Tag: Occitanie

  • Les étudiants mobilisés contre la hausse des loyers

    Les étudiants mobilisés contre la hausse des loyers

    Aujourd’hui, le premier poste de dépense pour les étudiants est leur logement », soupire Enola Kraemer. Alors pour la représentante du Scum, syndicat étudiant à Montpellier, la dernière hausse des loyers Crous ne passe pas.

    « C’est la quatrième fois en trois ans que le Crous augmente les loyers de son parc. Là, c’est une hausse de 1,4%, ce qui représente environ 30 euros par mois. Alors que la précarité étudiante ne cesse d’augmenter », poursuit la vice-présidente étudiante de l’université Paul-Valéry. Soit environ 350 euros à l’année. Pour faire entendre leur colère, les syndicats étudiants* se sont donc rassemblés devant les grilles du rectorat le 11 mars, lors du conseil d’administration du Crous Occitanie qui a entériné cette augmentation des loyers. Les étudiants, qui ne représentent que sept sièges dans un conseil de 23 membres, n’ont pas pu faire capoter le vote.

    Si la précarité augmente en France ces dernières années, force est de constater que les étudiants sont touchés de plein fouet. « Lors de nos distributions alimentaires, on voit des centaines d’étudiants faire la queue pendant plus d’une heure pour des paquets de pâtes, du pain et des conserves. Et on doit refuser du monde car nous n’avons pas la capacité de donner à tout le monde, ce qui est scandaleux dans une puissance économique comme la nôtre », constate amèrement Fabien Bon, membre du Scum.

    Des loyers impayés

    Les étudiants étrangers extra-européens sont encore moins bien lotis. Dans un contexte de xénophobie latente portée par la droite et l’extrême droite, ces derniers sont encore plus précarisés. « On leur a supprimé les APL [Aides personnalisées au logement, Ndlr]. Or, ils sont déjà surreprésentés dans la précarité étudiante. Ils sont donc obligés de travailler pour financer leurs études », poursuit Enola Kraemer. Mais même avec un travail – près de la moitié des étudiants exercent une activité salariée parallèlement à leurs études – certains n’arrivent pas à joindre les deux bouts. « Des gens se retrouvent avec 100 euros de reste à vivre pour le mois entier. Dans les logements du Crous de Montpellier, il y a une augmentation de près de 50% des loyers impayés, ce qui représente 130 000 euros. Cette nouvelle hausse est totalement scandaleuse », fait valoir Floriane Dahan-Torralbo, membre du Poing levé, autre syndicat étudiant. Dénonçant une « logique de tri social » opéré par le Crous, les syndicats demandent le gel des loyers et l’annulation des impayés, avant de mettre en place une baisse progressive qui irait « jusqu’à 150 euros par mois pour 9 m² ».

    *Scum, Le Poing levé, RUSF.

  • Le Gard, un scrutin scruté au national

    Le Gard, un scrutin scruté au national

    C’est un grand mouvement de bascule que pourrait opérer le Gard avec ces élections municipales des 15 et 22 mars. D’abord parce que la capitale du département pourrait revenir à gauche. C’est en tout cas la tendance confirmée par tous les sondages. La personnalité de Vincent Bouget (PCF), sa démarche d’écoute de la population et les nombreux soutiens de poids reçus lui ont permis d’engranger une réelle dynamique. « L’élection à Nîmes est scrutée au niveau national », annonçait la députée européenne socialiste Chloé Ridel il y a quelques semaines. Effectivement, le basculement de Nîmes serait un petit séisme. D’abord parce que la ville, gérée depuis plus de vingt ans par Jean-Paul Fournier, est la dernière cité de plus de 150 000 habitants dirigée par Les Républicains en France. Ensuite, parce que Vincent Bouget pourrait à l’inverse permettre au PCF de conquérir à nouveau une ville de cette ampleur. il pourrait aussi l’emporter au Havre, ville de 166 000 habitants où le député Jean-Paul Lecoq est donné au coude à coude avec Édouard Philippe, le maire sortant.

    Rivenq impopulaire à Alès

    À Alès, la donne semble plus difficile pour la gauche. D’abord parce que la droite municipale reste unie après que Max Roustan a laissé le fauteuil de maire à Christophe Rivenq il y a un peu plus d’un an. La gauche avance aussi divisée avec une liste PCF-LFI et une liste PS-Écologistes, qui ne permet pas d’avoir la même dynamique qu’à Nîmes. Mais l’impopularité de Christophe Rivenq et l’envie de renouvellement rendent le suffrage incertain, là où Max Roustan a été réélu dès le premier tour lors des quatre derniers scrutins…

    Sauf union des droites, une victoire de l’extrême droite dans les deux principales villes du département semble impossible (à Alès, le candidat est quasiment invisible). En réalité, en dehors du bastion Beaucaire et des villes ciblées par les députés (lire page 12), l’extrême droite, qui avait pourtant raflé les six circonscriptions lors des dernières législatives en juin 2024, peine à confirmer son ancrage local. Le parti lepéniste illustre ainsi ses difficultés à monter des listes et à s’appuyer sur des candidats « crédibles ». Face à ce constat, le RN a gangréné de nombreuses listes de droite sans mentionner d’étiquette politique pour entretenir le flou. Une union des droites devenue en somme de moins en moins tabou à l’échelon local, qui prolifère tant en Camargue gardoise que dans le Gard rhodanien.

