Tag: Nature

  • Une pédagogie inspirée de la Légion pour accompagner les jeunes

    Une pédagogie inspirée de la Légion pour accompagner les jeunes

    IRVIN. Initier la Révolution de la Vie par l’Immersion Naturelle… Derrière cet étonnant acronyme pointe une association créée en 2012 en Bretagne, par Patrice Valantin, ancien cadre de Légion étrangère devenu entrepreneur en génie écologique. Confronté dans son activité « au déficit de compétence humaine » de la jeunesse, ce militaire a choisi de développer une pédagogie d’un genre particulier.

    Exigeante, centrée sur l’effort, le collectif et la responsabilité, elle s’inspire notamment de la Légion à travers sa règle d’or de « l’oubli du passé », et des écosystèmes qui veulent que « la vie n’existe que dans la diversité et la relation ». Depuis sa création, 300 jeunes ont été formés par IRVIN qui entend désormais se développer en Provence avec l’ouverture d’un centre à Aubagne.

    Au menu, des parcours immersifs pour les 18 – 30 ans, mêlant stages en pleine nature, vie collective sans téléphone, chantiers pratiques et vie en entreprise. Objectif : restaurer la confiance en soi, développer les compétences humaines et faciliter l’insertion sociale et professionnelle de jeunes en rupture ou en quête de sens.

    Si Patrice Valantin tient à préciser qu’IRVIN n’est « pas une structure d’insertion » préférant faire un « parallèle avec le service militaire », la présence de représentant de NGE, Proman ou la SEM, lors de sa présentation mercredi, montre l’intérêt du monde économique. Même la préfète déléguée à l’égalité des chances avait fait le déplacement.

    La première promotion (une dizaine de jeunes) sera parrainée par la boxeuse Myriam Lamarre, et encadrée par six formateurs. Une seconde promotion est prévue mi-juin. La suivante en septembre.

  • La Bambouseraie d’Anduze fête ses 170 ans

    La Bambouseraie d’Anduze fête ses 170 ans

    Afin de préparer au mieux cet événement, Yann Arthus-Bertrand, cinéaste et grand photographe, a été nommé parrain de l’anniversaire. Un invité de « marque, pour un anniversaire unique », assure Valentine Crouzet, directrice générale de la Bambouseraie. Un enthousiasme amplifié par l’histoire familiale de la directrice, très attachée à la Bambouseraie.

    Créée en 1856 par Eugène Mazel, la Bambouseraie est un jardin botanique composé de plantes venant de 5 continents (Asie, Europe, Afrique, Amérique et Océanie). Racheté en 1902 par Gaston Nègre, l’organisme n’a depuis jamais cessé d’appartenir à la famille de Valentine Crouzet. « Ce jardin, c’est vraiment une histoire de famille. Ce sont mes parents qui détiennent le lieu aujourd’hui encore et ensuite ce sera mon tour », confie l’arrière-petite-fille de Gaston Nègre.

    Un lieu symbolique et un amour pour les plantes et la nature : « Pour nous, faire vivre la nature, c’est aussi donner la possibilité de la connaître. Le vivant, les plantes et la préservation du milieu naturel, ça a toujours été l’ADN du jardin. C’est aussi pour cela que le lieu s’appelle la Bambouseraie », ironise Valentine Crouzet. Pourtant, si le jardin botanique compte plus de 230 types de bambous différents, la directrice le garantit : « La Bambouseraie, ce n’est pas qu’un jardin avec des bambous. Aujourd’hui, on compte plus de 1300 variétés de plantes de tous types. Notre objectif, depuis la création du lieu en 1856, a été le même : préserver la nature et mettre en avant les plantes du monde entier ».

    Une mise en avant de la nature et de sa beauté célébrée cette année avec les 170 ans d’existence du lieu. « Cette célébration est venue assez spontanément. Quand j’ai évoqué l’idée de fêter les 170 ans avec les équipes, tout le monde était d’accord pour organiser un événement spécial ».

    Une célébration sous l’égide de la sensibilisation, comme le souligne la directrice : « Au-delà de fêter notre anniversaire, notre objectif est aussi de faire prendre conscience de la beauté de la nature et de l’importance de la préserver. C’est pour cela que nous avons contacté Yann Arthus-Bertrand, que nous faisons intervenir Marc-André Selosse, Vinciane Despret ou Jeanne Pham Tran pour parler de ces sujets ».

