Tag: parquet

  • Un an de prison ferme pour avoir administré de la cocaïne à sa fille

    Un an de prison ferme pour avoir administré de la cocaïne à sa fille

    Le jugement prononcé par la chambre de la famille du tribunal correctionnel de Marseille ne laisse place au doute. Dépassant les réquisitions de 4 ans de prison avec sursis probatoire du procureur qui avait même proposé de requalifier les faits en mise en danger, les juges ont condamné, hier, Samantha M., absente au délibéré, à la peine de 4 ans de prison dont un an ferme avec un sursis probatoire renforcé de 3 ans, à la déchéance de l’autorité parentale, à l’obligation de suivre des soins psychiatriques et à ne pas entrer en contact avec sa fille placée. La peine est assortie de l’exécution provisoire.

    Les juges ont été emportés par la conviction que cette mère de 50 ans qui vit à Toulon était bel et bien coupable en dépit de ses farouches dénégations, d’avoir volontairement et activement administré de la cocaïne en 2022 à sa fille de 10 ans atteinte d’une maladie neurogénique rare. La fillette avait été hospitalisée le 14 février 2022 dans le service de neurologie de la Timone Enfants. Son état n’avait cessé de se dégrader pour plonger dans le coma le 11 mars, nécessitant une réanimation. Pressentant une possible intoxication, des analyses étaient réalisées qui démontraient la présence de cocaïne et de Fentanyl dans le sang, les urines et les cheveux et jusque dans des prélèvements du liquide céphalo-rachidien conservé en 2020 par l’hôpital et qui révélaient déjà des traces de cocaïne. Aucun médicament morphinique ou opioïdes n’entrait pourtant dans son traitement.

    « J’étais la coupable d’avance »

    Dénonçant à l’audience du 20 mai « une machination » de son ex-conjoint qui a obtenu la garde de la fillette et qui se dit « sûr et certain qu’elle l’a droguée », la mère n’a eu de cesse de protester de son innocence. « J’étais la coupable d’avance parce que j’avais consommé et que ça fait de moi une mauvaise mère », s’est-elle défendue, lançant même au tribunal : « Vous pouvez me mettre mille ans en prison, ce qui me fait de la peine, c’est qu’on dise que je lui ai fait du mal. »

    Le 17 mars 2022, l’hôpital de la Timone avait procédé à un signalement au parquet. Les enquêteurs trouvaient 3,4 grammes de cocaïne dans le portefeuille de la mère et des résidus de cocaïne sur l’étagère de la chambre d’hôpital. Placée en garde à vue, elle était positive à la cocaïne, la méthamphétamine, le THC, l’amphétamine et à l’opium. Elle reconnaissait avoir consommé de la coke dans la salle de bains de la chambre. Les expertises ordonnées par la juge d’instruction concluaient que « l’aggravation de l’état de la fillette était très certainement liée à des interactions médicamenteuses causées par l’administration indue de cocaïne, combinée à son traitement ».

    À la suite de son placement provisoire, l’enfant n’avait plus reçu de visite. Son état de santé s’était amélioré, avec notamment une reprise de la marche et de la parole. Le juge des enfants relevait chez la mère des traits laissant penser à un syndrome de Münchhausen par procuration, ce qu’observait aussi le psychiatre s’agissant de cette forme de maltraitance parentale consistant à exagérer ou provoquer délibérément des signes de maladie sur son propre enfant dans l’optique de susciter l’attention, la compassion ou la reconnaissance, l’adulte se positionnant en figure héroïque. Auprès des professionnels de l’aide sociale à l’enfance, la mère se présentait comme sauveuse de sa fille : « Avec tout ce que j’ai lu et appris j’aurais pu faire médecin. Je lui ai sauvé la vie au moins sept fois. Je sais mieux que les médecins. »

    La thèse de la « contamination passive »

    L’expert psychiatre a relevé le besoin de la mère à susciter la compassion et d’être admirée dans son dévouement pour sa fille. Un type de fonctionnement qui renvoie à ce syndrome et questionne sur sa possibilité de tenir des propos mensongers, la mère ayant fait croire autour d’elle qu’elle avait une tumeur au cerveau. Autre élément retenu à charge : un dessin de la fillette représentant sa mère, un pot de sel apporté par cette dernière à l’hôpital, son père et un cœur brisé. Les investigations ont montré qu’un flacon de verre contenant de la cocaïne a été trouvé dans la veste de la mère dans la chambre d’hôpital.

    Me Frédérique Chartier, son avocate, plaidait la « contamination environnementale passive » au regard de la consommation de cocaïne de la mère. À l’issue du délibéré, elle a rappelé qu’« aucune expertise toxicologique n’a été menée sur le père et que ce n’est que 18 mois plus tard qu’on a découvert que lui aussi était consommateur de cocaïne. Cette enquête a été menée à charge. Je vais conseiller à ma cliente de faire appel. »

  • Une mère se jette du 13e étage de son immeuble à Toulon avec trois de ses enfants

    Une mère se jette du 13e étage de son immeuble à Toulon avec trois de ses enfants

    Triste », « dramatique », « horrible ». Les mots n’étaient pas assez forts, mercredi matin, pour les habitants de la cité Pontcarral, à l’ouest de Toulon. La macabre découverte du corps d’une femme de 38 ans et de trois de ses sept enfants, âgés de 3, 4 et 6 ans, au pied d’un immeuble, a plongé le quartier dans la stupeur la plus totale.