    Outre les grandes villes, les Cévennes, qui avaient comme le reste du département voté majoritairement à l’extrême droite aux dernières législatives, font tout de même de la résistance pour ces élections municipales. Ainsi, le Parti communiste est seul en lice à La Grand-Combe, Cendras, Domessargues, Le Martinet et conservera donc plusieurs communes. Emmanuel Grieu (Debout!) et l’ancien député Michel Sala (L’Après) resteront aussi aux commandes de leurs petites communes rurales cévenoles. À Anduze, au Vigan, à Barjac ou encore à Saint-Martin-de-Valgalgues, les maires sortants de gauche ont de la concurrence mais ils s’appuient sur un solide bilan avant le scrutin. Partout des listes citoyennes, sans bannière politique mais prônant des valeurs progressistes, ont aussi été montées et se mobilisent contre l’extrême droite.

    À la veille du premier tour, ce dimanche 15 mars, les élections municipales dans le Gard, symbole de la tripartition de la vie politique française, n’ont ainsi jamais été aussi incertaines.

  • Des propositions pour faire face au manque de logement social en Occitanie

    Des propositions pour faire face au manque de logement social en Occitanie

    À l’aune des élections municipales, rares sont les candidats faisant du logement social une priorité de leurs programmes. Pourtant, force est de constater que la crise perdure. C’est en tout cas le constat posé par la Fondation pour le logement d’Occitanie, qui vient de publier son éclairage annuel. Réalisé avec le master Urbanisme et aménagement de l’Université Paul-Valéry, celui-ci dresse un sombre tableau. « La situation du logement social est dramatique. En Occitanie, 217 915 demandes ont été enregistrées en 2025, un chiffre en hausse de 6% », soupire Sylvie Chamvoux, directrice de la Fondation pour le logement d’Occitanie. Le Gard et l’Hérault ne sont pas épargnés. Alors que 65 469 Héraultais en ont fait la demande en 2025, seuls 6 212 logements ont été attribués. Côté gardois, on dénombre 25 282 demandes pour 3 769 attributions.

    Pire, il semblerait que ces attributions soient déconnectées des réels besoins des demandeurs. « Sur les 6 212 attributions héraultaises, plus de 4 000 personnes vivent avec des ressources sous le plafond du PLAI [logement très social, Ndlr]. Or, le nombre de logements PLAI attribués est de 550. Ces ménages sont donc relogés dans des logements plus chers, moins accessibles, ce qui les met en difficulté », poursuit Sylvie Chamvoux. Une situation due en grande partie au non-respect de la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain) par les édiles qui imposent un quota de logements sociaux. « Nous avons essayé de comprendre pourquoi ces élus ne respectaient pas la loi. Certains ne veulent pas, d’autres mettent en avant le respect de la loi ZAN [Zéro artificialisation nette, Ndlr]. Mais cet argument n’est pas entendable », observe la directrice régionale.

    Des mécanismes existent

    La Fondation -épaulée par les étudiants- a donc engagé une réflexion avec trois communes héraultaises (Saint-André-de-Sangonis, Poussan et Castries) afin de montrer qu’il est possible de produire du logement social tout en restant sobre foncièrement. « Dans l’Hérault, il y a beaucoup de patrimoine à l’abandon, comme les caves coopératives. Leur réhabilitation permettrait de produire du logement social, tout comme celle des centres anciens. On pourrait également réquisitionner les logements vacants ou encore construire dans les dents creuses », énumère Sylvie Chamvoux. Des mécanismes possibles, donc, mais qui nécessitent une forte volonté politique de la part d’édiles.

    Sauf que le gouvernement ne semble pas l’entendre de cette oreille. En effet, un décret publié fin janvier revoit à la baisse le taux obligatoire de logements sociaux dans la loi SRU pour la période 2026-2028. Ainsi, pour 87 agglomérations et 144 intercommunalités, le quota de logements sociaux sera de 20%. Un détricotage qui offre la possibilité à nombre de communes de rentrer dans les clous de la loi SRU, tout en produisant moins de logements sociaux, à l’instar de Toulouse (22,59% du parc social).

