Tag: mouvement social

  • Le piquet de grève se poursuit à l’ex-Holiday Inn à Marseille

    Le piquet de grève se poursuit à l’ex-Holiday Inn à Marseille

    « Le piquet de grève tient bon. » Ce lundi, Toufiq Ghodbane, représentant syndical de la CNT-SO 13 sur l’hôtel Marseille Saint-Charles fait part de la détermination des grévistes de l’ex-Holiday Inn, en mouvement social depuis une semaine. Pour rappel, ils contestent plusieurs « licenciements économiques » au sein de l’établissement. « On n’a toujours rien de concret et on attend des réponses de la direction, pas de documents officiels qui prouveraient des difficultés économiques », développe le syndicaliste. Gaelle Barbero, défenseure syndicale pour la même organisation syndicale précise qu’il y a bien des discussions avec la direction du groupe Alboran, propriétaire de l’hôtel. Mais ces dernières « ne donnent rien ». « Ils ne reviennent pas sur les licenciements. Nous essayons de négocier un protocole d’accord avec des garanties de réembauches, des indemnités pour les licenciements, des possibilités de ruptures conventionnelles, etc. », précise-t-elle. Avant de tempêter : « La direction a dit qu’elle allait étudier nos propositions mais nous n’avons pas encore de retour. »

    En bref, des négociations tendues mais pas complètement fermée non plus. Le tout, alors que les premières convocations pour des entretiens préalables à licenciement débutent ce mardi. Karima Malagouen, coordinatrice de petit-déjeuner de l’hôtel, est concernée par ces entretiens puisqu’elle fait partie des salariés visés par les procédures de licenciement. « Cela fait 15 ans qu’on est sur l’établissement, c’est un hôtel qui cartonne, je ne crois pas à l’argument des difficultés économiques », conclut-elle.

  • Mouvement social des agents du conservatoire de Marseille

    Mouvement social des agents du conservatoire de Marseille

    Pas d’ouverture à l’heure pour le conservatoire Pierre Barbizet (situé au Palais Carli, dans le 1er arrondissement de Marseille), ce lundi. Cet établissement de l’Institut national supérieur d’enseignement artistique Marseille Méditerranée (Inseamm) fait face à un mouvement de grève des agents d’accueil et de surveillance depuis ce lundi. La CGT a déposé un préavis de grève qui court jusqu’à la fin du mois, à coup de deux heures le matin puis l’après-midi.

    Les agents revendiquent pêle-mêle « une revalorisation financière et indemnitaire, une amélioration des conditions de travail avec l’aménagement d’un vrai espace de repos… ». Exemple concret : ils réclament une hausse de plusieurs centaines d’euros du CIA (complément indiciaire annuel, l’équivalent d’une prime, lire notre article du 29/12). « Il y a aussi une demande de recrutements de plusieurs agents », ajoute Richard Alzéal, secrétaire général CGT cadres des territoriaux de la Ville de Marseille.

    La direction juge les revendications légitimes

    Contacté, Raphaël Imbert le directeur général de l’Inseamm, explique ne pas voir d’un mauvais œil les revendications des agents qu’il juge « légitimes ». S’il se dit « ouvert » aux discussions et « à l’écoute », il nuance ses possibilités d’action au regard « du contexte budgétaire restreint » de l’institut. « On est dans une situation budgétaire complexe et soumis à des problématiques du fait du statut de l’institut », précise-t-il. Par exemple, sur la revendication d’une salle de repos dédiée, il renvoie « aux contraintes bâtimentaires ». Et sur le CIA : « On verse le montant maximum alloué par la Ville, on est dans le dialogue autant que faire se peut. » Reste à savoir si cela convainc les grévistes. « Sur le CIA, c’est le maximum oui, mais il est divisé par trois comparé à avant », répond un agent. Si une première discussion a eu lieu, les agents et la CGT poursuivent la grève.

  • Fin de grève à Arkema et une « victoire collective » pour la CGT

    Fin de grève à Arkema et une « victoire collective » pour la CGT

    Pas d’effusion de joie mais une « victoire sur la forme » pour les salariés marseillais d’Arkema. Ce mardi a marqué la fin du mouvement social entamé le 11 décembre dernier sur le site marseillais de l’entreprise de chimie. Les travailleurs ont voté la fin de la grève en assemblée générale après treize jours de grève à l’appel de la CGT, sur fond de bras de fer pour des augmentations de salaires.

