur ce site limitrophe et là un nouveau cycle démarre. Il y en aura pour 10 à 12 millions d’euros. Le déchet appelle le déchet. Les gens voient que c’est un dépotoir alors ils jettent. Je parie que dans 10 ans, ils seront encore là », assure Frédéric. « La Ville d’Aix ne s’en occupe pas du tout. Ils se moquent de nous. Ils essayent de renvoyer la faute sur les autres. On demande un rendez-vous à Mme Joissains depuis septembre », déplore Béatrice.

    Les gens d’ailleurs pensent qu’on est sur le territoire de Vitrolles et ne se doutent pas qu’on est au point le plus reculé de la commune d’Aix. « En réalité, c’est tout le département qui vient jeter ici. S’il y avait un feu l’été, avec les pneus, les huiles, les pots de peinture, les produits chimiques, ça serait assez catastrophique avec le mistral. C’est urgent de s’en occuper. » Pour le collectif, c’est un environnement et une réflexion complète autour du déchet qu’il faut repenser : « Comment on les produit, qui les paye, quels sont les accès aux déchetteries et les filières de retraitement. Aujourd’hui, c’est devenu de plus en plus difficile d’accéder à une déchetterie. On a des quotas pour rentrer. Quand on arrive, les bennes sont pleines. Il faut un vrai raisonnement mais pas seulement sur l’Arbois. »

  • Un week-end pour approcher les derniers modèles de voitures

    Un week-end pour approcher les derniers modèles de voitures

    La lumière des phares à led de la BYD Seal U accueille les visiteurs de la Halle de Martigues depuis vendredi jusqu’à ce dimanche. Nombreux sont les véhicules du même type exposés sur le Salon de l’automobile de Martigues ce week-end, uniquement neufs, à deux comme à quatre roues. Toutes les catégories ou presque sont représentées. Des sans permis chez Ligier, des citadines, des SUV chez Ford, des coupés sportifs comme l’Alpine A110S voire de luxe dans le cas de la Maserati Folgore, avec ses 761 chevaux promettant le 0 à 100 en moins de trois secondes. Pour seulement 231 000 euros ou 1 490 euros par mois.

    Loin d’être les seuls à faire du lèche-vitrine, ce couple de visiteurs est captivé par la Renault 5, une citadine électrique vert fluo qui rappelle sa populaire devancière du même nom sortie elle en 1972. « J’adore la R5, mon grand-père en avait une, elle a un côté rétro et un look waouh. Mais je suis juste venue la voir en vrai », confie la conjointe, qui trouve « dommage qu’elle n’existe pas en thermique », combiné à « un prix rédhibitoire » à 362 euros par mois en location ou 25 000 euros comptant, sans primes. Son compagnon pense au côté français de la marque au losange. « Mais qu’est ce qui est vraiment français ? Mon ancienne Mégane était fabriquée en Espagne il y a 10 ans », se rappelle-t-il, d’autant que « je ne suis pas sûr qu’une électrique fasse 220 000km comme mon ancienne Citroën BX diesel », conclut-il.

    Pour ce vendeur chez Mercedes-Benz, tout est une question de profil. « Il y a plusieurs types d’acheteurs. L’ancien possesseur de diesel peut se poser la question des malus, dans la conjoncture actuelle où le thermique neuf n’existera plus en 2035. Une transition douce par l’hybride est faisable », explique-t-il, considérant que « le marché évolue, la fréquence de renouvellement d’un véhicule est de 3 ans et les particuliers optent à 90% pour la location ».

    Malgré la crise de l’automobile neuve, où la baisse des ventes est de 20% en 2024 par rapport à 2019, selon FranceInfo, le véhicule électrique en location est ce qui est le plus mis en exergue par les concessionnaires sur ce Salon. « On s’adapte à la fin du thermique, mais les clients viennent voir des voitures, pas des carburants », assure de son côté Richard Frau, l’organisateur. « Le Salon a 41 ans et marche bien, avec 33 marques, 4 200 visiteurs et 106 véhicules auto et moto vendus sur le Salon en 2024 », complète-t-il. Et dans le contexte de passage à l’électrique, le rôle du Salon est aussi de « venir pour se faire expliquer et comprendre le leasing social, dont les conditions sont particulières », affirme Richard Frau.

    Dans le panier de crabes de l’industrie automobile mondialisée, le coût reste le premier critère, tant pour le consommateur que le producteur.

  • Un mois pour mieux étudier le contournement routier

    Un mois pour mieux étudier le contournement routier

    Un mois d’enquête publique s’ouvre pour recueillir les avis, remarques et observations de toute personne concernée par le projet de contournement autoroutier de Martigues et Port-de-Bouc. Cet aménagement, attendu depuis cinquante ans sur le territoire, a vu son financement bouclé fin juin. La dernière étape avant le démarrage des travaux est celle de l’enquête publique. Elle a démarré, ce lundi, en ligne et en physique, avec une permanence du commissaire enquêteur désigné par les services de l’État pour mener cette enquête.

    Car les interrogations sont nombreuses, alors que l’on parle d’un tronçon d’autoroute neuf de près de 7 kilomètres, de l’entrée de Croix-Sainte à Martigues jusqu’aux Salins de Fos-sur-Mer, à la sortie de Port-de-Bouc, en passant le Vallon du pauvre homme et le futur échangeur du Réveilla. Certains cas particuliers sont à étudier dans le détail, comme par exemple chez Jean Garcia de la Rosa, venu à la rencontre du commissaire enquêteur lors de la permanence de ce lundi matin, à l’hôtel de Ville de Martigues.

    « J’habite à proximité de la future autoroute, au-dessus de Saint-Jean. Ma propriété est coupée en deux depuis 1987 pour les besoins du projet », explique le retraité. « J’ai vu la carte globale du projet et je voudrais donc connaître le tracé exact, pour savoir si ma parcelle est finalement impactée ou non par l’emprise de la route », se demande Jean Garcia de la Rosa.

    Mais, outre le cas individuel, l’impact général et particulièrement l’impact écologique, font partie des interrogations soulevées. « Je ne suis pas contre le projet et l’association dont je fais partie, l’Association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos (ADPLGF), non plus. Mais il faut savoir par où passera exactement la route et quel est son impact écologique. Combien de gens seront impactés ? De même pour la surface agricole », ajoute le retraité martégal devant la porte de la permanence.

    Des impacts multiples

    La biodiversité est également au cœur des questionnements de l’association France nature environnement (FNE). Suite au rapport de l’autorité environnementale d’avril 2025, l’association pointe « des impacts environnementaux, des destructions d’habitats, de l’artificialisation des sols majeurs et insuffisamment compensés ». L’association nuance en reconnaissant « de réels objectifs de réduction des nuisances urbaines et de soutien à la dynamique industrielle ».

    La suite de l’enquête publique permettra de mettre en lumière la façon de répondre à ces deux enjeux. Le prochain rendez-vous est donné à la permanence du commissaire enquêteur, mercredi 8 octobre de 9h à 12h, à la mairie de Port-de-Bouc.

    Le QR-code ci-contre permet d’accéder aux documents de l’enquête publique.