Tag: ONU

  • Des réfugiés pris pour cible en Méditerranée

    Des réfugiés pris pour cible en Méditerranée

    L’ONG SOS Méditerranée a déploré ce lundi 24 août dans un communiqué une « intensification des menaces » en Méditerranée centrale, pointant des interceptions « de plus en plus violentes » d’embarcations de « personnes en détresse » et des poursuites des navires de sauvetage, qu’elle attribue à des « acteurs libyens » et des « groupes armés ».

    Voilà un an, son bateau l’Ocean Viking avait essuyé « des tirs des garde-côtes libyens » assure-t-elle alors qu’il transportait 87 personnes rescapées même si « les responsables de l’attaque n’ont pas été identifiés », convient l’ONG.

    SOS Méditerranée estime que « cet environnement opérationnel, de plus en plus hostile en Méditerranée centrale, n’aurait pas pu perdurer sans l’élargissement de la coopération européenne avec les acteurs libyens en matière de dissuasion migratoire ». « Un phénomène nouveau et préoccupant » a également été recensé par l’ONG entre juin et juillet. Cette dernière affirmant qu’à sept reprises au moins, des navires « liés à des acteurs libyens », certains « non identifiés », se sont approchés « à grande vitesse » de bateaux de sauvetage, ou les ont suivis des heures durant – des « poursuites » jusque dans les eaux internationales.

    Un premier trimestre meurtrier

    Elle souligne également une « augmentation significative de la présence de vedettes rapides non identifiées, liées à différents groupes armés en Libye ». Des embarcations qui « ont été observées (…) percutant délibérément des embarcations transportant des personnes en détresse et en effectuant des manœuvres mettant leur vie en danger », poursuit SOS Méditerranée.

    Pour Soazic Dupuy, directrice des opérations au sein de l’ONG, « cette attaque aurait dû marquer un tournant ». Mais avec ce harcèlement, « le message envoyé est dangereux : la violence en mer peut se poursuivre en toute impunité », alerte-t-elle.

    SOS Méditerranée réitère également un appel pour « une enquête complète et indépendante afin d’établir les responsabilités autour de cette attaque ». Et Soazic Dupuy réaffirme son intention de continuer à « sauver des vies, documenter les violations et veiller à ce que la Méditerranée demeure un espace où s’applique le droit international, la transparence et les principes les plus élémentaires d’humanité ».

    Dans le bilan de ses dix ans d’activité publié en juin, l’ONG s’inquiétait déjà d’un premier trimestre 2026, « le plus meurtrier jamais enregistré », la Méditerranée centrale étant « devenue un cimetière à ciel ouvert non par fatalité, mais du fait de choix politiques de non-assistance à personne en danger ».

    REPÈRES

    821

    C’est le nombre de personnes disparues ou décédées en Méditerranée centrale au cours des quatre premiers mois de 2026, selon l’Organisation internationale pour les migrations, soit une augmentation de 111 % par rapport à 2025.

    43 485

    C’est le nombre de personnes auxquelles SOS Méditerranée a porté secours depuis le 7 mars 2016. Un quart d’entre elles étaient mineures, dont 80 % non accompagnées. Dans le même temps, entre janvier et juin 2026, 35 000 personnes ont disparu en mer.

    27 116

    C’est le nombre de personnes qui ont été interceptées par les gardes-côtes libyens en 2025, d’après l’organisation internationale pour les migrations. Ramenés en Libye, les migrants font face à un système d’exploitation décrit par l’ONU comme brutal et profondément enraciné.

    75,7 %

    C’est la part des décès en Méditerranée qui ont eu lieu en Méditerranée centrale, sur cette route migratoire entre la Libye et l’Italie, une des plus mortelles au monde, du fait, notamment, de la très grande distance qui sépare les côtes des deux pays.

  • Pour l’abolition de l’arme atomique

    Pour l’abolition de l’arme atomique

    Pour que nul n’oublie l’horreur, pour que chacun soit sensibilisé au danger de l’arme nucléaire et qu’à terme, celle-ci soit abolie : les pacifistes se réunissent, comme chaque année, en mémoire d’Hiroshima et Nagasaki pour le 81e anniversaire des bombardements atomiques. Ce rassemblement, prévu à 18h au monument des Mobiles à Marseille*, sera l’occasion pour le Mouvement de la Paix 13 de lancer une grande campagne citoyenne et politique en faveur du Traité d’interdiction des armes nucléaires (Tian).

