Tag: Natura 2000

  • Épidémie de botulisme à l’étang de Capestang

    Épidémie de botulisme à l’étang de Capestang

    Situé à la frontière avec l’Aude, l’étang de Capestang est une des plus grandes zones humides d’eau douce de l’Hérault. Classée Natura 2000, elle est la 3e plus importante roselière de la région et joue un rôle fondamental dans la conservation de certaines espèces d’oiseaux. Pourtant, cette année, depuis le début du mois de juillet, la difficulté à maintenir un niveau d’eau acceptable dans l’étang, conjuguée aux fortes chaleurs et à la baisse du taux d’oxygène, a mené à la prolifération de la bactérie responsable du botulisme. Résultat : des tonnes de poissons et des centaines voire des milliers d’oiseaux sont décédés, dont des espèces protégées. « Ce n’est pas la première fois que ça arrive, raconte Benjamin Granel, président de l’Association syndicale autorisée (ASA) de l’étang de Capestang, chargée de la gestion, de l’entretien et des ouvrages liés au desséchement et aux réseaux de l’étang. Nous avons connu des épidémies similaires en 2022 et l’année dernière. »

    Gestion de l’eau

    Malgré le classement du site, sa situation géographique à cheval sur deux départements complique les démarches administratives pour demander des apports en eau de l’extérieur. L’ASA, Sud Hérault et les fédérations de pêche et de chasse ont tenté d’endiguer le phénomène et se sont récemment réunis avec les sous-préfets de l’Hérault et de l’Aude afin de demander un apport d’eau en urgence. « Nous avons essuyé une fin de non-recevoir, déplore Benjamin Granel. On ne demande pas de prendre de l’eau aux agriculteurs, mais simplement un petit apport, qui pourrait venir des barrages de l’Aude par exemple. Il faut noter pourtant que d’un point de vue réglementaire, la biodiversité prime sur l’agriculture. Donc, théoriquement, l’État est obligé de protéger les espèces de l’étang. » Pour continuer les démarches, l’ASA monte actuellement un dossier avec un avocat spécialisé dans le droit de l’environnement.

  • [C’est l’été] Sur les traces des castors à Garde-Colombe

    [C’est l’été] Sur les traces des castors à Garde-Colombe

    Partez à sa rencontre lors d’une balade accompagnée.

    De 9h à 12h.

    Gratuit.

    Sur inscription

    au : 04.92.61.36.50

  • Les herbiers de Thau, un précieux patrimoine à préserver

    Les herbiers de Thau, un précieux patrimoine à préserver

    Chaque été depuis 2016, grâce aux financements du programme Natura 2000, le Syndicat mixte du Bassin de Thau (SMBT) anime une campagne estivale de sensibilisation aux herbiers marins, afin de mieux les faire connaître et favoriser la préservation de ces véritables forêts sous-marines, indispensables à l’équilibre de la lagune.

    En 10 ans, cette campagne, « devenue la seule initiative spécifiquement consacrée aux herbiers marins en France », souligne le SMBT dans un communiqué, a permis de sensibiliser plus de 12 000 personnes au travers d’animations organisées sur les plages du bassin de Thau (voir encadré). « Nous avons également mené des actions avec les centres nautiques, pour sensibiliser les stagiaires qui viennent apprendre la voile sur notre bassin. Certaines années, on a travaillé avec les écoles et avec le lycée de la mer, pour faire connaître cet écosystème aux jeunes et aux futurs professionnels de la mer. Et depuis quelque temps, on innove avec des interventions sur la navette maritime qui relie Sète à Mèze », détaille Camille Pfleger, chargée de mission biodiversité et Natura 2000 au SMBT. À l’occasion de cette édition anniversaire, le SMBT lance le « Défi des 10 ans »*, opération invitant chacun à adopter des gestes simples pour contribuer à la préservation des herbiers de Thau.

