Tag: nazisme

  • Hommage à Mala Kriegel assassinée par les nazis

    Hommage à Mala Kriegel assassinée par les nazis

    Alors que la Libération de Marseille a commencé, que nos fondateurs ont pris d’assaut le siège du journal collaborationniste Le Petit Marseillais et que La Marseillaise paraît au grand jour depuis le 24 août, le destin de Mala Kriegel bascule boulevard Oddo dans le 15e arrondissement de Marseille alors qu’elle n’a pas encore 32 ans.

    Accompagnée de trois autres résistants, elle diffuse notre journal. Leur voiture ornée d’un drapeau tricolore est stoppée par une patrouille nazie en embuscade. Ils sont tirés du véhicule, plaqués au mur, traités de terroristes. Un coup de sifflet. Ils sont laissés pour morts.

    Tombée au sol, Mala Kriegel est très grièvement blessée. Elle touche ses blessures, perd beaucoup de sang, comprend qu’elle va mourir. Pour lui éviter de répéter son geste, les camarades qui lui portent secours lui couvrent le corps d’exemplaires de La Marseillaise.

    Une héroïne

    Première femme du résistant Maurice Kriegel-Valrimont, Mala Kriegel vivait à Marseille avec le résistant communiste allemand, Hermann Burkhardt.

    Elle était née Mala Ehrlischster le 15 septembre 1912 à Varsovie, en Pologne. Juive, communiste, résistante, elle était tout ce que les nazis haïssaient. Elle était une héroïne, notre sœur en humanité, elle est notre honneur.

  • En Provence, un débarquement décisif

    En Provence, un débarquement décisif

    Le 15 août 1944, à 8h, l’assaut des plages varoises est déclenché. Près de 350 000 soldats participent alors à cette offensive de grande ampleur et débarquent à découvert sous le feu ennemi. Parmi eux 230 000 combattent sous les couleurs françaises, la moitié, il est important de le rappeler, est d’origine africaine. Des Algériens, Marocains, Tunisiens qu’on appelait encore les indigènes, avec à leurs côtés aussi des tirailleurs sénégalais. Une chair à canon mobilisée pour défendre la liberté d’une nation alors pas très regardante sur la religion ou la couleur de peau de ses libérateurs.

    Les troupes d’assaut investissent les plages entre Cavalaire et Agay. Le 16 août, le premier échelon de l’armée B du général de Lattre de Tassigny débarque entre Cavalaire et Sainte-Maxime.

    La nuit précédant le jour J le terrain a été préparé pour tenter de créer des brèches dans la solide défense Allemande par de lourds bombardements aériens puis navals avec 5 000 avions et 631 navires engagés pour la mission, majoritairement américains et anglais. Ainsi on dénombrera près de 20 tonnes de bombes déversées par kilomètre de plage.

    Mais tout n’a pas commencé avec le débarquement. Avant l’arrivée de l’armada alliée de plus de 2 200 navires, des hommes et des femmes luttent déjà depuis longtemps avec courage et abnégation contre l’occupant nazi. Dans le Var, la lutte s’organise dans des maquis très actifs. Le premier se constitue dans le massif des Maures sur l’initiative de militants communistes.

    Autant dire que le jour J approchant, la Résistance intensifie ses opérations et va jouer un rôle militaire crucial dans la réussite de l’opération Dragoon en affaiblissant l’occupant. Que ce soit par le sabotage, le guidage des troupes débarquées et en prenant part directement à la libération des grandes villes du Sud comme Toulon et Marseille. C’est ainsi que dès le 17 août elle prend le contrôle de la préfecture de Draguignan.

    Informée depuis le 6 juin 1944 de l’imminence d’un autre débarquement, en Méditerranée celui-là, la Résistance s’est mobilisée très tôt, un peu trop peut-être puisqu’elle va payer un lourd tribut en essuyant de nombreux massacres sur les lieux où elle a concentré ses forces pour passer de la clandestinité aux actions ouvertes. Dès le débarquement de Normandie, les chefs toulonnais rassemblent en effet 400 hommes autour du plateau de Siou-Blanc et les répartissent en quatre groupes, chacun chargé d’assurer renseignement, sabotages ferroviaires, destructions de lignes téléphoniques et attaques contre les infrastructures afin de ralentir l’arrivée des renforts allemands.