    Selon les premiers éléments de l’enquête, ouverte pour « meurtres par ascendant » par le parquet de Toulon, cette mère de famille isolée se serait jetée d’elle-même de son appartement situé au 13e étage, avec ses trois enfants, aux alentours de 5h du matin. Celle-ci présentait « des symptômes psychiatriques et dépressifs, ce qui reste à confirmer », indiquait le procureur de la République de Toulon, Raphaël Balland, qui s’est rendu tôt sur place, en compagnie du préfet, de la Direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) et de la maire, Josée Massi, précisant également qu’« aucun élément ne permet pour le moment d’impliquer l’intervention d’un tiers dans ce drame ».

    « Il n’y a plus de place

    en psychiatrie »

    La famille était inconnue du Parquet et aucun signalement n’avait été réalisé concernant d’éventuelles difficultés sociales. Les corps feront l’objet d’une autopsie à l’Institut médico-légal de Marseille dans les prochains jours, ainsi que d’expertises toxicologiques. En attendant davantage d’informations sur les circonstances du drame, et au regard de ces premiers éléments, le sujet était au cœur de toutes les discussions à Pontcarral, ce mercredi. « On ne sait pas ce qu’il se passait dans la vie de cette dame. C’est horrible, mais on ne peut pas juger », commente un habitant.

    « Ce drame montre la difficulté de la situation. Il n’y a plus de place en psychiatrie et on les met en prison au lieu de les soigner », s’indigne un père de famille, qui s’interroge sur les conditions de vie au sein du foyer : « Cette femme était seule : où est le père ? Comment peut-on abandonner sa famille ? »

    Selon le Parquet, les trois enfants aînés de la fratrie sont nés d’un premier père, les quatre derniers d’un second. Par ailleurs, les quatre aînés ont été pris en charge « par les autorités compétentes et bénéficient d’un soutien psychologique », ajoute Raphaël Balland.

  • Un bar continue d’exploiter un rooftop illégal à Malmousque

    Un bar continue d’exploiter un rooftop illégal à Malmousque

    Le bar Pigment au 237, corniche Kennedy (7e) persiste depuis septembre dernier à ouvrir un rooftop non autorisé mais très médiatisé sur les réseaux sociaux à l’approche de la saison estivale. Une dizaine de copropriétaires et riverains ont saisi la justice et les élus sur la persistance de cette exploitation illicite.

    Les plaintes s’amoncellent auprès des élus et des services et jusqu’au procureur de la République. « La clientèle et le personnel empruntent les parties communes, couloir et les escaliers de la copropriété. On a vu des clients pénétrer dans nos cours et jardins. Un week-end, plus de 40 personnes occupaient simultanément le rooftop », dénonce le collectif. Au-delà des nuisances engendrées, les enjeux de sécurité publique sont prégnants : quid de la résistance d’un toit non conçu pour supporter les charges d’un public important, l’absence d’issues de secours signalées, de dispositifs anti-incendie et ce « service de douches » proposé à la clientèle ?

    « On a toutes les autorisations nécessaires de la Ville et de la Préfecture sinon vous vous doutez bien qu’on n’ouvrirait pas », répond crânement Benjamin Honnorat, le gérant joint vendredi. « Je montre tous les documents à la police municipale quand elle est appelée chaque semaine par les voisins et ça se passe très bien. Il n’y a aucun sujet », coupe-t-il.

    « L’accueil de public est strictement interdit »

    L’exploitant, locataire du bar au rez-de-chaussée, n’a en réalité demandé aucune autorisation d’urbanisme pour démolir deux cabanons sur le toit, retirer deux puits de lumière, poser des garde-corps et procéder à un changement d’usage privatif en exploitation commerciale. Dès l’ouverture en septembre, le service de l’urbanisme a dressé un PV d’infraction et saisi le Parquet. Le bar « Pigment » n’a pas davantage d’autorisation de la commission communale de sécurité pour utiliser ce toit en extension du bar. Il a été mis en demeure par la Ville dès le 25 septembre 2025 qui lui a signifié « l’interdiction d’accueillir du public sur le toit-terrasse ». Après un avis défavorable le 9 décembre à sa demande de mise en conformité « en raison d’un défaut d’accessibilité », le bar a déposé une nouvelle demande qui est à l’instruction. « L’accueil de public sur le toit-terrasse est strictement interdit », lui a signifié en caractère gras et souligné la conseillère municipale déléguée à la commission communale de sécurité et des périls, Laure Rovera, dans un courrier du 5 mai notifié par la police municipale cette semaine. Il fait suite à une nouvelle alerte de la maire de secteur Sophie Camard inquiète d’un « effet d’entraînement » sur d’autres exploitants. « L’exploitant engage sa responsabilité pénale en cas d’ouverture au public » a nous a précisé hier la Ville.

