Tag: Occitanie

  • [Expo] Être civil dans l’Hérault pendant la Seconde Guerre mondiale

    [Expo] Être civil dans l’Hérault pendant la Seconde Guerre mondiale

    Face aux horreurs des guerres, les populations civiles sont les premières impactées. Des drames et des tragédies que le Département de l’Hérault a voulu mettre en lumière avec sa nouvelle exposition au domaine Pierrevives, jusqu’au 9 mai 2026. Intitulée « Vivre la guerre en Hérault », celle-ci explore le quotidien des habitants durant la Seconde guerre mondiale. L’occupation, les rationnements, la répression, la collaboration, la résistance : aucun aspect n’est oublié, tous représentés par une multitude d’objets et de documents d’époque.

    L’exposition est découpée en quatre parties thématiques. La première, « Sauver », s’attache à montrer la défaite française sous un angle politique. « C’est une sorte de face-à-face entre Pétain et de Gaulle. On montre comment Pétain, qui au départ jouit d’une opinion plutôt favorable et est vu comme le sauveur de la France, l’homme providentiel, va au fur et à mesure devenir le traître », détaille Véronique Sassetti-Aguilera, conservatrice du patrimoine en chef aux Archives départementales de l’Hérault et commissaire de l’exposition. L’inverse de de Gaulle, vu d’abord comme un traître par les institutions avant de devenir l’homme providentiel.

    Un salon reconstitué

    Très vite, le régime de Vichy se met en place et débute avec lui la collaboration avec l’occupant allemand. Un climat de terreur s’installe et il faut donc « Survivre » pour beaucoup d’Héraultais. « On traite des difficultés de ravitaillement, on reconstitue l’intérieur d’un salon des années 1940, on expose des objets insolites comme un poste TSF, des documents de propagande », poursuit Véronique Sassetti-Aguilera. L’absence des prisonniers de guerre puis la mise en place du STO viennent compléter ce sombre tableau. « Il y a vraiment un aspect peur et discrimination puisque Vichy est une administration pléthorique qui enquête sur tout, surveille tout le monde. C’est vraiment un État autoritaire pratiquant des révisions de naturalisation, des lois antisémites, etc. », insiste la commissaire d’expo.

    Dès lors, les Héraultais se sont tournés vers la Résistance ? Pas vraiment, comme le montre la troisième partie, « Collaborer vs résister ». « C’est une période trouble, les choix de collaboration ou de résistance sont exceptionnels, la majorité de la population ne se positionne pas. Elle fait ce qu’elle peut dans un sens ou dans l’autre, en fonction des opinions, parfois par opportunisme. La contingence du quotidien peut également jouer, quand le mari est prisonnier de guerre et que l’on doit nourrir sa famille, cela peut être difficile de se positionner. C’est de la réprobation ou de l’acceptation silencieuse », observe Véronique Sassetti-Aguilera, illustrant ces propos par des Héraultais allant acclamer Franco lors de sa rencontre avec Pétain à Montpellier, en 1941 – le maréchal avait d’ailleurs pris le soin d’interner préventivement des réfugiés espagnols installés à Montpellier au camp d’Agde – tout en écoutant Radio Londres. De l’autre côté, des parcours de vie de résistants locaux sont mis en lumière – notamment Laure Moulin – afin de montrer « qu’il n’existe pas de profil type du résistant ».

    Vient ensuite la fin de la guerre, la libération du département et la « Reconstruction ». « C’est refaire société après la fracture qu’a été la Seconde guerre dans la société française. Avec le travail d’épuration judiciaire et extrajudiciaire, la création de l’État providence, le retour des déportés et des prisonniers. Enfin le droit de vote des femmes et la construction de l’Europe et la réconciliation franco-allemande », énumère Véronique Sassetti-Aguilera.

  • [Grand entretien] Samuel Hervé : « J’espère que le site de Vergèze sera maintenu »

    [Grand entretien] Samuel Hervé : « J’espère que le site de Vergèze sera maintenu »

    TAXES TRUMP

    LM : Quels sont les effets des droits de douane en Occitanie ?

    S.H. : Trump a une diplomatie économique qui n’est pas celle qu’on a connue pendant des années. Cela génère un inconfort supplémentaire. Il s’amuse avec le dollar sur les taux d’intérêt, que va-t-il se passer pour nos emprunts, nos investissements ? On est sur une inflation contenue autour de 2% mais il suffit d’une mauvaise humeur pour faire monter les taux. En France, l’agroalimentaire avec l’agriculture est le secteur qui souffre le plus des droits de douane. L’aéronautique est passée à 0% sur demande de Boeing. Les sous-traitants automobiles, les produits de luxe, les vins, fromages… sont taxés à 25%. Pour les viticulteurs c’est un vrai sujet. 6 000 emplois pourraient être perdus dans l’industrie de la beauté.

    ENTREPRISES & EMPLOI

    LM : Avec la fin des aides Covid, y a-t-il plus de défaillances d’entreprises ?

    S.H. : Au 2e trimestre 2025 en Occitanie, on a eu +19% de défaillances. Les petites entreprises et de plus de 100 salariés sont touchées dans le bâtiment, l’hôtellerie restauration. Plusieurs facteurs jouent dont la fin des prêts garantis par l’État (PGE) combinée à l’inflation qui a fait un effet ciseau.

    La verrerie pourrait fermer, êtes-vous inquiet pour l’emploi industriel ?