    La Résistance

    multiplie les coups de force contre l’occupant nazi

    Juste avant 15 août, les maquisards multiplient donc les embuscades et les opérations de guérilla contre les unités allemandes. À Toulon où la ville est défendue par une importante garnison et par de puissantes positions fortifiées notamment sur les hauteurs, au Faron, les combats vont être particulièrement difficiles et nécessiter des actions coordonnées. Ainsi pendant que les unités de l’armée B attaquent les positions allemandes, les FFI combattent à l’intérieur de la ville, fournissent leur connaissance du terrain et guident les soldats français dans leurs offensives. Le 23 août, ils font jonction au centre du Port du Levant, place de la Liberté. Mais les combats vont se poursuivre encore pendant plusieurs jours, jusqu’à la défaite allemande définitive du 28 août.

    De la même façon à Marseille, le 19 août, la CGT appelle à une grève insurrectionnelle et la Résistance bloque les transports et attaque les troupes allemandes. Deux jours après la préfecture est libérée. Ici aussi les combats unissant résistants et soldats vont durer jusqu’au 28 août. Avec ces deux ports de la Méditerranée repris et la libération de la Provence en deux semaines seulement, l’opération Dragoon va être un succès dépassant même les attentes de l’état-major.

    « Ce qu’il est important de se rappeler en ces jours de commémoration, c’est qui nous a libérés. L’armée française c’était principalement des tirailleurs algériens et sénégalais. C’étaient eux, la chair à canon, qui étaient devant », insiste le réalisateur varois Philippe Maurel de La Draille de la liberté. Et de poursuivre : « C’est primordial de mettre l’accent sur ce point dans la période que nous vivons aujourd’hui. Je crois que je n’ai pas besoin de développer sur ce sujet ; vous avez compris ».

    Une piqûre de rappel de salubrité publique. D’autant que l’engagement massif des forces françaises en Provence – dont la moitié des combattants est donc d’origine africaine – alors que l’engagement n’était que symbolique en Normandie le 6 juin 1944, va permettre à la France, humiliée en 1940, de s’asseoir à la table des vainqueurs. C’est le général Jean de Lattre de Tassigny qui représentera la France et signera à Berlin l’acte de capitulation de l’Allemagne nazie. Aucun patriote digne de ce nom ne devrait l’oublier.

    À Toulon, un show aérien, pour les 82 ans de la Libération

    Samedi 15 août, un show aérien est organisé au-dessus des plages du Mourillon. Vous pourrez assister a l’évènement militaire dès 16h30. Au programme : démonstrations d’hélicoptères et d’avions de la Marine nationale. Le clou du spectacle se déroulera à 17h35 avec la venue de la Patrouille de France. À 22h, un spectacle pyrotechnique conclura la journée au fort Saint-Louis.

  • Renée Marcos, rescapée et passeuse de mémoire

    Renée Marcos, rescapée et passeuse de mémoire

    Depuis l’annonce de son décès mardi, les hommages se multiplient pour saluer le courage de cette femme qui a consacré une grande partie de sa vie à témoigner auprès des jeunes générations. En janvier dernier, la Ville de Marseille lui avait d’ailleurs remis sa médaille pour son « courage et son engagement exceptionnel dans la transmission de la mémoire ».

    Née à Marseille le 14 janvier 1926 dans une famille juive originaire de Salonique, installée dans la cité phocéenne depuis 1915, Louise Renée Guelidi grandit au sein d’une fratrie de cinq enfants. Au printemps 1944, dénoncée par des voisins, elle est arrêtée à son domicile. Pour protéger ses frères et sœurs, elle affirme être fille unique, mensonge qui leur sauvera la vie. Après les Baumettes puis Drancy, âgée de 18 ans, elle est déportée par le convoi n°74 à Auschwitz, où sa tante et sa cousine sont gazées dès leur arrivée.