    « Ce sont des zones de concentration de la vie »

    La lagune de Thau, site classé Natura 2000, abrite sur un tiers de sa surface l’un des plus vastes herbiers de zostères des rives méditerranéennes d’Europe. « On a à peu près 2 000 ha de surface recouverte d’herbiers sur la lagune de Thau. Ce qui constitue presque la moitié des herbiers d’Occitanie », illustre Camille Pfleger. Ces prairies marines, dont la présence est « le témoin de la bonne qualité d’un milieu », sont précieuses à plus d’un égard. « Ce sont des zones de concentration de la vie. Des zones de passage, pour beaucoup. De petits poissons viennent s’y réfugier, de plus gros viennent y chasser. Ce sont aussi des zones de ponte. L’oursin, qui est un brouteur, les affectionne particulièrement : il s’en nourrit. On y trouve également des espèces emblématiques. Sur Thau, on en a deux qui sont souvent associées à cet habitat : la Grande Nacre et l’hippocampe », liste la représentante du SMBT. Outre une zone de refuge ou de ponte pour la vie marine, ces herbiers participent à l’oxygénation de l’eau via la photosynthèse, constituent des puits de carbone, qu’ils absorbent et stockent, et permettent également de limiter l’érosion, en stabilisant les fonds lagunaires. Ils ont aussi des vertus contre le réchauffement climatique : « Ce sont une sorte de retardateur d’effet de canicules marines. L’Ifremer notamment a montré que les zones où, au sol, on retrouve des herbiers, permettent de retarder les mortalités de coquillages pendant les canicules marines », indique Camille Pfleger.

    D’où l’impérieuse nécessité de protéger ces écosystèmes des dégradations mécaniques (piétinement par les baigneurs, arrachage par les ancres de bateaux…) ou chimiques (herbicides) auxquelles ils sont hélas exposés.

    * Détails sur le site ou les réseaux sociaux du SMBT.

    Calendrier des stands d’animation

    – Balaruc-les-Bains, plage du poste de secours. Mercredis 19, 26 août.

    Bouzigues, plages de la Trémie et/ou de la Pyramide. Mardis 4 et 11 août.

    Mèze, plages du Taurus et/ou de la Plagette. Jeudis 6 et 13 août.

    Sète, plage des Mouettes. Mardis 18 et 25 août.

    Les animations, gratuites, ont lieu de 15 h 30 à 18h30.

  • Barbegal, la meunerie du Bas-Empire

    Barbegal, la meunerie du Bas-Empire

    À la fin du Ier siècle av. J.-C., Arles, devenue colonie romaine en 46 avant J.-C., est approvisionnée en eau par un aqueduc dont deux branches captent des sources dans les Alpilles. Elles se rejoignaient à Fontvieille, au Vallon des Arcs. L’eau traversait ce vallon sur un pont-aqueduc de 325m de long et continuait sa course vers Arles par le marais des Baux. C’est au début du IIe siècle après J.-C., que les Romains construisent à Barbegal un second pont-aqueduc parallèle au premier et exclusivement dédié à une meunerie hydraulique.

    Les visiteurs de ce site en accès libre découvrent comment l’aqueduc traversait le rocher de la Pène par une large entaille. L’eau descendait à travers deux canalisations étagées en 8 chutes qui mettaient en marche les roues à aube qui faisaient tourner de 16 à 32 meules de pierre en lave de basalte. Avec un débit estimé entre 240 et 1 000 litres par seconde, cette meunerie, la mieux conservée du monde romain, pouvait produire 4,5 tonnes de farine par jour. Pour l’archéologue Fernand Benoit qui a fouillé le site en 1937, ce complexe a pu être réalisé par l’ingénieur gallo-romain Quintus Candidius Benignus.

    Envahi par la végétation, le site inscrit en zone Natura 2000 manque de lisibilité, de médiation et d’accueil pour le public. La commune prépare sa restauration et sa mise en valeur dans le respect de son classement au titre des monuments historiques.

  • Faire de l’Étoile et du Garlaban une « réserve de biodiversité »

    Faire de l’Étoile et du Garlaban une « réserve de biodiversité »

    S’appuyant sur son Atlas de la biodiversité lancé en 2022, Aix-Marseille Provence veut créer une « réserve métropolitaine de biodiversité » sur la chaîne de l’Étoile et le massif du Garlaban. Elle va lancer des études de faisabilité en vue d’un classement en zone de protection forte.

