Tag: moyens

  • À Marseille, les AESH mobilisés pour obtenir un statut

    À Marseille, les AESH mobilisés pour obtenir un statut

    « Un vrai statut, un vrai salaire, une reconnaissance, sortir de la galère », scandent plusieurs dizaines d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) – très majoritairement des femmes – devant la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale des Bouches-du-Rhône (DSDEN 13), ce mardi 9 juin. Réunies à l’appel des syndicats FSU-SNUipp 13, Snes-FSU Aix-Marseille, CGT Educ’action 13 et Sud Éducation 13, elles participent à un mouvement de grève national destiné à faire entendre les revendications d’une profession qui réclame avant tout une reconnaissance institutionnelle.

    En France, les AESH sont près de 140 000, dont 17 000 dans les Bouches-du-Rhône. Au cœur de leur mobilisation : l’obtention d’un véritable statut. « On se bat pour être reconnu comme un corps de métier de l’Éducation nationale. Reconnaître notre métier, c’est aussi reconnaître la loi de 2005 sur l’égalité des chances pour tous », affirme Laurence Casandri, représentante académique des AESH au sein de la CGT Éduc’Action. Pour les organisations syndicales, cette reconnaissance passe notamment par l’intégration de cette profession dans la fonction publique de catégorie B. « Obtenir un vrai statut leur permettrait ensuite une progression de carrière, ce qu’ils n’ont pas actuellement », explique Franck Neff, secrétaire départemental du syndicat FO 13.

    Un métier précaire

    Au-delà du statut, la question salariale cristallise la colère. « Entre un début de carrière et une fin de carrière, il y a 111 euros de gain », souligne Didier Jau, maire (EELV) des 4e et 5e arrondissements de Marseille. France Masselot, AESH au collège des Caillols, accompagne aujourd’hui 14 enfants. Elle décrit un quotidien marqué par la précarité : « On n’est pas considéré et on n’a pas d’avantages : pas de cartes tarif réduit, pas de tickets-restaurants, pas de vacances », déplore-t-elle, « sans oublier que 90% des AESH sont des femmes, souvent des mères seules, et que les trois quarts des contrats sont à 62% ». Selon elle, ce temps partiel n’est pas choisi mais « imposé », avec des conséquences directes sur le niveau de vie. Franck Neff pointe lui aussi la faiblesse des rémunérations : « C’est une aberration de voir du personnel de l’Éducation avec un salaire aussi bas. » Le salaire moyen est inférieur à 1 000 euros nets par mois, indique-t-il.

    Les manifestants alertent également sur le manque de moyens humains et sur une dégradation continue de leur environnement de travail. « Les conditions se détériorent d’année en année et on voit qu’il y a de plus en plus de licenciements pour inaptitude physique, précise Laurence Casandri, à la suite de burn-out par exemple. »

    Des mesures insuffisantes

    Cette mobilisation intervient alors que l’État a annoncé la mise en place progressive des Pôles d’appui à la scolarité (PAS), pour remplacer les Pôles inclusifs d’accompagnement localisé (Pial). Une évolution qui ne convainc pas les manifestants. « Avec ce système, ils veulent titulariser 10 à 20% d’AESH seulement. Ce n’est pas normal de trier », estime Zahra. « On fait toutes le même métier », renchérit Florence. Pour les syndicats mobilisés, les mesures actuellement envisagées relèvent davantage d’ajustements marginaux que d’une véritable réponse aux attentes de la profession. Une audience intersyndicale s’est tenue ce mardi à la DSDEN 13 afin de faire remonter les revendications auprès de l’administration.

  • [Entretien] Éric Brocardi : « On attend de l’État une politique ambitieuse »

    [Entretien] Éric Brocardi : « On attend de l’État une politique ambitieuse »

    La Marseillaise : Vous alertez sur une chaleur précoce propice aux incendies, la saison estivale sera-t-elle compliquée ?

