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  • Des régates sous le signe de la Marine nationale

    Des régates sous le signe de la Marine nationale

    Un quadruple centenaire, quatre jours de découvertes et des compétitions de haut niveau : c’est ce que promet la 3e édition des Toulon Provence Regatta, qui se tiendront du 7 au 10 mai dans la Rade de Toulon. Un événement labellisé « 400 ans de la Marine nationale », au cours duquel « La Royale » sera largement célébrée à travers une programmation mêlant compétition, innovation et tradition. « Ce n’est pas un hasard que la Marine soit partenaire », justifie l’amiral Christophe Lucas, préfet maritime de la Méditerranée. « Nous avons un ADN commun : la mer, Toulon et sa rade magnifique, et l’esprit d’équipage. Ces 400 ans sont l’occasion de rencontrer les Français, et de rappeler que depuis 400 ans, la Marine nous protège. »

    Pour l’occasion, le patrimoine maritime mondial sera mis à l’honneur avec la présence de navires qui ont fait et font l’histoire de l’institution, et de la navigation en général : des bateaux de travail, dont certains dits « Bateaux d’intérêt patrimonial » (BIP), comme les pointus (qui défileront du Mourillon au Port le 9 mai) seront présentés. La Marine sera également présente avec une Vedette de soutien plongée (VSP). Une exposition lui sera dédiée du 30 avril au 27 mai sur le carré du port, et une soirée de gala se tiendra au Musée de la Marine le 7 mai.

    Niveau compétition, plusieurs régates et circuits côtiers sont au programme du 8 au 10 mai, dans la Rade des Vignettes : voiliers classiques, tels que le Phœnix, le Baruna of 1938 ou le JLd’A ; voiliers de classe 8 mJI, mais aussi 12 mJI, utilisés dans les plus hauts niveaux de compétition internationale, des Jeux Olympiques (1908-1920) à la Coupe de l’America (1958-1987), et des voiliers 2.4 mR.

    La « Destinus AI Regatta », première mondiale

    Il sera par ailleurs possible de visiter chacun des bateaux (gratuitement, sur réservation en ligne), chaque jour entre 17h30 et 18h30. « Nous sommes les seuls au monde à proposer cela pendant les régates », se félicite Xavier Caux, président de Twelve Med Events, structure qui organise les Toulon Provence Regatta en collaboration avec le Club de la Marine de Toulon.

    Autre exclusivité mondiale : l’organisation des régates « Destinus AI Regatta », qui mettront aux prises, le 9 mai, une vingtaine de voiliers autonomes entièrement contrôlés par intelligence artificielle, développés par des étudiants d’écoles d’ingénieurs. « Ce sera un show d’1h30 retransmis sur internet », détaille Xavier Caux. « L’objectif sera aussi d’attirer des étrangers pour l’année prochaine et que ça prenne de l’ampleur. » Cela, « sous le patronage de la DGA, qui est aussi preneuse d’innovation ».

    Programme sur toulonprovenceregatta.fr

  • Un voilier pour protéger le patrimoine culturel des Flottilles

    Un voilier pour protéger le patrimoine culturel des Flottilles

    L’écume forme de petits moutons blancs sur un étang de Berre agité. Ce jeudi, les bourrasques sont tellement violentes qu’Émilien Urbach préfère ne pas prendre la mer. « Ce serait inconscient », glisse-t-il. La météo lui accorde quelques jours supplémentaires pour travailler sur son voilier de 1977, l’Hétérotope. Arrivé le 23 mars au port Maritima de Martigues, le skipper doit finaliser des réparations avant de rejoindre l’Estaque puis de prendre le large avec la Global Sumud Flotilla le 4 avril avec une centaine d’autres embarcations.