    « Nous ne sommes pas complètement satisfaits des résultats des négociations. La proposition de la direction générale est entendable mais on est surtout satisfaits de l’avoir obligé à renégocier », expose Sébastien Jonas. Preuve de la difficile équation à laquelle ont fait face les grévistes : « La reprise n’a été votée que d’une courte majorité, ça s’est joué à 6 voix près. Les salariés sont partagés ». Pour rappel, la CGT avait appelé à la grève suite à des négociations annuelles obligatoires (NAO) jugées « méprisantes » où la direction ne proposait que 1,2% de hausse de salaire et un « talon », c’est-à-dire l’augmentation plancher de salaire, à 35 euros, la plus basse depuis 2002 selon les calculs syndicaux. Suite au bras de fer, ce talon passe à 50 euros, ce qui bénéficie « largement aux salaires médians » de l’entreprise [lire notre article du 23/12, Ndlr.]. Cerise sur la gâteau avant les fêtes de fin d’année : la CGT arrache aussi une « prime de résultats de 400 euros » alors qu’elle n’était pas prévue à l’origine.

    « Des convictions »

    « On est fiers du travail collectif et de la mobilisation qui a été menée. Pour tenir 13 jours d’arrêt de fabrication, il faut avoir des convictions », positive Sébastien Jonas. Si son organisation revendiquait 160 euros de hausse de salaire pour tous, elle faisait face au départ à une direction générale « qui ne voulait pas réouvrir les NAO ». D’où la satisfaction « de l’avoir forcé à bouger ». Autre « victoire » syndicale : des bougés au niveau des emplois. « Il n’y a pas d’engagement écrit mais on avance sur la question des départs à la retraite non remplacés. La direction en évoque 150, mais on a maintenant bon espoir de réduire largement ce chiffre », développe le syndicaliste.

    En contact direct avec les autres sites en grève de l’entreprise grâce à un système de visioconférence, les salariés marseillais ont fait remonter leur décision à la coordination CGT. Avant que cette dernière appelle officiellement à « suspendre le mouvement de grève ». Puisque la majorité des assemblées générales qui se tenaient au même moment dans les usines homologues se sont aussi prononcées en faveur de la reprise du travail. « Les résultats des assemblées ont été serrés sur tous les sites, tous sauf un ont voté contre la reconduction », expose Sébastien Jonas. « On a gagné la bataille psychologique, on les a fait revenir à la table des négociations », se félicite Emmanuel Grandjean, coordinateur CGT, lors de la visioconférence.

    Au pic du mouvement, les travailleurs de plus d’une dizaine d’usines suivaient la grève, avec des appels aux débrayages de quelques heures pour certaines ou un arrêt total de la production pour d’autres. Une première depuis belle lurette pour l’un des leaders mondiaux des matériaux de spécialités : la dernière grève d’ampleur à Marseille remontant à 2021. D’où la conclusion de la coordination CGT qui évoque « une victoire collective », insistant sur « l’unité des sites » dans cette bataille.

  • Les salariés d’Arkema votent en faveur de la reprise du travail

    Les salariés d’Arkema votent en faveur de la reprise du travail

    Le vote était serré, à 6 voix près, comme dans plusieurs autres sites du chimiste français qui étaient dans le mouvement social.

    Après avoir dénoncé des négociations annuelles obligatoires (NAO) « méprisantes », ils arrachent une hausse du talon, l’augmentation minimale, qui passe de 35 à 50 euros ainsi qu’une prime d’intéressement de 400 euros, contre 0 initialement. La coordination CGT des usines françaises d’Arkema se positionne en faveur de la suspension du mouvement.

  • Des hausse de salaires en négociation à Arkema

    Des hausse de salaires en négociation à Arkema

    « On les a fait revenir à la table des négociations et c’est une première victoire ! » Ce lundi, la CGT d’Arkema fait part de bonnes nouvelles dans le bras de fer qui l’oppose à la direction générale du chimiste français. En grève depuis le 11 décembre dernier suite à des négociations annuelles obligatoires (NAO) jugées « méprisantes » par l’organisation syndicale, le mouvement social est peut-être à un tournant. « La grève s’est poursuivie ce week-end et continue jusqu’à ce mardi où nous allons tenir une assemblée générale sur le site puis entre les usines qui sont dans le mouvement », expose Sébastien Jonas, secrétaire de la CGT Arkema Marseille. Avant de se féliciter : « Il y a eu une forme de réouverture des négociations avec la direction générale dimanche soir. La prime de résultats pourrait passer à 400 euros, en lieu et place de 0. Et le talon, c’est-à-dire l’augmentation plancher, passerait à 50 euros contre 35 initialement. » Si le conditionnel est de mise pour l’heure, reste que le syndicaliste confirme bien que « des discussions » sont en cours.