    L’organisation pacifiste veut mettre en débat la théorie de la dissuasion et la présence d’armes atomiques sur la base aérienne 125 d’Istres. « C’est un territoire interdit où les choses sont gérées sans aucune transparence et où des dangers notoires, notamment les bombes atomiques, représentent une menace pour toute la population », tempête Michel Dolot, porte-parole du Mouvement de la paix des Bouches-du-Rhône. Les militants veulent promouvoir la notion de sécurité humaine. Ce concept des Nations Unies vise à placer l’individu au centre des priorités à la différence de la sécurité nationale. Pour Michel Dolot, les décisions budgétaires du gouvernement français illustrent à eux seuls l’opposition entre ces deux notions « tous les moyens sont pour la sécurité de l’État et très peu sont dévolus à la sécurité humaine. Cela donne des polémiques qu’on voit autour du nombre de Canadairs, à côté des moyens qu’on met pour les bombes atomiques », fustige-t-il.

    « Plus d’argent dans les armes que dans la santé »

    Une indignation partagée par Yves Perrin Toinin, secrétaire adjoint de l’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (AMFPGN), « la loi de programmation militaire prévoit que d’ici à la fin de la décennie on ait doublé les budgets notamment ceux pour l’arme nucléaire, avec la création de nouveaux missiles, de nouvelles ogives, de nouveaux engins comme les sous-marins nucléaires, un nouveau porte-avions. Un ensemble qui fait qu’on ne va pas du tout vers le désarmement, bien au contraire », dénonce le médecin. « Cet été, par exemple, on a vu les décrets tomber, doublant les franchises médicales sur les médicaments, augmentant le reste à charge. On met beaucoup plus d’argent dans les armes que dans la santé », éructe-t-il.

    Le professionnel de santé entend, lors du rassemblement marseillais, sensibiliser les participants aux conséquences médicales de l’arme nucléaire. Les bombes larguées le 6 août 1945 sur Hiroshima et trois jours plus tard sur Nagasaki ont causé la mort de 110 000 à 210 000 personnes, sans compter les milliers ayant contracté des maladies, notamment des cancers. Selon un sondage Ifop pour le Mouvement de la Paix, La Marseillaise et l’Humanité, 80% des personnes interrogés déclarent craindre l’utilisation de l’arme nucléaire. Un sujet que les participants à cette campagne ont l’intention de pousser dans la course à la présidentielle.

    L’un de leur objectif est que la France, puissance nucléaire, ratifie le Tian : « pour qu’elle soit un exemple, avec une diplomatie souveraine, qu’elle garde une voix indépendante qui ne se plie pas à l’Otan et refuse de s’aligner sur les intérêts états-uniens », tranche Coralie Hernandez, responsable fédérale de la commission solidarité internationale et paix au sein du PCF 13. Et renchérit : « la paix, c’est un combat politique de classe qui s’articule avec la lutte anti-impérialiste et une transformation sociale ».

    *(Square Léon Blum 1er)

    80%

    des Français
    déclarent avoir peur
    des armes nucléaires
    selon un sondage Ifop réalisé pour
    le Mouvement
    de la Paix,
    La Marseillaise, l’Humanité
    en janvier dernier.

  • Mémoire de nos aînés

    Mémoire de nos aînés

    Le Camp des Milles, dans les Bouches-du-Rhône, un des derniers sites d’internement et de déportation français (avec le camp de Rivesaltes dans les Pyrénées-Orientales), sera-t-il inscrit, dans quelques années, au patrimoine mondial de l’humanité ?
    Il faut le souhaiter et s’engager dans cette démarche d’utilité publique aux côtés de la Fondation du Camp
    des Milles.

    Un signe très récent est de bon augure : le 26 août, l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (l’Unesco)
    a classé les plages du Débarquement en Normandie, du 6 juin 1944, au patrimoine mondial de l’humanité.

