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  • « Le blocage, c’est notre seule arme »

    « Le blocage, c’est notre seule arme »

    Ils étaient une vingtaine début août, ils sont désormais plus de 300. Étudiants, chômeurs, salariés… Syndicalistes, gilets jaunes, apolitiques, ou rien de tout ça. Chaque mardi, ils sont de plus en plus nombreux à se regrouper sur les marches du Corum, à Montpellier, pour organiser la riposte contre la casse sociale et l’austérité programmée par le Premier ministre François Bayrou, et « tout bloquer ».

    « Il faut s’engager sur une action pour tracter et créer des affiches. Il faut communiquer, la masse montpelliéraine n’est pas encore au courant. Si on ne leur dit pas on va se retrouver tout seuls ! », prévient Daniel en début d’AG. Pour lui, hors de question de laisser « le carnaval de Bayrou » et son vote de confiance freiner l’expression de ce « ras le bol populaire ». Dans la foulée, un autre abonde : « Je suis content de voir que tout le monde est “déter”! Derrière Bayrou et le gouvernement, il y a le patronat qui s’enrichit sur notre dos. Il faut arriver à créer des collectifs de lutte dans un max d’entreprises », argue-t-il.

    Sur les marches du Corum le 26 août, un volontaire prend les tours de parole ; un autre s’occupe du compte rendu ; une autre encore organise le groupe Signal qui permettra de drainer toutes les infos du mouvement local. On évoque aussi l’éventualité de monter une caisse de participation pour l’impression des tracts, ainsi qu’un appel aux dons pour alimenter la cantine populaire qui devrait nourrir les manifestants et les préposés aux barrages filtrants, tels qu’ils et elles les imaginent déjà pour le jour J. Sur les marches également, un militant a mis en libre-service des manuels pour guider les manifestants en cas de garde à vue.

    « Je voulais évoquer deux idées, avance encore un militant au micro. Si on veut bloquer l’économie, il faut viser la production et les transports ! Deuxième chose : il faut qu’on arrive à se compter, pour se donner de la force et de la catharsis… Il va donc falloir prévoir une AG le 10, et organiser la suite  : le 11, le 12 etc. »

    Tout au long de ce début de soirée, la question de l’indépendance de ce mouvement social est revenue à plusieurs reprises, comme un leitmotiv. « Jusqu’à présent, si on a décidé de s’organiser sans chef, c’est pour ne pas ressembler aux partis ou aux syndicats  », lâche un ex-gilet jaune au micro. « Il faut sortir des manifestations à pancartes. Ce qui nous manque, c’est une petite étincelle, un brin de folie, un petit truc en plus qui fait que cette fois c’est différent. Un truc qui fait que ça va marcher », espère un étudiant.

    Depuis les prémices de l’appel à tout bloquer, qui remonte approximativement au printemps dernier, le mouvement a pris de l’ampleur. Horizontal, populaire, multiforme et libre de toute appartenance politique, il a clairement déplacé son curseur vers la gauche depuis les premiers appels issus des sphères conspirationnistes et souverainistes. Désormais, sur Telegram, les militants des groupes d’Occitanie y causent aussi écologie, antiracisme et féminisme… Rassurés par la vague populaire et les valeurs véhiculées lors des premières AG, au fil de l’été, de nombreux mouvements de gauche ont donc soutenu l’appel, comme LFI, le PCF, les socialistes, les écologistes, mais aussi les syndicats CGT, FSU, et Solidaires, seule organisation à appeler à la grève ce jour-là…

    « L’extrême droite n’a rien
    à faire
    dans nos mouvements »

    Présents dans l’AG, nombre de ses militants ont tenu à apporter leur soutien au groupe sans badge ni drapeaux, et à se mettre à disposition de la mobilisation. « Le syndicat n’est pas un métier, c’est un outil », a rappelé une militante de Sud Collectivités territoriales. « On ne pourra pas faire l’économie de se réunir tous ensemble à un moment donné. La manifestation est nécessaire, ne serait-ce que pour se compter », a ajouté un représentant de Sud éducation, avant d’appeler à la vigilance vis-à-vis de l’extrême droite. « Ils n’ont rien à faire dans nos mouvements. Eux, ils sont avec les bourgeois et les racistes ! »

    En marge de l’AG, Barnabé* soupire : « Ce qui nous réunit aujourd’hui, c’est le blocage. C’est la seule arme des travailleurs et des sans-emploi. » Membre actif des Gilets jaunes du rond-point de Prés d’Arène, Daniel abonde : « Il faut qu’on arrive à montrer au gouvernement notre colère et notre mal-être… » Pourtant, à la question de savoir s’il a espoir de voir le mouvement arriver à ses fins, il reste sceptique. « Je suis quelqu’un qui agit sans espoir, mais je n’ai pas d’autre solution. »

    * Prénom d’emprunt.

