Tag: ONU

  • Résister à l’hiver trumpiste

    Résister à l’hiver trumpiste

    « L’hiver vient » (« winter is coming »). La grande fiction a la capacité de parler de l’histoire, y compris la plus immédiate comme celle que nous vivons au lendemain de l’enlèvement à coups de canon du président du Venezuela par les États-Unis. « L’hiver vient », phrase clé de la saga Game of Thrones (Le trône de fer) de l’auteur américain George R. R. Martin, est l’expression d’une menace prédatrice, l’annonce d’une guerre impériale pour soumettre, détruire, avilir et piller. Au-delà de Maduro, les pays du continent américain sont visés et, « du Groenland à la terre de feu », Trump veut écraser à son profit et celui de sa classe. Au fil des heures, l’hiver ne vient pas, il est là, personnifié par le milliardaire-président et son entourage d’ultra-droite et post-fasciste.

    Calcul égoïste

    Les eaux glaciales du calcul égoïste des dirigeants de la Maison Blanche avalent la souveraineté et la dignité des peuples. Le monde des affaires applaudit : lundi, Les grandes compagnies pétrolières américaines ont ouvert en hausse à la Bourse de New York. Donald Trump manie la peur. Mais l’agent orange de Washington se heurte à la résistance. La présidente du Mexique Claudia Sheinbaum rappelle que « le continent américain appartient aux peuples de chacun des pays qui le forment ». Le dirigeant de gauche de la Colombie, Gustavo Petro, se dit prêt à reprendre « les armes pour la patrie ». L’ONU condamne cette atteinte hors du commun au droit international. En France, le PCF exige un débat à l’Assemblée sur la position de la France et son rôle à tenir dans cette crise internationale provoquée par les États-Unis. Résister à l’hiver trumpiste est un impératif moral et humaniste.

  • Les Soudanais exilés appellent à l’arrêt des massacres

    Les Soudanais exilés appellent à l’arrêt des massacres

    « La communauté internationale, elle est où ? » Rassemblés aux Réformés, à l’appel de l’Association des Soudanais des Bouches-du-Rhône, du Var, ou encore de l’association de la Cantine soudanaise en France, ils sont venus rendre visible « le massacre. »

    « On essaie de faire en sorte que le monde tourne ses yeux vers le Soudan pour trouver une solution de paix car les victimes sont des femmes, des enfants, ce n’est pas une guerre mais un génocide », alerte Tamzain, un des manifestants. Pas plus tard que vendredi, l’ONU a mis en garde contre des « préparatifs en vue d’une intensification » des hostilités dans un Soudan déchiré par une guerre entre l’armée et les paramilitaires, malgré l’annonce par ces derniers de leur accord à une proposition de trêve humanitaire.

    Le troisième plus grand pays d’Afrique est ensanglanté depuis avril 2023 par une lutte pour le pouvoir opposant l’armée du général Abdel Fattah Al-Burhane aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) de son ancien adjoint, Mohamed Hamdane Daglo, tous deux accusés d’exactions.

    Des milliers de morts

    « En juin 2023, 15 000 membres de la population masalit d’El Geneina, dans l’Ouest du Darfour, ont été tués et des milliers d’autres ont été contraints de fuir vers le Tchad voisin », indiquent les manifestants marseillais, rapportant le récit d’une humanitaire sur place, en date du 6 novembre. Depuis le 26 octobre, la FSR a pris le contrôle de la ville d’El Fasher après un siège complet de 18 mois empêchant l’entrée de toute nourriture, ajoutent-ils évoquant des viols, tueries de civils, de journalistes, d’activistes. Des « horreurs » constatées dans des vidéos postées par les combattants de la FSR eux-mêmes. Sur leurs pancartes, les Soudanais exilés ont d’ailleurs apposé des images terribles d’enfants pendus, de corps ensanglantés. Des atrocités auraient été aussi commises dans la ville de Bara, dans la région du Nord-Kordofan.

    Le conflit a déjà fait des milliers de morts, forcé le déplacement de 12 millions de personnes et plongé le pays dans la plus grande crise humanitaire au monde selon l’ONU.

    Pour les manifestants marseillais, le soutien des Émirats arabes unis à la FSR lui permet de disposer d’« armes en nombre et récentes » en échange d’accès aux richesses du sol, « de l’or dans l’Ouest ». Pour Tamzain, les Émirats visent une scission du pays pour s’emparer définitivement de cette manne économique. Des mobilisations ont été organisées aussi à Paris ou Mulhouse, toujours « pour faire parler du conflit. » D’autres rassemblements ne sont pas exclus, « il faut que ça s’arrête, qu’on envoie des vivres et des médicaments », intime-t-il.