    Pourtant, les bénéfices sont réels. Au-delà de faire preuve de solidarité avec les plus démunis -mais ce qui n’est pas porteur électoralement parlant pour une majorité de maires- la Fondation met en avant une « relation gagnant-gagnant ». « En réhabilitant avec du logement social et libre, on réinstalle des gens qui vivent bien, on remet de la mixité sociale. »

    L’Hérault, mauvais élève de la loi SRU

    Si le nombre de communes respectant la loi SRU pour la période 2023-2025 ne sera connu qu’à la fin de l’année, l’Hérault faisait office de mauvais élève parmi les premiers chiffres récupérés par la Fondation. Ainsi, sur les 47 communes concernées par la loi SRU dans l’Hérault, seule Montpellier arrivait à 25% en janvier 2024. Pire, d’autres régressent comme Saint-Georges-d’Orques, qui passe de 12,5% en 2023 à 10,7% en 2024.

  • [Quoi de neuf] Serge Ragazzacci : « Une recrudescence des discriminations syndicales »

    [Quoi de neuf] Serge Ragazzacci : « Une recrudescence des discriminations syndicales »

    Louis Dupin : Les années passent, mais les femmes subissent toujours les inégalités au travail. Les mesures mises en place ne sont que des effets d’annonce ?

    Serge Ragazzacci : Oui, effectivement, on a eu foultitude de mesures annoncées mais qui ne sont que cosmétiques puisque la réalité, année après année, elle demeure. Ce sont effectivement des écarts de salaires de l’ordre de 22, 25%. 40% lorsqu’on arrive à la retraite. Donc, pour nous, le 8 mars, notre slogan sera « on compare et on répare ». C’est-à-dire comparer véritablement les salaires des femmes et des hommes. Par exemple, dans la fonction publique, quand le gouvernement décide de ne pas augmenter le point d’indice, il s’en prend à des femmes. Parce que ce sont majoritairement des femmes qui travaillent dans la fonction publique hospitalière, la fonction publique territoriale. Il y a aussi d’autres sujets tels que les droits sociaux pour permettre un accès à l’emploi facilité. Et celui de ne pas avoir à faire ce choix, lors d’une naissance, de plutôt privilégier le congé maternité parce que la femme a souvent le plus petit salaire.

    L.D. : Sur l’égalité salariale, en juin 2026, la France va devoir transposer une directive européenne sur la transparence salariale. Est-ce que ça pourra changer les choses ?

    S.R. : Ce serait bien que la France la transpose déjà. Il y a des sujets où bizarrement ça ne pose aucun problème. Il faut que cette transposition ait lieu, ce qui permettra d’avoir des éléments sur les différences salariales. Et puis, on met le pied dans la porte. Donc si c’est plutôt positif on le prend, mais ça ne suffira pas. Il va falloir des mobilisations derrière, parce qu’au-delà des inégalités dans l’entreprise, il y a aussi à avoir de véritables politiques d’augmentation salariale.

    Olivier Nottale : Le syndicalisme est attaqué de toutes parts, on vous pointe du doigt…

    S.R. : Oui, on constate une recrudescence des discriminations et des plaintes contre des syndicalistes. La plus emblématique étant celle de Sophie Binet. Ça peut amener des années de procédure, des militantes et des militants vont avoir à subir des interrogatoires pendant parfois plusieurs années pour des faits qui ne sont absolument pas répréhensibles. Et puis, au-delà de ça, ce qui nous inquiète, c’est que ces discriminations s’inscrivent dans un schéma global de remise en cause de l’ensemble des libertés fondamentales : le droit de grève, le droit de manifester mais aussi la justice.

    L.D. : Sur le département, vous venez d’ailleurs de finir votre mois sur les libertés syndicales pour recenser les discriminations ?

    S.R. : On avait lancé un mois des libertés syndicales pour avoir une remontée dans les entreprises parce qu’il y a des problèmes. On va continuer à recenser les cas de discriminations pour communiquer dessus, mais aussi sur les victoires. On a réussi à obtenir une victoire en première instance pour une camarade à Montpellier. On a le non-respect d’un protocole de fin de conflit à l’hémodialyse à Castelnau-le-Lez où la boîte a été sévèrement condamnée.

    L.D. : L’avenir du dépôt SNCF de Béziers va se jouer cette année. La CGT propose un projet pour le sauver…

    S.R. : C’est assez symptomatique de ce qui se passe dans le pays et sur notre département. Il y a près de 30 ans que le dépôt doit être fermé, qu’on empêche sa fermeture. Il y a 2 ans, on apprend que le dépôt fermerait d’ici trois ans. Pourquoi ? Les directions de la SNCF ne sont pas capables de répondre. Donc on a retravaillé avec le syndicat, puisqu’on a un problème sur cette région : il va y avoir de nouvelles rames qui vont arriver pour desservir la région. On sait que les deux centres de maintenance sont en surcapacité, ils ne peuvent pas engranger plus de boulot. Quid de l’entretien de ces nouvelles rames ? Il va falloir régler les problèmes de maintenance et d’entretien du matériel. C’est vital pour les trains du quotidien d’assurer une régularité, la sécurité des transports de voyageurs. Donc on a relancé l’idée à la fois du maintien du dépôt et des emplois – il en reste une quarantaine – mais surtout avec la création d’un centre de maintenance qui pourrait effectivement créer 100-150 emplois dans les années à venir. La Région a été interpellée, la SNCF est en train d’étudier la faisabilité du site. Derrière, ce qu’on est en train de faire, c’est de faire signer des pétitions et de mettre la population biterroise dans le coup.

