Tag: négociations

  • En grève, les chauffeurs de La Poste lèvent le pied

    En grève, les chauffeurs de La Poste lèvent le pied

    Les camionnettes jaunes de La Poste à l’arrêt, ce mercredi. En grève reconductible depuis le 30 septembre dernier, avec le soutien de la CGT, quasiment aucun des chauffeurs qui desservent les bureaux de poste de la cité phocéenne n’a quitté le site des Aygalades, dans le 15e arrondissement.

    En cause ? Leur opposition à un projet de réorganisation qu’ils jugent mal ficelé. « On n’a pas été consultés, l’augmentation de la charge de travail n’est pas compensée et la direction veut passer en force ! », résume Stéphane, chauffeur livreur pour le service postal depuis plus d’une vingtaine d’années. Cette refonte des livraisons est en lien, selon les chauffeurs, avec le dispositif « Log’issimo », un service présenté par La Poste comme une réponse aux « enjeux de la logistique du premier et du dernier kilomètre », proposant des livraisons diversifiées. « Ils ont mis en place les nouvelles tournées sans venir nous en parler ! Mais on va faire plus de kilomètres, finir plus tard… Et sans compensation ! », dénonce Stéphane. Autour de lui, ses collègues approuvent d’un signe de tête. « On n’a pas de reconnaissance de notre travail ! Pour eux, ce n’est pas fatigant ce qu’on fait », poursuit Christophe, également chauffeur depuis plusieurs dizaines d’années.

    Concrètement, la nouvelle organisation les obligerait à se rendre quasi systématiquement à la plateforme industrielle de courrier Marseille-Provence (PIC Vitrolles) avant de revenir aux Aygalades. À cela s’ajoute le rude quotidien des petites mains du service postal : « On n’a pas de 13e mois, peu de primes, des amplitudes horaires de travail de dingue… La pénibilité de notre travail n’est pas reconnue », poursuit Christophe. Le tout, pour des salaires au ras des pâquerettes. Deux livreurs de moins de trente ans déplorent des salaires nets de « 1 425 et 1 400 euros par mois », pour respectivement 6 et 7 ans d’ancienneté. On comprend mieux leur revendication d’une « prime compensatoire » de 500 euros pour ladite réorganisation.

    Échec des négociations

    Contactée précédemment, La Poste confirmait la volonté de réorganisation, mais avec une analyse tout autre de la situation : « Un projet est en cours sur l’organisation du transport, avec pour objectif de recentrer les chauffeurs sur leur cœur de métier, à savoir la conduite de poids lourds, en les déchargeant progressivement des tâches de manutention. » Avant de battre en brèche les accusations de dialogue social au point mort : « Il fait l’objet du dialogue social toujours en cours à La Poste. » Reste qu’une réunion de négociations s’est déroulée dans l’après-midi, réunissant grévistes, la CGT et la direction. « La direction n’a rien lâché, il y a eu un refus sur tous les points des revendications », relate Stella Estaque pour la CGT. Les grévistes se réunissent donc à nouveau, ce jeudi, pour étudier les suites à donner au mouvement.

  • Le rapport de force est engagé à la verrerie du Languedoc

    Le rapport de force est engagé à la verrerie du Languedoc

    Les salariés sont passés au-dessus des organisations syndicales. J’avais prévenu que ça allait s’enflammer donc maintenant il y a le feu nuit et jour devant le site », prévient Yohan Goupille, le secrétaire de la CGT de l’usine de Vergèze. En effet, Owens Illinois avait annoncé la fermeture de son site gardois au 31 octobre où travaillent encore 164 salariés. Les négociations autour du Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) se sont donc précisées courant septembre. Mais la direction du groupe américain, leader dans la production d’emballages en verre, a avancé un certain nombre de propositions qui ont mis le feu aux poudres sur le site gardois.

    « Avec notre expert, nous avons fait des demandes cohérentes en nous appuyant sur tous les PSE qui se sont déroulés depuis janvier en France. Nous avons demandé une indemnité supra-légale, un congé de reclassement de 24 mois pour que les gens puissent se reconvertir, parce que le métier de verrier dans la région, il n’y en a pas. Nous avons aussi demandé une cessation d’activité anticipée pour les plus âgés. La direction est arrivée avec rien. C’était une provocation », précise Yohan Goupille.

