Tag: moyens

  • Catherine Vautrin veut renforcer la souveraineté de l’armement français

    Catherine Vautrin veut renforcer la souveraineté de l’armement français

    Après le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou la semaine dernière, c’est la ministre des Armées et des Anciens Combattants Catherine Vautrin qui était à Toulon ce jeudi, sur le site de la Direction générale de l’armement (DGA). Une visite qui s’inscrit elle aussi dans le cadre de l’augmentation du budget de la Défense (+ 6,7 milliards d’euros en 2026, soit 57,1 milliards) et de la loi de programmation militaire 2024-2030, qu’Emmanuel Macron souhaite faire passer de 413 à 449 milliards d’euros.

    Dans cette optique, la DGA a un rôle central à jouer sur l’aspect capacitaire, en tant qu’outil de la souveraineté française. Sa raison d’être : maîtriser techniquement notre avenir pour créer la force de dissuasion et les outils de défense. Un aspect primordial « dans un monde qui se réarme » et « où les conflits régionaux se multiplient », soutient Catherine Vautrin. « Depuis 2017, le budget de l’armée a suivi une trajectoire inédite et a presque doublé. C’est une nécessité, en aucun cas un luxe. » Son objectif est de permettre la conception de moyens en un minimum de temps grâce aux nouvelles technologies, captées, notamment, dans le domaine civil. Et outre la souveraineté, l’autre but est d’être capable de soutenir les missions de l’Otan.

    La visite du jour était centrée sur le projet DANAE, qui, comme cet acronyme l’indique, vise à doter la Marine nationale d’un Drone de surface autonome naval avec une capacité d’armement embarqué. Un projet d’accélération de l’innovation (PAI), qui devra intégrer des capacités létales et non létales, avec deux types de mission : la protection des ports, et l’escorte de navires, en pouvant être commandé depuis la terre, ou embarqué dans une frégate. Il est imaginé pour « avancer à la vitesse des changements d’aujourd’hui. Nous n’avons plus le luxe d’un fonctionnement de temps de paix. Les temps politiques, industriels et opérationnels se contractent. La période de transition ouverte en 2001 s’achève », reconnaît la ministre des Armées.

    Ce projet consiste en la réalisation de sept drones navals, à plusieurs centaines de milliers d’euros, portés en collaboration par une dizaine d’entreprises (Naval Group, Thales, Exail…), dont certains sont déjà utilisés dans le civil, notamment dans la protection de plateformes pétrolières. Trois seront sélectionnés puis affinés selon les besoins de la Marine, et un seul intégrera l’arsenal maritime français d’ici 2027. À ce titre, des essais ont lieu depuis deux semaines.

    L’innovation, priorité stratégique

    Dans un monde qui se replie sur lui-même, l’innovation est une priorité : « Le champ de bataille connaît son plus grand bouleversement depuis la Première guerre mondiale. On ne pourra tenir que si on innove plus vite que l’adversaire. C’est une révolution permanente, technique, mais avant tout une révolution des mentalités », martèle Catherine Vautrin, qui invite à passer « de la stricte planification à un modèle un peu plus basé sur l’adaptation, devenue indispensable pour toutes les raisons évoquées ».

    Mais la ministre soutient également d’autres aspects liés au développement de l’industrie militaire française : « La France demeure le deuxième exportateur d’armes au monde. Notre Base industrielle et technologique de défense (BITD) n’est soutenable que parce qu’elle exporte. C’est une condition de survie industrielle, et un outil de puissance, car là ou nos équipements sont déployés, notre influence stratégique s’enracine. »

    Second aspect, et pas des moindres : la question de l’Europe de la défense, qui peine historiquement à s’affirmer sur la scène internationale. « Nous devons être plus européens dans notre stratégie industrielle, sans aucune naïveté, avec des équipements capables d’agir de concert. Nous ne pouvons parler d’Europe de la défense sans produire ni acheter européen », insiste Catherine Vautrin, non sans pragmatisme : « Mais les clients d’hier sont les compétiteurs d’aujourd’hui. Nous devons donc être offensifs et stratèges. » Et in fine, « pouvoir mieux peser sur l’Otan ». Car face à la folie trumpiste, c’est avant tout de cela qu’il s’agit.

