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  • [Sciences] Les sucres nécessaires à la vie ont bien pu venir de l’espace

    [Sciences] Les sucres nécessaires à la vie ont bien pu venir de l’espace

    C’était en 2016. Chercheuse CNRS à l’Institut de chimie de Nice, Cornelia Meinert montre en laboratoire que des sucres peuvent se former dans les glaces interstellaires. Ces briques élémentaires de la vie, à la base des molécules d’ARN et d’ADN, peuvent donc exister dans l’espace. Mais est-ce le cas ? À l’époque, les preuves manquent : jamais des sucres n’ont été observés dans aucune météorite. « Ils sont difficiles à extraire car très réactifs et instables », souligne la chercheuse qui se lance alors dans le développement d’une méthode spécifique, à base d’ultrasons, pour y parvenir. Dix ans plus tard, le résultat est là, publié dans Nature Communications : cinq sucres sont découverts dans la météorite Orgueil –du nom de la commune du Tarn-et-Garonne où elle est tombée en 1864. « C’est un pas de plus en faveur de l’hypothèse qui veut qu’au moins une partie des briques élémentaires du vivant ont pu venir de l’espace », indique la chercheuse. Via des météorites tombées sur Terre il y a environ 4 milliards d’années.

    Ce résultat renforce ceux d’autres études d’une équipe japonaise, parues depuis 2016, qui montrent que des sucres sont bien présents dans l’espace : l’une en 2019 sur des fragments de météorites, l’autre fin 2025 sur des fragments de l’astéroïde Bénou, ramenés sur Terre en 2023. Seulement, avec Orgueil, Cornelia Meinert va plus loin : « Notre méthode révèle les quantités présentes de chaque sucre et leur chiralité », insiste-t-elle. C’est-à-dire leur forme gauche ou droite. Car les molécules de sucre peuvent exister selon deux formes opposées, comme nos deux mains.

    Contamination ?

    C’est d’ailleurs cette chiralité qui permet d’affirmer que les sucres sont bien d’origine extraterrestre et non le fruit d’une contamination une fois la météorite tombée sur Terre. Car si Orgueil est aujourd’hui bien conservée au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) de Paris, elle est sur Terre depuis plus de 150 ans. « Une contamination biologique a forcément eu lieu », admet Cornelia Meinert. Mais la biologie terrestre a une particularité : ses molécules n’utilisent que des sucres de forme droite. Si ceux observés sur Orgueil étaient d’origine biologique, un excès de formes droite serait attendu. « Or pour certains sucres, nous observons autant de formes gauche que de formes droite, explique la chercheuse. Cela confirme l’origine extraterrestre. »

    Par rapport à la méthode employée par les Japonais en 2019 pour déterminer l’origine extraterrestre des sucres, celle développée à Nice a l’avantage de pouvoir être exploitée sur des petits échantillons : 178 milligrammes ont suffi, quand les Japonais ont eu besoin de 2 grammes de matière. « Nous voulions développer une méthode utilisable sur des échantillons d’astéroïdes pour lesquels la matière à disposition est limitée », glisse Cornelia Meinert. Comme un clin d’œil à ce qui vient.

    REPÈRES

    Orgueil

    Cette météorite tombée à proximité du village d’Orgueil (Tarn-et-Garonne) en 1864 fait partie des chondrites CI : des météorites « carbonée de type Ivuna », du nom de la météorite tombée en Tanzanie en 1938 et qui sert de référence. Leur composition minéralogique est proche de celle des astéroïdes Bénou et Ryugu.

    Chiralité

    Un objet est dit « chiral » s’il n’est pas superposable à son image dans un miroir. C’est le cas de nos mains droite et gauche. Même chose pour les sucres et les acides aminés : ils peuvent exister sous une forme droite ou gauche.