    S’inscrivant dans la dynamique de la convention de Rio de 1992 et de la stratégie nationale biodiversité 2030 qui en découle, la Métropole veut doubler la part de ses espaces naturels remarquables protégés d’ici 2035. Aujourd’hui 54% des 314 900 hectares de son territoire ont un statut de protection mais seulement 5% en protection forte.

    Ce ne serait pas pour la collectivité, sa première aire naturelle protégée. Trois sites démonstrateurs ont déjà été inaugurés qui attendent leur classement par arrêté préfectoral de protection de la biodiversité : la Crau du Piboulon entre Alleins et Mallemort porté par une forte mobilisation citoyenne et associative, le Puits de Madame à La Barben et les Versants Nord du Massif de l’Étoile. La création d’une « réserve métropolitaine de biodiversité » sur la chaîne de l’Étoile et le massif du Garlaban se veut le 4e projet structurant.

    Au cœur d’un espace urbain de plus d’1,8 million d’habitants qui comprend 13 communes, la chaîne de l’Étoile et le massif du Garlaban, ce sont 12 254 hectares de territoires naturels à haute valeur écologique, paysagère et patrimoniale. Ils jouissent déjà de deux protections nationales : 10 044 hectares sont inscrits depuis 2007 en zone spéciale de conservation Natura 2000 et depuis 1982 en Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF type I et I).

    Mais ces protections ne suffisent plus face à la pression d’urbanisation, la fréquentation excessive, les feux de forêt, les pollutions diverses, mais aussi le changement climatique et ses conséquences qui accroissent les menaces qui pèsent sur la conservation des habitats naturels. Preuve de cette richesse souvent insoupçonnée, l’Atlas métropolitain de la Biodiversité qui révèle que sur les 6 000 espèces animales et végétales connues, 509 espèces présentent un enjeu de conservation maximal.

    Quid du « Grand parc municipal » ?

    La Métropole a donc lancé, en juin, un appel d’offres afin de désigner une société de conseil et d’ingénierie écologique pour mener des études préalables et des expertises robustes destinées à constituer un dossier de classement de cette future « réserve de biodiversité ». « Le marché sera soutenu financièrement par le Fonds Vert, jusqu’en septembre 2027 », note l’appel d’offres ouvert jusqu’au 31 juillet. Une mission d’animation foncière est également attendue pour approcher les propriétaires dans les zones identifiées à enjeux. Il s’agit de recueillir leur avis, les sensibiliser, les associer à la démarche pour in fine recueillir leur accord de principe.

    Parmi les 1 400 propriétaires fonciers à courtiser, la Ville de Marseille, dont le maire, Benoît Payan (DVG), a fait de la création d’un « Grand parc municipal du pic de l’Étoile » une de ses promesses de campagne. Son projet en lisière ambitionne de renforcer la desserte en bus et le stationnement aux entrées du parc, d’aménager des bancs, des tables, des aires de jeu, des cafés, installer des poubelles, des caméras ou encore de recruter des gardes. Sa compatibilité avec cette future réserve pourrait mettre à l’épreuve son accord de gouvernance passé avec Nicolas Isnard (LR), le président de la Métropole.

  • Le sentier du littoral de Niel est à nouveau praticable

    Le sentier du littoral de Niel est à nouveau praticable

    Après 25 ans de fermeture pour des raisons de sécurité, les randonneurs vont enfin retrouver le sourire. Le sentier du littoral du Niel à Giens, commune d’Hyères est à nouveau praticable depuis le 7 juillet. Des désordres géotechniques sur les falaises ont nécessité plus de dix ans d’études et de travaux menés par la Métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM) et ses partenaires.