    Plus qu’un label, une démarche

    Pour l’Unesco, ces plages (Utah, Omaha, Gold, Juno et Sword, mais aussi la Pointe du Hoc, la batterie d’artillerie allemande de Longues-sur-Mer, et le port artificiel d’Arromanches-les-Bains, dit Port Mulberry) « sont directement et matériellement associées au débarquement (…) qui a joué un rôle décisif dans la libération de l’Europe occidentale de l’occupation nazie ». Cet ensemble de sites « commémore symboliquement l’immense sacrifice humain qui a été fait pour renverser une occupation autoritaire bien ancrée en Europe », insiste l’organisation de l’ONU.

    Le classement au sein de ce Panthéon mondial de l’humanité n’est pas un label. C’est une démarche qui oblige à déplier l’histoire des lieux et de la mettre à portée des citoyens pour comprendre le passé et éclairer notre présent. Qu’ils soient très anciens ou plus contemporains, les sites culturels, naturels et historiques sont en danger. Œuvrer pour leur protection, c’est entretenir la mémoire de nos aînés.

  • Une Coupe du monde avec son lot de polémiques

    Une Coupe du monde avec son lot de polémiques

    S’il y avait des doutes avant le début de la Coupe du monde sur l’ambiance et l’attractivité de la compétition, force est de constater qu’au niveau du jeu, le Mondial a été plutôt réussi. Les matches étaient plaisants, les stars ont répondu présentes comme rarement lors d’un Mondial et plusieurs équipes jugées plus faibles ont réussi de belles surprises. Éliminé en 16e de finale, le Cap-Vert est par exemple parvenu à marquer de son empreinte cette édition et pourra se targuer de n’avoir perdu aucun match à la fin du temps réglementaire.

    Alors que l’on attendait les frasques de Donald Trump (qui n’a tout de même pas pu s’empêcher d’intervenir pour annuler le carton rouge de Folarin Balogun, l’attaquant des États-Unis), le président américain est resté discret. L’édition a en réalité surtout été marquée par plusieurs sorties racistes.

    Tout a commencé avec l’ex-joueur yougoslave, Rade Bogdanovic. Pour expliquer l’erreur du défenseur belge Nathan Ngoy, l’ancien buteur de l’Atlético Madrid aujourd’hui consultant pour la télévision serbe, n’a regardé que la couleur de sa peau : « J’ai toujours dit que ces joueurs, et je ne suis pas raciste, mais que ces joueurs noirs n’ont pas la concentration pour tenir plus de soixante à quatre-vingt minutes. » L’ancienne star allemande Bastian Schweinsteiger, chouchou d’Angela Merkel à l’époque où la Mannschaft était championne du monde, n’a pas été plus heureux dans ses propos en parlant de la sélection ivoirienne comme d’une équipe « de football africain », « parfois peu orthodoxe, un peu sauvage, pas tout à fait tactique ».

    Malheureusement, ce Mondial, où l’Afrique a brillé puisque 9 des 10 équipes engagées ont passé le premier tour, s’est donc aussi accompagné des pires préjugés racistes.

    Mbappé, « Camerounais issu de la colonisation »

    Mais les propos les plus scandaleux sont arrivés du Paraguay. Suite à l’élimination de l’équipe nationale contre la France (1-0), la sénatrice Celeste Amarilla a violemment attaqué Kylian Mbappé. Sur X, elle écrit à propos du numéro 10 tricolore : « Cet abruti n’a même pas appris à écrire. Au lieu de téter le lait maternel, il tétait des noix de coco, et les êtres les plus instruits qu’il ait jamais entendus étaient des chimpanzés. Un Camerounais issu de la colonisation, s’efforçant désespérément de passer pour un Français. »

    Les propos de la parlementaire membre de l’opposition ont fait le tour de la planète. Mbappé a alors reçu le soutien de la FIFA, de l’UEFA, de la FFF, du gouvernement paraguayen qui a présenté ses excuses à la France, de l’ONU et de nombreux responsables politiques dont le chef de l’État français. Le parquet de Paris a même ouvert une enquête contre la sénatrice paraguayenne.

