Tag: opposition

  • Aigues-Mortes : l’obsession touristique fait la loi

    Aigues-Mortes : l’obsession touristique fait la loi

    La campagne des municipales 2026 est bel et bien lancée à Aigues-Mortes. Trois candidatures, trois stratégies… mais une même réalité politique : le débat se joue exclusivement entre le centre et la droite, laissant orphelins celles et ceux qui espéraient un véritable changement de cap et une ville plus sociale qui prendrait en compte les besoins de toute sa population. Premier à se lancer, Stéphane Pignan, avocat et conseiller municipal depuis 2014, revendique son appartenance à Horizons, tout comme le maire sortant Pierre Mauméjean. Ce dernier, après avoir acté qu’il ne briguerait pas de troisième mandat, a d’ailleurs choisi de rejoindre son ancien opposant. Un ralliement présenté comme naturel par les intéressés, qui parlent d’« atomes réciproques » et d’une opposition « constructive ». Sur le terrain, cette alliance interroge : elle donne surtout le sentiment d’une continuité politique assumée, plus que d’un véritable renouvellement.

    Face à ce duo, Noémie Albecq-Mégias avance avec une ligne encore plus marquée à droite. Proche des idées de Bruno Retailleau, elle sollicite le soutien de LR et revendique un projet axé sur les traditions, l’ordre et l’attractivité. Elle a déjà rallié plusieurs élus de la majorité municipale, dénonçant une alliance Pignan-Mauméjean « guidée par les calculs politiques ». Là encore, la bataille se joue à l’intérieur du même camp idéologique. Cédric Bonato, ancien maire (2008-2014) et conseiller municipal d’opposition depuis, tente de se démarquer avec une candidature « sans étiquette » et un discours centré sur l’urbanisme, le cadre de vie et le surtourisme. Il plaide pour que la cité gardoise « reprenne son avenir en main », en promettant un « urbanisme humain, lisible et concerté ». Des thématiques légitimes, mais déconnectées d’un projet social plus large.

    Pas d’alternative sociale

    Car c’est bien là le grand absent de cette campagne naissante : une alternative clairement progressiste, capable de porter la voix des habitants à l’année, des salariés, des jeunes, des familles exclues du marché immobilier, face à une ville de plus en plus soumise aux logiques touristiques et foncières. À ce stade, les électeurs aigues-mortais n’ont pas à choisir entre des projets de société, mais entre différentes variantes d’une même orientation politique.

  • À Béziers, Robert Ménard tente de faire illusion avec un budget serré

    À Béziers, Robert Ménard tente de faire illusion avec un budget serré

    Robert Ménard présidera-t-il à nouveau le conseil municipal de Béziers ? À deux mois des élections, le maire d’extrême droite a dirigé pour la dernière fois de la mandature le conseil le 19 janvier, avant de remettre son fauteuil d’édile en jeu en mars.

    L’occasion de faire voter un dernier budget qui inquiète les oppositions. D’un montant global de 202,894 millions d’euros, celui-ci est en baisse de 21,106 millions par rapport au précédent. Le budget de fonctionnement est en hausse de près de 1,5 million d’euros (142,038 millions au total) tandis que celui des investissements connaît une baisse drastique de 22,544 millions d’euros (60,86 millions).

    « C’est le plus faible budget d’investissement depuis le début de la mandature, puisqu’il était de 67,87 millions au budget primitif (BP) de 2021, de 81,195 millions au BP 2022, de 69,7 millions au BP 2023, de 74,9 millions au BP 2024 et enfin de 83,4 millions au BP 2025 », avance Nicolas Cossange, élu PCF d’opposition. Des investissements qui laissent l’impression que l’édile a juste embelli le centre-ville et les Allées Paul-Riquet, restaurées. « Vous avez dit qu’en embellissant la ville, on réglerait les problèmes de fond comme la pauvreté, l’insécurité, le chômage, qu’on attirerait des investisseurs, etc. Mais c’est un pari perdu. Certes, le centre-ville est plus joli mais sur les autres sujets, c’est un échec. Et on va constater qu’il n’y a aucune proposition pour vraiment traiter en profondeur les difficultés de la vie quotidienne à Béziers », observe Thierry Antoine, élu d’opposition des Écologistes et tête de liste du Printemps de Béziers, liste d’union de la gauche.