    S.H. : J’espère que la décision du tribunal pour Perrier va permettre à Nestlé Waters de maintenir le site et le sous-traitant à Vergèze. On est inquiet mais l’Occitanie est la seule région où le solde net d’usines (création/destruction) est positif (+9). Si on veut garder l’industrie, il faudra que la fiscalité, le coût du travail et la simplification soient abordés.

    Les délocalisations ne vous révoltent pas, c’est la loi du marché ?

    S.H. : Pardon tout le monde fait ses calculs. Vous feriez sans doute les mêmes. On peut attendre des grands groupes davantage de responsabilité sur les délais de paiement. Mais pourquoi j’irai produire plus cher ici qu’ailleurs ? Il ne faut pas leur demander de se tirer une balle dans le pied.

    Mais un jour la France ne produira plus rien…

    S.H. : On doit être fort sur les sujets qui créent une forte valeur ajoutée : la RD, l’innovation, le numérique, l’aéronautique. Vouloir garder en France des industries mondialisées, non différenciantes, c’est très compliqué. On peut aussi travailler sur des sujets de souveraineté alimentaire, de défense, de cybersécurité, du nucléaire. Stop aux petits calculs, l’État doit poser les grands enjeux.

    INSTABILITÉ & INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

    LM : Quels effets l’instabilité politique a-t-elle sur le moral et les décisions des chefs d’entreprise en Occitanie ?

    Samuel Hervé : Des études de la Banque de France en Occitanie ou le baromètre de la CCI régionale montrent que si on sort le secteur aéronautique qui tire l’économie vers le haut, on a dans les autres secteurs comme le BTP, l’hôtellerie-restauration, le numérique, les services sanitaires, social et à la personne, tous souffrent de difficultés de visibilité, de capacité à se projeter. Comparé à l’an passé, tous voient leurs chiffres d’affaires, perspectives d’investissement (à l’arrêt) et d’embauche diminuer. Quand vous ne savez pas à quelle sauce vous allez être mangés… On assiste à un grand concours Lépine de toutes les fiscalités possibles. Tout le monde attend. Le contexte international peut aussi un peu jouer quand les règles du jeu peuvent changer du jour au lendemain avec Trump.

    Voyez-vous l’IA comme un atout ou un danger pour l’emploi ?

    S.H. : Le Medef a fait un IA tour dans chaque département. On avait une centaine de chefs d’entreprise chaque fois. L’enjeu c’est de surfer sur la vague et de ne pas se faire submerger. Il faut bien connaître les valeurs de cet outil, ses forces et ses faiblesses, dans son entreprise, indépendamment de l’IA. La cité de l’économie et des métiers de demain avec le groupement Leader et l’appui de la Région ont lancé le programme « IA, on accélère ». Il y a 2 promos de 20 entreprises. On est accompagnés sur les différences d’IA (générative, prédictive…). Par exemple, dans ma PME de restauration collective j’ai une dette technologique à résorber pour récupérer des données accumulées depuis 18 ans. On peut aussi faire en sorte que les collaborateurs se concentrent sur leur cœur de métier. Il y a aussi risque de la substitution. Je ne mettrais pas des garde-fous légaux mais à la main du patron. Trouver des salariés impliqués est précieux, je ne connais pas beaucoup de patrons qui s’en séparent même si la compétence est substituable. On peut acheter de la compétence, pas de la motivation.

    TAXATIONS & RETRAITES

    LM : Vous refusez plus de fiscalité mais les profits du CAC40 sont énormes : 131 milliards en 2024. Ne faudrait-il pas taxer plus les gros et moins les petits ?

    S.H. : Si on regarde l’addition des 53 milliards d’économies, il y en a 31 sur les gros. Il y a en France un CAC40 bashing un peu terrifiant. On devrait se féliciter d’avoir des champions français, européens, ce sont des boîtes transnationales. L’activité de Total est déficitaire en France, ils pourraient s’en débarrasser mais ils la gardent. L’essentiel du prix à la pompe c’est des taxes. Par ailleurs, on demande aux grands groupes de continuer à faire de l’apprentissage alors qu’ils n’ont plus aucune aide. Opposer les grands aux petits c’est une vision idéologique. Les gros sont aussi des donneurs d’ordre. Beaucoup de PME et PTE travaillent avec les patrons du CAC40. A travers eux, on risque d’affaiblir le tissu régional. Aujourd’hui, le capital est moins bien rémunéré en France qu’en Allemagne, en Italie, en Suède. Une étude de l’OFCE montre aussi que le niveau de rémunération (des salariés) comparé à la valeur ajoutée créée par les entreprises est le plus élevée en France.

    Vous étiez dans le Conclave. Pourquoi avoir quitté la conférence sociale ?

    S.H: On est allés au Conclave alors que nos cousins n’y sont pas allés et que personne ne les a questionnés. Cette réforme des retraites était passée, ce n’était plus un objet de discussion. Ça a été remis sur le tapis pour des calculs politiciens, on n’était pas pour. On est allé plus loin que beaucoup de positions qu’on avait pu avoir : sur les carrières des femmes, la prévention de la pénibilité, des carrières longues. Là, avec la suspension, on ne fait plus de prospective, on devient instrumentalisés politiquement, on n’en a pas envie. Pareil sur l’assurance chômage, la réforme était passée il y a 2 ans. On a rouvert la boîte de pandore, c’était du pain béni pour les syndicats (salariés). Je peux concevoir que le 49-3 n’ait pas plu mais il reste un outil constitutionnel. Ce n’est pas un déni de démocratie.