    * Retrouvez le programme des 170 ans de la Bambouseraie : https://bambouseraie.fr/notre-histoire

  • [Tribune] Abeilles et pollinisateurs : un enjeu majeur pour la région Paca

    [Tribune] Abeilles et pollinisateurs : un enjeu majeur pour la région Paca

    Le 7 avril 2026, la France accueillera à Lyon un sommet « One Health* », consacré à l’interdépendance entre santé humaine, animale et environnementale. Ce rendez-vous d’action ne peut ignorer un enjeu majeur pour notre territoire méditerranéen : la protection des pollinisateurs.

    La région Provence-Alpes-Côte d’Azur occupe une place majeure dans l’apiculture française. Elle accueille plusieurs milliers d’apiculteurs, professionnels et amateurs, et se caractérise par une forte diversité florale à l’origine de productions de miels reconnues. L’agriculture régionale – arboriculture fruitière, cultures maraîchères, semences, plantes à parfum, aromatiques et médicinales (lavande, thym, romarin…) – dépend largement de la pollinisation animale.

    Les abeilles domestiques, les bourdons d’élevage et les pollinisateurs sauvages assurent la reproduction de nombreuses plantes cultivées et sauvages. À l’échelle mondiale, 60 à 80% des cultures dépendent au moins partiellement de la pollinisation animale, représentant environ 35% de la production alimentaire. La pollinisation conditionne également la biodiversité végétale et, indirectement, la biodiversité animale.

    Pourtant, les constats scientifiques sont préoccupants. Ce service écosystémique** essentiel est aujourd’hui fragilisé. En Europe, les populations d’insectes déclinent fortement. En Paca comme ailleurs, certaines zones agricoles voient leurs paysages se simplifier, les ressources florales se raréfier et l’exposition aux pesticides persister. Le changement climatique accentue encore ces pressions, avec des étés plus chauds et plus secs.

    Notre région illustre aussi un paradoxe bien connu : des milieux naturels (garrigues, maquis, forêts…) en apparence riches peuvent manquer de ressources sur la durée. Après des floraisons printanières intenses mais brèves, les périodes estivales peuvent devenir critiques pour les pollinisateurs, soumis à un véritable stress alimentaire voire hydrique.

    Les abeilles sont également de précieuses sentinelles de l’environnement. En butinant, elles révèlent la présence de polluants dans leur environnement, faisant de la ruche un outil de surveillance à la fois agricole, écologique et sanitaire. Les informations données par les analyses des produits de la ruche sont essentielles dans le cadre d’une politique de santé publique efficace.

    Aujourd’hui, le diagnostic scientifique est posé. L’enjeu est maintenant d’agir. Cela suppose de mieux accompagner la santé des colonies, de faire évoluer les pratiques agricoles, de restaurer des paysages riches en ressources florales tout au long de l’année et d’intégrer pleinement tous les pollinisateurs dans les politiques publiques.

    Cela implique des choix concrets mais aussi concertés entre les collectivités locales – communes, intercommunalités, départements et Région – en matière d’aménagement, de gestion des espaces publics et de soutien aux apiculteurs et agriculteurs, afin de faire des pollinisateurs une priorité territoriale et non une variable d’ajustement.

    En Paca, la protection des pollinisateurs n’est pas une question secondaire. Elle conditionne la résilience de nos territoires, l’avenir de notre agriculture et, à terme, notre propre santé. Les solutions existent. Il appartient désormais aux décideurs de les mettre en œuvre.

    *Une Seule Santé

    ** Un service écosystémique désigne l’ensemble des bénéfices que les êtres humains et autres êtres vivants tirent des écosystèmes, directement ou indirectement.

  • Lambesc, les rapaces nocturnes à l’honneur

    Lambesc, les rapaces nocturnes à l’honneur

    Découvrir les hiboux et chouettes de Lambesc, ça vous tente ? Alors rendez-vous ce samedi à partir de 14h et jusqu’à 21h salle Georges-Brassens et dans la campagne environnante pour en apprendre davantage sur ces rapaces nocturnes, aux côtés de différents partenaires, dont la Ligue de protection des oiseaux de la région (LPO Paca).

    Un moment de partage, d’observation et d’échanges autour de ces magnifiques oiseaux aux caractéristiques fascinantes, accessible aux petits comme aux grands.

    Une journée immersive pleine de découvertes

    Cette journée s’inscrit dans le cadre de l’Atlas de la biodiversité communale et accompagne le lancement d’une enquête citoyenne et participative qui se déroulera jusqu’au mois de décembre, sur la même thématique.