    La sénatrice a profité de cette réponse pour réaffirmer ses propos et insulter à nouveau le capitaine tricolore de « fils de p*** ». Ses déclarations rappellent les chants et insultes déjà entendus en Argentine après la victoire de l’Albiceleste lors du dernier championnat du monde. Mais ces propos sont aussi audibles en France. Sur les réseaux sociaux, l’équipe de France, pas assez « blanche » selon certains, est régulièrement qualifiée « d’équipe africaine » qui ne représenterait donc pas les Français. Les propos de Kylian Mbappé ou de Jules Koundé contre l’extrême droite ne sont pas non plus passés inaperçus de ce côté de l’échiquier politique.

  • Un Mondial qui réveille les pires instincts racistes

    Un Mondial qui réveille les pires instincts racistes

    S’il y avait des doutes avant le début de la Coupe du monde sur l’ambiance et l’attractivité de la compétition, force est de constater qu’au niveau du jeu, le Mondial est plutôt réussi. Les matchs sont plaisants, les stars répondent présentes comme rarement lors d’un Mondial et plusieurs équipes jugées plus faibles ont réussi de belles surprises. Éliminé en 16e de finale, le Cap-Vert est par exemple parvenu à marquer de son empreinte cette édition et pourra se targuer de n’avoir perdu aucun match à la fin du temps réglementaire.

    Alors que l’on attendait les frasques de Donald Trump (qui n’a tout de même pas pu s’empêcher d’intervenir pour annuler le carton rouge de Folarin Balogun, l’attaquant des États-Unis), le président américain est pour l’instant resté discret. L’édition a en réalité surtout été marquée par plusieurs sorties racistes.

    Tout a d’abord commencé avec l’ex-joueur yougoslave, Rade Bogdanovic. Pour expliquer l’erreur du défenseur belge Nathan Ngoy, l’ancien buteur de l’Atlético Madrid aujourd’hui consultant pour la télévision serbe, n’a regardé que la couleur de sa peau : « J’ai toujours dit que ces joueurs, et je ne suis pas raciste, mais que ces joueurs noirs n’ont pas la concentration pour tenir plus de soixante à quatre-vingt minutes ». L’ancienne star allemande Bastian Schweinsteiger, chouchou d’Angela Merkel à l’époque où la Mannschaft était championne du monde, n’a pas été plus heureux dans ses propos en parlant de la sélection ivoirienne comme d’une équipe « de football africain », « parfois peu orthodoxe, un peu sauvage, pas tout à fait tactique ».

    En conférence de presse, un journaliste n’a pas non plus hésité à demander au coach et à un joueur du Sénégal comment ils comptaient remédier « aux problèmes de concentration » des équipes africaines.

    Malheureusement, ce Mondial, où l’Afrique a brillé puisque 9 des 10 équipes engagées ont passé le premier tour, s’est donc aussi accompagné des pires préjugés racistes.

    Mbappé, un « Camerounais issu de la colonisation »

    Mais les propos les plus scandaleux sont arrivés du Paraguay. Suite à l’élimination de l’équipe nationale contre la France (1-0), la sénatrice Celeste Amarilla a violemment attaqué Kylian Mbappé. Sur X, elle écrit à propos du numéro 10 de l’équipe de France : « Cet abruti n’a même pas appris à écrire. Au lieu de téter le lait maternel, il tétait des noix de coco, et les êtres les plus instruits qu’il ait jamais entendus étaient des chimpanzés. Un Camerounais issu de la colonisation, s’efforçant désespérément de passer pour un Français. »

    Les propos de la parlementaire membre de l’opposition ont fait le tour de la planète. Mbappé a alors reçu le soutien de la Fifa, de l’UEFA, de la FFF, du gouvernement paraguayen qui a présenté ses excuses à la France, de l’ONU et de nombreux responsables politiques dont le chef de l’État français. Le parquet de Paris a même ouvert une enquête contre la sénatrice paraguayenne.