    À Montpellier, l’appel du 10 septembre prévoit des blocages autoroutiers, une manifestation à 11h place de la Comédie, et une AG qui devrait se dérouler dans le courant de l’après-midi pour organiser l’avenir du mouvement.

    À Nîmes, un rassemblement
    est prévu le 10
     septembre, à 7h au stade des Costières, pour organiser les différentes actions. La manifestation devrait ensuite démarrer à 14h devant le taureau de l’avenue Jean-Jaurès.

  • Montpellier bannit le thon de ses cantines

    Montpellier bannit le thon de ses cantines

    Plus une miette de thon dans les cantines… C’est le nouveau mot d’ordre dans les réfectoires de Montpellier et de sept autres villes de France (Bègles, Grenoble, Lille, Lyon, Mouans-Sartoux, Paris et Rennes).

    Cette décision fait suite à l’étude de l’association Bloom, révélant l’ampleur de la contamination du thon au mercure, publiée il y a pile un an. « L’association nous a contactés, parce qu’on était déjà dans cette logique d’amélioration de la qualité des produits servis, tant en termes de santé que de respect du bien-être animal, de l’environnement et de la biodiversité… », explique Marie Massart, adjointe en charge des questions alimentaires.

    Étrangement, la réglementation européenne autorise un taux de mercure trois fois plus élevé pour cette espèce (1mg/kg), que pour d’autres produits de la pêche, type crustacés (0,3mg/kg). Or une fois ingéré, ce neurotoxique peut se loger dans le cerveau et avoir des effets néfastes. La documentation scientifique est claire, et évoque un impact inquiétant sur le développement neuronal des plus jeunes : baisse de QI, troubles neuromoteurs, troubles du comportement, troubles de la mémoire, etc.

    Dès le jeudi 29 août, le ministère de l’Agriculture a tenté d’éteindre l’incendie via un court message adressé à la presse : « Aucune défaillance sanitaire relative au respect des teneurs maximales réglementaires dans le thon n’a été identifiée par les services de l’État, ni remontée par les professionnels dans le cadre des autocontrôles », a-t-il écrit. Mais pas de quoi rassurer l’ONG et les élus engagés dans la fronde.

    « Il est totalement à côté de la plaque, déplore Marie Massart. Nous, on demande justement à ce que la réglementation évolue. Évidemment, cela aura des conséquences sur les industriels. Mais soit on privilégie l’économie, soit la santé des enfants… Je suis une élue écologiste, je ne transige pas avec ça. »

    Selon elle, en réalité, Montpellier n’en servait déjà quasiment plus dans ses cantines. « Depuis 2021, on ne sert du poisson qu’une fois par semaine, mais plus du tout de thon… Sauf dans les pique-niques froids qui étaient prévus en cas de panne. Mais quand Bloom nous a proposé de porter ce plaidoyer, et de mettre la pression au gouvernement et aux industriels, on s’est dit que c’était une bonne occasion d’aller au bout de la démarche. »

  • Une rentrée à l’extérieur réussie pour le RC Toulon

    Une rentrée à l’extérieur réussie pour le RC Toulon

    Commencer une nouvelle saison par une victoire à l’extérieur est une aubaine pour n’importe quelle équipe. Une situation vécue par le Rugby Club Toulonnais samedi soir sur la pelouse du Montpellier Hérault Rugby, à l’occasion de la première journée de Top 14, où le club varois s’est imposé (17-27) grâce aux essais de l’ailier Gaël Dréan (8), du troisième ligne Zach Mercer (27) et de l’arrière Marius Domon (33). Ils s’installent ainsi, d’ores et déjà, dans le top 6 du championnat.

    « On ne va pas faire la fine bouche. Gagner ici, c’est énorme », insiste le demi de mêlée Baptiste Serin, qui ne boude pas son plaisir. « Ça fait deux ans qu’on gagne, c’est quand même un exploit. Il faut être meilleur à chaque match, ce n’est que le début de saison et il y a des enseignements à tirer, mais c’est très bien de commencer comme ça », poursuit-il. « Les garçons ont fait un bon match, pas un grand match, mais un bon match », surenchérit Pierre Mignoni, le manager du RCT. « On savait que ce serait dur ici après ce qu’avaient montré les Montpelliérains en matchs de préparation. Ils étaient très en forme. Contre eux, ce fut dur de la 1ère à la 80e minute. Je retiens aussi qu’on a réussi à échapper à la remontada de nos adversaires, au cours d’une deuxième mi-temps qui m’a moins plu que la première car on a perdu le contrôle des opérations », ajoute-t-il, très satisfait de la solidarité défensive dont ont fait preuve ses protégés.