    Les salariés ont donc décidé de fermer le site à tous les camions mais aussi de bloquer toutes les palettes qui devaient aller à Perrier. Tous les bureaux de la direction ont également été condamnés avec des planches. « On essaie d’utiliser tous les moyens que nous avons à notre disposition », prévient Yohan Goupille.

    Une fois les premières palettes brûlées devant la verrerie, la direction est revenue avec quelques concessions. « Ils ont ouvert un petit peu les discussions mais c’est encore très bas. Ils ont ouvert la porte à une supra-légale de 5 000 euros, un congé de reclassement de 15 à 18 mois contre 12 à 14 mois initialement, à une cessation d’activité. C’est malheureux mais ils ne connaissent que le bâton. Nous allons donc accentuer le mouvement pour mettre le maximum de pression sur la direction parce que dans un mois, c’est fini », conclut le délégué syndical CGT.

  • Le rapport de force est engagé à la verrerie du Languedoc

    Le rapport de force est engagé à la verrerie du Languedoc

    Les salariés sont passés au-dessus des organisations syndicales. J’avais prévenu que ça allait s’enflammer donc maintenant il y a le feu nuit et jour devant le site », prévient Yohan Goupille, le secrétaire de la CGT de l’usine de Vergèze. En effet, Owens Illinois avait annoncé la fermeture de son site gardois au 31 octobre où travaillent encore 164 salariés. Les négociations autour du Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) se sont donc précisées courant septembre. Mais la direction du groupe américain, leader dans la production d’emballages en verre, a avancé un certain nombre de propositions qui ont mis le feu aux poudres sur le site gardois.

    « Avec notre expert, nous avons fait des demandes cohérentes en nous appuyant sur tous les PSE qui se sont déroulés depuis janvier en France. Nous avons demandé une indemnité supra-légale, un congé de reclassement de 24 mois pour que les gens puissent se reconvertir, parce que le métier de verrier dans la région, il n’y en a pas. Nous avons aussi demandé une cessation d’activité anticipée pour les plus âgés. La direction est arrivée avec rien. C’était une provocation », précise Yohan Goupille.

    Les salariés ont donc décidé de fermer le site à tous les camions mais aussi de bloquer toutes les palettes qui devaient aller à Perrier. Tous les bureaux de la direction ont également été condamnés avec des planches. « On essaie d’utiliser tous les moyens que nous avons à notre disposition », prévient Yohan Goupille.

    Une fois les premières palettes brûlées devant la verrerie, la direction est revenue avec quelques concessions. « Ils ont ouvert un petit peu les discussions mais c’est encore très bas. Ils ont ouvert la porte à une supra-légale de 5 000 euros, un congé de reclassement de 15 à 18 mois contre 12 à 14 mois initialement, à une cessation d’activité. C’est malheureux mais ils ne connaissent que le bâton. Nous allons donc accentuer le mouvement pour mettre le maximum de pression sur la direction parce que dans un mois, c’est fini », conclut le délégué syndical CGT.

  • « Sur le nucléaire, tout se joue entre l’Iran et les États-Unis »

    « Sur le nucléaire, tout se joue entre l’Iran et les États-Unis »

    La Marseillaise : Téhéran dit négocier « de toutes ces forces » pour empêcher le rétablissement des sanctions prévues par l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien. C’est l’enjeu de ces pourparlers à Genève ?

    Thierry Coville : Il est question d’une clause de l’accord sur le nucléaire de 2015. Celle-ci prévoit que si l’Iran ne respecte pas cet accord, il est possible pour les autres parties prenantes de rétablir toutes les sanctions des Nations unies qui ont été levées à la suite de cette signature. Les Européens menacent l’Iran. Ils disent que si l’Iran ne négocie pas sur le nucléaire, ne reprend pas ses relations avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea) et ne fait pas la lumière sur les 400 kg d’uranium enrichis à 60 %, ils demanderont le rétablissement desdites sanctions onusiennes. Cette procédure est spéciale : le Conseil de sécurité de l’ONU ne peut pas mettre son veto, donc c’est quasiment automatique. C’est ça l’enjeu. Les Européens utilisent cela parce qu’ils sont un peu hors-jeu sur la question du nucléaire iranien. Cette clause de l’accord de 2015 leur donne les moyens d’être acteurs sur ce dossier. Tout se joue, en réalité, entre l’Iran et les États-Unis.

    Comment envisager des négociations avec Washington, qui s’est retiré de l’accord ?

