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  • Une convention pour les animaux en justice

    Une convention pour les animaux en justice

    « Il y a des délinquants de la route et il y a des délinquants de la maltraitance animale », statue Franck Rastoul, procureur général de la Cour d’Appel. Ce mercredi, une convention inédite a été signée entre la présidence de la Confédération nationale de défense de l’animal (CNDA) et la Cellule de lutte contre la maltraitance animale (Cluma) du parquet général de la cour d’appel, créée il y a près d’un an et composée de 17 magistrats, renforçant ainsi le traitement des signalements et de plaintes liées aux maltraitances animales mais aussi le placement de ces êtres. Un volet d’abord pratique, permettant aux huit parquets du ressort (Aix-en-Provence, Marseille, Nice, Toulon, Grasse, Tarascon et Digne-les-Bains) d’être dotés d’un numéro unique pour trouver une solution de placements pour les animaux mal traités – désormais qualifiés d’être « dotés d’une sensibilité » – à proximité de leur juridiction. Un maillage territorial, assuré par la CNDA, qui assurera une permanence téléphonique sept jours sur sept, permettra notamment aux parquets de trouver des solutions de placements « rapides » par le biais d’un interlocuteur privilégié. Entre autres. « C’est un contentieux complexe qui recouvre une centaine de qualifications pénales, qui pose des problèmes juridiques et pratiques. Aujourd’hui, la prise de conscience de la gravité de ce phénomène est réelle, ajoute Franck Rastoul. Cela implique d’avoir des formations spécifiques. C’est la responsabilité des procureurs que de mobiliser des enquêteurs spécialisés (…) au niveau de chaque parquet, on a un référent totalement identifié maltraitance animale. La réponse judiciaire s’améliorera si on arrive à mettre en place des structures pérennisantes. » « On vient par cette action structure une action publique (…) Il est temps que la sphère pénale prenne toutes ses mesures en matière de malveillance animale (…) Je crois que cette convention est un soutien formidable l’action d’élus civils », pointe Jean-Luc Blachon, Procureur de la République. De façon plus large, la convention intègre l’idée du concept d’une « seule violence », celle selon laquelle seule ses « expressions sont protéiformes », selon le procureur général.

    « Une seule violence »

    Désormais, lorsqu’un signalement pour maltraitance animale sera enregistré au sein de la sphère familiale, il sera vérifié que les conjoints et enfants n’en soient pas victimes, eux aussi. « Lutter contre la maltraitance animale c’est lutter contre le risque de violence qui peut se réaliser contre les personnes et inversement », rappelle Franck Rastoul. La notion de « contrôle coercitif » autour de l’animal de compagnie sera également intégrée, souvent devenu moyen de pression ou d’instrumentalisation dans le cas de séparations. Solution pourra aussi être trouvée pour placer les animaux le temps d’une séparation. « C’est une avancée », se félicite Sabine Fghoul, présidente de la CNDA, qui pointe notamment une « saturation » des refuges et associations. « Je suis allée voir des enfants, des adolescents démolis par la situation. Ils étaient effectivement mis en sécurité, mais l’animal disparaît de la circulation et ça, c’est dramatique. (…) De pouvoir mettre en sécurité ces femmes et enfants avec l’animal à ses côtés, et la parole se libère (…)», ajoute Sabine Fghoul, également issue d’une profession sociale.

  • Préfet, procureur et maire ensemble contre le narcotrafic

    Préfet, procureur et maire ensemble contre le narcotrafic

    Huit gardes à vue, 20 commerces contrôlés dont 3 vont être fermés administrativement : deux enseignes pour l’emploi d’étrangers en situation irrégulière, une pour détention de stupéfiants. Voilà pour le bilan de la dernière opération de sécurité renforcée (ex-dispositif Place nette) mené du 2 au 10 septembre dans le quartier Mosson au nord-ouest de Montpellier.

    Si les prises restent modestes eu égard à l’ampleur présumée du narcotrafic, le préfet de l’Hérault y voit un coup d’arrêt majeur au point de deal de l’avenue de Louisville. En coordination avec la Ville et sous l’œil du Parquet, « on mène un travail de démantèlement au milieu du spectre pour éviter que ce point de deal se réinstalle », insiste François-Xavier Lauch.

    Depuis le vote de la loi contre le narcotrafic qui permet le déploiement de moyens supplémentaires, les opérations anti-drogue de ce type se multiplient à Montpellier, notamment dans 4 secteurs gangrenés : Mosson/Petit Bard, les Marels, Figuerolles/Gambetta et l’hypercentre. Ainsi depuis le 19 mars, 677 personnes ont été interpellées, 528 placées en garde à vue et 127 déférés au tribunal judiciaire. 808 amendes forfaitaires délictuelles ont été délivrées (+168%) et 96 étrangers sans carte de séjour en règle ont été interpellés. Outre 56 armes à feu et 70 armes blanches, ainsi que 226 000 euros ont pu être saisis, 14 kg de cocaïne, 12 kg de cannabis et 1 kg d’héroïne qui fait son retour.

    Dans un quartier populaire comme la Mosson où l’État et les collectivités investissent 530 millions d’euros pour le renouvellement urbain (Anru), François-Xavier Lauch ne blâme pas les habitants, bien au contraire. « Ce sont des victimes de ce trafic. Ce sont des conducteurs de Tesla que l’on voit venir se fournir en stups dans le quartier. » Tout en essayant de « savoir qui se cache derrière les commerces qui ne sont qu’une excroissance du blanchiment du trafic », le préfet de l’Hérault en est persuadé : il s’agit d’un grave problème de société. « Le cœur de la bataille, c’est le consommateur. Tant que nos concitoyens n’auront pas compris qu’il ne faut pas consommer de stupéfiants, on ne vaincra pas le mal. Que chacun fasse le lien entre l’achat de sa dose de stupéfiants et le narchomicide qui peut être au bout de la chaîne », prévient le préfet.

    De son côté, le nouveau procureur Thierry Lescouarc’h assure de sa « détermination sans faille » contre ce fléau. Et rappelle que « la détention, le transport, l’acquisition ou la cession de produits stupéfiants peuvent être punis de 10 ans de prison et de centaines de milliers d’euros d’amende par le Code pénal ». Il appelle la « nécessité absolue » pour le Parquet de « mettre à bas tous ces trafics qui gangrènent nos villes et nos campagnes et génèrent une économie souterraine ».

    Enfin, la Ville contribue elle aussi à l’effort, tient à souligner l’adjoint au maire à la sécurité. « On met les moyens avec la police municipale, la brigade du logement social et celle des transports qui dissuadent les points de deal et la consommation ». Quant aux commerces suspicieux, « j’en ai quelques-uns à vous donner… », révèle Sébastien Cote au préfet.