    « Nous n’avons plus le luxe
    d’un fonctionnement de temps de paix »

  • Mohammed, médiateur à Marseille, en grève de la faim pour interpeller l’État

    Mohammed, médiateur à Marseille, en grève de la faim pour interpeller l’État

    « Je suis prêt à dormir là », Mohammed Benmeddour, éducateur au sein de l’association Apis, a entamé, comme annoncé, sa grève de la faim ce mercredi 21 janvier. Il campe devant la préfecture avec Kaïs, 19 ans, tout juste sorti de prison et qui n’a nulle part où aller. Mohammed l’a récupéré à proximité d’un point de deal. « Je m’étais fait mon squat dans un bâtiment abandonné, un lit avec des couvertures, mais l’eau elle sort orange des tuyaux et il n’y a pas d’électricité », raconte Kaïs. Il est allé à France Travail affirme-t-il mais on ne l’a pas rappelé.

    Après avoir interpellé Emmanuel Macron lors de sa venue à Marseille le 16 décembre puis le ministre du logement la semaine dernière sur le manque de moyens mis dans la prévention pour éviter que les jeunes ne tombent dans le narcotrafic, sans succès, Mohammed réclame un dispositif d’urgence pour « ces jeunes qui veulent s’en sortir ».

    La préfète à l’écoute

    Interrogée, la préfète à l’égalité des chances, Isabelle Épaillard, assure avoir fait le nécessaire. « M. Benmeddour a contacté la préfecture de police la semaine dernière, on a regardé ce que l’on pouvait faire. Ce jeune homme est suivi par le service pénitentiaire d’insertion et de probation. Aucun retard n’a été pris dans la prise en charge », précise-t-elle ajoutant qu’une place a été trouvée en centre d’hébergement. Et d’ajouter que la préfecture a « fait le lien » entre France Travail et la mission locale. Mais pour Mohammed, la place trouvée ne correspond pas au profil du jeune homme…

  • Une grève de la faim pour que l’État agisse sur le narcotrafic

    Une grève de la faim pour que l’État agisse sur le narcotrafic

    Le bout du bout… Mohammed Benmeddour, médiateur avec l’association Apis depuis de nombreuses années, a décidé d’entamer une grève de la faim pour qu’enfin « l’État agisse sur le narcotrafic ». « J’ai récupéré un jeune à deux doigts de replonger. Il sort de prison, il s’est déjà pris une balle dans le genou, il n’a nulle part où aller et personne ne nous aide. Pire, on nous met des bâtons dans les roues », raconte-t-il, visiblement fatigué.

    Alors, il installera son lit de camp et celui de son protégé devant la préfecture, dès ce mercredi 21 janvier, « pour qu’on nous reçoive ». Lors de la venue du président de la République à Marseille, le 16 décembre dernier, Mohammed avait pu lui rappeler leur première rencontre en 2021, à la cité Bassens. Il lui réclamait déjà des moyens.

    Depuis, il a créé un projet de médiation nomade « peu suivi », déplore-t-il, allant notamment à la rencontre des jeunes au pied des immeubles.

    Dès qu’il en a l’occasion, le médiateur n’hésite pas à prendre la parole devant les caméras pour faire entendre sa voix et surtout celle de ceux qui « cherchent à s’en sortir ». Si Emmanuel Macron a publiquement pris l’engagement de soutenir la prévention et l’éducation, « d’accompagner les jeunes », Mohammed n’a rien vu venir. « Aucune suite n’a été donnée. J’ai même interpellé Vincent Jeanbrun, [ministre du Logement Ndlr] à la Maurelette ce vendredi, mais rien du tout », assure-t-il.

    Ultime recours

    Déplorant les effets d’annonce et de communication au fil des visites ministérielles et présidentielles, il s’indigne : « Je fais le travail le plus difficile, je vais à la rencontre des jeunes sur les points de deal, je vais parler avec des gars en prison et derrière, ça ne suit pas, on ne nous considère pas. Là, on a un cas concret. Je ne m’alimenterai plus jusqu’à ce qu’on me donne une réponse. C’est mon dernier recours ».

  • La candidate Vassal ménage ses jeunes soutiens

    La candidate Vassal ménage ses jeunes soutiens

    Une salle comble au Rowing club, ce mercredi 14 janvier, et une jeunesse toute acquise à la cause de la candidate DVD à la mairie de Marseille, Martine Vassal, pour une soirée organisée par Une génération pour Marseille, collectif des jeunes de la droite et du centre emmené par Romain Simmarano, par ailleurs directeur de cabinet de Renaud Muselier à la Région Sud. L’occasion pour Martine Vassal de décliner ses propositions.