    L’objectif : recenser les hiboux et chouettes présents sur la commune, grâce à la participation du plus grand nombre, afin de mieux connaître et cartographier la présence de ces espèces essentielles à l’écosystème. Les données collectées à la fin de l’année permettront ainsi de participer à l’orientation des actions de protection, de gestion, mais aussi de restauration de leurs habitats.

    Le programme s’annonce riche, entre science, découverte et balade. La journée débutera par un atelier destiné aux plus jeunes, pour découvrir ce que mangent les chouettes à travers l’analyse de leurs pelotes de réjection.

    Photographies
    et observations diverses

    Suivra une conférence intitulée « Ma vie de rapace nocturne », pour mieux comprendre l’écologie et les besoins de ces animaux. Enfin, une balade de 4 km, à la nuit tombée et dans la campagne, sera proposée pour écouter les chants et cris des chouettes et des hiboux. De quoi vous donner toutes les clés pour participer en famille à l’enquête publique à laquelle vous convie la Ville. Et pour couronner le tout et en parallèle de ces deux événements, un concours photos, lancé au début du mois de mars et qui se terminera au mois d’août, vous propose de photographier le patrimoine naturel de la ville. Le tout toujours dans le cadre de l’Atlas de la biodiversité communale, à Lambesc.

    Pour participer à l’ensemble de ces rendez-vous, rendez-vous sur le site internet de la ville : vous pourrez remplir un formulaire en ligne pour l’enquête et consulter différentes fiches mises à disposition pour vous aider à identifier les espèces observées.

    Renseignements au 04.42.57.61.15.

    Journée thématique à partir de 7 ans. Tous les événements sont gratuits. Plus d’infos sur le site lambesc.fr

  • L’Entraide 13 passe la main à Habitat et Humanisme

    L’Entraide 13 passe la main à Habitat et Humanisme

    Le sort de l’association Entraide des Bouches-du-Rhône a été scellé, lundi 2 mars, devant le tribunal des activités économiques de Marseille, qui a validé l’offre d’Habitat et Humanisme Soin et ordonné la cession de l’intégralité des établissements exploités, à ce jour, à cette association lyonnaise. Les six Ehpad et quatre résidences autonomie sont cédés pour 7,48 millions d’euros, dont 6,8 millions d’actifs immobiliers. La valeur très théorique du parc immobilier était estimée à 33 millions d’euros.

    Ce choix d’une « offre viable » venue de l’économie solidaire « permet de préserver 448 emplois et de maintenir 725 personnes âgées dans leur lieu de vie actuel, et d’entrevoir des perspectives positives de renouveau avec les différents investissements prévus, notamment pour les travaux de rénovation et de réhabilitation », expose le tribunal dans son jugement de 23 pages.

    Le scénario catastrophe redouté est évité

    La résidence du Roy d’Espagne (dans le 8e à Marseille) ne pouvait être dans le deal puisque fermée en juillet 2024 et préemptée par la Ville de Marseille pour y créer une « résidence autonomie de nouvelle génération », qui sera confiée au CCAS. L’Ehpad du Clos Saint-Martin, à Pélissanne, n’est pas non plus concerné, ayant été fermé par l’ARS en septembre 2025 après le constat de graves dysfonctionnements.

    Malgré un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros en 2024, la situation de l’Entraide 13 n’avait cessé de se dégrader avec un résultat négatif de 4 millions d’euros, qui rendait impossible tout plan de continuation. Huit candidats s’étaient manifestés. Trois offres sérieuses ont été déposées in fine, mais une seule exposée à la barre du tribunal. Le sérieux de l’offre de l’association lyonnaise a convaincu les magistrats. Habitat et Humanisme Soin assure déjà la gestion d’un réseau de 59 établissements d’accueil et de soins de seniors dans 20 départements, soit près de 4 900 lits et emploie environ 2 000 salariés.

    L’Agence régionale de santé et le conseil départemental avaient émis un avis très favorable à cette reprise, qui « n’implique aucune fermeture de site et préserve au mieux les intérêts des résidents et de leurs familles et des salariés ». En effet, 448 des 468 emplois sont sauvés « avec leurs droits acquis », soit 96% des emplois. Les 20 salariés du siège social d’Entraide ne sont pas repris, ce qui doit conduire à 18 licenciements. L’administratrice judiciaire de l’Entraide a été entendue, elle qui soulignait qu’un effort devrait être fait par le repreneur « pour apaiser le climat social concernant les droits acquis des salariés repris ».