    C’EST QUOI UN BUDGET RESPONSABLE ?

    S.H. : Un budget qui conjugue la capacité d’un pays à pouvoir continuer à faire de la croissance. Si on veut protéger le modèle social, la capacité des entreprises à faire de l’emploi, on ne peut pas assécher les conditions de création de valeur. Il n’y a plus d’incitation fiscale pour les entreprises à créer de la valeur. Les systèmes sont parfois confiscatoires. Ça résonne sur l’investissement, sur l’emploi ce qui fait moins de cotisations sociales qui rentrent. Taper sur les entreprises plutôt que sur les dépenses de l’État ce n’est pas responsable.

  • Une nouvelle manifestation dans l’Hérault et le Gard pour dire non à l’austérité

    Une nouvelle manifestation dans l’Hérault et le Gard pour dire non à l’austérité

    Alors que les discussions autour du budget s’éternisent chez les parlementaires, les syndicats – la CGT, la FSU, Solidaires – entendent peser sur le débat en appelant à manifester dans tout l’Hérault et le Gard* le 2 décembre prochain. Et remettre ainsi les revendications sociales à l’ordre du jour. Notamment une hausse des salaires ainsi que leur indexation sur l’inflation, dans un contexte « d’effondrement du pouvoir d’achat pour les fonctionnaires, les salariés et les retraités », soupire Stéphane Audebeau, co-secrétaire de la FSU héraultaise. La retraite sera également au centre des revendications. « Nous demandons l’abrogation de la réforme des retraites, il a été réalisé un premier petit pas avec son décalage de trois mois mais il faut aller plus loin », poursuit Stéphane Audebeau.

    Surtout, les syndicats mobilisés dénoncent la copie austéritaire du budget préparée par le gouvernement Lecornu. « Les mobilisations de la rentrée ont permis de mettre au cœur des débats une volonté de justice sociale et fiscale. Mais depuis le début de l’examen du budget au Parlement, tout a été fait pour éviter ces questions. Par exemple, le rapport sénatorial faisant état de 211 milliards d’aides publiques versées chaque année sans contrepartie est complètement mis de côté, c’est un sujet tabou, on n’y touche pas », soupire Ludovic Sigal, de la CGT 34. Une preuve selon lui que l’argent est bel et bien là. Un meilleur conditionnement de ces aides permettrait de remplir les caisses de l’État.

    Supercherie de déficit

    Pourtant, la majorité présidentielle et la droite érigent le sacro-saint déficit comme l’unique boussole justifiant de réduire drastiquement les dépenses, impactant de facto les plus précaires, au risque de creuser un peu plus le fossé des inégalités. « Le déficit, qui est utilisé pour faire la guerre aux travailleuses et aux travailleurs, est une construction politique. C’est une arme utilisée pour détruire les acquis sociaux. Le déficit est construit par les baisses d’impôt des plus riches et la hausse des subventions aux entreprises, qui ne sont jamais évaluées », fait valoir Christine Saint-Joanis, de la FSU 34. En effet, d’autres mécanismes existent réduire ce déficit : une augmentation des cotisations via une hausse des salaires et des pensions, l’égalité salariale entre les femmes et les hommes ou encore une taxation des plus hauts patrimoines.

    Mais force est de constater que rien de tout cela n’est retenu par le gouvernement. À l’inverse, « on subit une contre-offensive : il faut faire attention au trou de la Sécu qui va atteindre 24 milliards, notre système de retraite est à bout de souffle et il faut produire de la capitalisation. C’est inadmissible. Le 2 décembre, il y a nécessité et urgence de redonner la parole à la rue et qu’elle reprenne la main », insiste Ludovic Sigal. Une contre-offensive qui s’en prend également aux fonctionnaires. « La fonction publique va servir de variable d’ajustement budgétaire. Mais ce n’est pas un coût, c’est une richesse. Ce n’est pas à ses agents de payer les choix budgétaires qui préfèrent faire des cadeaux fiscaux aux plus aisés plutôt que de consolider les recettes », souligne Patrick Schevin, de Solidaires 34.

    Les syndicats espèrent donc que ce mécontentement se traduise en nombre mardi 2 décembre prochain, car bien que le budget final ne soit pas encore connu l’ébauche esquissée laisse craindre le pire. « Il est clair qu’une fois qu’on sera fixé, il va y avoir des réactions du monde du travail. Le 2 décembre doit être un marche-pied », espère Ludovic Sigat.

    *Bédarieux départ à 10h30 à la maison des syndicats ; Béziers départ à 10h30 à la Bourse du travail ; Clermont-l’Hérault départ 11h sur les Allées Salengro ; Montpellier départ à 10h30 à la CPAM ; Sète départ à 12h sur la place de la mairie ; Nîmes départ 14h30 à la Maison Carrée ; Alès départ 10h de la sous-préfecture.

  • [Entretien] Romane Bernies : « Je suis devenue une joueuse différente »

    [Entretien] Romane Bernies : « Je suis devenue une joueuse différente »

    La Marseillaise : La rencontre entre Montpellier et Bourges, n’est-ce pas le résumé de votre histoire ?

    Romane Bernies : Jusqu’à la fin de ma carrière, Bourges sera toujours un match un peu particulier. Je suis contente de le retrouver car cela promet un gros match.