    Mbappé a tout de même tenu à lui répondre : « Vous êtes une femme méprisable et indigne de sa fonction. Vous ne représentez pas le Paraguay, ce pays qui a transpiré la passion et l’honneur tout au long de la compétition. Par votre inconscience et votre racisme décomplexé, le monde entier a déjà oublié le parcours et l’effort historique que vos joueurs ont réalisés durant cette Coupe du monde », a répondu l’attaquant du Real Madrid sur ses réseaux sociaux. La sénatrice a profité de cette réponse pour réaffirmer ses propos et insulter à nouveau le capitaine tricolore de « fils de p*** ». Ses déclarations rappellent les chants et insultes déjà entendus en Argentine après la victoire de l’Albiceleste lors du dernier championnat du monde.

    Mais ces propos sont aussi audibles en France. Sur les réseaux sociaux, l’équipe de France, pas assez « blanche » selon certains, est régulièrement qualifiée « d’équipe africaine » qui ne représenterait donc pas les Français. Les propos de Kylian Mbappé ou de Jules Koundé contre l’extrême droite ne sont pas non plus passés inaperçus de ce côté de l’échiquier politique.

    Le football, sport le plus populaire au monde, qui se veut porteur de valeurs d’inclusion et de fraternité a encore du travail pour changer les mentalités.

  • Un colloque pour décrypter l’anéantissement de Gaza

    Un colloque pour décrypter l’anéantissement de Gaza

    Faire face à l’anéantissement de Gaza. C’est le thème du colloque organisé durant deux jours au Mucem (2e), ces 21 et 22 mai. Tenu dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, le rendez-vous ambitionne de réunir « des artistes et chercheurs de Gaza (…), des institutions culturelles et artistes engagés pour la Palestine, ainsi que des spécialistes de la région et des migrations artistiques ».

    La journée de jeudi, après un accueil introductif d’une trentaine de minutes le matin, s’est ouverte avec un « état des lieux » de l’anéantissement à Gaza. Animée par la journaliste d’Orient XXI Sarra Grira, la rencontre a été l’occasion de revenir sur la destruction du patrimoine gazaoui. Une présentation assurée par Ahmed Ashour, chercheur à l’Université de Tours, spécialiste des politiques culturelles et de l’apprentissage communautaire dans des contextes marqués par la guerre et l’oppression.

    Aïda Delpuech, journaliste indépendante, a évoqué l’écocide en cours à Gaza, d’après elle outil important de la destruction durable de l’enclave. « Attaquer l’écosystème palestinien fait partie du mode opératoire israélien. Il faut comprendre que l’écocide est d’abord un outil du génocide à court terme, car si on prive une population de ses outils de production agricole, on alimente la famine et donc le génocide en cours, détaille-t-elle. Mais aussi à long terme : les bombardements rendent Gaza inhabitable pour une longue durée. On détruit les écosystèmes sur le moment, mais aussi après, avec des ressources, comme les sols, l’eau, l’air, qui sont durablement contaminées. »

    Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les territoires palestiniens occupés, est également intervenue, en visioconférence. « Nous devons accepter que nous vivons une destruction totale de ce qui est la Palestine en tant qu’identité », martèle-t-elle. Et de rappeler la définition des termes qu’elle emploie : « On parle de génocide lorsqu’il y a volonté de détruire totalement ou partiellement un groupe et religieux. Ici, la volonté n’est pas cachée. » D’après le ministère de la Santé du Hamas, plus de 70 000 personnes sont mortes dans l’enclave palestinienne, chiffre jugé fiable par l’ONU, depuis l’attaque terroriste du 7-Octobre du Hamas sur le sol israélien, qui a déclenché la guerre à Gaza.

    Protestations

    C’est notamment pour protester contre la présence de Francesca Albanese que le président du Crif Marseille, Bruno Benjamin, avait appelé, en début de semaine, à un rassemblement devant les portes du Mucem, qualifiant la rapporteuse de l’ONU d’« antisémite notoire ». Il reproche aussi à l’événement d’être trop orienté politiquement et exige qu’il y ait « la même chose pour le 7-Octobre ». Lui et une trentaine de soutiens, dont le collectif Nous vivrons, sont venus manifester, jeudi matin, devant le musée. En réaction, plusieurs collectifs de défense de la Palestine sont, eux aussi, venus protester. « Mettre sur le même plan le dominant et le dominé, le colonisateur et le colonisé, ça n’a strictement aucun sens », s’est indigné Pierre Stamboul, membre de l’Union des juifs français pour la paix, collectif pro-palestinien.