    Un maire magicien ?

    Pas d’inquiétude pour Robert Ménard. Il préfère mettre en avant les « 279 millions d’euros investis depuis 2020 [année de sa réélection, Ndlr] » ainsi que le ratio de solvabilité, indicateur donnant le nombre d’années pour désendetter la commune. « Quand je suis arrivé à la tête de la mairie [en 2014, Ndlr], ce ratio était de 9,2 ans. Aujourd’hui, on finit à 4,7 ans », avance l’édile. Sauf qu’à y regarder de plus près, celui-ci était de 4,6 ans en 2022, 4,7 en 2023, 5 en 2024 et 5,3 en 2025… Sur ce dernier ratio, la Ville indique que « ce n’est qu’une précision, des recettes restant encore à comptabiliser ». Mais force est de constater que ces « recettes » ont été comptabilisées par le maire sans être présentées.

    Les élections approchant, Ménard se transformerait-il en magicien, donnant des coups de baguette magique pour verdir les chiffres ? « Il a fait un budget très serré pour limiter la casse apparente. Mais s’il veut investir à nouveau à l’avenir, il va bien devoir aggraver la dette. Et comme l’épargne brute n’a pas vraiment de marge de manœuvre, le ratio fera un mauvais bond en avant sur le prochain budget ou le suivant », s’inquiète Nicolas Cossange.

  • Alexis Corbière : « On ne doit pas faire le cadeau de la division »

    Alexis Corbière : « On ne doit pas faire le cadeau de la division »

    La Marseillaise : Laure Lavalette (RN) est désignée comme favorite par les sondages. Quelles sont les solutions pour inverser la tendance ?

    Alexis Corbière : Toulon recense beaucoup de gens issus des milieux populaires. Il faut leur dire que dans le débat budgétaire, le RN a tout fait pour empêcher des recettes nouvelles sollicitant les plus fortunés. Ils ont aussi proposé et voté la suppression de près de 5 milliards d’euros de dotations aux collectivités locales. La gauche, et ici la liste conduite par Magali Brunel, propose des solutions pour vivre mieux, à travers la solidarité, les services publics… L’extrême droite, contrairement à son discours, vise à affaiblir les dépenses publiques, contre l’intérêt des habitants. Ces élections se placent dans le contexte de la grande menace de l’extrême droite pour 2027, et d’une grande menace à l’international. Ce serait un paradoxe de laisser la victoire aux amis de M. Trump. Je suis un unioniste, et on ne doit pas faire le cadeau à nos pires adversaires de la division.

    À ce titre, que pensez-vous du fait que LFI fasse cavalier seul ?

    A.C. : L’union est un combat, et la responsabilité de la division n’est pas seulement portée par LFI, certains au PS refusent aussi toute union. Mais à mes amis insoumis, je dis « comprenez la nouvelle période dans laquelle nous sommes » qui implique une nouvelle stratégie. En 2024, on a mis en place le NFP. Il ne faut pas le saborder et montrer que nous sommes la principale opposition à l’extrême droite et au macronisme. L’exemple récent des législatives partielles dans le Loiret, où la gauche divisée n’a pas pu aller au 2nd tour, montre la conséquence de la désunion, quand droite et extrême droite s’unissent.

    Dans ce contexte, quel rôle peut jouer votre jeune mouvement ?

    A.C. : Nous avons participé à la belle aventure insoumise quand elle était en dynamique et on essaye d’en garder le meilleur, en comprenant que le pays est menacé par l’extrême droite et qu’il faut l’union. C’est pourquoi je souhaite une candidature commune de la gauche et écolos en 2027, on y travaille avec le PS, les écologistes, l’Après, Génération.s et François Ruffin. Nous organiserons une primaire pour y arriver. C’est cette volonté qui nous caractérise, en portant aussi des politiques de rupture avec le macronisme, le partage des richesses, la transition écologique, la rupture avec la Ve République. N’ayons pas peur d’avoir d’un programme de rupture.