  • Au pied du mur

    Au pied du mur

    « Nous avons échoué » à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, objectif le plus ambitieux de l’Accord
    de Paris, a lancé jeudi
    le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres avant le début de cette COP30. Un constat implacable et factuel,
    qui ne l’empêche pas
    de faire preuve de détermination, considérant que « nous n’avons jamais été mieux équipés pour contre-attaquer », au regard des énergies alternatives et des politiques pouvant être menées d’un bout
    à l’autre de la planète. Pour autant, l’augmentation en nombre et en intensité des catastrophes naturelles directement liées au dérèglement climatique est une réalité. Au-delà de l’aspect dramatique et du nombre de morts qui ne cesse d’augmenter.

    Une décennie d’atermoiements

    C’est une réalité d’ores et déjà chiffrée aussi par les assurances. Des vagues de chaleur qui ont quadruplé en quarante ans, des épisodes de sécheresse qui endommagent récoltes et bâti, tempêtes à répétition, inondations… Premier impact visible, la hausse des tarifs et des surprimes pour faire face aux dépenses… Avec un risque majeur à plus ou moins long terme, très redouté par l’État et les collectivités, celui de se retrouver avec des « déserts assurantiels », des territoires où les risques sont tellement importants et récurrents qu’ils ne seront plus couverts. Après
    une décennie d’atermoiements, de renoncement et de dénis, il reste à espérer, comme le fait le secrétaire général de l’ONU que les pays réunis au Brésil s’emparent de ce défi qui impactera chacun d’entre nous.

  • L’ONU, une maison commune menacée

    L’ONU, une maison commune menacée

    « Nous, peuples des nations unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances. » Il y a quatre-vingts ans jour pour jour, la charte des Nations Unies était ratifiée par la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’URSS, les vainqueurs de la Seconde guerre mondiale aux côtés de 46 autres états. L’idée étant d’empêcher un nouveau conflit mondial dévastateur. Cette volonté d’une communauté internationale avait déjà émergé au lendemain de la Première Guerre mondiale, avec Société des nations (SDN) créée en 1919 et qui se solde par un échec après 25 ans d’engagement.

    L’Organisation des Nations Unies (ONU) est donc fondée sur quatre missions : maintenir la paix et la sécurité internationale, favoriser la coopération internationale, lutter contre la pauvreté et assurer le respect des droits de l’homme. Deux ans après la ratification de la charte, le drapeau est adopté, fond bleu et rameau d’olivier, symboles de la paix.

    Quatre-vingts ans plus tard, l’institution est critiquée, les attaques fusent. Dans son texte fondateur, il est notifié dès l’article 2 que « l’organisation est fondée sur le principe de l’égalité souveraine de tous ses membres ». Si ce principe s’applique pour l’Assemblée générale et ses 193 États membres, ce n’est pas le cas du Conseil de sécurité, organe exécutif de l’Onu, dont seuls les cinq membres permanents ont un droit de veto. Cette hiérarchie, issue de la guerre, pose question au fil des ans et des conflits qui éclatent. Ces lignes ne suffiront pas à tous les lister… Le génocide à Gaza en est un exemple criant. Les États-Unis, allié indéfectible d’Israël, ont, en deux ans seulement, opposé à six reprises leur veto sur des projets de résolutions exigeant la fin immédiate et permanente de la guerre sur le territoire palestinien. « La 10 000e réunion du Conseil de sécurité se solde par un veto, symbole de sa paralysie », se désolait le 18 septembre dernier le site d’information onusien. L’organisation reste, à ce jour, la seule garante du multilatéralisme. Et fait face à l’une de ses plus grandes menaces à ce jour en la personne de Donald Trump.

    C’est au siège new-yorkais de l’institution, à la tribune de la grande salle recouverte de marbre vert qu’ont été prononcés les discours parmi les plus marquants de notre histoire récente. De Harry Truman à Yasser Arafat, Thomas Sankara, Fidel Castro en passant par Nelson Mandela, Mouammar Kadhafi, Vladimir Poutine. Ces murs ont été le théâtre de la diplomatie mondiale. Pour le meilleur et parfois, le pire. « L’ONU ne règle pas les problèmes (…), elle en crée de nouveaux que nous devons résoudre », c’est ce qu’a avancé l’actuel président américain le 25 septembre dernier. Depuis le retour du milliardaire républicain au pouvoir en janvier, les États-Unis, premier contributeur de l’ONU, ont suspendu leur financement. C’est 1,5 milliard de dollars de cotisés qui n’avaient pas été payés au 30 septembre, dont 300 millions de dettes cumulées au fil des années selon un rapport de l’ONG Service international pour les droits de l’Homme (ISHR), publié ce mardi.

