Trois couples y sont actuellement recensés et font l’objet d’un suivi annuel depuis 2020, avec deux objectifs : observer l’évolution et la survie des couples, et vérifier leur présence sur les sites connus afin de pouvoir activer, si nécessaire, des zones de quiétude. Le faucon pèlerin étant sensible au dérangement durant la période de reproduction, toute perturbation peut entraîner l’abandon du nid, laissant les œufs ou les oisillons sans protection. C’est pourquoi des zones de quiétude, définies dès l’installation d’un couple sur une falaise, sont instaurées pendant les phases clés : reproduction, couvaison et nourrissage des jeunes. Pendant cette période, l’escalade est interdite dans ces zones. Ad.B.
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Dans les Alpilles, les éleveurs s’organisent face à la menace du loup
Le ronronnement de la machine à café couvre un instant les bruits de mastication. Tandis que les agneaux, déjà bien dodus bien que nés cet automne, engloutissent du foin, Lionel Escoffier et l’un de ses deux bergers, Aurélien, démarrent la journée autour d’un gobelet d’où s’échappent des volutes de fumée. Chacun son petit-déjeuner.
Au Mas de la Tapie, le travail est exigeant mais le cadre est paradisiaque : les 430 hectares de prairies sont plantés au pied du massif des Alpilles. Le maire d’Aureille et ses deux associés, ses cousins, ont repris l’exploitation de leur grand-père il y a une trentaine d’années. Ils y produisent du foin de Crau et élèvent 1 600 brebis et près de 1 300 agneaux chaque année, « sans compter les béliers », précise Lionel Escoffier. Une affaire qui roule.
Mais depuis 2020, une nouvelle problématique vient perturber cette paisibilité : le loup. Longtemps cantonné aux Apennins, en Italie, il a fini par franchir la frontière au début des années 1990. En 1992, un premier couple est observé dans le Mercantour. Ce n’est que deux ans après qu’un troupeau de l’éleveur subit un premier assaut à Colmars-les-Alpes, dans le Haut Verdon, lors de la transhumance. Mais « en montagne, à part une grosse attaque survenue il y a une dizaine d’années qui nous a coûté une quarantaine de brebis à cause de mauvaises conditions météorologiques, on a toujours eu de la chance », assure l’éleveur.
Une meute identifiéeDepuis, le loup a avancé vers l’Ouest. « Une meute a été identifiée sur Roquemartine et Eyguières grâce à des pièges photo posés par le Parc naturel régional des Alpilles, mais il y a aussi des loups solitaires qui cherchent de nouveaux territoires », analyse-t-il. Finalement, c’est à Aureille que les dégâts sont les plus nombreux. Depuis le début de l’année 2025, le Mas de la Tapie a connu trois attaques. Une au printemps, qui a coûté la vie à 17 brebis, et « deux, deux jours de suite au mois de décembre ». À chaque fois, la procédure est la même : « On fait un signalement à l’Office français de la biodiversité, qui envoie un agent. Il vient sur place faire des prélèvements, des mesures des crocs, des photos, puis le dossier remonte à la Direction départementale des territoires et de la mer, qui confirme ou non si l’attaque est causée par un loup. »
Si la prédation lui est imputée, les animaux tués et blessés sont indemnisés par l’État « en fonction de leur âge et de leur race ». Malgré ça, les attaques peuvent avoir des effets pervers, selon Lionel Escoffier : « Si ça devenait régulier, il y a quelques éleveurs qui pourraient arrêter, ce qui pourrait entraîner une déprise de terres agricoles ici quand on sait la pression foncière qu’il peut y avoir sur certains terrains. »
Pour épauler les éleveurs qui font face à ce nouveau phénomène, le Parc naturel régional des Alpilles a relancé sa commission pastoralisme, jusque-là « en sommeil ». « Il y a eu une première réunion en décembre. » L’objectif : assurer une meilleure circulation de l’information concernant les attaques de loups.