    Vous avez débuté là-bas. Vous étiez meneuse avec Céline Dumerc. Être meneuse à ses côtés, est-ce comme être demi-mêlée en équipe de France au côté de Dupont ?

    R.B. : Oui, si on veut comparer à d’autres sports. Elle était à l’époque à l’apogée de sa carrière. C’était après les Jeux Olympiques de Londres. Elle marchait un peu sur l’eau. Elle était alors sûrement la meilleure meneuse européenne et une des meilleures mondiales. J’ai eu beaucoup de chance d’apprendre, et démarrer dans le monde pro, à ses côtés. Elle a été une source d’inspiration et m’a aidé à grandir. Il n’y avait vraiment pas meilleur modèle d’autant que je l’apprécie au-delà du basket.

    Était-il indispensable de prendre l’air ?

    R.B. : Il a fallu à un moment que je m’envole un petit peu et que j’aille chercher des responsabilités ailleurs. Céline était là et je n’étais pas encore assez étoffée pour prendre sa place. J’avais envie de sortir de cette case de doublure de Céline Dumerc. J’avais envie d’être Romane Bernies. Au bout d’un moment, je suis partie et je suis contente de ce choix. Il fallait le faire. Cela n’a pas été simple parce qu’à Bourges, on est bien, on gagne des titres. J’ai beaucoup aimé mon passage là-bas.

    En quoi vous êtes une autre joueuse aujourd’hui ?

    R.B. : En termes de confiance en soi et d’expérience, bien évidemment. J’ai beaucoup plus confiance en moi. Je sais de quoi je suis capable. Je sais par où je suis passé aussi. Quand j’étais jeune, je ne me sentais pas trop légitime. C’était des fois un petit peu compliqué. J’avais les qualités physiques et de basket, mais la confiance faisait défaut. J’ai pris en maturité. Je suis bien évidemment une joueuse un peu différente en ce sens-là.

    Depuis deux ou trois ans, votre jeu a-t-il véritablement évolué ?

    R.B. : Oui, exactement. J’ai bien évidemment beaucoup travaillé ces dernières années pour développer mon tir extérieur, qui était un peu, je ne dirais pas une faiblesse, mais qui n’était pas un point fort. Je suis devenue plus ou moins une shooteuse. C’est gratifiant personnellement, mais surtout ça aide l’équipe. Si on m’avait dit ça il y a quelques années, j’aurais eu du mal à le croire. J’étais plus référencée comme meneuse qui jouait pour l’équipe et défend. C’est quand même cool de marquer des paniers.

    Cette évolution s’est-elle faite autour de 2024 ? Est-ce un tournant de votre carrière ?

    R.B. : 2024 a été dans ma carrière une des années les plus importantes parce qu’il y a eu bien évidemment ces Jeux Olympiques et ma sélection en équipe de France. Mais, ça a commencé déjà un petit peu avant. C’est à mon retour à Montpellier et en équipe de France que j’ai commencé à me construire. Ma carrière a pris un autre tournant à ce moment-là, alors que je ne pensais pas que ce soit possible. Ça a amené à cette sélection pour les Jeux olympiques, l’apogée de ma carrière.

    Est-ce le plus beau moment de ce que vous avez connu jusqu’à présent sur un terrain de basket ?

    R.B. : Oui, bien évidemment. Il n’y a pas grand-chose d’autre en tant que sportif de haut niveau qui puisse rivaliser avec les Jeux Olympiques. J’ai vécu pourtant de très bons moments dans ma carrière à Bourges ou ailleurs. La médaille, le fait de partager ça avec mes proches, ma famille qui était là aussi pendant tout ce tournoi-là. Tout ça rend bien évidemment la chose spéciale. Mais, ma carrière n’est pas encore terminée (sourire).

    Aspirez-vous à continuer votre carrière en équipe de France ?

    R.B. : Pour le moment, oui. Tant que je me sens bien physiquement, comme je le suis à l’heure actuelle, tant que l’équipe de France m’appellera, je répondrai présente parce que pour moi, c’est un grand honneur. Pendant beaucoup d’années, je n’ai pas eu la chance d’y être.

    Est-ce que Montpellier est armé pour jouer sur les deux tableaux à l’heure actuelle ?

    R.B. : À l’heure actuelle, oui, parce qu’on a la chance de ne pas avoir de blessés. Donc, si ça reste comme ça, on est capable de jouer sur les deux tableaux. Mais s’il arrivait quelque chose à quelqu’un, ça deviendrait peut-être compliqué à sept ou huit joueuses d’enchaîner ce rythme.

    Quelle est l’ambition de Lattes cette saison ?

    R.B. : C’est de gagner un titre, quel qu’il soit. Cela manque bien évidemment. Ça fait quelques années qu’on est plus ou moins loin et que l’on n’a rien gagné. Donc, c’est vrai qu’il faut concrétiser. On est des compétitrices. Ce qu’on retient, c’est les titres. Le Championnat de France est très dense encore cette année. Donc, c’est difficile de se projeter. On a l’objectif d’aller en finale, et si on y est, de gagner. En Coupe d’Europe, ça fait quelques années qu’on échoue en quart de finale. En Coupe de France, on n’est pas très bonne depuis quelques temps.

    On a l’impression que les JO de Paris pouvaient booster justement le sport féminin. Deux ans après, on ne peut pas dire que ce soit vraiment le cas.