    5

    C’est le nombre de sucres découverts dans la météorite Orgueil : l’arabinose, le xylose, le ribose, le lyxose et le ribulose. Les trois derniers sont présents dans des proportions « racémiques », c’est-à-dire avec autant de formes gauche que droite, suggérant une origine extraterrestre.

  • OM-Nice : un pénalty qui vient gâcher la soirée

    OM-Nice : un pénalty qui vient gâcher la soirée

    Son système devait permettre à l’OM de relever la tête. Avec un duo Vermeeren-Timber inédit pour épauler Pierre-Emerick Aubameyang qui envoyait Mason Greenwood sur le banc. Et la première titularisation de Tochukwu Nnadi dans le but de redynamiser un milieu devenu trop prévisible.

    Le jeu se concentrait aux abords de la surface azuréenne. Avec de très rares incursions visiteuses dans la moitié de terrain marseillaise. Malgré cela, les occasions de mettre en danger Yehvann Diouf demeuraient trop rares.

    Après l’heure de jeu, un coup d’accélérateur de Tochukwu Nnadi devait placer l’OM sur la voie de la victoire, grâce à la tête victorieuse de Pierre-Emile Höjbjerg. Les clignotants revenaient au vert. Pour quelques minutes seulement, puisque dans le money time, Jonathan Clauss obtenait un penalty, transformé par Elye Wahi, anéantissant les espoirs d’une rédemption marseillaise.

  • Paris entre en piste pour le hockey en cas d’impasse à Nice

    Paris entre en piste pour le hockey en cas d’impasse à Nice

    Paris Entertainment Company, exploitant de l’Accor Arena et de l’Adidas Arena, société majoritairement détenue par la Ville de Paris, met en avant son expérience des grands événements sportifs et son implication dans Paris 2024. Cette initiative intervient dans un contexte d’incertitude autour du pôle de glace de Nice, fragilisé par l’arrivée du nouveau maire (UDR), Éric Ciotti, et son refus de certains aménagements prévus. Et trois semaines après la proposition du maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, d’accueillir des compétitions de glace au cas où Nice serait écartée des sites olympiques.

    Mais dans un communiqué jeudi soir, la Région Paca a indiqué que « les études menées démontrent la faisabilité technique du projet » dit « des Arboras », du nom du stade privilégié par Eric Ciotti pour accueillir le hockey masculin. « Il convient désormais de poursuivre le travail sur sa faisabilité calendaire et financière » avec une nouvelle réunion prévue lundi, poursuit la Région.

  • JO-2030 : décision attendue en fin de semaine pour le pôle niçois

    JO-2030 : décision attendue en fin de semaine pour le pôle niçois

    « On est sur un fil, mais le fil est toujours tendu et on n’est pas tombés du fil. On a la semaine », a déclaré Renaud Muselier, lundi soir, à l’issue d’une réunion entre les différentes parties prenantes de l’organisation des Jeux olympiques d’hiver prévus pour se dérouler dans les Alpes françaises.

    Vendredi, le dossier semblait pourtant dans l’impasse, Renaud Muselier et Éric Ciotti, le nouveau maire de Nice, s’accusant mutuellement de tout bloquer.

    Nice doit théoriquement accueillir le patinage artistique, le hockey sur glace, le short-track et le curling ainsi qu’un village olympique et un centre des médias. De son côté, le Comité d’organisation (Cojop) a indiqué que « les parties prenantes ont convenu d’un commun accord de poursuivre l’examen technique des hypothèses en matière d’implantation et de financement permettant d’accueillir à Nice les épreuves de glace, dans le strict respect des enveloppes budgétaires. Une nouvelle réunion du groupe de travail se tiendra dans le courant de la semaine », selon un communiqué. « Je me réjouis de ces avancées positives », a déclaré Éric Ciotti à l’AFP.

    « Ligne rouge »

    « Tout est OK, sauf le hockey », a répété Renaud Muselier. Car pour Éric Ciotti, le projet de couvrir temporairement le stade de football de l’Allianz Riviera pour accueillir le tournoi de hockey, ce qui priverait l’OGC Nice de son stade pendant plusieurs mois, reste « une ligne rouge absolue ».

