Tag: Musique

  • Joseph Arthur en live et en couleurs à l’Atelier Rafale

    Joseph Arthur en live et en couleurs à l’Atelier Rafale

    Du 26 septembre au 4 octobre, l’Atelier Rafale (5, rue Pastoret, 13006) se mue en laboratoire artistique avec l’exposition « Taille Unique », imaginée par Jacques de Chabannes, alias J2C, et le collectif Kollectiv Mode. Sous-titrée « C’est pas la taille qui compte », la proposition s’annonce libre et explosive : visages, figures, couleurs débridées, projections brutes… « Ce sont des œuvres assez mixtes, tout ce qui est acrylique, brume, encre, sur des papiers arches, sur divers supports aussi, de toutes les tailles », précise J2C. Une plongée dans un univers où l’excès devient langage et l’interprétation, affaire personnelle.

    Point d’orgue : le vernissage, samedi, avec Joseph Arthur dont les œuvres seront également exposées. Musicien, plasticien, poète, performeur, révélé par Peter Gabriel qui signa son 1er album sur son label Real World, salué par Lou Reed, il a collaboré avec Ben Harper, Jeff Ament (Pearl Jam), ou Michael Stipe (REM). Figure culte de l’underground américain, Joseph Arthur entretient une relation singulière avec la France, où longtemps distribué par Fargo Records, il a fédéré un public fidèle. « C’est un des pays qui l’a le mieux accueilli, musicalement et en termes de ventes », souligne Jacques de Chabannes.

    Trente ans d’amitié

    Et si Marseille fait partie de ces villes où il aime revenir, l’amitié nouée avec J2C depuis 30 ans n’y est pas étrangère. « On s’est rencontrés en 1997, lors de son premier concert au Poste à Galène pour la sortie de son premier album Big City Secrets », raconte le Marseillais qui œuvrait alors sur Radio Grenouille. « Depuis, on n’a jamais cessé d’échanger autour de la musique et de l’art ».

    Programmé au Théâtre de l’Œuvre, à l’automne dernier, Joseph Arthur avait fait un saut à l’Atelier pour une performance intimiste. « Il avait joué et exposé ses œuvres. Melanie, la fille de Peter Gabriel, avait chanté avec lui. »

    Dimanche, il prolongera l’expérience avec une seconde soirée immersive. En ouverture, J2C assurera la première partie dans un clin d’œil plein d’autodérision. Les deux soirées affichent complet : « Ce n’est pas une salle de spectacle, c’est une galerie. L’idée, c’est que les gens soient à l’aise, avec une jauge volontairement réduite ». Mais les œuvres de Joseph Arthur resteront visibles jusqu’au finissage du 4 octobre. Une manière de prolonger cette rencontre entre deux univers qui cohabitent depuis longtemps.

  • La culture gitane à l’honneur à la Halle Tropisme

    La culture gitane à l’honneur à la Halle Tropisme

    Quatre jours pour découvrir la culture gitane et l’histoire de ce peuple à l’origine nomade, qui a traversé des siècles d’histoire et de discriminations. C’est ce que propose le festival international Mosaïque Gipsy Bohème. Portée par l’association du quartier gitan de Montpellier Cap Gély Figuerolles, la manifestation, a été lancée en 2021 pour « fêter la fin du Covid, qui avait fait des ravages dans la communauté gitane ». Forte du succès immédiat de cette première édition, elle s’est ensuite ancrée à la Halle Tropisme, lieu culturel voisin qui « fait le lien entre les bobos et les quartiers populaires », résume Stéphane Hernandez, de l’association Cap Gély Figuerolles.

    « Notre objectif est de faire connaître notre culture et de montrer que les gitans font partie du patrimoine de la ville comme de celui de la France », explique l’organisateur. « On estime que Montpellier accueille la deuxième communauté gitane de France, après Perpignan. » Manitas de Plata, « l’artiste français qui a vendu le plus de disques dans le monde » ou les Gipsy Kings, notamment, ont porté les couleurs de la capitale héraultaise à l’international.

    « On se sert aussi de ce festival pour parler des discriminations que ce peuple a subi durant l’histoire à travers des expositions. C’est un axe important pour nous. On accueille d’ailleurs à chaque édition des scolaires autour de ces expos », poursuit Stéphane Hernandez.