    « Il faut garder ce qu’on a bien fait, c’est-à-dire défendre, devant, dans les mauls portés, en conquête. Garder un jeu simple mais structuré et l’état d’esprit surtout », lance le talonneur Teddy Baubigny à la mi-temps, où Toulon possédait 21 points d’avance au score (3-24).

    « J’ai vu beaucoup de bonnes choses, dans ce secteur car on a créé des ballons lents pour Montpellier. On a perturbé le jeu qu’ils voulaient mettre en place car ils ont des avants qui aiment prendre le ballon en avançant pour dominer les collisions. On a su les freiner sur ça. Mais je trouve qu’en attaque, on a manqué d’efficacité dans la zone de marque, on a loupé des occasions, on a perdu des ballons en touche », remarque Mignoni.

    Ce dernier a pourtant pu compter sur un Marius Domon diablement efficace dans de nombreux secteurs de jeu. Au-delà d’avoir inscrit le dernier essai de la partie, l’arrière, formé dans la rade varoise, a été imperturbable lors des transformations et a même permis au RCT de garder une avance solide en deuxième partie de match en inscrivant deux pénalités. « Il y a bien eu une ou deux scories. Mais il a fait un bon match en effet », juge l’entraîneur toulonnais. « On disait que si Melvyn Jaminet ne jouait pas, on ne pourrait pas gagner. Il faut sortir de ça. Non, si on veut aller loin, il faut que tout le monde joue et que tout le monde se donne. »

    Mais de manière générale, l’attaque des Rouge et Noir a été performante dans le secteur offensif, notamment sur les actions en première main. « Nous avons désormais une certaine animation offensive avec nos deux centres et cette saison, on va se servir de nos points forts avec Nacho (Brex) et Oliver (Cowie), ils n’avaient fait que deux matchs en ensemble, donc ça devrait encore s’améliorer », ajoute Pierre Mignoni. Le seul point noir au tableau, finalement, reste le manque de maîtrise en deuxième période, qui a permis aux Cistes de revenir progressivement dans la rencontre. Les essais du troisième ligne Lenni Nouchi et de l’arrière Tom Banks ont relancé la machine héraultaise, mais n’ont pas permis au MHR d’inverser la tendance. Toulon commence idéalement sa saison et aura à cœur de continuer sur cette lancée, dès samedi 13 contre Castres (21h), pour fêter dignement ses retrouvailles avec Mayol.

  • Top 14 : Face au RC Toulon, Montpellier veut entamer son renouveau

    Top 14 : Face au RC Toulon, Montpellier veut entamer son renouveau

    C’est une équipe du Montpellier Hérault Rugby revancharde qui attend le RC Toulon, ce samedi. Après son titre de champion en 2022, le club héraultais a frisé la correctionnelle en 2024 (13e, maintenu pour un point en barrage face à Grenoble), et connu deux exercices 2023 (11e) et 2025 (9e, à une place d’une qualification en Champions Cup) décevants.

    Avec douze arrivées pour quinze départs, le MHR a remanié son effectif plus que n’importe quelle autre équipe du championnat, y ajoutant des joueurs d’expérience tels que le deuxième ligne international gallois Adam Beard et le demi de mêlée international écossais Ali Price. Mais, aussi, de jeunes promesses comme le centre des Pumas argentins Justo Piccardo (23 ans) et le troisième ligne international australien Langi Gleeson (23 ans). Si tel que le relate L’Équipe le président Altrad annonce que l’objectif « est de finir dans les quatre, et ça commence par Toulon », Joan Cadullo, le manager, parle quant à lui des « phases finales ».

    « Bien sûr qu’ils peuvent le faire. Chaque année, les compteurs sont remis à zéro », affirme Pierre Mignoni. La manager du RCT s’attend à « un gros défi » face à un pack avant qui présente des arguments (le néo-Bleu Erdocio, Uelese, Veraheghe…). « C’est une équipe rugueuse, très forte sur ses bases que sont la mêlée, la touche… Il faudra être éveillé et pouvoir les contrer sur ces phases-là », prévient Swan Rebbadj. « Ils ont fait de bons matches amicaux [victoires 5-26 à Pau et 24-34 à Perpignan, Ndlr]. Ils ont deux ou trois individualités, mais on s’est plutôt recentrés sur notre jeu », détaille Oliver Cowie.