    « Tout le monde a un peu travaillé ce week-end et les options alternatives de M. Ciotti ont été présentées. M. Cadot a dit qu’il fallait les étudier et on a jusqu’à la fin de la semaine », a déclaré Renaud Muselier. Michel Cadot, ex-préfet d’Île-de-France et ancien délégué interministériel aux JO-2024, assure une mission « par intérim » au Cojop dans l’attente de la désignation d’un nouveau directeur général, après le départ en février de Cyril Linette suite à des « désaccords insurmontables » avec le président Edgar Grospiron.

    « Tout le monde veut Nice. Il y a un fort attachement au pôle niçois, qui avait beaucoup séduit le CIO », a aussi rappelé le président de la Région Paca, qui a ajouté qu’Éric Ciotti « a eu le président de la République à ce sujet ».

    Le Comité d’organisation a par ailleurs indiqué qu’un nouveau directeur général serait désigné le 11 mai. Selon Renaud Muselier, « il y a deux noms qui ressortent assez clairement ».

  • Le pôle glace de Nice des JO 2030 délocalisé ?

    Le pôle glace de Nice des JO 2030 délocalisé ?

    Nouveau coup de chaud pour les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030. Les discussions entre la Ville de Nice, la Région et les instances olympiques pataugent dans une soupe digne d’un bas de piste de fin de saison à Pra-Loup. Déjà plombé par les démissions et les retards, la possible délocalisation des épreuves de hockey, patinage, short-track et curling fait désordre.

    Depuis l’élection d’Éric Ciotti (UDR) à la mairie de Nice, les équilibres du projet ont été fragilisés. Si un cadre de travail commun a pu être posé lors d’une réunion technique le 1er avril, une seconde rencontre, organisée vendredi, a mis en lumière un blocage majeur autour l’Allianz Riviera, le stade de l’OGC Nice, dont le président, Jean-Pierre Rivère, figurait sur la liste de Ciotti.

    Présentation ce lundi

    Si la Région note que des convergences ont été trouvées sur le village olympique et le complexe omnisports de Nikaïa, la couverture et l’immobilisation pour trois mois minimum du stade, appelé à accueillir les épreuves de hockey, n’a pas obtenu l’accord de la nouvelle municipalité. L’alternative proposée entraînerait un surcoût de 45 millions, jugé incompatible avec la trajectoire budgétaire des Jeux et porteur d’un « risque majeur d’impasse procédurale et de dérive calendaire ».

    Face à cette impasse, un ultimatum a été fixé à ce lundi. Une présentation technique détaillée doit être soumise à l’ensemble des parties prenantes du comité d’organisation, avec l’objectif d’acter une décision. En filigrane, plane la menace d’une remise en cause pure et simple du pôle niçois. La ville de Lyon s’est déjà portée candidate.

    Initiateur de la candidature alpine, Renaud Muselier(Ren.) ne cache plus son inquiétude. « Après m’être battu pour garantir la parité des épreuves et des médailles avec nos partenaires du nord, je constate que les blocages actuels exposent directement le pôle niçois », alerte le président de la Région Sud, qui appelait vendredi à sortir du blocage.

    Il en va de la crédibilité d’un projet sommé de sortir de l’ornière politique, alors la carte définitive des sites est attendue pour fin juin par le Comité international olympique.

  • [Entretien] Harrison Agrusa : « La mission MMX est la première dédiée à observer les lunes de Mars »

    [Entretien] Harrison Agrusa : « La mission MMX est la première dédiée à observer les lunes de Mars »

    La Marseillaise : Vous participez à la mission Martian Moons Exploration (MMX) qui devrait partir cette année. Quel est l’objectif ?