    La rumba catalane célébrée

    Comme chaque année, Cap Gély Figuerolles invite donc, durant 4 jours, à un grand voyage culturel entièrement gratuit, à travers des expositions, des concerts, de la danse, un spectacle équestre, des conférences…

    La rumba catalane sera une fois de plus mise à l’honneur, car l’association porte le projet de faire inscrire cette musique au patrimoine culturel et immatériel de la France. Une exposition lui est dédiée et une table ronde sur le sujet sera organisée vendredi 26 septembre à 18h.

    À ne pas manquer également, l’exposition de tableaux de Gabi Gimenez, peintre et plasticien français d’origine gitane, qui œuvre pour la mémoire des Tsiganes persécutés pendant et après la Seconde Guerre mondiale. De son côté, Ana Gimenez, première femme gitane docteure en anthropologie en Espagne, présentera son travail pour la défense des droits culturels Roms et la promotion de la langue romani. Nouka Maximoff présentera quant à elle en avant-première un livre totalement inédit de son père Matéo Maximoff.

    Côté musique, des concerts seront proposés tous les soirs. Miguel Kimbeo and friends, artistes montpelliérains de la gipsy pop, ouvriront le bal jeudi 26 (20h30). Le lendemain, Los Kémados groupe de Gipsy Rumba, se produira à 19h avant un concert exceptionnel de Titi Robin et son quartet « Retour aux sources gitanes » (20h30). Samedi, place à « une troupe spécialement formée pour notre festival », avec « les meilleurs artistes de rumba catalane d’Espagne, sous la houlette de “El Nen” et “Pépé” » (20h30). Enfin le dimanche 28 septembre, on termine en douceur et en gastronomie avec un brunch gitan animé par le groupe « Soy », spécialisé dans la rumba camarguaise.

    À noter, samedi 27 à partir de 15h, une scène ouverte avec les écoles de danse venues de toute la région suivie, à 18h, d’un apéro DJ Set animé par « Cathy Claret », de Barcelone. Et à 19h30, avant le concert du soir, Olivier Estrugo proposera un spectacle équestre.

  • Avec Black Lips, Endless veut replacer Marseille sur la carte rock

    Avec Black Lips, Endless veut replacer Marseille sur la carte rock

    Geoffrey Delhaye n’a rien d’un programmateur classique. Arrivé à Marseille en 2017 pour une thèse en biomédical à Luminy, ce docteur en physique a quitté le monde académique en 2021, déçu par ses promesses. Depuis, le Belge passionné de rock s’est reconverti dans la production artistique. D’abord dans la mode. Aujourd’hui dans la musique. Ce 25 septembre, huit ans jour pour après son arrivée à Marseille, il y lance Endless, un nouveau festival rock*, avec une tête d’affiche qui claque : les Black Lips.

    L’idée est née d’un constat : malgré une scène rock locale hyperactive, la deuxième ville de France est absente des circuits des tournées internationales. « À chaque fois qu’un groupe que j’aime passe en Europe, je dois aller à Paris, Bruxelles ou Berlin… Même si la scène rock ici est très riche, elle reste underground », souffle le trentenaire qui est donc passé à l’action à l’automne dernier. Il pose une option sur la Citadelle, monte un dossier et se tourne vers ses amis belges.

    Amitiés belges

    L’affiche du festival est signée Elzo Durt, figure du graphisme rock en Belgique, connu pour ses pochettes d’albums de Thee Oh Sees. Mais c’est le soutien de Philippe, gérant du club bruxellois Madame Moustache, qui est décisif pour convaincre les Black Lips de débarquer à Marseille avec leur cocktail explosif de riffs crasseux et performances borderline. « Il les connaît bien, je lui ai parlé du projet, et il a pesé dans la balance. Sans lui, je n’aurais pas pu les avoir. »

    S’il s’est assagi, ce groupe culte d’Atlanta, chantre d’un garage punk psyché et lo-fi, connu pour ses concerts sauvages et imprévisibles, incarne une certaine idée du rock, sans filtre, brut et jubilatoire. Treize ans après leur dernier passage à Marseille, ce concert est un événement en soi. Cerise sur le gâteau, leur venue coïncide avec la sortie d’un 11e album, l’excellent Season of the peach, dans la foulée d’une tournée européenne qui devait s’achever à Londres. Une aubaine que Geoffrey Delhaye a saisie au vol : « J’ai vu qu’ils terminaient leur tournée à Thessalonique le 20 septembre. Ils ont ajouté deux dates à Londres, et quand je leur ai montré des photos du lieu qui est assez exceptionnel, ils ont accepté direct. »