    Éric Brocardi : Effectivement cette hausse des températures brutales fait qu’on peut être amené à s’inquiéter. Vous avez la pluie en profondeur et puis le reste du couvert végétal en surface… Dans les Bouches-du-Rhône, on sait très bien qu’à partir du moment où il y a des vents chauds et ces températures, ça fait effet sèche-cheveux, la strate arbustive va être fortement impactée.

    En déplacement à Nîmes et dans les Bouches-du-Rhône, le ministre de l’Intérieur annonce l’achat de deux Canadair. Des moyens, c’est ce que vous demandez ?

    E.B. : Bien sûr. On peut saluer effectivement la signature de nouveaux moyens de lutte contre les incendies de type Canadair. Ce que l’on regrette simplement, c’est que dans cette commande, il n’est pas prévu une véritable impulsion sur un choix stratégique, industriel et économique pour l’avenir, avec les prochains constructeurs européens et même français, que sont Hynaero et Kepplair. Acheter un avion ce n’est pas comme une voiture, il faut parier tout de suite. On aurait pu essayer d’apporter un soutien à ces deux constructeurs. On risque d’entendre de nouveau la musique d’il y a 5 ou 6 ans, c’est-à-dire l’arrêt de la chaîne de la société qui construit les Canadair qui pendant un moment n’a plus pu fournir des appareils à la France. Alors est-ce que c’est un investissement durable ? On l’espère. Est-ce que c’est un investissement qui défend les intérêts français et européens ? Non.

    Vous réclamez également
    la pérennisation des moyens terrestres…

    E.B. : Les avions seuls n’éteignent pas les incendies, et ça dans les Bouches-du-Rhône, vous le savez très bien. Ce sont les forces terrestres qui permettent de compléter le dispositif d’attaque massive sur un feu naissant, en se déployant sur l’ensemble du territoire. Or la première chose, c’est que dans le cadre du projet de loi de finance, le budget alloué aux collectivités territoriales pour l’achat d’engins supplémentaires a été divisé par deux. Après il faut aussi des gens à mettre dedans. Nous, à la Fédération, on attend du gouvernement une véritable politique ambitieuse et de valorisation sur le sujet du volontariat. On a certes obtenu la bonification des retraites pour ceux qui sont en fin de carrière. Désormais le sujet ce sont les nouveaux entrants. Il faut voir comment on peut se rendre plus attractif, essayer d’enlever toutes les frictions dans le cadre de l’engagement, du recrutement et des mutations.

  • Appel à la grève à l’hôpital de Toulon-La Seyne le 18 juin

    Appel à la grève à l’hôpital de Toulon-La Seyne le 18 juin

    L’hôpital public est en souffrance, et le centre hospitalier de Toulon-La Seyne (CHITS) ne déroge pas à ce triste constat. Alors que la mobilisation, menée depuis de longs mois, reste importante au sein du pôle psychiatrie face à la perspective imminente d’une perte de moyens (notamment celle de trois de ses quatre médecins), c’est cette fois l’ensemble de l’établissement qui est appelé à se mobiliser pour défendre son droit à exercer dans des conditions dignes.

    Soumis à une « activité qui ne cesse de croître » et « des conditions de travail qui s’effondrent », l’ensemble des personnels sont appelés à faire grève, le 18 juin. Un mouvement initié par Force ouvrière, syndicat majoritaire de l’établissement, pour qui « le point de non-retour a été atteint ». L’organisation dénonce ainsi « une réalité de terrain devenue insoutenable : difficultés d’accès aux remplacements et aux heures supplémentaires, manque criant de matériel, lits fermés par manque d’effectifs, services d’urgences saturés, sous-effectif, épuisement des équipes et perte de sens au travail ». En particulier dans certains services, marqués par la « fermeture d’unités cruciales faute de médecins : les soins palliatifs, l’hôpital de jour pour enfants en pédopsychiatrie et des services sous contrainte en psychiatrie adulte ».