    Harrison Agrusa : Le but principal est d’étudier comment se sont formées les deux lunes de Mars : Phobos et Déimos. Elles restent très peu explorées. Certaines missions martiennes sont passées à proximité et ont offert de belles images. Mais c’est tout ce que nous avons. Aucune mission n’a jamais été lancée spécialement pour les étudier. MMX est la première.

    Comment se seraient-elles formées ?

    H.A. : Il pourrait s’agir d’astéroïdes « capturés » par Mars : alors qu’ils passaient à proximité, la planète les aurait attirés suffisamment pour les faire entrer en orbite autour d’elle. Je n’y crois pas. Il est peu probable que deux astéroïdes capturés au hasard aient des orbites circulaires et dans le même plan comme Phobos et Déimos. Il est plus probable qu’elles se soient formées à partir d’un disque de débris rocheux issus d’un impact avec Mars.

    La dislocation de Phobos simulée dans votre étude pourrait générer un nouveau disque de débris
    à partir duquel elle pourrait se reformer…

    H.A. : Tout à fait. Il pourrait s’agir d’un phénomène cyclique. Phobos serait alors une énième génération de lune. Mais chaque génération serait plus petite que la précédente en raison d’une perte de matière à chaque fois. Il arriverait un moment où la lune serait si petite que les forces de marée exercées par Mars deviendraient trop faibles, la réduction de l’orbite trop lente et les dislocations successives s’arrêteraient.

  • [Sciences] Comment Mars va perdre une de ses lunes

    [Sciences] Comment Mars va perdre une de ses lunes

    Le cas de Phobos est sans espoir. Ses jours sont comptés. En effet, la manière avec laquelle la plus grosse lune de Mars orbite autour de la planète rouge fait que celle-ci l’attire inexorablement. Phobos finira pas s’y écraser ou par être disloquée par les forces de marée exercées par la planète. « La question qui subsiste est quand et comment cette fin aura lieu », souligne Harrison Agrusa, post-doctorant du Centre national d’études spatiales au Laboratoire Lagrange de l’Observatoire de la Côte d’Azur. Avec son collègue Patrick Michel, du même laboratoire, il montre dans un article d’Astronomy & Astrophysics que cette fin pourrait intervenir plus tôt que prévu : dès que son orbite aura atteint 7 500 kilomètres (km) par rapport au centre de Mars, soit 2,2 rayons martiens, contre 9 000 km aujourd’hui. Les précédentes études envisageaient plutôt ce destin fatal vers 1,6 rayon martien.

    Mais ce n’est pas tout : la destruction pourrait ne pas se produire exactement comme les modèles le prédisaient. « Ils misaient principalement sur les forces de marée », résume Harrison Agrusa. La lune finirait par se disloquer sous l’effet des déformations provoquées par l’attraction de Mars. Mais Phobos pourrait bien s’autodétruire : à une certaine distance de Mars, les forces qui s’exercent sur la lune permettraient à des roches de s’échapper. Elles s’éloigneraient alors de Phobos tout en restant sur la même orbite et finiraient un jour par la recroiser et l’impacter, éjectant de nouveaux rochers. « Cela créerait un effet en cascade entraînant la destruction de Phobos par elle-même », décrit le chercheur.

    Amas de roches

    Ce nouveau destin probable de Phobos est le fruit de nouvelles simulations numériques prenant en compte ce que l’on a appris des missions spatiales vers des astéroïdes : ceux-ci ne sont pas faits d’un seul bloc monolithique mais d’un amas de rochers sans grande cohésion. « Ces vingt dernières années, il y a eu un renversement dans la manière de voir les astéroïdes, admet Harrison Agrusa. Nous nous sommes rendu compte qu’ils étaient moins solides que nous le pensions. »

    Mais Phobos est un satellite naturel, comme notre Lune. Pourquoi aurait-il une structure semblable à celle d’un astéroïde ? « Il s’est probablement formé à partir d’un anneau de petits rochers gravitant autour de Mars, explique Harrison Agrusa. Dans ce cas, je ne vois pas pourquoi il formerait un bloc solide et monolithique. »

    Pour trancher, il faudra attendre la mission japonaise Martian Moons Exploration dont le départ est prévu cette année. En allant observer Phobos, elle offrira des images d’une résolution inégalée et des mesures inédites. Il est même prévu qu’un robot s’y pose. Le scénario de la mort de Phobos se précisera alors. Dans tous les cas, nous ne serons pas là pour l’observer : elle ne devrait pas intervenir avant 20 à 80 millions d’années.