    « Pour naviguer avec eux, il y a un tas de normes de préparation des bateaux, notamment en termes d’autonomie électrique, et vu qu’il faut qu’on installe des caméras, qui sont notre seule protection pendant la délégation, il y a plein de petits aménagements à faire, détaille-t-il. Plus des révisions avant de parcourir les 2 000 miles qui nous séparent de Gaza. »

    D’autant que l’Hétérotope aura le retour à faire immédiatement. « Notre but est de ne pas nous faire attraper, de récupérer les productions des autres bateaux avant d’atteindre la ligne rouge », explicite Émilien Urbach. Le voilier a en fait la vocation d’être un centre culturel flottant, et pour ça, « on va distribuer un sachet de conservation avec des blocs-notes et des appareils photo jetables à chaque équipage ».

    De la création d’œuvres pendant la navigation

    Cette idée a germé à la suite de la précédente Flottille, qui a eu lieu en automne 2025. Émilien Urbach y avait participé en tant que journaliste pour L’Humanité. Il explique : « Quand on s’est fait intercepter, il a fallu balancer tous nos carnets de notes, il y a des camarades qui ont avalé leur carte SD pour garder les images. Donc on s’est dit : la mémoire est très fragile, il faut travailler là-dessus. » Une fois de retour à terre, des artistes se pencheront sur la matière issue des sachets de conservation « pour lui donner un écho et créer un patrimoine culturel du mouvement ».

    Des artistes, à l’instar du dessinateur Edmond Baudoin ou du photographe Saif Fradj, embarqueront à bord de la Flottille « pour créer des œuvres autour de ce qui se passe pendant la navigation mais aussi autour d’un dialogue avec des artistes palestiniens », poursuit Émilien Urbach.

    La mission de l’Hétérotope au sein de la Global Sumud Flotilla s’inscrit dans la droite ligne de son histoire récente. Le voilier a été acquis par la compagnie de théâtre C’est la goutte d’eau, fondée par le journaliste (par ailleurs metteur en scène et auteur) et sa compagne, pour sensibiliser le public aux enjeux migratoires en présentant un spectacle imaginé à bord de l’Aquarius, le bateau de sauvetage de SOS Méditerranée lors d’une tournée tout autour de la Méditerranée en 2018-2019. Sept ans plus tard, le bateau-théâtre se transforme en centre culturel embarqué.

  • Avec la Neo Santa Maria à La Ciotat, redécouvrir l’Amérique

    Avec la Neo Santa Maria à La Ciotat, redécouvrir l’Amérique

    Un navire de 200 tonnes, de plus de 28 mètres de long, de près de 8 de large. Comme l’original, la réplique de la Nao Santa Maria arbore trois mâts : le grand mât, l’artimon de la grand-voile et un beaupré, la hauteur du grand mât atteignant près de 25 mètres de la ligne de flottaison au point le plus haut. 5 voiles, d’une surface de 303 mètres carrés, permettent au navire de voguer. Même si, aujourd’hui, besoins modernes de la navigation oblige, la Nao Santa Maria est équipée de moteurs, d’une radio, d’un radar… Construite dans les chantiers navals Varaderos Palmás à Punta Umbría (Huelva, Espagne), la réplique de la Nao Santa Maria a navigué pour la première fois le 16 mars 2018. Du mercredi 25 février au dimanche 1er mars, elle fait escale sur le quai d’accueil de La Ciotat.

    Cinq jours à quai

    À bord, l’équipage, d’une vingtaine d’hommes, est prêt à accueillir le public, de 10h à 19h, pour la visite. Les visiteurs pourront découvrir les 4 ponts de la caravelle, être renseignés sur son histoire, s’immerger dans des décors fidèles à l’époque, et échanger avec les marins.

    Le 3 août 1492, la Nao Santa Maria est partie du port de Palos de la Frontera (Huelva) avec les caravelles Pinta et Niña, en tant que navire de tête de la flotte de Christophe Colomb. Après avoir fait escale sur l’île de La Gomera (îles Canaries) et après trente-trois jours de navigation, le 12 octobre 1492, la Santa María, dirigée par 40 hommes sous les ordres de Christophe Colomb, atteint l’Amérique. Hélas, le jour de Noël 1492, alors qu’il se trouvait près de l’île de La Española, le navire s’est échoué à cause d’un oubli du garçon de cabine qui était à la barre, et il a coulé…

  • Pépites patrimoniales à Marseille : deux ventes et un bail

    Pépites patrimoniales à Marseille : deux ventes et un bail

    Dévoilement lundi des lauréats de l’appel à projets baptisé « Pépites patrimoniales », destiné à « réinventer des usages » à des édifices municipaux à l’abandon pour les rouvrir aux Marseillais.