D’autres précautions sont utiles, affirme Laurent Escoffier : « Si vous avez un berger et des patous qui font leur boulot et un parc de nuit, vous arrivez à limiter les dégâts. » S’agissant du décret autorisant les tirs de défense, l’Aureillois assure : « Même s’il est publié, ça ne va pas être simple. Pour tuer du loup il faut être très bon. C’est surtout une manière de dire aux éleveurs : “On vous entend, on vous écoute”. C’est une mesure diplomatique. »
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Le Mont-Ventoux fait face au changement climatique
Si nombre de suiveurs du Tour de France ont toujours en tête la victoire du Français Valentin Paret-Peintre au sommet du mont Ventoux en juillet dernier, le Géant de Provence est avant tout un écosystème à part et fragile. Menacé par le changement climatique, le Parc naturel régional (PNR) du mont Ventoux a commandé au Groupe régional d’experts sur le climat en Provence-Alpes-Côte d’Azur (GREC-SUD) un cahier territorial faisant état de la situation ainsi que des pistes à explorer pour sa préservation.
Une menace avéréeEn ouverture du document, Jacqueline Bouyac, présidente du PNR, assure que le site « aspire à devenir un site pilote dans la lutte contre le changement climatique » et que « cette ambition se concrétise par des actions dans divers domaines ».
Car quelques degrés en plus, et c’est tout l’écosystème qui est menacé. Avec un réchauffement estimé à 0,4 degré Celsius par an, le climat du Parc naturel régional « ressemblera probablement à celui de Séville », peut-on lire. « La sapinière du mont Ventoux est, par exemple, particulièrement exposée et menacée. Elle disparaîtra quasiment si le réchauffement global n’est pas contenu à +2 °C », précise le GREC-SUD par la suite. L’agriculture locale serait également mise à rude épreuve. L’augmentation des températures signifierait des « besoins en irrigation renforcés, une perte de rendement, une modification des profils aromatiques ou encore une plus forte pression des ravageurs ».
Les cultures « emblématiques », telles que la cerise ou la vigne, seraient alors en danger. Le GREC-SUD estime qu’une perte économique de 30 à 50% est « possible » dans ces filières.
Des actions concrètesL’organisme liste ensuite des pistes et une stratégie pour s’y adapter, notamment à travers le Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC), le schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires, ou encore la charte du PNR. Plus concrètement, sont évoqués pour le maintien de la biodiversité le respect des aires protégées ou des solutions « fondées sur la nature », telles que l’agroécologie, le pastoralisme ou la conservation des milieux ouverts.
Pour la forêt, « identifier les peuplements les plus vulnérables par des modélisations prospectives permet de renforcer leur surveillance et d’anticiper les modifications », tout en évoquant la possibilité de l’« exclusion de certaines espèces déjà fragilisées ». Et côté pratiques agricoles, la « diversification des systèmes agricoles est une étape clé pour maintenir et développer l’agriculture locale et faire face à l’évolution des aléas climatiques », assure le GREC-SUD, tout en alertant sur la nécessité d’optimiser le rendement des réseaux d’eau. Mais aussi des actions autour du tourisme ou encore l’urbanisme.
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Défis ludiques pour la biodiversité
Dix foyers vont pouvoir bénéficier d’un accompagnement personnalisé de sensibilisation à la biodiversité d’environ six mois. Le but du défi ? « Accompagner des familles volontaires à réduire leur “empreinte biodiversité” dans leur vie quotidienne par des petits gestes concrets », tout cela dans une approche « accessible et bienveillante » peut-on lire sur le site national du dispositif.
Pour le territoire du Mont-Ventoux, deux thématiques ont été retenues : l’éclairage nocturne et la biodiversité du jardin et/ou du balcon. Il s’agira de réfléchir à comment réduire la pollution lumineuse (éclairages extérieurs, murs des maisons, chemins qui mènent du portail, décoration de Noël, etc.) et à comment « accueillir le vivant chez soi, même sur quelques mètres carrés », avec des aménagements, plantes locales, refuges à faune, etc.
Le choix de l’éclairage nocturne permet au dispositif de s’inscrire dans une préoccupation locale et un projet en cours : le développement d’une « trame noire » pour réduire la pollution lumineuse dans le parc du Mont-Ventoux, labellisé parc naturel régional depuis 2020.
Diagnostic à domicile
Le dispositif est mené en partenariat avec un acteur local et engagé : l’Université Populaire Ventoux. Cette association a pour fonction principale d’accompagner les personnes précaires vers un emploi stable. C’est elle, à travers le Naturoptère, qui assurera les missions de diagnostic, de suivis, d’accompagnement et d’animation.
