Tag: Narcotrafic

  • L’État montre les muscles face aux narcotrafiquants

    L’État montre les muscles face aux narcotrafiquants

    Pas moins de 15 points de deal ciblés simultanément, 1 500 agents supplémentaires déployés tous services de police confondus, 7 équipes cynophiles, des drones… L’opération chapeautée ce mardi 9 décembre par le préfet de région, Jacques Witkowski, n’avait pas franchement de nom, mais une certitude : elle est de « grande ampleur », a expliqué le représentant de l’État devant une foule de caméras, au pied d’un bâtiment des Oliviers A (13e). Une opération de « visibilité, judiciaire, de voie publique, de police administrative » avec la fermeture d’un certain nombre de commerces « pour suivre les directives du ministre de l’Intérieur qui m’a demandé d’insister et d’accélérer sur la lutte contre les narcotrafics », poursuit le préfet.

    Une demi-heure avant de convoquer la presse, l’« assaut » a été donné pour dégager un point de deal avec chicane tenu par des charbonneurs. Consommateurs, nourrices étaient également dans le collimateur. « Des perquisitions sont en cours », a indiqué Jacques Witkowski, ajoutant que « toute la circonscription de Marseille » était concernée par ces descentes de police et ce « jusqu’au bout de la nuit ». Avec « une pointe d’effort sur le 3e arrondissement, qui a été ces derniers temps le théâtre d’actions criminelles que nous condamnons », précise-t-il.

    En début d’après-midi, plus d’une vingtaine d’interpellations et quelques saisies de stupéfiants avaient déjà été réalisées, un commerce fermé.

    « Nous ne souhaitons pas laisser les narcotrafiquants tenir le terrain, la République ne leur passera rien », martèle le préfet, promettant que « ces opérations d’ampleur seront réitérées en fonction des moyens ».

    Il enchaîne sur une saisie qui en dit long sur le sens du commerce des réseaux… Une affichette truffée de fautes, trouvée quelques instants plus tôt dans un hall : « Les Oliviers A fête Noël, du 25 au 31 décembre, appéritif (sic), chips, boisson, bonbon, ect… Pochons beuh ou shit cadeau, venez comme vous êtes », remerciant les acheteurs de leur passage, « à la prochaine ! ».

    Des habitants apeurés ou complètement désabusés

    À l’avant-veille d’une nouvelle réunion sur le narcotrafic à l’Élysée, à laquelle le préfet va participer, et à quelques jours de la venue de son locataire le 16 décembre dans la cité phocéenne, pas question pour autant d’y voir une simple opération de com’, assure Jacques Witkowski. Même si le plan « Marseille en grand », c’est la « reprise de la sécurité, la première de nos libertés » convient le préfet, il rappelle aussi qu’il est question du « développement du logement, de l’éducation ». Et de marteler qu’au-delà de ce moment « spectaculaire », les forces de police resteront mobilisées quotidiennement.

    Aux balcons des bâtiments délabrés, on reste sceptique… « Ils sont pas souvent là », nous assure une dame désabusée. Alors qu’un habitant se fait fouiller, un petit groupe de jeunes dénonce l’inutilité de l’action policière. « Regardez les façades, ça tombe en ruine, Macron, il est déjà venu ici ça n’a rien changé, ils préfèrent mettre les sous là-dedans », s’indigne l’un d’entre eux, pointant du doigt un camion de gendarmerie stationné devant les murs lézardés ou qui perdent des morceaux de béton, entre deux barres métalliques rouillées.

    D’autres habitants refusent de témoigner, parce qu’« on a peur », reconnaît une dame, quand cet homme est en colère : « Même pas on va se fatiguer à vous répondre, pour vous dire quoi ? Ça sert à rien, on est abandonnés et ça dure depuis des années. En quoi elle compte notre parole ? »

    Alors que les patrouilles de police se poursuivent, les caméras lèvent le camp au bout de quelques heures. « Revenez nous voir quand ils seront partis, vous verrez, ici ils se passent aussi des choses bien », nous assure un gamin, le col remonté jusqu’aux yeux.

