Tag: Nîmes en commun

  • Pierre Jaumain (PS), adjoint à l’urbanisme à Nîmes : « Une révision du PLU est très importante »

    Pierre Jaumain (PS), adjoint à l’urbanisme à Nîmes : « Une révision du PLU est très importante »

    La Marseillaise : Comment s’est déroulée votre prise de fonction ?

    Pierre Jaumain : J’ai trouvé un service public municipal efficace et à l’écoute de nos nouvelles orientations. Il a fallu quelques mois pour que soit nommé un nouveau directeur général adjoint (DGA) et que nous ayons un mode de fonctionnement optimal. J’ai aussi passé beaucoup de temps avec les équipes de Nîmes Métropole pour veiller à ce que ces équipes se parlent et travaillent bien ensemble en s’appuyant sur le fait majeur qu’elles ont le même élu de référence, ce qui est nouveau.

    Quelles ont été les priorités à lancer à partir d’avril ?

    P.J. : Un état des lieux général d’abord. L’inflexion, ensuite, des dossiers qui n’étaient plus dans nos priorités ou contraires à nos principes, comme sur le projet de parking à la Placette. Mais on ne peut pas tout modifier d’un claquement de doigts car il y a des règles, des réalités juridiques et financières dont on ne peut pas s’extraire avec irresponsabilité. Un des premiers changements majeurs a été de signifier notre volonté de répondre à la crise du logement en impulsant la production de logements sociaux auxquels une grande majorité de Nîmois a droit. Nous essayons par exemple de pousser les porteurs de projets, les promoteurs, à faire du logement social, alors que ce n’était pas prévu initialement. Comme ce n’est pas imposé dans les documents réglementaires, c’est à eux de bien vouloir le faire ou pas. Ils sont aujourd’hui globalement coopératifs. Mais c’est pour cela qu’une révision du PLU est très importante.

    Comment va se dérouler
    cette révision du PLU ?

    P.J. : Nous avons lancé en conseil municipal le 4 juillet une procédure de modification du PLU dont la végétalisation est un des enjeux majeurs. On votera au conseil municipal les décisions de cette modification au mieux au printemps. Nous avons aussi lancé une révision du PLH (Programme Local de l’Habitat) à Nîmes Métropole. Ce sont deux dispositifs-cadres extrêmement importants. Mais aujourd’hui dans le PLU, il n’y a pas grand-chose qui contraigne à la création de logements sociaux. Il y a donc un décalage entre nos intentions politiques et les outils réglementaires qui permettraient d’imposer ces intentions politiques. Pour la révision du PLU, nous avons décidé de concerter très largement donc ça va prendre deux ou trois ans.

    Quels sont les autres grands sujets qui vont vous occuper cette année ?

    P.J. : Se doter d’outils de pilotage et d’anticipation qui manquent cruellement pour maîtriser le foncier, construire des logements et développer cette ville harmonieusement. Nous sommes très mobilisés avec ma collègue Agnès Charraix sur la question du végétal en ville et de la réponse à apporter pour s’adapter au nouveau climat dans lequel nous vivons désormais. Et nous devons continuer à rencontrer l’ensemble des acteurs de l’urbanisme et du logement pour les comprendre, les associer et leur expliquer nos priorités.

    Où en est la rénovation engagée dans les quartiers prioritaires
    de la Ville ?

    P.J. : Beaucoup de choses sont contractualisées et nous sommes tenus de les suivre. Mais il y a des marges de manœuvre que nous allons activer. Je ne cesse de rappeler aux équipes que, même quand on travaille sur des plans, il s’agit toujours de la vie de femmes et d’hommes et que la dimension humaine de notre urbanisme est fondamentale. Je pense notamment que les financements liés aux aménagements ont été trop faibles. Et puis nous sommes déjà très mobilisés pour l’Anru 3 afin que notre territoire bénéficie des financements nécessaires et que soient prises en compte des problématiques nouvelles comme l’accompagnement des copropriétés dégradées. Nous sommes sur le pont sur les dossiers de renouvellement urbain et de politique de la Ville. Notre boussole, c’est la dignité, l’égalité et le respect. Nous avons pris un engagement durant la campagne sur l’égalité de l’ensemble des quartiers de notre commune. Nous le tenons et nous le tiendrons.

    Quel est votre rôle dans la mise en place des « places communes », l’un des axes les plus importants de la campagne de Nîmes en commun ?

    P.J. : C’est un travail collégial de nombreux élus et des services sous la houlette de ma collègue Maya Amer-Moussa. Je prends ma part, notamment dans le repérage foncier des lieux les plus adaptés et de leur intégration urbaine. Cela concerne les quartiers constitués comme ceux en mutation. C’est un travail très enthousiasmant car cela contribue totalement à cet urbanisme à échelle humaine qui est le nôtre. Un urbanisme qui recrée des lieux d’échange et de partage, des lieux de communication et de culture, des lieux de services publics et d’actions associatives, des lieux de citoyenneté.