    R.B. : C’est malheureusement pour tout le sport français en général. C’est pas que le sport féminin.Tout le monde pensait qu’après les JO, ça aiderait énormément. Même si les JO ont été réussies, peut-être au-delà des attentes, on avait espoir que ça allait changer des choses. Un an et demi après, on voit que c’est pas le cas. C’est triste car les sportifs, qui véhiculent beaucoup de belles émotions et de belles valeurs, le méritent.

  • Hydrogène, fret : le port de Sète se modernise

    Hydrogène, fret : le port de Sète se modernise

    Sète est une île singulière mais son port (maritime, pêche, plaisance), est loin d’être isolé. 18 ans après en avoir acquis la gestion auprès de l’État, la Région Occitanie poursuit la modernisation et la décarbonation du plus grand port d’Occitanie.

    Depuis l’arrivée de Carole Delga (PS) à la tête de la Région en 2016, pas moins de 600 millions d’euros ont déjà été investis avec les partenaires privés (290 ME). Ils ont déjà permis la réfection des quais (H, Mailhol), la rénovation du môle Masselin, la modernisation de la Criée ou la réhabilitation du canal du Rhône à Sète. Résultat : un trafic doublé (6 millions de tonnes de marchandises), un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros et plus de 2 300 emplois au lieu de 1 500 en 2015.

    À en croire la présidente de Région, qui prévoit de réinjecter 150 millions d’euros dans les ports d’ici 2030 et créer 200 emplois directs, ce n’est que le début. Avec la livraison de l’usine de transformation d’hydrogène vert et l’éolien flottant à Port-la-Nouvelle (Aude), le développement du port de Sète-Frontignan forme un binôme qui s’inscrit dans une « stratégie portuaire globale cohérente » qui doit participer à l’objectif que l’Occitanie devienne la première région d’Europe à énergie positive d’ici 2050. « La transition énergétique n’est pas une contrainte mais une opportunité pour inventer le port de demain et réindustrialiser notre pays », abonde Philippe Malagola, président du port.

    Le 25 novembre, la triple inauguration a été célébrée comme un tournant. D’abord Sète s’est dotée d’une drague Hydromer capable de nettoyer les ports et petits bassins de plaisance jusqu’à 36 mètres de profondeur. Construit à Concarneau, le navire de 70 mètres de long peut transporter jusqu’à 1 500 m3 de sédiments. En service depuis un an déjà, la drague a récupéré 440 000 m3. Il s’agit d’une « drague hybride à hydrogène au top des normes environnementales », se félicite le capitaine David Lenoble. Pour amortir son coût essentiellement financé par la Région (26,75 millions d’euros sur 30), la drague sera louée 3 mois de l’année à d’autres ports de la façade méditerranéenne.

    22 500 camions de moins

    Dès l’été 2026, un dispositif hydrogène (produit à Port-la-Nouvelle) sera implémenté à la drague, d’où « une réduction de 25% des émissions de gaz à effets de serre », se réjouit Carole Delga. Un outil complémentaire de l’électrification des quais H, G et du môle Masselin (7 millions d’euros). En attendant d’équiper le quai d’Alger pour raccorder les navires de croisière, ce sont déjà 4 800 tonnes de CO2 évitées chaque année, soit l’équivalent des émissions de 1 800 foyers. « L’électrification des quais sera obligatoire en 2030, on a 5 ans d’avance », insiste Carole Delga.

    Enfin, le port de Sète-Frontignan s’est doté pour 19,4 millions d’euros d’un nouveau terminal ferroviaire. Grâce à la technologie française Modalohr, le chargement horizontal permet de se passer de grues. Autant de gain de temps et de coûts. Gérée par VIIA, l’infrastructure permettra de transporter 22 500 semi-remorques entre Sète et Calais au lieu de 15 000 jusqu’ici (objectif à terme : 40 000/an). Un report modal vers le fret ferroviaire qui, là encore, limitera les camions sur les routes et éliminera 30 000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Un dispositif innovant qu’est venu saluer le nouveau patron de la SNCF, Jean Castex. L’occasion pour l’ancien Premier ministre de rappeler qu’en 2020, il avait accordé dans son plan de relance « des crédits » sur les mobilités, « en particulier le fret ».

  • La Marseillaise hebdo assoit son ancrage en Occitanie

    La Marseillaise hebdo assoit son ancrage en Occitanie

    Sept ans après la création de l’hebdo de La Marseillaise, qui avait succédé au quotidien l’Hérault du jour, c’est une nouvelle page du journal qui s’ouvre en Occitanie. Vendredi soir, au 56, rue de l’Industrie à Montpellier, La Marseillaise a confirmé son assise dans l’Hérault et le Gard en s’installant à sa nouvelle adresse. Lieu de travail, débats et rencontres, cette maison constitue aussi un « pôle médias » avec nos confrères de Divergence et Radio Clapas.

    Devant une centaine de
    fidèles lecteurs, de personnalités du monde syndical et
    associatif, des amis de La Marseillaise et d’élus de Montpellier, du Département et de la Région, la rédactrice en cheffe adjointe, Françoise Verna, a insisté, à trois mois des municipales, sur l’ambition d’être « le journal du débat public au service du droit à l’information plurielle ».