  • Municipales : le préfet de Vaucluse « inquiet des tensions »

    Municipales : le préfet de Vaucluse « inquiet des tensions »

    Sauf chamboulement national, les municipales se tiendront les 15 et 22 mars prochain. Une échéance électorale qui préoccupe beaucoup la préfecture. Et pas que pour des questions organisationnelles. « Je suis inquiet des tensions, j’appelle les candidats et les électeurs à être respectueux les uns des autres », implore le préfet Thierry Suquet qui recevait la presse, jeudi matin. Le représentant de l’État prend l’exemple de « Carpentras, un cas caricatural », où notamment le maire-candidat Serge Andrieu (DVG) a déposé plainte après avoir reçu une lettre anonyme d’intimidation, y voyant la patte de son prédécesseur et aussi candidat, Francis Adolphe.

    « Il ne faut pas que le débat démocratique ne déverse des menaces sur les maires », estime le préfet. Ou que cela les aggrave car plusieurs élus ont déjà témoigné de violences verbales ou physiques reçues. « Des maires me disent recevoir des menaces sur leur famille, il y a des demandes de protection fonctionnelle, quatre élus au total sont déjà équipés d’un système de bouton d’alerte », décrit-il.

    Autre menace, celle de l’entrisme du narcotrafic dans la campagne. La Commission nationale des comptes de campagne et de financements politiques a pointé du doigt cette possible ingérence. Se disant « attentif », Thierry Suquet tempère : « Je n’ai pas de crainte particulière sur le fait que les réseaux de narcotrafiquants tenteraient de s’introduire en masse dans les conseils municipaux ». Sans pour autant exclure que « le risque de se laisser corrompre et d’acheter la paix sociale existe, mais le système des comptes de campagne permet de contrôler qui donne, il n’y a pas de don en liquide ».

  • Tribunal pour enfants : le SOS du bâtonnier d’Alès

    Tribunal pour enfants : le SOS du bâtonnier d’Alès

    « Voilà 7 ou 8 ans déjà qu’on réclame la création d’un tribunal pour enfants à Alès, sans succès. Aujourd’hui malheureusement, avec cette explosion de la criminalité, nous payons les pots cassés de cette inertie. Quand on voit la dégradation de la situation sur notre ressort, il y a urgence. C’est pour ça que j’ai lancé ce SOS sur les réseaux sociaux », confie Guillaume Garcia. Le 24 novembre en effet, le bâtonnier d’Alès publiait sur sa page Facebook « un appel de détresse » à l’attention du garde des Sceaux afin de réclamer des moyens ciblés permettant de créer un tribunal pour enfants à Alès. « Il suffirait d’un décret de Gérald Darmanin », écrit-il. « C’est seulement deux magistrats, un juge des enfants et un substitut pour la partie “mineur” du parquet. »

    « Une explosion de la délinquance des mineurs »

    S’il y a urgence, c’est qu’aujourd’hui « la délinquance et la criminalité explosent » dans la capitale des Cévennes, assure le bâtonnier. « On a eu une série d’affaires médiatiques : au moins 8 homicides depuis le printemps, à chaque fois plus sordides, entre le meurtre barbare à la mosquée de la Grand-Combe en avril et une exécution par gros calibre sur le parking d’un restaurant de restauration rapide sur la rocade d’Alès il y a peu, en passant par un lynchage sur un point de deal ; sans oublier la malheureuse victime accrochée à un arbre, tuée et brûlée, le tout filmé et diffusé sur les réseaux sociaux », énumère Guillaume Garcia. « Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg », assure-t-il. « En tant qu’avocats, on assiste les mineurs dans toutes les mesures pénales qui les concernent dans le ressort judiciaire d’Alès (qui englobe 200 000 personnes). Entre 2022 et les trois premiers trimestres de 2025, on est sur une hausse de 128%. Et nous avons déjà dépassé, sur ces trois premiers trimestres de 2025, le nombre de mesures d’audition et de gardes à vue de 2024. On a donc une explosion de la délinquance des mineurs », insiste le bâtonnier. « Or il y a une anomalie au niveau du tribunal judiciaire d’Alès : nous n’avons pas de tribunal pour enfants, les mineurs dépendent de Nîmes », déplore-t-il.