    À leurs côtés, la programmation mêle rock psyché et scène locale : Chicos de Nazca, des Chiliens basés à Berlin, Arthur Lawton (Bordeaux) et les Marseillais de Lodi Gunz, qu’il a découvert lors de la Plaine du rock en mai. Une scène marseillaise qu’il apprend à découvrir. « Quand je colle les affiches, la réaction des gens, c’est plutôt : mais tu sors d’où ? », sourit-il.

    « Faire bouger le cocotier »

    Un travail de fourmi qui lui a permis de nouvelles rencontres, au Molotov, avec l’équipe d’Antichambre, les gérants de la Maison Hantée ou d’Humeur Massacrante. « Il y a une scène à Marseille avec beaucoup de très bons groupes, et même une certaine hype. L’idée c’est de faire venir les groupes internationaux et de proposer une grosse scène à ces groupes émergents. J’ai juste envie de faire bouger le cocotier », lâche-t-il, imaginant des tables rondes, des collectifs, des formats hybrides…

    Soutenue par l’association Pour que Marseille vive, incubateur de projets culturels qui accompagne les initiatives artistiques locales, Geoffrey imagine des éditions hivernales et des « formats pop-up » selon les tournées des groupes. « Je veux faire un Festival des Cinq Continents, c’est ma référence ultime, pour le rock. Il y a Le Bon Air pour l’électro, Mars Attack pour le hip-hop. Proposer des concerts dans des lieux d’exception est une idée géniale. Endless s’inscrit dans cette logique. »

    * Endless festival, jeudi 25 septembre (18h30), la Citadelle à Marseille. The Black Lips (USA), Chicos de Nazca (Chili), Lodi Gunz (Marseille) et Arthur Lawton (Bordeaux). 27,5 euros

  • Autour du plus grand orgue en région, le festival forme orchestre

    Autour du plus grand orgue en région, le festival forme orchestre

    « On se trouve à Roquevaire comme si on était dans une salle de concert », assure Jean-Robert Cain. Directeur artistique du festival, lui-même organiste de l’église des Réformés à Marseille, il explique : « L’organiste, à Roquevaire, ne se trouve pas en tribune, caché du public, mais à proximité. » Inauguré en 1997, « et constitué à partir de l’orgue personnel de Pierre Cochereau, qui était organiste titulaire à Notre-Dame de Paris », le grand orgue roquevairois, installé dans l’église St-Vincent « constitue, avec sa console mobile de 5 claviers qui commande les 5 000 tuyaux en tribune, déjà un orchestre à lui tout seul », présente le musicien. Celui qui est aussi président de l’association des Amis du grand orgue de Roquevaire (Agor) observe : « le grand orgue de Roquevaire est le plus grand orgue de France, juste après ceux de Notre-Dame et Saint-Eustache à Paris. »

    Vincent Fernandel dira Claudel

    « À cette symphonie de tuyaux, cette 29e édition propose d’ajouter des instruments solistes : percussions, trombones, flûte, clarinette, saxophones et même un orgue Hammond… Ils dialogueront dans des œuvres originales, mais également des pièces de répertoire parfois revisitées pour séduire un large public toujours friand d’adaptations insolites car uniques à Roquevaire », poursuit l’organiste. Après un « trio percussions et orgue », ce vendredi 19 septembre, avec Alexis Grizard, organiste de 23 ans, le festival proposera « une première», dimanche 21, avec Frédéric Isoletta à l’orgue, et 11 musiciens de trombone. Le dimanche 5 octobre par exemple, Sophie-Véronique Cauchefer-Choplin, organiste du grand orgue de St-Sulpice à Paris depuis 1985 se confrontera « aux élites du jazz à la batterie, à la clarinette, à l’orgue Hammond pour servir les thèmes cultes des musiques de films des grands cinéastes des cinquante dernières années ». Autre « temps fort », Le Chemin de la croix, texte de Paul Claudel, musique de Marcel Dupré, avec Vincent Fernandel comme récitant, le 10 octobre. Destiné « à mettre en valeur un patrimoine, le grand orgue, mais aussi les interprètes, et les compositeurs », le festival, soutenu pour l’instant par la seule Ville de Roquevaire, vise aussi à entretenir l’orgue et notamment la transmission numérique*.