    « C’est une terrasse privée d’appartement ouverte au grand public sans autorisation. L’accès se fait par les parties communes d’un immeuble d’habitation bourgeoise. Le règlement de copropriété n’autorise pas d’activités commerciales ou professionnelles dans les étages », résume l’avocate du syndicat des copropriétaires, Me Hinde Kalai qui affute une assignation en référé.

  • La Métropole exige la libération de l’espace public privatisé

    La Métropole exige la libération de l’espace public privatisé

    Avec le printemps, c’est un plaisir évident de boire un verre en terrasse au soleil. Pour autant certains commerçants poussent tables et chaises sans autorisation obstruant les trottoirs pour leur business. Un phénomène chronique que les collectivités qui se partagent les secteurs, peinent à juguler en dépit d’une « charte des terrasses » visant à harmoniser l’esthétique et garantir un cheminement piéton minimal. L’association nationale Sites et Monuments alerte depuis des mois les autorités sur ces violations frontales en site patrimonial remarquable (SPR) et sur le site classé du Vieux-Port.

    À l’angle de la Canebière et du quai des Belges où le flux touristique est particulièrement intense, l’établissement Cappuccino a ouvert il y a six mois dans les anciens locaux des Eaux de Marseille. « Il a progressivement colonisé les arcades du Club Pernod. On ne peut plus circuler », proteste Josiane une riveraine. « Et là regardez toutes ces tables et ces chaises qui débordent maintenant devant les arcades. Ils privatisent le trottoir. Ils en ont mis tout le long et depuis quelques jours, ils ont monté des palissades en bois pour leur crêperie. C’est parfaitement intolérable. Un automobiliste se prend 135 euros s’il monte sur un trottoir et ici c’est Marseille bébé ! » Contacté, l’exploitant n’a pas donné suite.

    La Ville de Marseille, déjà saisie de la reconstruction sans permis de la terrasse couverte de la Samaritaine, nous répond que « ce commerce est titulaire d’un arrêté uniquement côté Canebière » autorisant une terrasse de 30 m² (7,5mx4m) détachée du commerce et délimitée hermétiquement par des jardinières contre la piste cyclable. « Pour la partie sous les arches, nous n’avons pas autorité. Le pourtour du Vieux-Port est à ce jour sous l’égide de la Métropole. »

    « Une occupation illégale »

    La Métropole reconnaît la situation. « L’absence d’AOT pour cet établissement est parfaitement identifiée par nos services. Une facturation majorée pour occupation sans droit ni titre a d’ores et déjà été émise à l’encontre de l’exploitant. Cette mesure financière marque la détermination de la Métropole à ne tolérer aucune forme de régularisation tacite de cette situation », explique la collectivité décidée à aller au contentieux. « Face au maintien de l’occupation illégale, la Métropole prépare actuellement la saisine du tribunal administratif afin d’obtenir la libération de l’espace public. La Métropole réaffirme sa volonté absolue de faire respecter les règles d’occupation du domaine public dans ce secteur. »

    La Ville se borne souvent à des signalements au parquet, sans plus. Les contraventions de 5e classe à 1 500 euros sont indolores au regard des profits tirés. D’où cette culture ancrée à Marseille de privatiser la rue. C’est d’ailleurs le cas du portique à arcades du Club Pernod : il a été édifié en 1970 non seulement sans permis mais en empiétant sur le domaine public qui doit rester inaliénable et imprescriptible car à l’usage de tous.

  • Les professionnels épinglés par la Sécu

    Les professionnels épinglés par la Sécu

    En proportion, ils sont certes moins nombreux à frauder la Sécurité sociale, mais les sommes escroquées sont bien plus importantes du côté des professionnels de santé que des assurés, notent les différentes caisses primaires d’assurance maladie (CPAM) de la région, dans leur bilan 2025. À commencer par celle des Bouches-du-Rhône, qui l’a rendu public ce lundi 4 mai.

    S’inscrivant dans le sillage des résultats nationaux – 723 millions d’euros de fraudes détectés, soit une hausse de 15% par rapport à 2024 – la CPAM 13 estime avoir recensé et stoppé 50,2 millions d’euros. Un résultat qui a « triplé en quatre ans », dépassant largement « l’objectif initial fixé à 40 millions », se félicite la direction de la CPAM 13. Et d’en attribuer le mérite au « travail collectif » de « 70 agents spécialisés et formés : investigateurs, enquêteurs agréés et assermentés, rédacteurs juridiques, assistants statistiques, praticiens-conseils et enquêteurs judiciaires commissionnés ». Grâce à eux, « un préjudice de 17 millions a pu être évité, montant inclus dans le total des 50,2 millions », précise-t-elle.