  • L’intersyndicale en ordre de marche

    L’intersyndicale en ordre de marche

    Doublement des franchises médicales, gel des prestations sociales, suppression de deux jours fériés, gel des salaires et des pensions, suppressions de postes… En réaction à des mesures « d’une brutalité sans précédent », le ton du communiqué de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU, Solidaires) s’est révélé particulièrement grave le 29 août. « Ensemble, nous alertons solennellement sur ce contexte et la situation de notre pays. Depuis le passage en force du Président de la République sur la réforme des retraites, notre pays s’enfonce dans une profonde crise sociale et démocratique », prévient-elle.

    Depuis, les organisations départementales se sont regroupées les unes après les autres ces derniers jours. En ligne de mire : se positionner en soutien pour le 10 septembre, et préparer la grève du 18. Avant la pause estivale, il était déjà question de poser une date en septembre, mais l’ambiance explosive du mouvement citoyen « Bloquons tout » et les annonces de Bayrou ont accéléré la cadence. « Cet été, l’intersyndicale a repris du poil de la bête, et c’est une très bonne nouvelle », constate Serge Ragazzacci, secrétaire général de la CGT de l’Hérault, qui partage sans détour l’humeur du texte collectif. « Le mot d’ordre, c’est le rejet des mesures de François Bayrou. Ce projet de budget vient confirmer les politiques de rigueur et d’austérité que nous subissons depuis longtemps et qui ont conduit à creuser les inégalités du pays. La fortune des plus riches a progressé trois fois plus vite que la richesse nationale », rappelle-t-il.

    Convaincue « qu’un autre budget est possible », Myriam Vermale abonde : « Les annonces du 15 juillet sont inadmissibles. Nous nous opposons à toutes ces propositions. Ça va être catastrophique », réagit encore la co-secrétaire de la FSU-Snuipp du Gard. « Surtout au regard de tous les cadeaux fiscaux offerts aux entreprises… Comme les 211 milliards d’aides publiques proposées sans contrepartie. Il est injuste de demander aux plus petits salaires de payer la dette ! »

    Pour le 10 et le 18, des préavis de grève à dispo

    Très concrètement, l’intersyndicale n’appelle pas à la grève le mercredi 10 septembre, mais elle soutient l’initiative du blocage citoyen. « Notre mode d’action, c’est l’entreprise, explique Serge Ragazzacci, à la CGT. Il y aura des préavis à disposition pour ceux qui le souhaitent. Nous sommes en train de contacter les bases syndicales pour les encourager à se réunir et à prendre la température. Et puis on va utiliser cette mobilisation pour réussir la grande journée de grève en intersyndicale le 18 », détaille-t-il.

    Pas question de mettre les deux journées en concurrence en somme : dans leur esprit, la deuxième journée tentera de profiter de l’émulation populaire suscitée par la première. En réunion, Solidaires a également plaidé pour démarrer les tractages intersyndicaux sur le 18 juste après la mobilisation du 10. Histoire de ne pas semer la confusion…

    Secrétaire départemental de l’Unsa 34, Elian Bourgade s’avoue très optimiste. « Les sacrifices pour le monde du travail, ça suffit ! Et ce n’est pas qu’un mot… Je pense qu’il y a un vrai terreau, j’ai le sentiment que nous allons réussir à organiser une belle mobilisation », confie-t-il.

    Dans l’optique d’une démission de François Bayrou au lendemain d’un « vote de confiance » qui devrait bel et bien le conduire à sa perte, pas question non plus de faire marche arrière. « On est engagé sur un processus qui porte sur la défense des salariés, pas sur un changement de casting », poursuit Serge Ragazzacci (CGT).

    Ensemble, les huit syndicats réclament des moyens budgétaires à la hauteur des missions des services publics, des mesures pour lutter contre la précarité, des investissements au profit de la transition écologique, plus de justice fiscale, une protection sociale de haut niveau et l’abandon de la retraite à 64 ans… Des revendications à l’opposé des orientations gouvernementales actuelles. C’est dire l’enjeu et l’ampleur de la tâche.

    * À Montpellier, pour la manif
    du 18, l’intersyndicale appelle
    à se réunir dès 10h30 sur la place Albert-1
    er.

    à Nîmes, rendez-vous à 14h30 aux Jardins de la Fontaine.

    L’intersyndicale a également
    mis en ligne une pétition via le site «
     Stop budget Bayrou »
    et la plateforme Change.org.
    Elle a atteint plus de 370
     000 signatures.

  • À l’appel de la CGT, des électriciens gaziers débrayent

    À l’appel de la CGT, des électriciens gaziers débrayent

    Les électriciens gaziers parmi les premiers à dégainer. Certes ils n’étaient que quelques dizaines mardi 2 septembre sur le site de Trencavel à Montpellier au moment de lancer la grève reconductible. Mais selon la CGT, le mouvement pourrait monter en puissance jusqu’aux prochaines journées de mobilisation.