    Sur ces sujets très techniques, comment parvenez-vous à faire participer la population dans la prise de décision ?

    P.J. : Par le dialogue permanent d’abord avec les corps intermédiaires, les comités de quartiers, les collectifs citoyens, les associations comme par l’information de tous les élus en refusant le fonctionnement cloisonné. Pour la révision du PLU par exemple, nous allons proposer un dispositif qui permette à toutes et tous de comprendre et de proposer des idées dans une dimension d’éducation populaire à laquelle je suis très attaché. Nous allons nous efforcer d’expliquer clairement ce qui est parfois très technique et un peu abscons. Nous souhaitons une large appropriation car nous allons parler de l’avenir de notre territoire et cela concerne tout le monde.

  • « Bonjour Nîmes » : la majorité scelle un pacte démocratique

    « Bonjour Nîmes » : la majorité scelle un pacte démocratique

    Ils sont venus par centaines, debout dans les travées, agglutinés sous les voûtes du Parnasse où la chaleur du jour ne retombait pas. Mardi 8 septembre au soir, près de 1 500 Nîmois ont répondu présent à la restitution des rencontres « Bonjour Nîmes », l’exercice de démocratie participative lancé au printemps par le maire communiste Vincent Bouget et sa majorité. Sept réunions de quartier entre le 7 mai et le 2 juillet, entre 2 500 et 3 000 habitants croisés, 197 prises de parole recueillies et passées au crible. La restitution devait initialement se tenir le 8 juillet ; la canicule l’avait forcée à s’effacer. Ironie du calendrier, c’est encore dans une salle suffocante que Nîmes est venue parler de sa ville. Ce soir-là, il fallait rendre des comptes.

    « On peut faire de la politique autrement, et on va faire de la politique autrement », lance en ouverture Laurent Mespoulet, adjoint au développement économique. La formule résume l’ambition de cette méthode, à l’opposé d’un programme ficelé d’en haut : une parole recueillie sur le terrain, restituée point par point devant les habitants eux-mêmes. « Cela fait un peu plus de cinq mois que nous avons été élus, personne n’a de baguette magique », prévient d’emblée Vincent Bouget, avant de laisser le micro à ses adjoints, qui défilent un à un.

    Trois urgences : la ville,

    la jeunesse, les services

    Sans surprise, la chaleur et la propreté urbaine dominent les échanges. « L’été caniculaire nous oblige, il faut anticiper pour ne pas subir », martèle Agnès Charaix-Py, adjointe à la végétalisation. Fontaine à boire remise en eau place aux Herbes, voiles d’ombrage testés dès l’été 2027, brumisateurs aux futures pépinières Pichon, permis de végétaliser renforcé pour les habitants comme pour les commerçants : la ville veut « cheminer à l’ombre ». Sur la propreté, « notre ville est formidable, mais elle est dégueulasse », résume sèchement l’adjoint François Seguy. Pour y remédier, un numéro unique « Allô Nîmes propre » doit centraliser le signalement des dépôts sauvages dès 2027, la limite des deux encombrants disparaît et une marche verte citoyenne est annoncée pour novembre.

    Jeunesse et éducation, à égalité en tête des attentes recensées, ne sont pas en reste. Une direction de la jeunesse a vu le jour, une centaine de stagiaires de troisième et de seconde seront accueillis en mairie, un portail unique d’information doit voir le jour pour les étudiants. Côté écoles, 90 agents périscolaires ont été déprécarisés, un repas végétarien sera proposé chaque midi en cantine, et six établissements seront rénovés thermiquement chaque année du mandat.

    Sur la santé, la Ville mise sur un conseil local de santé mentale dès le 7 octobre, un centre de santé au Mas de Mingue au premier semestre 2027, une mutuelle communale à tarif négocié au premier trimestre et une école de kinésithérapie publique. Sur la sécurité enfin : l’arrêté de fermeture des épiceries de nuit après 22h (312 infractions relevées cet été) sera prolongé ; un poste de police est annoncé sur l’Esplanade, et la coopération avec la police nationale va être renforcée contre le narcotrafic.

    Reste le temps long. Bouget annonce pour 2027 un projet « Vivre et habiter à Nîmes », élaboré avec professionnels et habitants, un outil de maîtrise foncière pour produire du logement accessible, deux « places communes », et la gratuité des transports, déjà testée pendant les ferias, qui doit s’étendre dès cet hiver.

    « Il n’y a pas les mêmes attentes partout, mais la même envie », observe Soukaïna BenJaafar, adjointe à l’administration générale, qui évoque une « aspiration à être considérés à égalité » d’un quartier à l’autre. Dans la salle, on opine, on chuchote, on retrouve un voisin croisé lors de l’une des sept réunions du printemps.

    « On aura besoin de tout le monde pour la relever », conclut Vincent Bouget, qui évoque une ville « un peu abîmée » mais promise, selon lui, à devenir une « ville pilote » de l’adaptation climatique d’ici six ans. « Nous scellons avec vous un pacte démocratique », affirme-t-il encore. La majorité a fixé elle-même l’échéance : automne 2027, pour revenir devant les Nîmois et rendre des comptes.