    Face aux « vents mauvais » de l’extrême droite, le directeur éditorial et président, Léo Purguette, a lui réaffirmé les valeurs progressistes de notre titre, né pour contrer l’occupation nazie. « Nous sommes le journal de la paix ». Face à la prédation des forces de l’argent et aux « fake news », il a rappelé son attachement à la « liberté de la presse, à une information vérifiée, de qualité pour éclairer les citoyens ».

    ILS ONT DIT

    Hervé Martin, adjoint au maire de Montpellier

    « La Marseillaise je l’ai connue il y a bien longtemps avec l’Hérault du jour, rue Durand, puis rue de la République. Aujourd’hui, elle s’installe dans ce quartier Restanque en plein renouveau. Ce journal est toujours resté fidèle à la parole de ceux qui sont en lutte.

    Dans les mouvements sociaux, on entend dire “enfin un média qui nous écoute sans nous tordre”. »

    Clara Gimenez, vice-présidente Montpellier Métropole

    « La Marseillaise est un journal précieux dans un contexte guerrier. On a besoin d’un journal qui défende les idées de lutte, de progrès.

    Être fidèle à ses valeurs, ne pas tordre le cou à la réalité, nous aider à défendre l’idée d’une société plus belle, un monde plus juste et pourquoi pas de nouveaux jours heureux. Bonne route et longue vie avec ce nouveau QG ! »

    Christian Bastid, vice-président Département du Gard

    « C’est un journal qui connecte les deux rives du Vidourle et avec qui nous partageons les mêmes valeurs.

    Un hebdo qui dit non à la guerre dévastatrice, oui à la paix. Nous sommes engagés sur des projets de conquête et reconquête pour les habitants et savons qu’on peut compter sur les forces vives de La Marseillaise pour lutter contre les mauvaises idées du RN. »

    Jean Almarcha, conseiller départemental de l’Hérault

    « Le président Mesquida vous avait reçus pour un débat “Protéger la République de proximité”. C’est un grand journal qui a combattu le nazisme, le fascisme et qui continue à s’engager pour la justice sociale, les libertés, la paix. À l’heure de la concentration des médias, la frontière entre l’info et la manipulation est très fine. Ce journal a toujours pris la défense des plus fragiles. »

    Christian Assaf, conseil régional d’Occitanie

    « C’est un moment joyeux et grave dans un moment dangereux. Partout où l’information disparaît, c’est la désinformation qui gagne. Les regroupements de presse aux mains de magnats comme Bolloré sont un danger pour la démocratie locale, notre République et la gauche. La Marseillaise, l’Huma ou Mediapart, qui sont du côté des invisibilisés, nous font honneur. »

  • Au Sitevi, à Montpellier, la solution miracle de l’arrachage

    Au Sitevi, à Montpellier, la solution miracle de l’arrachage

    À l’occasion de la tenue du Sitevi (Salon international des filières vitivinicoles), qui se déroulait à Montpellier du 25 au 27 novembre, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard était attendue de pied ferme par les viticulteurs pour répondre à la crise que traverse le secteur. En effet, dix jours plus tôt, entre 4 000 et 7 000 vignerons avaient exprimé leur colère dans les rues de Béziers. La veille de l’inauguration du salon, la locataire de la rue de Varenne s’était entretenue avec les représentants syndicaux afin de présenter un énième paquet de mesures pour relever la viticulture française.

    Au premier rang desquelles une enveloppe de 130 millions d’euros destinés à l’arrachage. « La viticulture française souffre à la fois de surproduction et de déconsommation, ce qui est source de grands déséquilibres économiques. Il nous faut donc, dans certaines régions, pas partout, diminuer le potentiel de production », souligne Annie Genevard. 70 millions devraient être déployés en 2026, « on fera à ce moment-là une première évaluation pour déployer le reste ensuite », poursuit la ministre, faisant valoir le fait qu’il « n’y a absolument aucun doute sur la somme sur laquelle le gouvernement s’est engagé ». À deux conditions néanmoins : un budget doit être adopté par les parlementaires et le « paquet vin » -permettant l’arrachage- doit être validé par l’UE.

    Suspendus à Bruxelles

    « Ce dispositif d’arrachage était attendu par une grosse partie de la viticulture, notamment ceux qui sont à bout et ceux qui doivent se restructurer », se félicite Jérôme Despey, numéro 2 de la FNSEA et président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault. Le dispositif devrait concerner 34 000 hectares dans toute la France. Si la FNSEA semble satisfaite de cette principale mesure, c’est un tout autre son de cloche du côté de la Coordination rurale (CR). « On poursuit une solution qui ne fonctionne pas depuis des années et qui coûte beaucoup d’argent, c’est encore un pansement sur une hémorragie », soutient Laurent Crouzet, coprésident de la CR34, craignant « ne pas être au rendez-vous quand le marché va reprendre, laissant plus de place aux importations ».

    À cela s’ajoutent 15 millions d’allègements de cotisations ainsi qu’une demande de fonds européens pour la distillation de crise. Comme souvent, les viticulteurs se retrouvent tributaires de Bruxelles. « Cela nous permettrait de répondre aux difficultés géopolitiques, comme les taxes Trump ou encore le conflit avec la Chine. Nous avons besoin immédiatement de cette réponse de l’UE. On n’est pas au rendez-vous », reprend Jérôme Despey. Une manière, selon lui, de faire remonter les prix en aval du fait « de ce plan qui élimine les excédents. J’appelle à la responsabilisation de la part des metteurs en marché et de la distribution. » Après la main invisible, la bouteille invisible ?