    T.C. : Quand Joe Biden a été élu, l’Iran a négocié avec les États-Unis pour qu’ils reviennent, ça ne s’est pas fait pour un certain nombre de raisons. Quand Donald Trump a été réélu, il y a eu cinq séances de négociations. Une sixième était prévue et Israël a attaqué l’Iran. Tout le monde sait que la clé, ce sont les négociations entre l’Iran et les États-Unis. Trump est un peu embêté, car il a quand même dit que tout le problème du nucléaire iranien était détruit. Or, on sait que ce n’est pas le cas. Les bombardements américains ont endommagé les installations d’enrichissement d’uranium, mais ils ne les ont pas détruites. Les Iraniens pourraient les reconstruire, même si cela prendra quelques années. Cela pose donc des problèmes pour Trump en termes de communication. Il ne peut pas négocier quelque chose qui n’existe plus. On peut aussi penser que les Américains adoptent une stratégie attentiste vis-à-vis de ces fameuses sanctions de l’ONU. Avec l’idée que la situation économique en Iran s’aggrave encore plus et que cela mette davantage de pression sur l’Iran pour faciliter les négociations. Car, dans le pays, il y a un gros mécontentement économique et social avec une inflation à 40 %, des pénuries d’électricité et d’eau. C’est aussi et en partie lié à la guerre. L’autre éventualité est la tenue de négociations secrètes entre Téhéran et Washington. Impossible de le savoir.

    L’ayatollah Khamenei a accusé, dimanche, Washington de vouloir « soumettre » son pays et appelé à l’« unité nationale ». Comment analyser ce message ?

    T.C. : Suite à la guerre, un gros débat a éclaté en Iran sur la politique étrangère. D’un côté, il y a ceux qui disent qu’on n’a pas le choix, qu’il faut changer de direction et avoir une politique plus modérée vis-à-vis des Occidentaux. Cela passerait par des négociations avec les Américains. Une partie de ceux qu’on appelle les réformateurs ont publié une déclaration, il y a quelques jours, en disant qu’il faut réformer complètement la politique intérieure et extérieure en montrant beaucoup plus de souplesse dans les relations avec les États-Unis. Ils ont été accusés par les plus durs d’être des soutiens d’Israël. Car de l’autre, il y a ceux qui mettent en avant le cessez-le-feu et disent qu’Israël peut attaquer quand il veut : on est dans une situation de quasi-guerre. Au-delà de l’antiaméricanisme qui est dans l’ADN de la Révolution iranienne, il y a l’idée qu’on ne peut pas négocier avec un pays qui nous a mis un coup de poignard dans le dos et qui a même sans doute participé à l’attaque israélienne. Khamenei ne refuse pas les négociations, mais il y a toujours une attitude de défiance de sa part et des gens qui le soutiennent.

    Comment se positionne l’opinion publique depuis le cessez-le-feu dans cette guerre avec Israël ?

    T.C. : Une minorité, en Iran, soutient le gouvernement quoi qu’il fasse. À l’autre bout, une minorité le déteste de la même façon. Au milieu, il y a la classe moyenne, notamment urbaine et plutôt éduquée. Pendant cette guerre, contrairement à ce qu’attendait Netanyahu ils ont soutenu le gouvernement, considérant que le pays était attaqué. Il y a eu un nationalisme iranien qui n’est pas un soutien à la République islamique d’Iran, mais un soutien au gouvernement durant une attaque. Il y a une grande crainte en Iran que la guerre reprenne. Des négociations sont en cours avec la Chine pour renforcer leur système de défense antiaérien. Il n’y a pas eu de réponse politique à ce nationalisme, ce sont les militaires qui ont le dernier mot en ce moment.

    *Aux éditions Eyrolles

    De nouveaux pourparlers se sont ouverts, mardi à Genève, sur la question du nucléaire iranien. Les Européens pourraient rétablir des sanctions internationales prévues par l’accord de 2015. « Il est grand temps que les E3 (Allemagne, France, Royaume-Uni) et le Conseil de sécurité des Nations unies fassent le bon choix et donnent du temps et de l’espace à la diplomatie », a estimé sur X le vice-ministre iranien des Affaire étrangères, Kazem Gharibabadi. En l’absence de solution négociée, les E3 menacent de déclencher à l’automne le « snapback ». mécanisme qui permet de réimposer les sanctions prévues par l’ONU.