Tag: PACA

  • [Entretien] Sylvain Bego-Ghina : « La macronie tue la formation pro »

    [Entretien] Sylvain Bego-Ghina : « La macronie tue la formation pro »

    La Marseillaise : Quel état des lieux faites-vous de la formation professionnelle ?

    Sylvain Bego-Ghina : Ça va être vite vu : ils sont en train de tuer la formation professionnelle. Sur les 13 milliards d’euros récoltés par an aux entreprises, 11 sont orientés vers l’apprentissage, il ne reste donc plus d’argent pour les opérateurs de compétences [Opco, Ndlr.]. Tous les budgets baissent, les voyants sont dans le rouge. Le Compte personnel de formation (CPF) est aujourd’hui limité. À France Travail, les choix de formations se résument à celles dont les métiers sont en tension, comme l’hôtellerie-restauration ou l’aide au service… Les missions locales subissent des baisses de moyens. C’est plus que les vaches maigres ! Dans 10 ans, il n’y aura plus de centre de formation tel qu’on l’a connu, l’Afpa ne sera peut-être plus là. L’apprentissage est normalement adressé aux mineurs, ou aux moins de 20 ans… Ce n’est pas ce qu’on entend traditionnellement par « formation professionnelle ».

    Qu’est-ce que ça implique
    de favoriser l’apprentissage
    au détriment de la formation professionnelle
     ?

    S.B.-G. : Plusieurs choses. Quand on est en apprentissage, on est une semaine dans une boîte de formation et trois semaines chez un patron. C’est de la main-d’œuvre bon marché pour le patronat. À l’Afpa, les stages étaient de 3-4 semaines, on n’est pas sur la même échelle de temps. On est d’ailleurs en train de devenir des centres d’apprentissage. La direction veut prendre « le train de l’apprentissage » et table sur des fermetures de CFA… On va faire la voiture balais des CFA, ça en dit long sur les politiques menées. D’autant que notre direction veut tout rentabiliser et entend fermer tout ce qui n’est pas rentable. On craint prochainement des fermetures de formations, de centres, a minima des regroupements de structures ou encore des licenciements. C’est toute l’histoire du macronisme : ils ne veulent plus de services publics de pleine compétence, faire plus avec moins… De toute façon, on est tellement dans le rouge, que la seule chose qui reste pour baisser les coûts c’est baisser la masse salariale. Et moins il y a de masse salariale, moins il y a de formations… Vous voyez le schéma.

    Quelles conséquences concrètes de ces baisses de moyens ?

    S.B.-G. : Avant, à l’Afpa, les usagers étaient hébergés, nourris, il y avait la médecine du travail, de l’orientation, une vraie égalité devant la formation… Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Également, les fermetures de centres ont une conséquence très concrète : l’impossibilité de faire une formation près de chez soi. Il y a des endroits où il faudra faire 150 km pour devenir maçon…

  • [Cadmium] Les agriculteurs défendent des normes plus strictes

    [Cadmium] Les agriculteurs défendent des normes plus strictes

    Près de la moitié (47,6%) de la population française est contaminée par le cadmium, métal lourd toxique pour la santé. C’est l’une des accablantes conclusions d’un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses), publié le 25 mars dernier. En cause, notamment, le taux de cadmium autorisé dans les engrais français, établi à 90mg/kg, contre 60mg/kg dans l’Union européenne. Face à ce constat, Romain Blanchard, président de la FDSEA 13, plaide pour que les normes européennes et françaises s’alignent. « Je ne trouve pas normal qu’on soit les seuls à avoir un seuil supérieur. Ce que je demande depuis longtemps, c’est qu’on nous impose les mêmes règles lorsqu’on est dans le même marché », insiste le viticulteur et céréalier, installé au nord d’Aix-en-Provence. Il ajoute : « Je ne suis pas médecin ni biologiste. Si les gens dont c’est le métier disent qu’il y a de la toxicité en bout de chaîne, il faut faire en sorte qu’il n’y ait plus de toxicité. Mon job c’est de nourrir les gens, pas de les envoyer à l’hôpital. »

    Yannick Becker, porte-parole de la Confédération paysanne pour la région Paca, tient lui une position plus radicale. « C’est une preuve de plus de la non-soutenabilité de l’agriculture française, un symptôme de plus à prendre en compte, s’indigne-il. Il faut sortir du modèle économique dans lequel nous sommes et qui pousse les agriculteurs à utiliser ce genre d’engrais. Nous devons réfléchir à produire en quantité nécessaire pour nourrir les Français, pas pour contrer la concurrence européenne et internationale. »

  • À Istres, la concertation autour du projet d’incinérateur étendue

    À Istres, la concertation autour du projet d’incinérateur étendue

    « Ce projet doit nous interroger sur nos modes de vie et la production des déchets. » Une conclusion presque philosophique apportée par ce militant d’Alternatiba à la réunion publique sur le projet d’incinérateur de Suez de mercredi soir, bondée.