    Tatouée du matricule A-5503 au bras (et non sur le soutien-gorge comme indiqué dans notre édition de ce mercredi), elle survit au travail forcé, à la marche de la mort puis au camp de Theresienstadt. À la Libération, atteinte du typhus, elle ne pèse plus que 35 kg. Couturière de métier, épouse d’Isidore Marcos, elle consacrera ensuite sa vie à transmettre son histoire dans les collèges et lycées. Avec sa disparition, c’est une voix majeure de la mémoire de la Shoah qui s’éteint, laissant derrière elle un héritage de courage, de résilience et de vigilance face à toutes les formes de haine.

    « Rempart »

    Bruno Benjamin, président du Crif Marseille-Provence, a longuement réagi sur Facebook : « C’est une voix de la mémoire qui s’éteint. Une femme qui, par son témoignage, incarnait la vérité face au mensonge, la dignité face à la barbarie et la transmission face à l’oubli. Les survivants de la Shoah étaient les témoins vivants de l’Histoire. Leur seule présence constituait un rempart contre le négationnisme. » Bruno Benjamin ajoute : « Aujourd’hui, alors qu’ils disparaissent les uns après les autres, notre responsabilité est plus grande que jamais : porter leur parole, transmettre leur mémoire et combattre sans relâche ceux qui cherchent à nier ou à déformer la vérité. Demain, certains prétendront que la Shoah n’a pas existé. C’est […] pour empêcher cette falsification de l’Histoire que nous devons continuer à raconter ce qu’ils ont vécu […]. »

    Le maire de Marseille (DVG), Benoît Payan, a partagé ces mots : « Hommage à Renée Marcos, survivante d’Auschwitz, dont le témoignage et l’engagement inlassable pour transmettre la mémoire de la Shoah ont marqué des générations de Marseillaises et de Marseillais. » Martine Vassal, présidente (DVD) du Département des Bouches-du-Rhône, se dit « profondément émue par la disparition de la Marseillaise Renée Marcos, rescapée d’Auschwitz. Par son courage et son témoignage, elle a transmis inlassablement la mémoire de la Shoah et rappelé notre devoir de ne jamais oublier ».

  • Une plaque en mémoire de Margot et Lucien Vidal-Naquet

    Une plaque en mémoire de Margot et Lucien Vidal-Naquet

    C’est dans ce lieu symbolique que les époux, réfugiés durant la guerre, victimes de la barbarie nazie et de l’antisémitisme, ont été arrêtés le 15 mai 1944 par la Gestapo, puis déportés et assassinés à Auschwitz-Birkenau. En présence de Nicolas Vidal-Naquet, petit-fils du couple, et de sa famille, Olivia Fortin, maire des 6e et 8e arrondissements, a souligné que « la mémoire n’est pas un regard tourné vers le passé, elle est le fondement de notre engagement dans le présent ».

  • Le résistant Marc Bloch entre au Panthéon

    Le résistant Marc Bloch entre au Panthéon

    Pour la première fois de son histoire, le Panthéon, sanctuaire de la mémoire nationale, accueille un historien qui fut aussi un grand résistant, engagé dans la clandestinité à Lyon en 1943-1944. Issu d’une famille alsacienne attachée de longue date à l’idée de République, Marc Bloch a donné sa vie pour que la France demeure libre face au nazisme et que la pensée des citoyens puisse s’appuyer sur une critique rigoureuse des sources et des faits. Liberté et critique sont les maîtres mots qui guident et éclairent le parcours de chercheur et d’enseignant de Marc Bloch. Des bancs de l’École normale supérieure (1904) à Saint-Didier-de-Formans (Ain), où il est tragiquement assassiné quarante ans plus tard, il s’est efforcé de mettre en accord son discours et ses actes.

    Né à Lyon en 1886, agrégé d’histoire en 1908, professeur à Strasbourg puis à la Sorbonne, il traverse deux guerres mondiales. Combattant en 1914-1918, il analyse les rumeurs et fausses nouvelles du conflit, posant les bases d’une histoire attentive aux représentations collectives, prélude à ce que l’on appelle aujourd’hui « fake news ». Entre 1912 et 1914, il enseigne l’histoire-géographie au lycée de Montpellier, puis d’Amiens. Dans l’entre-deux-guerres, il renouvelle profondément la façon dont on comprend le Moyen Âge, en développant une histoire économique et sociale comparée. Mobilisé à sa demande en 1939, témoin de la débâcle, il rédige L’Étrange Défaite, témoignage lucide d’un intellectuel face à l’effondrement politique, militaire et moral de la France. Dans cet ouvrage, publié à titre posthume, il analyse le « plus atroce effondrement de notre histoire ».