    À cela s’ajoutent les manœuvres de la Chine et de la Russie pour couper les financements de certains organismes qui déplaisent à ces deux puissances. « À l’heure où l’ONU est en pleine réforme et où la crise financière la frappe durement, ces efforts (…) constituent une menace existentielle pour le système des droits humains », note l’ONG suisse.

    Une catastrophe pour l’ONU qui prévoit d’ores et déjà une réduction de 15% de son budget ordinaire pour 2026, qui va nécessairement impacter les 38 000 personnes travaillant pour le Secrétariat et les 112 000 agents sur le terrain. Et des millions de personnes dans le monde.

    CHRONOLOGIE

    24 octobre 1945 : Ratification de la charte

    La charte de l’Organisation des Nations Unies est ratifiée et acte sa création officielle. Les cinq membres permanents, vainqueurs de la Seconde guerre mondiale sont signataires aux côtés de 46 autres États.

    10 décembre 1948 : Déclaration universelle des droits de l’Homme

    Les 58 États qui siègent alors au sein de l’Assemblée générale adoptent la Déclaration universelle des droits de l’homme à Paris.

    22 novembre 1967 : La résolution 242

    Après la guerre des Six Jours le Conseil de Sécurité adopte la résolution 242 censée servir de base à la paix au Moyen Orient. Le texte demande, déjà, le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés».

    13 novembre 1974 : Arafat, le rameau d’olivier et le fusil

    Le leader de l’Organisation de libération de la Palestine, Yasser Arafat, s’exprime pour la première fois devant l’Assemblée générale, dans ce qui était alors considéré comme un tournant.

    4 octobre 1984 : Sankara à la tribune

    Dans la célèbre salle de marbre vert, le président burkinabé lance un vibrant discours contre les grandes puissances impérialistes qui restera dans l’histoire.

    31 janvier 1992 : Première réunion du conseil de sécurité

    Le Conseil de sécurité tient la première réunion de son histoire au niveau des chefs d’État ou de gouvernement dans son siège new-yorkais. Ce rendez-vous posera les bases d’un rapport du Secrétaire général intitulé « Agenda pour la paix ».

    5 février 2003 : Colin Powell et la fiole

    Pour justifier d’une intervention militaire en Irak, le secrétaire d’État américain Colin Powell présente de fausses preuves d’armes de destruction massives retrouvées sur le sol irakien. Le discours du Français Dominique de Villepin restera aussi un moment fort de l’opposition à cette guerre basée sur ce mensonge.

    12 décembre 2015 : Accord de Paris

    Lors de la COP21 de Paris, 195 partis signent un accord et universel sur le climat.

    30 janvier 2020 : Épidémie mondiale

    Le directeur de l’Organisation mondiale de la santé déclare l’épidémie de Covid-19 urgence de santé publique de portée internationale.

  • 80 bougies dans la tempête

    80 bougies dans la tempête

    Les Nations Unies. Le terme, cher au président américain Franklin Delano Roosevelt (30 janvier 1882-12 avril 1945) a donné son nom à l’unique organisation mondiale réunissant l’ensemble des pays de la planète. C’est le lieu de la discussion, de la confrontation, de traités et de chartes donnant à la communauté humaine un socle commun d’actions et de valeurs. Cette visée idéaliste n’est pas une utopie. L’ONU et tous les organismes qui s’y rattachent, sont une lueur d’espoir pour les peuples. Ceux qui fustigent son existence, ses prises de position, sont les autocrates, les partisans de la guerre, de la force.

    Droit international

    C’est grâce à l’ONU que le droit international surnage dans un océan de conflits et parmi les prédateurs. Un droit international qui est piétiné non parce qu’il est faible mais parce qu’il n’est pas respecté faute de courage politique.

    Faire primer le droit international c’est ne pas reculer et sanctionner ceux qui se rendent coupables de guerres et d’agressions territoriales à l’instar de la Russie de Poutine et du gouvernement de Netanyahu en Israël.

    La menace pèse sur l’ONU comme elle pèse sur les démocraties, les peuples. Le danger le plus terrible est celui de la guerre. Née sur l’idée du « plus jamais ça », après les millions de morts du second conflit mondial, l’ONU doit faire face à la frénésie militariste. 3 000 milliards de dollars de dépenses d’armement seront atteints d’ici la fin de l’année. Cette folie est justifiée au nom de la défense des uns contre les autres. Une manne pour les complexes militaro-industriels. Dans ce contexte, l’ONU est, en dépit, de ses défauts, plus que jamais indispensable.