    La somme totale déclarée au passif, au jour de l’audience du 17 février, est de 59 millions d’euros, dont 22 millions contestés, soit une somme finale qui avoisine les 40 millions d’euros tout de même, composée à 80% de dettes bancaires et 20% de prestataires. Le Département reste garant de certains prêts bancaires à hauteur de 12 millions d’euros. Si le tribunal se dit conscient de « l’impact économique » de cette cession pour les contrats non transférés, il retient « l’effort financier manifestement réel, même s’il ne permettra pas un apurement direct du passif ».

    Si le prix de cession fixé à 7,48 millions d’euros est « décorrélé de la réalité du passif », le tribunal considère que le coût total de la reprise est en réalité de 32 millions d’euros en tenant compte des congés payés, des départs à la retraite, de l’hypothèque de l’Ehpad La Marylise (dans le 11e à Marseille), des dépôts de garanties et des fonds de roulement à reconstituer, des travaux de réhabilitation et de remise aux normes estimés à 12,5 millions d’euros sur un parc assez vétuste.

    Une trentaine de contrats sont repris. Pas celui de la restauration collective conclu en 2024 avec la société marseillaise Ascent pour 5 ans, ce qui est « de nature à inquiéter tant ses prestations sont essentielles à la poursuite de l’activité », énonce le tribunal, qui prend acte toutefois d’échanges en cours entre les parties. L’ARS et le Départemental se sont engagés à procéder au transfert effectif des autorisations d’exploitation nécessaires au repreneur dans les 48 heures. La période d’observation a été prolongée jusqu’au 22 juillet 2026.

    Un « heureux dénouement » pour le CD 13

    « Je dirais ouf et enfin ! » réagit Jean-Marc Perrin (DVD), conseiller départemental, l’autorité de tutelle. « Nous sommes heureux et soulagés de ce dénouement. C’est la fin d’un long processus judiciaire qui évite une casse sociale terrible et la perte d’une capacité d’un millier de lits en grande majorité habilités à l’aide sociale », salue l’adjoint au bel âge, à l’archéologie et la paléontologie. « Nous avons travaillé main dans la main avec l’ARS pour éviter une catastrophe. Habitat et Humanisme sont de vrais pros compétents qui gèrent déjà 60 établissements, qui ont la fibre des bailleurs sociaux et de l’habitat inclusif. Quand j’entends que les anciens dirigeants de l’Entraide essayent de trouver des responsabilités chez les autres, je rappelle qu’en sortie du Covid et en plein scandale Orpea, et alors qu’ils commençaient à être dans le rouge, deux dirigeants se sont augmentés de presque 30% en 4 ans, alors, qu’ils balayent devant leur porte ! »

  • Le BUS, projet qui mène en balade à Marseille

    Le BUS, projet qui mène en balade à Marseille

    Le groupe de randonneurs du MNLE 13 prendra dimanche 1er mars le départ à 9h30 au rond-point Anse de la Vieille Chapelle, dans le 9e arrondissement, pour un parcours de 2,7km sur le tracé du projet encore très controversé.

    « Sur les traces du boulevard Urbain Sud dont le tracé devrait détruire 10 ha de nature en ville est la deuxième partie d’exploration proposée par l’association pour se rendre compte sur le terrain des dégâts envisagés », résume Jean-François Gast, président du MNLE 13. Ce projet d’aménagement d’un autre temps de la droite marseillaise est censé fluidifier la circulation entre l’autoroute A50 et le quartier de la Pointe Rouge. Pensé il y a plusieurs dizaines d’années, il se heurte aujourd’hui à l’urbanisation des quartiers Sud qu’il doit traverser ainsi qu’il menace les espaces verts : la pinède du Roy d’Espagne, les jardins familiaux centenaires Joseph-Aiguier et leurs grands arbres, ou le parc de la Mathilde. « Une véritable tranchée sans considération pour les immeubles que le BUS va frôler, sans respect pour les espaces verts traversés », dénoncent les associations environnementales et les collectifs d’habitants, soutenus par la Mairie de Marseille.

    Inscriptions par mail au : comite.mnle13@gmail.com.

