Tag: Organisation

  • « Les cheminots continuent le combat en région Sud-Paca »

    « Les cheminots continuent le combat en région Sud-Paca »

    La Marseillaise : Vous sortez d’une conférence pour le secteur CGT cheminots Paca avec un changement de secrétaire général. Quelles étaient les grandes lignes des discussions entre syndiqués ?

    François Tejedor : Cette conférence se tenait dans un contexte particulier. Il y a une montée des guerres partout dans le monde mais aussi de montée l’extrême droite, là encore à un niveau international. Côté entreprise, il y a l’ouverture à la concurrence, des réorganisations et des situations dramatiques avec un nombre important de suicides depuis le début de l’année. On a une trajectoire qui est au-delà de celle de France Télécom, un service public qui a subi un éclatement. Et c’est ce qu’on vit depuis 2018 mais on constate une accélération dans ce processus d’éclatement. Cette accélération a comme conséquence ces situations dramatiques pour la famille cheminote.

    Cédric Gimenez : En effet, la question de la montée des idées d’extrême droite a fait l’objet d’un certain nombre de débats dans notre conférence. Ce n’est pas par hasard que nous l’avons tenue dans le Var puisqu’elle est particulièrement présente dans ce territoire. Quelque part, cela fait le lien avec les décisions politiques qui touchent notre entreprise avec son éclatement. Dans la région, on est en avance par rapport à d’autres. Il y avait donc un réel besoin d’analyser le niveau d’attaques, les conséquences et la riposte que cela implique. Comme nous sommes la première région a réellement faire face à l’ouverture à la concurrence, la question de notre réaction se pose. On sort rassurés des débats de cette conférence.

    Rappelons aussi le 10 juin, qui a montré qu’on était toujours en capacité de mobiliser les cheminots. Plus que ça : quels que soient les cheminots et quelle que soit l’entreprise. Dans notre conférence, il y avait d’ailleurs naturellement les camarades de Transdev et ceux de la filiale SNCF Voyageurs Sud Azur (SVSA). Cela montre qu’on est capable de s’unir autour d’un même objectif : l’unification de l’entreprise. Et pour y arriver, il faudra franchir des marches tous ensemble, en s’organisant.

    La lutte contre l’extrême droite est un sujet au cœur de l’histoire des cheminots. Quel lien faites-vous entre sa montée et les politiques libérales que vous pointez ?

    F.T. : Nous avons un Conseil régional, pour notre région Sud, qui est dirigé par la droite et l’extrême droite en réalité. À chaque assemblée où il y avait des votes sur des questions d’ouverture à la concurrence et d’éclatement de l’entreprise, c’est la majorité de droite qui portait ces orientations mais avec un accompagnement et des votes favorables de l’extrême droite pour celles-ci. L’extrême droite a soutenu toutes les propositions qui ont conduit à cette ouverture à la concurrence.

    Plus globalement, le Medef reçoit le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, il banalise ses idées. Et ce n’est pas une coïncidence que Jordan Bardella annonce que l’âge de départ à la retraite n’est pas un totem pour lui dans le même laps de temps. On voit bien qu’il sourit au patronat pour accéder au pouvoir, en attaquant les droits des travailleurs.

    C.G. : La lutte contre l’extrême droite fait partie de notre ADN, elle est inscrite dans nos statuts, c’est non-négociable. Tout ce qui sera possible de faire pour la contrer, on le fera. Ce qu’on doit faire aussi, c’est porter nos revendications qui sont reprises par certaines organisations politiques et progressistes. On doit mettre en avant les idées reprises par des partis proches de nous. On doit donc mener un double combat : combattre ces idées de front tout en portant un projet de société. Il s’agit pour nous de parler du développement du service public ferroviaire. Prenons l’exemple des Jeux olympiques 2030 dans les Alpes françaises, beaucoup de choses ont été dites mais les premiers concernés, les cheminots, doivent se faire entendre.

    Ce projet de société que vous évoquez va-t-il évoluer entre le précédent mandat et le prochain ?