    En question, un projet de brûlage à 1 200 degrés de déchets type encombrants des déchetteries sur le site de l’actuel centre de tri de Suez au Tubé Nord, pour traiter 270 000 tonnes de déchets de toute la région Paca et les revaloriser sous forme d’électricité, de méthane et de digestat à utilisation agricole. La tension a éclaté. Pollutions, trafic routier supplémentaire, acceptabilité du projet par les habitants du territoire. Huées et applaudissements ont ponctué la séance. « Ce territoire a été traumatisé par les déchets, ce projet est peut-être très bien mais il se fera ailleurs », a résumé le maire (LR) Robin Prétot.

    Un dossier très technique

    Mais le dialogue a été maintenu, sinon amplifié à l’initiative de Suez face aux très nombreuses questions et objections soulevées. « Je suis ouvert à faire plusieurs groupes de travail sur nos installations, y compris d’aller plus loin sur les normes », a promis le directeur du développement de Suez Olivier Dufaux. « Nous proposons en toute transparence des réunions thématiques avec la Ville », abonde Caroline Verdier pour Suez.

    Le commissaire enquêteur Philippe Magnus, qui a prolongé l’enquête publique jusqu’au 2 juin, reconnaît « la technicité du dossier » qu’il « n’estime pas être parfait ». Sur la possibilité d’une autre réunion publique, le commissaire n’y voit « aucune opposition ». « Cet exercice démocratique démontre que l’opinion publique a besoin de temps, cela permettra à la Ville de poser toutes les questions qui n’ont pas pu être posées ce soir », conclut le maire Robin Prétot.

  • Des chouettes menacées

    Des chouettes menacées

    Des populations en constante diminution… Parce que « la Chevêche d’Athéna et l’Effraie des clochers jouent un rôle écologique essentiel, notamment dans la régulation naturelle des populations de micromammifères », la LPO Paca lance une campagne de financement participatif ce mardi 21 avril pour protéger ces deux espèces. Leurs effectifs « diminuent fortement en Provence-Alpes-Côte d’Azur », les suivis menés par la LPO Paca montrant « une baisse d’environ 25% des effectifs de Chevêche d’Athéna entre 2010 et 2024 ». L’Effraie des clochers est « quant à elle classée « En danger » sur la liste rouge régionale des oiseaux nicheurs. »

    L’argent récolté doit permettre de financer la pose de nichoirs, de restaurer des haies et de mener le suivi scientifique des deux rapaces nocturnes.

    Une pression anthropique

    Petite chouette de 22 cm de haut pour une envergure comprise entre 54 et 58 cm, avec ses yeux dorés marqués d’un sourcil blanc oblique, la Chevêche d’Athéna est menacée par la fragmentation de son habitat note la LPO avec la transformation des prairies en cultures ou en terrains à bâtir, la suppression des haies et des arbres isolés, l’abattage des arbres creux et l’utilisation de pesticides agricoles qui réduisent la densité de proies.

    Plus grande, l’Effraie des clochers ou Dame blanche, 35 cm de haut pour 1 mètre d’envergure, est elle plus particulièrement impactée par la circulation routière, « bon nombre de cadavres sont retrouvés sur le bord des routes » indique la LPO. Seuls 15 individus avaient été recensés en Paca dans la dernière enquête de l’association.

  • L’Apec mise sur un rebond de l’emploi des cadres en 2026

    L’Apec mise sur un rebond de l’emploi des cadres en 2026

    L’Association pour l’emploi des cadres (Apec) est optimiste. D’après son étude annuelle, en 2026, les recrutements devraient progresser de 4% en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Corse, soit autant qu’au niveau national, ce qui correspondrait à 18 800 embauches.