    Le projet social « instrumentalisé »

    Malgré cette situation, « l’information aux agents est réduite au minimum et l’accompagnement fait cruellement défaut, plongeant les personnels dans une profonde insécurité professionnelle », appuie le syndicat, qui déplore le choix de la direction « de passer en force, multipliant les décisions unilatérales et ne prenant pas en compte systématiquement les revendications ». À cet égard, FO pointe notamment le nouveau « plan de formation et les nouvelles modalités d’accès au financement des études promotionnelles », « l’instauration de quotas arbitraires sur l’évaluation de la valeur professionnelle des agents », « un dispositif de mobilité des agents mis en place sans aucune évaluation » et, plus généralement, « un déni des instances démocratiques ».

    Autant de constats qui mettent en branle « le projet social de l’hôpital », établi à l’horizon 2027, censé « sécuriser les organisations pour améliorer l’équilibre vie privée-vie professionnelle avec la mise en place des cycles de travail ».

    Un « accord local garant de l’équilibre social de l’établissement, seul levier d’attractivité et de fidélisation pour des agents hospitaliers touchés de plein fouet par une smicardisation rampante », sans avantages sociaux. Mais que « la direction instrumentalise pour déconstruire le référentiel du temps de travail en place depuis 25 ans », estime le syndicat, qui appelle, en conséquence, à se réunir devant l’hôpital Sainte-Musse, le 18 juin, à 12h.

  • À Toulon, les assistants d’éducation réclament des moyens

    À Toulon, les assistants d’éducation réclament des moyens

    « On est vraiment sous-cotés alors qu’on a un rôle essentiel, puisqu’on est en première ligne », s’insurge Jérôme, AED depuis quatre ans au collège Bosco, à La Valette, et obligé de cumuler deux boulots pour joindre les deux bouts. Et de poursuivre : « L’enfant qui se construit vit beaucoup d’injustices, de trahisons, de blessures, et les premières personnes à qui il vient s’adresser, c’est à nous, avec qui il peut avoir une parole beaucoup plus libérée. » « On a beaucoup de difficultés, une multitude de tâches et on n’est pas assez nombreux », renchérit, à ses côtés, Nora.

    « Nous avons été reçus, ce (mardi) matin par l’inspecteur d’académie. Il a pu entendre nos revendications qui portent principalement sur la reconnaissance du métier d’AED, qui a un rôle central dans tous les établissements scolaires », explique Bruno Combette, du Snes-FSU.

    Le syndicaliste déplore le très mauvais signal envoyé avec l’annonce de la suppression de 195 postes au niveau national. « On imagine que ces baisses vont concerner notre académie et notre département, alors qu’on est déjà dans la gestion de pénurie depuis plusieurs années », ajoute-t-il. Ce qui pourrait engendrer une situation qualifiée d’« extrêmement grave » dans de nombreux établissements, sachant que les AED jouent un rôle majeur sur le climat scolaire et dans l’accompagnement éducatif « des élèves qui, on l’a vu ces dernières années, sont en détresse ».

    Un rôle crucial

    Olivier Gérard, de la CGT éduc’action, a insisté sur l’obligation du respect du droit du travail pour ces personnels, notamment en ce qui concerne les reconductions des CDD et l’accès au CDI, « où depuis quatre ans au moins, on voit du grand n’importe quoi ». Avec parfois, insiste-t-il, « des chefs d’établissement irresponsables, inconséquents ». Des écarts reconnus par l’institution, qui s’est engagée de son côté à y mettre fin.

    « C’est un vrai métier, crucial. Parce que ce sont eux qui sont au contact permanent des élèves et qui voient comment ils vont », insiste Bastien Doussot (Solidaires). Pourtant, dénonce le responsable syndical, « ils n’ont pas accès à la formation qu’ils devraient avoir pour prendre en charge cette parole ». Sans compter que ce sont eux qui, au portail, sont en première ligne en cas de violences. Et tout cela, parfois, pour un salaire de 600 à 900 euros par mois.

    Philippe Biais, de l’Unsa, a expliqué sur quoi le directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) s’était engagé. « Son idée est d’être à l’écoute vis-à-vis des situations fines », précise-t-il. C’est-à-dire des situations étudiées au cas par cas et une intervention rapide lorsque la réglementation n’est pas respectée.