  • À Beaucaire, des listes citoyennes face au RN

    À Beaucaire, des listes citoyennes face au RN

    Depuis plus de dix ans, Beaucaire vit sous administration d’extrême droite. Julien Sanchez d’abord, puis Nelson Chaudon depuis 2024, ont ancré le RN au cœur de la mairie. Bilan des courses : des polémiques récurrentes, des projets structurants sans cesse reportés et des relations dégradées avec l’intercommunalité et de nombreux acteurs locaux. À l’approche de mars 2026, une question domine : existe-t-il une véritable alternative à gauche – ou simplement hors RN – capable de peser ? Deux dynamiques se dessinent. D’abord, la liste Unis pour Beaucaire (UPB), conduite par Luc Perrin, déjà présente en 2020, avec un ancrage progressiste affirmé. Ses priorités : remettre les services publics au centre, soutenir les associations, agir sur la santé et privilégier l’entretien du patrimoine. Une stratégie de terrain, faite de réunions publiques et de porte-à-porte pour capter la déception d’une partie de la population.

    En parallèle, la liste Beaucaire l’esprit libre (BEL) mêle anciens élus, commerçants, citoyens engagés, sans étiquette. Il prône un autre récit pour la ville : redonner un souffle économique, retisser du lien et sortir Beaucaire de son image de « ville-vitrine ». La liste se veut ouverte à la gauche comme à d’autres horizons, avec l’objectif assumé de battre le RN.

    Une union possible ?

    Reste la grande inconnue : l’union dès le premier tour voire au second ? En 2020, Julien Sanchez avait gagné dès le premier. Il est aujourd’hui directeur de campagne national du RN et couve particulièrement Beaucaire. Or, si les deux listes citoyennes se maintiennent, la division bénéficiera au RN. Aussi, aucun acteur ne ferme la porte à des convergences, d’autant que les membres d’UPB comme de BEL assistent régulièrement aux réunions des uns et des autres. Signe d’un dialogue encore ouvert.

  • La coordination rurale bloque un temps l’accès au port

    La coordination rurale bloque un temps l’accès au port

    Une trentaine d’agriculteurs et une quinzaine tracteurs ont bloqué le rond-point des Bannes mercredi matin, dès 5h30, à l’appel de la Coordination rurale des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse.

    La mobilisation nationale du syndicat proche de l’extrême droite marque son opposition à la gestion de la crise de la dermatose nodulaire bovine, au Mercosur, mais aussi contre la « suradministration » et les « retraites indignes ».

    Les forces de l’ordre sont intervenues en milieu de matinée pour éconduire les agriculteurs manifestants, à renfort de deux escadrons de gendarmerie mobile et de deux blindés Centaure. L’objectif était de « ne pas bloquer d’axe de circulation structurant » selon la Préfecture de police des Bouches-du-Rhône.

    « L’extrême droite n’a pas sa place au port »

    Le déversement de terre et de déchets des agriculteurs aux abords immédiats de la zone industrielle a vivement fait réagir le syndicat CGT des ouvriers dockers et des personnels portuaires du Golfe de Fos. « De telles intimidations ne servent pas la lutte des agriculteurs français », affirme le syndicat dans un communiqué de mercredi après-midi.

    L’un des tracteurs arborait l’inscription « Jordan 2027 », provoquant l’ire de la CGT : « L’extrême droite n’a pas sa place dans notre port de Marseille-Fos », tancent les syndicalistes, rappelant les racines « Waffen SS et collaborationnistes » du parti de Jordan Bardella.

    Pour autant, le syndicat est « solidaire du combat des agriculteurs contre le Mercosur qui entraîne une concurrence déloyale et le non-respect des normes sanitaires et environnementales ».