    C.G. : C’est un mandat qui sera dans la continuité de ce qui a été fait jusqu’à aujourd’hui. Il n’y a pas de volonté de rupture, c’est plutôt clair. Il y a aussi une volonté de peser dans le débat public. On s’aperçoit que beaucoup de gens parlent du ferroviaire, mais sans vraiment le connaître. On ne dit pas que les cheminots ont la science infuse, mais nous sommes les premiers concernés. Encore plus car la CGT est la première organisation syndicale. Il y a aussi plusieurs enjeux pour ce mandat. Par exemple, la jeunesse où il y a une attention particulière. On a d’ailleurs un collectif jeunes cheminots Paca établi de longue date. Une des annonces phares de notre conférence était d’ailleurs une « initiative jeune » à la rentrée. Autre élément, il y a les élections professionnelles qui arrivent à la fin de l’année. Et qui dit élections professionnelles, dit positionnement de la CGT vis-à-vis d’autres organisations syndicales parfois complaisantes avec le capital ou la direction. Et je dis cela sans dénigrer ces organisations, puisque quand on est unitaire sur un sujet, on a de bons résultats. Mais sur beaucoup de sujets, la CGT est bien seule. C’est un réel enjeu.

    Vous sortez d’une grosse journée de mobilisation, le 10 juin. Elle est le résultat
    d’une colère face à toutes les problématiques que vous évoquez
     ? Quelle suite ?

    F.T. : Cela fait un moment qu’on sent de la colère. Je pense aux contrôleurs en 2022. L’entreprise a lancé une série de chantiers sur les métiers mais sans aboutir. Dernièrement, dans SNCF Voyageurs, la direction voulait remettre en cause 5 jours de RTT, ce qui est une remise en cause déguisée des 35 heures. Les Négociations annuelles obligatoires [NAO] du début d’année n’ont rien arrangé puisque l’entreprise a peu donné alors qu’on a perdu 12% du pouvoir d’achat en 10 ans ! Cette accumulation a créé une colère qui avait du mal à s’exprimer jusqu’au 10 juin. Finalement, le niveau de mobilisation est historique car de même hauteur que lors de la lutte contre la réforme des retraites. Selon les métiers et les lieux, on avait des 80 % à 90 % de grévistes. Il s’est passé quelque chose lors de ce 10 juin. C’est une alerte qui doit être entendue par la direction. Si ce n’est pas le cas, la colère sera encore plus forte.

    C.G. : Il ne faut pas résumer le 10 juin à la date en elle-même. Il y a eu toute une phase de construction en amont, on a arraché l’unité syndicale malgré des intérêts divergents sur fond d’élections professionnelles. Il y aura certainement des suites, puisque le niveau de mobilisation était aussi fort que lors de la lutte contre la réforme des retraites en 2023. Sans présager de l’avenir, on sent que la direction va devoir agir car elle a reçu une alerte très forte. D’autant qu’une table ronde est prévue, le 23 juin. On ne s’interdit rien à l’issue de celle-ci.

  • Réorganisation provisoire des services de psychiatrie du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne

    Réorganisation provisoire des services de psychiatrie du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne

    Une béquille pour assurer la continuité des soins pendant l’été. Le CHITS annonce une réorganisation provisoire de son pôle psychiatrique, à compter de ce lundi. Une réponse attendue face à l’avenir incertain du service, pour lequel syndicats et soignants sont mobilisés depuis plusieurs mois, notamment eu égard au départ de trois de ses quatre médecins.

    En conséquence, la capacité de l’Unité de psychiatrie sans consentement (UPSI) de La Seyne passe de dix à sept lits d’hospitalisation, au profit de celle de l’Unité intersectorielle d’hospitalisation en soins sans consentement (UIHSSC) de Toulon, renforcée de 15 à 18 lits.

    Un « beau projet » qui nécessite du recrutement

    Ce réajustement permet aux autres unités de poursuivre leurs activités normalement, et « s’accompagne d’un redéploiement des ressources soignantes (six infirmiers de La Seyne à Sainte Musse) et de renforts médicaux (recrutement de quatre praticiens en formation : deux à Toulon et deux à La Seyne-sur-Mer + recours à l’intérim) afin de garantir des conditions de prise en charge adaptées aux besoins », précise le CHITS. Des mobilités que voulait éviter l’intersyndicale CGT-Sud-CFDT, qui a toutefois obtenu qu’elles reposent sur le volontariat. Mais, à ce jour, « le nombre de volontaires reste insuffisant », alerte-t-elle.