    Torturé puis assassiné par

    la Gestapo en 1944

    À partir de 1942, il entre en résistance à Montpellier. Un an plus tard, il bascule définitivement dans la clandestinité, rejoint Lyon et intègre le mouvement Franc-Tireur, dont le programme socialiste modéré correspond à ses convictions républicaines. Sous le pseudonyme de « Narbonne », il assume des responsabilités importantes en matière de propagande et de logistique. « Quoi de plus utopique que l’idée d’organiser, dans un pays asservi et jeté au plus bas, un vain sursaut de révolte en un vaste réseau de volontés ? C’est pourtant ainsi que la Résistance a fini par voir le jour », écrivait-il deux ans auparavant dans l’Étrange Défaite.

    À près de 60 ans, l’historien devient un combattant de l’ombre, publiant des articles, coordonnant les Cahiers politiques du Comité général d’études, s’imposant comme l’une des têtes pensantes de la Résistance. Il est délégué régional de Franc-Tireur au sein des Mouvements unis de la Résistance (MUR). Le 8 mars 1944, dans le cadre d’une vaste opération contre les MUR, la Gestapo l’arrête à Lyon, sur le pont de la Boucle. Emprisonné au fort de Montluc dans la cellule 75, il est interrogé pendant des jours sous la torture. Pris pour un dirigeant communiste, il échappe à la déportation. Conformément aux consignes de la Résistance, Marc Bloch protège ses compagnons par des demi-vérités calculées : noms de résistants déjà arrêtés ou ayant changé de pseudonyme, descriptions qui égarent ses tortionnaires. Le 16 juin 1944, il est assassiné avec 27 autres prisonniers, dans un champ près de Saint-Didier-de-Formans, par la police politique du régime nazi. Deux survivants témoignent du massacre. Quelques jours plus tard, Simonne Vidal meurt à son tour, emportée par la maladie, sans avoir su le sort de son époux. Tous les deux reposeront désormais ensemble dans le temple des grands de la Nation.

    Cette panthéonisation est la sixième depuis qu’Emmanuel Macron est au pouvoir. Dans une lettre lui étant adressée, les héritiers du résistant ont expressément réclamé « que l’extrême droite, dans toutes ses formes, soit exclue de toute participation à la cérémonie », rappelant que l’œuvre de leur aïeul, « patriote convaincu », était « profondément anti-nationaliste, construite contre le roman national et la réduction de l’histoire française aux frontières nationales ».

    Une partie du texte est tirée de l’exposition conçue par l’association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (APHG) et le Centre des monuments nationaux (CMN).

  • L’appel du 18 juin 1940 et son écho actuel

    L’appel du 18 juin 1940 et son écho actuel

    Trois minutes, un micro, un homme. Depuis Londres, sur les ondes de la BBC la radio publique britannique, un général de brigade français tout juste nommé, inconnu, entre dans la légende. « Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas », assène Charles de Gaulle le 18 juin 1940. Le mot est prononcé : « Résistance. » 86 ans plus tard, ce message contre la résignation prend un sens aigu alors que l’extrême droite menace.

    Retour en 1940. Vingt-quatre heures plus tôt, le maréchal Philippe Pétain devenu président du Conseil, utilise lui aussi la radio pour demander l’armistice à l’Allemagne nazie. « C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat », déclare-t-il aux troupes françaises. « Le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! », répond le lendemain de Gaulle. Exilé dans la capitale britannique à l’issue de la démission du gouvernement de Paul Reynaud où il était alors sous-secrétaire d’État à la Défense, le général de 49 ans entend négocier la poursuite du combat aux côtés des forces alliées britanniques : « J’invite les officiers et les soldats français avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi. » C’est d’abord à eux que ce message est initialement adressé.