  • La concertation « Bonjour Nîmes » à l’heure de la restitution

    La concertation « Bonjour Nîmes » à l’heure de la restitution

    Après les salles pleines, les micros qui circulent et les doléances déposées quartier par quartier, « Bonjour Nîmes » revient pour une dernière étape. Prévue début juillet mais reportée en raison des fortes chaleurs, la réunion de restitution de cette grande concertation municipale se tiendra finalement mardi 8 septembre, de 18h30 à 20h30, au Parnasse. Un rendez-vous attendu pour Bouget et sa nouvelle équipe, après sept rencontres organisées entre mai et juillet dans les grands secteurs de la ville.

    De l’écoute aux décisions

    Lancée quelques semaines après l’installation de la nouvelle majorité, l’opération voulait donner une première traduction concrète à l’une des promesses de campagne de Nîmes en commun : renouer le lien entre l’hôtel de ville et les habitants. Pendant trois mois, les Nîmoises et les Nîmois ont été invités à parler de leur quartier, de leurs colères, de leurs besoins, mais aussi de leurs envies. Transports, sécurité, propreté, écoles, jeunesse, chaleur, précarité, vie associative : derrière les interventions parfois très concrètes, c’est une même demande de considération qui a traversé les rencontres.

    La restitution du 8 septembre devra dire ce que la Ville retient de cette parole habitante. Après le temps de l’écoute, vient celui des choix : quelles priorités, quels arbitrages, quelle méthode pour inscrire cette concertation dans la durée ? Pour la nouvelle majorité, l’enjeu est politique. Il s’agit de prouver que « Bonjour Nîmes » n’était pas seulement une tournée de début de mandat, mais bien une manière de gouverner autrement. Habitants engagés ou simples curieux sont invités à ce dernier rendez-vous, avec retranscription en langue des signes française.

  • Le réseau Tango à Nîmes « 100% propre » en 2030

    Le réseau Tango à Nîmes « 100% propre » en 2030

    La promesse a été lancée, les élus métropolitains ont désormais trois ans et demi pour l’appliquer. Sur le dépôt des bus Tango, ils ont en effet annoncé le passage de « l’ensemble des bus du réseau urbain vers des motorisations 100% propre ». Pour l’heure, la collectivité compte une centaine de véhicules à « énergie propre », fonctionnant à l’électricité, au biogaz ou au biocarburant. Cela représente la moitié de la flotte de véhicules actuellement exploités par Keolis.

    Ombrière photovoltaïque

    Fin juillet, les élus métropolitains étaient donc fiers de présenter les tout nouveaux bus articulés 100% électriques de 18 mètres de long qui sont dotés « d’une autonomie pouvant atteindre 340 km grâce à leurs neuf packs de batteries haute capacité de 623 kWh ». Ils offrent ainsi « une capacité d’accueil de 104 voyageurs ». Cinq d’entre eux sont déjà en circulation et quatre arriveront dans les prochains jours. L’investissement pour ces véhicules représente tout de même 7,6 millions d’euros. En moyenne ces dernières années, ce sont 8 millions d’euros qui sont mobilisés dans la modernisation des équipements des bus Tango.

    Lors de cette présentation, les élus ont également annoncé la construction d’une ombrière photovoltaïque sur le dépôt Tango qui sera mise en service en fin d’année. « Nous agissons simultanément sur deux leviers essentiels : la décarbonation de notre flotte et la production locale d’une énergie renouvelable. Aujourd’hui, 100 véhicules à énergie propre circulent déjà sur le réseau Tango et notre ambition est claire : disposer d’un réseau urbain composé à 100% de véhicules propres d’ici 2030 », confirme Vincent Bouget, le nouveau président de Nîmes Métropole.

  • Les cent jours de mandat qui ont déjà changé Nîmes

    Les cent jours de mandat qui ont déjà changé Nîmes

    Vincent Bouget réussit-il une entrée en matière quasiment parfaite ? Pour l’heure, ni l’opposition de droite, toujours fracturée par les divisions, ni la démagogie du RN ne sont parvenues à faire tanguer la nouvelle équipe.

    Pourtant, après 25 ans sans alternance, lancer une nouvelle dynamique dans une administration centrale peu habituée à s’adapter était un véritable défi. Mais le nouveau maire de Nîmes s’est attaché en premier lieu à travailler avec les agents de la collectivité. C’est d’ailleurs sur ce point que Vincent Bouget a ouvert sa conférence de presse consacrée aux cent premiers jours de son mandat. « Nous avons réalisé huit réunions, organisé 60 ateliers avec 1 300 agents où la parole a été libre. Il fallait entendre les agents qui portaient des questions personnelles et globales. Ils ont fait 1 600 propositions pour rendre un meilleur service public », a présenté l’édile en précisant qu’un projet d’administration serait réalisé à l’automne.