    Concrètement, cette proposition n’est pas complètement à la hauteur des demandes de la CGT, qui revendique une hausse de salaire de 160 euros pour tous. Et la direction générale table toujours sur une augmentation de seulement 1,2%. Mais la nouvelle proposition mettrait plus que du beurre dans les épinards des travailleurs. « La hausse de l’augmentation minimale avantage les salaires médians, ça toucherait les ouvriers et employés plutôt que les hauts salaires », développe Sébastien Jonas.

    La menace du chômage technique plane toujours

    D’autant que les travailleurs, grévistes ou non, étaient sous la menace d’une mise en chômage technique puisque la production sur plusieurs sites, dont celui de Marseille, est à l’arrêt depuis plus de 10 jours. « Il y a une application du chômage technique disparate et prudente. L’usine de Saint-Auban est concernée par exemple. À Marseille, il y a eu des lettres envoyées vendredi mais il y a une certaine frilosité à le mettre en œuvre », détaille Sébastien Jonas. Le syndicaliste renvoie au Comité social et économique (CSE) extraordinaire qui s’est tenu jeudi dernier (lire notre article du 19/12). Une instance durant laquelle la CGT avait prévenu qu’elle « attaquerait en justice la mesure ».

    Pour l’heure, ni la suspension ni la reconduction du mouvement n’est actée. « On adopte une position relativement neutre avant l’assemblée générale. On va faire part des propositions de façon transparente et la base décidera », conclut Sébastien Jonas.

  • Le bras de fer se poursuit entre salariés et direction d’Arkema

    Le bras de fer se poursuit entre salariés et direction d’Arkema

    « Le dialogue social avec notre direction générale est extrêmement tendu ! ». Ce vendredi, les salariés d’Arkema Marseille ne voient pas de bonnes nouvelles pointer le bout de leur nez à l’horizon.

    Ils poursuivent leur mouvement de grève, reconduit jusqu’au mardi 23 décembre après avoir été entamé le 11 décembre. « On a reçu la visite d’huissiers sur le site, ce vendredi, et l’on sait que des camarades d’autres sites ont eu le même traitement », explique Rémi Thuaire, délégué syndical de l’usine. La veille, un comité social et économique (CSE) extraordinaire s’était tenu sur le site phocéen, avec au menu la potentialité d’une mise au chômage technique pour une partie des salariés (lire notre article du 19/12). Dans le même temps, des instances similaires se déroulaient sur d’autres sites du chimiste français. Selon la CGT, plus d’une dizaine d’entre eux sont concernés, à des niveaux différents, par le mouvement social. Pour certains, des débrayages de quelques heures ont lieu quand la production est totalement à l’arrêt pour d’autres. C’est le cas du site marseillais, classé Seveso seuil haut, du fait de sa production particulièrement sensible. D’où la menace de chômage technique. « La direction générale souhaite sa mise en place et le justifierait car il n’y a pas de production », expliquait jeudi, Philippe Gomez, directeur général du site marseillais. « Les chefs de service ont distribué des lettres de mise en chômage technique à certains salariés dans la journée, par exemple à des travailleurs du laboratoire », confirme Rémi Thuaire, vendredi en début de soirée. Il note que le dispositif est mis en place « lundi et mardi prochain », c’est-à-dire jusqu’à la fin de l’actuel appel à la grève.

    Une production sensible

    à l’arrêt

    Rappelons que l’usine produit de l’acide amino-undécanoïque, une matière première pour la fabrication d’un plastique technique, le polyamide 11 Rilsan®, issu de l’huile de ricin. Si des discussions ont lieu entre la CGT, à l’origine de la grève, et la direction générale, reste que cette dernière dénonçait, à l’AFP, un mouvement qui met « en péril des activités concurrencées en France pour lesquelles ces clients […] trouveront aisément d’autres solutions d’approvisionnement ». En clair, pas d’avancées concrètes, sur une hausse de salaire supérieure à ce que la direction proposait pour les négociations annuelles obligatoires (NAO). Celle-ci tablait sur une augmentation de 1,2% quand la CGT réclame une hausse de 160 euros de salaire pour tous.