  • [Un brin d’histoire de Noël] Le père Noël, l’héritier d’un rite ancien

    [Un brin d’histoire de Noël] Le père Noël, l’héritier d’un rite ancien

    Le basculement d’une célébration d’essence chrétienne vers une fête séculière et commerciale s’opère avec la fabrication du père Noël, icône dérivée de Saint-Nicolas de Myre au IVe siècle encore fêté le 6 décembre dans l’est et le nord de la France.

    Toute l’iconographie du père Noël qui se développe dans les années 30 avec sa barbe blanche, son uniforme rouge, son traîneau tiré par des rennes, procède de la laïcisation du Saint-Nicolas importé en Amérique par les colons néerlandais de la Nouvelle-Amsterdam qui en font leur Santa Claus. On considère la campagne publicitaire de Coca-Cola en 1931 comme fixant le standard du père Noël actuel. L’essor continue du personnage est « d’abord lié à l’amélioration progressive du niveau de vie » selon l’anthropologue Claude Lévi-Strauss qui voit dans ce bonhomme « un héritier du roi des Saturnales de l’époque romaine ».

    Le plan Marshall de 1948 qui déverse ses aides, véhicule avec lui ce personnage généreux, jovial et dodu qui descend le soir de Noël par les cheminées pour déposer ses cadeaux. Un événement singulier survient le 23 décembre 1951 à Dijon rapporté par France Soir : « Le père Noël a été pendu hier après-midi aux grilles de la cathédrale de Dijon et brûlé publiquement sur le parvis. Cette exécution spectaculaire s’est déroulée en présence de plusieurs centaines d’enfants des patronages. Elle avait été décidée avec l’accord du clergé qui avait condamné le père Noël comme usurpateur et hérétique. » Claude Lévi-Strauss s’empare de cet autodafé des curés qui dénoncent la « paganisation » de la fête de la Nativité. Son essai « Le Père Noël supplicié » investigue ce personnage qui « relève plutôt de la famille des divinités (…) sauf que les adultes ne croient pas en lui ». Sa fonction se rattache aux rites de passage et d’initiation de l’enfance au monde des adultes et traduit « une opposition plus profonde entre morts et vivants ». En voulant mettre fin au père Noël, les ecclésiastiques dijonnais n’ont fait que « restaurer une figure rituelle ».

  • Un budget 2026 voté sur fond de fin de cycle politique

    Un budget 2026 voté sur fond de fin de cycle politique

    Ce samedi 13 décembre, les élus nîmois ont clôturé l’année politique par une séance de conseil municipal dense, avec 56 délibérations à l’ordre du jour. Moment fort de la matinée : l’adoption du budget primitif 2026, dernier de la mandature de Jean-Paul Fournier, dans un climat de plus en plus marqué par les échéances électorales à venir.

    Porté par l’adjoint aux finances Frédéric Escojido, ce budget affiche 402 M d’euros de dépenses consolidées, dont 125,8 M€ pour l’investissement. Il vise à poursuivre les projets structurants en matière d’urbanisme, d’éducation, de sécurité et de transition écologique, tout en maintenant un ratio de désendettement à cinq ans. « Ce budget est rigoureux, sincère, et assure la continuité de l’action municipale », a-t-il défendu. Mais à gauche, Vincent Bouget a dénoncé un « faux équilibre », pointant notamment « une baisse de plus de 2 M d’euros pour les associations ».

    Des débats électriques

    Les tensions se sont aussi cristallisées sur le financement des centres sociaux. François Courdil (adjoint) a accusé le Département de n’avoir soutenu qu’un seul centre cette année. Sur un autre front, l’élue d’opposition Sylvette Fayet a vivement critiqué l’augmentation de 50 centimes des places PMR pour les corridas, dénonçant une mesure « absurde et honteuse ». L’adjoint à la tauromachie Frédéric Pastor a répliqué que l’accompagnant bénéficie du même tarif réduit.