  • Ardant, Dutronc ou Chedid seront sur la scène vauclusienne du Thor

    Ardant, Dutronc ou Chedid seront sur la scène vauclusienne du Thor

    Depuis plus de quatre décennies, le Conseil départemental de Vaucluse possède sa propre scène : l’auditorium Jean-Moulin au Thor, fort de près de 600 places.

    « L’épicentre culturel de Vaucluse », ose Élisabeth Amoros, vice-présidente LR déléguée à la culture. Une salle, il est vrai, centrale géographiquement, disposant de parkings, et de tarifs abordables entre 8 et 42 euros *. La saison 2025-2026, qui démarre le 11 octobre et présentée il y a 10 jours, se tient « dans un contexte budgétaire contraint », rappelle l’élue en soulignant que sa majorité « a fait le choix de préserver intégralement le budget de la culture ».

    L’auditorium, géré depuis trois ans par Sophie Duffaut, dispose d’un budget de 460 000 euros. Dont une partie est destinée à des spectacles pour les scolaires. Plus de 8 000 élèves issus de 105 établissements y ont été accueillis l’an dernier. La salle de spectacles a aussi pour ambition de renforcer les résidences d’artistes, à l’instar d’Agnès Jaoui, venue préparer et lancer en janvier dernier la tournée de son dernier album.

    Timsit et Demaison se donnent la réplique

    « Notre établissement continue d’ouvrir grand ses portes à la diversité des expressions artistiques et au plaisir du partage », se targue, dans l’édito de présentation, la présidente du Département, Dominique Santoni (LR). Humour, concert, magie, danse ou théâtre seront proposés aux spectateurs.

    Pour les trois coups, le 11 octobre, place à l’humour avec Yann Marguet, vu et entendu sur Quotidien et France Inter. Dans le même registre, Marine Leonardi le samedi 14 mars ou Blandine Lehout le jeudi 2 avril, seront sur scène pour faire rire. Alex Lutz, avec une touche sensible, revient pour la seconde année consécutive au Thor (7 mai) avec Sexe, grog et rocking-chair, qui parle d’un père absent. Patrick Timsit et François-Xavier Demaison misent sur l’humour noir dans la pièce La Famille (15 janvier).

    Fanny Ardant foulera pour la première fois les planches de l’auditorium, le 23 novembre, dans un seul en scène, intitulé La Blessure et la soif. La chanson française n’est pas oubliée avec des noms qui évoquent les filiations artistiques : Louis Chedid (16 octobre) ou Thomas Dutronc (5 décembre). Côté danse hip-hop, le chorégraphe Mourad Merzouki (2 décembre) présentera Cartes blanches.

  • Ardant, Dutronc ou Chedid seront sur la scène vauclusienne

    Ardant, Dutronc ou Chedid seront sur la scène vauclusienne

    Depuis plus de quatre décennies, le Conseil départemental de Vaucluse possède sa propre scène : l’auditorium Jean-Moulin au Thor, fort de près de 600 places.

    « L’épicentre culturel de Vaucluse », ose Élisabeth Amoros, vice-présidente LR déléguée à la culture. Une salle, il est vrai, centrale géographiquement, disposant de parkings, et de tarifs abordables entre 8 et 42 euros *. La saison 2025-2026, qui démarre le 11 octobre et présentée il y a 10 jours, se tient « dans un contexte budgétaire contraint », rappelle l’élue en soulignant que sa majorité « a fait le choix de préserver intégralement le budget de la culture ».

    L’auditorium, géré depuis trois ans par Sophie Duffaut, dispose d’un budget de 460 000 euros. Dont une partie est destinée à des spectacles pour les scolaires. Plus de 8 000 élèves issus de 105 établissements y ont été accueillis l’an dernier. La salle de spectacles a aussi pour ambition de renforcer les résidences d’artistes, à l’instar d’Agnès Jaoui, venue préparer et lancer en janvier dernier la tournée de son dernier album.