    O. N. : Sur ces problèmes d’emploi, on a l’impression que dès qu’il y a une solution, ça freine, il y a un double discours…

    S. R. : Il n’y a pas un double discours, il y a une absence de volonté politique. Il y a 300 milliards d’aides publiques données sans aucune contrepartie. On aurait très bien les moyens aujourd’hui de protéger un certain nombre d’emplois et d’industries dans notre pays alors qu’on continue à licencier. Mittal, par exemple, touche 300 millions d’euros d’aides publiques pour licencier les gens en France. Il faut arrêter. Une des solutions peut être la nationalisation. Une autre serait de conditionner les aides. Et puis qu’il y ait une véritable stratégie nationale.

  • [Mémoire] Février 1906, la grève des transbordeuses en Occitanie

    [Mémoire] Février 1906, la grève des transbordeuses en Occitanie

    Le 25 février 1906 à Cerbères, dans les Pyrénées-Orientales, près de 300 transbordeuses d’oranges décident de se mettre en grève. Bien que des femmes aient déjà participé à plusieurs mouvements sociaux aux côtés d’hommes, c’est une des premières grèves 100% féminine dans un domaine réservé généralement aux ouvriers. Pour comprendre sa genèse, il faut remonter quelques années en arrière. Avec l’apparition du chemin de fer, l’Espagne, pays exportateur d’agrumes, privilégie ce mode de transport pour ses marchandises. Mais lors de la jonction entre les chemins de fer français et espagnols, en 1878, la largeur des rails diffère. Si l’Hexagone s’est plié à la norme européenne avec des rails d’une largeur de 1,43 m, l’Espagne, elle, est restée fidèle au décret royal avec des rails d’une largeur de 1,66 m. Pour assurer le transport des agrumes entre les deux pays, deux gares sont construites (à Cerbères côté français). Ainsi naît la Corporation des transbordeuses d’oranges.

    Couchées sur les rails

    Les conditions de travail sont éreintantes. En 1903, à la suite d’une récolte exceptionnelle, les ouvrières demandent une augmentation salariale de quelques centimes. Mais trois ans plus tard, force est de constater que rien n’a bougé malgré la promesse de la direction. Les femmes se mettent alors en grève et bloquent la gare pendant 24 heures. Les patrons cèdent et acceptent l’augmentation. « Le syndicat avait obtenu une augmentation de 0,25 franc par wagon et par ouvrière (le salaire antérieur était de 0,75 franc) », écrivait alors le journaliste Albert Thomas dans les colonnes de l’Humanité.

    Fortes de leurs succès, les transbordeuses décident de créer un syndicat « rouge ». Mais la direction réplique en créant un syndicat « jaune » et interdit le travail aux syndicalistes rouges. Un nouveau bras de fer s’engage et, face au blocus de la gare, le gouvernement de Clemenceau décide d’envoyer l’armée en novembre 1906 pour les expulser. Les soldats refusent, des briseurs de grève sont alors envoyés et les grévistes se couchent sur les rails. Elles seront délogées à la lance à eau. Écœuré par ce traitement, le sous-préfet de l’époque finit par obliger la direction à ne pas discriminer à l’embauche. Une première lutte victorieuse qui en amènera d’autres.

  • [Campagne électorale] Les réseaux sociaux : outils essentiels, miroirs déformants

    [Campagne électorale] Les réseaux sociaux : outils essentiels, miroirs déformants

    Un maire sortant (Michaël Delafosse) qui multiplie les selfies. Un milliardaire (Mohed Altrad) qui se fait filmer façon Trump à manger des frites dans un fast-food. Un humoriste (Rémi Gaillard) qui empile les projets délirants (stade-parc, zoologramme…) générés à base d’intelligence artificielle. Un ancien édile (Philippe Saurel) qui se met en scène en boxant dans un clip pour déclarer sa candidature… Six ans après avoir hérité du titre « plus folle de France », la campagne 2026 à Montpellier illustre le virage pris par la politique. « Les réseaux sociaux sont devenus incontournables dans la communication politique », résume le politiste montpelliérain Romain Fargier. « En être absent aujourd’hui, c’est quasiment une faute professionnelle quand on est un politique », insiste l’enseignant-chercheur en sciences politiques à l’Université Paul Valéry.