  • Robin Prétot présente des propositions chiffrées à Istres

    Robin Prétot présente des propositions chiffrées à Istres

    Loin du catalogue, Robin Prétot (LR) a présenté un projet chiffré, « gage de responsabilité dans l’utilisation des deniers publics », pour que « les gens fassent leur choix dans les propositions » à ses sympathisants venus remplir l’Espace 233 samedi matin.

    Entre le maire sortant François Bernardini (DVG) et son principal opposant, la vision d’Istres diffère particulièrement sur un point : l’urbanisation. Pour Robin Prétot, la commune « étouffe sous le béton ». Il explique : « Je ne nie pas le besoin de logements, mais je pense qu’il y a un équilibre à trouver. Quid des routes, des services publics, des écoles, des médecins… ? »

    Le secteur du Boisgelin cristallise ce désaccord. Le conseiller municipal d’opposition souhaite construire un grand parc pour un coût estimé de 28 millions d’euros tandis que François Bernardini y a engagé la reconstruction de la maison de retraite Les Cardalines. Robin Prétot veut aussi rouvrir le Pavillon de Grignan au public.

    Côté centre-ville, le candidat envisage un plan d’investissement de 30 millions d’euros sur 10 ans, dont 12 millions seront alloués au rachat, à la préemption et à la rénovation de logements et de fonds de commerces. Parmi ses propositions : la création d’une zone franche pour attirer les acteurs économiques et les médecins qui n’y payeraient donc pas de charge, « même si c’est quelque chose qui pourrait être dégressif », nuance-t-il, ou la gratuité des parkings pendant 3h.

    L’entièreté du programme est à retrouver en ligne.

  • « Le chemin de Stevenson continuera biende passer par Saint-Jean-du-Gard »

    « Le chemin de Stevenson continuera biende passer par Saint-Jean-du-Gard »

    La Marseillaise : D’où vient l’origine du problème ?

    Isabelle Jouve : Il y a six ans, suite à plusieurs épisodes cévenols et à l’augmentation de la circulation sur la route départementale qui n’a fait qu’empirer depuis, le Département du Gard a signalé au maire de Saint-Jean-du-Gard, que le tracé du chemin de Stevenson à partir d’en endroit appelé Pied de Côte jusqu’au village, ne pouvait plus se faire comme avant et qu’il fallait trouver un autre tracé, c’est-à-dire sur 2 ou 3 kilomètres. Le maire a alors sollicité Mme Bourrély, propriétaire de toute la montagne en rive gauche qui a donné l’autorisation de passer sur son terrain – et pas dans son jardin, comme j’ai pu le lire car elle habite de l’autre côté – sur trois ans qui se sont renouvelées trois ans de plus. Une étude a alors été mise en place sur un cheminement qui suivrait la Départementale. Ce parcours demande un million d’euros d’investissement, donc c’est très onéreux et les points dangereux ne sont pas réglés. Un autre tracé a donc été trouvé pour contourner les terrains de Mme Bourrély qui sont très grands, mais ça ne convenait pas.

    C’est à partir de ce moment que le maire, Pierre Aiguillon, a sonné l’alerte ?

    I.J. : Oui, il a alarmé tout le monde, sauf que j’avais acté que personne n’était d’accord avec ce tracé et que nous allions continuer à travailler. J’avais bien compris que ce tracé, qui faisait un important détour, allait pousser les marcheurs à continuer de prendre l’ancien tracé non sécurisé ou à ne plus passer par Saint-Jean. Cette solution n’a donc jamais été actée. Le maire veut la sécurisation sur la Départementale mais le rapport remis par les services souligne bien que les points dangereux ne seraient pas réglés. Ça, le maire ne voulait pas l’entendre. Le Département est très attaché au Stevenson qui doit passer à Saint-Jean-du-Gard parce que c’est une étape historique mais nous sommes aussi attachés à la sécurité des marcheurs. Il n’a jamais été question que le Stevenson ne passe plus par Saint-Jean.

    Qu’a apporté la réunion du 25 novembre avec les différentes parties ?

    I.J. : Elle a été très constructive et a permis de dégager de nouveaux tracés qui n’avaient pas été envisagés jusqu’ici. Il va maintenant y avoir une évaluation de ces nouveaux éléments techniques sur le terrain jusqu’en janvier. On a tracé des chemins sur une carte mais il faut voir la faisabilité et le nombre de propriétaires concernés. La réunion a surtout permis de rassurer le maire sur le fait que le Stevenson continuera bien de passer par Saint-Jean.