    Les travaux ont porté sur environ 800 mètres, incluant la réalisation d’ouvrages de soutènement, d’ancrages de fondations, la requalification du cheminement piéton, et la création d’un déport du sentier à l’intérieur de l’hôtel Le Provençal pour garantir la sécurité et la pérennité de la restauration. Pour une meilleure intégration paysagère, l’entrée du sentier du Niel a été déplacée de 4 à 5 mètres à l’intérieur de l’hôtel. Le montant de la restauration et de la sécurisation s’élève à 998 813 euros soit 405 113 euros pour la sécurisation des falaises et 593 700 euros de travaux de réhabilitation. À cela viennent s’ajouter le montant de la maîtrise d’œuvre de 83 900 euros et le suivi environnemental de 19 800 euros.

    Site classé Natura 2000

    C’est donc 1 102 513 euros au total de déboursés pour rendre l’accès du sentier aux promeneurs. Un projet piloté par la Métropole TPM en lien étroit avec les services de l’État, la commune d’Hyères, et les propriétaires concernés.

    Le chantier s’est déroulé dans un site classé Natura 2000 et dans le périmètre du Parc national de Port-Cros, nécessitant des procédures réglementaires spécifiques et une attention particulière aux enjeux écologiques et paysagers. Géré par TMP, le sentier du littoral, long de 52 km s’étale de Six-Fours à la presqu’île de Giens à Hyères. Un guide du sentier est édité pour informer les promeneurs sur les balades, la faune, la flore et les aspects pratiques. Des écogardes en assurent la surveillance, l’entretien et l’information des promeneurs 6 jours sur 7. Une signalétique adaptée et une lettre d’information sont également mises à disposition pour faciliter l’usage du sentier. Depuis 2003, 20 km de sentier ont été réhabilités, notamment avec la voie douce des Salins.

    L’accès en voiture au port du Niel est limité en cette saison. Des parkings gratuits sont situés au village de Giens

  • À Sorgues, le Pont centenaire des Arméniers entame sa cure de jouvence

    À Sorgues, le Pont centenaire des Arméniers entame sa cure de jouvence

    Le Mistral fait quelque peu bouger les haubans et câbles rouillés du pont des Arméniers, qui relie Sorgues à l’île de l’Oiselay, alors que deux ouvriers casqués et vêtus d’un gilet orange martèlent vigoureusement les charpentes métalliques de l’ouvrage, dans un Mistral qui fait lever quelques vaguelettes sur le fleuve qui passe en dessous. Ce sont les débuts des premiers vrais travaux sur la construction inscrite aux monuments historiques, qui fête ses 100 ans cette année, depuis sa fermeture en 1975 pour des raisons de sécurité.

    L’occasion pour le Département de Vaucluse, qui supervise le projet, de présenter les modifications et rénovations ce jeudi 11 juin. Au pied des pylônes hauts de 44 mètres, la présidente Dominique Santoni (DVD) évoque ainsi un chantier « qui dépasse le seul côté technique ». En effet, de nombreux paramètres compliquent la tâche des architectes et autres conducteurs de travaux. Le fait d’être un monument historique contraint à réutiliser une grosse partie des matériaux d’origine ; seuls les 200 câbles, haubans et suspentes vont être remplacés d’ici avril 2027. Tandis que la zone classée inondable et Natura 2000 réduit également la liberté d’action des entreprises qui s’emploient à la restauration.

    « Ce n’est pas le plus facile des chantiers, mais on fait beaucoup d’études. Ce sera long et beau », ajoute la présidente. « Cela a été une conception longue et difficile. On a aussi vu que la passerelle est très sensible au vent. Avec du Mistral comme il y en a aujourd’hui, ça bougeait tellement qu’on ne pouvait presque pas marcher dessus », précise Thomas Tamisier, conducteur d’opération pour le Département de Vaucluse.

    Plusieurs phases

    Le pont avait été construit en 1926 pour pouvoir faire passer les marchandises des maraîchers d’un côté à l’autre de la Sorgue, avec parfois des camions « jusqu’à 7 tonnes », assure Robert Reboul, petit-fils de l’un des maraîchers de l’îlot qui avait lancé le projet dans les années 1920.