    Selon lui, le phénomène n’épargne pas les petites communes et tend à se professionnaliser dans les grandes villes. « Jusqu’en 2020, il y avait une forme d’amateurisme. Les élus locaux avaient une réticence vis-à-vis des réseaux sociaux, ne les prenaient pas au sérieux », se souvient ce membre du Centre d’études politiques et sociales (Cepel). Leur institutionnalisation lors de la Présidentielle 2017 avec J.-L. Mélenchon qui « investit YouTube » a fait son œuvre. « On observe une forme de diplomatie sur les réseaux sociaux des chefs d’État comme Trump, Poutine et même Macron », illustre Romain Fargier. À l’échelle locale, il parle d’une « professionnalisation ». « Ce n’est plus le stagiaire ou le chargé de com’ qui s’occupe des publications. Ce sont des community managers, des communicants dans des staffs dédiés dans les grandes villes ». Chartes, vidéos montées, esthétique numérique, infographie, ajout de musique… les contenus postés sont parfois soigneusement retravaillés.

    Terriers de lapin

    Une façon pour les candidats de mieux maîtriser leur propagande plutôt que de s’en remettre aux médias vis-à-vis desquels la défiance grandit en raison du manque d’indépendance des grands groupes. « Le système médiatico-politique est devenu hybride : il n’y a plus les réseaux sociaux d’un côté et les médias de l’autre ». Au-delà de Facebook, Instagram ou X, cela conduit aussi les candidats à privilégier les « rabbit holes » [terriers de lapin] via des canaux de communication interne type Telegram, Signal, WhatsApp. « Ces réseaux sociaux à usage de commentaire sont l’héritage des forums des années 90-2000. Le volume d’informations partagées qui amplifie l’effet de bulle, dépasse les contenus partagés publiquement », assure Jacqueline Markovic, consultante et formatrice en communication numérique. « Pour les gens, c’est un moyen de se préserver face au déferlement de l’info, de se créer un environnement moins toxique avec moins de trolls, de cyberharcèlement », ajoute l’ancienne déléguée aux contenus numériques auprès de Yannick Jadot.

    IA et fake news

    Aujourd’hui colistière de Michaël Delafosse, elle met en garde contre la reproduction des biais cognitifs sur certaines plateformes. « Les algorithmes de Meta (Facebook, Instagram) discriminent les femmes. Il y a un manque de transparence, de la pub et des comptes recommandés alors qu’on ne les suit pas ». Jacqueline Markovic ajoute que l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) est susceptible de fausser des campagnes électorales. « Cela peut générer des fake news, il faut avoir l’œil pour les repérer. Certaines formations politiques sont plus avancées dans l’utilisation des RS comme la fachosphère qui utilise des fermes à trolls russes comme lors de la campagne d’Éric Zemmour ». Elle estime néanmoins que les réseaux sociaux dans leur ensemble sont un outil de long terme. « Il faut du temps pour créer une audience, une communauté ». Romain Fargier ajoute qu’à ce jour, « il n’existe pas de corrélation directe entre le nombre de likes sur les réseaux sociaux et le résultat des élections car le vote est plurifactoriel, il répond à des logiques complexes propres à chacun ».

    C’est sans doute pourquoi peu de candidats abandonnent les recettes qui ont fait leurs preuves. « Il y a un vrai impact sur les réseaux, une de mes vidéos d’une minute sur les bus a fait 20 000 vues. Mais cela ne remplace pas le contact humain sur les marchés, les porte-à-porte, les réunions, cafés débat… », insiste Thierry Antoine, candidat du Printemps de Béziers. L’écologiste est en revanche « moins fan » des meetings qui « prennent du temps et ont un coût ». C’est là un autre atout des réseaux sociaux. « Ils sont gratuits alors que même les tracts coûtent cher ! », s’exclame l’écologiste Lise Florès. Un argument de poids lorsqu’on n’a pas beaucoup d’argent pour faire campagne comme la tête de liste de Lunel Collectif. « Cela pose une question démocratique : il faut de l’argent pour se présenter aux élections ». Un autre sujet à débattre…

  • À Nîmes et Montpellier, la gauche n’oublie pas les jeunes

    À Nîmes et Montpellier, la gauche n’oublie pas les jeunes

    L’action publique en faveur de la jeunesse relève de plus en plus des politiques locales, décisives. Les programmes progressistes des listes en lice aux élections municipales des 15 et 22 mars accordent ainsi une place cardinale aux besoins des jeunes, dès le plus jeune âge. Dans les deux capitales de l’Hérault et du Gard, Montpellier et Nîmes, les listes de gauche, notamment celles conduites par Vincent Bouget à Nîmes et le maire-candidat, Michaël Delafosse, à Montpellier, en font des piliers de leur programme.

    Que les candidats soient tous deux professeurs d’Histoire et de Géographie n’est sans doute pas étranger à leur attention au développement du service public communal en direction des plus jeunes de leurs concitoyens. Mais au-delà, leurs programmes partent du principe que l’avenir des communes passe par leur jeunesse et la façon dont on la considère, la soutient et l’encourage.