    à ses côtés, un professeur venu en soutien enrage : « Les AED sont essentiels dans la vie des établissements et, ce qui est terrible, c’est que ces personnels ne sont pas considérés. On ne peut accepter de les laisser dans la précarité. Ce n’est pas possible. »

    Mais changer cette réalité, c’est-à-dire accorder des moyens suffisants pour accomplir les missions de service public et traiter correctement les personnels, suppose tout autre chose qu’une gestion purement comptable : un peu plus d’ambition pour l’avenir.

  • Grève massive au centre hospitalier d’Allauch

    Grève massive au centre hospitalier d’Allauch

    « On souhaite une direction à plein temps, on veut continuer à exister pleinement et se développer », le secrétaire général de FO du centre hospitalier d’Allauch, Antony Collu, ne cache pas son énervement, ce mardi. En cause ? Des problématiques de gouvernance à répétition selon lui. « On a subi une direction, qui était commune avec l’hôpital d’Aubagne, pendant 2 ans. Ça s’est très mal passé », entame-t-il. Avant de rentrer dans le vif du sujet : « Cette direction prend fin le 1er juin, mais on a reçu une note, la semaine dernière, nous annonçant une nouvelle direction par intérim puisque le directeur est également dirigeant du centre gérontologique de Montolivet. » De quoi illustrer, pour son organisation, le manque d’attention des autorités de santé pour l’établissement allaudien et « un manque de transparence ». D’où un mouvement de grève « massif », ce mardi. « Il y avait plus de 200 agents mobilisés, c’était inédit », poursuit Antony Collu.

    Son organisation revendique « le développement » du centre, alors qu’ils craignent des baisses de moyens potentiellement à venir du fait de cette direction « commune avec l’AP-HM ». « On redoute des suppressions de postes et des fermetures de lits. Il y a déjà eu un projet de délocalisation de notre service addictologie, on veut pas que ça se reproduise », assure le syndicaliste. Notons que plusieurs élus locaux, dont le maire Lionel De Cala (LR) ou encore l’élu d’opposition communiste Frédéric Dutoit étaient présents en soutien aux grévistes.

  • Vaucluse : sur la corde raide, les centres sociaux jouent collectif

    Vaucluse : sur la corde raide, les centres sociaux jouent collectif

    Poser la question, c’est déjà y répondre. Il y a deux ans et demi, la fédération des centres sociaux de Vaucluse avait organisé une table ronde en mode alerte face aux risques de disparition de structures, au nombre de 30 en Vaucluse (centres sociaux et espaces de vie sociale confondus). Est-ce que cela a été suivi d’effets ? Silence gêné et partagé chez Salima Ezzahri et Benoît Leroyer, tous deux co-délégués de la fédération, questionnés au lendemain de l’assemblée générale de la structure, tenue mardi dernier. « On développe la résilience », commente dans une litote Benoît Leroyer.

    Manière polie de dire que la situation globale ne s’est pas améliorée. En juillet dernier par exemple, la fédération s’était émue d’une baisse de dotations de 400 000 euros de la part du conseil départemental. Et « l’environnement socio-économique, l’instabilité politique suite aux municipales » drainent plus d’inconnues que de certitudes. Sans procès d’intention, la fédération attend de voir quelle va être la position de la nouvelle majorité RN à Carpentras, où sont installés 4 centres sociaux. Restrictions budgétaires, précarité croissante des publics et tension permanente des équipes ont été ciblées lors de l’AG par Elsie Guillaume, présidente de la fédération. « Ce qui nous tient, c’est l’intelligence collective, de faire ensemble », a-t-elle prévenu.