    REPÈRES

    Phobos

    C’est le plus grand des deux satellites naturels de Mars –l’autre s’appelle Déimos. Son orbite est sub-synchrone : il met moins de temps à faire le tour de Mars (7h39) qu’il n’en faut à Mars pour faire un tour sur elle-même (24h36). Résultat : Phobos se rapproche inexorablement de Mars.

    Limite de Roche

    C’est la distance théorique en dessous de laquelle un satellite naturel commencerait à se disloquer sous l’action des forces de marée causées par la planète autour de laquelle il orbite.

    MMX

    La mission japonaise « Martian Moons Exploration » enverra cette année une sonde vers les deux lunes de Mars pour faire des mesures de gravité, de topographie et de compositions minéralogique et élémentaire. Un rover franco-allemand -Idefix- se posera sur Phobos pour réaliser des mesures. Des échantillons seront prélevés et ramenés sur Terre en 2031.

  • Le monde économique se mobilise pour les JO 2030

    Le monde économique se mobilise pour les JO 2030

    « L’aventure des Jeux olympiques commence maintenant. » Damien Robert, le directeur général exécutif de la Solideo (Société de livraison des ouvrages olympiques), sonne « la mobilisation générale des entreprises du territoire », ce mercredi devant des centaines d’acteurs économiques réunis au Palais de la Bourse à Marseille.

    Une réunion pas anodine puisqu’elle marque le début du branle-bas de combat autour des marchés publics et autres appels d’offres et à manifestation d’intérêts en vue de la livraison des différents sites. « C’est quelque chose qu’on ne voit pas vraiment mais c’est très important : faire en sorte que tout ce qui est programmé, financé, voté, puisse servir à l’ensemble de la région, faire du travail pour nos entreprises, de la plus petite à la plus grande », résume Renaud Muselier, le président (Ren.) de la Région Sud. Avec une « quarantaine d’ouvrages pour une vingtaine de maîtres d’ouvrage, répartis sur quatre sites », le tout à « réaliser dans un temps réduit », autant dire que les enjeux sont grands. Et certains risquent d’être ardus comme l’exploitation du Fort de Briançon, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, en vue de devenir un village olympique.

    « Plus d’un milliard en marchés publics »

    « On entre dans une phase de planification qui doit déterminer qui fait quoi et à quel moment. Pour ça, on pose la première pierre avec la stratégie économique aujourd’hui », abonde Edgar Grospiron, le président du Comité d’organisation des Jeux (Cojop).

    Concrètement, cela passe, par exemple, par le lancement d’une plateforme commune entre les deux structures, Cojop et Solideo, « Marchés 2030 » qui « centralisera l’ensemble des marchés publics liés aux Jeux ». L’objectif est clair « faciliter l’accès à des entreprises aux opportunités économiques » en donnant des informations clés : calendrier, visibilité… Une réponse à la législation autour des marchés publics qui ne permet évidemment pas de « préférence régionale ». Il faut aussi compter sur une « cartographie des achats du Cojop » et une flopée de dispositifs de soutien aux entreprises locales. Avec un gros magot à se partager : 1,4 milliard d’euros d’achat pour le Cojop, 1,4 milliard d’euros d’investissement pour la Solideo dont 800 millions d’argent public… On parle donc de « plus d’un milliard en marchés publics directs ». Et le Cojop espère faire en sorte que les TPE/PME locales raflent 50% des marchés.