    Pour faciliter le recrutement, notamment via l’accueil d’internes, une fédération médicale regroupant une unité de l’hôpital Sainte Musse et les deux unités seynoises a été créée, sous la responsabilité d’un professeur associé de territoire. « Le médecin de l’Unité G1 de Toulon s’est proposé de fusionner les unités G4 et G5 de La Seyne pour développer l’ambulatoire et limiter les hospitalisations en privilégiant le fait d’aller vers le patient », détaillent Bérangère Mas (Sud) et Valérie Lardet (CGT), représentantes de l’intersyndicale CGT-SUD-CFDT, pour qui ce dispositif incarne « la psychiatrie de demain ».

    S’il a permis « d’éviter le pire, à savoir la fermeture de six services psychiatries essentiels pour la population seynoise », reconnaissent les syndicats, ce plan global n’en reste pas moins une solution d’urgence, et « sera réévalué dès que les recrutements permettront un retour à une organisation pérenne », appuie le CHITS. Il conviendra donc de « rester vigilants. On espère un recrutement rapide, on ne lâchera pas la pression. Le professeur propose un beau projet mais sans psychiatres, on ne fera rien », annoncent Bérangère Mas et Valérie Lardet. En plus de cela, l’intersyndicale réclame « le maintien d’une psychiatrie de proximité à La Seyne, le respect du volontariat dans les mouvements de personnel et une transparence totale sur l’avenir des structures psychiatriques du territoire. »

  • [Entretien] Justine Van Minden : « Carpentras a souffert de l’antisémitisme »

    [Entretien] Justine Van Minden : « Carpentras a souffert de l’antisémitisme »

    La Marseillaise : Quel est le but de votre association ?

    Justine Van Minden : C’est une structure fondée en 1992 dont l’objectif culturel est de faire rayonner la culture judéo-provençale. Car il est important pour nous de mettre en avant l’ancienneté de la présence juive sur le territoire. Pour rappel, on a trouvé des traces qui remontent à l’an 0. Et cette présence a été continue, contrairement aux autres endroits en France, même si ça a parfois, voire souvent, été compliqué. Mais il en reste beaucoup de traces, que ce soit dans la langue, dans la cuisine ou simplement dans le patrimoine, avec les nombreuses synagogues, dont celle de Carpentras qui est la plus ancienne en activité de France, et c’est un bijou patrimonial !

    Que souhaitez vous porter en tant que nouvelle présidente ?

    J.V.M. : On veut rayonner dans toute la région et ouvrir l’association à tous, pas seulement aux descendants de juifs du Comtat Venaissin ! Je descends du grand rabbin d’Avignon et il était progressiste. Il considérait par exemple davantage les femmes que d’autres et permettait aux filles de faire leur bar-mitsva, ce qui n’est pas commun. On veut donc se déployer dans toute la région et renouveler les membres, pour rajeunir un petit peu notre organisation, et donc créer plus d’événements. On va également davantage communiquer et refaire le site, qui est vieillissant. On est aussi présents à Aix-en-Provence et à Marseille avec des membres qui sont très motivés. Ou encore à Paris, où on a aussi des attaches.

    Est ce complexe dans le contexte actuel ?

    J.V.M. : On veut montrer que le judaïsme est quelque chose de constructif et ne pas le voir seulement sous le prisme de l’antisémitisme ou de la guerre au Moyen-Orient. Carpentras est une ville qui a souffert de l’antisémitisme et on n’oublie pas l’Histoire, évidemment. C’est aussi symbolique d’être élue ici et d’avoir tenu notre assemblée générale dans la synagogue.

  • Jean-Christophe Amarantinis nouveau président de l’UPE 13

    Jean-Christophe Amarantinis nouveau président de l’UPE 13

    L’UPE 13, déclinaison locale du Medef, s’est dotée d’un nouveau président après la longue mandature de Philippe Korcia. C’est Jean-Christophe Amarantinis qui a repris les rênes de l’organisation patronale, ce lundi. Et il a vite pris le pouls du dialogue social dans le département puisque, quelques jours après son élection, son organisation recevait, ce jeudi, l’UD CGT qui venait « demander des comptes ».

    De quoi se pencher sur le profil du nouveau patron des patrons du département. Jean-Christophe Amarantinis est loin d’être un inconnu dans les sphères entrepreneuriales puisqu’il est adhérent de l’UPE 13 depuis 35 ans et était vice-président en charge des territoires depuis 2025. C’est aussi une figure du Synerpa, le syndicat national des établissements, résidences et services d’aide à domicile privés pour personnes âgées. Il est donc président depuis trois mandats de la première organisation professionnelle représentant les entreprises liées à l’économie du grand âge, les Ehpad notamment. Et c’est en lien avec l’entreprise qu’il dirige, JCM Santé, qui rassemble maisons de retraite et services d’aide et de soins à domicile.