    Deux ans et demi seront nécessaires pour pouvoir, plus de 50 ans après sa fermeture, repasser à nouveau sur le pont suspendu. Celui-ci permettra de compléter la ViaRhôna, voie cyclable qui traverse le Vaucluse. Deux années de travaux divisées en plusieurs phases, donc, jusqu’en 2028. Après les travaux préparatoires lancés en mars, dont l’installation d’une plateforme d’accès sur l’eau, place désormais au démontage de la structure suspendue. D’ici octobre, 25 tronçons du tablier vont être levés, ainsi que les suspentes et les câbles de suspension. Puis, d’octobre à avril 2027, ce sera au tour des pylônes d’être remis à neuf. Ce, avec la mise en place de nouvelles passerelles de visite, une restructuration des parements en béton, mais aussi la construction de quatre massifs de câbles au vent. De mai à octobre 2027, la nouvelle suspension va être installée tout en réinstallant le tablier. Avant de terminer, entre octobre 2027 et juin 2028, par la pose du système de garde-corps, la mise en peinture de l’ouvrage puis les travaux de voirie.

    De quoi réjouir les descendants des instigateurs du projet initial. Avec tout de même la petite crainte « que cela ne ramène une fréquentation accrue autour de cette terre préservée et des élevages », glisse Claude Reboul, autre petit-fils qui possède toujours des cultures sur l’Oiselay.

  • Dans l’Hérault, une free-party pour s’opposer à la répression policière

    Dans l’Hérault, une free-party pour s’opposer à la répression policière

    Ils sont nombreux à descendre, à pied, en voiture ou en camion, du Causse du Mas neuf, entre Claret et Ferrières-les-Verrerie, vers Pompignan en ce lundi 8 juin. Yeux fatigués mais sourire aux lèvres, certains se sont effondrés sur les bancs publics pour reprendre quelques forces. Ces fêtards ont participé au teknival « Tankarville, la riposte des chaussettes sales ». « Je suis un passionné de musique et de fête. Il faut vraiment venir sur place pour comprendre l’ambiance », explique Nicolas*, un jeune d’une vingtaine d’années qui a déjà participé à des free parties un peu partout en Europe.

    Ce rassemblement illégal a débuté au petit matin du samedi 6 juin. Dans un jeu du chat et de la souris avec les forces de l’ordre après que la préfète de l’Hérault Chantal Mauchet avait déclenché le plan « rave bleu », les festivaliers ont brouillé les pistes toute la nuit. Des centaines de voitures et camions s’étaient en effet rassemblées au nord de l’Hérault et dans le sud du Gard, avant de se rejoindre à Ferrières-les-Verreries vers 4 heures du matin. Sonos, amplis, scènes, château gonflable ont ainsi été rapidement installés. 160 gendarmes ont alors été dépêchés sur place et ont fermé les routes départementales pour empêcher l’accès au site (même aux journalistes !).

    Rassemblement antifa

    Pour accéder au teknival, il a donc fallu déposer sa voiture en bord de route et emprunter à pied les chemins dans la garrigue pendant près d’une heure. « Je l’ai fait samedi matin, à 5 heures du matin, en pleine nuit », témoigne un participant, tatoué de la tête aux pieds, une tente sur le dos, qui confirme avoir aidé d’autres festivaliers à sortir leur camion du fossé. Si la préfecture annonçait avoir contenu le rassemblement à 2 000 personnes, beaucoup estimaient plutôt le nombre de participants à 5 000.

    Guidé par la musique, il faut donc traverser des zones boisées pour apercevoir les premiers camions. Mais avant d’arriver, une voix résonne dans la forêt : « Si tu peux faire le tour, ici c’est une zone Natura 2000. » Max*, deux sacs-poubelles à la main ramassent tous les papiers toilettes de la zone. « Ce n’est pas le plus marrant mais on tient à laisser la zone propre. » Proche de l’organisation, Max s’est porté volontaire pour le bar et pour nettoyer le site. « La tuile ici c’est la zone Natura 2000. Mais on a rencontré un responsable du site avec qui on a pu échanger. Après, nous avons mis de la rubalise pour empêcher les gens de venir sur cette zone. Il y a aussi une petite fleur jaune qui est protégée donc on a essayé d’en parler, nous avons mis des photos au bar pour que les gens fassent attention. Après la fête, des équipes vont revenir sur le site pour nettoyer », explique-t-il sous le bourdonnement d’un drone qui surveille la zone.