    D’abord le 10 septembre à l’appel du collectif citoyen « Bloquons tout », avec des actions dans les entreprises. Et surtout le jeudi 18 septembre, rendez-vous pris par l’intersyndicale contre la vie chère, la casse des services publics et l’austérité d’un gouvernement sur la sellette. « Bayrou ou pas Bayrou, cela ne changera rien au quotidien des Français. Il faut changer d’axe politique. On veut des appels dans le privé et gagner la grève », martèle Serge Ragazzacci.

    En cette rentrée qui pourrait être explosive, le secrétaire de la CGT 34 s’est rendu sur le premier piquet de grève pour jauger l’état d’esprit. « 100% de mécontents ne font pas 100% de grévistes. Il y a parfois de la résignation, on va voir. » Si les électriciens gaziers sont parmi les premiers à faire grève, c’est aussi parce qu’ils ont des revendications propres. La première concerne les ménages frappés par la hausse du prix des abonnements de gaz et d’électricité à cause du passage de 5,5% à 20% de la TVA. « 12 millions de foyers se retrouvent en précarité énergétique. 68% des foyers disent avoir réduit leur chauffage », illustre Sabrina Guillaud, secrétaire générale de la CGT Mines Énergie 34.

    Depuis la privatisation rampante d’EDF-GDF dans les années 2000, les « usagers » désormais appelés « clients » sont les grands perdants. « Les prix ont explosé sous le coup de la spéculation des nouveaux acteurs, alors qu’on devrait payer l’énergie moins cher qu’il y a 20 ans », déplore Serge Ragazzacci, qui réclame un « grand plan national contre la précarité énergétique ».

    Hausse des salaires

    Mais plutôt que de redonner des moyens à ce service public, l’État continue à le détricoter, regrette Sabrina Guillaud. « Entre 2021 et 2024, nos salaires ont baissé de 4% avec l’inflation pendant que les dividendes du CAC40 ont bondi de 40% », calcule la secrétaire générale. Plutôt que des primes, son syndicat réclame 9% d’augmentation des salaires et le maintien d’une grille salariale commune, rare vestige du statut. « Engie, Enedis, GRDF, EDF, RTE… ils veulent multiplier les grilles pour nous diviser encore plus », redoute Sabrina Guillaud.

    Face au délitement de l’ex-entreprise publique désormais société anonyme, elle souhaite le retour des formations et des missions. « On a de plus en plus d’intérimaires. Les conseillers ne récupèrent que les appels complexes. L’exécution ne représente plus que 15% de nos tâches. On se retrouve souvent donneurs d’ordre de prestataires. Peu à peu on perd notre savoir-faire », constate la cégétiste qui observe une montée des burn-out.

    Tandis que la CGT cherche à mobiliser ses troupes lors de premières assemblées générales, Serge Ragazzacci espère que ces prémices se muent en véritable mouvement de contestation. « Le mécontentement général est réel, la mobilisation reste inconnue. » Les premiers éléments de réponse ne devraient plus tarder.

  • MHR : la reconquête, acte II

    MHR : la reconquête, acte II

    Montpellier court après le temps perdu. Depuis 2019 et le départ du manager néo-zélandais Vern Cotter, il s’est perdu dans des fausses pistes, erreurs de casting et stratégies illisibles. Durant six saisons, il a chuté d’un cran ne sauvant cette traversée du désert que par une qualification en phase finale et un premier bouclier de Brennus, tombé du ciel en 2022.

    À l’aube de sa 23e saison d’affilée en Top 16 ou Top 14, le MHR aspire à une certaine stabilité et la reconquête de son un statut. À l’été 2024, le président Mohed Altrad a nommé aux commandes un jeune manager : Joan Caudullo, passé de la gestion d’un centre de formation à la tête de l’équipe professionnelle. Entouré de techniciens du sérail comme Paillaugue, Doumayrou, Bes, Valls…, l’ancien talonneur du MHR a essuyé quelques plâtres et reconstruit un premier étage. Avec une 9e place, à sept points du 6e, premier qualifié pour la phase finale, et à la lisière d’une qualification en Champions cup.

    « On est dans l’année II du projet, l’ambition est de retrouver notre place, c’est-à-dire être dans les premiers. On a fait un recrutement pour ça », assure Joan Caudullo, désireux de s’éloigner du vertige d’une relégation et de se hisser dans le top 6.

    Le manager veut faire mieux, le président attend beaucoup mieux. Et veut aller plus vite dans le redressement. « On a tout ce qu’il faut cette année. L’an dernier, notre staff expérimental a montré des qualités extraordinaires. Donc, l’objectif, c’est être dans les quatre (premières places). Je sens une énergie qui émane de vous tous, on a besoin de cette énergie », a-t-il fixé comme objectif dans un championnat, où tous les clubs veulent faire mieux par-delà les deux gros calibres : Toulouse et Bordeaux.