    Sur la répartition des responsabilités, 58% des dossiers, faute ou abus, sont le fait des assurés (plus de 2 millions dans le département), liés aux arrêts de travail et aux droits à l’Assurance maladie. Parmi les 280 dossiers d’arrêts maladie litigieux, « les deux principales pratiques identifiées sont l’utilisation de faux arrêts et l’exercice d’une activité non autorisée durant la période prescrite », détaille la CPAM 13, évaluant leur montant à 2,6 millions. Concernant les fraudes aux droits, elles « résultent principalement du non-respect des conditions de ressources et de résidence », s’élevant à 4,4 millions d’euros de préjudice. Au total, les assurés sont responsables de 8 millions d’euros de fraudes, soit à peine 16% du montant financier total, bien qu’ils représentent plus de la moitié des dossiers repérés.

    Car ce qui coûte le plus cher, ce sont les détournements opérés par les professionnels de santé (21 000 dans le département). Bien que moins fréquents avec 24% des cas, ces derniers sont à l’origine de plus de « 72% des montants détectés et stoppés », avec des sommes moyennes par dossier souvent plus élevées. Soit, en 2025, près de 36 millions d’euros, quelque 3 millions de plus qu’en 2024.

    Les centres de santé,

    une priorité

    En cause « des acteurs qui ne sont pas issus de la santé et qui exploitent le système de santé à des fins financières, en mettant en œuvre des stratégies de fraude délibérées, structurées et parfois déployées à grande échelle », analyse la CPAM, avec dans la ligne de mire les audioprothésistes, les fournisseurs de dispositifs médicaux, les pharmaciens ou certains centres de santé. Ces derniers sont d’ailleurs devenus une « priorité forte pour l’Assurance maladie », dans « la continuité de la stratégie engagée depuis 2021 ». En 2025, les montants détectés et stoppés dans ce secteur dépassent 2,5 millions d’euros. Une « nette progression » avec des chiffres multipliés par six par rapport à 2024, année au cours de laquelle le montant détecté et stoppé s’élevait à plus de 400 000 euros. Plus de 2 millions sont « liés à des actes ou prestations fictifs facturés, mais non réalisés » et 390 000 euros sont attribués « au non-respect des conditions de prise en charge ou des règles de facturation ».

    Autre priorité des agents de la CPAM, les établissements de santé et médico-sociaux, responsables de 18% des cas, « compte tenu des montants en jeu » : 11% du total des fraudes. Les contrôles ont notamment porté sur les dotations versées aux Ehpad, aux services d’hospitalisation à domicile, d’autonomie à domicile, « dans la continuité des années précédentes ». Ils « visent notamment à vérifier l’absence de remboursements indus sur l’enveloppe de soins de ville pour des dépenses déjà couvertes par ces dotations ». La CPAM 13 a remarqué une « amélioration de la qualité de facturation, avec un montant de 5,5 millions de préjudice, contre 7 millions en 2024 ».

    Pour endiguer le phénomène de manière générale, elle mise sur « l’action contentieuse » : pas moins de 1 175 procédures ont été engagées entre sanctions pénales, financières et administratives. Ces dernières ayant rapporté 4,8 millions d’euros. Côté pénal, 446 procédures ont été lancées, dont 313 signalements au procureur et 133 plaintes.

    À Marseille, un pôle d’expertise interrégional, agissant sur toute la région, a aussi été constitué avec onze agents, « dotés de certains pouvoirs d’officiers de police judiciaire, agissant sous l’autorité du parquet ». De quoi démanteler de véritables réseaux d’escroquerie. En témoignent des affaires sous le feu des projecteurs ces derniers mois (lire par ailleurs)…

    CHIFFRES

    1,5

    million d’euros de fraudes. C’est le montant évalué, entre préjudice subi et évité, par la CPAM des Alpes-de-Haute-Provence, pour 2025. Elle compte 139 750 assurés et 1 384 professionnels de santé.

    13,8

    millions d’euros de fraudes. Un « bilan record » pour la CPAM du Var, en « hausse de 15% » par rapport à 2024, face « à des réseaux de plus en plus organisés ». Elle mise sur la prévention pour « sécuriser le système et à éviter le versement de sommes indues ».

    43

    dossiers de fraude repérés par la CPAM 13 sont partis au parquet, 25 ont été pris en charge par le pôle d’expertise en co-saisine avec la gendarmerie, la police nationale ou l’Office nationale anti-fraude, 11 gardes à vue réalisées et 4,6 millions d’avoirs criminels saisis.

    DES AFFAIRES QUI SE MULTIPLIENT

    Un dentiste marseillais jugé fin mai pour des actes fictifs

    Du 27 au 29 mai se tiendra, à Marseille, le procès d’un chirurgien-dentiste marseillais, soupçonné d’actes fictifs sur un panel d’une centaine de patients pour un préjudice de 1,6 million d’euros, au détriment notamment de la CPAM 13.

    Un détournement à 58 millions d’euros

    Une affaire hors-norme de fraude a été rendue publique, le 26 mars, par la procureure de Paris, Laure Beccuau, impliquant sur toute la France plusieurs « structures et particulièrement des centres de soins dentaires », avec des actes fictifs facturés. Parmi eux, un centre marseillais, avec des notes établies au nom d’un dentiste décédé en 2021.