    Trois biens sur les six propositions ont trouvé leur lauréat. D’abord, le fleuron Art Déco du 90 boulevard des Dames (2e) dessiné en 1928 par l’architecte Jean Rezan pour le siège de la compagnie de navigation Paquet. Racheté en 1972 par la Ville, c’était sa direction des ressources humaines jusqu’en 2020. Le lauréat est le groupement conduit par Adim Provence (Vinci Construction) avec l’entreprise de restauration Girard, l’agence Rougerie + Tangram, Indigo Energie, EODD, ICD Energies, Alpes Contrôles, le Collectif Marseille Devant ! et d’autres futurs exploitants. Tangram avait racheté en 2015 au Département le beau bâtiment des Affaires maritimes, rue des Phocéens, pour le rénover et y installer son agence.

    Surprise de taille, c’est une « vente sous conditions » de l’édifice qui est annoncée pour un prix non encore dévoilé et un montant de travaux inconnu à ce stade. Aucun calendrier prévisionnel n’est publié. Le montage contractuel qui reste à élaborer devra être validé par une délibération du conseil municipal de la prochaine mandature. D’où l’incertitude sur ce projet de reconversion en un lieu totem nommé « Les Dames » dédié au cinéma, à la formation des métiers du 7e Art. Benoît Payan s’est réjoui que cette belle endormie « soit dédiée à des métiers d’avenir, à une filière qui a besoin d’avoir un bâtiment totem que seront “Les Dames” dans le respect de l’histoire de ce bâtiment. On va aussi permettre à des jeunes en formation, à des apprentis, des compagnons de dévoiler leurs talents, et pour nous c’est quelque chose de magnifique. Ce n’est pas rien d’avoir le droit de rêver et vous nous avez montré que c’est possible », a-t-il dit aux lauréats.

    Même configuration pour le lauréat du 62, corniche Kennedy (7e), une maison en contrebas du pont du Vallon des Auffes qui sera cédée pour le projet retenu « La Pointe » porté par Joseph Legrand, Stephen Grives, Michel Athenour et La Confraglation, avec MOA Architecture, Marsxelles, Polymer, Pièce à part, BET Collet et Index Structures. Il s’agit, après requalification lourde du site, de créer « un lieu ouvert, culturel et convivial » avec une offre de restauration, une programmation culturelle, l’accueil d’artistes, des espaces ouverts au quartier.

    Quant au Pavillon de partage des eaux des Chutes-Lavie de 1901, le projet « Les gardiens de la mémoire et de l’eau à Marseille » est retenu. Il est porté par le collectif Objectif Tore avec Valentine Pilliard, Corrado de Giuli Morghen (l’architecte du patrimoine bien connu qui a restauré le Palais Longchamp et les fabriques du parc), Isabelle Miard et John Morin pour un lieu pédagogique autour de l’eau. Pour ce joyau architectural, un « bail de longue durée » associé à une phase préparatoire de construction avec les habitants serait l’option retenue.

    En revanche, ni la bastide de Château-Gombert (13e), ni la Villa Athéna (13e), ni le 63 rue Sauveur-Tobelem (7e) n’ont trouvé de lauréat, faute de propositions ou de projets qualitatifs.