    L’épine niçoise

    Reste qu’au-delà des considérations techniques, les organisateurs font face à plusieurs écueils très concrets. Outre les errances largement documentées à la direction du Cojop, c’est l’élection d’Éric Ciotti (UDR) à Nice, qui doit accueillir les épreuves de glace avec une nouvelle patinoire et un village olympique, qui pose maintenant problème, d’autant qu’il n’est pas vraiment en odeur de sainteté auprès de Renaud Muselier. Le premier a affirmé que « le projet actuel est trop cher et mal pensé », quand le deuxième menace d’un « plan B », en réaction aux atermoiements niçois. Sur son fameux plan B, le président de Région n’a pas donné de précisions. Mais explique : « J’ai eu monsieur Ciotti lundi au téléphone […] nous avons la nécessité de prendre une décision définitive avant fin avril. »

    En passant, Renaud Muselier en profite pour tacler le président du Medef Sud, Stéphane Benhamou qui s’était ému, la veille, que la plateforme mise en place par l’organisation patronale pour Paris 2024 ne soit pas reprise pour les Alpes 2030. Et qui avait loué l’élection d’Éric Ciotti (lire notre article du 25/03). « C’est pas lui qui nous pilote ! Il explique être content des résultats des élections municipales dans les métropoles de la Région mais il a oublié que l’un des élus est catégorisé comme extrême droite par la préfecture [Éric Ciotti, Ndlr]. Depuis le départ, on a quelques difficultés avec monsieur Benhamou », critique Renaud Muselier. Ambiance.

  • Le Medef juge les résultats des municipales « apaisants »

    Le Medef juge les résultats des municipales « apaisants »

    « La séquence des municipales est enfin derrière nous ! Nous allons enfin pouvoir nous consacrer à l’essentiel : la gestion des territoires. »

    Ce mardi, à Marseille, le président du Medef Sud, l’entrepreneur varois, Stéphane Benhamou, ne cache pas son soulagement quant à la fin des élections municipales. Et il semble plutôt satisfait des équilibres politiques qui en ressortent. « Les résultats sont apaisants pour les entrepreneurs dans la région. C’est une bonne chose que les extrêmes aient été évités à la tête des métropoles marseillaise, toulonnaise ou niçoise », juge-t-il. De quoi s’interroger sur sa notion des extrêmes, alors même que la liste victorieuse d’Éric Ciotti, à Nice, était catégorisée comme « union de l’extrême droite » par la préfecture, puisque soutenu par le Rassemblement national.

    « Besoin d’entrepreneurs qui s’impliquent »

    Pas de quoi l’empêcher de faire l’éloge de l’artisan niçois de « l’union des droites ». « Je connais Éric Ciotti, c’est un libéral. Ses choix politiques sont les siens, je ne me prononcerai pas dessus. Mais il a dans son équipe des entrepreneurs d’un très grand niveau », explique-t-il. Avant de développer sans sourciller : « Si ces hommes-là ont fait le choix de travailler au sein de l’équipe, c’est qu’ils ont envie d’apporter leur contribution au développement économique de la métropole. Et c’est tant mieux, nous avons besoin d’hommes de cette envergure, d’entrepreneurs qui s’impliquent. »

    Plus tôt dans son point presse, sur la question de la prise en compte des doléances des entrepreneurs, Stéphane Benhamou allait même plus loin : « Certains élus sont peut-être un peu plus mobilisés, je pense à Éric Ciotti ou Josée Massi. D’autres devront être acculturés. » Ambiance.

  • Trophée des champions : un rendez-vous qui a perdu sa raison d’être initiale

    Trophée des champions : un rendez-vous qui a perdu sa raison d’être initiale

    En 1995, au stade Francis Le Blé de Brest, le PSG, déjà, devenait le premier vainqueur d’une toute nouvelle épreuve, grâce à sa victoire, aux tirs au but (2 – 2, 6 – 5), aux dépens de Nantes.