    Ce dialogue, Vincent Bouget l’a également lancé avec les habitants de la Ville grâce à l’organisation de sept réunions publiques. Une restitution publique de ces discussions se tiendra d’ailleurs le 8 juillet à 18h30 au Parnasse.

    Des avancées concrètes

    Outre la méthode, Vincent Bouget s’est aussi félicité de plusieurs réalisations concrètes malgré « un budget 2026 décidé par l’ancienne équipe ». Parmi elles, le maire note la bonne organisation de la feria avec la mise en place des transports gratuits le week-end, expérience qui sera renouvelée pour la feria des Vendanges.

    « Nous sommes aussi allés plus vite que prévu pour le déblocage de fonds et de moyens humains pour le poste de police de Pissevin », s’est-il félicité. En effet, lors de son déplacement dans la capitale du Gard, Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, avait annoncé le déblocage d’une enveloppe de 620 000 euros pour la construction du poste de police dans le quartier populaire nîmois et l’arrivée de 16 policiers au 1er septembre au commissariat de Nîmes. Vincent Bouget a également confirmé que les élus de la majorité avançaient sur « les projets au long cours » comme la végétalisation de la ville et de ses écoles, la création des fameuses places communes, les questions de mobilité et la réhabilitation du stade des Costières.

    S’il n’a pas voulu s’éterniser sur les squelettes laissés dans le placard par l’équipe précédente, il a confirmé qu’en plus du fort endettement de Nîmes Métropole et de la situation du stade des Costières, qui étaient connus, la Ville connaît une « dette grise », c’est-à-dire que nombre d’infrastructures n’ont pas été entretenues ou rénovées. « Deux écoles ont connu une rénovation énergétique, il en reste 81. Ici, au Carré d’art, le toit fuit quand il pleut », a-t-il illustré.

    Gratuité des bibliothèques

    Si Vincent Bouget a tenu à réunir la presse au Carré d’Art, c’est surtout pour annoncer plusieurs nouveautés concernant la culture et l’éducation. Ainsi, les bibliothèques seront gratuites à partir du 1er septembre « comme dans 60% des collectivités de France ». Le coût de la mesure est estimé à 75 000 euros. En parallèle, tous les enfants entrant en CP recevront désormais une carte de bibliothèque. Concernant la jeunesse érigée en « priorité », 10 euros de fournitures scolaires ont aussi été débloqués par élève de primaire, s’ajoutant aux 50 euros de dotation totale par enfant déjà consentis. La mesure coûtera 50 000 euros.

    Vincent Bouget a aussi confirmé la gratuité totale du musée des cultures taurines à la rentrée et l’extension de la gratuité dans les trois autres musées municipaux (musée des beaux-arts, muséum d’histoire naturelle et musée du vieux Nîmes) pour les moins de 26 ans. Toutes ces mesures seront votées lors du conseil municipal du 4 juillet.

    Vincent Bouget a conclu en donnant rendez-vous aux habitants le 13 juillet aux Jardins de la Fontaine pour un nouveau rendez-vous : « À la Table de Marianne ». Le principe est simple, les Jardins seront ouverts jusqu’à minuit pour un « pique-nique géant familial », où le partage autour des valeurs républicaines sera à l’honneur, avec en prime des animations culturelles.

  • « On a une bataille politique et idéologique à mener »

    « On a une bataille politique et idéologique à mener »

    La Marseillaise : Quel est votre parcours professionnel et militant ?

    Jacques Chabalier : J’ai 62 ans et je suis né à Nîmes. J’ai fait l’essentiel de ma scolarité ici, puisque j’ai été élève au collège Romain Rolland puis au lycée Daudet où j’ai passé mon bac en 1981, belle année ! J’ai ensuite fait mes études de lettres à Montpellier où j’ai obtenu mon Capes de lettres classiques. Je suis ensuite parti en Indre-et-Loire où j’ai exercé mon métier d’enseignant. Au plan politique, je suis devenu secrétaire départemental de la Fédération d’Indre-et-Loire. À partir de 2008-2009, j’ai intégré l’exécutif national, puisque j’étais responsable de la vie du Parti entre 2009 et 2016. J’ai travaillé un peu avec Marie-George Buffet puis avec Pierre Laurent. J’ai d’ailleurs intégré le secrétariat de Pierre Laurent jusqu’à l’arrivée de Fabien Roussel en 2022. Comme les saumons qui remontent à la source, je suis revenu à Nîmes en 2022 et je suis devenu cette année secrétaire de la section de Nîmes.

    Pourquoi avez-vous voulu prendre la suite de Denis Lanoy ?

    J.C. : Je trouve que la victoire de Nîmes en commun, l’élection de Vincent (Bouget) comme maire et la pratique politique tout à fait inédite qui a permis cette écoute des citoyens, de construire avec eux, crée une situation complètement nouvelle dans la ville. Je pense que le Parti communiste doit en tirer toutes les leçons pour déployer sa propre activité. Il y a beaucoup à apprendre pour renforcer le Parti, pour le développer, pour identifier les atouts et voir où nous avons du mal à être présents. Je pense notamment aux cités et aux quartiers dits populaires. On constate aussi qu’il y a une nouvelle génération d’adhérents qui arrive et mon souhait, avec modestement l’expérience qui est la mienne, c’est d’aider ces nouveaux responsables, ces animateurs possibles de la vie du parti, à prendre toute leur place.