    Timsit et Demaison se donnent la réplique

    « Notre établissement continue d’ouvrir grand ses portes à la diversité des expressions artistiques et au plaisir du partage », se targue, dans l’édito de présentation, la présidente du Département, Dominique Santoni (LR). Humour, concert, magie, danse ou théâtre seront proposés aux spectateurs.

    Pour les trois coups, le 11 octobre, place à l’humour avec Yann Marguet, vu et entendu sur Quotidien et France Inter. Dans le même registre, Marine Leonardi le samedi 14 mars ou Blandine Lehout le jeudi 2 avril, seront sur scène pour faire rire. Alex Lutz, avec une touche sensible, revient pour la seconde année consécutive au Thor (7 mai) avec Sexe, grog et rocking-chair, qui parle d’un père absent. Patrick Timsit et François-Xavier Demaison misent sur l’humour noir dans la pièce La Famille (15 janvier).

    Fanny Ardant foulera pour la première fois les planches de l’auditorium, le 23 novembre, dans un seul en scène, intitulé La Blessure et la soif. La chanson française n’est pas oubliée avec des noms qui évoquent les filiations artistiques : Louis Chedid (16 octobre) ou Thomas Dutronc (5 décembre). Côté danse hip-hop, le chorégraphe Mourad Merzouki (2 décembre) présentera Cartes blanches.

  • Yoa, énergie pop et voix forte au Super Moustache festival

    Yoa, énergie pop et voix forte au Super Moustache festival

    Révélation scène des Victoires de la musique 2025, Yoa s’affirme comme une artiste complète, traçant sa voie entre une pop électro mainstream et une musique aux sonorités indie. Elle sera l’une des voix fortes du Super Moustache Festival, ces 12 et 13 septembre à Aix.

    « Yoa sur scène ? C’est moi mais c’est aussi mes danseuses », pose d’emblée la jeune femme née à Paris en 1998, « J’ai voulu un spectacle total avec tout ce que j’aime, de la danse, des moments drôles, un beau décor ». Formée au théâtre, nourrie par la danse et les grandes figures féminines de la pop, elle revendique une approche scénique exigeante. « Je veux que les gens en aient pour leur argent, ce n’est pas rien de se déplacer pour voir un artiste. On essaie de leur en mettre plein les yeux. »

    Son inspiration ? Les femmes. « Je ne suis pas un homme, donc je m’identifie plus aux femmes. Et je trouve qu’en pop, elles sont souvent meilleures sur scène. Beyoncé, Doja Cat, Rihanna… leurs shows m’émeuvent plus. » Une sensibilité qu’elle transpose dans ses textes où l’amitié tient une place centrale. « Mes danseuses, c’est la personnification de mes copines dans ma chanson, ça me fait du bien qu’elles soient là », justifie celle qui revendique une pop féminine à la française.

    « Activisme performatif »

    Mais Yoa, c’est aussi une voix politique sans détour. « J’affiche mes opinions dans mes textes et dans la vie, tant mieux si on me considère comme une artiste engagée », glisse la jeune femme née d’un père suisse jurassien et d’une mère camerounaise. Antifasciste, engagée pour la Palestine, elle parle rapport au corps, féminité, violences sexuelles, ne cache rien de ses convictions et dénonce les silences confortables : « Ne pas parler de politique est un privilège de personnes blanches et bourgeoises… L’existence des personnes trans, racisées, discriminées est politique. »

    En juillet, elle a annulé sa participation aux Francofolies de Spa, refusant de partager l’affiche avec Amir qu’elle accuse de soutenir l’armée israélienne et de ne pas reconnaître le génocide en Palestine. Au-delà du simple « activisme performatif », sa sincérité tranche dans un milieu artistique frileux.

  • Les musiques improvisées en toute liberté à Marseille

    Les musiques improvisées en toute liberté à Marseille

    Le festival Les Émouvantes continue de diffuser les musiques improvisées et attaque sa 13e édition à partir du jeudi 11 septembre, au Conservatoire Pierre Barbizet. Toujours avec le directeur artistique Claude Tchamitchian aux manettes, mais qui s’enrichit d’un alter ego en la personne de Fabrice Martinez.

    Les musiques improvisées, ces musiques de création au croisement du jazz et des traditions populaires, et très codifiées malgré leur appellation, résonneront au Conservatoire Pierre Barbizet trois soirs durant.