    « L’idée était de créer un rendez-vous opposant le champion au vainqueur de la Coupe de France. Dans un match qui donnait alors le coup d’envoi de la nouvelle saison. Dans l’esprit du Charity shield anglais », se souvient Jean-Marc Michel. Journaliste à France 3 Côte d’Azur, il est alors également vice-président délégué à l’audiovisuel au sein de l’Union syndicale des journalistes sportifs de France, devenue depuis Union des journaliste de sport en France (UJSF). À ses côtés, le Marseillais René Espanat, alors président de l’Union, et Jacques Marchand, son fondateur, vont pousser l’initiative.

    « Nous avions déjà tenté quelque chose, afin de diversifier les ressources de notre union, en organisant la revanche de St-Etienne – Bayern à Geoffroy Guichard [finale de la Coupe d’Europe des clubs champions 1976, Ndlr.] ». « Dans cet esprit, l’USJSF songeait à faire la même chose avec OM – Milan. » Mais finalement, une suggestion d’Arsène Wenger, manager d’Arsenal, et Jean-Marc Guillou, a permis de trouver la bonne affiche. « Une opposition entre le champion et le vainqueur de la Coupe, dans l’esprit du Charity shield anglais. »

    Le rire de Simonet

    Il restait à convaincre la Fédération française de football. Claude Simonet était alors président. « Je l’ai rencontré une première fois. J’ai tout juste pu finir mon exposé, que ce dernier m’a ri au nez ! », se souvient Jean-Marc Michel. Malgré ce premier échec, il n’a pas lâché l’affaire, et après que la France ait obtenu l’organisation de la Coupe du Monde 1998, une nouvelle rencontre « a connu la même issue, nouvel éclat de rire de Simonet ! ». Mais du côté de l’Azuréen, il y a une certaine constance qui va lui permettre d’être récompensé.

    « Jean-François Renaud, lorsqu’il devient président de l’Union, rencontre Noël le Graët, lui-même président de la Ligue. Ce dernier souhaite nous rencontrer. Il est invité aux Micros d’or, que nous organisons chaque année à Tignes pour récompenser les meilleurs reportages audiovisuels. Arsène Wenger est là. Il lui parle de ce trophée des champions. Le Graët est emballé », poursuit le journaliste.

    Mais il fallait, encore et toujours, obtenir le feu vers de Claude Simonet. « Lui persiste dans son refus. Alors, Noël le Graët prend le taureau par les cornes et dit “alors ce sera la Ligue et l’USJSF qui seront les organisateurs et la Ligue prend tout en charge pour les coûts !”, le trophée était enfin né. »

    Dans les premières années, ce qui est devenu entre-temps l’UJSF et la Ligue des football professionnel vont travailler ensemble. « Nous étions visibles autour du stade, sur les banderoles d’annonce et une partie de la recette était reversée à l’Union. » Lorsque Noël le Graët a pris la présidence de la FFF, cette dernière a enfin rejoint l’aventure. Mais avec les changements à la tête de la LFP, l’esprit « Charity shield à l’anglaise » s’est estompé.

    La fin d’une idée forte

    « Il y a eu les délocalisations au Canada, en Tunisie, au Maroc. Le match a fini par ne plus donner le coup d’envoi de la saison, se déplaçant en fonction des impératifs de calendrier et des besoins de financement de la LFP qui veut faire du trophée sa vitrine dans des pays susceptibles d’acheter les droits de diffusion de la Ligue 1 », regrette Jean-Marc Michel.

    Comme il regrette « qu’il n’y ait pas eu plus de présidents comme Jean-Michel Aulas, qui en faisait un objectif majeur de ses débuts de saisons avec Lyon ». Ou que l’épreuve « ne soit pas restée dans l’idée anglaise, où le Charity shield finance des actions sociales ».

    Quant à l’UJSF, si elle touche toujours son écot de fondateur, son nom n’apparaît plus. Au grand dam de celui qui est à l’origine de cette compétition.