    De quoi faire souffler le secteur, qui connaît une contraction depuis deux ans après avoir atteint des niveaux records en 2023 avec 330 000 recrutements dont 21 550 dans la région et l’île de beauté, qui concentrent 7% des cadres du privé en France dont plus de la moitié dans les Bouches-du-Rhône. L’année suivante, l’emploi de ces professions chute de 3% en France et de 10,6% en Paca. Entre 2024 et 2025, il s’effrite encore de 6% sur le territoire du Sud-Est, avec un décrochage en informatique, en industrie et en fonctions commerciales. L’Apec prévoit donc une amélioration pour l’année à venir, mais « la reprise reste à ce stade fragile et dépendante de l’évolution du contexte géopolitique et économique », prévient Laetitia Niaudeau, directrice générale de l’Apec. Le délégué régional de l’association Anthony Fumard explique : « La courbe de l’investissement des entreprises et la courbe de croissance de l’emploi des cadres sont parallèles. (…) C’est ce qui nous met en confiance. Il y aurait plus d’investissements pour l’année à venir, +15% contre -6% en 2025, notamment dans l’industrie et dans la construction qui, selon les chiffres de la Banque de France, redémarre très très fort selon les secteurs. »

    Les atouts du territoire

    Si la conjoncture reste incertaine, le territoire peut compter sur un atout. « On a la chance de ne pas avoir un moteur unique, à l’inverse de l’Est avec l’automobile ou du Sud-Ouest avec l’aéronautique, ce qui nous permet de construire des relais de croissance plus facilement », développe Anthony Fumard.

    D’autant que les perspectives de réindustrialisation et de décarbonation ouvrent des potentiels « énormes », alors que la recherche et le développement représentent déjà 22% des emplois cadres de la région, contre 17% au niveau national.

    « Sur l’étang de Berre de nombreux projets sont annoncés, ce qui revêt un impact énorme en termes de croissance, affirme le délégué régional de l’Apec. Si tout se réalise comme prévu, la question va être de trouver les ingénieurs dont on aura besoin et d’accompagner les entreprises. » Anne-Marie Chopinet, vice-présidente du comité paritaire régional, ajoute : « Il y a une vraie problématique effectivement de pénurie de ressources, c’est aussi ce qui freine le développement de certaines entreprises. » « D’autant qu’on voit apparaître un nouveau challenger dans la région autour du Var et de l’industrie de défense », reprend Anthony Fumard.

  • Un mort dans la collision entre un TER et un poids lourd à Saint-Raphaël

    Un mort dans la collision entre un TER et un poids lourd à Saint-Raphaël

    Mercredi matin, à 7h45, un TER a percuté un poids lourd sur un passage à niveau situé chemin de Pierre Dave, à proximité de la gare du Dramont, à Saint‑Raphaël. Le camion transportait plusieurs mobil-homes en direction d’un camping des environs. Son conducteur, un homme de 59 ans, est décédé dans la collision.

    Les 263 passagers du train ont été pris en charge. Parmi eux, 96 ont nécessité une assistance, dont 21 blessés légers transportés vers des hôpitaux. Les 40 sapeurs-pompiers dépêchés sur place ont rapidement maîtrisé l’incendie qui s’était déclaré sur la remorque du poids lourd.

    La circulation des trains est interrompue entre Saint-Raphaël et Cannes, ainsi qu’entre Toulon et Nice. Elle doit reprendre progressivement jeudi, mais avait déjà été rétablie entre Marseille et Saint-Raphaël-Valescure. En fin d’après-midi ce mercredi, des expertises étaient en cours pour réparer la caténaire, la voie et le passage à niveau. Les mobil-‑homes ont été évacués, tandis que les opérations de relevage du train se poursuivaient en début de soirée.

    Un passage à niveau qui pose question

    Le vice-président de la Région Sud en charge des transports, Jean-Pierre Serrus, s’est rendu sur les lieux de l’accident en fin de matinée. Il a adressé ses « pensées aux proches de la victime de l’accident et aux passagers, choqués et pour certains blessés ». Il a indiqué qu’une enquête avait été ouverte pour déterminer les circonstances du drame.

    Selon le président de la Région, Renaud Muselier, « les premières constatations laisseraient apparaître que le camion s’est immobilisé sur la voie ferrée. À la fermeture des barrières qui annonçaient l’arrivée du train, le conducteur est resté dans le camion pour tenter d’extraire son véhicule, qui a alors été percuté. »

    Ce passage à niveau posait-il des problèmes ? Selon un diagnostic de sécurité routière produit par le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement), établi le 11 juillet 2024, il ne permettait pas « un bon franchissement pour tous les types de véhicule », ni « un mode de gestion permettant d’éviter que des véhicules se retrouvent bloqués ». Le document signalait également des problèmes de visibilité et de signalisation, dus notamment à la présence de végétation et de panneaux publicitaires.