    De la crèche, dont elle promet de doubler le nombre à Marseille, à l’école avec une sorte de déclinaison du « plan Charlemagne » que celle qui est aussi présidente du Département a mené, histoire de rénover la totalité des 88 écoles municipales. À l’image des maisons du Bel âge départementales qui accueillent les seniors, elle imagine aussi des « maisons de la réussite » dans tous les secteurs de la ville pour proposer aide aux devoirs et autres activités. Aux étudiants, elle qui a pourtant déjà la présidence de la Métropole, autorité compétente en la matière, promet les transports gratuits jusqu’à 26 ans, de quoi leur permettre d’investir un centre-ville propre et sécure. Sur la solidarité, elle évoque une réquisition des logements vides, la création de maisons de santé spécifiques, une plate-forme pour les aider à trouver un stage.

    Sécurité à gogo

    Mathieu, Chiara, Juliette, Bilal… Les jeunes qui soutiennent Martine Vassal sont aussi de fervents défenseurs de la cause animale, qui aura un référent si elle est élue maire. Ils seront aussi en sécurité avec plus de caméras de vidéosurveillance, une BAC municipale, et de la police que toute la salle applaudit fiévreusement. « Sur Marseille, ce sera tolérance zéro » pour que cette jeunesse qui a visiblement les moyens de sortir tard le soir puisse avoir de « la tranquillité publique ».

    Les jeunes soutiens de la candidate de la droite et du centre réclament aussi des grands événements. Ils en auront un, « nous allons le créer », promet-elle. Sur l’emploi, il faudra travailler sur tout le territoire…

  • [Rétrospective 2025] Narcotrafic, l’insupportable bascule

    [Rétrospective 2025] Narcotrafic, l’insupportable bascule

    Quand se heurtent effets d’annonce et réalité de terrain

    On allait voir ce qu’on allait voir… À peine passé le jour de l’an, Gérald Darmanin alors ministre de la Justice avait déboulé le 3 janvier à Marseille annonçant mettre le paquet sur le narcotrafic, mais sans détailler les moyens mis en œuvre.

    Dans un bilan, le préfet de police d’alors, Pierre-Édouard Colliex, et le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, mettent en avant l’efficacité de la tactique dite du « pilonnage » qui a permis de supprimer 29 points de deal, de 161 en 2023 à 84 en 2024. Les interpellations de trafiquants ont grimpé, de 40% par rapport à 2023, le nombre de narchomicides a baissé de moitié, de 49 en 2023 à 24 en 2024.

    Une compagnie de CRS, une centaine de policiers sur la voie publique, 25 enquêteurs viennent compléter les rangs, le réseau de la Castellane est démantelé par la tête fin avril. Mais l’effort ne permet pas d’endiguer les meurtres : la Cayolle, La Ciotat, la Belle de Mai, la Bricarde, Air Bel, les Rosiers… Deux victimes, dont une retrouvée calcinée, sont des mineurs. Il aura fallu attendre le printemps pour que le Parlement adopte la loi sur le narcotrafic à laquelle manque le volet sanitaire et prévention. Seuls 5 décrets sur 37 ont été publiés, notaient nos confrères de FranceInfo le 15 décembre.

    Macabre décompte

    Véritable électrochoc pour Marseille et la France, l’assassinat de Mehdi Kessaci par un commando à moto, le 13 novembre, va cruellement mettre en lumière la nécessité d’agir. Mehdi est le petit frère d’Amine Kessaci, militant écologiste, qui a fondé l’association Conscience pour venir en aide aux victimes du narcotrafic, suite à la mort de son aîné, Brahim retrouvé calciné en 2020 dans une voiture. Il dénonce aussi l’attentisme de l’État dans un livre publié en septembre. Ce nouveau meurtre est très vite qualifié de crime « d’intimidation » par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez qui, avec Gérald Darmanin, garde des Sceaux, fait le déplacement à Marseille. Une marche blanche en hommage à Mehdi réunit plus de 6 000 personnes. À l’Élysée, Emmanuel Macron organise une réunion en urgence, et nomme Jacques Witkowski, dix ans de gendarmerie au compteur, préfet de région. Là encore, la lutte contre le narcotrafic est érigée en priorité. Le préfet organise pour son arrivée une vaste opération dans 15 points de deal. Le président de la République revient à Marseille le 16 décembre sans autre annonce que l’augmentation de l’amende pour consommation de drogue de 300 à 500 euros.