    Contrairement à la croyance populaire, ce discours est en réalité peu entendu en direct au moment de sa transmission et il n’en existe aucun enregistrement. Le texte est publié dès le lendemain dans certains journaux français, rapidement reproduit et affiché clandestinement. Il résonne chez ceux qui refusent de capituler face à l’envahisseur, face au nazisme et de rejoindre ceux qui ont choisi la collaboration, mais de les combattre, de combattre la haine. Charles de Gaulle promet alors de s’exprimer à nouveau et dès le 22 juin 1940, il lance : « Quel serait le destin d’une France qui se serait soumise à l’ennemi ? » Le jour même l’armistice est signé entre le représentant du Troisième Reich allemand et celui du gouvernement français.

    Dans ses Mémoires de guerre, le général dévoile le contexte autour de l’un des messages les plus marquants de la Seconde guerre mondiale : « La première chose à faire était de hisser les couleurs. La radio s’offrait pour cela. Dès l’après-midi du 17 juin, j’exposai mes intentions à M. Winston Churchill. Naufragé de la désolation sur les rivages de l’Angleterre qu’aurais-je pu faire sans son concours ? Il me le donna tout de suite et mit, pour commencer, la BBC à ma disposition. Nous convînmes que je l’utiliserais lorsque le gouvernement Pétain aurait demandé l’armistice. Or, dans la soirée même, on apprit qu’il l’avait fait. Le lendemain, à 18 heures, je lus au micro le texte que l’on connaît. » Ce texte est inscrit au patrimoine immatériel de l’Unesco, au registre Mémoire du monde. Célébré chaque année, l’appel du 18 juin dépasse la figure de Gaulle, le temps et les frontières, pour devenir un symbole de résistance et de refus de la défaite.

    RN sans honte

    Le Collectif Six Fours à Gauche, Écologiste, Régionaliste et Citoyenne dénonce « la récupération honteuse de l’héritage gaulliste par le RN, par la commémoration par ses élus, ce jeudi, de l’appel lancé par le Général de Gaulle le 18 juin 1940 ». Et proteste « contre une nouvelle tentative de réécriture de notre Histoire par un parti crée sur un fond d’antigaullisme virulent ». Le collectif rappelle que Pétain a lui choisi « le déshonneur et la trahison ». Il interpelle : « Gaullistes sincères, allez-vous réagir ? »

    LES COMMÉMORATIONS

    Aix-en-Provence

    Hommage à 9h dans la cour de l’Hôtel de Ville.

    Avignon

    Le rendez-vous est donné à 11h30 aux monuments aux morts dans le jardin du rocher des Doms.

    Aubagne

    Organisée par la mairie, la commémoration a lieu à 17h30 sur l’esplanade du général Charles-de-Gaulle.

    Digne-les-Bains

    Le rassemblement est prévu à 9h30 devant le monument aux morts sur le rond-point du 11 novembre.

    Gap

    À 18h, des gerbes de fleurs seront déposées en souvenir de l’appel sur l’esplanade de la Légion-d’honneur, place Saint-Arnoux, devant le monument aux morts.

    La Ciotat

    La mairie organise à 18h30 à l’hôtel de ville une commémoration pour le 86e anniversaire de l’appel.

    Manosque

    Ce jeudi à 17h30 devant le monument départemental de la Résistance, sur le boulevard Elemir-Bourges, a lieu la cérémonie d’hommage à l’appel.

    Marseille

    Le préfet de région Jacques Witkowski préside la cérémonie de commémoration à 8h30 sur la place du général-de-Gaulle.

    Martigues

    Le maire les représentants des associations patriotiques de Martigues commémorent l’appel du Général de Gaulle à 18h30 devant le monument aux morts de 39/45, place du 8-mai-1945.

    Port-de-Bouc

    La commémoration a lieu à 18h au rond-point de l’appel du 18 juin.

    Sisteron

    Le rendez-vous est donné devant le monument de la résistance, cours Melchior-Donnet à 11h.

    Sorgues

    Rendez-vous à 18h15 devant le mémorial du Général de Gaulle.

    Toulon

    Commémoration à 18h au rond-point de l’appel du 18 juin (entrée Est des plages du Mourillon).