    Tout le monde n’avance donc pas à la même vitesse. Tout le monde est néanmoins d’accord pour reconquérir le statut d’un candidat au titre comme ce fut le cas entre 2010 et 2019. Attaché à son club formateur, comme ses adjoints, Joan Caudullo veut aussi soigner l’image, balafrée par les incohérences politiques et les mauvais résultats, et les fondations à travers la formation.

    Au cours d’une première saison expérimentale, Caudullo a fait simple autour de vieilles recettes languedociennes : la défense et les avants. Les deux premières victoires amicales devant Pau et à Perpignan ont conforté ce savoir-faire.

    « On a trouvé une unité »

    Le manager veut désormais étoffer le jeu. Solide sur les fondamentaux, il a besoin d’élargir son champ d’action de son équipe. Il a recruté en conséquence six trois-quarts. Notamment un centre argentin Justo Piccardo et un autre anglais Lennox Anyanwu pour densifier le centre du terrain.

    Si le Stade toulousain, l’UBB, Toulon… s’appuient sur des charnières rodées et influentes, le MHR s’avance vers une énigme. En l’absence de l’Écossais Stuart Hogg, opéré fin avril d’une rupture du tendon d’Achille, il attend qu’émerge un nouveau demi d’ouverture. Le jeune Hugo Reus, arrivé de la Rochelle en février, a besoin de confirmer son potentiel. À moins que l’Argentin Domingo Miotti (Oyonnax) ou Thomas Vincent (Agen), arrivés l’été 2024, ne se révèlent à retardement.

    Pour faire mieux dans le jeu et les résultats, Montpellier a besoin de redevenir souverain à domicile. Ses quatre défaites, l’an passé, ses six défaites la saison d’avant, ont posé ses limites sportives, mais aussi altéré le soutien d’un public, éparpillé, voir égaré par tant d’incohérences.

    « On a trouvé une unité entre cette équipe et ses supporters. Ici, on est capable de mettre 12 000 personnes dans le stade. Il n’y a qu’une chose, il faut qu’on gagne les matches, c’est tout », préconise l’expérimenté directeur du rugby Bernard Laporte.

    Dans un stade dont l’affluence moyenne est tombée en deçà de 10 000 spectateurs (9 358), Montpellier, 7e ville de France, doit reconquérir son public et se fondre dans l’élan festif d’un Top 14, dont huit clubs ont augmenté leur jauge l’an passé.

    Le 20 décembre, l’inauguration de la ligne 5 du tramway peut aider le MHR à désenclaver le Septeo Stadium, nouveau nom du stade, et favoriser l’afflux du public. La station « Ovalie » construite au pied des travées peut-elle aussi apaiser les différends entre le maire Michaël Delafosse et le président Mohed Altrad, focalisés sur les prochaines élections municipales ?

  • TOP 14 : Le RC Toulon veut réussir sa première face à Montpellier

    TOP 14 : Le RC Toulon veut réussir sa première face à Montpellier

    Le jour J est venu pour le RCT et les treize autres équipes du Top 14. Ce samedi marque le coup d’envoi de la saison, après près de trois mois d’interruption. Une pause qui a permis aux Toulonnais de se préparer aux échéances à venir, en dépit des deux défaites – anecdotiques – face à Perpignan (50-19) et Clermont (31-24). « Je suis excité de retrouver la compétition. Je trouve les garçons plutôt bien sûr cette fin de prépa », avance Pierre Mignoni. Le manager est conscient d’être attendu après la 3e place obtenue la saison dernière, dans un championnat qui s’annonce serré : « On sait qu’on est très attendu contre cette équipe de Montpellier. On avait un plan sur la préparation, sur l’attaque, la défense, la stratégie. On essaie d’être prêt, on sait que ce ne sera pas parfait pour les deux équipes. »

    Cowie et Brex au centre

    Avec sept arrivées et dix départs, l’effectif a subi un certain lifting, mais conserve une ossature semblable à celle de l’année dernière, malgré une troisième ligne amputée de joueurs importants, tels qu’Isa et Le Corvec : « C’est mieux que si on avait changé quinze joueurs. On a vite trouvé des repères. On a vu de bonnes choses face à Clermont. Là, je veux voir notre lien en attaque et en défense, et l’intensité sur les touches, les mauls, les plaquages, en mêlée… », prévient l’entraîneur du RCT, qui veut s’appuyer sur « un des plus gros paquets du Top 14 ».