    Et le macabre décompte continue… Un véhicule est retrouvé brûlé parc Kallisté (15e) par la police municipale le jour de Noël. À l’intérieur, un corps carbonisé.

    18

    personnes, majoritairement des jeunes, ont perdu la vie dans des assassinats liés au trafic de drogue en 2025 dans le départementdes Bouches-du-Rhône.

    22 novembre : une marche blanche pour Mehdi Kessaci

    Anonymes, amis, associatifs, politiques… Répondant à l’appel d’Amine Kessaci et de son association Conscience, plus de 6 000 personnes se rassemblent sur le rond-point où a eu lieu le drame. Le 13 novembre, un commando à moto a abattu le petit frère du militant écologiste, très engagé dans la lutte contre le narcotrafic. Un assassinat « d’avertissement », affirmera très vite le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Amine Kessaci avait déjà perdu son aîné, Brahim, retrouvé calciné dans une voiture en 2020. « Debout », il poursuit son combat appelant le 15 décembre à la création d’une « convention citoyenne ».

    M.R.

    Pénitentiaires en danger et détenus entassés

    Dans les prisons de la région, où la surpopulation peut dépasser les 200%, la tension monte. Après la prise d’otage de 4 personnels à Arles le 3 janvier, le 14 avril, c’est une attaque coordonnée en France qui touche la Farlède, cible de tirs à l’arme automatique, Tarascon ou Luynes avec des voitures brûlées ou tagués « DDPF » pour « Droits des prisonniers français ». En août, un rapport salé sur les conditions de détention écrit par la contrôleure générale des lieux de privation de liberté préconise la fermeture de la prison pour mineurs de la Valentine à Marseille. Mais les constructions se poursuivent. Un quartier haute sécurité est prévu à Luynes, les Baumettes 3 sont inaugurées le 16 décembre.

    M.R.

    La préfecture de police disparaît

    Un décret du ministre de l’Intérieur a enterré la préfecture de police des Bouches-du-Rhône le 16 juillet, pendant qu’en un an ont été nommés deux préfets et une préfète de police déléguée.

    Un conseil municipal et s’en va. Après un an dans le département, le préfet de police Pierre-Edouard Colliex a été nommé dans le Jura, le 12 mars, deux semaines après avoir défendu devant l’hémicycle municipal un bilan positif en matière de sécurité qui a fait bondir à droite. Avec son départ disparaît, après presque treize ans d’existence, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône, qui retourne dans l’escarcelle du préfet de région Georges-François Leclerc, nommé le 12 mars en remplacement de Christophe Mirmand qui, après un passage à la tête du cabinet des Outre-mer, est depuis le mois de juillet ministre d’État de Monaco.

    Le 13 mars, l’ancienne championne d’aviron Corinne Simon est nommée préfète de police déléguée de cette nouvelle organisation, confirmée par un décret daté du 16 juillet, signé par le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau. Le 30 octobre, Georges-François Leclerc quitte, à son tour, le département, nommé directeur de cabinet à l’Élysée. Un mois et demi plus tard, c’est l’ancien directeur général de la Sécurité civile Jacques Witkowski qui lui succède.

    Y.S.

    Et aussi

    23 avril. Opération Jumbo

    1 000 agents sur la voie publique, les routes, 7 compagnies de CRS sont déployés dans le département pour une opération Jumbo afin d’assurer « la sécurité du quotidien ».

    29 août. Des trafiquants « solidaires » à Orange

    La préfecture du Vaucluse interdit une distribution de fournitures scolaires dans le quartier de Fourchevieilles. Une initiative du « FV Gang », groupe lié au trafic de stupéfiants…

    14 octobre. La MDS des Flamants tire le rideau

    Les agents de la Maison départementale de la solidarité manifestent pour dénoncer la pression d’un réseau de narcotrafic. Seule solution trouvée : délocaliser la permanence à Arenc, d’abord l’après-midi. Depuis la mi-décembre c’est à plein temps, obligeant les habitants à se déplacer.