  • Misère, quand les institutions maltraitent

    Misère, quand les institutions maltraitent

    « Nous devons insister sur ce qu’on est et ce qu’on n’est pas », enrage Julien Moisan, chargé de plaidoyer du Secours catholique en accueillant à l’ADJ de la rue Malaval à Marseille, entièrement refait à neuf. « Nous en avons assez de pallier les carences des pouvoirs publics. Notre mission n’est ni la distribution alimentaire, ni les douches publiques, mais d’offrir un espace confortable aux personnes dans le besoin et de prendre le temps d’échanger avec eux. »

    Il est 9h, les tables sont déjà toutes occupées et Eva et Saïd ne sont pas trop de deux pour offrir cafés, thés et parts de cake aux arrivants. Ils sont ainsi plus d’une centaine à venir se poser, discuter ou chercher une aide administrative, un accompagnement vers l’emploi, un accès aux droits, consulter le médecin ou le podologue, prendre rendez-vous avec le coiffeur, participer à l’atelier de français ou à celui d’initiation à l’informatique, chacun des quatre jours d’ouverture hebdomadaire. « Pour sortir de l’isolement », ajoute un monsieur hébergé dans un foyer Adoma. Et pour répondre au manque de bains publics, l’accueil dispose de deux douches. Les associatifs, notamment depuis la crise Covid, ont bien multiplié les points de distribution alimentaire, mais « où peut-on manger assis, dignement ? interroge Julien Moisan, de même que pour l’hébergement ou l’hygiène, dans la réalité, il n’y a plus de dispositif d’accueil inconditionnel ».

    Slimane, 65 ans, retraité du BTP, happe Danièle, qui gère l’aide administrative, au passage : « Je dors depuis plus d’un mois à l’aéroport. Le 115, c’est une fois oui, vingt fois non. Je ne sais plus où aller. » La bénévole confirme : « C’est de plus en plus difficile. Et avec les nouvelles réformes, il y a beaucoup de sorties de droits. Un manquement à la CAF et l’aide est coupée dès le 3e mois, un contrôle expéditif et l’allocation handicapé saute. On récupère les gens à la petite cuillère. » Un jeune étudiant étranger ressort d’un bureau soulagé. « Ils vont m’aider pour faire changer mes lunettes. Mon droit à l’AME avait été remis en cause. Il faut renouveler le dossier », indique-t-il.

    Des vies cadenassées

    À l’étage, la salle informatique est très sollicitée. Bien que le défenseur des droits ait déjà alerté sur le fait que la dématérialisation des services publics éloigne les plus fragiles de l’accès aux droits, on note ici peu d’amélioration. Une mère de famille est en panique. Son mot de passe est refusé sur son espace CAF. Arrivé à son secours, Julien Moisan réalise, après plusieurs tentatives, qu’un 3e code a été mis en place. « Pour protéger vos données », précise le site sur l’écran. « C’est un verrou de plus à une administration cadenassée, qui a déjà fermé ses accueils physiques. On supprime le lien humain, on met des algorithmes sous prétexte de lutte contre la fraude. En réalité, on cadenasse des vies !  » réagit-il.

    Au-delà des baisses budgétaires, ce responsable associatif pointe un grave recul des politiques publiques dans ses réponses à l’urgence sociale : « Il y a une priorité donnée au parcours d’insertion dans les dispositifs d’urgence. » Conséquence : « Ceux qui ne sont pas entrés dans un dispositif se retrouvent devant des portes fermées. On met des précarités en concurrence. » Et sur le terrain, la pauvreté ne recule pas, mais s’invisibilise : « Les plus isolés, les plus fragiles, les enfants, les femmes enceintes continuent de l’être. Le nombre de mineurs non pris en charge par l’aide sociale à l’enfance reste impressionnant. De même, le parcours de la sortie d’hospitalisation est si mal pensé que le retour à la rue est monnaie courante. »

    Au milieu de l’accueil, une petite fille court des bras de son père aux genoux de sa mère. Débouté de sa demande de droit d’asile, le couple, dont un des enfants est né en France, a dû libérer du jour au lendemain sa place en Cada. Un recours doit être mis en place, mais pour l’instant, c’est la rue qui les attend. Bien consciente que tous les dispositifs sont sous-dotés, Danièle a cependant contacté les centres d’hébergement, sans succès. « À partir de là qu’est-ce qu’on fait ? Le plus terrible, c’est de ne pas pouvoir apporter de solution », regrette-t-elle. L’heure de fermeture approche, l’accueil se vide lentement.

  • À Gaza, l’aide humanitaire se fait encore trop attendre

    À Gaza, l’aide humanitaire se fait encore trop attendre

    « À ma connaissance, tous les points de passage de Gaza ne sont pas ouverts à l’aide humanitaire. C’est le principal problème actuellement, et c’est ce que les humanitaires, y compris le CICR, ont réclamé au cours de ces dernières heures », a déclaré un porte-parole du CICR, Christian Cardon, lors d’un point de presse, mardi, à Genève. Cette ouverture doit être effective « de toute urgence », a-t-il insisté. « Nous demandons que tous les points de passage soient ouverts », a insisté à ses côtés un porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires (Ocha) de l’ONU, Jens Laerke.