    Enfin, la Ville a réaffirmé son engagement pour l’égalité femmes-hommes, avec un index de 78/100 et des mesures de prévention accrues, notamment via le dispositif Angela ou la distribution de capuchons anti-GHB. À trois mois du scrutin, cette séance aura résumé en une matinée les enjeux d’un basculement politique en gestation.

  • Frédéric Grimaud tête de liste du Collectif martégal

    Frédéric Grimaud tête de liste du Collectif martégal

    « Il n’y a pas de faux suspense », lance Frédéric Grimaud (LFI) aux quelque 70 participants à l’agora du Collectif citoyen martégal de mardi soir, salle Dufy, quelques instants avant d’être désigné à la tête d’un « quatuor tête de liste » avec Barbara Brouchos (SE), professeure agrégée de SES au lycée Lurçat en deuxième place.

    « C’est une double tête de liste pour deux campagnes, l’une municipale et l’autre métropolitaine », avance l’enseignant « candidat pour être maire ». Barbara Brouchos indique « expérimenter » la politique et pense que « la Métropole est sous estimée par le maire actuel, qui la présente en opposition comme une excuse ». « Il faut se battre au sein de la Métropole pour améliorer le ramassage des déchets et l’adaptation au changement climatique qui se fera avec » et pas sans, selon la candidate.

    Quatuor de tête

    En plus du binôme de tête, le Collectif a désigné Jérôme Druilhe (EELV) et Ada Benouri (SE) comme troisième et quatrième de liste. Et revendique une indépendance vis-à-vis des partis. Frédéric Grimaud affirme que « les candidats défendent le collectif et pas un parti », « LFI et EELV prendront leur décision » pour un soutien ou non. « Nous sommes une alternative à gauche pour les déçus de l’équipe en place », assume le candidat, « car nous craignons la montée du RN depuis la défaite de Pierre Dharréville » aux législatives de 2024. Barbara Brouchos confirme : « Nous n’étions pas là aux législatives et on a perdu sans nous. »

    Ambivalence.

  • La vente des Trinitaires une nouvelle fois dénoncée par l’opposition

    La vente des Trinitaires une nouvelle fois dénoncée par l’opposition

    Ce sont deux délibérations en date du 2 avril 2025 que la liste citoyenne Lambesc en tête, menée par François Berga (SE) dépose auprès du tribunal administratif de Marseille. Voilà des années que les Trinitaires, bâtiment public patrimonial, font l’objet de polémiques. Deux fois par le passé le maire, Bernard Ramond, a tenté de vendre ce bout de patrimoine, à l’abandon depuis le départ d’une agence immobilière, il y a vingt ans. La commune ne peut, selon lui, assumer les coûts de son entretien. Première tentative, la délibération actant la vente est retirée en conseil municipal.

    La deuxième fois, la vente est annulée à la suite d’un recours gracieux déposé en 2021 par l’opposition, qui pointait, entre autres, un oubli de « déclassement » du public au privé du bâti. « Et en avril 2025, on est prévenus, cinq jours avant en recevant l’ordre du jour, on découvre une nouvelle délibération de vente à la société immobilière Prométhée », rapporte François Berga. Le projet prévoit la vente des deux étages et des annexes du bien.

    « On perd une carte forte »