    Vitrolles

    La cérémonie de commémoration a lieu à 18h sur la place Bachaga-Boualem (Rond-Point Caucadis)

    Hyères

    La cérémonie a lieu à 9h30 place Théodore-Lefèvre.

  • Le « courage » mis en avant à Septèmes

    Le « courage » mis en avant à Septèmes

     « Un mot caractérise ceux qui ont lutté contre cette idéologie nazie : le courage ! (…) En ces temps troublés, restons attentifs à ce que les idéaux nés du Conseil national de la Résistance tels que les services publics, la solidarité nationale, la Sécurité sociale (…) ne soient sacrifiés sur l’autel de la mondialisation, de l’indifférence et du renoncement au combat. »

  • À Martigues, la mémoire comme bouclier contre les discours de haine

    À Martigues, la mémoire comme bouclier contre les discours de haine

    Un peu après 11h, le son des trompettes et des tambours remonte de l’avenue Pasteur. Le défilé termine sa course devant le Monument aux morts de la place du 8-Mai-1945. « Une date qui marque la victoire de la liberté sur la barbarie, la défaite du nazisme et le retour de l’espérance », rappelle le maire communiste, Gaby Charroux.

    Derrière la « joie légitime » des peuples meurtris après six ans de guerre « demeurait une réalité impossible à effacer : celle d’un continent dévasté et d’un bilan humain d’une ampleur vertigineuse », poursuit l’édile. Entre 1939 et 1945, la Seconde Guerre mondiale a engendré la mort de plus de 60 millions de personnes, dont la moitié de civils et plus de 6 millions de Juifs.

    « Ce qui distingue cette guerre des précédentes, c’est qu’elle fut aussi une guerre idéologique, une guerre pensée, organisée et conduite au nom d’une idéologie raciste, antisémite et profondément inégalitaire », appuie Gaby Charroux, évoquant les camps de la mort, les persécutions et exterminations visant les tsiganes, les opposants politiques, les résistants, les homosexuels et les handicapés.

    Que les jeunes participent

    Le maire s’interroge : « Comment la haine a-t-elle pu devenir un projet politique ? C’est une question essentielle pour comprendre le passé, mais aussi éclairer l’avenir. L’histoire nous enseigne que les grandes catastrophes humaines ne surgissent jamais brutalement. Elles s’installent progressivement à mesure que les discours de haine se banalisent, que les préjugés s’installent, que les discriminations deviennent tolérables et que l’indifférence remplace la vigilance. » À l’heure où l’extrême droite opère une montée dans l’opinion publique, le devoir de mémoire et la transmission sont plus que jamais essentiels.

    Jen-Luc Duthoit s’y emploie. Porte-drapeau depuis 28 ans après avoir fait une carrière militaire, il embarque dès qu’il peut son petit-fils de 12 ans, Nathan, dans les commémorations. « Il faut que les jeunes participent. J’essaie de lui rappeler les valeurs de paix pour préserver notre liberté. »

  • Antoine Mignemi, rescapé de la rafle de 1943, appelle à la paix

    Antoine Mignemi, rescapé de la rafle de 1943, appelle à la paix

    Antoine Mignemi est l’un des derniers survivants de la rafle de Marseille, qui s’est déroulée entre les 22 et 24 janvier 1943, dans le quartier Saint-Jean. Aujourd’hui président du Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943, il témoigne de cette tragédie, un épisode terrible, souvent occulté, dans l’histoire de la ville et qui a vu le dynamitage de tout le quartier par les nazis : 1 500 immeubles, 838 commerces et 82 rues ont disparu.

    Le survivant de cette rafle, âgé de 88 ans, se souvient : « C’était un quartier très populaire, cosmopolite, il y avait beaucoup de nationalités qui vivaient ensemble, qui s’entendaient bien, quelle que soit leur religion. C’était une population de travailleurs ». Repère de la Résistance, les nazis voulaient la destruction ce qu’ils appelaient « la verrue de l’Europe » en représailles à une série d’attentats.