  • En Provence, multitude de soutiens locaux à Sophie Binet

    En Provence, multitude de soutiens locaux à Sophie Binet

    Front commun du mouvement social provençal pour soutenir Sophie Binet. Après la mise en examen de la secrétaire générale, pour injure publique, suite à sa déclaration « les rats quittent le navire » lorsqu’elle avait été interrogée à propos des menaces de délocalisations par de grands patrons, nombreuses sont les organisations à lui faire part de leur solidarité. « Le Comité régional CGT Paca et les six Unions départementales qui le composent prennent acte du cap qui est franchi. Nous souhaitons assurer à notre secrétaire générale de notre soutien infaillible », tonne le Comité régional CGT dans un communiqué diffusé ce vendredi, qui assure : « Sophie Binet a raison. » « Elle a raison de dire que le patronat organise sa désertion fiscale, refusant la moindre contribution financière à la patrie républicaine », martèle-t-il. Avant de prévenir : « Nous souhaitons aussi assurer ceux qui sont à l’origine de cette mise en cause que nous mesurons parfaitement le message qu’ils adressent à la CGT et aux travailleurs de ce pays. » La FSU 13 va dans le même sens : « S’en prendre à Sophie Binet, c’est s’en prendre à l’ensemble du monde du travail. Ce qui est une injure, c’est l’attitude du patronat et sa volonté d’aller toujours plus loin dans la casse des conquis sociaux.» Côté politique, le secrétaire départemental du PCF des Bouches-du-Rhône et sénateur, Jérémy Bacchi se dit « scandalisé » par cette mise en examen et « pleinement solidaire avec elle ». « Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt. On est sur une manœuvre de diversion alors que des milliards d’euros échappent chaque année à la solidarité nationale », tacle-t-il. Avant de développer : « Lorsque le milliardaire Arnault, plus riche Français de tous les temps, est mis à l’index par Sophie Binet, il pousse des cris d’orfraie. »

    « Les chantres d’un capitalisme apatride »

    Même retour du côté de la fédération varoise des communistes qui met également le focus sur le contexte de sa déclaration : « Il s’agissait de viser un comportement patronal insupportable ! Les mêmes qui ont bénéficié des largesses de l’argent public durant des années (…) et menacent de quitter le pays. » Et de dénoncer : « Ils sont les chantres d’un capitalisme apatride s’exonérant de toute responsabilité sociale pour leur pays ! » La maire (GRS) des 1er et 7e arrondissements de Marseille, Sophie Camard a tenu également apporter son soutien. « Un pays qui n’arrive même plus à comprendre les différents registres de sa langue va vraiment très mal », s’inquiète-t-elle. Du côté du NPA-A, on dénonce aussi « le grotesque d’une plainte contre l’usage d’une expression bien banale ». Et d’asséner : « Oui, les grands patrons et actionnaires sont bien des rapaces qui vivent sur notre travail

  • Les agents de sécurité de Grand Littoral se mobilisent

    Les agents de sécurité de Grand Littoral se mobilisent

    « On fait face à des agressions verbales tous les jours et les agressions physiques sont récurrentes. » Kamel Benmohammed, représentant syndical de la section syndicale de la CGT Prévention Sécurité 13 sur le centre commercial Grand Littoral, dans le 16e arrondissement de Marseille, fait part d’une « insécurité présente et indéniable » sur le site. « On a déjà eu des agents agressés à l’arme blanche, d’autres renversés par des voitures », énumère-t-il, en amont d’un mouvement social qui se déroulera ce vendredi. Son organisation a déposé un préavis de grève de 24 heures et prévoit un rassemblement avec un piquet de grève au niveau de la porte 4. Ils œuvrent pour la société Triomphe Sécurité, en charge de la sécurité du site.

    « Ça décourage les agents »

    « Dernier fait en date : une personne avait volé une veste dans un magasin, la police arrive et constate les faits. Elle lui passe les menottes mais l’a finalement laissée partir… Après, certains voleurs reviennent narguer les agents ! Et ça les décourage », développe Kamel Benmohammed. D’où la demande d’une juste reconnaissance « des risques réels » pris par les petites mains de la sécurité dans ce centre commercial majeur de Marseille avec une « prime de risque à hauteur de 150 euros environ ».

    La CGT Prévention Sécurité 13 met aussi sur la table d’autres revendications salariales. « On veut la revalorisation de la prime de Noël qui n’a pas bougé depuis des années. C’est pareil pour la revalorisation des coefficients de salaire… On ne demande pas la lune », poursuit le syndicaliste.

    Contactée, la société Triomphe Sécurité n’a pas encore répondu à nos sollicitations.