    « Le premier réseau social »

    Un message qui a pu être délivré l’été dernier lors de la venue de l’ancienne ministre de la Ville, Juliette Méadel, qui s’était rendue au centre social de la Croix-des-Oiseaux. « Il est indispensable de réfléchir nos alliances et nos partenariats entre structures de l’animation de la vie sociale car nous ne trouverons pas les réponses en étant seuls, campe Salima Ezzahri. Il devient urgent de construire une stratégie pour prévenir les risques de crises. » La fédération veut aussi faire de la pédagogie. « Le centre social est la pierre angulaire sur son territoire et joue un rôle central entre plusieurs acteurs associatifs ou institutionnels. Souvent on nous regarde comme un centre de loisirs où on fait du tricot pour les mamies, mais c’est vraiment plus large que ça, on est des acteurs clés de la cohésion sociale, de l’inclusion et de la démocratie locale », développe la co-déléguée.

    « On accompagne de manière globale les habitants en leur donnant une place première, abonde Benoît Leroyer. Ça nécessite une agilité qui n’est pas connue et, avec les difficultés évoquées, met les équipes en tension. » Les centres sociaux sont quasiment tous situés en quartiers prioritaires. « À part deux, tous sont à moins de 200 mètres d’un point de deal », souligne le co-délégué, entraînant, de fait, des questions de sécurité pour les quelque 420 salariés et 1 400 bénévoles œuvrant à l’année dans ces structures. Pour autant, pas question de lâcher le terrain. « Par rapport à la précarité grandissante, le repli généré par une société en fragmentation, les centres sociaux sont plus que jamais utiles : ce sont encore des lieux où il fait bon vivre, où les gens se croisent, où on réfléchit ensemble, où on est d’accord de ne pas être d’accord, bref le premier réseau social », conclut Benoît Leroyer.

  • Pique-nique revendicatif à Lurçat

    Pique-nique revendicatif à Lurçat

    « Rien ne justifie la baisse de moyens dans les lycées Lurçat et Langevin », tance Philippe Sénégas du Snes-FSU, se demandant : « La priorité est-elle un porte-avions à 12 milliards d’euros ou une école publique ayant les moyens d’emmener les élèves à la réussite ? » « Ça veut dire moins d’heures de cours pour les élèves, donc plus de demi-groupes, de dispositifs de soutien ou d’options de langues » avance ce professeur de collège venu en soutien, car ses élèves « subiront ces baisses à leur arrivée au lycée » regrette-t-il.

  • La gauche seynoise interpelle les députés sur la situation du service de psychiatrie

    La gauche seynoise interpelle les députés sur la situation du service de psychiatrie

    L’avenir du service de psychiatrie de l’hôpital George-Sand, dont dépendent neuf communes et environ 180 000 habitants, s’écrit en pointillé. Depuis plusieurs semaines, l’intersyndicale CGT-CFDT-Sud de l’établissement alerte sur une situation déjà périlleuse (manque d’effectifs malgré des prérogatives en hausse, accueil saturé…), bientôt fragilisée par le départ annoncé de trois des quatre médecins du service. Malgré les demandes de recrutement en urgence et plusieurs réunions avec la direction, aucune annonce n’a été faite.

    De quoi susciter inquiétude et indignation, d’autant plus que le gouvernement a décidé de prolonger en 2026 la grande cause nationale 2025 dédiée à la santé mentale.

    Un combat bientôt porté devant la Métropole

    « Cela pourrait laisser penser que ce problème est réellement pris en compte. Or, force est de constater que ce n’est pas le cas », dénonce le groupe municipal d’opposition seynois, Alternative progressiste. Il n’est pas le seul à gauche, les socialistes appelant aussi à « sauver le service psychiatrie ».

    Les doléances ne datent pas d’hier et avaient déjà été exprimées par les syndicats en 2020 au sujet des baisses d’effectifs et de l’absence de remplacement. Six ans plus tard, le danger se précise, à tel point qu’Alternative progressiste interpelle, dans une missive, les députés du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, afin « que tout soit mis en œuvre pour débloquer la situation et que des médecins psychiatriques soient recrutés en urgence afin de permettre que les patients en grande difficulté mentale continuent à être soignés dans les meilleures conditions ».