Noémie Lassauge, en charge du projet, explique plus en détail en quoi consiste la participation pour les volontaires : « Il va y avoir un diagnostic individuel. Donc la personne du Naturoptère va passer chez chaque famille pour voir un petit peu où ils en sont : est-ce qu’ils ont déjà mis des choses en place ou pas ? Qu’est-ce qu’on peut améliorer ou apporter ? Et puis, il y aura aussi cinq ateliers collectifs pour qu’il y ait un peu de liens qui se tissent entre les familles, que les idées puissent s’échanger, et les connaissances aussi. »
Au cœur du projet, la volonté de s’adapter au maximum aux familles et de rendre le dispositif le plus ludique possible : « Bien sûr, on a déjà des idées de défis à proposer aux participants. Mais l’idée, c’est surtout qu’ils construisent leurs propres défis en fonction de leurs envies », explique Noémie Lassauge. Une volonté d’adaptation qui s’inscrit dans l’essence même du projet : un défi qui s’adresse à tout le monde. D’ailleurs « famille » doit être compris au sens large, retraités, célibataires, colocations… toutes sortes de foyers peuvent candidater. Le seul critère pour participer ? Être curieux, motivé, et ouvert à expérimentation !
Si le dispositif se concentre sur les comportements individuels, il repose sur une vision plus globale de l’écologie qui considère que le « changement des modes de vie des citoyens est nécessaire en plus des actions de l’État, des ONG, des entreprises et des collectivités locales », explique le site. Il bénéficie d’un financement de l’Office français de la biodiversité et du ministère de la Transition écologique.
Candidatures ouvertes jusqu’au 1er septembre auprès de noemie.lassauge@
parcduventoux.fr -

Le débat sur la ligne haute tension prend de la hauteur
Le collectif Stop THT 13/30 n’a pas dit son dernier mot. Un mois et demi après la fin du débat public global de zone sur l’avenir industriel du territoire, l’alliance de 32 associations du monde agricole, écologique et citoyen d’Arles et de Camargue remet le sujet sur la table lors d’une conférence donnée dans le cadre du festival Agir pour le vivant.
La protection de la biodiversité est la préoccupation première de ces militants. Telle que présentée par RTE dans son fuseau de moindre impact, la ligne aérienne de 400 000 volts devant alimenter la zone industrialo-portuaire traverserait quatre zones Natura 2000 dont trois zones humides d’importance internationale, la réserve de biosphère de Camargue, la réserve naturelle nationale des Coussouls de Crau et une partie du Parc naturel régional de Camargue.
« En Camargue et en Crau, la ligne aérienne serait présente sur plus de 50km, écrit le collectif dans une lettre ouverte. Elle aurait un impact majeur sur l’avifaune en raison de son emplacement stratégique dans une zone clé pour la migration des oiseaux ainsi qu’un site majeur de reproduction et d’hivernage, accueillant 400 espèces d’oiseaux soit 75% des espèces nationales. »
Une solution alternativeDébut décembre, 74 organisations représentant 36 pays, ont lancé une alerte rouge pour prévenir les autorités nationales et européennes des risques environnementaux et socio-économiques de l’infrastructure. « À la dernière réunion de la conférence des parties de la convention de Ramsar, auquel participait la Tour du Valat, le secrétariat a demandé des explications à l’État français, affirme l’avocat Sébastien Mabile. Nous avons également saisi le comité permanent de la convention de Berne qui assure la protection du patrimoine naturel des habitats et des espèces sur tout le continent européen, et nous allons saisir la Commission européenne pour lui demander de faire pression sur l’État français. » Trois plaintes pour destruction d’espèces ont également été déposées, et une action en justice est envisagée.
Jean-Luc Moya, porte-parole du collectif Stop THT 13/30, rappelle néanmoins : « On n’est pas que dans l’opposition, on a constitué une solution alternative en allant chercher des compétences en urbanisme, en naturalisme, en ingénierie. » Celle-ci consisterait en l’enfouissement de la ligne « sur des terrains 100% publics » mais coûterait bien plus cher que l’option aérienne de RTE, c’est-à-dire 1,2 milliard contre 300 millions d’euros, sans compter le délai de 2028, imposé par l’implantation des nouvelles industries, qui ne pourrait pas être respecté. Jean-Laurent Lucchesi, un autre membre de l’alliance, affirme : « On est pour la réindustrialisation, mais pas au risque de mettre en péril les autres enjeux agricoles, environnementaux et patrimoniaux. » À l’État de trouver un compromis.