    Participant à des free-parties depuis vingt ans, Max avait levé le pied ces dernières années mais a décidé de revenir face la nouvelle répression policière : « C’est un événement antifasciste et celui-ci avait un vrai message : nous nous opposons à la répression policière et à la loi que le gouvernement tente de passer parce qu’il est inconcevable que des gens aillent en prison pour avoir fait de la musique. » Pendant les trois jours de fête, la culture prônée par les organisateurs, qui se sont appuyés sur de la musique mais aussi du théâtre, des sculptures (dont l’une de 5 mètres de haut ou une autre appelée « la machine à laver les mascu ») et des feux d’artifice, arborait le message d’une opposition à la criminalisation des organisateurs portée par la loi Ripost. Tous reprenaient ainsi le slogan : « Sous les paillettes, la rage. »

    Au-delà de la répression, les teuffeurs voulaient aussi défendre un art de vivre qui s’extrait de la société consumériste et du capitalisme.

    * Les personnes interrogées souhaitaient rester anonymes.

  • [Biodiversité] Les bienfaits en cascade de la mare de Crévoux

    [Biodiversité] Les bienfaits en cascade de la mare de Crévoux

    La visite permet d’apprécier l’utilité de ces petits milieux, célébrés à l’occasion de la fête des mares, du 6 au 14 juin. « C’était devenu un dépotoir, avec cinq voitures laissées là, une caravane et du fumier agricole », raconte Anne Pons, conseillère municipale de Crévoux.

    L’opération a coûté 2 500 euros à la commune, un prix modeste pour Anne Pons au regard des bienfaits apportés. Restaurée, la mare a vu revenir plusieurs animaux, comme la grenouille rousse, et des espèces de chauve-souris. « On avait un habitat pauvre en biodiversité car c’était très homogène, fermé, avec peu de lumière qui entrait, explique-t-elle. On a diversifié les milieux, avec plus de luminosité, et des espèces sont revenues comme par exemple une libelle, la nymphe à corps de feu ».

    Les adoux, l’or local

    La mare n’a pas été la seule à être restaurée : c’est tout le réseau de cours d’eau qui a été réaménagé, notamment les adoux qui se jettent dans le torrent de Crévoux. « Je ne sais pas si vous savez, mais vous avez de l’or entre les mains », a affirmé Florian Chirat, animateur à la Fédération de pêche, au moment de présenter ces petits cours d’eau. Avant d’ajouter : « Ce qui rend un adoux précieux, c’est ça stabilité. Contrairement à un ruisseau, ce ne sont pas les précipitations qui le nourrissent, mais les résurgences d’eau. L’adoux a donc toujours le même débit et reste frais toute l’année ».

    Ce spécialiste explique que l’adoux est une zone refuge pour la faune, et un lieu de reproduction sécurisé pour les poissons qui y vivent, comme la truite fario, une espèce locale unique selon lui : « Sa présence remonte à la dernière glaciation, il y a vingt mille ans, quand la truite s’est réfugiée en mer Méditerranée et est ensuite remontée. Depuis, elle ne s’est plus croisée avec d’autres populations et est une espèce endémique du torrent de Crévoux. »

    En continuité de la restauration de la mare, la fédération de pêche et l’association de pêche La Gaule embrunaise ont dont restauré ces cours d’eaux voisins. « C’était une zone bouchée, où le ruisseau coulait tout droit. Créer des méandres module le courant, le ralentit et permet aux truites de frayer, de remonter jusqu’aux adoux », explique Dewis Davudian, de la fédération de pêche.

    Préserver les adoux, c’est permettre aux espèces locales de disposer d’un refuge en cas d’épisodes d’enneigement ou de crues, appelés à se multiplier avec le dérèglement climatique.