    « On va nous dire qu’un juge des enfants ne réglera pas ce qu’on appelle les “narchomicides”. Certes. Mais le but est de prendre le problème à la racine, avec un juge des enfants qui puisse mettre les premières mesures éducatives. Aujourd’hui, l’éloignement avec Nîmes (il faut entre 1h15 et 1h30 pour se rendre du commissariat d’Alès à Nîmes) fait que dans un certain nombre de petits faits délictuels ou contraventionnels commis par des mineurs, il n’y a pas de réponse pénale. Hélas ensuite ces jeunes basculent rapidement dans des faits de plus en plus graves. Ils vont notamment sur les points de deal », explique Guillaume Garcia.

  • L’assassinat d’Abde choque la Belle de Mai

    L’assassinat d’Abde choque la Belle de Mai

    « Sa famille a déménagé il y a 2 ans dans le 14e, mais tout le monde le connaît ici, il était à l’école avec nos enfants », annonce une maman venue consulter la psychologue de la cellule ouverte ce jeudi au centre social qui a sollicité la préfecture. Mais dès lundi, c’est au collège que le traumatisme a dû être géré par l’équipe pédagogique.

    « Des élèves avaient eu accès à une vidéo et on a pris connaissance des détails macabres de cet assassinat », explique Michaël Crolet, le directeur du centre Léo-Lagrange qui a souhaité, ouvrir une cellule en complément de ce qui a été mis en place au collège, « autant que nécessaire, pour un soutien individuel et confidentiel de tous ceux qui en ressentent le besoin, car cet acte d’une violence inouïe a provoqué un énorme émoi ».

    AbderrahimAbderrahim fréquentait le centre social, d’abord pour ses activités, puis « à plusieurs reprises suite à des exclusions du collège ». Le centre a mis en place un dispositif en lien avec l’établissement scolaire destiné à accompagner les élèves exclus des cours et éviter que la punition se répète et de les laisser désœuvrés. 39 collégiens y ont participé l’année dernière. Si la mission première du centre est l’animation, le rôle qu’il joue va au-delà. « On accueille toute réponse à un besoin identifié, précise le directeur, mais face à la recrudescence des violences liées au trafic de stupéfiants, on s’interroge sur notre place dans tout ça, il y a une situation sur le 3e arrondissement qui nous échappe. »

    Le deal est là, il bouge

    Une mère dont deux ados sont scolarisés au collège Belle de Mai patiente devant la cellule du Dispav, « terrifiée par l’horreur de ce massacre. Comment peut-on s’attaquer ainsi à un enfant ? ». Elle a vu Abderrahim grandir, « il était à peine sorti de l’adolescence, un visage d’enfant, un gentil minot, choyé par ses parents. Sa mère est très présente, toujours derrière ses cinq enfants. On ne comprend pas… et on a peur ». Abderrahim était aussi connu de ce riverain du square National, « où il traînait toujours, même après le déménagement. il ouvrait les portes, proposait de monter des courses ». Il assure : « C’est là que ces barbares sont venus le chercher avant de l’abattre aux Arnavaux. On est au centre de trois réseaux, le Moulin, Roy d’Espagne et Bellevue. Les points de deal sont là, partout, ils bougent, une fusillade à Félix-Pyat dimanche, un blessé lundi boulevard national… » À ses côtés, une habitante de la place Cadenat complète, en colère : « Il y a maintenant des feux d’artifice tirés jusque sur la place ! Mais quand on appelle le commissariat du 3e, personne ne vient, il n’y a jamais d’effectifs. C’est quand même pas à nous d’occuper le terrain… que font les élus ? ».