    Croisements

    Ses deux chevilles ouvrières invitent à « explorer des créations profondément ancrées dans notre temps, nourries par l’histoire et les multiples cultures qui la traversent », indique le programme, lancé sur les chapeaux de roues par le solo du contrebassiste Claude Tchamitchian, « In Spirit », « suite impressionniste hommage à Jean-François Jenny-Clark », maestro fugace (1944-1998) du plus grave des instruments. La deuxième partie de la soirée permettra d’écouter ICI, création du guitariste Marc Ducret « née du confinement, ancrée dans un paysage de bord de mer et de rivière soumis aux marées », accompagné par le gars sûr des cuivres, Fabrice Martinez, Samuel Blaser au trombone et Christophe Monniot au saxophone.

    Les jours suivants, le public verra un quartet mené par Juliette Meyer et ses « miniatures jazz », La naissance du soleil et de la lune, projet de Jean-Pierre Jullian qui « s’inspire d’un conte tiré de la mythologie aztèque », la création de Robinson Khoury, MŸA, qui « puise dans les chants grégoriens, les rythmes sur peaux et les maqâmat de la musique arabe », ainsi que celle du bassiste Sylvain Daniel, Slydee, « plongée dans la great black music ».

  • La 34e Fiesta des Suds à Marseille, un hymne à l’amour

    La 34e Fiesta des Suds à Marseille, un hymne à l’amour

    On a vécu beaucoup de péripéties cette année avec notre déménagement du Dock des Suds », rappelle d’emblée Natalie Solia, directrice de la Fiesta des Suds, au dernier étage de la tour La Marseillaise.

    Le point culminant idéal pour observer l’agitation immobilière qui cerne Arenc et les quartiers limitrophes, à deux rues du Dock des Suds. La terre d’adoption pendant plus d’un quart de siècle de Latinissimo, l’association organisatrice de la Fiesta des Suds, qui en a été chassée au printemps dernier par l’établissement public Euromediterranée pour des projets toujours incertains. Autant de bâtons dans les roues évités vaillamment par Latisinissimo et la Fiesta des Suds, dont la 34e édition investit, comme depuis 2018, l’esplanade du J4. « Même si le monde de la culture connaît un avenir incertain, nous sommes plus déterminés que jamais à proposer des musiques qui rassemblent, en dehors des sentiers battus », résume celle qui est à la tête de cet événement dont les trois coups sonneront jeudi 9 octobre, lors d’une soirée où Morcheeba occupera la tête d’affiche.

    Depuis la deuxième partie des années 1990, dans la foulée de Massive Attack, un groupe symbolique du trip-hop, genre électro née en Angleterre et habité par des samples de la musique afro-américaine. « Le premier morceau qu’on m’a envoyé était Call for love, issu de l’album Escape de Chaos », situe Frédéric André. Sorti cette année et destiné à célébrer les 30 ans du groupe, un opus qui a donné le la de cette édition.

    Le programmateur de la Fiesta des Suds justifie : « On veut partager des émotions avec le maximum de gens. Depuis que je suis petit, on entend parler que de crises, mais très peu de discours d’un avenir commun ». Pour reprendre le titre de Morcheeba, un « appel à l’amour » qui infuse dans toute la programmation avec des artistes tels que la soulwoman Enchantée Julia ou encore la mitrailleuse de tendresse rap et punk, Uzi Freyja, toutes deux programmées le premier soir de la Fiesta des Suds, illustre entre autres Frédéric André.

    Qui dit amour et fête dit également Dabeull et son ensemble de onze musiciens, aussi à l’affiche du premier soir, qui ravivent la flamme funk des années 1970-80, inspirés notamment par des groupes style Bar Kays ou Imagination, comme il en a fait part sur les ondes de RFI. Une ribambelle d’artistes qui ont pour dénominateur commun « de procurer de l’émotion au public », dixit Frédéric André, qui énumère encore des messagers du « love » présents à la Fiesta des Suds le vendredi 10 octobre : le rappeur Youssoupha qui viendra défendre son dernier album en date Amour suprême, le projet électro-rock maroco-tunisien Aïta mon amour. Sans oublier le guitariste nigérian Keziah Jones.