  • Christelle Thieffinne (CFE-CGC) en tournée électorale à Marseille

    Christelle Thieffinne (CFE-CGC) en tournée électorale à Marseille

    La guerre de succession de François Hommeril, actuel président de la CFE-CGC, passe par Marseille. Alors qu’il doit passer le flambeau après plusieurs mandats lors du congrès de juin prochain, Christelle Thieffine, candidate annoncée, est « venue prendre le pouls » des sections syndicales locales pendant deux jours. La salariée de Thalès, issue de la fédération de la métallurgie et secrétaire nationale à la protection sociale va faire face à Frédéric Guyonnet, banquier et président du Syndicat national de la banque (SNB) lors du scrutin. Elle a donc un programme chargé pour cette tournée électorale, entre visite du Centre de formation d’apprentis industriel (CFAI), rencontre avec les marins de Corsica Linea ou encore passage à la CMA-CGM. « Ce qui m’importe, c’est comment on arrive à défendre un modèle social face à un dumping. Je viens découvrir comment les équipes font face aux enjeux de décarbonation, sur l’étang de Berre et Fos », entame-t-elle, entourée de Pierre Maupoint de Vandeul, président de la CFE-CGC transport et logistique et officier de Corsica Linea et de Jérôme Yvernault pour la métallurgie. Elle défend notamment « la décarbonation et la transition écologique » mais à condition que ça ne se fasse « pas au détriment de la compétitivité des entreprises ».

    Rappelons que François Hommeril s’était attaché à casser l’image d’un syndicat réformiste pas vraiment contestataire attribué à la CFE-CGC, avec de nombreuses sorties de haute volée à l’encontre du gouvernement lors de la lutte contre la réforme des retraites (lire notre article du 07/10/2022). Le tout, en restant conciliant avec le patronat dans les négociations sur le terrain et dans les entreprises. Christelle Thieffine entend s’inscrire dans ses pas évoquant une « continuité ». Elle met en avant le « volet responsable de nos revendications » tout en taclant « certains observateurs du monde économique qui ne veulent pas du bien aux organisations syndicales ». « On a une voix atypique. On est la seule organisation représentative qui progresse d’élection en élection », développe-t-elle. En effet, le syndicat talonne Force ouvrière pour la troisième place en matière de représentativité au niveau national. Et se targue d’être la première organisation dans certains mastodontes dont EDF, Stellantis, chez les personnels sédentaires des entreprises de navigation ou encore au siège marseillais de la CMA-CGM.

    Le cas d’Alliance

    et l’extrême droite

    Reste le sujet épineux du très droitier syndicat de policiers Alliance, affilié à la CFE-CGC, à l’origine de manifestations fin janvier à laquelle ont participé de nombreux représentants de l’extrême droite, dont Marion Maréchal Le Pen ou encore Sarah Knafo. L’adversaire de Christelle Thieffine, Frédéric Guyonnet, était d’ailleurs au second rang à la manifestation parisienne. « On est un syndicat apolitique, on ne fait pas de politique politicienne. Tant que je serai là, on tiendra cette position », martèle Christelle Thieffine. Une référence à une lettre de François Hommeril critiquant la présence des dits élus. « Il y a eu de la réactivité des autres organisations, ce moment n’a pas été simple à gérer », reconnaît Pierre Maupoint de Vandeul.

  • Les bateaux ne circulent plus sur le canal du Midi

    Les bateaux ne circulent plus sur le canal du Midi

    De nouvelles mesures préventives pour économiser l’eau qui alimente le Canal du Midi, de Toulouse à l’étang de Thau, ont été prises par Voies navigables de France (VNF). Depuis le 3 novembre, date du début de la basse saison de navigation, les bateaux ne sont plus autorisés à passer les écluses, sauf motifs exceptionnels.

    « 85% des volumes d’eau qui permettent d’alimenter le Canal du Midi proviennent des prélèvements dans les fleuves et rivières, en particulier le fleuve Aude. Or les deux épisodes de canicule de fin juin et fin août, la faible pluviométrie et la période de sécheresse qui se prolonge en ce début d’automne ont entraîné une forte baisse du débit de l’ensemble des cours d’eau du territoire. Nous avons donc dû déstocker des volumes d’eau plus importants que l’année dernière des barrages-réservoirs dans lesquels nous pouvons puiser pour alimenter le canal, si bien qu’il sont aujourd’hui réduits à 10% de leur capacité alors qu’ils étaient à 38% à la même époque en 2024 », indique Jean Niquet, chef du service exploitation maintenance environnement hydraulique chez Voies navigables de France.