    Rue Loubon, face au square National, les policiers municipaux ont commencé à s’installer dans leur nouveau poste depuis lundi. La Fondation Abbé Pierre avait quitté le bâtiment en 2022 par sécurité pour son personnel, plusieurs fois menacé par les narcotrafiquants.

  • Lutte contre le narcotrafic : le Préfet Witkowski dans le vif du sujet

    Lutte contre le narcotrafic : le Préfet Witkowski dans le vif du sujet

    Dès son installation, lundi, il a affiché la ligne : lutter contre le narcotrafic. Promettant une « férocité républicaine » et « une détermination totale » à l’égard des réseaux criminels qui gangrènent Marseille, Jacques Witkowski appelait à « continuer le combat, être inflexible, intransigeant et à la fois extrêmement résilient » et invitait à une mobilisation collective de tous les acteurs, y compris sociaux. Face à la remise en cause d’« une de nos libertés fondamentales », la sécurité civile et du quotidien, lui menaçait « tous ceux qui viennent troubler la paix publique, qui empêchent les libertés individuelles et collectives de s’exprimer au quotidien ».

    De la parole aux actes, le nouveau préfet de région était mardi soir sur le terrain à Marseille avec la préfète de police déléguée, aux contacts des policiers mobilisés sur une opération contre le narcotrafic au cœur de la cité des Flamants (14e). C’est là que des agents de la maison départementale des solidarité exercent leur droit de retrait depuis la mi-octobre après avoir été menacés par les membres du point de deal installé à côté.

    Âgé de 62 ans, diplômé de l’École de Saint-Cyr, l’homme a démarré sa carrière dans la gendarmerie. Il a été commandant militaire à Matignon sous Juppé, puis préfet, notamment en Seine-Saint-Denis (2021-2024), où il a géré les enjeux sécuritaires liés aux JO de Paris.

  • Trafic de drogue : à Marseille, les assos quittent le terrain faute de budget

    Trafic de drogue : à Marseille, les assos quittent le terrain faute de budget

    « Au-delà du ramassage de seringues, nous participons de fait à la lutte contre le trafic de drogues », assure Pierre Alboui, président de la Régie de quartier Belsunce Noailles. C’est en effet dans un contexte de troubles graves liés à l’installation d’un point de deal que la structure a ouvert ses portes en février 2024, sur l’impulsion des élus communistes de la Ville.

    Dans ce quartier paupérisé du centre-ville, la proximité du commissariat de Noailles n’a pas empêché l’installation d’un point de deal sur la place de la Providence. Sous la pression du réseau, le Centre médico-psychologique et la Maison départementale de la Solidarité avaient mis la clé sous la porte. Les rondes policières plus fréquentes n’ont pas eu l’heur de mettre fin aux tirs de mortier, coups de feu et intrusions dans les immeubles. Dans « ce peu d’espace social qui subsiste, nous offrons une alternative à la désertification et contribuons a offrir des perspectives avec des activités d’insertion, du lien social, précise l’associatif, en déplorant, une baisse de 15% de financements d’État, par décision budgétaire ».

    L’aide sociale déraille

    À la Busserine, c’est Shebba, association historique du 14e arrondissement qui a vu son budget fondre de 70% en dix ans. Et ses effectifs salariés dégringoler de 50 à 3 postes. « Ce sont autant de retours à l’emploi, d’actions sociales et de personnes en moins pour occuper le terrain, déplore sa vice-présidente Danielle Sautet Vitiello, et on sait que le deal a horreur du vide. » Pas mieux du côté de l’insertion. Dans le 3e arrondissement le chantier école Appel d’aire qui accueille des jeunes orientés par la PJJ pour les remobiliser vers la formation et l’emploi n’a plus aucune subvention de la Région. Karine Pomar, des chantiers d’insertion Améli Provence, également agréés PJJ, déplore « en 15 ans on a perdu 50% de notre pouvoir d’agir, alors qu’on maintient la paix sociale dans un contexte plus qu’alarmant ».