  • Les impacts de la base navale sur les populations

    Les impacts de la base navale sur les populations

    Durant la réunion du Comité d’information qui s’est réuni en préfecture le 8 janvier, le sujet de l’application du plan particulier d’intervention nucléaire du port militaire, et la mise à disposition en juin dernier des comprimés d’iode dans les pharmacies des communes concernées, ont été abordés. La FNE remerciant pour cette « étape importante qui a été appréciée ».

    Mais des précisions ont été demandées au niveau de la surveillance radiologique, en précisant que l’autorité de sûreté pour la surveillance des sites civils demande l’installation de stations de mesure à la périphérie des sites suivant les points cardinaux et sous l’influence des vents dominants. L’océanographe Dominique Calmet relevant que les stations de la base navale sont installées au Nord, à l’Est et l’Ouest du site mais qu’aucune pour l’heure n’est installée au Sud, dans l’axe du Mistral, à Saint-Mandrier.

    Les autorités ont expliqué que l’installation d’une balise de surveillance en territoire civil relève de l’Autorité de sûreté nucléaire mais que le sujet reste à l’étude.

    Le responsable associatif a rappelé également l’accident survenu sur le chantier de refonte d’un appontement de la zone Milhaud, le 18 août dernier, au cours duquel quatre salariés d’une entreprise sous-traitante de la Défense présents sur une barge ont été blessés. Parmi les causes envisagées, l’explosion d’un obus datant de la Seconde Guerre mondiale dans les sédiments.

    Risques neutralisés ?

    « Si cette hypothèse est confirmée, un risque d’explosion d’anciennes munitions existe donc pour les navires à propulsion nucléaire à quai ou manœuvrant à proximité des quais », s’inquiète l’APE.

    Ce que l’on sait c’est qu’une enquête technique est en cours et qu’« il n’y aura pas de reprise des travaux dans cette zone avant d’en connaître les conclusions ». Mais qu’« il n’y a eu aucun impact sur les activités nucléaires du port ».

    L’autre sujet important évoqué par Dominique Calmet concerne les épaves toujours présentes le long du littoral du site de stockage des hydrocarbures du Lazaret. Une mise en œuvre, comme cela a été fait sur la partie civile, très attendue a précisé Dominique Calmet en pointant que la zone de ces échouages se trouve à proximité des tables de mytilicultures et piscicoles ce qui présente une menace de pollutions chimiques.

    Là encore la réponse a été rassurante avec une action qui devrait être réalisée rapidement.

  • Olivier Sulpis, chercheur CNRS : « Étudier le sujet de la capture du CO2 ne veut pas dire le soutenir »

    Olivier Sulpis, chercheur CNRS : « Étudier le sujet de la capture du CO2 ne veut pas dire le soutenir »

    La Marseillaise : Vous avez codirigé un rapport sur la capture du dioxyde de carbone (CO2) dans l’océan. Braquer les projecteurs sur cette piste peut être vu comme un moyen de détourner l’attention du vrai sujet : la réduction des émissions de CO2. Qu’en pensez-vous ?

    Olivier Sulpis : C’est vrai, mais ce n’est pas notre intention. La réduction des émissions de CO2 est notre principale recommandation. Mais certains expérimentent déjà la capture du CO2 dans l’océan. Refuser de l’étudier, c’est abandonner l’idée d’informer nos décideurs et prendre le risque que chacun fasse ce qu’il veut. Il est important de s’y intéresser et de ne pas laisser le sujet à d’autres qui auraient des intérêts autres que le bien commun. Enfin, étudier ne veut pas dire soutenir.

    Les processus bio-géo-chimiques dans l’océan sont incroyablement complexes. N’est-il pas illusoire de penser que nous arriverons à être sûrs qu’une méthode n’aura pas d’effet néfaste sur l’environnement –et sur le long terme–
    si elle est déployée à grande échelle ?

    O.S. : C’est sûr. C’est pourquoi nous sommes loin de voir n’importe quelle méthode déployée à grande échelle. L’océan est si variable ! Toutefois, certaines méthodes sont moins susceptibles de causer des perturbations environnementales que d’autres.

    Par exemple ?

    O.S. : Planter des algues ou restaurer des écosystèmes côtiers, comme des herbiers de posidonies. La quantité de CO2 captée à espérer avec cette méthode n’est pas énorme, mais c’est plutôt bénéfique pour la biodiversité et il n’y a pas de point négatif évident.