    VNF a donc pris la décision de diminuer, à partir du 3 novembre, les volumes d’eau injectés depuis ces barrages-réservoirs, « utilisant les stocks encore disponibles a minima et pour garantir les usages liés à l’alimentation en eau potable des populations, certains usages agricoles et le maintien de la vie aquatique. » La navigation à la demande, telle qu’elle se pratique en basse saison, n’est, elle, plus autorisée jusqu’à nouvel ordre (sauf motifs exceptionnels).

    Deuxième fois en 30 ans

    Une mesure qui pourrait se prolonger jusqu’à début janvier, date à laquelle s’ouvre, chaque année, une période dite de « chômage » durant laquelle la navigation est cette fois interrompue huit semaines afin de réaliser des travaux sur l’infrastructure (renforcement de berges ou d’étanchéité de portes…) « On ne peut toutefois pas exclure une situation positive dans laquelle une pluviométrie importante sur le mois de novembre et/ou décembre viendrait recharger rapidement nos réserves et permettrait de reprendre la navigation », précise Jean Niquet.

    C’est la deuxième fois en 30 ans qu’une telle mesure d’arrêt de la navigation liée à la sécheresse doit être prise. La première a eu lieu en 2023. « Les effets du dérèglement climatique rendent probable que cette mesure soit prise plus fréquemment dorénavant », confie le représentant de VNF. Face à ce constat, l’établissement public « imagine l’avenir et met en œuvre des mesures pour essayer de contrer les effets du changement climatique ». À titre d’exemple, des travaux de sécurisation supplémentaires du barrage de Saint-Ferréol ont été réalisés cet été. « Cela va permettre d’augmenter le stockage de 600 000 m³, ce qui représente 12% d’eau supplémentaire ». De nouveaux instruments hydrauliques de mesure, plus performants, vont également être installés.

  • Un cargo à voile pionner en escale à Marseille

    Un cargo à voile pionner en escale à Marseille

    Sur la traversée Atlantique, on envisage d’utiliser uniquement la voile. Les moteurs de propulsion nous servent seulement à sortir du port et à y rentrer. » Entre deux coups de talkie-walkie avec son équipage, Mathieu Poulain, commandant du Neoliner Origin, ne cache pas sa satisfaction de naviguer avec le « premier cargo roulier de grande capacité à propulsion principale vélique du monde ».

    Entendez par là le premier navire de commerce à voile, de dimension industrielle. Et quelles voiles ! 3 000 m² de voilure total, en panneau de carbone avec un intérieur en fibre de verre, sur deux mats en carbone « Made in France » de plus de 70 m de haut et « autoporteurs »…

    Quand le Neoliner Origin déploie sa voilure en accordéon dans le port de Marseille, elle cache le soleil pour les dockers depuis les quais. « C’est carrément différent. Quand on est à la voile, au niveau des vibrations et du bruit, je n’ai jamais connu un navire aussi confortable depuis ma cabine. C’est dingue », poursuit le capitaine Mathieu Poulain. En escale à Marseille avant de prendre le large vers Nantes, son port d’attache, la CMA CGM et Neoline présentaient cette « innovation » qui pourrait bien être la première pierre d’un nouveau genre de fret maritime.

    « Décarboner à 80 % »

    « Il a une capacité de 1 200 mètres linéaires, c’est l’équivalent de 350 à 400 voitures, il peut aussi transporter des conteneurs, pour une capacité de 265 EVP [équivalents vingt pieds, Ndlr] », explique Jean Zanutti, président de Neoline, compagnie dont la CMA CGM est au capital. « C’est le premier navire dont le moyen de propulsion principal est la voile, contrairement à d’autres navires qui ont des aides à la propulsion, mais ce ne sont que des aides. Là, on va décarboner le transport jusqu’à 80 % », abonde Xavier Leclercq, vice-président du groupe CMA CGM, en charge des constructions neuves. Et le Neoliner Origin ne souffre pas de la comparaison avec ses homologues consommateurs de carburant. « En moyenne, ça va prendre à peine deux jours de plus pour une traversée Atlantique », précise Xavier Leclercq. « On est capable d’être alignés en termes de prix sur ce trajet grâce à l’économie de fioul, même si l’amortissement est plus cher », ajoute Jean Zanutti. Si toutes les routes maritimes ne conviennent pas forcément au navire, reste qu’il est « une solution remarquable » pour la décarbonation du fret maritime. « C’est un voilier, mais c’est d’abord un cargo, un navire de commerce qui embarque de la marchandise par roulage. Mais, lorsqu’on est en mer, on hisse les voiles et on est propulsé uniquement par le vent », confirme le commandant, Mathieu Poulain.