    25 novembre. Orange évacue les salariés

    Suite à des « incidents » devant les grilles du site d’Orange à Saint-Mauront (3e), les salariés sont évacués, la préfète de police assurant ne pas avoir de traces de rixes. La direction décide de fermer jusqu’à la mi-décembre. Le travail reprend sous vigilance policière.

  • À Sète, le lycée Joliot-Curie se bat pour arracher des moyens

    À Sète, le lycée Joliot-Curie se bat pour arracher des moyens

    Ils n’en peuvent plus de gérer la pénurie. Les personnels du lycée Joliot-Curie, à Sète, ont décidé de tirer la sonnette d’alarme et d’afficher un front intersyndical uni face à une situation qui se dégrade dangereusement.

    Après s’être rassemblés le 2 décembre devant l’entrée principale du lycée, ils ont sollicité, par le biais d’une intersyndicale au complet*, une audience au rectorat. Le 4 décembre, les représentants des parents d’élèves, des personnels et des élèves ont par ailleurs voté contre le budget du lycée lors du conseil d’administration.

    Au cœur de cette mobilisation : le manque de moyens. En termes de personnels, d’abord.  « Il manque au moins trois postes d’AESH [accompagnants d’élèves en situation de handicap, Ndlr] pour être en mesure d’accompagner tous les élèves qui ont une notification », assure Marine Trégan, professeure de philosophie au lycée Joliot-Curie et représentante de SUD Éducation. Les AED, assistants d’éducation, seraient également en sous-effectifs. « Certes leur nombre correspond à une moyenne académique, mais cela ne tient pas compte des spécificités de notre établissement. Le lycée est très grand, avec beaucoup de bâtiments, si bien que pour assurer une surveillance optimale et permettre une sécurité des élèves dans l’ensemble de l’établissement, on a besoin de plus d’AED. En outre, il se situe dans une zone particulièrement difficile socialement, sans que cela ne se traduise par un nombre accru d’AED », relève Marine Trégan. « Or il y a régulièrement des violences entre élèves dans notre lycée, et cette année on a une explosion », s’inquiète-t-elle.

    Le dispositif de lutte contre le harcèlement menacé

    Autre point noir soulevé par l’intersyndicale : la baisse globale du nombre d’heures allouées à l’établissement, « notamment des heures qui permettent aux collègues d’assurer des missions supplémentaires, alors même que ces missions ne cessent d’augmenter. Et on les trouve importantes », insiste Marine Trégan. Elle prend l’exemple du dispositif Phare de lutte contre le harcèlement scolaire. « À l’échelle d’un lycée de 2 000 élèves, c’est un travail colossal. Chaque semaine, une équipe réalise des entretiens avec des élèves témoins ou acteurs du harcèlement pour désamorcer des situations. Grâce à ce dispositif, l’année dernière plus de 80% des situations gérées ont été réglées. Sauf que les collègues ont déjà un arriéré de 80 heures qui n’ont jamais été payées et cette année, on nous a annoncé que les caisses étaient vides. Or une centaine d’heures Phare ont déjà été effectuées depuis septembre. Du coup le dispositif risque de s’arrêter », prévient la syndicaliste, inquiète de l’ampleur que pourrait prendre le harcèlement au sein de l’établissement. Pour les mêmes raisons de dotation horaire insuffisante, les enseignements obligatoires d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (Evars) pourraient également être remis en cause.

    Par ailleurs, contrainte de gérer la pénurie, la direction envisage de supprimer les primes pour les coordonnateurs de disciplines, ce qui « remettrait notamment en cause l’organisation des épreuves d’entraînement aux différents examens (Bac blancs, entraînements oraux, etc.) », explique la représentante de SUD Éducation. « Nous refusons de devoir sacrifier une de ces missions, et de les exercer de façon précaire ou bénévole ! » La balle est désormais dans le camp du rectorat.

    * SUD Éducation, CGT, FSU, CNT, Snetaa FO, Snalc

  • À Marseille, ils réclament un collège en plus dans le 13e

    À Marseille, ils réclament un collège en plus dans le 13e

    « Les collèges du 13e sont déjà au-dessus de leur capacité. Il y a un vrai besoin d’un collège en plus. » Dans la salle de l’union locale de la CGT à La Rose, ce mercredi, Maylis Merly, membre du collectif « un collège supplémentaire pour le 13e », explique pourquoi la relocalisation du collège Mallarmé, proposé ce mardi par le Département des Bouches-du-Rhône, ne les satisfait pas.