    Comment envisagez-vous le rôle de la section dans une ville gérée par un communiste?

    J.C. : Nous ne serons pas le porte-parole de la mairie car elle n’en a pas besoin. Nous aurons des rencontres régulières avec les élus de la Ville. Mais nous allons jouer notre rôle de parti politique en parlant de dossiers de la ville qui intéressent la population. Mais au-delà, on a une bataille politique et idéologique à mener, car il y a, ici comme ailleurs,
    l’inquiétante progression du Rassemblement national.

  • Nîmes Métropole valide le compte financier 2025

    Nîmes Métropole valide le compte financier 2025

    À la tête de l’Agglomération comme à la Ville, Vincent Bouget doit surtout faire face à l’opposition de l’extrême droite. Et de sa démagogie. Alors que les élus RN n’ont pipé mot sur le bilan du compte financier 2025 – le gros dossier à l’ordre du jour de la séance de mardi 23 juin – ils ont tenté d’attaquer le président communiste sur plusieurs sujets plus mineurs.

    Ils ont par exemple voté contre le règlement intérieur fortement critiqué par l’élue Christine Tournier-Barnier. Sauf que Vincent Bouget n’a pas hésité à lui faire remarquer que c’était le même règlement intérieur que sous Franck Proust lorsque celle-ci siégeait alors dans la majorité avant de rejoindre les bancs de l’extrême droite. Puis ce fut au tour de Julien Sanchez d’entrer dans la danse sur le changement de répartition des moyens financiers alloués aux groupes politiques. Toujours adepte des recours juridiques (après avoir déjà contesté les élections à Nîmes), l’élu RN a annoncé attaquer cette délibération au tribunal administratif. En effet, Vincent Bouget a choisi d’attribuer l’enveloppe aux différents groupes « proportionnellement à leur effectif ainsi qu’en considération de la charge de travail résultant des responsabilités exercés par leurs membres ».

    « Inquiétudes légitimes » autour de l’aéroport

    Le vice-président aux Finances, Gilles Guillaud a aussi présenté le compte financier 2025 marqué par une baisse des recettes de fonctionnement de 0,6% et une hausse des dépenses de fonctionnement de 2,6%. L’épargne brute a diminué à 72,1M d’euros. 105 millions d’euros ont été fléchés vers des projets d’investissements, « ce qui est un niveau élevé ». L’endettement s’est lui stabilisé à 466M d’euros. « L’encours de la dette place Nîmes Métropole parmi les collectivités les plus endettées de France », souligne Gilles Guillaud.

    Outre le compte financier, Vincent Bouget a confirmé que « les inquiétudes qui s’expriment depuis plusieurs semaines sont légitimes », concernant la gestion par Edeis de l’aéroport de Nîmes puisque « les ambitions affichées lors de la signature de la délégation de service public et les objectifs fixés au délégataire sont aujourd’hui loin d’être atteints ».

    Il a également annoncé vouloir engager à partir de septembre un travail de « réactualisation du projet de territoire de Nîmes Métropole ». C’est dans cet optique qu’il a donc demandé « d’acter le report du vote du budget primitif de 2027 en début d’année prochaine ».

  • À Nîmes, la gauche imprime ses premiers choix

    À Nîmes, la gauche imprime ses premiers choix

     Grands électeurs

    et nouvelle adjointe

    Premier temps fort, très procédural mais politiquement décisif : la désignation des délégués appelés à voter aux sénatoriales. À l’issue du scrutin, la majorité Nîmes en commun obtient 109 délégués supplémentaires, auxquels s’ajoutent les 42 élus municipaux. Le groupe RN-UDR décroche 28 délégués, tandis que les deux groupes de droite, partis cette fois sur une liste commune, en obtiennent 15.

    Dans la foulée, le conseil a élu Agnès Charaix-Py comme adjointe au maire, en remplacement de Sibylle Jannekeyn, contrainte par les statuts des Écologistes de choisir entre son poste municipal et sa vice-présidence à Nîmes Métropole. L’élue conserve l’Agglo, sa camarade hérite de la délégation à la végétalisation et à la renaturation. Un symbole dans une ville minérale, où l’adaptation au réchauffement climatique ne pourra plus rester un supplément d’âme.

     La tribune vide du RN

    Le débat s’est vite crispé autour du nouveau règlement intérieur. En cause : la répartition des tribunes politiques dans Vivre Nîmes, avec 400 signes garantis à chaque groupe, puis une part proportionnelle au nombre d’élus. En l’absence de Julien Sanchez, pourtant prompt à dénoncer la moindre « confiscation démocratique » depuis ses réseaux sociaux, c’est Sylvie Josserand qui est montée au créneau pour le groupe RN-UDR. Elle dénonce « l’indécence démocratique » ainsi qu’un cadeau à la droite minoritaire. Julien Plantier lui a répliqué que le RN n’avait même pas utilisé sa tribune dans le dernier numéro : « Utilisez votre espace avant de donner des leçons. » L’image clôt le débat.