    Un combat à la fois matériel et symbolique, car « investir dans la psychiatrie, c’est investir dans la cohésion sociale, la dignité humaine et l’avenir de notre société. Le manque de moyens apporté (…) nous interroge sur la réelle volonté de continuité. Mais aussi sur le devenir de l’hôpital où, petit à petit, les services ferment (maternité, chirurgie, cardiologie, service palliatif…) ». Et si les départs ne sont pas compensés, « il ne restera que 0,5 équivalent temps plein de médecin psychiatre dans le service », soit « sa mort assurée ». Si ces mots n’étaient pas entendus, Stéphane Sacco (GRS), élu Alternative progressiste, les portera lors du prochain conseil métropolitain TPM, dont il est le seul élu de gauche, le 21 mai.

  • Au lycée Jules-Guesde à Montpellier, parents, élèves et enseignants réclament des moyens

    Au lycée Jules-Guesde à Montpellier, parents, élèves et enseignants réclament des moyens

    « La dégradation du climat scolaire observée au lycée Jules-Guesde depuis un an s’est malheureusement manifestée, vendredi 10 avril, par une violence inacceptable qui n’y a pas sa place », estiment dans un communiqué conjoint la communauté éducative, les parents d’élèves (FCPE) et les élèves du conseil de vie lycéenne (CVL) de l’établissement.

    Pour rappel, une altercation, dont une partie a été filmée et a tourné en boucle sur les réseaux sociaux, a eu lieu le 10 avril entre des élèves et un professeur « intervenu pour leur demander de faire moins de bruit et de ne pas stationner dans les couloirs, comme il est stipulé dans le règlement intérieur », relate Claudie Vaufreydaz, professeure d’EPS dans l’établissement et représentante du Snes-FSU. « Pris à partie par un élève présent dans le couloir au moment des faits, l’enseignant sollicite l’identité de l’élève qui ne la lui donne pas. L’enseignant sort alors son téléphone pour prendre une photo afin de l’identifier, entraînant une contestation de la part de l’élève et d’un de ses camarades. L’enseignant fait alors l’objet d’une empoignade brutale et se trouve plaqué au mur par l’un des deux élèves. S’ensuivent les faits de violence identifiables dans la vidéo largement diffusée et confirmés par l’enquête : l’enseignant réessaie de prendre une photo, le second élève lui arrache son téléphone, le professeur répond par une gifle, à la suite de quoi il se trouve plaqué au sol, recevant des coups de la part des deux élèves », retrace, dans ses conclusions rendues le 22 avril, l’enquête « flash » diligentée par l’Académie, au cours de laquelle 13 auditions ont été réalisées. Les deux élèves impliqués seront convoqués en conseil de discipline. L’enseignant, quant à lui, dont « le geste inapproprié » survient « dans un contexte spécifique d’irrespect, de contestation de l’autorité et de violence », fera l’objet « d’un rappel à ses obligations professionnelles ainsi que d’une obligation de formation professionnelle à la gestion des conflits ».

    Rassemblement devant l’établissement le 4 mai

    Reste, insiste Claudie Vaufreydaz, qui dénonce « la surmédiatisation » de l’incident et « l’instrumentalisation » dont a fait l’objet cette vidéo, que le fond du problème réside dans l’insuffisance de moyens humains au sein de l’établissement, notamment en termes de personnels de vie scolaire et médico-sociaux. Des insuffisances génératrices d’« une anxiété généralisée », dénoncent les enseignants du lycée Jules-Guesde dans le compte rendu d’une Assemblée qui s’est tenue le 13 avril. « Ça fait un an que nous dénonçons des faits graves de violences et d’agressivité au sein de l’établissement. Tant qu’il n’y aura pas suffisamment d’encadrants adultes, le problème ne
    sera pas résolu
     », estime la représentante du Sne-FSU. « Actuellement nous avons 7 AED (assistants d’éducation scolaire, les surveillants) pour 2 700 élèves, soit un AED pour 385 élèves », illustre-t-elle. « Ils ne peuvent, à eux seuls, assurer pleinement la surveillance et la sécurité de locaux, particulièrement étendus. »