    Il a également demandé que les points de passage qui avaient été détruits par la guerre soient réparés et ouverts, suite au cessez-le-feu en vigueur depuis vendredi entre Israël et le Hamas après deux ans d’une guerre déclenchée par le mouvement islamiste ayant dévasté la bande de Gaza. Le porte-parole d’Ocha a appelé de ses vœux une montée en puissance de l’aide acheminée à Gaza, mais souligné que cela ne dépendait pas des humanitaires. « Nous disposons dans la région de 190 000 tonnes prêtes à être envoyées », notamment en Jordanie et en Égypte, a relevé M. Laerke. La campagne aérienne et terrestre lancée par Israël pour « anéantir » le Hamas et « ramener les otages à la maison » a fait des dizaines de milliers de morts parmi la population civile de Gaza, décimant des familles entières. L’aide humanitaire n’est rentrée qu’au compte-goutte, un blocus hermétique du territoire imposé par Israël début mars 2025 ayant été relativement assoupli depuis fin mai.

    Des experts partenaires de l’ONU ont confirmé en août qu’une famine était en cours dans une partie du territoire. Israël conteste et a accusé le Hamas de piller l’aide apportée sur place.

    Le Hamas fait la police et règle ses comptes

    Dans ce contexte, le Hamas étend sa présence dans les zones de la bande de Gaza d’où l’armée israélienne s’est retirée, sans attendre la suite des négociations sur le plan du président américain Donald Trump pour Gaza prévoyant de l’exclure de la gouvernance du territoire.

    Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu vendredi après deux ans de guerre avec Israël déclenchée par l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, des journalistes de l’AFP ont vu des membres des forces de sécurité de mouvement islamiste palestinien déployés dans plusieurs villes de la bande de Gaza, sur des marchés ou sur des routes. Après plusieurs jours d’échauffourées, des témoins ont fait état mardi auprès de l’AFP d’« intenses » combats à Gaza-ville, dans le quartier de Choujaïya (Est), opposant selon eux une unité affiliée au Hamas à des clans et gangs armés dont certains seraient soutenus par Israël. « Ce matin, pendant de longues heures, de violents affrontements ont opposé les forces de sécurité du Hamas et des membres de la famille Hilles », a ainsi décrit un riverain, Mohammed, qui refuse de donner son patronyme pour des raisons de sécurité. Lors de sa prise de contrôle de la bande de Gaza en 2007, le Hamas s’est opposé par les armes à de nombreuses grandes familles. Ce témoin évoque « des tirs intenses et des explosions », au lendemain de la libération par le Hamas des 20 derniers otages vivants qu’il retenait, en échange de près de 2 000 prisonniers relâchés par Israël. La Force dissuasive, organe récemment créé au sein de l’appareil sécuritaire du Hamas, « mène une opération » pour « neutraliser des personnes recherchées », a indiqué à l’AFP une source sécuritaire palestinienne à Gaza. Ces « opérations de terrain » visent à « garantir la sécurité et la stabilité dans différentes zones de la bande de Gaza », a-t-elle ajouté. Avec l’approbation des États-Unis. Par ailleurs, le Hamas a accusé Israël d’avoir rompu la trêve en ouvrant le feu mardi. L’armée a déclaré n’avoir tiré que lorsque des « suspects » se sont approchés de la ligne au-delà de laquelle l’armée s’est repliée.

    Soutien au gardien Shaqfa

    Reconnu par les supporters de l’OM sur le réseau social X, Bilo (@BasileBilo) s’associe au journaliste Marwan Belkacem et le média Massilia Zone afin de créer une cagnotte en ligne pour apporter leur soutien au gardien de football palestinien Abdallah Shaqfa. Ce dernier a perdu sa femme en juin dernier lors d’une attaque israélienne visant des tentes civiles à Al-Mawasi, à Gaza, et élève seul ses deux enfants âgés de 6 et 9 ans.

    Camille Kadoum

    Pour participer aller sur le compte @basilebilo (sur X)

  • Madagascar : le très contesté président Rajoelina exfiltré par la France

    Madagascar : le très contesté président Rajoelina exfiltré par la France

    Les Malgaches avaient l’espoir, lundi soir, que le président Andry Rajoelina annonce sa démission lors d’une prise de parole prévue dans la soirée. Mais cette allocution a été reportée. Forts du soutien d’unités militaires armées depuis samedi, les milliers de manifestants, majoritairement des jeunes, pourraient réussir à faire tomber le président de 51 ans après plus de trois semaines de mobilisations. Nées de la contestation contre les coupures d’eau et d’électricités, ces manifestations se sont transformées en contestation du régime.