    « Favoriser l’autonomie »

    À Montpellier, la liste de Michaël Delafosse annonce poursuivre « le soutien à l’offre de loisirs proposée aux jeunes dans les maisons pour tous » et ce « en ouvrant de nouveaux centres pour les adolescents à Marcel Pagnol et Albert-Dubout ». Le but ? « Renforcer les activités culturelles, sportives et éducatives, favoriser l’autonomie des ados » et, surtout, « proposer des lieux de rencontre, d’expression et d’épanouissement dans les quartiers », précise le programme. Soulignons que sur l’accès aux activités sportives, la carte Montpellier sport permet déjà à tous les habitants, pour 5 euros par an, d’avoir accès à la pratique de 50 disciplines ; un dispositif piloté par l’adjoint aux sports, Hervé Martin (PCF), numéro trois de la liste pour le scrutin des 15 et 22 mars prochains. Le programme propose également d’accompagner les jeunes dans le financement de leur projet, comme l’obtention du Bafa (animation) ou du BNSSA (brevet de surveillance de baignade et sauvetage), en contrepartie de 25 heures d’activité par an au sein d’une association. Autre engagement de la liste de Michaël Delafosse, confortée Montpellier en tant que « ville universitaire internationale » et ce « dans un contexte de durcissement des politiques migratoires et de remise en cause des droits des étrangers dans le monde ».

    « Réseau nîmois de réussite solidaire »

    À Nîmes, la liste conduite par Vincent Bouget a conçu le programme avec les intéressés et les habitants. Pour le collectif Nîmes en commun, « la réussite des jeunes est l’affaire de tous ». L’engagement pris est de réunir « chaque année des centaines de jeunes, un collectif de parents, de responsables d’associations, d’entreprises et de services de la Ville ». Dans son programme, Nîmes en commun précise que « ce réseau nîmois de réussite solidaire suivra personnellement les jeunes de la ville jusqu’à ce que chacun ait trouvé sa voie ». Et d’expliciter cette volonté politique en ces termes : « Ensemble, nous lutterons contre toutes les formes d’autocensure, de discriminations et libérerons les ambitions et potentiels de la jeunesse ».

    Dans l’enquête menée par le collectif pendant un an et demi auprès des Nîmois, 49% font de l’éducation et de la jeunesse la priorité, tous quartiers et générations confondus.

  • Municipales en Occitanie : l’avenir de la jeunesse est aussi un enjeu local

    Municipales en Occitanie : l’avenir de la jeunesse est aussi un enjeu local

    « Les jeunes nous disent qu’ils ont d’abord confiance dans les citoyens eux-mêmes pour changer les choses, dans la famille perçue comme un refuge, dans les acteurs locaux et dans l’entreprise. »* Interrogé en février 2022, le directeur général de l’institut de sondage Ifop, Frédéric Dabi, brossait le portrait de la jeunesse française à l’occasion de la publication d’un livre, La Fracture (Les Arènes, 2021) détaillant 60 ans d’enquête auprès de la jeunesse c’est-à-dire plus d’un demi-siècle d’un même questionnaire posé aux générations, toutes classes sociales confondues, de 1957 à 2020.

    Si l’auteur constate, chez les jeunes générations d’aujourd’hui, une montée des individualités et, surtout, une non-expérience (autre que livresque) des grandes mobilisations collectives spécifiques à la jeunesse – la dernière en date, contre le Contrat Première Embauche (CPE), remonte à 2006 – Frédéric Dabi souligne qu’en 60 ans « les questions sociales, le chômage, les inégalités, la vie chère sont des préoccupations importantes qui ressortent toujours de l’enquête. Le mot capitalisme est un des plus rejetés par les jeunes. »

    Quelques années plus tard, en 2025, une autre enquête menée par l’institut IPSOS** a sondé « l’état d’esprit des jeunes français ». Ses auteurs résument l’étude en ces termes : « À l’instar des Français dans leur ensemble, la première préoccupation des jeunes est le pouvoir d’achat (38%). En revanche, les inégalités sociales arrivent en seconde position (27%), marquant ici une différence importante avec les Français toutes tranches d’âges confondues. Fait notable, les femmes sont plus préoccupées par les inégalités sociales que les hommes (34% contre 20 %) ». À la veille des élections municipales des 15 et 22 mars, les préoccupations de la jeunesse ne peuvent donc rester sur le bord du chemin et en dehors des programmes (lire ci-contre). L’emploi est la première des préoccupations des jeunes. Dans l’enquête de l’Ipsos, 70% des 20-21 ans estiment que le monde du travail « est plus stressant qu’épanouissant ».

    Autre résultat, seuls 38% pensent que « l’école donne la même chance de réussite à tout le monde » et 39% que « les études supérieures sont accessibles à tout le monde. » D’une manière générale, soulignent les auteurs, « les inégalités liées aux origines sociales, géographiques, culturelles ou ethniques sont importantes en France pour 82% » des 20-21 ans et « sont un frein dans l’accès à l’emploi pour 80%. » d’entre eux.