    Les économies de l’État mettent en danger tous les pans du social. C’est jusqu’à la protection de l’enfance qui devient famélique. Le collectif Alerte 13 réunit une dizaine des plus grosses associations des Bouches-du-Rhône pour dénoncer la baisse des crédits alloués par le Département. Leur mission de protection et d’accompagnement est mise en péril. « J’étais perdue, j’avais fugué. Et dehors, c’est la jungle pour survivre. Les proxénètes d’une copine m’avaient donné deux options, la mule ou la pute », témoigne Alice, qui a été placée en foyer à l’âge de 13 ans. L’aide-soignante de 21 ans, reconnaît : « Si les éducs ne m’avaient pas récupérée, je glissais. Mais dans les foyers ils sont débordés, ça déraille. »

    Dans le Vaucluse, les épiceries dans le viseur

    Très régulièrement, le préfet évoque la lutte contre le blanchiment de drogue, en ciblant des commerces. En particulier les épiceries. Il y a trois semaines, lors du salon des maires, Thierry Suquet a indiqué que deux épiceries avaient fermé depuis juin pour des liens avérés avec le narcotrafic. Depuis début 2025, 71 épiceries ont fait l’objet de fermetures administratives contre 51 l’an passé. « Pour troubles à l’ordre public et vente de produits interdits et qui servent probablement à faire du blanchiment », souligne le préfet. Et d’inviter les maires à fournir « des renseignements exploités par les services en toute confidentialité ». F.C.

  • Des actions pour sortir les jeunes des réseaux dans le Var

    Des actions pour sortir les jeunes des réseaux dans le Var

    La loi narcotrafic du 13 juin 2025 confère de nouveaux ressorts aux préfets : les injonctions d’expulsion des bénéficiaires de logements sociaux impliqués dans le trafic, la fermeture de commerces, et les interdictions de paraître. Un arsenal déjà usité par le préfet du Var, à six reprises dans le premier cas, cinq pour le deuxième, et 22 pour le troisième. Ces mesures administratives complètent un cadre législatif qui a permis la saisine 1,3 million d’euros et de 2,06 millions d’euros de biens immobiliers dans le cadre d’enquêtes judiciaires. Mais aussi de 713 kg de cannabis, 474 de cocaïne, et de près de 17 millions d’euros d’avoirs criminels, notamment.

    Prévention puis sanction

    « Il faut assécher par la base, les consommateurs, par le haut, les avoirs, et par les prestations sociales. En somme, par l’argent », affirme Raphaël Balland, procureur de la République de Toulon. C’est le sens de la convention signée ce mercredi entre les institutions judiciaires et la CAF du Var. Cette dernière pourra prendre en compte les revenus et patrimoines illicites, et recalculer les prestations, repérer d’éventuels trop-perçus, et établir des sanctions, voire des poursuites. « Cela concerne l’ensemble du foyer, donc aussi les fraudes des mineurs », précise Julien Orlandini, directeur de la CAF du Var.

    Des mineurs qui bénéficient de dispositifs de prévention, notion « qu’il ne faut pas opposer à la répression. Elles fonctionnent ensemble », prône Nicolas Prisse, directeur de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA). De nombreuses actions de sensibilisation ont été mises en place, ainsi que deux projets d’accompagnement de jeunes sujets aux addictions et à l’exclusion sociale, institués en 2024 en Provence Verdon et dans les quartiers prioritaires toulonnais. Pour compléter, un dispositif expérimental vient d’être engagé par le Parquet de Toulon, la mairie et la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). À l’intention des jeunes de 13 à 16 ans, il consiste en un accompagnement de six mois, à l’issue duquel la procédure pénale est classée sans suite si le concerné ne récidive pas. Mais dans le cas contraire, le mineur sera, cette fois, poursuivi devant le juge des enfants.