    Lundi, Radio France Internationale (RFI) était en mesurer de confirmer l’exfiltration par la France d’Andry Rajoelina. Une mesure prise pour faciliter une transition politique pacifique selon les sources de la radio publique.

    « On attend sa démission mais le connaissant, je ne crois pas qu’il va dire ça », pronostique Rotsinasandratra Lucas Hantamalala, étudiante de 20 ans. « Plus de dinosaures politiques s’il vous plaît, on en a assez vu », exhorte-t-elle.

    La Gen Z en première ligne

    Des soldats ont accompagné samedi dans le centre-ville de la capitale malgache des milliers de manifestants, les rejoignant à nouveau dimanche pour un rassemblement en hommage aux personnes tuées au cours des plus de deux semaines de manifestations. Le collectif à l’origine des manifestations, baptisé Gen Z, avait appelé à un nouveau rassemblement plus tard lundi. Les manifestants ont obtenu ce week-end le départ du décrié président du Sénat Richard Ravalomanana, ancien commandant de gendarmerie. Quant au troisième homme vilipendé par la rue, l’homme d’affaires et proche du chef de l’État Maminiaina Ravatomanga, il a fui dimanche matin à l’île Maurice voisine, comme l’a confirmé le gouvernement mauricien. Surnommé « Général Bomba » pour son recours généreux aux grenades lacrymogènes lors de la crise de 2009, Richard Ravalomanana était accusé par les contestataires d’être un des principaux acteurs de la répression des manifestations ces dernières semaines. Au moins 22 personnes ont été tuées au début des manifestations et plus d’une centaine blessées, d’après un bilan des Nations unies. Le chef de l’État a démenti des « chiffres erronés », évoquant 12 morts, tous « des pilleurs, des casseurs », selon lui.

    Madagascar, île à la population particulièrement démunie, a une longue histoire de soulèvements populaires suivis par la mise en place de gouvernements militaires. Au moins 80% des 32 millions d’habitants de Madagascar vivent avec moins de 15 000 ariary par jour (2,80 euros), le seuil de pauvreté de la Banque mondiale.

  • L’espoir d’une paix durable renaît

    L’espoir d’une paix durable renaît

    De Khan Younès à Jérusalem, des scènes de liesse, de l’espoir. Deux ans et trois jours après le début de la guerre entre Israël et le Hamas, Israéliens et Palestiniens se permettent de croire à la fin de la guerre. Ce jeudi, une étape est franchie : « la version finale de la première phase a été signée, ce matin en Égypte, par toutes les parties en vue de la libération de tous les otages » retenus à Gaza, selon une porte-parole du gouvernement israélien. L’accord devait encore être validé, jeudi, par le cabinet de sécurité israélien, a dit la porte-parole du gouvernement, ajoutant qu’un cessez-le-feu entrerait en vigueur dans les 24 heures suivant cette approbation. Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, devait ensuite réunir son gouvernement au complet pour le valider. Le ministre d’extrême droite des Finances, Bezalel Smotrich, a déjà annoncé qu’il ne le soutiendrait pas.

    La version finale de la première phase du plan du président américain Donald Trump prévoit un cessez-le-feu entre les belligérants, un échange dans les 72 heures des otages israéliens contre plus de 2 000 détenus palestiniens. Membre élu du Conseil législatif palestinien et du Fatah, Marwan Barghouti, considéré par certains comme le « Nelson Mandela palestinien », emprisonné depuis 23 ans, ne fera pas partie de l’échange, a indiqué une porte-parole du gouvernement israélien.

    Frappes israéliennes

    sur Gaza ce jeudi

    Le plan américain prévoit, par ailleurs, le retrait par étapes de l’armée israélienne à Gaza et le désarmement du Hamas. L’attaque terroriste du 7-Octobre a provoqué la mort de 1 219 personnes, en majorité des civils, en Israël. Sur les 251 personnes enlevées et emmenées à Gaza, 47 y sont toujours retenues, dont au moins 25 sont mortes selon l’armée. En riposte, l’offensive de Tsahal, qualifiée de génocide, a tué plus de 67 194 personnes – en majorité des civils – et dévasté la bande de Gaza notamment par la famine, utilisée comme arme de guerre. « L’Unrwa (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) dispose de nourriture, de médicaments et d’autres fournitures de base prêts à être acheminés vers Gaza. Nous avons suffisamment de provisions pour nourrir toute la population pendant les trois prochains mois », insiste, dans un post sur X, le chef de l’agence onusienne, Philippe Lazzarini.