    Une innovation à plus de 60 millions d’euros avec beaucoup d’avantages et quelques inconvénients. « C’est un peu particulier à piloter, on est assisté par pas mal d’ordinateurs et d’automatisation. On est limité par la puissance et la force du vent. Sinon, ça reste relativement facile à manœuvrer grâce notamment aux balestrons [support sur lequel est fixé le mât Ndlr] qui tournent à 360 degrés », développe le capitaine. Avec l’espoir d’insuffler un vent nouveau pour le transport de marchandises sur les mers. « J’espère et je rêve que ça puisse être le futur de la navigation », conclut Mathieu Poulain.

    « Lorsqu’on hisse les voiles, on est propulsé uniquement avec le vent »

  • Une classe d’initiation à la mer ouvre au collège Vieux-Port

    Une classe d’initiation à la mer ouvre au collège Vieux-Port

    Une heure de cours en plus par semaine pour apprendre à lire des cartes maritimes, les vents ou découvrir les métiers de la mer. C’est ce à quoi se sont engagés les élèves de troisième de cette première classe baptisée Bimer, au collège Vieux-Port. Créé en 2018 au sein de l’académie de Nice, ce Brevet d’initiation à la mer (Bimer) veut faire découvrir aux collégiens les métiers de la navigation, ainsi que la base scientifique et technique maritime.

    Cette année, c’est au collège Vieux-Port qu’a ouvert la 28e classe Bimer de l’académie Aix-Marseille. Cette classe « est aussi le moyen de montrer que sur notre territoire, à 500 mètres du collège, il y a le Grand Port maritime (GPMM) qui propose un vaste panel de métiers inconnus, explique Patrick Maddalone, directeur des ressources humaines du GPMM. L’idée est aussi de leur montrer toutes les opportunités qu’ils pourraient avoir sur leur projet professionnel et leur vie future. » Ainsi, à la fin de l’année, les collégiens passeront un examen sur les connaissances acquises au cours de l’année autour de la construction des navires, la météo, les réglementations maritimes et enfin les enjeux géopolitiques.

    « Ce type de brevet vous différenciera par rapport aux autres élèves », insiste le recteur de l’académie Aix-Marseille, Benoit Delaunay, devant une vingtaine d’élèves. Le brevet peut d’ailleurs être repassé plusieurs fois pour avoir des qualifications différentes : débutant, maîtrise, avancé et expert. Des élèves qui ne semblent pourtant pas novices : quand le recteur présente des questions types, ils sont deux ou trois à lever le doigt pour répondre.

    Des activités ludiques

    C’est grâce à une classe ouverte, en avril dernier, que les élèves ont pu découvrir la classe Bimer. Ils ont notamment pu voir le Port center, lancé en septembre 2024 par le port. Un moyen pour le Grand port de faire connaître aux scolaires et au grand public le travail qui est fait chaque jour. « On a pu découvrir la carte du port, un conteneur et les différents postes qui existent », explique Sarah, élève dans la classe. C’est lors de cette visite, que le Port Center a pu fêter sa 10 000e visiteuse, Mélissa, maintenant inscrite pour passer son Brevet d’initiation à la mer.

    C’est cette journée découverte et la diversité des activités proposées qui ont motivé la plupart des élèves. « Je suis venu pour les sorties bateaux et le voyage à Barcelone », s’amuse Mamadou. Une raison partagée par Sarah et Yannis. Un moyen de faire connaître de façon ludique un univers qu’ils et elles ne connaissent pas encore.