  • Combiner engagement et culture, le défi du 2030 festival à Montpellier

    Combiner engagement et culture, le défi du 2030 festival à Montpellier

    Fort du succès de ses deux premières éditions, le 2030 festival entend s’imposer un peu plus dans le monde culturel montpelliérain en revenant dans la capitale héraultaise, du 30 novembre au 7 décembre. Un « nouvel acte » faisant toujours la part belle au festivalier puisque ce dernier est au cœur de la manifestation. « En 2023, lors de la première édition, on avait fait le constat qu’il y a plein de lieux, de structures, d’associations, de personnes engagés sur des sujets écologiques, sociétaux, de solidarité. Mais il n’y avait aucun événement qui réunissait toutes ces personnes pour se donner de la force. L’idée de ce festival était de co-construire ensemble avec des personnes et des structures de la ville », souligne Jean-Paul Deniaud, cofondateur du festival.

    Cette troisième édition pousse la coopération un peu plus loin. « On a construit la programmation avec des associations de Montpellier. On leur a demandé à chacune de se dire : qu’est-ce que ça donnerait si vous donniez le meilleur de vous-même au même moment, pendant une semaine dans différents lieux de la ville ? Et en fait c’est vraiment ça le projet du 2030 Festival, c’est à l’inverse d’un festival classique de production verticale où on vient chercher des moyens supplémentaires, des financements extérieurs », fait valoir Jean-Paul Deniaud. Par ces actions, le but affiché de ce festival célébrant l’engagement citoyen est de laisser une trace durable, un impact réel sur Montpellier. « Si on réussit, on arrête le festival en 2030 », promet le cofondateur.

    Et pour marquer durablement son empreinte sur le territoire de Montpellier, le 2030 festival célèbre la semaine de l’engagement du 1er au 5 décembre.

    Yann Tiersen invité

    « On a proposé cette année des formulaires d’inscription pour que des personnes proposent des activités en lien avec l’écologie, le social ou la culture. Il va y avoir des ateliers, des balades et visites. On repropose cette année notamment la balade philosophique dans les Jardins des Plantes [le 2 décembre, Ndlr] avec Denis Nespoulous et Guillaume Bagnolini, deux chercheurs, pour aller à la rencontre de la nature mais de manière double, à la fois très scientifique et philosophique », détaille Pierre Kimpe, coordinateur du 2030 festival. Également au programme, des ateliers pour apprendre à économiser l’eau (03.12, à 18h) ou une journée découverte de l’agroforesterie avec l’Oasis Citadine (03.12, 10h).

    Cette sensibilisation à l’engagement passe également par la culture. « On est sur un triptyque « mise en action, sensibilisation et célébration », insiste Pierre Kimpe. Pour ce faire, le festival a invité l’artiste engagé Yann Tiersen qui inaugurera cette troisième édition, le 30 novembre à la Halle tropisme. « La musique et la culture en général sont porteuses d’un engagement historique pour certains. Du coup il y a plein de petits moments comme ça qui vont illustrer cette chose-là. Venir écouter Yann Tiersen parler de son engagement, c’est fort. On a aussi besoin d’autre chose que des messages universitaires », soutient Jean-Paul Deniaud. Au vu des deux dernières éditions, la formule semble fonctionner.

    Programmation complète à retrouver sur 2030festival.org.

  • [Quoi de neuf] « Lever les freins à l’embauche des travailleurs handicapés »

    [Quoi de neuf] « Lever les freins à l’embauche des travailleurs handicapés »

    À l’occasion de la semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées (SEEPH), se tenant jusqu’au 23 novembre, le délégué régional de l’Agefiph Daniel Dias et Ludovic Petiteau, fondateur de l’entreprise adaptée Talaron Services, spécialisée dans l’informatique, reviennent sur les avancées du monde de l’entreprise en faveur de l’handicap.

    Louis Dupin : Cette édition s’ouvre 20 ans après la loi handicap de 2005 qui visait à promouvoir l’égalité des droits et des chances pour tous. 20 ans plus tard, quel bilan en tirer ?

    Daniel Dias : La loi de 2005 posait un cadre qui était ambitieux et qui était nécessaire. Elle comporte dans son contenu une dimension emploi assez forte. Où est-ce qu’on en est aujourd’hui ? Il y a des avancées réelles. Le taux de chômage est passé de 17% à 12%. Alors il reste deux fois supérieur à celui de la population en général mais il a baissé de manière assez significative. Autre donnée chiffrée, on a aujourd’hui 1,3 million de personnes handicapées qui sont en emploi. Avant la loi elles étaient 600 000. Cette loi elle était ambitieuse. Est-ce que les résultats qu’on a obtenus collectivement aujourd’hui sont à la hauteur de ses ambitions ? Malheureusement pas tout à fait. Il reste encore énormément de choses à accomplir. Pour appuyer la semaine de l’emploi, on a, avec le concours de l’Ifop, publié une étude montrant que si 60% des personnes en situation de handicap reconnaissent des avancées depuis la loi 2005, elles ne sont que 12% à parler d’avancées majeures. Les personnes en situation de handicap elles-mêmes disent aussi que c’est insuffisant.

    Olivier Nottale : Qu’a apporté cette loi pour votre entreprise ?