    Les 428 militants de la flottille pour Gaza expulsés d’Israël

    Les quelque 430 militants de la Global Sumud flotilla, interceptés entre lundi et mardi au large de Chypre par les forces israéliennes, ont finalement été renvoyés en Turquie. Jusque-là détenus dans la prison israélienne de Ktziot, ils ont, jeudi, « tous été expulsés », a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien. Mercredi, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, avait provoqué un tollé international en publiant une vidéo montrant des militants agenouillés et les mains liées.

  • [Entretien] Jean-Louis Gély :  En matière touristique, notre priorité est la qualité »

    [Entretien] Jean-Louis Gély :  En matière touristique, notre priorité est la qualité »

    La Marseillaise : Qu’est-ce que la labellisation Géoparc va changer pour le département ?

    Jean-Louis Gély : Pour visibiliser ce patrimoine, en prendre conscience d’abord et le communiquer à tout le monde ensuite, afin de le rendre le plus accessible possible, encore fallait-il le structurer, l’organiser et le valoriser. Le label de l’Unesco nous permet de concrétiser et de valider cette démarche, bien mieux que si nous n’étions qu’entre nous, et de l’inclure concrètement dans notre vision territoriale globale et dans notre philosophie de tourisme durable. C’est une chance pour les entreprises, les artisans, les associations, les agriculteurs, entre autres acteurs, d’attirer et de développer de nouveaux projets.

    Comment comptez-vous accompagner cette labellisation ?

    J.-L.G. : Dans l’immédiat, un événement convivial est prévu pour associer à cette réussite tous les acteurs qui y ont contribué : communes, communautés de communes concernées, géomédiateurs, géopartenaires, autres partenaires institutionnels. Ce sera en juin.

    Quelles sont les retombées touristiques et économiques attendues ?

    J.-L.G. : C’est difficile à évaluer précisément. Dans d’autres Géoparcs labellisés par l’Unesco, une hausse de la fréquentation a été observée à hauteur de 30%. Mais nous ne sommes pas dans une course à l’échalote et surtout pas dans une recherche de massification. Bien sûr, l’appréciation quantitative des flux est un objectif, en vue, notamment, de faire tourner l’économie de nos territoires : hébergeurs, restaurateurs, commerçants… Et je ne doute pas que cela va se produire. Mais notre priorité, en matière touristique, c’est la qualité et la valorisation.

    Kléber Mesquida parle du « commencement d’une nouvelle étape », quels sont les nouveaux objectifs ?

    J.-L.G. : C’est une nouvelle étape parce que l’obtention du label de l’Unesco est à la fois une distinction, une reconnaissance et un moment fort pour notre engagement concret. Il est attribué pour une durée de quatre ans : à cette échéance, une réévaluation devra intervenir. Les acteurs du territoire vont donc conduire un travail s’articulant autour des cinq axes stratégiques définis : coordination de la démarche, communication, préservation et valorisation, éducation et développement du tourisme durable.

  • [Passerelle interculturelle] La beauté du chinois : une langue entre héritage et ouverture

    [Passerelle interculturelle] La beauté du chinois : une langue entre héritage et ouverture

    Récemment, le président chinois Xi Jinping a répondu à une lettre d’enseignants et d’élèves d’une classe de chinois dans une école internationale située en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en France. Dans sa réponse, il a souligné que la langue chinoise transmet l’héritage de plus de 5 000 ans d’histoire et que chaque caractère renferme une part de cette mémoire collective. Il a également rappelé que l’apprentissage du chinois permet de mieux comprendre la Chine, ancienne comme contemporaine, tout en contribuant au rapprochement entre les cultures.

    La beauté du chinois s’exprime d’abord dans sa forme. De nombreux caractères sont issus d’anciennes représentations visuelles, ce qui confère à l’écriture chinoise une valeur esthétique singulière, où le sens et la forme sont étroitement liés.

    Elle se manifeste également dans le son. Le système des quatre tons donne au chinois une musicalité particulière, marquée par des variations de hauteur et de rythme. Cette caractéristique confère à la langue une dimension sonore proche de celle d’une composition, notamment dans la poésie classique.