  • À Montpellier, les acteurs de la scène queer se retirent de la Pride

    À Montpellier, les acteurs de la scène queer se retirent de la Pride

    « Nous alertons sur des dysfonctionnements structurels qui empêchent la Pride de Montpellier d’être véritablement représentative de la communauté queer locale », annonce d’emblée le communiqué unitaire signé par Nuit Brune, Dragnigni, Folle de Rage, La Madrediosa, La Ruche, Support your local Girl Gang, VX Production et Queer Marche.

    Dans ce texte, intitulé « La Pride au peuple », ces acteurs de la scène queer, drag et militante montpelliéraine souhaitent mettre au clair les raisons de leur retrait collectif de la marche des fiertés qui aura lieu les 19 et 20 juin.

    Entre intimidations

    et pression financière

    Ces problèmes ne datent apparemment pas d’hier et leur gravité n’a eu de cesse de se révéler, notamment lors de la Queer Night 2026, le 1er avril dernier. Cet événement organisé par l’association Fierté Montpellier Pride et leur directeur artistique, au cœur des problèmes énoncés, a mis en évidence un fonctionnement déjà bien connu des acteurs en question : « Un système dans lequel une personne non élue par les adhérents peut se retrouver avec un poids déterminant sur des décisions artistiques, financières, relationnelles ou médiatiques qui concernent toute la communauté. »

    « Dans notre communiqué nous avons parlé de pressions, de risques de blacklist, de menaces autour de bookings, de pressions juridiques liées à l’usage du mot “Pride” et de situations où l’argent ou la visibilité deviennent levier de pouvoir », précisent conjointement les structures signataires. Un fonctionnement qui n’est pas inconnu au sein de l’association : « Fierté Montpellier Pride a commandité l’an dernier un audit interne qui révèle, noir sur blanc  : “une gouvernance manquant de clarté”, “une communication et une gestion relationnelle dysfonctionnelles”, “des tensions psychosociales », et une présidence “trop incarnée”. » Si cette prise de parole sonne comme un ras-le-bol des acteurs de la communauté queer, ces derniers rappellent que c’est avant tout une volonté que la Pride « soit construite avec la communauté qui lui donne son sens. »

  • Première escale « Mondial » pour Gérard Schneider

    Première escale « Mondial » pour Gérard Schneider

    Élu président de la Fédération internationale de pétanque et de jeu provençal en octobre 2025, le Luxembourgeois Gérard Schneider était de passage à Marseille où se trouve le siège de la Fédération. L’occasion d’une visite de courtoisie dans les locaux du journal La Marseillaise et d’une rencontre avec la nouvelle équipe du Mondial.

    « Il connaît bien la pétanque. En tant que joueur puis dirigeant, il a participé à une trentaine de championnats du monde », note Maryan Barthelemy. Le directeur des événements du journal et nouveau patron du Mondial, a côtoyé le nouvel homme fort de la pétanque mondiale à l’occasion de plusieurs championnats du monde. « C’est bien que ce ne soit pas un Français, ça montre tout le développement de notre sport à l’international. Puis sa manière de fonctionner va permettre une ouverture sur les continents émergents. »

    « La grande masse fait

    le succès de la pétanque »

    À la FIPJP, Gérard Schneider succède au Français Claude Azéma, après avoir présidé la Fédération luxembourgeoise et la Confédération européenne. « J’ai appris pas mal de choses durant ces années, surtout de Claude Azéma. C’est le grand monsieur du sport boule », insiste cet homme d’expérience et de conviction. Passionné, il incarne la continuité autant que le renouveau. Avec un objectif : « Mener la pétanque, un sport très populaire, j’insiste, au niveau olympique. On a raté Paris mais on doit essayer à nouveau. »

    Pour y parvenir, la nouvelle équipe veut travailler sur l’attractivité du jeu et sa visibilité pour les spectateurs. Sans perdre de vue la base : « C’est le point le plus important. Les joueurs loisirs, c’est la grande masse qui fait le succès de la pétanque. Chacun doit pouvoir jouer à son niveau. Il faut juste trouver le bon mix pour rendre notre sport plus attractif au niveau de la compétition de haut niveau. »