    Des jeunes de plus en plus endettés

    Et lorsqu’emploi il y a, la précarité ne s’évanouit pas pour autant. Une récente étude de la Banque de France***, publiée le 17 février, révèle qu’entre 2024 et 2025, les dossiers de surendettement déposés par les jeunes de 18 à 29 ans ont bondi de 36% et représentent 12% de la totalité des dossiers de surendettement sur la période, soit 17 000 en 2025 contre 12 500 en 2024. La hausse est de 65% pour les 18-25 ans. Leur profil ? « Ces jeunes sont plus souvent des femmes, davantage au chômage, souvent hébergés chez leurs parents et en grande partie employés ou ouvriers ». Les difficultés d’accès à l’emploi et au logement, indispensables pour démarrer dans la vie, expliquent en grande partie la dureté de la condition de nombreux jeunes. Une question de choix politiques qui doit irriguer la campagne des municipales.

    *Entretien dans Cause commune, janvier-février 2022.

    **Avoir 20 ans, état d’esprit des jeunes, Ipsos pour Article 1, 2025.

    ***Les Échos, 18 février 2026.

  • Michaël Delafosse, atouts pour un 2e mandat à Montpellier

    Michaël Delafosse, atouts pour un 2e mandat à Montpellier

    Philippe Saurel, Patrick Vignal ou Michaël Delafosse ? Des trois prétendants à la succession de Georges Frêche, Montpellier serait-elle sur le point de choisir le dernier ? « L’empereur de Septimanie » n’ayant pas désigné d’héritier politique, il règne depuis sa disparition le 24 octobre 2010 une instabilité chronique à gauche sur « le Clapas ». Mais après les échecs de Patrick Vignal à s’imposer ou de Philippe Saurel à confirmer en 2020, Michaël Delafosse a l’occasion de s’installer pour de bon dans le fauteuil de maire de la 7e ville de France.

    Le professeur d’histoire/géo a peut-être déjà fait le plus dur. Outsider en 2020, il réussit son pari et devient maire à 43 ans, soit quatre de plus que Georges Frêche qui avait fait basculer Montpellier à gauche en 1977. Est-ce le début d’une nouvelle ère pour la capitale héraultaise ? Le retour en force du PS qui donne des vertiges au milliardaire Mohed Altrad ? On disait Georges Frêche « bâtisseur » et « visionnaire ». Il est trop tôt pour dire si telle ou telle réalisation a fait basculer dans une nouvelle dimension Montpellier qui séduit 4 000 habitants de plus par an. Mais M. Delafosse a réveillé « La Surdouée ». A la gestion financière conservatrice de Saurel, ont succédé les investissements tous azimuts de Michaël Delafosse et de sa majorité de gauche. En plein Covid, le maire, qui préside la Métropole, met la ville en chantiers : 5e ligne de tramway, extension de la ligne 1 vers la gare TGV, bustram… Pari osé. La dette se creuse mais pour mieux parier sur l’avenir, assure l’édile socialiste qui veut incarner une gauche moderne, plus pragmatique que dogmatique, tout en refusant de faire l’autruche sur la sécurité, la laïcité. Au risque d’acter le divorce post-NFP avec la gauche radicale.

    Ses adversaires reprochent à Michaël Delafosse de décider seul. Il n’a jamais dégainé le Référendum d’initiative citoyenne qu’il avait promis. Mais il aime pourtant consulter, arpenter le terrain, aller à la rencontre. A la différence de son prédécesseur, il ne s’est pas fâché avec de nombreux maires de la Métropole. Montpellier travaille à nouveau avec la Région et le Département. Au conseil municipal, le maire s’appuie sur les communistes et des écologistes. Autant de forces politiques qui, en 2026, lui renouvellent sa confiance avec une place de choix faite à la société civile.

    Son premier mandat a connu des ratés. Faute de financements, seule une demi-ligne de bustram a pu être finalisée (les 4 autres doivent l’être d’ici 2032). La tarification incitative n’a pas été mise en place sur les déchets qui sont un point noir de longue date. La Ville a échoué à devenir capitale européenne de la culture 2028. Mais la plupart des promesses ont été tenues : mutuelle communale, police des transports, tarification éco-solidaire de l’eau, encadrement des loyers, sécurisation des écoles… 50 000 arbres ont beau avoir été plantés, le grignotage des terres agricoles et l’urbanisation galopante restent un angle d’attaque majeur pour les opposants. Mais la gratuité des transports change à ce point la vie des gens qu’aucun prétendant à la mairie n’ose dire qu’il y mettrait un terme.