  • La Sécurité sociale défendue coûte que coûte à Marseille

    La Sécurité sociale défendue coûte que coûte à Marseille

    La banderole intersyndicale qui ouvre le cortège de la manifestation marseillaise, ce mardi, adresse un message clair au gouvernement et aux parlementaires qui redébattent du budget de la Sécurité sociale au même moment : « Contre les budgets d’austérité, pour une juste répartition des richesses, pour une retraite à 60 ans ! ». Partis des Réformés en direction de la préfecture en passant par le cours Lieutaud, les quelque 15 000 manifestants, « s’inscrivent dans la droite lignée des deux précédentes mobilisations en septembre et octobre », comme le résume Franck Balliot, cosecrétaire de la FSU 13.

    Si ce n’est pas la foule des grands jours sur la Canebière, reste que la détermination des militants présents ne vacille pas. Et d’autant plus lorsqu’il s’agit de défendre la Sécurité sociale, alias « la Sécu » ou encore « le bien commun », comme l’appelle un bon nombre de manifestants. « C’est ce qui permet de surmonter les crises. On l’a vu pendant le Covid et pendant celle de 2008. Malgré l’attachement des Français, les gouvernements attaquent la Sécu depuis des décennies, petit bout par petit bout. Nous, au contraire, on prône le 100% soins prescrits, 100% soins remboursés », développe Franck Balliot.

    Avec le PLFSS 2026 qui revient sur la table des députés, les militants ont de quoi monter au créneau contre un paquet de mesures jugées plus régressives les unes que les autres. Jean-Marie Angelli, secrétaire général de la CGT CPAM 13 (Caisse primaire d’assurance maladie) en a un exemple : « Revenir sur la prise en charge de certaines maladies, des maladies lourdes. » Et de dénoncer « une ligne rouge franchie ». D’autres manifestants pointent le doublement des franchises médicales ou encore la diminution de la prise en charge de certains médicaments. « Ils font payer aux assurés et aux plus précaires ce qu’ils ne veulent pas chercher chez le grand patronat. Petit à petit, ils font tout pour qu’on se dirige vers la mort de la Sécu », développe-t-il.

    Entre quelques jets de pétards des agents portuaires du GPMM et dockers de Fos, il reste tout de même positif : « En ces 80 ans de la Sécu, heureusement qu’il y a encore des forces vives qui se battent pour elle. » Et de préconiser « un retour à la base » pour le modèle social français. Comprenez par-là « un financement par la cotisation, pour tout le monde, en mettant fin aux exonérations et aux cadeaux fiscaux au grand patronat ».

    Car l’objectif du jour est bien de poursuivre une forme de pression du monde du travail sur les parlementaires et le gouvernement. « On ne veut pas que les économies qui sont prévues se fassent sur le dos des travailleurs, sur le dos des malades, des retraités ou de nos enfants », rappelle Maxime Picard, secrétaire départemental de Solidaires Finances publiques. Il analyse le projet gouvernemental : « Les gouvernements libéraux s’attaquent aux constructions collectives des travailleurs, ce qu’est la Sécurité sociale. Et l’on est sur la même logique : faire payer à certains et pas à d’autres. » En bref, une mobilisation pour défendre un modèle qui protège les plus précaires. Si la trêve des confiseurs approche, un autre rendez-vous est déjà fixé au samedi 6 décembre, pour défendre la prime de Noël à l’appel de la CGT Chômeurs 13.

    « Il y a encore des forces vives qui se battent pour la sécu’ »

  • Des embauches plus que symboliques pour les salariés de la Centrale de Gardanne

    Des embauches plus que symboliques pour les salariés de la Centrale de Gardanne

    Enfin, la lumière au bout du tunnel pour les salariés de la Centrale de Gardanne. En sous-préfecture d’Aix-en-Provence, ce mercredi, représentants des salariés, de l’État, de l’association des travailleurs du site et de la CGT se sont réunis pour des signatures de contrats de travail inédites. Inédites, car le projet industriel qu’ils portent depuis plusieurs années, fruit d’âpres luttes syndicales et d’innombrables conflits sociaux, devient enfin concret.

    Après la fermeture de la centrale à charbon en 2018, depuis reconvertie en centrale biomasse, l’idée de la création d’une unité de production d’énergie sur le site, qui permettrait la réembauche des salariés licenciés du fait de la fin du charbon, avait germé. Cette idée est désormais une réalité avec la signature des trois premiers contrats de la société d’exploitation Provex, issue du travail de l’Association des travailleurs de la Centrale de Gardanne (ATCG) porteuse du projet « BioMéthane Provence ».