  • Le tourisme du Canal du Midi en crise face à son pire déficit d’eau

    Le tourisme du Canal du Midi en crise face à son pire déficit d’eau

    Depuis plusieurs semaines, le niveau d’eau du Canal du Midi inquiète les autorités. Les épisodes de canicule et le manque de pluie ont asséché les réserves qui alimentent ses 240 kilomètres, reliant Toulouse à la Méditerranée. En conséquence, les préfectures de Haute-Garonne, de l’Aude et de l’Hérault s’apprêtent à annoncer une mesure inédite : réduire les horaires de navigation de huit à six heures par jour.

    Pour Voies navigables de France (VNF), gestionnaire du Canal, la décision est inévitable. « Nous sommes entrés en situation de crise plus tôt que prévu », confie Cédric Jaffard, adjoint au chef de service territorial Midi. La consommation des réserves a commencé avec un mois d’avance sur les années précédentes, et les épisodes caniculaires de juin puis d’août ont précipité l’entrée en crise. Résultat : les prélèvements d’eau pour la navigation ont chuté de 70%. À court terme, cette réduction des créneaux vise à limiter les débits utilisés pour les écluses. D’autres solutions sont étudiées, comme le regroupement des bateaux lors des passages, afin d’économiser l’eau.

    Le scénario de la fermeture pure et simple

    Mais si la sécheresse persiste, un scénario radical se dessine : la fermeture pure et simple du Canal à la navigation, une première dans son histoire et une éventualité que les autorités n’excluent plus. « Il n’est pas exclu de ne pas aller jusqu’à la fin de la saison de la navigation libre, en novembre », avertit Cédric Jaffard. Ce couperet serait un choc pour l’ouvrage de Paul Riquet, classé à l’Unesco, et un aveu de vulnérabilité face au dérèglement climatique. Ce spectre hante autant les acteurs du tourisme que les agriculteurs.

    Car le Canal du Midi n’est pas qu’un site de croisière : il sert aussi à irriguer des cultures et alimente des usages agricoles. En mars 2023 déjà, des exploitants avaient bloqué une péniche à Castelnaudary pour dénoncer une gestion jugée trop favorable au tourisme. « Il faut que les efforts soient partagés », plaidait alors Jérôme Barthès, président de la FDSEA de l’Aude. Pour lui, la priorité doit rester l’eau potable, puis l’agriculture, avant le tourisme.

    70 à 90 millions

    de retombées touristiques

    Or, l’impact économique du Canal est colossal. Selon la CCI Occitanie, sa fréquentation génère chaque année près de 70 millions d’euros de retombées, voire 90 millions en incluant les visiteurs de proximité. Quelque 70 000 touristes fluviaux, en majorité étrangers, parcourent chaque année cette voie classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1996. Rien qu’à Béziers, le site des Neuf écluses de Fonseranes attire jusqu’à 430 000 visiteurs par an.

    Le Canal du Midi, joyau hydraulique et patrimoine universel, se retrouve ainsi au cœur d’un dilemme. Une telle manne est vitale pour les territoires traversés. « Le Canal du Midi a une notoriété internationale », rappelle Jean Muller, directeur de l’office de tourisme Béziers Méditerranée. La moindre restriction menace donc tout un pan de l’économie régionale, déjà fragilisé par la baisse générale de la plaisance. Mais au-delà de l’économie, c’est la symbolique d’un patrimoine vieux de plus de trois siècles qui vacille.

    L’ouvrage de Paul Riquet est autant un repère culturel qu’un outil vivant, au croisement des enjeux climatiques, agricoles et touristiques. Les sécheresses à répétition et l’avancée de la « crise hydrique » questionnent sa pérennité.

    L’urgence est telle que les préfets de Haute-Garonne, de l’Aude et de l’Hérault multiplient réunions et mesures provisoires. Mais sans précipitations suffisantes dans les semaines à venir, les restrictions pourraient se durcir encore. Ainsi pour VNF, la saison pourrait ne pas aller jusqu’en novembre, date habituelle de fin de navigation.