    Ludovic Petiteau : Talaron Services est une entreprise de développement informatique donc on réalise des sites web, tout type d’application pour nos clients. C’est une société que j’ai créée en 2010, 5 ans après la loi de 2005, le monde de l’handicap n’était pas encore beaucoup porté sur les entrepreneurs comme moi, mais plutôt sur le monde associatif, les Centres d’aide par le travail [ex-Esat, Ndlr.]. Mais la loi de 2005 a voulu justement les attirer en créant un type d’entreprise qu’est l’Entreprise Adaptée. On a un accord avec l’État qui fait que notre entreprise s’engage à avoir minimum 55% de notre personnel en situation de handicap. Pour notre part, nous chez Talaron Service, on est à 90% à peu près de personnel en situation de handicap sur une cinquantaine de collaborateurs.

    Louis Dupin : La loi de 2005 met en place des quotas obligeant que 6% de l’effectif d’une entreprise soient des travailleurs handicapés. Aujourd’hui, seules 55% des entreprises la respectent, comment l’expliquer ?

    Daniel Das : Il y a plusieurs freins à l’embauche d’une personne en situation de handicap. D’abord, même s’ils ont diminué, restent des a priori, des préjugés qu’il faut arriver à lever collectivement. Il faut donner à voir que c’est possible, que l’entreprise n’est pas seule pour embaucher une personne en situation de handicap. Le deuxième obstacle qui demeure aujourd’hui, même si sur ces dernières années le fossé s’est aussi réduit, c’est le décalage entre les attentes des entreprises en matière de formation et de niveau de qualification et le public handicapé. Ce public est plus âgé, moins formé, moins qualifié et il a une durée d’inscription plus longue à France Travail que le reste des publics. Sur le sujet de la formation, il s’agit aujourd’hui de créer toutes les conditions pour qu’une personne en situation de handicap puisse accéder à une offre de formation qui corresponde aux besoins des entreprises. Aujourd’hui, 10% des publics qui accèdent à l’offre de formation en Occitanie sont en situation de handicap.

    Ludovic Petiteau : Pour la majorité des personnes en situation de handicap, l’handicap arrive en cours de vie – le handicap de naissance représente qu’une petite partie. Pour que ces personnes puissent continuer à travailler, elles passent par une période de reconversion professionnelle. Et effectivement, ce qui fait peur souvent dans l’entreprise, c’est de prendre quelqu’un qui a une quarantaine d’années, mais qui est débutant dans le métier alors qu’elle pourrait embaucher un jeune sortant d’école. Or, le travailleur handicapé a déjà une expérience professionnelle, un savoir-être, un savoir-vivre dans l’entreprise que le jeune débutant n’a pas forcément.

    Lousi Dupin : La question de la formation fut au centre du salon Handijob, qui s’est tenu à Montpellier, dans le cadre de la SEEPH. Ces événements sont importants ?

    Ludovic Petiteau : C’est vraiment un moyen pour les différents entreprises de la région de rencontrer un public dédié au monde du handicap. Du personnel les aide à communiquer, il y a des interprètes des langues des signes, des accompagnants, des éducateurs qui vont pouvoir mettre en place une relation avec les entreprises. En plus des entreprises, sont aussi présents des centres de formation sur ces journées-là. Et ça permet d’échanger entre personnes, entre professionnels, pour avoir des idées de métier à faire plus tard.

    À écouter sur divergence-fm.org.

  • Violences faites aux femmes : une journée pour réfléchir au rôle de l’entreprise dans l’Hérault

    Violences faites aux femmes : une journée pour réfléchir au rôle de l’entreprise dans l’Hérault

    Quel rôle pour les entreprises face aux violences faites aux femmes ? Un sujet important qui sera au centre de tables rondes*, le 25 novembre, au siège d’IBM à Montpellier. Portée par l’association Les créateurs d’énergies positives, la journée sera l’occasion de sensibiliser directions et salariés à ce fléau présent aussi bien dans la sphère privée que professionnelle.

    Une première table ronde sera consacrée aux violences conjugales. « Elles ont un impact sur la vie professionnelle, il s’agit de voir comment les entreprises peuvent aider », soutient Sandrine Musel, directrice de l’association. Satya Goetz Lancel, responsable du programme de protection des salariés victimes de violences conjugales des Magasins U, y partagera son expérience. Confrontée à plusieurs féminicides de salariées, cette dernière a mis au point une bopite à outils interne à l’entreprise. « C’est un dispositif de “droits exceptionnels” – qui n’existe pas dans le droit du travail – ne coûtant rien. Le temps de travail peut être aménagé avec plus ou moins de télétravail, on peut avoir des autorisations spéciales pour aller à l’audience de son agresseur, une mobilité géographique d’urgence, etc. », énumère celle qui est aussi membre de l’association organisatrice. Des propositions reprises dans un guide de l’Association nationale des DRH, mis à disposition des entreprises.

    Mais ces violences se retrouvent également au sein de l’entreprise, sujet qui fera l’objet d’une seconde table ronde. « Des règles juridiques existent, pour autant, ça n’est pas suffisant, parfois ces comportements sexistes ne sont pas bien identifiés. On met en place des méthodes soft, voire ludiques – comme des formations – pour faire passer des messages de prévention et d’éradication de ces comportements », détaille Michèle Tisseyre, membre de l’asso et présidente de Face Occitanie, soulignant le caractère « volontaire » de certaines entreprises. Les outils sont là, il n’y a plus qu’à.

    * Ouverts à tous, billetterie, infos sur lescreateursdemotionspositives.com.