    Si cet accord de paix fait renaître l’espoir, reste que les bombardements n’ont pas cessé. Plus tôt dans la journée de jeudi, la Défense civile locale a fait état de la poursuite des frappes israéliennes à Gaza. Deux précédentes trêves, en novembre 2023 et début 2025, avaient permis le retour d’otages ou de corps de captifs en échange de prisonniers palestiniens, avant de s’effondrer. « J’exhorte toutes les parties prenantes à saisir cette occasion unique pour établir une voie politique crédible vers la fin de l’occupation, en reconnaissant le droit à l’autodétermination du peuple palestinien, afin de parvenir à une solution à deux États permettant aux Israéliens et aux Palestiniens de vivre en paix et en sécurité. Les enjeux n’ont jamais été aussi importants », pousse le patron de l’ONU, Antonio Guterres.

    Lors d’une réunion à Paris sur « le jour d’après » dans les territoires palestiniens, le président français, Emmanuel Macron, a souligné la nécessité de préserver l’unité de Gaza et de la Cisjordanie sous le contrôle de l’Autorité palestinienne. « L’accélération de la construction des colonies (juives) en Cisjordanie constitue une menace existentielle pour l’état de Palestine », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « elle est non seulement inacceptable et contraire au droit international. Elle alimente les tensions, la violence, l’instabilité et, de fait, elle vient d’abord contredire le plan américain et notre ambition collective d’une région en paix. »

    Les négociations pour la deuxième phase du plan Trump devaient commencer « immédiatement » après la signature de l’accord sur la première phase, avait annoncé un responsable du Hamas.

  • « Il faut mettre un terme à l’impunité d’Israël »

    « Il faut mettre un terme à l’impunité d’Israël »

    La Marseillaise : Lundi dernier, la France, suivie par d’autres pays, a enfin annoncé sa reconnaissance de l’État de Palestine devant les Nations unies. Qu’est-ce que cela change pour vous, et est-ce que ce n’est pas trop tard ?

    Hala Abou-Hassira : Tout d’abord, nous saluons cette reconnaissance par la France et l’ensemble des États qui l’ont suivie, ainsi que la tenue de cette conférence des Nations unies pour le règlement pacifique de la question de Palestine et de la concrétisation de la solution à deux États. Cette reconnaissance est une étape très importante pour reconnaître les droits inaliénables du peuple palestinien à l’autodétermination dans un État souverain au sein des frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale. Déjà, elle a réussi à déclencher une dynamique politique avec pour seul objectif de répondre à l’avis consultatif de la Cour de Justice internationale afin de mettre un terme à l’occupation israélienne illégale et au régime d’apartheid.

    L’étape suivante doit être de mettre un terme à l’impunité d’Israël qui a violé chaque article du droit international, qui continue de perpétrer le génocide dans la bande de Gaza contre le peuple palestinien, qui vise à expulser et déporter par la force l’ensemble du peuple palestinien. Et qui continue sa colonisation en Cisjordanie, sa politique de nettoyage ethnique, le blocus imposé à la Cisjordanie et ses checkpoints, dont le nombre dépasse aujourd’hui 1 200, ce qui renforce la main de l’occupation, qui est la vraie menace pour la solution à deux États. Maintenant, il faut continuer dans cette dynamique politique créée à New York, grâce aux efforts de l’Arabie Saoudite, de la France et derrière eux l’ensemble de la communauté internationale, par des actions concrètes. Il faut imposer des sanctions contre l’occupation, imposer un embargo sur la vente d’armes pour Israël, des armes utilisées pour massacrer des femmes et des enfants. Il faut rompre l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.

    Des mesures partielles ne répondent pas aujourd’hui à un génocide déjà déclaré par les spécialistes et la commission d’enquête des Nations unies. Il faut rompre les relations diplomatiques et économiques avec l’État d’Israël jusqu’à ce que cet État, devenu un État paria, respecte le droit international.

    Comment construire aujourd’hui cet État de Palestine?

    H.A.-H. : L’État de Palestine doit étendre sa souveraineté sur l’ensemble du territoire palestinien occupé. Nous sommes prêts à assumer notre pleine et entière responsabilité dans la construction de nos institutions étatiques et dans nos réformes. C’est un processus continu depuis longtemps. Mais surtout, l’urgence est de pouvoir secourir notre peuple dans la bande de Gaza, sauver ceux que l’on peut sauver. Pour l’État de Palestine, il doit y avoir dans l’ensemble du territoire palestinien occupé un seul gouvernement, une seule loi et une seule armée. Ce sont les forces de sécurité palestiniennes qui assureront la protection du peuple palestinien, les services sociaux, éducatifs dans la bande de Gaza. Nous le ferons bien sûr avec l’appui des partenaires internationaux. Mais toute présence internationale dans la bande de Gaza serait en appui au gouvernement palestinien, et elle doit être mandatée par une résolution du Conseil de sécurité avec un mandat clair qui assure la protection du peuple palestinien, et limitée dans le temps. La terre appartient aux Palestiniens, et ce sont les Palestiniens qui assumeront leurs responsabilités vis-à-vis de notre peuple, à Gaza comme en Cisjordanie.