    Reste désormais à veiller à l’année sur ces cours d’eaux. Pour cela, Dewis Davudian sait sur qui compter : « On a entre quinze et dix-sept mille pêcheurs. Ensemble, ils sont des sentinelles, des yeux qui nous remontent des informations sur les cours d’eau ».

  • Oiseaux tués : le parc éolien d’Aumelas à nouveau mis à l’arrêt

    Oiseaux tués : le parc éolien d’Aumelas à nouveau mis à l’arrêt

    Sur le Causse d’Aumelas, aux portes ouest de la Métropole de Montpellier, EDF Renouvelables va-t-elle cesser de brasser du vent et se mettre enfin en conformité avec le droit de l’environnement ? C’est ce qu’espère l’association France nature environnement (FNE) qui depuis 2011 mène un combat judiciaire contre ce parc de 31 éoliennes plusieurs fois épinglé pour ses atteintes à la biodiversité.

    La dernière condamnation en date de la cour administrative d’appel de Toulouse (16 avril 2026) pour destruction illégale d’espèces d’oiseaux et de chauve-souris protégées, a deux conséquences. La première est, comme l’an passé suite à la décision similaire du Tribunal administratif de Montpellier, l’arrêt de l’exploitation en journée des éoliennes du 10 avril au 20 août. « Il s’agit de la période où le faucon Crécerellette vient pour nicher », éclaire Simon Popy, président de FNE Occitanie Méditerranée.

    Second effet de la décision de justice, EDF Renouvelables qui traînait des pieds depuis des injonctions similaires de deux rapports en manquement administratif de la Dreal (2020 et 2025), de décisions de la justice civile en 2021 et 2022 puis de la mise en demeure (vaine) du préfet de l’Hérault en 2025, va devoir enfin remettre son activité dans les clous. À savoir, faire la demande et obtenir sous 6 mois une dérogation « espèces protégées ». Car pour l’heure, si EDF Renouvelables met en avant ses caméras et radars censés détecter les oiseaux en approche, son système d’effarouchement s’avère insuffisant.

    Au moins 509 volatiles tués

    Entre 2010 et juillet 2024, FNE a répertorié les cadavres de 330 oiseaux protégés (71 faucons Crécerellettes, 47 martinets noirs, 46 perdrix rouges, 28 busards cendrés ou 24 bruants proyers…) et 179 chauves-souris. Des chiffres que l’association estime largement sous-estimés comparés aux pertes réelles. « Les protections d’EDF sont censées les effaroucher et freiner les pâles mais ne marchent pas », constate Simon Popy. « Les oiseaux qui chassent regardent vers le sol et ne voient pas les pâles qui viennent au-dessus d’eux ». Il faut dire que les installations sont imposantes : souvent 80 à 120 mètres de haut avec des pâles de généralement 40 à 70 mètres qui tournent à une vitesse élevée et piègent les volatiles dans leur milieu naturel.

    C’est d’ailleurs là que réside la problématique principale selon Simon Popy qui, au fil des ans, s’est mis à douter de la bonne volonté d’EDF. « La mesure la plus efficace serait d’arrêter les éoliennes à cet endroit. Nous sommes en pleine zone remarquable classée Natura 2000 qui est justement là pour protéger ces rapaces », insiste le militant qui n’a toujours pas compris comment l’État a pu autoriser un tel parc en 2006. Après 15 ans de marathon juridique, ce qu’il souhaite par-dessus tout à l’avenir, c’est « libérer le Causse d’Aumelas de ces éoliennes ». Et d’ajouter : « On espère que lorsque les premières éoliennes arriveront en fin de vie, il n’y aura pas de repowering. Il ne faudrait pas qu’ils les remplacent par des éoliennes neuves plus grandes encore ».

    Pour l’heure, la balle est dans le camp d’EDF Renouvelables, sommé d’agir. D’ici là, en juin, la Cour d’appel de Montpellier sera le théâtre du second procès au pénal intenté par FNE. En avril 2025, le Tribunal correctionnel de Montpellier avait condamné lourdement les 10 sociétés du groupe EDF Renouvelables en charge de l’exploitation du parc ainsi que son PDG Bruno Benssasson.