    Un chirurgien aubagnais qui surfacture

    Des centaines d’actes fictifs ou surfacturés en série ont été reprochées, le 22 octobre 2025, à l’ex-chef du service de chirurgie orthopédique du centre hospitalier d’Aubagne. Bilan : plus de 400 000 euros au préjudice de la CPAM 13.

    Un ambulancier marseillais multirécidiviste

    L’affaire est passée en justice en janvier 2025. Déjà condamné deux fois, le patron d’une société d’ambulance marseillaise a persisté à multi-facturer des prestations fictives massives à des organismes sociaux, jusqu’à 80 fois le même trajet. Préjudice : 1 647 000 euros. Il a écopé de 5 ans d’emprisonnement, dont 18 mois de sursis probatoire.

    De fausses ordonnances pour 3,2 millions d’euros

    La dirigeante de quatre sociétés de distribution d’articles médicaux et orthopédiques, basée à La Destrousse, a siphonné 3,2 millions d’euros en cinq ans à la CPAM. Elle a été jugée pour escroquerie et blanchiment en bande organisée, en juin 2025.

    Escroquerie au transport sanitaire dans le Vaucluse

    De fausses courses facturées et des salariés qui conduisent des ambulances sans diplôme… Six personnes ont été impliquées dans une vaste escroquerie aux ambulances, dans le Vaucluse, en juillet 2025. Montant de l’affaire : un million d’euros.

    M.R.

  • La fuite en avant de David Bertin et son business plan frauduleux

    La fuite en avant de David Bertin et son business plan frauduleux

    Quatre ans d’emprisonnement dont trois avec sursis probatoire ont été requis hier au procès de David Bertin, un investisseur marseillais accusé d’avoir loué des meublés touristiques au 21, rue d’Anvers (1er) en péril, et de s’être constitué un « empire immobilier » dixit l’ordonnance de renvoi, bâti sur des crédits bancaires escroqués et l’usage frauduleux de subventions de l’ANAH, tout en dissimulant l’exploitation de femmes de ménages en situation irrégulière. Le parquet a requis l’interdiction définitive d’exercer toute activité commerciale, de gérer ou de contrôler une société.

    L’affaire avait éclaté six mois après le drame de la rue d’Aubagne grâce à un copropriétaire qui pour alerter les touristes du danger avait peint en lettre rouge « en péril » sur la façade de la rue d’Anvers. Constitué partie civile, Hadj Merabet avait revêtu hier un tee-shirt sur lequel était inscrit « Marchands de sommeil » avec la photo floquée du meublé loué avec 4 étais. « Ils ne sont animés que par la cupidité, l’argent », a-t-il dit de David Bertin, de l’ex-compagne de ce dernier contre qui un an avec sursis et 5 000 euros sont requis et d’un intermédiaire qui se voit réclamer 6 mois avec sursis et 5 000 euros.

    C’est un second signalement, celui du maire de secteur, qui a déclenché les investigations de la justice et le placement en novembre 2019 du prévenu en détention provisoire durant près de 4 mois. « C’est une sacrée fuite en avant comme on joue au casino pour faire de l’argent à tout prix » a lancé le vice-procureur Jean-Yves Lourgouilloux, estimant que ce prévenu de 42 ans « a mobilisé un seul moyen, la fraude, comme business plan sur les femmes de ménage comme petites mains et la captation des fonds publics ».

    « Depuis l’âge de 19 ans, j’achète, ça me plaît », a expliqué l’énigmatique prévenu qui a acquis jusqu’à 29 appartements, 3 greniers réunis en un appart et deux locaux commerciaux, ce qui selon le fisc représente une valeur brute locative de 1,836 million d’euros. Avec son ex-compagne, ils ont trompé les banques pour obtenir 5 crédits immobiliers pour un montant total de 507 000 euros et touché 243 680 euros de l’Agence nationale de l’habitat pour rénover 9 appartements tout en violant les règles qui imposaient 9 années de mise en location classique à loyer modéré. « Au lieu de cela, il les a exploités sans autorisation en locations saisonnières dégageant 428 000 euros en 2017 puis 740 273 euros en 2019 », a fustigé l’avocat de la Ville, Me Jorge Mendes pour qui « en dix ans, il a mis en place un système pour construire une fortune immobilière dans l’illégalité ». De rappeler le contexte lourd des faits : « On est six mois après le drame de la rue d’Aubagne, 1 333 immeubles sont sous arrêté de péril, 420 immeubles sont interdits d’occupation et 3 758 personnes sont évacuées. »

    Dans une défense souvent victimaire, le prévenu considère qu’il a fait « des travaux importants qui lui ont coûté très cher au-delà des subventions ». Quant à ses arrangements avec ses 8 femmes de ménages au black en échange d’un logement, c’est complètement caritatif de sa part : « Si demain je ne leur donne pas la possibilité de louer, je ne vois pas où ils peuvent aller ces gens. C’est vraiment du social. » ou encore « Si je commence à les déclarer, ces gens perdent leurs aides sociales ». In fine, il reconnaît la mise en danger, tout en contestant le péril. « J’ai compris la leçon, j’ai évolué grâce à vous », a-t-il dit.