  • Le tourisme du Canal du Midi en crise face à son pire déficit d’eau

    Depuis plusieurs semaines, le niveau d’eau du Canal du Midi inquiète les autorités. Les épisodes de canicule et le manque de pluie ont asséché les réserves qui alimentent ses 240 kilomètres, reliant Toulouse à la Méditerranée. En conséquence, les préfectures de Haute-Garonne, de l’Aude et de l’Hérault s’apprêtent à annoncer une mesure inédite : réduire les horaires de navigation de huit à six heures par jour.

    Pour Voies navigables de France (VNF), gestionnaire du Canal, la décision est inévitable. « Nous sommes entrés en situation de crise plus tôt que prévu », confie Cédric Jaffard, adjoint au chef de service territorial Midi. La consommation des réserves a commencé avec un mois d’avance sur les années précédentes, et les épisodes caniculaires de juin puis d’août ont précipité l’entrée en crise. Résultat : les prélèvements d’eau pour la navigation ont chuté de 70%. À court terme, cette réduction des créneaux vise à limiter les débits utilisés pour les écluses. D’autres solutions sont étudiées, comme le regroupement des bateaux lors des passages, afin d’économiser l’eau.

    Le scénario de la fermeture pure et simple

    Mais si la sécheresse persiste, un scénario radical se dessine : la fermeture pure et simple du Canal à la navigation, une première dans son histoire et une éventualité que les autorités n’excluent plus. « Il n’est pas exclu de ne pas aller jusqu’à la fin de la saison de la navigation libre, en novembre », avertit Cédric Jaffard. Ce couperet serait un choc pour l’ouvrage de Paul Riquet, classé à l’Unesco, et un aveu de vulnérabilité face au dérèglement climatique. Ce spectre hante autant les acteurs du tourisme que les agriculteurs.

    Car le Canal du Midi n’est pas qu’un site de croisière : il sert aussi à irriguer des cultures et alimente des usages agricoles. En mars 2023 déjà, des exploitants avaient bloqué une péniche à Castelnaudary pour dénoncer une gestion jugée trop favorable au tourisme. « Il faut que les efforts soient partagés », plaidait alors Jérôme Barthès, président de la FDSEA de l’Aude. Pour lui, la priorité doit rester l’eau potable, puis l’agriculture, avant le tourisme.

    70 à 90 millions

    de retombées touristiques

    Or, l’impact économique du Canal est colossal. Selon la CCI Occitanie, sa fréquentation génère chaque année près de 70 millions d’euros de retombées, voire 90 millions en incluant les visiteurs de proximité. Quelque 70 000 touristes fluviaux, en majorité étrangers, parcourent chaque année cette voie classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1996. Rien qu’à Béziers, le site des Neuf écluses de Fonseranes attire jusqu’à 430 000 visiteurs par an.

    Le Canal du Midi, joyau hydraulique et patrimoine universel, se retrouve ainsi au cœur d’un dilemme. Une telle manne est vitale pour les territoires traversés. « Le Canal du Midi a une notoriété internationale », rappelle Jean Muller, directeur de l’office de tourisme Béziers Méditerranée. La moindre restriction menace donc tout un pan de l’économie régionale, déjà fragilisé par la baisse générale de la plaisance. Mais au-delà de l’économie, c’est la symbolique d’un patrimoine vieux de plus de trois siècles qui vacille.

    L’ouvrage de Paul Riquet est autant un repère culturel qu’un outil vivant, au croisement des enjeux climatiques, agricoles et touristiques. Les sécheresses à répétition et l’avancée de la « crise hydrique » questionnent sa pérennité.

    L’urgence est telle que les préfets de Haute-Garonne, de l’Aude et de l’Hérault multiplient réunions et mesures provisoires. Mais sans précipitations suffisantes dans les semaines à venir, les restrictions pourraient se durcir encore. Ainsi pour VNF, la saison pourrait ne pas aller jusqu’en novembre, date habituelle de fin de navigation.