  • D’abord une question de budget

    D’abord une question de budget

    La lutte contre le narcotrafic sera l’objet d’un débat à l’Assemblée nationale dans 10 jours, Sébastien Lecornu ayant accédé à la demande du groupe socialiste. Tant mieux, l’ampleur du problème mérite que la représentation nationale en prenne la pleine mesure. Mais pour toutes celles et ceux qui en subissent les conséquences partout en France et singulièrement à Marseille, l’heure n’est plus au débat. Elle est à l’action.

    C’est une des questions prioritaires qui devraient structurer la discussion sur le budget de l’État pour lui permettre de faire face à cette lame de fond.

    Les habitants des quartiers que le narcotrafic a rendu invivables et à qui il a pris des enfants, n’ont pas besoin de déclarations, ils veulent des résultats. Pour en obtenir, il faut un État fort de ses services publics : plus de policiers, mieux formés, plus de douaniers, plus de magistrats, plus de présence humaine, plus de prévention, plus d’accompagnement à la sortie des addictions…

    Répondre aux besoins

    Cela suppose de tourner le dos au dogme de l’austérité qui depuis trop d’années a affaibli l’État en le privant de ses moyens d’actions. C’est à une logique de réponse aux besoins qu’il faut passer. Beaucoup d’argent existe dans notre pays, il doit être mis à contribution pour servir l’intérêt général en reprenant le dessus sur la pègre.

    Oui, le nouveau préfet de région a raison, il faut une « férocité républicaine » face aux criminels assoiffés d’argent pour qui la vie humaine n’a aucune valeur. Cette ambition exige des moyens à la hauteur du défi. Les parlementaires qui se prétendent du camp de l’autorité devraient y songer avec sérieux en remisant leurs obsessions libérales.

  • Jacques Witkowski devient officiellement préfet de région

    Jacques Witkowski devient officiellement préfet de région

    Une main de fer dans un gant de velours ? Nommé le 19 novembre, Jacques Witkowski, nouveau préfet de région, de la zone de défense et de sécurité Sud et des Bouches-du-Rhône, est officiellement devenu, ce lundi 1er décembre, le représentant de l’État sur notre territoire. Tout droit arrivé du Grand Est après le passage éclair de son prédécesseur, Georges-François Leclerc, parti de Marseille rejoindre, le 30 octobre, les ors de la République en tant que directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, il lui a aussi succédé durant trois ans en Seine-Saint-Denis.

    « Je sais ce que je trouve, il sait ce que je vais faire », a-t-il lâché dans un sourire au cours de son allocution, reconnaissant qu’il n’imaginait pas se retrouver dans la cité phocéenne. « Je suis avec vous et tout à vous », assure-t-il néanmoins, devant un large parterre d’élus et de représentants du monde politique et économique. Le style tranche déjà son prédécesseur, le nouveau préfet affichant sa volonté d’être à l’écoute. « Vous me trouverez toujours à vos côtés, c’est dans la lettre que j’ai envoyée ce matin à l’ensemble des maires du département », affirme-t-il. Trois mots « seront toujours [son] guide », détaille-t-il : « Un État lisible, proche, réactif. » Il développe : « Lisible car il faut faire savoir ce que l’on fait. Sur les grands projets, le déficit d’explications, parfois, nous met à la peine. » La proximité, car « il faut que les services de l’État puissent avoir cette attention, avec chacun de nos citoyens ». Pour la réactivité, « vous aurez un préfet qui sera ouvert d’esprit et qui essaiera de faire des choses le plus vite possible… quand ça l’est », s’engage-t-il.

    Le narcotrafic

    en ligne de mire

    « J’ai conscience que les Bouches-du-Rhône, la région Paca, Marseille, ce n’est pas un poste comme les autres », estime Jacques Witkowski, fort de ses « 26 affectations ». Avant de laisser à voir son expérience méditerranéenne, « il y a quelques années à Montpellier » en tant que préfet de l’Hérault de 2019 à 2021, et de faire part de son attachement au sud.