    « Je travaillais toute la journée, des fois je rentrais à 1h du matin », a raconté Nadia qu’il savait sans papier. Il déduisait systématiquement 650 euros du loyer du 17 rue du musée. « Fin août 2020 j’arrête de travailler pour lui et c’est un intermédiaire qui vient toucher le loyer et qui m’a poussé dans les escaliers alors que j’étais enceinte. » Une autre témoigne : « J’ai jamais été rémunérée sauf une fois 20 euros de transport. Je gérais 11 appartements, je faisais les ménages et je remettais les clés des fois jusqu’à 2h ou 3h du matin à des touristes qui venaient du monde entier » a dit Karima qui dit aussi avoir subi la menace d’une expulsion sauvage. « C’est de l’esclavagisme moderne », a dénoncé son avocate Samantha Graas qui a obtenu la reconnaissance par les prud’hommes de sa qualité de salariée. Fatima que les enquêteurs ont trouvée au 21 rue d’Anvers touchait, elle, 10 euros par meublé nettoyé. Ce qui n’a pas empêché le prévenu
    – qui jonglait avec 16 comptes bancaires courants après en avoir clôturé 49 – de lancer au tribunal : « C’est très difficile à gérer les femmes de ménage, elles font ce qu’elles veulent. »

    Le procès s’achève ce mardi par les plaidoiries de la défense.

  • Un nouveau procès, en appel, pour François Burgat

    Un nouveau procès, en appel, pour François Burgat

    Relaxé en première instance le 28 mai dernier, François Burgat est de retour devant la justice ce mercredi 29 avril à la cour d’appel d’Aix-en-Provence. L’islamologue de 77 ans, scientifique renommé, retraité du CNRS, chercheur à l’Institut de recherche et d’études sur le monde arabe et musulman, était poursuivi par la Licra, l’Organisation juive européenne et Avocats sans frontières, pour apologie du terrorisme suite à des tweets de janvier 2024.

    Fort de 39 000 abonnés à ce jour, ce dernier reprenait un communiqué du Hamas qui critiquait un article du New York Times sur l’attaque terroriste en Israël le 7 octobre 2023. Le Hamas estimant qu’il s’agissait là d’une « tentative sioniste de dédiaboliser la résistance (…) » et qualifiant ses membres de « combattants de liberté ». Un tweet intolérable pour sa collègue du CNRS, Florence Bergeaud-Blacker, qui a elle-même fait l’objet de plusieurs plaintes, autrice d’un ouvrage controversé, Le Frérisme et ses réseaux, l’enquête, qui qualifie alors François Burgat d’antisémitisme négationniste. « J’ai infiniment, je dis bien infiniment plus de respect pour les dirigeants du Hamas que pour ceux de l’État d’Israël », lui répond-il. Puis, à la suite du verdict rendu dans le procès de Samuel Paty, il publie de nouveau sur X, « le verdict Paty (prononcé en présence d’Alain Finkielkraut) explicite un triste jalon de l’histoire contemporaine de France : sa sortie de l’État de droit. Nous sommes des terroristes », écrit-il.

    De la liberté d’expression

    Si le tribunal a jugé que « l’appréciation » portée sur le Hamas ne se rapportait « pas à ses actions violentes mais à sa légitimité électorale », que sur le verdict Paty, il se bornait « à exprimer de manière radicale certes, une opinion relative à une décision de justice (…) », le parquet a fait appel. La Licra, par la voix de son avocat, Serge Tavitian, ne compte pas laisser passer. Il s’agit pour lui de réaffirmer les fondamentaux de la liberté d’expression. Où s’oppose la conception « libertaires à tout prix que certains voudraient imposer » à celle inscrite « dans la déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen, une liberté qui peut dégénérer en abus ». Il insiste aussi sur le contexte avec « des propos tenus le jour même d’une décision de justice » sur une affaire Paty « qui a traumatisé le pays, le corps professoral… », et souligne la portée phénoménale des réseaux sociaux.

    De son côté, François Burgat se dit par la voix de son avocat, Rafik Chekkat, « peu surpris » du recours en appel, « on l’avait prévenu ». Il pointe une forme de « basculement », dans une France « imprégnée » par le conflit israélo-palestinien. L’idée n’est pas « de nier les crimes commis le 7 octobre », mais « simplement de dézoomer et de replacer les événements dans leur contexte », assure maître Chekkat. « Il y a dix ans, François Burgat était auditionné par le Sénat en tant qu’expert sur les questions de terrorisme. » Et « dix ans après, on n’est plus dans une volonté de comprendre », considère-t-il. Un rassemblement de soutien est par ailleurs organisé sur site.