    Antoine Mignemi est né à Marseille en 1937 de parents immigrés d’origines siciliennes. Sa famille fait partie des 20 000 Marseillais arrachés de leur foyer, début 1943. Sous prétexte de « nettoyage du quartier », la police française participe à cette rafle dont les documents décrivent une « évacuation volontaire ». Antoine Mignemi précise : « Ils laissaient entendre qu’on allait revenir rapidement ». Emmené de force au camp de Fréjus, ancien site militaire abandonné, il y passe une quinzaine de jours : « La faim nous a tenaillés les tripes. » Parmi les raflés, 500 Marseillais sont déportés au camp de rétention de Compiègne, avant d’être envoyés dans les camps de concentration de Sachsenhausen, Mauthausen et sur l’île d’Aurigny. Ils sont choisis à partir d’une liste. Le rescapé explique que « sur cette liste, il y avait les gens “indésirables”, notamment des communistes, socialistes, antifascistes ».

    À leur retour à Marseille après leur passage à Fréjus, les membres de la famille d’Antoine Mignemi ont l’interdiction de rentrer chez eux. Du 1er au 17 février 1943, le quartier de Saint-Jean est dynamité. Pour Antoine Mignemi, « le drame se poursuit » : « Nous sommes tombés dans une misère complète, en perdant notre logement et notre lieu de travail, un salon de coiffure situé 140 quai du port. Cette misère a duré des années. »

    « Soyons vigilants »

    Il précise : « Il a fallu attendre la plainte déposée par Me Pascal Luongo pour que cette histoire ressurgisse. » C’est en 2019 que la plainte est déposée dans le but d’inscrire cette rafle comme « crimes contre l’humanité ». La même année, le Collectif Saint-Jean est né, avec l’objectif de faire reconnaître cet épisode tragique.

    L’exposition « La part visible des camps », proposée jusqu’au 8 mai aux Rotatives de La Marseillaise, présente un panneau dédié au souvenir de cette rafle (notre édition du 5/05). Lors du vernissage, lundi, Antoine Mignemi a pris la parole : « Ce témoignage est pour moi un devoir de transmettre la mémoire et, en même temps, prononcer un message de paix et d’espoir, en particulier pour toutes les jeunes générations. Je déclare que le racisme et l’antisémitisme sont des délits majeurs, que les guerres ne sont pas une fatalité, que les hommes et les femmes ont le droit à la paix et au bonheur. Soyons vigilants, aujourd’hui et pour l’avenir […]. Un peuple qui oublie son passé est condamné à le revivre. »

  • 8-Mai, leçons pour nos temps troublés

    8-Mai, leçons pour nos temps troublés

    La capitulation sans condition de l’Allemagne nazie, le 8-Mai 1945, symbolise la victoire des Alliés sur une armée et, surtout, une idéologie mortifère aux multiples crimes de guerre et contre l’humanité, dont le génocide des juifs d’Europe, avec la complicité d’États collaborateurs zélés, à l’instar du gouvernement de Vichy, en France.

    C’est, à ce titre, bien plus qu’une page de notre Histoire. Car les mécanismes qui ont accouché du fascisme et du nazisme semblent se remettre en branle, en ce premier quart du XXIe siècle. Il est donc impérieux de tirer les leçons de l’ascension de ces idéologies racistes et antisémites, qui charrient la haine de l’autre.

    Le patronat mise sur le RN

    Car leurs héritiers, les partis d’extrême droite contemporains, misent sur l’amnésie quatre-vingt-un an après la capitulation nazie. L’entreprise leur est facilitée par les partis conservateurs, dits de droite classique, qui font leurs les thèmes obsessionnels de l’extrême droite : la famille, la patrie, la xénophobie, le nationalisme, la guerre… En 2007, Nicolas Sarkozy crut avoir dompté le FN. Près de vingt ans plus tard, le parti des Le Pen a avalé la droite. Désormais, le patronat français mise clairement sur le RN.

    La mécanique est la même outre-Rhin. Qui aurait pu croire que le parti des héritiers des nazis, l’AfD, puisse obtenir des scores records et supplanter les conservateurs ? L’accession de l’extrême droite au pouvoir est-elle résistible ? Oui, si les forces progressistes se réveillent et font déferler un tsunami de progrès social comme ce fut le cas après-guerre. C’est la grande leçon du 8-Mai.