    Un lien tout trouvé avec le Mondial La Marseillaise symbole de ce trait d’union entre amateurs et champions. « Il souhaite nous accompagner dans le futur, c’est une très bonne chose », apprécie Maryan Barthelemy qui fera découvrir le Mondial La Marseillaise en juillet à Gérard Schneider. « J’en ai entendu parler évidemment. Je connais des Luxembourgeois qui sont déjà venus jouer mais je n’ai jamais eu ce plaisir. J’ai hâte de voir ce spectacle en direct. »

    Une manière de s’inscrire dans les pas de Claude Azema fidèle au rendez-vous, tout en affichant sa différence. Alors que son prédécesseur ne prononçait jamais le mot « Mondial » pour ne pas faire d’ombre au championnat du monde, lui n’y voit « aucun souci ». « Il y a 25 nations présentes, on peut parler d’un mondial », sourit le Luxembourgeois qui fera le déplacement avec le vice-président Stéphane Pintus et le trésorier Michael Doerhoefer.

    L’occasion aussi de remettre la Boule d’Or du Mondial à la fédération de Mauritanie. « C’est une des fédérations d’Afrique qui a fait le plus de progrès, pas qu’au niveau du jeu mais au niveau de son organisation. Ils ont refait leurs statuts avec un nouveau comité directeur et ils ont organisé de manière assez exemplaire, le Championnat d’Afrique en 2025. On veut les encourager : la Mauritanie est un exemple à suivre pour les pays africains. »

    Un continent qui s’éveille à la pétanque, symbolisé par la victoire de Madagascar en 2025, première nation étrangère à inscrire son nom au palmarès de La Marseillaise.

  • Vaucluse : une double présidence pour l’association des maires

    Vaucluse : une double présidence pour l’association des maires

    Aucun suspense ce jeudi 7 mai à l’occasion de l’élection des nouveaux représentants de l’Association des maires de Vaucluse (AMV84), avec pour seule double candidature les maires de L’Isle-sur-la-Sorgue et de La Tour-d’Aigues, Pierre Gonzalvez (DVD) et Jean-François Lovisolo (DVG). 99 des 105 maires ou leurs représentants présents ont ainsi voté pour le binôme en coprésidence pour les sept prochaines années.

    Un duo qui s’était déjà formé en 2014. Mais qui avait dû se scinder lors de l’élection du Tourain comme député de la cinquième circonscription de Vaucluse en 2022 sous l’étiquette Ensemble, avant qu’il ne se représente pas en 2024. Et devant un parterre de personnalités politiques de tous horizons comme, par exemple, le nouveau maire d’Orange Jean-Dominique Artaud (RN), dont la commune était absente de l’association car boudée par les Bompard, Bédoin Alain Constant (SE) ou Philippe Armengol, maire (DVG) de Velleron, Pierre Gonzalvez met en avant une organisation « où les représentations politiques sont tues ». « Notre volonté est d’être au service des communes. On est là pour vous accompagner, on est une chaîne de solidarité. Pour les nouveaux élus, n’hésitez pas ! Il n’y a pas de questions cons », abonde son coprésident. Il y aura au total 33 représentants d’autres communes au conseil d’administration. Y figure notamment Avignon, qui était représentée ce jeudi par Anaïs Hausmann, adjointe à l’innovation et à la marque territoriale, qui est aussi la compagne du premier magistrat de la Cité des Papes. Mais aussi les communes dirigées par l’extrême droite, Monteux et Aubignan.

    Sénatoriales en vue

    Et une cause commune ressort de ces premiers mots devant les autres élus : celle de pousser ensemble vers moins de charges administratives. « On dit qu’il y a un environnement qui est de plus en plus compliqué. Des fois, ce n’est pas vrai, mais là, ça l’est. Beaucoup plus en 2026 qu’en 2008 », glisse l’ex-député en chargeant « une réglementation qui devient délirante ». Citant la loi Zéro artificialisation nette (ZAN) « qui ne marche pas », les communes carencées en logements sociaux ou les questions de sécurité.