  • Contre la répression judiciaire, la CGT fait front avec Pascal Galéoté

    Contre la répression judiciaire, la CGT fait front avec Pascal Galéoté

    Ce sont tous les militants du mouvement social qui font front commun avec le secrétaire général du Grand port maritime de Marseille (GPMM), Pascal Galéoté. Ce dernier est convoqué, ce mardi devant le tribunal correctionnel de Marseille, dans le cadre de l’affaire de la gestion du Comité social et économique (CSE) du port. L’ancien trésorier du CSE, Bernard Cristalli, est également mis en cause.

    De quoi provoquer une réaction unanime du côté de leurs camarades, avec une multitude d’organisations CGT qui appellent à la mobilisation au moment de l’audience, à partir de 8 heures du matin. « On est complètement dans le cadre d’une criminalisation de l’action syndicale, d’une justice de classe et d’un acharnement », tonne Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône (UD CGT 13). Avant de développer : « Cela s’inscrit dans des attaques plus globales contre les ports : la Cour des comptes les a visés, une mission parlementaire a été confiée à des députés du Rassemblement national… Ce sont des bastions cégétistes que certains veulent affaiblir. »

    Même écho du côté de François Canu, secrétaire de l’UD et secrétaire général de l’Union locale d’Aix, qui évoque une « procédure orchestrée ». « Ce n’est pas une attaque comme les autres. Cela va au-delà des deux camarades. On n’est pas dupes », martèle-t-il. Pour rappel, le 18 février 2025, à la suite d’une garde à vue éclair du syndicaliste, le parquet faisait le point sur l’affaire en évoquant une enquête préliminaire pour « abus de confiance » et « recel ».

    Plusieurs centaines

    de militants attendus

    « Elle a été ouverte à la suite d’un signalement adressé au parquet de Marseille, en décembre 2021, par le procureur général près la Cour des comptes, au regard de faits identifiés à l’occasion du contrôle des comptes et de la gestion du comité d’entreprise du GPMM », précisait l’institution dans un communiqué de presse. Tout en rappelant que Pascal Galéoté est présumé innocent, le parquet développait : « Les faits dénoncés sont relatifs à plusieurs anomalies constatées dans l’utilisation des moyens du comité d’entreprise du GPMM permettant de suspecter des dépenses à des fins personnelles (achat de matériel informatique et numérique, frais de déplacement, dépenses de bouche, etc.) ainsi que la prise en charge de dépenses syndicales, donc étrangères à l’objet du comité d’entreprise. Les sommes évoquées s’élèvent à plus de 250 000 euros sur une période allant de 2014 à 2018. »

    Pas de quoi faire trembler les militants. « Ceux qui pourraient être lésés dans cette affaire, le CSE et le port ou sa direction, n’ont pas porté plainte et ne sont même pas parties civiles, ça en dit long », commente Marc Pietrosino. Il rappelle que Pascal Galéoté avait répondu point par point à ces accusations à la suite de sa garde à vue (lire notre article du 24/01/25).

    De la CGT France Travail Paca, de la réparation navale, celle des cheminots de Marseille ou encore des agents des télécoms, en passant par la CGT Centrale de Gardanne… la liste des syndicats qui ont apporté un soutien « inconditionnel » aux deux portuaires est longue comme le bras. Et dépasse le cadre local, puisque Fédération des Ports et Docks comme la CGT au niveau confédéral ont appuyé publiquement Pascal Galéoté. Le syndicat CGT des Ouvriers Dockers et Portuaires du golfe de Fos appelle d’ailleurs à la mobilisation le même jour. La Fédération CGT des Ports et Docks également, avec la présence attendue d’agents portuaires de l’autre bout de la France. Tandis que la CGT GPMM Fluxel appelle à un arrêt de travail de 7h30 à 13h. Le soutien dépasse même la CGT, puisque la FSU 13 apporte aussi son soutien au secrétaire général. « On va envoyer le message que si quelqu’un touche un membre de la CGT, c’est toute la CGT qui répond », conclut François Canu.

  • Un réseau international de trafic de cocaïne et de blanchiment démantelé à Marseille

    Un réseau international de trafic de cocaïne et de blanchiment démantelé à Marseille

    Trois ans d’enquête auront été nécessaires, impliquant une équipe commune à la France, l’Italie, la Belgique et la Suisse avec aussi le soutien d’Europol, pour venir à bout d’un réseau de blanchiment et de trafic de cocaïne au profit de la Camorra et de la ‘Ndrangheta, indique le Parquet de Marseille, ce jeudi 26 février. Jusqu’à cette opération coordonnée dans les quatre pays, le 23 février.

    En France, une soixantaine de gendarmes de la section de recherche de Marseille ont notamment été mobilisés et ont interpellé quatre personnes. Plusieurs véhicules de luxe ont été saisis, mais aussi des biens estimés à 5 millions d’euros, de la cryptomonnaie pour 60 000 euros et 26 000 euros en numéraire. Trois autres personnes ont été arrêtées côté italien.