    Ce collectif, créé en mars 2024, réclame la construction d’un nouveau collège, constatant une augmentation démographique importante dans le 13e arrondissement. « Entre 2018 et 2024, il y a eu 600 collégiens en plus sur tout le 13e arrondissement, soit un collège complet », souligne Elena Izquierdo, membre du collectif.

    L’annonce, en juillet 2025, de la construction d’un collège à côté du lycée Simone-Veil aurait pu être une bonne nouvelle pour le collectif. « Mais, on a appris que ce n’est qu’une relocalisation du collège Mallarmé », se désole Maylis Merly. « Le collège devrait donc fermer d’ici 6 ans, lorsque l’autre établissement aura ouvert », précise Anaël Chauvet, professeur et membre du collectif. Le nouvel établissement devrait bénéficier de 200 places supplémentaires, ce qui, d’après le Département, « permettra d’accueillir le surplus d’élèves prévu sur cet arrondissement ». Selon le collectif, cela reste largement insuffisant.

    Moins de moyens

    Aux yeux des militants, le nombre de place limité n’est pas le seul point noir de cette relocalisation. « Leur argument pour fermer ce collège est le problème de sécurité lié au trafic. Mais retirer du service public dans ces lieux n’est pas une solution », affirme le professeur d’histoire-géographie. Le collectif craint également la perte de moyen. « Le collège Mallarmé est en REP+ (Réseau d’éducation prioritaire). Au vu de la nouvelle zone de construction et des coupes budgétaires, il y a peu de chances que le nouvel établissement conserve le même statut. Ce qui signifie moins de financement », estime Maylis Merly.

    Le collectif exige donc le maintien du collège de Mallarmé et la construction du nouveau collège. Le Département des Bouches-du-Rhône assure être « attentif à l’évolution de la démographie et savoir adapter sa stratégie de gestion des collèges si besoin ».

  • À Aix-en-Provence, les robes noires défendent le droit d’appel

    À Aix-en-Provence, les robes noires défendent le droit d’appel

    Chez les robes noires, le projet ne passe pas et ne sera pas digéré. Récemment le projet de décret « Rationalisation des instances en voie d’appel pour en garantir l’efficience » (Rivage), proposé en octobre par le garde des Sceaux a été soumis à consultation à différentes instances. S’il est adopté, le projet pourrait empêcher bon nombre de justiciables d’accéder aux instances d’appel et ses propositions « constituent une remise en cause frontale du droit d’appel tel qu’il existe en France », préviennent les avocats des barreaux du ressort de la cour d’appel d’Aix. Suivant un mouvement d’ampleur nationale et alors que Gérald Darmanin rencontre ce jour Julie Couturier, présidente du Conseil national des Barreaux, une délégation s’est rassemblée ce jeudi, sur les marches du Palais Verdun pour réaffirmer leur « ferme opposition au projet de décret ». « Pour rappel, ce décret, visant à réformer les voies d’appel prévoit de relever le seuil pour pouvoir interjeter appel d’une décision de première instance de 5 000 à 10 000 euros. Cela signifie que les décisions dont l’enjeu financier est inférieur à 10 000 euros ne seront plus susceptibles de contestation, le justiciable pouvant uniquement saisir la Cour de Cassation et ce sans aucune considération pour la complexité juridique de leur affaire », détaillent, d’une même voix, bâtonniers et vice-bâtonniers présents.

    Une « double peine »