    Les syndicats cheminots ont présenté leurs « condoléances » aux proches du chauffeur. Sud Rail Paca « apporte son soutien au collègue conducteur du TER Transdev » et salue « les collègues et les secours mobilisés sur l’événement », à l’instar de la CGT Cheminots Paca. « Cet événement tragique doit servir à sensibiliser les usagers sur la dangerosité des passages à niveau », ajoute Steven Croquefer, de la CGT Cheminots des Arcs-sur-Argens.

  • L’Unicef met en lumière les droits des enfants

    L’Unicef met en lumière les droits des enfants

    « On fait comprendre aux enfants qu’ils ont des droits et une véritable valeur », explique Stéphane, bénévole à l’antenne de Gap de l’Unicef. Formé par l’organisation, il intervient dans les écoles pour informer les élèves sur leurs droits. « Il y a toujours à faire, même en France, bien que la situation soit moins grave que dans d’autres pays », ajoute-t-il. Brigitte Pinel Pedro, bénévole dans les Hautes-Alpes, précise : « Les enfants sont les premières victimes des guerres. Ils ne peuvent pas se débrouiller seuls dans ce monde, c’est pour ça que la Convention des droits de l’enfant est aussi importante. » Mais alors, quels sont ces droits ? Il en existe quatre principaux, explique Bruno Enjolras : « La non-discrimination, chaque enfant, peu importe d’où il vient, a les mêmes droits. Le droit pour les enfants de donner leur avis. Aussi, l’intérêt supérieur de l’enfant, car toutes les décisions prises par les adultes doivent s’y inscrire. Enfin leur prise en compte dans les politiques publiques. » Le secrétaire général revient sur la situation en France : « Le suicide est la première cause de mortalité chez les adolescents. Un enfant meurt sous les coups d’un proche tous les cinq jours. » Après la diffusion d’un court-métrage sur la santé mentale, il insiste : « Les enfants doivent avoir conscience de leurs droits, cela peut les pousser à parler, se confier et éviter le pire. »

    Former aux droits des enfants

    Maeva, jeune ambassadrice de l’Unicef, revient sur l’organisation des Gap Good Game, un événement autour du jeu et du numérique : « Nous avons présenté une exposition en réalité virtuelle pour sensibiliser aux droits à l’éducation et à l’importance de l’eau. » Le président détaille sa volonté, cette année, de développer les partenariats « écoles amies » qui ont pour objectif de former les acteurs éducatifs aux droits des enfants, et ainsi les diffuser plus largement dans les départements de la région Paca. Bruno Enjolras rappelle que les élections municipales représentent un enjeu important : « Si les valeurs de l’Unicef ne sont pas intégrées par les mairies, le travail peut devenir difficile. » La journée s’est terminée par une table ronde animée notamment par la pédopsychiatre Pascale Louarn et la sophrologue Marie-Lyne Rozanes autour de la santé mentale des enfants et des adolescents. « Une thématique devenue centrale depuis la crise du Covid-19, qui a accentué le mal-être des jeunes », rappelle Morgane, également bénévole.

  • La Bourse du Travail, haut lieu de lutte et de paix

    La Bourse du Travail, haut lieu de lutte et de paix

    Nous ne laisserons jamais déposséder l’UL CGT d’Arles de la Bourse du travail qu’elle occupe depuis 126 ans », assène Nathalie Bazire, secrétaire confédérale de la CGT lors de la conférence de presse, vendredi midi, à la Bourse du travail d’Arles. Les six unions départementales de la région, le comité régional et plusieurs syndicats CGT en lien avec le sujet de la défense ont participé à une journée d’étude sur la paix et le désarmement à la Bourse.

    Un lieu hautement symbolique. « Il faut bien comprendre la détermination de l’ensemble de la CGT à défendre cet outil de lutte qu’on occupe depuis 126 ans », explique Nicolas Bourcy, secrétaire de l’Union locale CGT d’Arles, au regard des menaces répétées du maire Patrick de Carolis (Horizons) d’expulser le syndicat pour y implanter de l’Office de tourisme.

    En réponse, la CGT a adressé début février un courrier au préfet de région, Jacques Witowski, pour y dénoncer « la volonté de Patrick de Carolis de réduire notre activité syndicale et d’invisibiliser la CGT » lorsqu’il propose « deux bureaux de 11m² chacun » en remplacement de la Bourse du travail. « Nous envoyons un message à Patrick de Carolis : il prendrait une lourde responsabilité à s’en prendre à l’une des dernières organisations en capacité de réunir autant de monde pour préserver la paix et la démocratie », complète Nathalie Bazire, « ce serait un signe énorme politiquement à l’encontre de l’organisation qui a la paix entre les peuples pour étendard ».