    Au-delà de la forme et du son, le chinois se distingue par sa capacité à suggérer. L’expression y est souvent concise, laissant place à l’interprétation et à la nuance. Quelques mots peuvent suffire à transmettre une idée complexe ou une émotion subtile, ce qui reflète une certaine manière de penser et de concevoir le langage.

    Comprendre les dynamiques culturelles contemporaines

    Dans la lettre adressée au président chinois, les élèves français ont partagé leur expérience d’apprentissage ainsi que leur intérêt pour la culture chinoise. Ils ont également exprimé leur volonté de renforcer les échanges avec les jeunes chinois. Cet exemple illustre le rôle croissant du chinois comme vecteur de dialogue entre les pays.

    Dans sa réponse, Xi Jinping a invité les jeunes français et européens à se rendre en Chine afin d’étudier, voyager et découvrir une société contemporaine en transformation. Il a encouragé les élèves à faire du chinois un compagnon durable, capable de les accompagner dans leur parcours personnel et professionnel.

    À l’heure où les échanges internationaux se multiplient, le chinois apparaît de plus en plus comme une langue d’ouverture. Son apprentissage ne se limite pas à l’acquisition de compétences linguistiques : il permet aussi d’accéder à une autre vision du monde et de mieux comprendre les dynamiques culturelles contemporaines.

    La beauté du chinois réside ainsi dans cet équilibre entre tradition et modernité, entre précision et suggestion, entre enracinement et ouverture. À l’occasion de la Journée internationale de la langue chinoise, elle se révèle non seulement comme une richesse culturelle, mais aussi comme une passerelle entre les peuples.

    dongqiao@cctv.com

  • À Barcelone, un sommet progressiste contre l’internationale de la haine

    À Barcelone, un sommet progressiste contre l’internationale de la haine

    Les leaders de plus d’une vingtaine de pays se sont réunis samedi à Barcelone pour un sommet international progressiste, dans le cadre de la quatrième édition de Global Progressive Mobilisation. La veille, s’était tenu une rencontre entre l’Espagne et le Brésil qui consacrait un large accord entre Pedro Sanchez et Lula da Silva. Parmi les autres participants pour la journée du samedi, étaient présents notamment : Claudia Sheinbaum présidente du Mexique, le président de la Colombie Gustavo Petro, Catherine Connolly présidente d’Irlande, Inga Ruginiené première ministre de Lituanie, Lars Klingbeil vice-chancelier d’Allemagne, David Lammy vice-Premier ministre du Royaume-Uni… Pour leur part, Hillary Clinton, Michelle Bachelet, Bernie Sanders et le maire de New York Zhoran Mamdani, ont envoyé des messages de salutations et appellent aussi à la mobilisation progressiste du monde.

    Les représentants de tous les pays ont notamment réclamé que l’ONU joue un rôle plus transcendant, et décidé d’explorer les mécanismes pour améliorer la gouvernance digitale, diagnostiquant que la désinformation passe par les réseaux sociaux. Ils ont également convenu que pour faire face à l’extrémisme, il faut mener un « combat contre les inégalités ». Le diagnostic étant que l’extrême droite prospère quand les pouvoirs publics ne sont pas en capacité d’offrir des solutions aux citoyens.

    Il a d’ailleurs été décidé d’impulser un « agenda pour la justice sociale » qui mette en avant « la cohésion, l’égalité des opportunités, la participation de la jeunesse et l’égalité des genres ». À ce propos, la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, a estimé que « la démocratie implique la liberté, mais que la liberté reste un mot creux si elle n’est pas accompagnée de justice sociale ».

    Le président du Brésil, Lula da Silva, a dénoncé la dérive belliciste des États-Unis. Adressant un message pour l’ONU, Lula a déclaré : « Accomplissez votre obligation de garantir la paix du monde, et arrêtez la folie de la guerre. La crédibilité de l’ONU doit être restituée (…) l’invasion de l’Irak a été basée sur un mensonge, la destruction de la Lybie a été basée aussi sur un autre mensonge et le génocide de Gaza est commis au nom d’un autre grand mensonge. » Lula a pointé les États-Unis, qui sont « les créateurs de guerres successives, le monde vit une dérive dangereuse (…) défendre la politique internationale aujourd’hui, c’est défendre un multilatéralisme réformé et défendre que le droit prévale sur la force et que la paix prévale sur la guerre ».