    C’est une « double peine » pour les justiciables les plus modestes. Le texte prévoit entre autres et en plus, « de supprimer purement et simplement le droit d’appel dans certaines matières (…) une atteinte fondamentale au double degré de juridiction » et « d’instaurer un filtrage des appels au profit des présidents de chambre des cours d’appel (…) un magistrat unique pourrait désormais rejeter un appel sans débat contradictoire complet », indiquent les bâtonniers et vice-bâtonniers. La colère est d’autant plus grande chez les robes noires dans un contexte « criant » de manque de moyens : le décret est davantage perçu par la profession comme une « politique de gestion de la pénurie et une véritable confiscation du droit d’accès au juge (…) la justice ne doit pas devenir un simple instrument de réduction budgétaire. Il est au contraire nécessaire que soit fait un investissement à la fois financier et humain, avec plus de magistrats et plus de greffiers », rappellent les avocats des barreaux du ressort de la cour d’appel aixoise. « On se retrouve toujours avec des délais qui sont, à la cour d’appel d’Aix, de l’ordre de 3 ans. Dans ce décret, aucune réponse ne nous est apportée sur cette question que nous, bâtonniers du ressort rappelons systématiquement », rappelle Me Marie-Dominique Poinso-Pourtal, bâtonnière du barreau de Marseille.

    Plus de moyens réclamés

    « On a un manque de moyens criant de la justice. Répondre en supprimant le droit d’appel, c’est inadmissible », ajoute Jean-Michel Ollier, son vice-bâtonnier. « Ce sont les litiges en matière civile, commerciale et prud’homale qui pourraient être concernés par ce projet fait dans un but de gestion des flux et non dans un but d’instaurer l’accès à un juge pour tous, pourtant fondamental », insiste Me Monika Mahy-Ma-Somga, bâtonnière du barreau d’Aix-en-Provence, qui le rappelle : « Lors de la rentrée solennelle du barreau de Paris, le garde des Sceaux, présent a indiqué qu’il ne signerait rien sans l’accord des avocats (…) nous avons rendez-vous le 10 décembre avec le Premier président et nous lui réaffirmerons notre opposition totale à ce projet de décret », assure la bâtonnière.

  • Orange décide de fermer Saint-Mauront quinze jours

    Orange décide de fermer Saint-Mauront quinze jours

    Nouvel incident, ce jeudi 27 novembre, sur le site d’Orange à Saint-Mauront (3e). Pour le troisième jour consécutif, les salariés ont été appelés à se confiner suite à des affrontements au niveau de la station de métro National toute proche. Certains évoquant même des tirs. Mardi, la direction de l’entreprise de télécommunications leur avait demandé de ne pas quitter le site durant une demi-heure, le temps que la bagarre, visiblement à coups de club de golf, se calme. Ces « événements répétés » et la « montée des tensions dans le quartier », l’ont finalement conduit à fermer le site, dès ce vendredi, « pour une durée temporaire jusqu’à mi-décembre, le temps d’un retour à une situation apaisée ».

    « Les salariés auront la possibilité de se rendre sur d’autres sites ou d’utiliser le télétravail », précise-t-elle, assurant que leur « sécurité et bien être » restaient sa « priorité ». Concrètement, pour récupérer matériel ou véhicule, dans le cadre d’un « plan de continuité de l’activité » déjà mis en place durant l’épidémie de Covid, il leur faudra prendre rendez-vous.

    Dès mardi, la CGT Télécoms 13 avait déposé un droit d’alerte pour « danger grave et imminent », indique le syndicat dans un communiqué. Déplorant « l’absence de politique publique et les baisses constantes des budgets de la fonction publique », qui conduisent « à ce genre de décisions prises dans l’urgence », avec des salariés mis « devant le fait accompli », il rappelle que les habitants sont les premiers concernés « par les enjeux de sécurité publique ».

    Des risques connus

    Et de dénoncer l’attitude d’une direction qui n’a eu que « le souci économique », en fermant il y a deux ans des dizaines de sites sur Marseille et sa périphérie pour réaliser son projet à Saint-Mauront.

    « Les risques sont connus de longue date par l’employeur et par les pouvoirs publics. C’est d’ailleurs pour cela que la CGT revendique les bonifications pour l’ensemble des personnels travaillant en Quartiers Prioritaires de la Ville », précise la CGT au passage. Elle estime que « la seule fermeture du site sans plan clair ne constitue pas une réponse à la hauteur » et exige des mesures durables avec notamment « le renforcement de moyens humains et matériels », une « coordination avec les services de l’État pour sécuriser le périmètre autour du site ». Pour la CGT, hors de question d’abandonner un lieu qui « doit vivre ».