    Meeting régional

    pour la paix

    C’est en ce sens qu’à l’avant-veille du second tour des élections municipales, Nicolas Bourcy indique que « l’union locale CGT d’Arles, en toute indépendance politique mais non neutre, appelle à voter pour l’Union pour Arles, seule liste à défendre l’UL CGT dans son programme » pour conserver cet outil.

    Un outil qui a permis l’échange. Patrice Kantarjian, secrétaire régional de la CGT Paca, parle d’une « cinquantaine de conflits dans le monde », citant le ministre allemand appelant sa population à se préparer à la guerre, Emmanuel Macron « disant que les dividendes de la paix, c’était terminé » en 2025, ou le général Mandon pour qui la France devait « accepter de perdre ses enfants ».

    « La guerre est une perspective sérieuse, une opportunité économique pour le grand capital, dans une crise qu’il a du mal à dépasser autrement que par la guerre et le fascisme », analyse le syndicaliste, dans une « Région qui se positionne clairement pour ». Surtout au regard de Toulon défense event le 23 avril. « C’est la première fois qu’un général est recruté par France Travail pour aller chercher des jeunes pour les industries de l’armement et l’armée », remarque Nathalie Bazire, annonçant « une initiative régionale, sans doute sous la forme d’un meeting, pour que la voix des travailleurs s’exprime face à l’idéologie dominante de la guerre « inévitable et bénéfique» » qui se tiendrait à Toulon, le 23 avril.

    Dans les Bouches-du-Rhône, un premier rendez-vous pour la paix a lieu le 28 mars à 10h sous l’ombrière du Vieux-Port à Marseille à l’initiative de l’UD CGT 13 répondant à un appel confédéral.

  • Les communes face au défi de la voiture

    Les communes face au défi de la voiture

    Au rayon des sujets épidermiques, le stationnement figure en tête de gondole. Tarif prohibitif en surface ou en parking souterrain, galère pour trouver la seule place disponible du quartier quand les communes en réduisent sans cesse le nombre dans les rues… Ce sujet du quotidien soulève en creux des problématiques bien plus vastes quand il s’agit, de fait, de questionner la place de la voiture en ville. Le stationnement devient ainsi un levier de poids dans les politiques d’aménagement de la ville.

    D’abord parce que l’automobile reste « un objet de clivages et de polarisation », note une en quête menée par Roole et l’Institut Bona Fidé auprès de 1 500 Français et plus de 500 maires, rendue publique le 12 février. Pas moins de 70% des sondés et 63% des maires considérant que la voiture sera un enjeu « important » des élections municipales.

    Si plus de 70% des personnes interrogées et des maires considèrent que les politiques de réduction de la voiture en ville « constituent des leviers efficaces pour réduire la pollution de l’air, les nuisances sonores et favoriser la promotion des mobilités douces », que 55% approuvent cette politique dans les grandes métropoles, c’est tout l’inverse dans les villes moyennes et petites. Et ce qui peut être considéré comme positif pour les autres ne l’est pas forcément pour soi. Testée à l’échelle de la vie quotidienne, la volonté de réduire la place de l’auto en ville est considérée comme négative par 57% des personnes interrogées. Ces dernières pointant notamment l’absence de mode de transports et de déplacement alternatifs. Un sondé sur deux estimant que, là où il habite, il n’y a pas assez de transports en commun et de pistes cyclables, que ce soit à la campagne (87%), dans les villes moyennes (75%) ou les grandes villes (53%).

    Penser global

    « Pour que les gens lâchent leur voiture, il n’y a pas d’autre solution qu’une offre importante, de qualité, confortable… », rappelait dans nos colonnes Florence Sautejeau, déléguée générale de l’UTPF (Union des transports publics ferroviaires), les transports s’avérant être un sujet phare pour 94% des personnes interrogées par l’UTPF en Paca.

    Opposés « largement à toutes les mesures de restriction du stationnement », les sondés réclament aussi des mesures d’accompagnement pour se passer de leur voiture. Des mesures « incitatives » plutôt que « punitives ». On se souvient, par exemple, de la tentative de mise en place des ZFE (Zone à faibles émissions) dans les grandes villes de la région. Une mesure jugée discriminatoire par certains, qui pointent la relégation des classes populaires en périphérie, ces dernières n’ayant d’autre choix que la voiture pour se déplacer. Effective à Marseille pour les véhicules munis de vignettes Crit’Air 3 et davantage, mais uniquement en cas de pic de pollution sous peine d’amende, minimaliste dans le Grand Avignon car elle ne concerne que les poids lourds, reportée à Toulon… Le gouvernement a repoussé le vote définitif sur cette mesure sine die, faute de majorité assurée à l’Assemblée nationale.