    Tout au long de ces deux journées, les leaders de gauche et de centre gauche ont réactivé un pôle d’opposition au monde que dessine Donald Trump, et un contrepoids à ce que Pedro Sanchez appelle l’internationale de la haine. « Le temps de l’intervention de l’ultradroite et de ses valets de la droite est arrivé à son terme, ce sommet est le point d’inflexion pour une alliance qui à partir de maintenant sera orgueilleuse d’exister, une alliance progressiste, pacifiste, écologiste et féministe. »

    Cette rencontre de Barcelone a été aussi l’occasion pour les chefs de gouvernement d’Espagne, du Brésil et du Mexique d’émettre un communiqué commun à l’issue de cette journée de samedi en soutien à Cuba : « Nous exprimons notre énorme préoccupation pour la grave crise humanitaire que traverse le peuple cubain et nous demandons que soient adoptées les mesures nécessaires pour soulager cette situation (…) et que soient évitées les actions qui aggraveraient les conditions de vie de la population, ou celles qui sont contraires au Droit international. »

  • Un soldat français tué dans une embuscade au Liban

    Un soldat français tué dans une embuscade au Liban

    « La Nation s’incline avec respect et adresse son soutien aux familles de nos soldats et à tous nos militaires engagés pour la paix au Liban. Tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah », a déclaré le président français Emmanuel Macron sur X.

    Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a « condamné fermement » cette embuscade, soulignant que selon les premières conclusions de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), les Casques bleus ont « essuyé des tirs d’acteurs non étatiques, présumés appartenir au Hezbollah », chiite pro-iranien.

    Le sergent-chef Florian Montorio, rattaché au 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, dans le sud-ouest de la France, a été tué « par un tir direct à l’arme légère », dans la région de Deir-Kifa, a précisé la ministre française des Armées Catherine Vautrin.

    Âgé de 40 ans, ayant servi sur de nombreux théâtres d’opérations depuis son engagement en 2007, il était « un militaire d’exception », a dit son chef de corps, le colonel Jérémy Akil, saluant un homme « profondément généreux et courageux ». Père de deux filles, il était « au terme de son parcours militaire » et devait revenir à la vie civile « d’ici quelques mois ». C’est le deuxième militaire français tué dans l’embrasement de la région après le début fin février des attaques américaines et israéliennes contre l’Iran.

    « L’arrestation

    des coupables »

    « La France exige des autorités libanaises qu’elles arrêtent immédiatement les coupables », a ajouté M. Macron, et qu’elles « prennent leurs responsabilités aux côtés de la Finul ». Le président libanais Joseph Aoun a condamné l’attaque contre les Casques bleus français et a promis de poursuivre les responsables. La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a dénoncé une attaque « délibérée », estimant également que les auteurs de l’embuscade étaient vraisemblablement du Hezbollah. Forte de près de 8 200 militaires de 47 nations, dont plus de 600 Français, la Finul est régulièrement attaquée. Trois Casques bleus indonésiens ont été tués fin mars.

    « Le Hezbollah nie avoir un lien avec l’incident survenu avec la Finul », a affirmé dans un communiqué le groupe islamiste chiite allié de l’Iran, installé au Liban où il exerce une énorme influence et est en guerre contre Israël.

    De son côté, Emmanuel Macron recevra mardi le Premier ministre libanais Nawaf Salam, a indiqué dimanche l’Élysée, alors que la situation reste très instable au Liban où un cessez-le-feu fragile est entré en vigueur. S’il sera évidemment question, lors de cette rencontre, de la récente attaque contre les forces françaises de la Finul, « cette visite sera l’occasion pour le chef de l’État de rappeler son attachement au respect plein et entier du cessez-le-feu au Liban, le soutien de la France à l’intégrité territoriale du pays et aux actions entreprises par l’État libanais pour assurer la souveraineté pleine et entière du pays et le monopole des armes », a souligné la présidence française.