    Mais aussi sur ses autres forces, malgré des absents de marque (Villière, Ollivon, Abadie, Jaminet, pour ne citer qu’eux) : « On est obligés de s’adapter à notre jeu, sans tout bouleverser. à nous d’être audacieux avec les joueurs qu’on a. On a beaucoup de qualités, de vitesse, mais pour l’utiliser, il faut combattre », annonce Mignoni. Il faudra aussi recomposer un centre orphelin de Fainga’anuku. Pour ce faire, le technicien varois compte sur la jeunesse d’Oliver Cowie (20 ans), appelé à prendre de l’épaisseur après une saison minée par les blessures : « Je le sens très bien. C’est un garçon très intelligent, il s’est développé physiquement et techniquement, il a beaucoup travaillé. » « [La blessure] m’a permis de travailler des choses que je n’aurais peut-être pas travaillé, affirme l’intéressé. Je pense que ça m’a fait du bien pour être prêt cette saison. »

    Cowie sera aligné d’entrée avec l’une des recrues, l’expérimenté Italo-Argentin Ignacio Brex (33 ans), arrivé de Trévise et avec qui la complémentarité semble prometteuse : « On va attendre le premier match quand même, tempère leur entraîneur. Ils ont du déchet, car on leur demande d’être audacieux, de tenter des choses. Je veux les voir dans l’adaptation. »

    « On s’est bien trouvé face à Clermont, “Nacho” a beaucoup d’expérience, il est très bon sur la communication avant d’avoir le ballon. On sait ce qu’il va faire, donc c’est plus facile de se trouver. J’espère qu’on développera encore plus ce duo », se réjouit Oliver Cowie. C’est tout le mal qu’on souhaite au RCT.

  • 20 ans d’un fabuleux plaidoyer pour les arts du monde arabe

    20 ans d’un fabuleux plaidoyer pour les arts du monde arabe

    Voilà 20 ans, cette année, que le festival Arabesques, porté par l’association Uni’sons, implantée au cœur du quartier populaire de la Paillade, invite à une immersion dans les arts du monde arabe, célébrés dans toute leur diversité. La musique, bien sûr, de la pure scène traditionnelle à la scène contemporaine, mais aussi le théâtre, les contes, la danse ou encore l’humour… Un véritable plaidoyer, porteur « de toutes les valeurs autour de la transmission, du rassemblement, de la coexistence pacifique. Montrer que c’est possible, que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise », résume Habib Dechraoui.

    « Quand on a créé Arabesques, le but était de travailler pour les gens qui sont le plus éloignés de la culture. Car je reste persuadé que ce sont eux qui en ont le plus besoin », confie le directeur de ce festival qui reste très peu cher comparé aux manifestations du même acabit. Tout le travail de médiation, de lien opéré par Uni’sons durant toutes ces années a porté ses fruits. « Je pense que nous sommes le festival le plus mixte en termes de public », assure Haboib Dechraoui. La médina éphémère d’Arabesques, cœur battant du festival niché sous les pins du domaine d’O, « est à l’image de la société actuelle. Un public mixte, jeune, âgé, familial… Ça, ça se travaille, ça se monte avec des convictions », insiste-t-il.

    Oum Khaltoum et Rachid Taha

    Cette 20e édition « sera marquée par la gratitude, la transmission et l’audace ». La gratitude envers ces artistes fidèles, amis du festival : Dhafer Youssef, l’Orchestre national de Barbès, Natacha Atlas, Hervé Koubi, Orange Blossom, Le Comte de Bouderbala, Jihad Darwiche, Labess…

    La transmission, elle, prendra la forme de deux hommages. Le premier sera dédié à Oum Kalthoum, « la plus grande icône de la musique arabe », dont 2025 marque les 50 ans de la disparition. Pas moins de cinq rendez-vous lui seront consacrés, notamment en ouverture du festival le 9 septembre à l’opéra Comédie, avec la chanteuse tunisienne Dorsaf Hamdani et le lendemain, 10 septembre au même endroit, à travers cette fois un spectacle dansé. À noter également, le 20 septembre au théâtre Jean-Claude Carrière, l’hommage du groupe Love and Revenge, qui présentera un projet autour de Oum Khaltoum.