    Il promet d’être « très attentif au développement de l’ensemble de la région Provence Alpes Côte d’Azur » où « de nombreux projets structurants sont devant nous », comme les Jeux olympiques, un dossier sur lequel il a travaillé plus de trois ans lors de son passage en Seine-Saint-Denis. « Un enjeu » dont la Région, est-il persuadé, sortira « gagnante avec le Département et la Ville ». Il pointe également des dossiers départementaux « aussi nombreux et d’une importance considérable » dans « une ville monde, une ville port, Marseille ». « Je n’ignore pas tous les enjeux liés aussi au savoir-vivre ici. Pour bien vivre, il faut être bien logé. Pour bien vivre, il faut avoir un travail », martèle le représentant de l’État.

    Mais qu’on ne s’y trompe pas, l’essentiel de sa feuille de route a déjà été clairement affichée : la lutte contre le narcotrafic. C’est même pour ça qu’il a été choisi par le président de la République, alors que l’assassinat de Mehdi Kessaci choquait tout le pays. Sous le côté affable, on devine sans peine la rectitude pour ne pas dire la tendance plus que droitière du diplômé de Saint-Cyr et gendarme. Pour mémoire, après des incendies de voitures et autres tirs de mortier pour le Nouvel An 2024 en Alsace, il n’avait pas hésité à convoquer en préfecture les parents étrangers des mineurs fautifs, se réservant même la possibilité de réexaminer leur titre de séjour…

    Pointant la remise en cause d’« une de nos libertés fondamentales », celle de la sécurité civile et du quotidien, il assène : « Je m’investirai à 100%. Je serai particulièrement réactif. » Il sera même « à fond », d’« une détermination totale ». Et de menacer « tous ceux qui viennent troubler la paix publique, qui empêchent les libertés individuelles et collectives de s’exprimer au quotidien », de sa « férocité » toute « républicaine ». Les voilà prévenus…

  • La police municipale s’installe sur l’avenue de Saint-Jérôme

    La police municipale s’installe sur l’avenue de Saint-Jérôme

    C’est une ancienne boucherie qu’une dizaine d’agents de la police municipale a officiellement investie ce vendredi 28 novembre, avenue de Saint-Jérôme (13e). Un effectif qui devrait doubler d’ici quelques mois. Après le 42, la Canebière, et avant que n’ouvre « très bientôt » la rue Loubon (3e), cette nouvelle antenne de proximité devrait permettre de mieux répondre aux demandes des habitants, a estimé le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG) venu dévoiler la plaque d’entrée.

    L’idée : que la police municipale investisse tous les quartiers, « d’ici 5 à 6 ans ». « Une police qui connaît la topographie des lieux est essentielle dans le continuum de sécurité », déclare-t-il, fier de cette police « la mieux armée de France dans tous les sens du terme ». Elle « a été déterminante, essentielle, dans les enquêtes en cours », assure Benoît Payan. Un rôle accru que le maire de Marseille assume sans ambages, déplorant le manque d’effectif de la police nationale.

    « On est une grande ville, cinq fois Lyon et deux fois et demie Paris, est-ce que vous savez combien de policiers nationaux tournaient cette nuit ? 35 », affirme-t-il pour qui « ce n’est pas sur la sécurité que nous devons faire des économies » pas plus que sur « tout ce qui représente la République ». Entendre la police, la gendarmerie, les hôpitaux, la Poste, les associations, bref « celles et ceux qui font qu’on est debout ». Marseille a besoin « d’une police nationale qui soit calibrée », insiste Benoît Payan, s’indignant que l’année dernière, « le ministre de l’Intérieur ait décidé de supprimer une préfecture de police de plein exercice ». Intolérable pour l’élu dans une ville confrontée de plein fouet au narcotrafic…