    Décision a donc été prise, en accord avec les représentants des parents d’élèves FCPE et les élèves du CVL, co-signataires du courrier, de réclamer des moyens supplémentaires à la rectrice, à savoir
    4 postes d’AED mais aussi le redéploiement à plein temps, sur Jules Guesde, d’une infirmière aujourd’hui à mi-temps sur Jules-Guesde et Joliot-Curie à Sète, ainsi qu’un demi-poste supplémentaire d’infirmière « pour faire face d’une part aux besoins spécifiques des collégiens et d’autre part à la forte augmentation de la fréquentation de l’infirmerie depuis septembre 2026, attestant de la dégradation de la santé mentale de notre jeunesse », stipule le courrier. Les signataires réclament également que le rectorat sollicite les collectivités « pour aménager des espaces d’accueil et de travail qui font défaut et ont un impact indéniable sur le climat scolaire. Pourquoi les élèves attendent dans les couloirs ? Parce qu’ils ne savent pas où aller d’autre », insiste Claudie Vaufreydaz.

    Dans l’attente d’une réponse à ces demandes, les enseignants ont déposé un préavis de grève du 4 au 7 mai et prévu un rassemblement lundi 4 mai à 8h, suivi d’une manifestation vers le rectorat. L’Académie de son côté indique dans les conclusions de l’enquête flash que « des mesures complémentaires destinées à améliorer le climat scolaire seront annoncées dans un second temps pour une mise en œuvre dès la reprise des vacances scolaires d’avril ».

  • Séquence budgétaire dans l’hémicycle Bargemon

    Séquence budgétaire dans l’hémicycle Bargemon

    Dans un contexte économique et institutionnel tendu, marqué par l’inflation persistante, les incertitudes sur les dotations de l’État, ce budget primitif 2026 entend affirmer une trajectoire de continuité et d’engagement. Il s’élève à près de 2,16 milliards d’euros, dont 1,58 en fonctionnement et 582 millions en investissement.

    Les recettes de fonctionnement progressent modérément (+2,7%), portées notamment par les produits des services municipaux et une fiscalité à taux constants. La Dotation globale de fonctionnement atteint 248,9 millions, en légère hausse, mais la Ville alerte sur un effet de ciseaux à moyen terme lié à l’évolution des critères de richesse.

    Côté dépenses, l’effort est assumé sur les priorités du mandat. Les charges de personnel (841 millions, +5,7%) traduisent la poursuite du rattrapage des effectifs, notamment pour la police municipale et les services de proximité. L’éducation reste la boussole municipale, avec des moyens renforcés pour les écoles, la restauration scolaire et la petite enfance. La Ville confirme aussi ses engagements en matière de sécurité, de logement et de lutte contre l’habitat indigne.

    Protéger, investir, préparer

    L’investissement demeure à un niveau élevé (473 millions), orienté en priorité vers les écoles et crèches (près de 59 millions), le logement et la rénovation urbaine (48 millions), la transition écologique, la sécurité et les équipements sportifs. La dette consolidée poursuit sa baisse par rapport à 2020, malgré un recours à l’emprunt d’équilibre de 277 millions.

    En dépit d’un cadre national contraint, la majorité municipale revendique un budget « qui protège, qui investit et qui prépare l’avenir », en maintenant les services publics et les politiques de justice sociale au cœur de l’action municipale.

    La séance abordera aussi le Plan Écoles, avec des acquisitions foncières et des ajustements financiers, ainsi que des mesures éducatives : dotations par élève, carte scolaire, aides à la Caisse des écoles. Côté cadre de vie, les élus sont appelés à se prononcer sur les taxes publicité et nettoiement et des travaux (stades, patrimoine municipal, immeubles communaux). La culture et la vie associative ne sont pas en reste, avec des conventions d’expositions, des restaurations d’œuvres et des subventions urgentes. Enfin, plusieurs délibérations concernent le logement social, la mer et le littoral.