    L’autre grande figure mise à l’honneur est Rachid Taha, « le défricheur, le transgressif, le rockeur made in Casbah ». Un grand concert-création lui est consacré (13 septembre, amphi d’O), qui réunira son ami rockeur Rodolphe Burger et le « Couscous clan », comme Rachid Taha aimait à appeler ses musiciens (Justin Adams, Sofiane Saidi, Yousra Mansour, Hakim Hamadouche, Franck Mantegari, Kenzi Bourras…)

    Après un focus Palestine l’an dernier, Arabesques a choisi, cette année, de mettre en lumière l’effervescence de la scène artistique marocaine, en partenariat avec la fondation Hiba. « Pas moins de 10 groupes marocains figurent dans la programmation », indique Habib Dechraoui. La nouvelle scène y est bien représentée, à découvrir notamment lors de la soirée Arabesques Sound System organisée le 11 septembre sur le toit du Corum. Najat Aâtabou, diva de la musique chaâbi marocaine, donnera un concert exceptionnel pour les 20 ans d‘Arabesques le 14 septembre à l’amphithéâtre d’O. À ne pas manquer non plus, toujours dans ce focus Maroc, le cabaret des Cheikhats (14 septembre, théâtre Jean-Claude Carrière), « des hommes en robe, maquillés comme des divas, qui revisitent le répertoire de ces femmes libres mais marginalisées, qui dénoncent les injustices et offrent l’ivresse des chants et des danses du patrimoine populaire marocain. Un hommage plein d’aplomb, qui brise des tabous toujours vivaces. »

    Cette édition anniversaire sera également l’occasion de découvrir en avant-première plusieurs nouveaux albums : celui du maître du oud, vocaliste et compositeur Dhafer Youssef (19 septembre, amphithéâtre d’O) ; celui de la chanteuse égypto-anglaise Natacha Atlas, qu’elle présentera à l’issue d’une résidence d’une semaine au domaine d‘O (12 septembre théâtre JC Carrière) ; celui du chanteur Labess, qui propose, avec son groupe aux origines multiples, une sorte de gypsy-chaâbi (21 septembre théâtre JC Carrière) ; enfin celui de l’Orchestre national de Barbès, qui fête cette année ses 30 ans et se produira en clôture du festival (21 septembre, amphi d’O). En tout, une bonne centaine d’artistes sont attendus pour célébrer, à rebours des cloisonnements, le lien, le partage, la diversité.

  • La France sera-t-elle bloquée le 10 septembre ?

    La France sera-t-elle bloquée le 10 septembre ?

    François Bayrou a-t-il craint le mouvement du 10 septembre ? En annonçant un vote de confiance le 8 septembre, le Premier ministre a de grandes chances de tomber mais il éteindra peut-être la mobilisation prévue deux jours plus tard.

    Car l’appel à « bloquer tout » lancé sur les réseaux sociaux par des groupes nébuleux a très vite pris de l’ampleur, attisé par la présentation du budget du Premier ministre. Au vu de l’ampleur prise sur internet, le gouvernement a rapidement pris conscience de l’émergence d’un mouvement apartisan et sans chef qui rappelle en tout point celui des Gilets Jaunes. Certains d’entre eux ont d’ailleurs réactivé les groupes qui se rassemblaient sur les ronds-points mais nul ne peut pour l’heure prévoir l’ampleur de la mobilisation. Les formes d’action sont également floues entre grève, boycott de certains produits, désobéissance civile ou blocage de la circulation.

    Mais une partie des Français semble bien décidée à se mobiliser. Depuis la mi-août, les groupes se multiplient sur les réseaux sociaux et notamment sur Telegram pour l’organisation de cette journée. Ces discussions ont permis l’émergence de réunions qui se sont déroulées un peu partout sur le territoire.

    La CGT et la gauche au soutien

    Dans le Gard par exemple, si des citoyens se sont déjà retrouvés à Nîmes, Génolhac ou à Alès et ont déjà tracté au « rond-point des Gilets Jaunes » route de Bagnols-sur-Cèze pour informer sur le 10 septembre, de nombreuses autres réunions sont prévues samedi 30 août comme au Stade des Costières de Nîmes (16h30) ainsi qu’à Bessèges (18h) et au Vigan (12h). Dans l’Hérault, ils étaient déjà 200 pour la 4e assemblée générale devant le Corum mardi 26 août et se sont mis d’accord pour débuter les actions à 6h du matin.

    Prise de vitesse par le mouvement des Gilets Jaunes qu’elle a mis du temps à soutenir, la gauche, de LFI au PS, a cette fois immédiatement soutenu l’initiative. Jean-Luc Mélenchon a même appelé à la grève générale. « Il y a eu une première réunion à Alès où il y avait 35 personnes avec des gens qui venaient à titre personnel. L’enjeu pour nous c’est de maintenir l’autonomie et l’indépendance du mouvement, donc d’être en soutien et pas à la manœuvre. On espère que les syndicats vont s’activer parce qu’on en a besoin », rappelle Armand Crepin, chef de file de la FI à Alès.

    Mercredi 27 août, la CGT a annoncé se lancer dans le mouvement : « Nous avons décidé d’appeler à la grève pour la journée du 10 septembre et on proposera à l’intersyndicale nationale une date unitaire en septembre », précise Marie Dufresne, secrétaire générale de la CGT du Gard.