    « On a toujours eu les idées claires pour l’avenir, on avait l’exemple des Fralib… Comme quoi la lutte paie ! », se réjouit Michaël Bounoua, pour la CGT du site. « C’est une journée un peu exceptionnelle qui scelle dans le marbre un combat de 7 ans », renchérit Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du Grand port maritime de Marseille (GPMM) et représentant l’UD CGT 13 ce jour. Même le sous-préfet d’Aix, Mathieu Gatineau, s’affiche grand sourire : « c’est la clôture heureuse d’un épisode social douloureux. » Avant de développer : « C’est la fin d’un épisode historique et le début d’une nouvelle ère que nous espérons tous. Les travailleurs de la centrale ont été dans l’innovation. »

    Une nouvelle ère qui devient concrète pour Nicolas, Khalil et Bouziane, qui signent un contrat au statut des travailleurs des Industries électriques et gazières (IEG). Tous ont été licenciés du site, deux sont issus d’un sous-traitant de GazelEnergie, propriétaire de la Centrale, mais ont quand même « subi de plein fouet le plan de licenciement puisqu’ils étaient avec la CGT dans le mouvement social ». Le troisième a directement été visé par le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) mené à la centrale, en 2021, et fait partie des « 27 licenciés » pour lesquels les travailleurs de la Centrale se sont tant battus.

    À l’origine, 90 travailleurs de la Centrale étaient concernés par ce PSE, dont une « quarantaine de licenciés contraints ». Mais, entre les départs à la retraite et ceux qui ont préféré partir pour d’autres horizons, on arrive aux fameux 27. Lesquels ont été soumis à un congé spécifique d’accompagnement (CAS), dispositif mis en place suite à la fin du charbon, qui devait bientôt prendre fin pour la plupart, impliquant donc du chômage pour ces derniers. Mais il faut retenir que tous vont être réembauchés, à terme, grâce à BioMéthane Provence. « Une solution a été trouvée pour chacun », insiste Mathieu Gatineau. « C’est ce qui nous a animés : que chaque salarié retrouve un emploi », abonde Loïc Delpech, président de l’ATCG (lire entretien ci-contre).

    « Décarboner en créant

    de l’emploi »

    Après ces trois recrutements, une deuxième vague de huit autres salariés est prévue, le mois prochain, puis le reste des licenciés d’ici janvier 2027. À terme, le projet prévoit une cinquantaine d’emplois directs. « Même si ça a été un sentier long et tortueux, on salue la responsabilité des autorités, qu’il a fallu bousculer, par des mots et par moments », note Pascal Galéoté. Avant de souligner « le travail colossal » des salariés pour faire aboutir le projet et d’applaudir « l’exemple de ce que peut amener la lutte ».

    Un exemple à plus d’un titre, notamment sur le plan industriel et écologique. Maël Disa, fondateur de Gazotech, entreprise nantaise et associée aux salariés pour la création de Provex, loue une « première étape d’un projet de reconversion sociale qui est bien plus large : un projet industriel neuf sur le site de la Centrale ». Il rappelle que l’industrie à venir est « ambitieuse, quasi une première mondiale », puisqu’elle s’appuie sur de la récupération de bois déchet et un procédé de pyrogazéification pour la création de biogaz et son injection dans le réseau. « Et, ultimement, être liquéfié pour servir de carburant GNL [Gaz naturel liquéfié] pour les navires », développe-t-il. Avant de préciser : « On est sûr un projet circulaire, avec des intrants locaux, qui sinon partiraient ailleurs par camions. Et avec une récupération des cendres pour en faire du biocharbon qui remplace le fossile ». En bref : « Décarboner tout en créant de l’emploi. »

    Encore des étapes à franchir

    « On va continuer à accompagner le projet, sur le plan financier avec une partie des études qui restent à faire et aider à aller chercher des financements auprès de l’ensemble des partenaires institutionnels », précise le sous-préfet, Mathieu Gatineau. Car il reste bien quelques étapes d’importantes. Comme le résume Pascal Galéoté : « On ne parle pas encore de victoire, car le chemin est encore long. » Et notamment « des études qui doivent permettre l’aboutissement total du projet », précise Loïc Delpech. Et aussi une « autorisation environnementale à faire instruire ». Le tout étant intrinsèquement lié à l’activité de la centrale de Gardanne, dont l’arrêté préfectoral d’autorisation d’exploitation avait fait l’objet de débats juridiques et d’une nouvelle enquête publique, cette année.