     Les comptes de l’ère Fournier

    Le rapport de la Chambre régionale des comptes, portant sur la gestion 2019-2024 de la Ville et de Nîmes Métropole, n’a pas provoqué le grand déballage. Le maire a reconnu qu’il ne contenait pas de révélation « sensationnelle », tout en relevant les alertes sur le recours accru aux contractuels et vacataires. La majorité promet une démarche de « déprécarisation ». Sur les finances, Gilles Guillaud a pointé une épargne nette en recul, de 22 millions d’euros en 2024 à 16,8 millions en 2025, malgré un niveau d’investissement élevé. La droite, elle, revendique l’héritage Fournier : dette maîtrisée, équipements soutenus, finances solides. Le vrai test, lui, est déjà renvoyé au budget 2027.

     Laïcité, fiertés et lignes rouges

    La fin de séance a pris une couleur plus idéologique. Le RN s’est abstenu sur une subvention de 500 euros à l’association organisatrice de la Marche des fiertés, destinée à financer des ateliers de lecture théâtralisés pour le jeune public. Marianne Bernède, adjointe à la lutte contre les discriminations, a rappelé l’urgence d’éduquer contre les haines, après la mort récente d’un jeune homme de 19 ans à Metz à la suite d’une agression homophobe.

     L’apéritif de la discorde

    Le moment le plus chaud de la journée est venu en toute fin de séance. L’élu RN Titouan Thomas s’étonne de l’absence, cette année, de l’apéritif de convivialité offert depuis vingt-cinq ans par la ville à l’issue de la messe folklorique de Pentecôte pendant la feria : une tradition qui avait traversé toutes les alternances, y compris celle du communiste Alain Clary. Nicolas Cadène, élu de la majorité et ancien rapporteur de l’Observatoire national de la laïcité, est précis : une dépense publique directement attachée à une cérémonie religieuse contrevient à la loi de 1905. Même raisonnement pour la cérémonie de Jeanne d’Arc.

    Franck Proust a dénoncé une « laïcité négative qui divise ». Avant de conclure, Cadène glisse un rappel à l’attention du RN, qui partageait pour l’occasion les mêmes indignations que la droite : le groupe accumule les condamnations pour violation de cette même loi de 1905 qu’il prétend défendre. À Nîmes, la nouvelle majorité veut marquer sa différence : respecter les traditions, oui, mais sans confondre patrimoine, culte et argent public. Un équilibre délicat, qui dit déjà beaucoup du mandat qui s’ouvre.

  • Vincent Bouget remet la mairie au contact des Nîmois

    Vincent Bouget remet la mairie au contact des Nîmois

    C’était l’un des fils rouges de la campagne de « Nîmes en commun » : ne plus faire la ville sans ses habitants. À peine installé à l’Hôtel de Ville, Vincent Bouget veut donner corps à cette promesse. À partir du jeudi 7 mai et jusqu’au 2 juillet, le nouveau maire de Nîmes lance « Bonjour Nîmes », une série de sept rencontres publiques dans les grands secteurs de la ville. Une première séquence politique qui dit déjà beaucoup de la méthode revendiquée par la nouvelle majorité : sortir des bureaux, écouter, faire parler les quartiers et tenter de recoudre une ville fracturée.

    La première rencontre a lieu ce jeudi 7 mai, à 18h30, à la Maison des associations, pour le secteur Costières. Suivront Garrigues nord, Garrigues ouest, Nîmes centre, Grézan-Chemin bas d’Avignon, Courbessac-Mas de Mingue, puis Nîmes Ouest-Saint-Césaire. À chaque fois, le maire, sa première adjointe Amal Couvreur et des élus municipaux viendront échanger avec les habitants. Au programme : la projection d’un film-enquête réalisé auprès de Nîmois du secteur concerné, puis une discussion sur les attentes, les urgences et les priorités du quotidien.

    Pour Vincent Bouget, l’enjeu dépasse le simple exercice de communication. « Les Nîmoises et les Nîmois ont beaucoup dit que la ville n’était pas assez unie, que les élus étaient trop distants », rappelle la municipalité. Le nouveau maire, lui, insiste sur la nécessité de repartir de la parole habitante : « Parce que nous ne ferons rien seuls, nous avons besoin de nous écouter et de travailler tous ensemble. C’est la seule façon de réussir la transformation en profondeur de notre cité. »

    Une méthode héritée

    de la campagne

    Ces rendez-vous s’inscrivent directement dans la continuité de la campagne municipale victorieuse de mars. Nîmes en commun avait bâti son projet à partir de milliers de contributions, de réunions publiques et d’arpentages dans les quartiers. Le collectif promettait alors de « rendre le pouvoir aux Nîmois », de renforcer les conseils de quartier et de rompre avec une gestion jugée trop verticale après vingt-cinq ans de majorité Fournier.