    Et que dire encore de la soirée du samedi 11 octobre, avec « l’amour en barres » prodigué par Kassav’, groupe mythique antillais qui a préfiguré le zouk dès le début des années 1980. Une nuit décidément placée sous les auspices du déhanchement de bassin, avec les « ambassadeurs » du Shatta – genre aux lignes de basse puissantes dérivé du dancehall – en la personne de Blaiz Fayah et Bamby.

    « Nous sommes un festival populaire, ce qui est non négociable, et en même temps exigeant. On n’est pas là pour servir de la soupe aux gens sous prétexte qu’un artiste fait beaucoup d’entrées », souligne Frédéric André. Un credo encore plus perceptible le 12 octobre avec la « Fiesta du dimanche », à l’esprit diurne et « plus familial ». Un événement gratuit qui proposera plusieurs concerts, au premier rang desquels celui de La cité des minots, avec la chanteuse slovaque et tzigane Marcela, « accompagnée par plus de 80 enfants des écoles Peyssonnel 1 et Malpassé – Les Oliviers », précise Andy Burle, responsable des actions culturelles au Nomad’ Café, producteur de cette création. « La fiesta du dimanche est une après-midi de découvertes, musicales mais pas que, avec notamment une ludothèque, des jeux et ateliers créatifs, des terrains de pétanque et une grande battle de hip-hop », complète Marion Bergé-Lefranc, chargée de production de cette journée de clôture.

    Philippe Amsellem

    Programme complet sur www.fiestadessuds.com

  • La rentrée de la MJC bat son plein entre théâtre et musique

    La rentrée de la MJC bat son plein entre théâtre et musique

    Je l’inscris à la MJC car il baigne dedans depuis qu’il est petit », confesse Marilyne Pellegrino aux inscriptions de rentrée de la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Martigues mardi dernier. Son fils Hugo vient y découvrir le théâtre, « car je veux devenir Youtubeur et tourner dans un film » argue le jeune garçon en CM2 à La Couronne.

    Un rêve Parmi d’autres, au milieu des dizaines de parents, enfants et autres intéressés par les activités de la MJC. Avec comme nouveauté cette année l’atelier musical des minots, Qui permet à des enfants n’ayant jamais fait de musique de découvrir plusieurs instruments. « On a eu besoin de trouver un moyen pour désengorger les cours de musique qui sont pleins chaque année » indique Elsa Ferrier, chargée de la communication de la MJC. Une nouveauté complétée par un atelier de percussion africaines et de rythmes du monde par Jean-Christophe Herrmann.

    Avec plus de 990 adhérents l’année dernière, la MJC se donne pour « objectif d’atteindre le même nombre cette année » projette Elsa Ferrier, alors qu’ « entre 250 et 300 personnes étaient déjà réinscrites en fin de saison dernière » et que « le temps fort de l’inscription dure jusqu’à la Toussaint ».

    Un ancrage local

    Cette affluence à l’inscription s’explique entre autres par la présence et l’historique de la MJC de Martigues. « On vient voir des pièces de théâtre depuis très longtemps » reprend Marilyne Pellegrino. « Je suis déjà venu voir des spectacles de ma grand-mère » abonde son fils Hugo. Le large éventail d’activités permet d’ailleurs de s’y retrouver à tous ces âges. Comme le dit la mère de Nils Fruit, « il faisait du saxophone avant. Je voulais qu’il fasse une autre activité culturelle alors je l’ai inscrit au théâtre car j’en ai moi-même fait avant ». « Car c’est un sacré comédien » complète-t-elle sur le ton de l’humour.

    Et ces activités ne sont pas que pour remplir le mercredi. « il voulait continuer le saxo mais son ancien professeur arrêtait, alors on est venu ici » conclut la mère de Nils Fruit. On retrouve cette « connaissance intergénérationnelle des habitants », souligne le directeur Isidore Gomis, qui insiste sur « le renouvellement du package, issu chaque année des discussions avec les adhérents sur ce qu’ils ont envie de faire ». Cette liberté est rendue possible par « l’engagement constant de la Ville sans laquelle on fermerait nos portes » indique le directeur, qui revendique l’« équipement le mieux doté dans les Bouches-du-Rhône. Quand je discute avec d’autres collègues je vois qu’ils ne sont pas soutenus comme nous » en comparaison avec les autres structures analogues.

    À noter, le prochain temps fort qu’est la soirée Kanaky le 4 octobre.