    Et à Jean-François Lovisolo d’expliquer que le rôle de l’association « sera aussi d’alerter les parlementaires, particulièrement les sénateurs, qui ont une sensibilité de faire évoluer une réglementation ». « On vient collecter ces réalités de terrain pour les transmettre et pour essayer d’aider les maires dans leurs réalités », insiste Pierre Gonzalvez. À quelques mois des élections sénatoriales, alors que la pression monte sur d’éventuelles réélections des uns et des autres avec la droitisation du paysage politique vauclusien, « je pense que le timing est bon », glisse Jean-François Lovisolo. « On posera des problématiques et aux parlementaires de prendre leurs responsabilités. Donc à nous de dire aussi quand ils les prennent et quand ils ne les prennent pas. Parce que l’on peut voter à Paris, raconter notre histoire sur le territoire, dire voilà ce qui a été dit et fait », lance-t-il. Les sénateurs locaux, absents ce jeudi, ont du pain sur la planche.

  • Le patron de la CFE-CGC d’Orange dénonce les décisions de sa direction

    Le patron de la CFE-CGC d’Orange dénonce les décisions de sa direction

    Des erreurs de gestion manifestes, au détriment des salariés… En visite à Marseille ce mardi 28 avril, Sébastien Crozier, président du syndicat CFE-CGC d’Orange, est revenu notamment sur la situation de l’entreprise à Saint-Mauront (3e), site que la direction a finalement décidé de fermer en partie, suite aux alertes successives du syndicat sur la sécurité. Rappelant les « rixes [malgré] les démentis de la préfète de police déléguée, puis les tirs sur les fenêtres du bâtiment », il estime qu’il s’agit néanmoins d’un « site pérenne techniquement » puisqu’il permet l’arrivée de câbles sous -marin.

    « On ne peut pas faire une valorisation immobilière comme à Nédelec », analyse le responsable syndical, précisant que depuis le départ, son organisation estimait que Saint-Mauront n’était pas un bon choix pour rapatrier quelque 800 salariés.

    Des décisions de loin

    Convenant qu’Orange a perdu son ancrage dans le quartier, supprimant notamment les « journées de convivialité et portes ouvertes (…) au nom de la réduction des coûts », il estime toujours possible d’y créer de l’emploi local en rapatriant des centres d’appels délocalisés « en Tunisie ou à Maurice ». Il déplore un « immense gâchis et l’absence de vision », en raison de décisions prises depuis Lyon ou Paris alors que Marseille est en train « d’exploser en compétences ».

    Le rachat de SFR par Orange, Free et Bouyges l’inquiète aussi grandement. « Pas moins de 8 000 emplois vont sauter » évalue-t-il.

  • La ministre de l’Agriculture entre annonces et attentes à Avignon

    La ministre de l’Agriculture entre annonces et attentes à Avignon

    Face à plusieurs centaines d’éleveurs venus de toute la France pour assister au congrès des Groupements de défense sanitaire de France (GDS) – une organisation délégataire de l’État chargée de la prévention et de l’accompagnement des exploitants face aux maladies – la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, était présente ce vendredi 24 avril à Avignon. Elle a notamment annoncé une revalorisation de 850 euros de l’indemnisation liée à l’abattage dans le cadre de la lutte contre la tuberculose bovine, portant cette compensation de 2 500 à 3 250 euros par bête.

    « C’est pas mal », glisse spontanément un éleveur dans l’assemblée. « Ces annonces étaient attendues, donc elles vont dans le bon sens », confirme Christophe Moulin, président de GDS France. De son côté, Annie Genevard insiste sur cette réponse « favorable à cette demande des éleveurs », et ce « malgré le contexte budgétaire ». Une mesure qui est également rétroactive.

    Nouvelle ère

    Pour autant, cette aide ne règle pas tout. Christophe Moulin souligne ainsi la nécessité de construire un nouveau modèle de lutte contre la prolifération et le développement des maladies. Ces dernières années ont été particulièrement marquées par des crises sanitaires successives dans les élevages, avec notamment la fièvre hémorragique en 2023, la fièvre catarrhale ovine en 2024, ou encore la grippe aviaire.

    « Nous entrons dans une nouvelle ère sanitaire. Nous avons aujourd’hui des outils qui ont répondu parfaitement à l’ancienne ère avec des maladies ayant d’autres modes de transmission Développons de nouveaux moyens pour pouvoir efficacement résister. Si nous gardons un ancien modèle pour gérer d’autres maladies, on n’y arrivera pas », note le président de GDS.