    La différence avec l’ancienne municipalité se joue donc d’abord sur le rapport au pouvoir. Vincent Bouget ne veut pas seulement gérer les dossiers depuis l’Hôtel de Ville : « On peut très rapidement se retrouver enfermé dans son bureau et ne voir personne », confie-t-il. Depuis le début du mandat, il dit chercher à rester « au contact des habitants, des entreprises, des associations, dans tous les quartiers ». Même dans les gestes simples : « J’essaye le maximum de venir en mairie à pied. Les gens nous interpellent sur leurs problèmes personnels, leurs problèmes plus globaux, ou parfois juste pour un bonjour. C’est déjà une belle première étape. »

    Des attentes concrètes

    Ces réunions ne devraient pas rester dans les grands principes. Voirie abîmée, vitesse automobile, fossés à nettoyer, manque de lieux pour se réunir : dans les quartiers, les demandes s’annoncent concrètes. Mais Vincent Bouget veut éviter le simple guichet à doléances. Ces rencontres doivent aussi servir à refonder une démocratie locale, à commencer par des conseils de quartier dont le fonctionnement, estime-t-il, « est à revoir ». L’objectif affiché est d’aboutir, à l’automne, à de nouveaux fonctionnements capables de mieux traiter l’ensemble des problèmes du quotidien.

    Reste à transformer l’écoute en décisions. C’est là que la nouvelle majorité sera jugée, après avoir promis une ville « où chacune et chacun compte. » Sept rendez-vous pour faire connaissance, mais aussi pour prouver qu’un changement de mairie peut signifier un changement de méthode.

    Inscription aux rencontres et dates sur www.nimes.fr

  • Vincent Bouget, l’épopée d’une victoire populaire

    Vincent Bouget, l’épopée d’une victoire populaire

    Au Prolé, dans la soirée du dimanche 22 mars, la pluie n’a pas éteint la braise. Elle l’a attisée. Dans la cour et sous les néons, on lisait sur les visages la même fatigue joyeuse : celle des campagnes qu’on mène au corps à corps, à force de tracts, de portes frappées, de réunions qui finissent tard, de doutes avalés sans jamais baisser les yeux. Et puis, d’un coup, l’annonce : Vincent Bouget est élu maire de Nîmes avec 40,97% des voix, devant Julien Sanchez (RN) à 37,52% et Franck Proust (LR-Horizons) à 21,51%. La ville venait de basculer. La droite clanique, au pouvoir depuis vingt-cinq ans, venait de tomber. L’extrême droite du RN, qui rêvait de s’offrir la « Rome française » comme un trophée, venait d’être repoussée.

    Dans ce bar-phare de la gauche nîmoise, institution plus que QG, on ne célébrait pas seulement un score. On célébrait une revanche sociale, une dignité retrouvée, une mémoire transmise. Les bras se lèvent, les mains tremblent, les larmes montent sans prévenir. On s’étreint comme après une délivrance. Vincent Bouget apparaît, happé par les accolades, le regard humide. Il serre sa famille, embrasse sa mère, cherche sa fille en visio, et déjà la foule scande son prénom comme on scande une promesse : celle que la ville cesse d’être un décor pour les puissants, et redevienne un foyer pour celles et ceux qui la font vivre.

    Une victoire, une méthode : écouter puis construire

    Ce soir-là, l’émotion avait la densité d’une histoire longue. Car ce n’est pas une victoire « tombée du ciel ». C’est une victoire labourée. Deux ans de construction, de discussions, de désaccords surmontés. Deux ans à aller dans les quartiers populaires comme dans les rues du centre, à écouter la colère, les peurs, la lassitude. Deux ans à construire un programme avec les habitants au travers d’un questionnaire rempli à 3 000 reprises, à multiplier les réunions, à sonder, à recueillir, à recommencer. Cette liste qui porte le nom de sa méthode, « Nîmes en commun », n’a rien d’un slogan : c’est un fil tendu entre la politique et le quotidien, entre la mairie et la ville réelle.

    À peine le résultat digéré, une idée s’impose : aller à la mairie. Comme une évidence. Comme un rite. Le cortège s’organise, grossit à vue d’œil, envahit les ruelles. Et la marche devient un récit en mouvement : on reconnaît des visages croisés pendant deux ans, des militants de l’ombre, des habitants des quartiers populaires, des jeunes qui votent pour la première fois, des anciens qui n’y croyaient plus. Bouget avance lentement, arrêté tous les deux mètres par une main posée sur son épaule, une embrassade, un « merci », un « on l’a fait », des milliers de « on a gagné. »

    La droite fracturée,

    la gauche rassemblée

    Dans cette procession, il y a une chose qu’aucun bulletin ne mesure : le lien. Celui de l’implantation. Celui d’un travail patient, à rebours des campagnes hors-sol. Face à un candidat RN, Julien Sanchez, parachuté en janvier par le parti, quasi absent du terrain, préférant vanter les méthodes brutales et unilatérales de Donald Trump en conférence, porté par une stratégie nationale et un programme lacunaire, la gauche nîmoise opposait une force simple : connaître la ville, ses fractures, ses noms, ses douleurs, ses solidarités.