    Michaël Delafosse l’affirme : « J’ai un cap pour Montpellier ». Conscient que les habitants ont besoin de souffler, il souhaite ralentir sur les grands travaux (hors renouvellement rbain) pour se concentrer sur « l’embellissement » des quartiers, leurs places et leurs trottoirs pour une « ville marchable » en plus d’être cyclable. Une « ville-parc respirable » et rafraîchie avec des chemins de l’eau (Arceaux, Antigone, Lez…). Une ville « à hauteur d’enfants » suivant le chemin de l’écolier. Une ville « qui protège » (1000 caméras, 100 policiers de plus, une agence municipale du logement), « attractive » et qui prenne soin du pouvoir d’achat.

    A deux semaines du scrutin, rien n’est fait pour le favori des sondages. Aux électeurs de dire s’ils veulent transformer l’essai.

  • « Les Montpelliérains » : une déclaration d’amour en images

    « Les Montpelliérains » : une déclaration d’amour en images

    C’est un pan d’histoire contenu dans un regard. 330 images, 330 tirages pour un hommage. Celui d’un photoreporter qui a puisé, dans 34 ans d’archives, des pépites sensibles brossant, couleurs et noir et blanc, le portrait multiple d’une ville adoptée et aimée : Montpellier.

    « C’est un hommage aux gens qui sont venus en visite, qu’ils soient célèbres ou non, artistes, politiques, sportifs ou rien, comme dirait d’aucun », livre Jean-Michel Mart. C’est aussi « une lettre d’amour, si si, à cette ville devenue grande qu’est Montpellier, ses rues et leur lumière et surtout à ses habitants toujours plus nombreux et toujours plus divers, si divers qu’on ne se sent jamais rejeté par eux ». Au détour d’une image, certains se reconnaîtront peut-être, « jeunes, vieux, riches, pauvres, sur deux ou quatre pattes, solitaires ou en foule mais fiers d’être de cette ville faite de toutes les autres, qui les vaut toutes et dans laquelle j’ai été tout simplement heureux. »

    Après une expérience à L’Indépendant, à Perpignan, Jean-Michel Mart débute en 1991 une longue carrière de photographe de presse au sein du quotidien régional Midi Libre, où il exerce toujours. Plus de trois décennies à pratiquer ce métier de localier, son art de la proximité. Des gens. Un art qu’affectionne ce taiseux, et dont ses photos sont pleines. En équilibre entre l’intime et la pudeur, Jean-Michel Mart porte sur ce qui l’entoure un regard tendre et affûté, où affleure souvent l’humour. Il saisit un geste, une situation, une émotion, un hasard.

    Présentées en tandem dans des juxtapositions qui prêtent à sourire ou à réfléchir, ses photos offrent une autre lecture de l’ordinaire. Un pas de côté nécessaire. Poétique. Parfois mélancolique. Ou subversif. Son regard révèle les angles morts du quotidien. « Picasso disait : je ne peins pas ce que je vois, je peins ce que je pense. Je fais pareil avec la photo. Pour moi, il y a une écriture photographique », exprime-t-il.

    Une ville arpentée durant 34 ans

    C’est son ami et ancien confrère Michel Marguier qui parle le mieux de cet « élégant sentimental et talentueux », « aussi discret que possible, mais tellement présent » dans un texte en exergue de l’exposition. Ensemble – « lui au Nikon, moi au calepin » – ils ont connu les grandes heures de ce métier de localier. 30 ans de terrain, 30 ans tous terrains à arpenter la ville, ses quartiers, ses rues, ses commerces, ses manifestations, ses lieux culturels, ses institutions… À sonder la vie des gens, « chez eux, mais sans salir leur intimité. Ou dans la rue agitée, voire furieuse, mais sans se laisser marcher sur les pieds. Au troquet du coin, à n’importe quelle heure, pour écouter et voir, sentir et laisser s’épancher. Dans le salon du consul de Grande-Bretagne, à parler whisky et entente cordiale sous le portrait de la reine. De nuit, à regarder dormir les TGV de l’hôtel terminus et y besogner, pour peu de sous, le personnel de nettoyage. Sous l’œil du Maréchal, dans le bureau tout en ordre moral d’un pathétique ancien pétainiste. Devant la tente igloo d’un SDF que le bruit de la rocade toute proche et indifférente n’empêche même plus de dormir… »

    Ce sont tous ces visages de Montpellier que racontent ces rencontres, ces événements, ces émotions, ces détails capturés dans un cadre professionnel ou non. Une exposition qui rend toute sa noblesse à la photographie de presse, « boulot qui, j’en ai peur, est en train de disparaître », souffle Jean-Michel Mart. Cette moisson d’une vie, longtemps mûrie, est aussi un hommage, en creux, « à tous ces gens avec lesquels j’ai travaillé, photographes et rédacteurs. C’est une époque où on vivait les uns sur les autres. On faisait les trois huit… Huit heures à bosser, huit heures à boire, huit heures à dormir ! J’ai connu la fin de ce genre de journalisme. »

    À vous, maintenant, de visiter ce regard, goûter ces instants. Et faire vivre « Les Montpelliérains ».

    * 1, place Paul-Bec. Entrée libre.