    Un effort de pédagogie est aussi nécessaire, alors que des vétérinaires ont été pris à partie lors de différentes crises. « Il y a eu de la désinformation, notamment lors des élections des chambres », glisse un éleveur, visant notamment la Coordination Rurale. « Il faut que les scientifiques s’expriment. Je suis aux côtés des vétérinaires, car ce qui est arrivé est insupportable », ajoute la ministre.

    Le territoire vauclusien est, lui, plutôt épargné par les différentes pathologies. Le sénateur de Vaucluse Lucien Stanzione (PS) a évoqué la question du loup, l’élu faisant partie d’une mission sénatoriale sur le sujet. « La ministre a annoncé la loi d’urgence agricole qui aura une partie consacrée à la lutte contre le loup, ce qui touche notre territoire. Il faudra que nous soyons vigilants pour savoir si les mesures annoncées seront vraiment efficaces », pointe-t-il

  • Un groupe et des sensibilités pour le Printemps marseillais

    Un groupe et des sensibilités pour le Printemps marseillais

    Les 73 conseillères et conseillers municipaux ont voté, à l’unanimité, la création d’un groupe unique de la majorité municipale », indique ce vendredi le Printemps marseillais, dans un communiqué. à cette occasion, c’est Arnaud Drouot, adjoint (PS) au maire de Marseille délégué au Bataillon de marins-pompiers de Marseille et à la sécurité civile, qui a été désigné pour en prendre la présidence.

    Faire vivre le groupe

    « Faire vivre l’unité et la diversité de notre rassemblement, promouvoir l’action du maire de Marseille Benoît Payan et des élus de la majorité municipale, sera la feuille de route du groupe », explique ce dernier, qui fut un temps directeur de cabinet de Benoît Payan sur la dernière mandature.

    Afin de « faire vivre ce groupe », un bureau représentant l’ensemble des sensibilités du Printemps marseillais a été créé. Un dispositif déjà mis en place en 2020, mais qui prend plus de consistance avec une majorité renforcée d’une vingtaine d’élus. Il est composé de sept membres : la maire adjointe (DVG) Samia Ghali, Thomas Roller (PS) pour les socialistes et apparentés, Amine Kessaci (EELV) pour les écologistes, Audrey Garino (PCF) pour les communistes, Éric Mery pour Mad Mars, et Pierre Huguet (G.s) qui retrouve à ses côtés des élus Debout ! et L’Après.

    « Si on regarde d’autres villes, avoir un groupe est rare. Cela montre que le Printemps marseillais est bien plus qu’une alliance électorale. C’est un message important d’unité, note ce dernier. Pour le reste, on est plus sur des périmètres politiques nationaux et cela permet de s’organiser pour garantir plus de fluidité dans nos échanges. »

    « Ce sera plus simple de faire des réunions chaque semaine en bureau plutôt que des réunions de groupes à 73 », résume l’entourage du maire. « Charge à nous de bien faire le lien avec tous les élus », glisse Éric Mery (Mad Mars), le nouvel adjoint aux Sports de la ville, qui a pris la tête des conseillers de « sensibilité » citoyenne. Un « groupe » de dix, tous membres du mouvement Mad Mars, où figurent notamment quatre autres adjoints, Pierre-Marie Ganozzi, Julien Harounyan, Juliette Masson et Sophie Guérard, ainsi que la maire des 6-8, Olivia Fortin.

    Si cette représentativité ne devrait pas se traduire par un positionnement particulier sur les bancs de l’hémicycle Bargemon, les conseillers municipaux de la majorité, jusqu’ici assis par ordre alphabétique, pourraient se retrouver répartis par affinité de délégation, glisse un autre élu.

    Ces « groupes » de sensibilité ont commencé à prendre forme. Pascaline Lecorché (Place publique) a sans surprise rejoint les socialistes et apparentés. « On a fait la campagne européenne ensemble, un chemin collectif s’est déjà construit et c’est en cohérence avec nos positions nationales », explique cette dernière.

    Le « groupe » communiste présidé par l’adjointe au logement Audrey Garino, réunit le maire PCF des 15-16, Jean-Marc Coppola, Anthony Goncalves, le chef de file du PCF sur la campagne qui en prend la vice-présidence, ainsi que Nathalie Tessier, Hassan Guenfici, Ibrahim M’Ze, Mohamed Itrisso, Laure Rovera et quatre conseillers apparentés : Rebecca Bernardi (PM), Marie Batoux (PM), la maire (GRS) des 1-7, Sophie Camard et Patrick Amico.