    En face, la droite nîmoise aura offert le spectacle d’une succession ratée, d’une guerre de chefs entre Franck Proust et Julien Plantier, héritiers proclamés de Jean-Paul Fournier, frères ennemis pendant des mois, avant une fusion forcée au soir de leur débâcle du premier tour. Une addition de logos, tardive, sans souffle, sans vérité. Nîmes a sanctionné ce manège. Et la leçon est brutale : on ne gouverne pas une ville comme un patrimoine à transmettre, ni comme une vitrine à vendre.

    Car l’autre leçon, plus grande encore, vient de la gauche. À Nîmes, l’union n’a pas été un mot d’ordre plaqué : elle a été un travail. Une preuve. Une discipline. Ici, communistes, socialistes, écologistes, militants de Génération.s, de Place publique, de L’Après, et une large part de la société civile ont choisi de se compter ensemble plutôt que séparément. Non pas au dernier moment, dans l’urgence d’un second tour, mais dans la durée, à force de rencontres, de débats, de concessions, de respect des désaccords. Et quand certains, au niveau national, s’épuisent à la division, Nîmes rappelle que l’unité n’est pas une posture : c’est une stratégie pour gagner, mais surtout une condition pour gouverner.

    Quartiers populaires :

    le sursaut qui change tout

    Entre les deux tours, quelque chose s’est levé. Dans les quartiers populaires, là où l’abstention est souvent le premier parti, on a vu un sursaut : une mobilisation décisive, avec une hausse moyenne de participation de 11% pouvant monter jusqu’à 17%. Pas un miracle : des discussions partout, des voisins qui se convainquent, des familles qui se parlent, des jeunes motivés à voter parce que l’enjeu dépassait les querelles politiciennes. Et dans les urnes, la vague est nette : Bouget fait carton plein à Valdegour (jusqu’à 76%, école Gustave-Courbet), au Chemin-Bas d’Avignon (79%, Jean-Zay), au Mas de Mingue (74%, Jean-d’Ormesson) et à Pissevin (84%, Henri-Wallon/Paul-Langevin). À l’inverse, Julien Sanchez s’effondre dans ces secteurs (de 6 à 15%), quand il est surtout en tête dans des quartiers plus « ville active » et pavillonnaires (René-Char, Mas de Ville, Vacquerolles). La droite, elle, ne conserve qu’un îlot : Castanet, où Franck Proust arrive en tête avec 36% (Combe des Oiseaux).

    Bouget le dit avec gravité : « Il y a eu un sursaut citoyen. Dans les quartiers populaires comme partout dans la ville. » Et il ajoute : « Je veux saluer celles et ceux qui l’ont fait pour faire barrage. Cela nous oblige. » Oui : cette victoire oblige. Elle oblige à réparer, à rassembler, à tenir la promesse d’une mairie qui regarde enfin vers Pissevin, Valdegour, le Chemin-Bas, Richelieu, La Gazelle, et pas seulement vers les cartes postales.

    Du balcon, une nouvelle ère

    Arrivé à l’Hôtel de Ville, Bouget prend la parole au balcon devant près de 2 500 Nîmois. Derrière lui, des figures de la gauche locale, mais aussi des visages qui disent la portée de l’instant. On voit Alain Clary, dernier maire communiste de Nîmes de 1995 à 2001, ému aux larmes comme un témoin qui voit l’histoire reprendre son cours. À ses côtés, Françoise Laurent-Perrigot, présidente (PS) du Département et Carole Delga, présidente (PS) de Région, venues saluer une victoire qui dépasse les frontières de la cité romaine. Clary parle d’« une nouvelle génération, une nouvelle façon de faire de la politique, un nouvel espoir ». Et la ville comprend que ce soir ne referme pas une parenthèse : il ouvre un chapitre.

    Bouget, lui, refuse l’ivresse personnelle. « Je ne suis pas dans une logique personnelle. Nous sommes au début de l’histoire. Dès demain, nous allons nous mettre au travail », promet-il. Puis il dédie : à sa famille, à sa grand-mère résistante récemment disparue, à celles et ceux qui ont porté la flamme quand la ville semblait promise à la résignation.

    Ce dimanche de mars, Nîmes a vécu plus qu’une alternance. Elle a vécu un moment de vérité : celui d’une ville qui choisit l’ancrage contre le parachutage, la solidarité contre la peur, l’union contre les egos. Dans vingt ans, on lira peut-être ce soir comme une date. Les Nîmois l’ont vu comme une scène : du Prolé au balcon, la ville marchait. Et elle se retrouvait.

    « Voir qu’il y a une nouvelle génération, une nouvelle façon de faire de la politique, un nouvel espoir, c’est formidable »