    La CFE-CGC a aussi déposé un droit d’alerte, indique Laurent, son représentant local, et a fait remonter l’affaire au niveau national. Dans un communiqué, Sébastien Crozier, président du syndicat chez Orange, évoque des personnels « terrorisés », et des « réponses de la DRH (…) laconiques ». Le syndicat « a sollicité un rendez-vous au ministre de l’Intérieur pour (…) protéger les personnels et ce site de télécommunication critique pour la ville de Marseille », poursuit-il, appelant « la puissance publique » à « rétablir l’ordre républicain ».

  • Baisses de subventions au CIDFF 34 : « On a dû fermer des permanences »

    Baisses de subventions au CIDFF 34 : « On a dû fermer des permanences »

    « Cette journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes est importante : il faut rendre cette question visible, notamment dans cette période de grande inquiétude sur notre capacité à assurer nos missions auprès de toutes les femmes, y compris les plus isolées et les plus précaires, celles vers lesquelles il faut aller en priorité », estime Aline Faucherre, présidente du Centre sur l’information des droits des femmes et des familles (CIDFF) de l’Hérault.

    Les CIDFF – il en existe une centaine en France – constituent le premier réseau pour l’accès au droit des femmes en France, avec la mission de les rendre actrices de leur autonomie personnelle, professionnelle et sociale. « Les CIDFF ont des juristes qui informent gratuitement les femmes sur leurs droits. Sachant que notre CIDFF héraultais s’est voulu dès le début très engagé sur la question des violences faites aux femmes, qui est un signe flagrant – peut-être le plus évident – de l’inégalité persistante entre les femmes et les hommes », souligne Aline Faucherre.

    Chaque année, l’association reçoit 17 000 personnes, dont 80% de femmes – il y a aussi des couples qui viennent pour de la médiation familiale -, dans l’un de ses 50 points d’accueil répartis sur le département. « Mais avec les baisses de subventions, nous avons dû fermer des permanences dans des endroits où des femmes venaient et où le besoin existait. Par exemple Lunel, une permanence sur le Biterrois aussi », déplore la présidente du CIDFF 34. « On a dû réduire la voilure mais jusqu’ici on a pu maintenir l’activité, sans opérer de licenciements [il y a eu des départs non remplacés, Ndlr.] », souligne Aline Faucherre.

    En juin, l’ensemble des CIDFF avaient fermé symboliquement une journée pour obtenir de l’État l’argent nécessaire au financement du Ségur de la santé. « On a été heureusement surpris quand, en août 2024, on nous a dit que nos salariés y étaient éligibles, mais on a été très refroidis quand on s’est rendu compte que l’État n’avait pas prévu de nous verser les 5 millions nécessaires à ces augmentations. Finalement notre mobilisation a porté ses fruits pour 2025, mais l’inquiétude demeure pour 2026. »

    « 10% de moins partout »

    Outre cette question du Ségur, les CIDFF font face à une baisse généralisée des subventions : « Globalement il y a 10% de moins partout. Ou presque : du côté des CAF, dans l’Hérault, on est très bien soutenu, par exemple. Mais je ne jette pas la pierre, je sais que les collectivités comme les départements ou les mairies, sont très en difficulté », soupire Aline Faucherre.

    La question est : que fait l’État pour financer cette prétendue « grande cause nationale » ? « Quand l’Espagne, il y a plus de 20 ans, a fait des violences faites aux femmes une grande cause nationale, il y a eu un plan transversal avec de la prévention, de la répression, des financements, des tribunaux spéciaux, de l’éducation, des personnels qualifiés… un plan pluridisciplinaire qui a coûté très cher. La Fondation des femmes disait, il y a deux ans, qu’il manquait en France un milliard pour les droits des femmes. Ce milliard manque toujours… On n’a eu que des coups de pouce », déplore la présidente du CIDFF 34.

    Or « qui dit moins de subventions dit moins de professionnels de premier recours sur les territoires. Il y a un lien avec l’augmentation des féminicides : les femmes qui meurent sont celles qui n’ont trouvé personne à qui parler, et qui restent dans leur enfermement, sous l’emprise du conjoint violent ». Face à ces fermetures contraintes de permanences, l’association cherche des solutions. « Il y a par exemple des départements qui ont mis en place des bus itinérants. On peut aussi imaginer des permanences dans des Maisons France Services ou des visio… On est au début d’une réflexion pour trouver comment pallier ce manque, afin de rester présentes auprès de celles qui en ont le plus besoin. Car ce sont les femmes isolées, dans les territoires ruraux, qui sont les plus vulnérables. »