    Des millions d’euros blanchis

    Les enquêteurs ont remonté la piste de l’argent, explique Europol dans un communiqué. « Ce qui a commencé par des mouvements financiers suspects a révélé un système de blanchiment sophistiqué au service de membres de la Camorra et de la ‘Ndrangheta. Derrière des sociétés écrans, de fausses factures et des investissements de luxe, des millions d’euros provenant du trafic de cocaïne étaient blanchis et réinvestis à travers l’Europe », précise l’agence européenne de police criminelle.

    Menée en France par la section de recherche de la gendarmerie des Bouches-du-Rhône, sous la houlette de la JIRS (Juridictions inter-régionales spécialisées) de Marseille, l’enquête permet d’identifier un ressortissant monténégrin, à la tête de plusieurs sociétés en lien avec des sociétés italiennes, qui fera partie des interpellés. Installé dans la région de Cannes avec sa compagne, il vit avec son gendre italien, connu des autorités italiennes pour blanchiment d’argent, fraude et infractions liées aux armes, poursuit Europol.

    Un réseau de blanchiment est mis au jour, lié à un trafic de cocaïne à grande échelle importée d’Amérique du Sud vers l’Europe. Le groupe criminel étant soupçonné d’avoir coordonné des expéditions maritimes de grandes quantités de drogue. « Très structuré », le réseau mis en place s’appuyait sur « d’importantes ressources financières, des crypto-actifs, des déplacements transfrontaliers hebdomadaires en véhicules de luxe équipés de » caches « sophistiquées » et des entreprises « s’étendant sur plusieurs juridictions ».

  • Le chien, atout précieux dans la lutte contre le stup’

    Le chien, atout précieux dans la lutte contre le stup’

    Travaille », « cherche », « personne ». D’une voix ferme, Virginie canalise Cerbère, malinois plein d’énergie de 6 ans. Venue ce vendredi 20 février de Salon-de-Provence, elle fait partie des 7 équipes cynophiles mobilisables par les gendarmes des Bouches-du-Rhône. Il s’agit ce jour-là de mener une opération de détection de stupéfiants à bord du TER entre Aubagne et La Ciotat. Menées dans le cadre de la loi narcotrafic, sur réquisition du procureur de la République, ce type de contrôles a été multiplié par deux depuis le mois de juin dernier, explique le capitaine Aragon, à raison d’une tous les 15 jours. Outre l’équipe de 11 gendarmes et membres de la sûreté ferroviaire qui vont écumer le train jusqu’au soir, une vingtaine d’autres assurent des contrôles anti-stup’ à Auriol et Cuges. Et pour ça, « le chien reste un atout indéniable » convient le capitaine Aragon.

    Impatient sur le quai, la bête se calme instantanément en mode travail. Dans la rame, sa présence surprend. Sans se départir de son sourire, Virginie le guide sur les sacs et les valises sans rencontrer de résistance. « On a l’impression qu’il passe comme ça mais dès qu’il prend une effluve, je le vois. C’est ce qu’on appelle une lecture du chien par le maître, lui, je le laisse faire sa remontée d’odeur tout seul », explique Virginie, en binôme avec Cerbère depuis 4 ans.

    Un jeu toujours gagnant

    Particulièrement doué de la truffe, c’est un chien « Sambi », spécialisé dans la recherche de stup’, armes, munitions et billets de banque. En trouver restant pour lui un jeu auquel il gagnera trois fois lors de cet aller-retour. Comme ce moment où il s’assoie devant un jeune homme et jette un regard à sa maîtresse.

    Il le reconnaît instantanément, c’est un consommateur mais il n’a rien sur lui assure-t-il. Un gendarme finira par trouver « du produit » dans sa sacoche. Un autre a sorti un pochon de résine de cannabis de sa chaussette. « Le chien aide à nous dire la vérité », indique Virginie. Caleçon, soutien-gorge, paquet de cigarettes jeté à la va-vite sous un siège, les cachettes sont multiples racontent le capitaine Aragon. En retrait pour ne pas perturber l’odorat de Cerbère, il stocke les prises dans une pochette hermétique en plastique. « Regardez comme ils sont inventifs », nous interpelle-t-il. Dans ses mains, un emballage siglé d’une célèbre marque de maroquinerie, avec au dos, une kalachnikov à la crosse dorée…

    Les voyageurs majeurs et pris pour la première fois s’en sortiront avec une amende forfaitaire délictuelle à 150 euros. En cas de récidive, « on ramène la personne à la brigade et c’est le Parquet qui décide de la suite à donner », précise-t-il. Depuis la mise en place de ce dispositif, à chaque opération, de 50g à 100g de stupéfiants, pour les deux tiers du cannabis, sont confisqués et une vingtaine de verbalisations par mois dressées. « La drogue est détruite », ajoute le capitaine Aragon.

    Après ces deux heures de travail quotidiennes en moyenne, Cerbère retournera avec son jouet dans la voiture. Une indispensable récompense avant de repartir pour une nouvelle mission.

    « Le chien aide à nous dire
    la vérité »