    Le rez-de-chaussée devrait rester sous le giron de la commune. Rencontrés ce lundi, les élus de Lambesc en tête, retracent l’histoire des Trinitaires. Mobilisés, de nouveau, contre la vente du bien public, les élus ont d’abord déposé un recours gracieux, notifié fin mai, rejeté fin juillet 2025 par la commune. Un recours a donc été déposé par les élus de Lambesc en tête, auprès du tribunal administratif de Marseille. Si les services du Domaine « avaient estimé la valeur du bien à 542 000 euros, la délibération procédera à la cession pour la somme de 252 000 euros, soit une baisse de la valeur de 53% », indique le recours. Une réduction légale, motivée par la volonté de réaliser des logements sociaux type bail réel solidaire. Le maire a « fait un rabais de 290 000 euros. Il estime qu’en faisant du logement social, il aura une baisse de pénalité [imposées par la loi SRU, Ndlr] estimées au même prix. Les efforts de l’État, c’est le promoteur qui en bénéficie », ajoute François Berga. Pourtant, le recours indique que si les logements BRS sont bien des logements sociaux, ils ne sont « en aucun cas des logements locatifs sociaux, destinés au plus précaires ». À cette vente, s’ajoute la cession d’une parcelle de 732 m², proche de la caserne des pompiers, à moindre coût, 190 000 euros « afin d’y réaliser 631 m² de logements libres », indique le recours. Or le même document indique plus loin que dans l’« opération mixte comportant des logements locatifs sociaux (…) rien dans la délibération ni même dans l’offre d’achat reçue de la Sarl Prométhée ne permet de retenir qu’une opération mixte devra être réalisée sur la parcelle cédée ». « On perd une carte forte de faire 100% de logements sociaux, pointe Jean-Michel Carretero, issu du groupe (UDPL). Aussi, la réhabilitation est financièrement dans les cordes de la commune. Il y a une possibilité de la planifier au cours dun mandat, sans douleur. »

    « Il y a des recours sur tout ce que nous faisons actuellement. Ça fait 25 ans qu’on essaie de trouver une solution pour les Trinitaires, il ne se passe rien », rapporte de son côté Bernard Ramond, le maire. L’édile maintient l’argument d’un bâti en « vrai péril ». « Nous n’avons pas l’utilité de ce bâtiment. La commune garde le rez-de-chaussée, le niveau le plus noble », poursuit le maire. Quant à l’achat de la parcelle : « Aucun bailleur social ne s’intéresse aux vieux bâtiments. Il faut avoir quelque chose pour équilibrer l’opération générale. L’opposition, de gauche, veut du logement social et quand on en crée, ils font un recours. C’était l’occasion, sur les deux unités, il y avait près d’une vingtaine de logements sociaux. »

  • La fiscalité des plus riches au cœur des débats

    La fiscalité des plus riches au cœur des débats

    Du fait de l’opposition résolue du bloc central, de la droite et du RN, la taxe Zucman aura du mal à être votée, que ce soit dans sa forme initiale (un impôt minimum de 2% sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros) ou modifiée (3% à partir de 10 millions d’euros, mais en excluant les entreprises innovantes et familiales).

    Si Sébastien Lecornu s’est dit devant les députés LR opposé à « toucher à la vache » (le patrimoine professionnel), il ne s’est en revanche pas opposé à discuter du « partage du lait » (les revenus générés). D’autant que le PS menace l’exécutif de censure s’il n’évoluait pas sur le sujet. Un amendement pourrait donc être encore présenté par le gouvernement au moment des débats. Selon un cadre socialiste, un compromis est possible entre la taxe proposée par le PS, l’impôt sur la fortune financière réclamé par le RN et la taxe sur les holdings défendue par le bloc central.

    Impôt universel voté

    Mercredi, après l’adoption à l’Assemblée de taxes visant les grandes entreprises, le gouvernement et la droite se sont alarmés d’une « surenchère fiscale ». le ministre de l’Économie Roland Lescure a fustigé le vote mardi de la gauche et du RN d’un « impôt universel » sur les multinationales. Cette mesure, qui vise à taxer les bénéfices des multinationales proportionnellement à leur activité réalisée en France et lutter contre l’évasion et l’optimisation fiscale, pourrait rapporter 26 milliards d’euros au budget de l’État, selon ses défenseurs.

    Autre mesure votée largement, cette fois-ci avec le bloc central, le doublement de la taxe Gafam, qui cible les grandes entreprises de la tech, passant de 3 à 6% en dépit de l’opposition du gouvernement inquiet d’éventuelles représailles commerciales de l’administration Trump. Roland Lescure peut au moins se réjouir que « ses appels à la prudence » aient été entendus, les députés ayant initialement soutenu en commission un taux de 15% en miroir des droits de douane infligés par les Américains.