    Il y a une semaine, Israël a lancé une nouvelle offensive « d’une force sans précédent » contre la ville de Gaza. Comment obtenir la paix, comment stopper ce génocide ?

    H.A.-H. : Il faut comprendre le projet israélien, qui ne date pas du 7-Octobre. C’est un projet colonial, basé sur le nettoyage ethnique du peuple palestinien depuis 1947, depuis la Nakba palestinienne. Ce projet est assumé par l’État même avec toutes ses institutions, tous ses dirigeants, et par l’ensemble des gouvernements israéliens successifs. Aujourd’hui, Netanyahu et ses ministres fascistes, suprémacistes, assument ce projet. Comment faire face à la volonté israélienne de raser complètement l’existence du peuple palestinien, en Cisjordanie, à Jérusalem-Est comme à Gaza ? Comment faire face à ce projet qui vise à déraciner le peuple palestinien et le raser complètement ? Par le renforcement du droit international, par les sanctions, le renforcement des institutions judiciaires internationales comme la Cour pénale internationale et la Cour de Justice internationale. Mais aussi par une volonté politique internationale, qui doit dire : “on arrête la politique du deux poids, deux mesures, on arrête d’invisibiliser et déshumaniser le peuple palestinien, et on arrête avec l’impunité accordée à Israël”.

    C’est le moment pour la communauté internationale, à leur tête les pays membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, les pays membres du G7, de dire qu’il est temps de mettre un terme à l’occupation. Il faut permettre la viabilité de l’État de Palestine par un appui économique et financier au gouvernement palestinien qui voit ses recettes fiscales et douanières confisquées par Israël. Nous parlons de plusieurs milliards de dollars !

    Donald Trump, jeudi soir, s’est dit optimiste pour un accord de paix. Est-il encore possible de travailler avec la diplomatie israélienne ?

    H.A.-H. : C’est à l’ensemble de la communauté internationale d’agir. Nous entendons le discours de la diplomatie israélienne et de ses dirigeants, qui refusent toute solution pacifique, toute voie de paix, toute initiative politique pour mettre un terme à l’occupation. Leurs éléments de langage soutiennent la destruction, les massacres, le nettoyage ethnique. Ils n’ont qu’une seule logique, l’utilisation de la force militaire. Nous disons à l’ensemble du monde entier, ainsi qu’aux Israéliens, qu’il n’y a pas de solution militaire dans notre région. La seule solution est politique, basée sur l’octroi des droits inaliénables à tous les peuples, y compris le peuple palestinien. Il faut une voie politique, basée sur les résolutions des Nations unies, sur le principe qui a engagé tout le processus de paix en 1991 à la Conférence de Madrid, la terre contre la paix. Et non pas les massacres, l’annihilation de tout un peuple contre la paix !

    Quel espoir vous reste-t-il aujourd’hui ?

    H.A.-H. : J’ai espoir en la résilience de mon peuple. Il a la conviction fondamentale d’appartenir à cette terre, et il n’en partira pas.

    Le peuple palestinien est déterminé à arracher ses droits fondamentaux, à commencer par leur droit à l’autodétermination et le droit à la liberté. Il y a aussi une responsabilité individuelle comme collective. Il y a une mobilisation extraordinaire de la part des peuples de la Terre entière, de la jeunesse mondiale, de chaque homme et femme libre. Je veux saluer la mobilisation extraordinaire du peuple français, de ses forces politiques, de la société civile, des collectivités territoriales, des députés et des sénateurs qui n’ont pas cédé devant l’injustice infligée au peuple palestinien, et qui ont continué à soutenir ses droits fondamentaux.

    Mais il y a également la responsabilité collective des États partie à la charte collective des Nations unies. Il faut agir aujourd’hui. Il y a un génocide qu’il fallait prévenir quand la Cour de Justice internationale a exigé des mesures provisoires, le 27 janvier 2024, il y a un an et demi déjà. Les États, par la force du droit international, ont le devoir d’agir immédiatement pour arrêter le génocide en cours, et de mettre un terme à la source de l’injustice et de l’insécurité de notre région, qui est l’occupation, la colonisation, l’apartheid et le génocide. C’est la seule voie de sortie aujourd’hui. Il faut protéger le peuple Palestinien.

    « La diplomatie israélienne refuse toute solution pacifique. »