    Reléguer la voiture aux abords des villes reviendrait aussi à tuer le petit commerce pour bon nombre des sondés. Une préoccupation qu’ils placent, pour 60% d’entre eux, devant celle de la pollution de l’air. Les maires suivent leurs administrés : 68% estiment que ne plus permettre l’accès au cœur de ville en voiture est dangereux pour l’attractivité commerciale… Une idée reçue. Le Cerema, établissement public pour la transition écologique et la cohésion des territoires, qui a analysé les déplacements des ménages, a établi que 74% des clients des commerces de centre-ville dans les grandes agglomérations s’y rendent à pied, à vélo ou en transports en commun. Mieux, la création de parkings relais judicieusement placés pouvant même faciliter la vie des habitants, estime le Cerema, qui cite l’exemple du P+R Krypton à Aix-en-Provence, avec 900 places et une mini-gare routière de 12 quais.

    « Pour les élus, il s’agit donc d’être en mesure de faire bouger les lignes pour créer davantage d’espaces publics de proximité dans leurs centres, et de déplacer du stationnement plutôt que d’en créer », notent, dans un article du Cerema, Nicolas Pelé, responsable d’études foncier et territoire, et Sylvain Michelon, chef du groupe aménagement urbain. Aménagement du territoire, mobilité, cadre de vie, lutte contre la pollution… Réfléchir à la place du stationnement, c’est finalement « changer de système de pensée », résume le Cerema.

    En chiffres

    1,5

    euro de l’heure à Marseille,

    1 euro dans le centre d’Avignon, 3,8 euros de l’heure à La Ciotat après deux heures gratuites… Les tarifs varient du simple au double dans les grandes villes de Paca.

    8, 3

    millions d’euros. C’est ce qu’ont rapporté, en 2024, les forfaits de post-stationnement (FPS), en clair les PV, à la Ville de Marseille. Depuis 2018, ce sont les communes qui décident du montant du FPS.

    15

    fois plus cher… Selon les professionnels du secteur, le prix d’une place de parking en surface était de 2 000 euros en 2025, hors acquisition du terrain, contre 30 000 euros en parking souterrain.

  • Un collectif d’industriels décerne des prix aux élèves

    Un collectif d’industriels décerne des prix aux élèves

    Le collectif d’industriels de l’Univers extraordinaire réitère son engagement auprès des 146 000 jeunes participants : faire découvrir les métiers de l’industrie. Ce mardi 10 février de 11h30 à l’École des Arts et métiers d’Aix-en-Provence, les classes de la région Paca ayant reçu le plus de points lors de ce concours se verront remettre le prix du Grand défi ForIndustrie, l’Univers extraordinaire.

    Ce challenge 100% digital s’est déroulé pendant les Semaines de l’industrie, fin 2025. Durant trois semaines, les collégiens, lycéens, étudiants ont parcouru la plateforme ForIndustrie. Tel un jeu vidéo, chaque interaction rapporte des points : réalisation de quêtes, réponses à des quiz et recherche d’items bonus.

    Relancer l’attractivité

    Cet outil pédagogique immerge l’utilisateur dans le quotidien des acteurs de l’industrie, à travers les 700 vidéos de professionnels « pour faire découvrir leur métier », indique l’attachée de presse, Sonia Bukowski. Elle détaille : « Admettons un professionnel qui présente : Nous, on est l’industrie du métal, on travaille avec les chaudronniers. Être chaudronnier, voilà ce que c’est…” ». Ce projet encourage les jeunes à envisager un parcours professionnel dans ce secteur qui « pâtit encore de l’image d’Épinal des Temps modernes ».

    220 partenaires industriels, aux côtés de l’éducation nationale et de France travail, sont à l’initiative du projet, à travers six régions. « Avec tous les départs à la retraite, l’attractivité du métier est un grand sujet. Le secteur n’arrive pas à recruter. » ForIndustrie concerne aussi les demandeurs d’emploi qui peuvent, depuis cette année, accéder à une interface simplifiée pour faciliter leur recherche d’emploi : 150 000 postes seront créés d’ici 2035.